Au Medef, on veut bien être gentil. Mais faut pas déconner non plus.
Le Medef est un organisme fort ambitieux. A la fois, direz-vous fort à propos, avec autant de chefs au mètre carré, c'est un peu normal. Et vous aurez bien raison. Mais là, le Medef tape plus fort que d'habitude.
C'est que le Medef, du haut de son tout nouveau président, a bien compris quel était le mal qui torturait la France : c'est le Français. Parce que le Français, il n'aime pas travailler. Il est paresseux, lent et comme si ça ne suffisait pas, sagouin qu'il est, il n'arrête pas en plus de demander plein d'avantages sociaux. L'ingrat.
Mais au Medef, on sait que le Français, au fond de lui, il n'est pas méchant. C'est juste qu'il a peur. Alors le Français, on cherche des solutions pour lui remonter son moral qui va pas bien. On réfléchit très fort au Medef (article Libération, "Le Medef prescrit une cure de bonheur à la société") :
Pour réenchanter le monde, on réfléchit aux façons de "surmonter la désespérance", comment "inventer et se réinventer". Histoire que les Français, ces malpropres, arrêtent de se plaindre cinq minutes et regardent la superbe réalité économique avec de gros yeux de vainqueurs.
Mais au Medef, on n'est pas fou. Parce que le Français est vil, et ça, on le sait très bien. Alors, au cas où le Français ne serait pas d'accord pour avoir le moral, on se demande quand même comment le faire avancer à coups de tatanne dans le derrière. Pour ça, la conférence "Désir et rejet de l'autorité" est toute indiquée.
Mais sois rassuré, lecteur de Brain Not Found, petit angoissé que tu es, le Medef reste le Medef. Parisot ou Sellière en tête, il n'est pas question de faire de l'humanitaire. Manquerait plus que ça. Alors au cas où on ait eu des doutes, Parisot en met une bonne petite couche en affirmant, en toute bonne foi, qu'elle ne voit vraiment pas pourquoi le Français (rah, toujours lui) veut un minimum de garantie et de stabilité dans la vie professionnelle (article Le Figaro, "Le seul moteur de la croissance, c'est de travailler plus") :
"La vie, la santé, l'amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi?".
Le Medef a bien raison. Traitons la santé comme le travail : distribuons des cancers à ceux qui ne sont pas assez performants. Pourront pas dire qu'ils l'ont volé.
Et sur ce, vous m'excuserez, faut que j'y aille, c'est le jour du cuissage. Ah, les joies de l'amour précaire...
Il est venu, le temps de Pascal Sevran, disait l'autre. Et si on l'envoyait une fois pour toutes au Turkménistan ?
Chez Brain Not Found, on veille à l'égalité de représentation entre les pays. Si si. Alors aujourd'hui, on parle Turkménistan. Pour ceux qui n'ont pas encore pris un charter de Turkmène Airlines, le Turkménistan est une charmante destination de vacances romantiques, quoi qu'un peu à l'est des pays où on peut décemment aller choper un cancer au Club Med.
Le Turkménistan, hors son insolente absence de Club Med, brille aussi par son avant-gardisme politique. Plutôt que de s'embrouiller avec une démocratie décidément beaucoup trop années 90, un unique président guide l'avenir du pays depuis maintenant 20 ans.
Et parce que le président n'a pas tous les soucis des vagues universités d'été pour essayer de vendre son programme politique comme un paquet de détergent à lave-vaisselle, le président, il a le temps de gouverner son pays. Et de prendre les mesures qui s'imposent pour assurer progrès social, paix et prospérité.
Ainsi, après avoir interdit la pratique de l'opéra et du ballet, l'ambitieux guide du pays a démantelé les réseaux de gens à barbes, à cheveux longs et à dents en or.
Mais il fallait aller plus loin, mettre fin aux termites de la décadence qui grignotaient doucement les fondations du progrès social turkmène.
Ainsi, cette semaine, Saparmurat Niyazov a décidé qu'il fallait purement et simplement interdire le playback. Interdire le playback à la télévision, aux concerts, aux événements culturels et aux mariages. Si.
On ne peut que féliciter l'ambitieux président de cette si habile initiative. Certes, c'est l'assurance de mariages ruinés par une cousine lobotomisée de Star Academy. Mais c'est aussi et surtout l'assurance de garder loin des scènes nationales les apoplectiques d'O-zone, les déphasés de Pop Star et autres Mylène Farmer en manque de vente de 33 tours au rayon produits dégraissants de votre Mammouth local.
Bref, c'est du repos pour les oreilles de tout le monde. Imaginons un instant ce que serait M6 si le playback était interdit en France : un vague karaoké de fin de fête de la saucisse montbéliarde. Déjà que c'est pas terrible comme ça...
Alors sur ces paroles d'une surdité à rendre jaloux un Beethoven pourtant peu amateur de playback, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait que les premières stars de la télé-réalité sont enfin mûres pour l'industrie du porno. L'amusement n'avait que trop duré.
Source: Article du Globe And Mail, honteusement pompé à Chryde qui n'avait qu'à pas l'envoyer