Les tribunaux de Guantanamo ont été déclarés illégaux, les prisonniers sont heureux, ils ne seront plus obligés de passer au tribunal pour rester en prison.
C'est un revers pour l'administration Bush : un peu plus de 4 ans après qu'on ait commencé à y ranger des combattants ennemis, la Cour suprême des Etats-Unis vient de déclarer les tribunaux de Guantanamo "illégaux". D'abord parce qu'ils sont militaires, mais surtout parce que les accusés n'ont pas été invités à assister à l'ensemble des audiences qui les concernaient (Court declares Guantanamo tribunals illegal, Reuters).
Devant un tel cataclysme politico-judiciaire, l'administration ne pouvait rester muette. C'est en la personne du commandant en chef qu'elle a souhaité répondre à la Cour suprême : on s'en fout.
"Today's decision does not in any way affect the ability of the president as commander in chief to detain enemy combatants. It goes only to the question of trial by military commission" (Ruling won't affect Guantanamo camp, Reuters)
La bonne nouvelle pour les prisonniers, c'est donc qu'ils n'auront pas droit à un procès dans un tribunal illégal. La mauvaise nouvelle, c'est qu'ils n'auront pas droit à un procès.
Parions que dans trois ou quatre ans, la Cour suprême aura enfin tranché la question des plateaux repas et d'ici 2015 sur la couleur des barbelés qui entourent la prison qui, depuis 2002, viole toutes les règles connues de droit international.
Moins d'un an avant la présidentielle, une question taraude tout le monde : finalement, qui n'est pas candidat cette fois-ci ?
Après Sarkozy, après Galouzeau, après Fabius, après Strauss Kahn, après Hollande, après Ségolène, après Chirac lui-même et comme si ça ne suffisait pas, Jospin entre dans la course (article Libération), suivi de près par Martine Aubry (article Nouvel Obs), dans la course ou plutôt dans la ronde des belles effarouchées qui pourraient éventuellement se présenter à la tête de la république bannière de France (80% en 2002, faut-il le rappeler ?).
C'est devenu comme une mode, avant les élections, il faut se faire désirer. Dé-si-rer. D'abord, il s'agit de dire que pourquoi pas, on serait bien candidat (pour passer le temps). Ensuite, que finalement non (on est trop bien pour ça). Puis, attendre que tout le monde en parle (si vous insistez, mais c'est bien pour vous faire plaisir). Constater que tout le monde s'en fout (saloperie de Coupe du monde). Et se présenter quand même ('y a pas de raison que les autres y aillent et pas moi).
Si Strauss Kahn n'a pas eu besoin de Coupe du monde pour constater que, dans son cas, on risque de rester au stade où tout le monde s'en fout, Sarkozy, lui, est bloqué dans la phase "si vous insistez, je veux bien dépanner".
L'objectif ? Outre faire les beaux devant la caméra (c'était ça ou présenter le Kéno avec le fils de Jacques Martin), il s'agit surtout de reculer au maximum le moment compliqué du débat d'idée. Voire même pourquoi pas l'éviter totalement, comme ça a été le cas en 2002. Eviter à tout prix de parler de programme, de bilans, de projet, de politique. Parce que ça, si on savait faire, ça se saurait.
Alors, on va continuer à s'amuser mollement entre candidats à la candidature. En attendant désespérément que quelqu'un ait une idée dont on pourrait débattre. Sinon, on va faire comme d'habitude. On va voter pour celui qui a la plus jolie cravate. C'est déjà ça.