Le pétrolier est un optimiste de nature : alors que tout le monde voit le réchauffement climatique comme une catastrophe, lui y voit une extraordinaire opportunité.
S'il est une petite entreprise qui ne connaît pas la crise, c'est celle du pétrole. En tout cas, et en dépit de toutes les prévisions, les majors de l'essence et du gaz mettent les bouchées double pour s'assurer qu'on ne fera jamais la diète au moment de passer à la pompe.
D'abord, le pétrolier Shell négocie avec le régime iranien la construction d'un pipeline donnant accès aux réserves de gaz locales pour la modique somme de 4,3 milliards de dollars (source The Age). De quoi financer quelques semaines de recherches sur la meilleure façon de vaporiser ses voisins à coups d'armes nucléaires. Les Etats-Unis envisagent de prendre des mesures de sanctions contre Shell, mais tout en prenant grand soin que lesdites mesures de rétorsion ne fassent pas trop augmenter le prix à la pompe non plus. Une tape sur les doigts devrait suffire.
Ensuite, et preuve qu'ils ne manquent ni d'imagination, ni de second degré, les groupes pétroliers ont trouvé une nouvelle source de matières premières : la région arctique. L'endroit renfermerait près d'un quart des réserves pétrolières encore existantes sur Terre. Coup de chance, grâce au réchauffement climatique, l'océan arctique devrait devenir navigable dès 2040 ou 2050 (source Think Progress). Autant dire qu'Exxon, Total, Shell et les autres surveillent le mercure avec attention : chaque degré gagné, c'est un grand pas en avant vers du pétrole tout neuf. Pourvu qu'il en reste assez ailleurs pour pouvoir faire fondre toute cette satanée glace.
Moralité de l'histoire : consommer du carburant aujourd'hui, c'est s'assurer qu'on en aura demain. Certes, plus beaucoup de vie sur Terre pour conduire des voitures, mais du pétrole, oui, beaucoup. Pour que les générations futures puissent cuire en profitant de tout le confort moderne, tous à vos Hummers! Il est encore temps de dégeler l'Arctique (et puis ça fait plaisir à Exxon, merci pour eux).
Alors que les considérations écologiques envahissent le paysage économique et social, Apple défend plus que jamais sa devise : "think different".
Ca n'aura pas échappé à qui a eu le loisir d'observer la grande Arche de la Défense sur les coups de 20 heures ce soir, Microsoft a lancé son nouveau système d'exploitation Vista aujourd'hui. Et en grandes pompes parce que oui, ça valait bien un feu d'artifice (source PC impact).
Fi des polémiques sur les tarifs du logiciel, deux fois plus élevés en Europe qu'aux US (source Clubic), fi également des très légères ressemblances avec Mac OS X (source NYT, voir la vidéo Vista, de David Pogue, dans la rubrique Technologie). Ce soir, c'est la fête de Microsoft...
...et une bonne occasion de parler un brin d'Apple.
Parce que la marque d'ordinateurs la plus hype de l'univers, si on lui reconnaît des réussites esthétiques, affiche aussi un bilan écologique sans appel. Des dix principales marques d'électronique grand public auditées par Greenpeace, Apple arrive... bon dernier, et loin derrière les autres en prime (rapport PDF). Une occasion que n'a pas manquée le groupe écolo pour créer une campagne web joliment intitulée : "I love my Apple, I just wish it came in green" (GreenMyApple.com).
Près de 40 000 e-mails réclamant des mesures à Steeve Jobs n'ont pour l'instant pas suscité la moindre réaction du côté de Cupertino. Sur son site, Apple vend désormais un iPod nano rouge, au profit de la lutte contre le Sida, sous le slogan "Un bon son. Une bonne cause" (www). Ce serait dommage de s'arrêter en si bon chemin.