Entre un journaliste et un animateur de l'ORTF, il y a généralement un monde, la preuve (non, cet article ne parle PAS de Pujadas)
Dans la vie, il y a des sujets sur lesquels on aimerait jamais n'avoir à user les touches de son clavier. Et Paris Hilton tient une bonne place dans ceux-là. Mais si, pour une fois, on évoque la blonde au QI de fruit de mer dans cette colonne, ce n'est pas tant pour elle-même que pour une journaliste de MSNBC, Mika Brzezinski, qui refuse à l'antenne de couvrir la sortie de prison de la star de la chanson de cinéma de porno.
C'est qu'en plus de couvrir le (non) événement, MSNBC souhaitait que le titre fasse l'ouverture du journal. Rien que ça. Un peu comme si Pujadas choisissait d'ouvrir le 20 heures par un accident de vélo ou que PPDA lançait son JT par un résultat de foot. Impensable (cough).
La vidéo de Mika Brzezinski tentant de brûler son conducteur d'émission (www) a fait le tour du web, vue plus de 2 millions de fois sur YouTube. Devant l'ampleur de l'événement, MSNBC a choisi de faire, 4 jours plus tard, un retour sur la chose avec la journaliste en question (www). Avec une seule phrase de conclusion de la part du présentateur : "Vous avez pris position. Le monde des journalistes a entendu votre position... et ils vous remercient". On n'aurait pas dit mieux, c'était juste un petit moment de bonheur dans les médias.
Ça faisait un moment qu'on s'en doutait, la télé-réalité se moque un brin des téléspectateurs. Maintenant, et c'est plus inquiétant, elle a choisi sa prochaine victime : la planète.
Ça n'aura pas échappé aux plus sagaces (ou désespérés, c'est au choix) observateurs du paysage audiovisuel français, TF1 se lance de nouveau dans les programmes de grande qualité avec "Secret Story", qu'on aurait avantageusement pu sous-titrer "On va arriver à vous faire croire que c'est intéressant".
Laissons néanmoins de côté l'interrogation légitime quant à l'intérêt de voir s'ébrouer une quinzaine de barmans et de coiffeuses qui doivent à tout prix cacher aux autres un secret de haute volée - parmi vous se cache le fils, naturel en plus, du genou d'Henri Leconte - et observons la maison de toutes les audiences. La production l'affirme à qui veut l'entendre : elle est écologique. Oui. Écologique, on vous dit. Verte. Responsable. Renouvelable. Sans OGM ni CFC. É-co-lo-gique, quoi. Parce que chez TF1, on veut le bien de la planète.
Alors, du coup, les matériaux sont recyclables, la moquette en vieux pneu tressé et pour un peu, on oublierait presque qu'il y a tellement d'ampoules 800 watts là-dedans que le simple fait de filmer la douche d'un candidat consomme autant d'électricité que Montbelliard en 12 ans (hors période de tentative de sécession de la Franche Comté, bien entendu). Mais on apprécie le geste écologique, c'était bien d'y penser.
Mais alors grand Dieu, pourquoi, oui, pourquoi, alors qu'on était presque ému par les efforts adolescents de la première chaîne pour sauver la planète du désastre, pourquoi a-t-il fallu que la production fasse arriver les candidats en Hummer, probablement la seule voiture sur le marché à pouvoir se vanter de polluer plus qu'un 33 tonnes ?? Personne ne les a prévenus qu'en plus de rendre pathétique tout ce qu'elle touche, cette voiture est aussi le plus abominable aspirateur à gasoil fabriqué par la main de l'homme ? Personne ne s'est senti perturbé qu'on déplace dans Paris (oui, dans Paris) des célébrités inconnues dans un véhicule que seuls des militaires avaient le mauvais goût de trouver utile ?
Pour la prochaine (parce que si l'émission est suffisamment mauvaise, il est largement possible qu'il y ait une suite), on inviterait bien TF1 à réfléchir deux fois plus à leur politique écologique. En plus, deux minutes de réflexion au lieu d'une, ça doit se caler dans un planning 2008, non ?
L'opérateur de médias américain poursuit YouTube pour 1 milliard de dollars et lance la guerre préventive saison 2007.
"Il est évident que YouTube et Google continuent à récolter les fruits de nos efforts et détruisent une valeur énorme par la même occasion". Ainsi parlait Viacom (MTV, VH1, Comedy Central) pour justifier son procès à 1 milliard de dollars contre YouTube (source BBC). Un milliard de dollars pour dédommager Viacom des 160 000 clips illégaux hébergés sur YouTube et qui ont été vus au total 1,5 milliard de fois.
Le hic, c'est que selon les experts du secteur, le manque à gagner pour Viacom se situerait réellement quelque part aux environs de... 30 millions de dollars (source DailyNews). C'est-à-dire 33 fois moins que ce qui est réclamé par Viacom.
Bon, ceci dit, passe encore. Michael Flatley avait bien demandé 100 millions de dollars de dédommagement parce qu'une de ses fans l'accusait de harcèlement sexuel pour... 34 millions de dollars (lire sur 404). Alors les montants crétins, on commençait à s'habituer.
Mais ce qui fait avancer Viacom, ce n'est pas seulement l'argent (non non non, promis juré). C'est aussi le fait que les internautes puissent s'échanger des vidéos en privé. Sans que les avocats puissent le voir (via Boing Boing) : "Viacom says that YouTube contributes to copyright infringement by allowing users to have private videos, because those videos might infringe on copyright."
Voilà qui est d'une logique sans faille : on pénalise "au cas où". Mais à bien y regarder, ce ne serait pas une première : on taxe bien les supports vierges en France "au cas où" ils serviraient à la copie de contenus piratés. Prochaine étape : la guerre préventive. Ah non, déjà fait aussi. 'Sont forts ces juristes.
Le comité Miss France avait créé la controverse en élisant une malentendante première dauphine en 2006. Endemol compte bien profiter de la tendance.
Ca a été le carton d'audience surprise de l'année 2006 aux Pays-Bas. Une émission de télé-réalité comme seuls nos amis hollandais, chantres du bon goût cathodique, savent en inventer. Et Geneviève de Fontenay en picore déjà son chapeau de rage : les droits télé de l'élection de Miss Ability ont déjà été rachetés pour la France (source Times).
Miss Ability, c'est comme Miss France, au détail près que le handicap doit cette fois-ci être bien visible pour pouvoir y participer. Une jambe, un bras en moins, une petite paraplégie, ou pourquoi pas une petite polio. Histoire que le téléspectateur puisse enfin mater cette jambe de bois pour la bonne cause.
Miss Ability serait-il un plaidoyer pour l'intégration des unijambistes? Les producteurs en sont convaincus. Et ils l'affirment très poétiquement dans leurs communiqués de presse et la présentation de leur émission (début de citation) : "Avez-vous jamais sifflé une femme en chaise roulante? Maté les seins d'une aveugle? Si la réponse est non, préparez-vous à changer" (site de la production).
La baseline se passe de commentaires. En France, c'est Endemol qui a racheté les droits (source C21 Media). Ce qui se passe également de commentaires. Bientôt sur les petits écrans français, donc. Et sans doute très rapidement aussi au Cambodge.
Voulue par Chirac, la CNN à la française voit le jour ce soir et affiche des ambitions fortes... mais parfois un brin curieuses.
Depuis que les chaînes de télévision abondent sur, au choix, la TNT, le câble, le satellite ou l'ADSL, le paysage audiovisuel français nous avait habitués à pondre régulièrement une nouvelle horreur. S'il ne fallait citer que la TNT, les seuls noms de NRJ12, NT1, W9 ou Direct8 suffisent à comprendre le vide médiatique dans lequel les ondes s'engouffrent dès lors qu'on crée une nouvelle grille de programmes.
Et cependant, ce soir (18h, sur Internet) et demain (sur les bons vieux postes de télévision) arrive France24, la CNN à la française. Probablement une fort bonne nouvelle pour l'image de la France à l'étranger, représentée uniquement à ce jour par la très pauvre TV5 monde qui inonde le globe de téléfilms de seconde zone au sous-titrage approximatif.
France24 sera gratuite, accessible aussi bien sur le web que sur la télévision, bilingue, aura des journalistes en France mais aussi un réseau significatif de correspondants à l'étranger et promet une information poussée, bien plus en tout cas que sur les moroses JT que le service public et les chaînes privées servent entre l'entrée et le dessert pour encourager à ne pas rater les pubs avant Julie Lescault. On ne peut donc qu'applaudir des deux télécommandes en souhaitant que l'ambition se réalise bel et bien.
Petit hic cependant, dans son dossier de presse et par trois fois, France24 répète sa mission première : "Montrer aux téléspectateurs et internautes du monde entier tout ce qu'ils ne sont pas censés voir, savoir ou comprendre sur tous les sujets de l'actualité internationale".
Sans douter un instant de la bonne volonté des journalistes et surtout de l'agence de communication de France24, on aimerait quand même bien connaître ce qui détermine ce que les gens sont "censés voir, savoir" et surtout "censés comprendre".
Verbiage mis à part, bonne route à France24, en espérant que la chaîne contribue à remplir un tant soit peu le vide incommensurable qu'a laissé s'installer la direction de l'information de France Télévision dans ses journaux du soir (le 853e reportage sur l'ouverture des commerces le dimanche à l'approche des fêtes devrait être diffusé sous peu).
France24 sera visible à partir de ce soir sur le site France24.com.
Septembre 2006 : TF1 lance la publicité en direct, sans se rendre compte que c'est déjà ce qu'elle faisait depuis longtemps.
Ca n'a peut-être l'air de rien, mais outre avoir banalisé le fait de vendre de la soupe musicale pendant des spots de pub de 3h animés par un vrai présentateur grec, la Star Academy innove encore plus dans l'art d'utiliser au mieux le temps de cerveau disponible des spectateurs de la première chaîne.
Ainsi, le 5 septembre, TF1 a lancé la première série de spots de publicité en direct de l'histoire de la télévision française. Et ça continue chaque semaine depuis (source Les Echos).
Animé par un acteur en mal d'euros ou une troupe d'improvisation sur mesure, ces message publicitaires nouvelle génération sont pensés arme ultime à "restaurer le fameux lien émotionnel (...) entre le consommateur et la marque". Parce que chez TF1, on s'est rendu compte que le téléspectateur, à force de l'assommer de paquets de soupe sans phosphates et de lessives au brocoli (ou l'inverse), il n'avait même pas l'obligeance de retenir les réclames. Voire même pire, il en profitait pour aller aux toilettes.
Ainsi, le fait de voir un comédien jouer la publicité en direct doit plus donner envie de manger du chewing gum qu'un spot classique, avec des comédiens pas en direct.
Alors, la publicité en direct, une nouveauté dans le PAF ? Pas si sûr : la preuve, Jean-Pierre Pernault le fait depuis des années dans son 13h. C'est juste qu'il n'est pas payé pour ça. Ou alors, on nous ment, c'est à voir.
Et pendant qu'on parle de télévision de qualité, UFC-Que choisir s'étonne de ne voir lors des émissions pour les plus jeunes que des publicités sur des produits surchargés de gras et de sucre. Et que les petits enfants qui regardent la télévision sont systématiquement obèses aussi. Faudrait dire au syndicat de la carotte d'investir plus de 100 000 euros pour 30 secondes de Bruno Salomone pour promouvoir les légumes qui donnent les fesses roses. Ils sont mauvais, ces producteurs de légumes (source Libération).
Certains disent que la télévision est un reflet de la société. A en juger par les nouvelles émissions de CBS, on va espérer que non.
Dans le cadre de ses efforts pour faire un monde meilleur, le paysage audiovisuel américain tient à apporter sa pierre à l'édifice, parce qu'après tout, il n'y a pas de raison. Ainsi, la prochaine édition de l'émission philosophique "Survivor" (intitulée Koh-Lanta sous nos latitudes) doit voir s'affronter quatres équipes divisées par... race. Latinos contre asiatiques contre noirs contre blancs (source My Way, "NYC Officials Want New 'Survivor' Pulled").
CBS, qui diffuse l'émission, se défend face à ses détracteurs en affirmant que la chaîne a toujours "répondu à ses critiques à travers l'écran". Si l'émission est maintenue, on peut déjà imaginer les épreuves qui attendent les candidats : les latinos survivront-ils à une traversée de 12 heures sur un radeau fait de sacs plastique en hommage à leurs amis exilés de Cuba ? Les asiatiques vont-ils (vraiment) manger leur chien de compagnie ? Les noirs sauront-ils se servir de leur (immense) organe pour se sortir de cette situation périlleuse ? Les blancs vont-ils trouver le moyen d'échapper aux épreuves en soudoyant la production ?
La ville de New York a officiellement demandé l'arrêt de l'émission, déclarant "The idea of having a battle of the races is preposterous, (...) How could anybody be so desperate for ratings ?". On ne va pas se permettre de répondre à cette question, alors que Cauet signé pour une nouvelle saison sur TF1.
Quand les Canadiens vont aux US poser des questions aux Américains, c'est forcément facile. Mais surtout très rigolo.
S'il est une caractéristique que l'on aime attribuer aux Américains, c'est leur parfois faible niveau scolaire. En particulier lorsqu'il s'agit de regarder en dehors des (grandes) frontières de leur pays. Il n'en fallait pas moins pour que le Canadien Rick Mercer fasse une spéciale fort justement intitulée "Talking to Americans".
C'est à voir sur uTube, en cinq parties de 10 minutes, c'est à réserver à ceux qui parlent anglais, c'est aussi drôle que facile et donc bien entendu, totalement indispensable, ou pas. Les liens sont ici (partie 1, partie 2, partie 3, partie 4 et partie 5), le tout pêché sur le toujours excellent Boing Boing.
Parfois, le temps de cerveau disponible partait aux toilettes pendant la pub. Il fallait agir.
Le problème de la télévision, c'est qu'entre la pub, il y a des émissions. Dieu merci, de l'autre côté de l'Atlantique, on réfléchit dur pour que cette situation ne dure pas, la preuve :
"We are already seeing an erosion of the 'editorial wall' in network newsrooms, particularly for morning news and newsmagazines, I think you'll find that this type of activity will continue to take place, and other forms of product integration will find their way into news divisions as well" (source The Hollywood reporter).
Les placements publicitaires font donc doucement leur chemin dans les rédactions d'informations, histoire de finir de massacrer une profession qui lutte déjà pour maintenir une once de semblant d'indépendance.
Bientôt donc, sur TF1, quand on parlera de formule 1, on ne dira que du bien des marques de voitures françaises, on fera des dossiers spéciaux sur les vacances à la Bourboule parce que c'est une station super chouette qui a obtenu le drapeau vert de la plage sans marée noire trois ans de suite, on passera une couche sur le fabuleux concert (et l'album, vous avez acheté l'album) de Céline Dion et on fera des sujets sur les yaourts zéro pourcent indispensables pour pas avoir l'air d'une morue à la Bourboule (qui vient d'obtenir son drapeau vert).
...Ah non, ça, c'est déjà fait.
En fait, quand les placements publicitaires arriveront dans les informations, la seule différence, c'est que les marques vont être obligées de payer pour la pub. Le business est un monde sans pitié.
Soucieux de la reconversion de ses salariés, TF1 n'hésite pas à former ses journalistes à devenir des commerciaux en puissance. Chouette.
C'est bien connu, quand on parle de contrats financiers, il n'est pas bon de laisser l'éthique se mettre en travers du chemin. Ainsi, quand Bouygues veut vendre des installations télévisuelles dans cette grande démocratie qu'est le Turkménistan (rapport Amnesty International - PDF), le groupe n'hésite pas à mobiliser sa chaîne - et les journalistes qui vont avec - pour faire une émission à la gloire du dictateur en place.
Enregistrée en 1996 et animée par un Jean-Claude Narcy lassé de commenter les dernières commémorations du centenaire de la reprise de la pêche à la palourde dans le chenal de Bretagne, l'émission n'est jamais diffusée en France mais fait quand même du bruit (article Acrimed).
Et cet exemple d'extraordinaire transparence et d'objectivité journalistique sont relatés dans un livre sorti début mars, livre qui a donné à Télérama et au Nouvel Obs l'occasion de ressortir cette sympathique affaire des tiroirs.
Le vrai journal de Canal+ avait aussi fait un sujet dessus. Apparemment prévu pour être diffusé ce week-end, il semble que le reportage a été purement exclu de la grille de l'émission. Motif invoqué ? Aucun. Bien entendu, les mauvaises langues diront qu'il faut y voir un juste retour de bâton du rapprochement des bouquets Canalsat (Canal+) et TPS (TF1). Mais sur 404, on n'est pas comme ça : on ne se permettrait pas de remettre l'objectivité journalistique de Canal+ en cause. Après tout, dans ce reportage, on ne parlait même pas de Bernadette Chirac, non ?
A l'unanimité de une voix, TF1 et Canal+ obtiennent donc conjointement le Pujadas d'or de la semaine, célébrant par là la quintessence du (double) conflit d'intérêt entre journalisme et affaires. Bravo à eux.
Le problème de certains comiques, c'est qu'ils disent des choses ridicules pour faire rire, alors qu'ils les pensent vraiment.
Puisque c'est une obsession nationale (comprenez ma brave dame, avec cette vache folle du poulet, on ne sait plus de quoi se bâfrer), l'émission Campus de ce vendredi était dédiée aux arts de la table.
Sur la plateau, un BHL plus esthétique que jamais, des chefs, des critiques, des écrivains comestibles et un comique imbuvable en la personne de Laurent Gerra. Interviewé depuis la salle du restaurant où il vient de s'empiffrer, on interroge le futur obèse sur son opinion sur la gastronomie française. Réponse d'un Gerra qui a visiblement appuyé sur le digestif (retranscription approximative, émission non stockée en ligne) :
"C'est superbe. Mais il est inadmissible de taxer les restaurateurs comme ça, de leur voler leur l'argent. A l'entrée de Dijon, la capitale de la gastronomie, il y a un Mac Do qui paye 5,5% de TVA. Pour vendre du Mac Do. Alors que les restaurateurs qui représentent le savoir-vivre français sont beaucoup trop taxés. Et ça me fait rire qu'on reçoive des leçons de l'Europe et d'Angela Merkel là-dessus. Et alors surtout des Allemands qui, je crois..."
A ce stade, Guillaume Durand a le bon goût de stopper le presque comique dans sa lancée lyrique sur les maux européens et ces salauds de Teutons. Reste qu'on ne sait pas ce que ce "surtout des Allemands" cache. Surtout ces Allemands à qui on a foutu une bonne branlée pendant deux guerres mondiales de suite ? Surtout de ces Allemands qui s'y connaissent autant en bouffe que Gaymard en immobilier ?
La réponse est dans la tête du plus poujadiste des comiques français.
France deux, c'est un peu comme le loft en fait. Sans salle CSA.
On le sait, le politicien est un petit être subtil. Subtil et cachottier. Pas facile, du coup, de savoir si la campagne présidentielle avait officiellement commencé ou pas. Pour ceux qui avaient un doute, France 2 a une réponse toute faite. Non, le 20 heures d'antenne deux ne révélait pas que Juppé quittait la vie politique (c'est pas que ça démangeait pas mais bon, on a une éthique nous, môssieur). Non, le 20 heures de TF1 ne révélait pas que Sarkozy avait le pouvoir de réfléchir même en se rasant et le tout sans se couper. Non, le journal de France 3 ne couvrait pas la fête de la rillettes organisée par la section PCF de la Ferté sur Bourre. Non, rien de tout ça.
Pour s'assurer que la campagne avait bien démarré, il suffisait de jeter un oeil au sommaire du JT du 20 Janvier. Vu qu'on était un vendredi, c'était au tour de la sémillante Béatrice Schönberg de dire n'importe quoi avant Patrick Sébastien. Et qu'avait-on au menu des actualités de l'ORTF ? De la politique ? De l'international ? Du grand reportage ? De l'économie ? Du la guerre, du sang, des morts, des scandales ? De la réflexion de fond, du journalisme engagé ?
Que nenni mon brave, on est sur France deux quand même, on se respecte un peu.
Alors au programme, ce sera insécurité (et laquelle), faits divers (et lesquels) et chiens écrasés (Tequels, les cons).
On commencera donc avec un petit sujet sur les assise du Var, histoire de se mettre en bouche. Le pompier qui mettait le feu à la foret a été déclaré coupable, oh oh oh. Puis, un accident de car à cause d'un empaffé de chauffeur qui a cru de bon ton d'avoir une crise cardiaque en pleine ligne droite sans même avoir la délicatesse de tuer un ou deux adolescents au passage (tout se perd).
Ensuite, un petit tour du coté de la belgique où le type qui avait volé l'ambulance et écrasé une jeune fille dans la foulée a été extradé vers la France. Puis, zoom sur la violence scolaire avec ce professeur d'anglais qui s'est pris un coup de tête, un détour par le Bas-Rhin pour le procès des parent du petit Nicolas, lequel, sans doute pour faire concurrence à son nouvel ami Gregory, avait jugé malin de se faire tuer par sa propre famille à coups de cuillère en bois, juste histoire de prouver que ses cons de parents aussi pouvaient aussi être créatifs en plus de stupides.
Puis, toujours dans l'ordre, on sort du fait divers pour rentrer dans le débat économique de haut niveau avec les restaurateurs qui ne sont pas content qu'on ne leur baisse pas leur TVA et qui menacent du coup de ne pas voter De Villiers en 2007. Ce premier sujet de fond passé, on passe du coté de Seb où c'est tellement bien qu'on menace de fermer 3 usines puis vers les Alpes, vu qu'il y a danger d'avalanches et que ça ennuie vraiment les 3 déjantés qui font du ski par moins trente.
Il est 20 heures passé de 19 minutes et 59 secondes, soit 21 minutes après le début du journal, quand on parle enfin de l'étranger pour dire en 3 minutes 47 secondes qu'on se les gèle en Russie, qu'une otage américaine est détenue en Irak et que le Mali se réunissent tous ceux qui n'ont pas comme seul projet de société de s'acheter le prochain 4X4 BMW.
Mais trop de réflexion tuant la réflexion, on retourne rapidement à ce qui préoccupe - vraiment - le français entre le camembert et le liégeois au chocolat: Les portables filent ils mal à la tête, faut ils sauver Willy dans la tamise, les tricolores triompheront-ils au patinage artistique et enfin, Chouchou et Loulou sont ils aussi exaspérants au théâtre qu'à la télévision.
Donc, pour résumer, le fond du journal de France 2 du 20 janvier a été:
Procès, accident de la route, accident de la route, insécurité, procès, impôts, chômage, commentaires sur la météo météo pendant 23 minutes. Puis étranger pendant 4 minutes (quand même) puis Santé, fait divers, Sport et croûte théatrâle pendant les 9 minutes restantes.
Soit la formidable proportion de 10% de temps consacré au infos et 90% à libérer de l'espace de cerveau. On félicite le petit David pour sa contribution à l'élévation globale du niveau des informations.
Contrairement à TF1, M6 ne vend pas du temps de cerveau disponible, elle oeuvre pour le bienfait de l'humanité.
Il est des jours, on ne sait pas trop pourquoi, où, ô miracle, TF1 décide de passer une bonne émission. Autre chose que Femme flic, Femme juge, Femme policier, Femme contractuelle, Femme nounou, Femme à barbe ou autre androïde laveur de cabinets. Et Dieu merci, pour ces soirs-là, il reste M6.
Parce que sur M6, c'est le vice-président du directoire qui le dit, on aime bien "suivre des gens en recherche de l'épanouissement personnel" (interview dans le Parisien du 16/01/06). Mais, se demandent Bataille et Fontaine, outrés que M6 ait aussi eu l'idée de suivre des gens, qu'entend-on donc sur M6 quand on parle "d'épanouissement personnel" ?
"Epanouissement personnel", sur M6, ça se dit "C'est du propre" (pour apprendre à faire le ménage), "Super Nany" (pour apprendre à mater ses gosses), "Nouveau look pour nouvelle vie" (pour apprendre que ce qui compte vraiment, c'est la taille des seins) et autres "En voilà des manières" (pour apprendre à ne pas vomir à table).
A la suite de toutes ces informations de grande valeur, le spectateur pourra, bien tranquillement, se taper le 879e épisode de "Renée, femme espion et dame pipi" dans un appartement bien propre, avec des enfants bien rangés, une bonne paire de seins et des coudes pas sur la table.
Merci M6 de veiller à "l'épanouissement personnel" des Français. Devant une telle volonté de service public, on leur refilerait bien notre part de redevance. Comme ça, cadeau. Et surtout parce qu'on aime bien les gros seins.
Il y a pire que le sondage politique en France : le sondage télé.
Le Français est un maso qui s'ignore. Si. La preuve, ce sondage publié hier par Télérama sur la relation passionnelle qu'entretiennent les Français avec la télévision.
Parce que bon, 53% de personnes insatisfaites de la télévision, ça, on arrive à comprendre. Mais qu'en même temps, le temps moyen devant la télévision par jour soit 3h24, soit presque la moitié du temps qu'on ne passe pas au lit ou devant un bureau, ça, on l'explique moins.
Mais on cherche.
Comme on cherche encore à comprendre pourquoi la chaîne qui "correspond le plus aux attentes" soit aussi la chaîne généraliste... euh... la moins regardée. Et c'est (bingo), Arte.
Devant tant de questions dont la profondeur philosophique n'aura pas échappé aux plus éveillés des lecteurs, Brain Not Found ne peut qu'en conclure que le Français, au fond de son petit coeur de rebelle, en fait, il déteste très fort Julie Lescault. Et qu'il ne regarde que par pure bonté pour Véronique Genest.
...ou bien qu'il a honte.
Sur cette question transcendantale, vous m'excuserez, faut que j'y aille, on m'informe que Jean-Pierre Pernaut, à la vue de ce sondage, aurait eu cette exclamation napoléonienne : "les cons".
Et si finalement, le bullshit était un engrais comme un autre ?
Le sein de Janet, à son époque, avait fait beaucoup de bruit. Pas littéralement s'entend. Mais l'exposition du téton pendant la finale du Superbowl avait ému toute l'Amérique (pour ceux qui n'ont pas eu le malheur, à l'époque, de voir le téton en question, Brain Not Found en a gardé une petite reproduction en stock, c'est cadeau).
Le 4 août, Robert Novak (journaliste conservateur CNN) a failli remettre le couvert. Enfin presque. Parce que pas de téton cette fois, mais le mot "bullshit" prononcé en plein dans le poste de télévision. Sans prévenir en plus. Pas un message d'avertissement pour dire "attention, je vais prononcer le mot bullshit, éloignez vos enfants de la télé".
Du coup, l'Amérique s'offusque. Parce que bullshit, c'est quand même affreux comme mot. The Smoking Gun a mis en ligne les plaintes reçues par le FCC au sujet de cette affaire. On peut y lire, entre autres (traduction 404) :
"(...) que se serait-il passé si les enfants de mes voisins avaient été chez moi pendant la diffusion de cette émission ? Encore pire, si j'avais regardé l'émission avec mon amie enceinte ? Le précieux enfant à naître aurait été définitivement abîmé par l'écoute de ce mot. Et ce serait arrivé sous mon toit." (original ici)
"(...) Merci de sanctionner M. Novak pour la perte de valeurs familiales qu'il a provoquée" (original ici)
"(...) Entendre ce mot m'a profondément choqué et mes enfants ont été corrompus. Ils prononcent maintenant sans arrêt le mot en "b" et je ne les contrôle plus" (original ici)
"(...) Je veux des excuses de CNN et de Robert Novak. Il est une disgrâce pour le journalisme et pour la nation toute entière" (original ici)
Pour information, aux US, avant d'atteindre l'âge de 13 ans, un enfant aura vu à la télévision plus de 100 000 scènes de violence et 8000 meurtres (et 1 téton s'il regarde le Superbowl). C'est 21 scènes de violence et 1,7 meurtres par jour (source). Mais on n'y dit ni "fuck", ni "bullshit". C'est important pour la morale.
Et sur ces paroles d'une vulgarité à donner envie à Bataille et Fontaine de recruter Brain Not Found, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait que le nouveau-né aurait dit "bullshit" en s'apercevant qu'on avait flouté le téton de sa mère (qui elle, Dieu merci, ne regarde pas CNN).
Il est étonnant que le journal de 20 heures ne soit pas encore sponsorisé par Darty, on adore y parler de météo.
Mine de rien, avec le temps à faire poiler un Irlandais qu'on a eu cet été, on a échappé à de grands moments de télévision. Parce qu'on était quand même salement bien partis avec la canicule.
C'était début juillet, le thermomètre avait eu l'indécence de dépasser les trente degrés, la sudation allait bon train et Pujadas s'alarmait plus que jamais au volant du JT de France 2 (qui tient à rappeler, pour mémoire, que non, Juppé n'a pas quitté la vie politique).
Et Pujadas, il aime pas quand il fait chaud. Alors il nous lance, comme ça, alors qu'on n'est même pas échauffés, une série de sujets sur la canicule qui devrait pas tarder à venir (même qu'on est passé au stade de la pré-alerte, c'est dire).
On commence par un sujet sur les élèves d'une école de Bordeaux qui ont vachement de mal à se concentrer en cours. C'est qu'il n'a pas suffisamment fait chaud pour qu'il se passe quelque chose d'intéressant dans les maisons de retraite. Donc, on se rabat sur les moins de 12 ans. Et qu'apprend-on de bouversant ? Que quand il fait chaud, le petit blond préférerait être à la piscine plutôt que de mariner dans une étuve de classe. Si.
Après, puisqu'il faut du vieux quand même, on rappelle, force images de séniles à l'appui, qu'il faut boire beaucoup, de l'eau de préférence. On en profite pour rappeler que quand il fait chaud, la clim', c'est vachement bien. Pour un peu, on se demanderait si France 2 n'a pas conclu un accord diabolique avec Castorama.
Ensuite vient le reportage sur la fillette morte. Un arrêt cardiaque. Affreux. Comme la canicule est le buzzword du jour et que toute l'équipe du JT veut battre le record du monde de caniculage de journal, on apprend que la crise cardiaque pourrait bien être due aux températures... ou pas. Non ?
On continue avec une fillette qui s'est noyée dans la rivière. Et que tout cela ne serait jamais arrivé si elle ne s'était baignée pour échapper... à la canicule.
Canicule, on en profite pour l'apprendre, qui déclenche des orages, orages qui peuvent être dangereux pour les enfants cardiaques qui ne sont pas concentrés en classe et qui tentent d'échapper à la canicule en se baignant dans des rivières sans savoir nager.
Enfin, on conclut par une page internationale pour apprendre qu'en Italie, c'est la canicule aussi (et que la canicule, contrairement au nuage de Tchernobyl qui avait, lui, du savoir-vivre, ne s'arrête pas aux frontières).
Brain Not Found regrette amèrement de ne pas avoir organisé de méchoui scandinave pour célébrer les premiers jours de l'année où le thermomètre a dépassé les 30 degrés à Paris. C'était 10 minutes assurées pendant le 20h et la gloire pour 5 générations de Brain Not Found.
Et sur ces paroles d'un potentiel calorifère navrant, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait que cet automne, météo France craint de la pluie. On n'est plus à l'abri nulle part.
C'est pas tout, ces températures raisonnables. Mais à défaut de canicule, faut bien trouver quelque chose à se raconter...
Ce qui est pénible avec la météo, c'est que ça change tout le temps et qu'on ne peut rien prévoir. La preuve, alors que les rédactions avaient de quoi remplir juillet et août rien qu'avec des sujets sur la canicule, voilà qu'il se met à ne faire même pas trop chaud cet été. Un vrai scandale.
Et à la place, en plus, on est obligé de se taper une bonne vieille sécheresse.
Or on sait fort bien que la sécheresse est largement moins télégénique que la canicule. Parce que bon, faut dire ce qui est, dans les maisons de retraite, l'irrigation des champs de colza, on s'en fout à décrocher le portait de De Gaulle d'au-dessus de la cheminée.
Cet été, on doit donc parler de l'irrigation du colza plutôt que de l'irrigation du vieux et c'est moins vendeur.
Alors du coup, quand on a un sujet 3e âge, on le tient fermement, histoire qu'il ne s'échappe pas.
Et là, c'est une vieille dame de 70 ans bien tassés qui appelle le 15 parce qu'elle vomit. Pas de panique au SAMU, on l'invite à contacter le médecin de garde. Sauf que le médecin de garde est parti en vacances à la Bourboule et que du coup, son intervention est moins efficace. Ce qui doit arriver arrive, lorsque les secours finissent par arriver, la septuagénaire est beaucoup moins vivante qu'avant.
Sans vouloir remettre en cause le pathos de l'événement, on peut se demander s'il est bien raisonnable que le raté du SAMU fasse la une des JT de 13h et de 20h deux jours de suite sur TF1, Antenne 2 et FR3 à la fois. Mais bon, à la fois, on ne va pas se mentir, ça fait un sujet de discussion idéal au bar du camping. Alors que les attentats en Irak, moins.
Et sur ces paroles d'un secourisme digne d'Adriana Karembeu, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait que Sarkozy veut déjà lancer un grand plan national d'aide aux septuagénaires qui vomissent. Ca promet.
Entre les feux de forêts et les murs qui ne tiennent pas debout, 'manquait plus que Sarkozy pour achever les pompiers.
Les pompiers, c'est un peu comme les facteurs. Ce sont des gens qui font croire qu'ils ont un vrai travail alors qu'en fait, chacun sait que le plus clair de leur activité consiste à harceler le troisième pour fourguer des calendriers avec des photos de chats d'une qualité graphique digne des plus sombres heures du design est-allemand des années 70.
Néanmoins, la comparaison entre le préposé des PTT et le pompier s'arrête là. Parce que le pompier, contrairement à son collègue fonctionnaire, est généralement bénévole. Or, qu'on Nobélise Lara Fabian si je m'abuse, mais on a rarement vu un facteur distribuer des prospectus publicitaires par bonté d'âme.
Non, le pompier, il est gentil parce qu'il se réveille pour pas un rond au milieu de la nuit dans l'espoir d'aller éteindre un feu alors qu'il sait au fond de lui-même qu'il va, comme tous les week-end, aller sortir quelques restes d'une 106 qui a tâté du platane au sortir du Dixie's.
Le pompier, c'est un gars bien, qui fait pompier par passion, parce que faut dire ce qui est, pompier, c'est un peu le complément excitant à la vie de menuisier.
Le pompier, il prend des risques en étant pompier. C'est comme ça, il le sait, sinon il serait pas pompier. S'étonner qu'un pompier prenne des risques, c'est aussi stupide que de s'étonner qu'un marin du Vendée globe aime le bateau.
Alors, que Steeve Estatof écrive un livre sur le sujet, mais pourquoi est-ce que trois pompiers morts en se prenant un mur dans la tête se font-ils remettre la légion d'honneur à titre posthume par le ministre de l'intérieur du nom de la France ? Pourquoi font-ils la une des JT depuis 3 jours ?
Sur cette question igor-et-grichkienne, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait qu'un ministre de l'intérieur se fait une pub indécente sur des faits divers moroses.
(France 3, "Les pompiers de Tannay morts en service décorés" et Nouvel Obs, "Les trois pompiers morts dans un incendie cités à l'ordre de la Nation ")
En Allemagne, on peut acheter du papier toilette recyclé. Sur TF1 aussi.
On le savait déjà depuis un moment, sur TF1, on n'est pas là pour faire de la qualité. On est là pour vendre du temps de cerveau disponible, pour les pubs.
Mais TF1 pousse le bouchon un peu plus loin en devenant la première chaîne totalement écologique. On y pratique en effet le recyclage à un rythme à faire blêmir un membre de Greenpeace Suisse.
Jugeons plutôt le contenu de la parade philosophico-madeleiniste de Cauet, en deuxième partie de soirée :
- Sandrine Kimberlain (Carla Bruni avec 4 ans de retard, à qui on remet le diplôme de l'invitée qui embrasse le mieux l'animateur sur la bouche)
- Julio Eglesias (87e album qui donne un cours de toucher de sexe)
- La Baronne Von Braunsteter (qui parle de sa frigidité, des gens qui font caca dans la ferme et se plaint de sa chambre d'hôtel monégasque de 80m²)
- Claude Lelouch (ouvreuse de cinéma et qui vend son nouveau film au casting prestigieux -- Michel Leeb, Arielle Dombasle...)
- Céline Géraud (nouvelle animatrice de "l'Ile de la Tentation")
- Eve Angeli (qui, avant et après "la Ferme des Célébrités", a commis des disques)
- Et enfin François Valery (animateur rayon lingerie féminine chez Monoprix).
Utiliser des émissions pour faire de la pub pour des autres émissions, ça évite de créer inutilement de nouvelles stars qu'on doit jeter après et qui polluent pour les générations à venir.
Merci à TF1 de penser aux générations futures, en plus de nous rendre le cerveau disponible. Brain Not Found propose de remettre un prix Nobel au couple Cauet / Bataille et Fontaine pour services rendus à la nation. Ce ne serait que justice.
On nous dit que la TNT est la révolution du PAF. C'est grave à ce point-là ?
Téléspectateur, réjouis-toi, la révolution est en marche. Et pour ne rien gâcher, on lui a donné un nom qui rendrait jaloux même un responsable communication d'Al-Qaeda: la TNT. Comme Télévision Numérique Terrestre. Wahou.
Après la mort du pape, c'est sans doute la plus grosse actualité de la semaine dernière et les journaux télévisés n'en pouvaient plus de s'extasier. D'aucuns comparaient même, excusez du peu, l'événement à l'apparition de la télé couleur ou l'invention du télégraphe. Ben tiens, pourquoi pas le jour où on a marché sur la lune aussi.
Passons outre le fait que la TNT ne soit que partiellement gratuite ou qu'il faille acheter un décodeur et penchons-nous un instant sur les programmes qui vont révolutionner le PAF. Parce que la télé sans programmes, c'est un peu Raffarin sans Lorie, pas très utile en somme.
On retrouve donc, grâce à la TNT, France 5, Arte et TMC. Grosse nouveauté puisque ces chaînes existent chacune depuis au moins 10 ans. Autant pour la nouveauté donc. D'autant qu'Arte et France 5 étaient déjà disponibles sur le réseau hertzien et que vouloir décemment capter TMC s'apparente à un suicide intellectuel tant la chaîne de Monte Carlo est devenue avec les années un hospice des parias du PAF à dents trop blanches.
Que reste-t-il donc à la TNT pour faire la révolution du petit écran français ? A ce stade, lecteur adoré, accroche-toi, l'offre de programmes rendrait même malade Igor et Grichka au meilleur de leur forme, tant les acronymes stupides pullulent sur la télé numérique du futur de l'an 2000.
D'abord, il y a W9, transfuge de M6, nouveau support de promotion des trépanés musicaux de la nouvelle (s)tare. W9, c'est M6 à l'envers (on a le sens de la formule), c'est un spot de pub géant pour de la musique de grande surface.
NT1, quant à elle, n'est l'inverse de rien et curieusement, l'inverse de rien, ça a l'air d'être rien non plus. Pondue par le groupe AB (Hélène et le miel et les garçons et le collège et l'amour fou fou fou), elle promet films, séries et télé-réalité. Avec comme animateur star Jean-François Derec (le lecteur incrédule pourra relire cette phrase autant de fois que bon lui semble), autant dire que la chaîne promet des grands moments de culture.
NRJ12 propose, quant à elle, surprise, de la musique, des films et des séries. Bernard Pivot ne figurant pas encore dans la grille officielle de la télé des djeuns qui groovent, on peut prendre la mesure de l'ambition de la chaîne en se référant aux chapitres "W9" et "NT1" ci-dessus et en secouant très fort pour bien mélanger.
Se succèdent enfin France 4 (tout ce que les autres numéros n'ont pas osé), les chaînes du sénat et de l'assemblée (bonne nuit les petits) et enfin Direct 8 qui, à défaut de programmes, sait au moins qu'elle va les faire en direct.
Si avec une telle pléthore de programmes, le Français ne court pas immédiatement chez Darty claquer 100 euros dans une télécommande de plus, c'est à n'y rien comprendre ma brave dame.
Finalement, les excités du journal de 20 heures ont peut-être raison quand même. La TNT, c'est peut-être la révolution, celle qui permettra à TF1, M6, AB et France Télévisions de diffuser des programmes encore plus mauvais sous prétexte que personne ne les regarde. Vive la TNT.
Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'y aille, l'académie de chant nudiste de Jean-François Derec commence dans 5 minutes.
Quand Michel Barnier détient des infos sur Florence Aubenas, il les garde pour Drucker. Parce que les maisons de retraite, ça vote...
C'est un peu le pape du PAF tant il ne peut plus se passer une journée sans qu'on ne le voit au moins une fois dans le poste de télévision. Lui, c'est Michel Drucker. Et Michel Drucker, on l'aime bien en France. Parce que Michel Drucker, on dirait qu'il connaît tous les gens importants du pays. Et il est gentil. Et il a des chiens. Et il dit tout le temps "formidable". Et il dit jamais rien de méchant. Et il est tout le temps d'accord. Bref, il va très bien avec une tasse de thé et une boite en métal remplie de Roudor.
Et tellement on l'aime, Michel Drucker, que tous les hommes politiques ils veulent passer dans son émission pour séniles du dimanche après-midi.
Parce que parler de souvenirs de colo avec Christian Clavier, c'est plus simple que parler Europe, chômage ou Sécu.
Il suffit de se souvenir de Raffarin se ridiculisant dans une dithyrambique glorification de Lorie pour se rendre compte de la gravité du phénomène (Alors moi, premier ministre de la France, 5e puissance économique et militaire mondiale, quand je veux parler au peuple, j'invite une chanteuse pour adolescentes en poussée hormonale à chanter une chanson niaise qui illustre parfaitement ma vision du foutage de gueule populaire).
Parce que débattre de la qualité des choux de Bruxelles avec Jean-Pierre Coffe, c'est plus simple qu'expliquer le référendum.
Mais là, il faut d'urgence qu'on explique à Barnier la différence entre information et divertissement. Parce que Barnier, pour annoncer au peuple français que le gouvernement a reçu des preuves de la vie de Florence Aubenas et de son guide irakien, il choisit le plateau de Drucker.
L'information est sortie du tournage du "Vivement Dimanche" du 3 avril qui a eu lieu mercredi, dans lequel notre ministre des affaires étrangères semble courageusement confondre gouverner un pays et faire du show business. Alors, très cher Michel Barnier, pour l'avenir: Le pays est rempli de journaux très sérieux grâce auxquels les gens s'informent (c'est le but des journaux). Quand il y a des informations à donner sur une journaliste détenue dans un pays étranger, qui risque sa vie pour qu'on comprenne quelque chose à ce qui se passe dans le monde, ce serait lui rendre hommage que de ne pas réserver l'information au plateau d'un marchand de lessive pour maisons de retraites picardes (sur lequel tu vas faire de la pub pour ton propre livre aussi par ailleurs).
Sur ces bonnes paroles, vous m'excuserez, faut que j'y aille, on tourne le prochain "n'oubliez pas votre brosse à dents" dans lequel on assistera à un débat Hollande / Raffarin sur la constitution européenne pendant lequel ils devront faire exploser des coussins péteurs tout en appuyant sur un buzzer avec leurs fesses à chaque fois qu'ils reconnaissent une chanson de Garou.
(Révérences à Chryde pour l'information).
L'information est une question de priorités. Parce que ces cons au Darfour, ils n'ont même pas de neige.
Qu'on se le dise, quand il fait froid, les vaches font moins de lait. Et encore pire quand il neige. C'est en substance ce que nous apprend un David Pujadas particulièrement en forme hier soir lorsqu'il a fallu faire les 15 premières minutes du JT de France 2 sur la neige. Ceux qui n'aiment pas la neige, c'était pas votre soir mais rassurez-vous, vous aurez tout cet été pour vos délecter de reportages sur les dangers des coups de soleil chez les septuagénaires bretons.
Résumons pour les malchanceux qui n'ont pas le privilège d'habiter Paris ou d'avoir une télévision chez eux. Hier, il a neigé à Paris. Si. Des vrais flocons, blancs, comme de la pluie mais froide et solide. Et naturels en plus. Et puis alors, il en est tombé plein en même temps, des flocons. Genre pendant deux ou trois heures non stop. Si. Encore un peu, on allait sortir les skis de fond dans un relent de nostalgie pour Heidi et ses couettes. Au total, deux bons centimètres de neige sur les trottoirs, les Berlutti de Delors ne s'en sont pas encore remises.
Alors forcément, Pujadas, qui n'a jamais vu de la neige (mais la démission de Juppé, oui), il est tout épaté le garçon. Il s'interroge, dubitatif, sur ce que peut bien être ce truc blanc qui tombe du ciel. Il envoie ses meilleurs journalistes d'investigation qui finissent par revenir avec un reportage sur le thème « la neige glisse », un autre consacré au fait « qu'il ne neige pas que chez nous », un troisième sur « les paysans coincés par la neige et les vaches qui font moins de lait l'hiver » suivi de « quand il neige faut déneiger les avions » et pour clore le chapitre, un peu de vécu et une superbe synthèse avec le sujet sur « la boulangère pas de chez nous qui doit prendre son 4X4 parce que la neige ça glisse et qu'il faut bien apporter le pain aux paysans coincés dont les vaches produisent moins de lait l'hiver ».
Et si, au lieu de réciter mécaniquement le nom de Florence Aubenas chaque soir, on lui rendait hommage en commençant par faire du vrai journalisme sur le service public ? Après tout, c'est parce qu'elle croyait à l'information qu'elle a disparu.
Et si l'altermondialiste du PAF faisait manger José Bové chez Quick ?
Altermondialiste du PAF, le Marc Legsy de Canal + présente chaque semaine en clair son vrai journal, pleurant les irradiés d'Inde et les irradiants de Davos. Et puis dernièrement, un sujet sur les 4X4 qui polluent. Parce que oui, sans revenir longtemps là-dessus, c'est pas le scoop du siècle, le 4X4 pollue. Et surtout, le 4X4 est d'une utilité redoutable à Paris.
Parce que mine de rien, le rond-point de l'Etoile, il est pavé, et pas que de bonnes intentions. Et en plus, les pavés du rond-point de l'Etoile, ils sont pas droits du tout. Genre certains dépassent d'un bon centimètre et ceux-là, à eux seuls, justifient bien qu'on s'achète une voiture de 5 tonnes. En même temps, le conducteur de 4X4, en plus de prendre le devant des pavés anticipe aussi joliment le jour où une bombe nucléaire frappera la champ de Mars ou que LCR prendra par la force la mairie du 16e.
Pour en revenir à nos moutons et au Benetton de Canal +, Karl Zero nous démontre donc, preuves à l'appui, que le 4X4 à Paris, c'est pas très Porto Allegre et que Davos frappe à la porte des abrutis qui osent conduire des hummers dans la capitale.
Certes.
Comme dans chaque vrai journal, on fini par invoquer Bouddha ou se méfier des contrefaçons et chacun rentre chez lui, bienheureux d'avoir poussé un petit coup de gueule bobo en mal de communisme. Karl Zero, de son côté, sort du parking au volant de son Porsche Cayenne Turbo, un formidable 4X4 qui ne se contente pas de polluer mais qui permet aussi de monter à la Megève à la vitesse moyenne de 312 km/h.
On appréciera la suite dans les idées du José Bové du PAF. Allez hop, tous chez Ronald, les manifs, ça creuse.
Certains vont jusqu’à prétendre qu’il y aurait des informations a la télévision. Ca se saurait.
Ce soir, parce qu’il fallait meubler avant de parler de l’immortalité de la passion des français pour les jouets en bois, le divertissement de 20 heures de France 2 a fait ses choux gras de l’hôpital psychiatrique que Pau.
Deux décapitées, on interview les collègues, la police, la gardien, le pot de fleur du bureau et le voisin d’une des victimes qui raconte comment cette dernière a pris sa voiture pour partir au bureau.
Parce que savoir qu’elle a vite rejoint sa voiture parce qu’il pleuvait et que “c’est la dernière fois que je l’ai vu vivante” représente, on s’en rend bien compte, un élément indispensable pour comprendre le bourbier sans nom dans lequel on enferme le milieu médical en ces temps antibiotiques.
Après une interview de Douste presque aussi dramatique que l’évènement lui même, on a enfin pu passer à la passion des français pour les jouets en bois. Ouf. Pendant un moment, on a presque cru que Schönberg allait parler du Darfour. Mais en fait non, ça va, on regarde les informations, pas de risque.
A l’heure ou un rapport souligne l’inégalité devant le travail, TF1 fait dans le social en recyclant ses stars moches. Bravo.
Les experts mondiaux en vente d’espace cérébral libre de TF1 ont, il y a quelques semaines, œuvré une fois de plus pour l’éclat intellectuel de la France en proposant une soirée spéciale sur «l’élection de la plus belle femme du monde». Sachant que le monde compte juste quelques milliards de représentantes du sexe prétendument faible, l’ambition était là.
Alors TF1 nous le promet, je cite «Laurence Boccolini et Christophe Dechavanne nous ont révélé ce classement, fondé sur un sondage réalisé par l'Institut IPSOS* et qui reflète donc parfaitement le goût, l'opinion et le jugement des Français.» (rien que ça). Français, on va donc enfin savoir à qui tu penses en regardant la rubrique soutiens gorge de la redoute printemps-été 2005 durant tes pauses hivernales aux commodités.
En 10e position, la modeste Sharon Stone, précédées de Béart (Emmanuelle, pas Guy) de Carole Bouquet et de Catherine Deneuve. Certes, passe encore. En 7eme, on retrouve la présentatrice maison, Claire Chazal elle même. Premier sic. C’est sur qu’entre passer une nuit avec Claire Chazal ou Sharon Stone, on comprend l’hésitation.
Sophie Marceau et Julia Roberts précèdent la clone de PPD (quand même) mais sont à leur tour ridiculisées par (c’est le moment où jamais de s’asseoir) ... Corinne Touzet. Julie Lescault herself. Bien sûr, oui oui oui ... A croire que le français a un fantasme tout particulier pour tout ce qui se ballade avec une paire de menottes à la ceinture.
Comme choix, ça se pose là quand même. L’absence de toute personnalité télévisuelle ne travaillant pas chez TF1 donne une autre idée du sérieux de l’étude et du respect que la chaîne bleue et rouge peut avoir pour ses téléspectateurs.
Un grand bravo quand même à Boccolini et Dechavanne qui ont démontré toute l’immense étendue de leur professionnalisme en arrivant à annoncer le résultat sans rire.
Sur ces paroles dignes de l’église cathodique, vous m’excuserez, faut que j’y aille, on m’informe que Mougeotte vient d’être élu Mister T-Shirt mouillé (au coca) 2005 (le classement du Top 10 est visible ici)
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Edit: Corinne Touzet joue dans "une Femme d'honneur", pas Julie Lescaut, les afficionnados auront corrigés d'eux même. Idem, la photo n'est pas Corinne Touzet mais bien Veronique Genest qui est elle aussi dans le classement, loin devant Kim Bassinger. Les coupables de cette bévue seront fouettés en place publique.
Parce qu’il faut bien meubler entre “un gars une fille” et la météo, on a inventé le JT. Et le télé shopping aussi
Sur Brain Not Found, des fois on critique, des fois pas. Alors il est temps de rendre justice à notre tête de turc préférée du 20 heures, mister Pujadas himself.
Parce qu’il faut bien dire ce qui est, depuis que l’homme qui a vu Juppé à repris les rennes de la grand messe après sa semaine de thalasso forcée, le JT brille par sa qualité. Qu’on se rende compte. Sujet de fond sur sujet de fond, des envoyés spéciaux propulsés risquer leur vie aux quatre coins de la planète, pour peu qu’elle ait été fournie de coin, la conne, de la mise en perspective. Bref, du grand journalisme.
Ce soir, on a parlé longuement des désodorisants d’intérieur et de leurs risques si on en branche 462 dans la même pièce. On a aussi parlé des couples qui font leur voyage de noces à Tahiti, envoyé spécial à l’appui (on ne rigole pas). Mais le vrai sujet de fond du JT, c’est la luminothérapie, qui permet de ne pas “déprimer” quand le ciel est bas à Paris. On apprend même que les lampes sont en vente 150 euros pièce, et que ça marche, interview d’ex “déprimée saisonnière” (c’est comme ça qu’on les appelle) à l’appui.
Trois belles séquences de télé shopping en prime time, Laurent Cabrol aurait porté plainte pour plagiat.
Quant à moi, vous m’excuserez, faut que j’y aille, parait qu’on se lance dans l’investigation géopolitique sur gourmet TV.
Pour que Gunther passe le sel à Olga votez maintenant par SMS ou par téléphone.
Prouvant, si besoin est, qu’on a jamais vraiment touché le fond de la télé réalité, Endemol se prépare à lancer “Big Brother Forever” du coté de chez nos voisins allemands (rapporté par le Guardian).
Comme d’habitude, un concept simple à mourir. On recrée une ville de toute pièce, on y laisse vivre, on espère pour des dizaines d’années, des gens qui auront pour point commun celui d’être filmés jusqu’à dans leurs ennuis gastriques.
Ils seront sélectionnés sur le volet, tous chômeurs et tous suffisamment désespérés, sans doute, pour couper tout lien avec le monde extérieur pour une durée indéterminée. On leur donnera des vrais faux boulots, des vrais fausses obligations, une vraie fausse vie, le tout sous l’oeil brillant et globuleux de la ménagère de moins de 50 ans qui, bouleversée par les hémorroïdes de Gunther, ne manquera pas de laisser brûler la choucroute, cette conne.
Bref, des années de bonheur en perspective. Quant à moi, vous m’excuserez, parait qu’on prévoit déjà “Star Academy forever” dans lequel Jennyfer chanterai mal toute sa vie à la radio. Hum, non, en fait, ça a déjà été tourné, ça.
A force de vouloir copier TF1, France 2 en a fini par perdre son image. A moins que ce ne soit TF1 qui l’ait gagné. Ou l’inverse. Bref.
l’info est tellement belle qu’on s’en serait voulu de la louper... Le monde daté du 23 septembre reprend dans un coin de sa page “médias” un sondage publié dans le télérama du 22 sur les relations, ô combien compliquées, des français avec la petite boite à conneries qui hante leur salon (phrase d’une infinie complexité et élaboration qui mérite sans aucun doute une relecture attentive afin d’y découvrir un message satanique quant on le lit à l’envers).
Bref, retournons en à nos moutons et à leur relation avec la télévision. C’est que la moitié d’entre eux ne sont pas satisfait des programmes actuellement diffusés. Bon, à la fois, entre la star academy, Koh Lanta, l’île de la tentation de la souffrance et autres reportages animaliers du même acabit, on ne peut pas vraiment les blâmer.
Mais ce qui est vraiment superbe dans ce sondage vient après. Quant on demande aux français quelle chaîne représente le mieux le service public, ils répondent, en première position ... tenez vous bien ... TF1.
TF1 du service public. Mais bien sûr. Et total fina prix nobel de l’humanitaire pendant qu’on y est. ‘porte quoi. Sur ces bonnes paroles d’une profondeur qui laisserait sans nul doute BHL pantois, vous m’excuserez, faut que j’y aille, parait que Lelay s’est lancé dans le culturel.
A force de produire de la mauvaise qualité, Nikos nous a-t-il entraîné dans l’ère du tout jetable ?
Il fut des temps plus glorieux au cours desquels, se faire prendre en otage dans un pays composé majoritairement de clones capillaires de Demis Roussos n’allait pas sans une certaine dose de classe.
Rappelons nous simplement des journaux télévisés des années 80. Après le générique pétaradant, chaque jour, une paire de photos, toujours les mêmes, accompagnée de son sordide décompte. En fond sonore, la voix grave annonçait que “Nous sommes le 17 Octobre 1987, cela fait aujourd’hui 754 jours que Jean Paul Kauffman, Jean-Louis Normandin, Philippe Rochot sont détenus otages au Liban”.
Ces mêmes portraits poursuivaient le spectateur du lundi au dimanche, de télé matin au journal de la nuit. Ces images pour nous rappeler que certains risquaient leur vie pour apporter un minimum d’éclairage sur le monde alors que nous déglutissions notre huitième morceau de camembert.
En 2004, de nouveau, deux journalistes et leur chauffeur sont détenus en otage. Près d’un mois qu’ils sont enfermés. Près d’un mois qu’on en finit plus d’être optimiste sur leur libération prochaine. Près d’un mois aussi que le bruit n’en finit pas de s’estomper
D'abord, c’était des reportages, des interviews des leur famille, leurs amis, leurs proches, leurs lointains, leur collègues et ceux qui ne l’étaient pas mais qui avaient quand même un avis éclairé sur la question. Tous ceux qui pouvaient dire quelque chose, l’ont dit.
Peu à peu, on a perdu le sens de la réplique, on avait déjà pris la même route qu’eux dans un sens, dans l’autre, tout était dit.
Hier soir, sur France 2, on n’a même pas mentionné leurs noms. Juste un mot au détour d’un reportage sur “les otages”. Juste un mot, bien après les 3 minutes consacrées aux partouzes tauromachiques du sud-ouest.
Après avoir créé la génération des pseudo-chanteurs, la Star Academy nous aurait-elle habitué aux être humains jetables. Journalistes compris ?
Quant à moi, vous m’excuserez, faut que j’y aille, on me signale qu’un certain Ernest Antoine compte surfer sur la vague en créant le salarié jetable. Tout un programme. (la vidéo de l’ouverture du journal en 1986 est à voir sur le site de l’INA section “télévision” sous le numéro 48)
Le cerveau est il soluble dans la télé-réalité ? Et surtout, Carmouze se lancera-t-il dans la chanson engagée ? C'est la rentrée du téléviseur.
Septembre est un mois formidable. De ces mois dont il faudrait plusieurs par année. De ces mois qui devraient durer 90 jours, histoire de faire durer le plaisir. Comprenons nous, Septembre est un mois magnifique.
Parce que finalement, quand d'autre qu'en Septembre peut-on être harcelé dès qu'on approche une machine a café par une improbable assistante carbonisée jusqu'au string qui meuglera a qui veut bien l'entendre a quel point le cap d'Agde est un endroit rêvé pour bronzer de l'anus ?
Quand d'autre qu'en Septembre est-ce que les journaux télévisés emplissent l'air cathodique de mouflards pleurant leur génitrice à l'entrée de la maternelle ? Quand d'autre qu'en Septembre est-ce que des émissions spéciales sont exclusivement consacrées à la comparaison du prix d'un quatre couleurs chez Auchan et Mammouth ? Ma télécommande en a encore récemment vomi ses piles, c'est dire.
Et surtout, en Septembre, c'est le moment de l'inévitable rentrée télé. Celle là même qui nous dit que France 2, c'est mieux que ORTF1 qui est mieux que Canal qui marche sur les plates bandes de France 3 qui est mieux que France 2. Sans conteste, la palme de cette année revient à Patrick Le Lay, le presque chef de la chaîne qui lave le cerveau plus vide que vide.
Patrick Le Lay, cette année, il dit que TF1 ne donnera plus dans le reality show. ou bien plus trop. Ou encore un peu, on ne sait pas. Parce que "lever le pied sur la télé-réalité", chez TF1, ça donne quand même le maintien de "La ferme", de "star academy", de "Koh-Lanta", de "l'île de la tentation" auxquels on pourra rajouter "Queer" et "The apprentice", émission dans laquelle 16 candidats seront prêt à tout pour séduire un patron. ANPE-Show en somme, et si on couche pour réussir, c'est bonus. Hum.
Patrick Le Lay, il dit que cette année, ce sera à bloc docu-fiction (docu-drama dans la terminologie Bouygues), et c'est bien connu que dans "docu-fiction", il y a le mot "do".
Et surtout, Patrick Le Lay, il dit que cette année, son principal boulot, en tant que chef de la télé la plus regardée de France, c'est de "vendre a Coca-Cola (...) du temps de cerveau humain disponible". Que le cerveau reste disponible en regardant TF1, personne n'en doute, mais pour autant de pragmatisme dans le propos, on ne peut s'empêcher d'applaudir des deux genoux ce philanthrope de Patrick.
Sur ces bonnes paroles, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait que Pujadas veut transformer le 13 heures de "info-fiction" où on parlera de démission d'homme politique.
Il est des jours où on se demande comment le pulitzer échappe encore à TF1. Et d'autres où on comprend pourquoi.
Journaliste d'investigation au journal de l'ORTF (NDLR: après relecture, on m'informe qu'il s'agirait de TF1, pas de l'ORTF) c'est un vrai métier. Et critique de cinéma aussi. Ainsi, afin de mieux guider le spectateur cinéphage, Poivre d'Arvor n'hésite pas à prendre des risques face à Tom Cruise, au risque de se fâcher avec la quasi totalité de la jet set Auxerroise.
Ainsi, à propos de son nouveau film, il demandera en vrac, si Tom (il permet qu'on l'appelle Tom?) est satisfait d'avoir joué dans son meilleur film le plus abouti et le plus beau, si Tom pense qu'il va lancer des vocations de chauffeur de taxi et enfin, si les canapés au rillettes de Cécilia sont aussi bon que ceux au tarama de la semaine dernière.
Avec autant d'informations, d'accord, faut faire un tri mais on ne pourra pas dire qu'il n'y a pas un vrai travail d'investigation. Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait qu'on va remettre un prix Pullitzer à Jean-Pierre Pernaud.
Un médicament générique fait aussi bien que la marque, mais moins cher. En serait-il de même pour la télé ?
Une vachette. Un chacal. Encore une vachette. Un transexuel sur le retour. Toujours la vachette. Decouvre qui est l'homme marié. La catapulte humaine. Elle veut changer le look de sa fille. Un mauvais scenario sur le sida. Le record du monde d'enfilage de slip. Une Hyène.
Vachette. Voila en quelques mots le contenu educatif de la grille d'été de France 2 et de sa petite soeur, la 3. Massacrant dans un bain de sang mediatique toute notion de bon goût télévisuel, le service publique s'est selon toutes apparences senti investit de la divine mission de faire pire que TF1 durant la periode estivale. Un vrai challenge.
Catapulte. La tranche 18-20 a bien entendu été la premiere victime de ce raz de marée croutier. Alors qu'on pensait cette époque dieu merci révolue depuis longtemps, voilà que le ta nin nin nin nin nin d'intervilles vient faire son retour, en access prime time, pour le plaisir pathétique d'une bande de pseudo sportifs supportés par un public aussi motivé qu'un cortège funéraire et affublé par la production de superbes panneaux "allez les bleus" ou "youpi les jaunes on est les plus forts". La catapulte humaine concurrence la vachette et jette le service public dans l'abîme consternante du populisme cathodique.
Transexuel. Après les âneries sudoripares de Naguy encourageant les bovins concurrents, place à l'amour. Un reality show qui ne dit pas son nom transforme "tournez manège" en un jeu pervers dans lequel la femelle doit choisir entre trois mâles, dont un dont la femme (la vraie nous dit on) surveille dans le public. A l'affiche, épreuves humiliantes et calomnies en pagaille, la télé comme on l'aime.
Slip. Sur France 3, cette fois-ci, on nous propose de passer un été de tous les records. Le très sérieux "Barry White" (sic), très officiel juge officiel des records officiels vient officialiser des records officiels. Ce soir, c'est Romain qui vient nous présenter le record du monde de propulsion vomitoire, record qui lui sera bien entendu attribué, personne n'ayant eu l'ingénieuse idée de mesurer ses régurgitations jusqu'à présent. On a un nouveau record, on est content, on exulte sur la plage, on frise l'apoplexie devant la télé.
Sida. Plus tard, sur France 2, une mauvaise troupe de pseudos journalistes tente de donner un air de provoc au fond de grille. Quelques mauvaises blagues de caserne, on cache une mini caméra entre deux seins, on filme un faux débat sur le sida, on entend des flatulences et autres éjections fécales. On pense au concours de vomi de France 3 mais point de record ici. Ou peut être juste celui du ratage télévisuel. Les Hyenes l'emportent haut la main.
On passera sur "c'est mon choix de l'été" et autres perles de mauvais goût cathodique pour dire que oui, encore une fois, le service publique fait au moins aussi mal que les chaînes privées. Chapeau, il fallait creuser profond.
Quant à moi, vous m'excuserez, je vais de ce pas non-payer ma redevance, hors de question de financer autant de culture d'un seul coup. Y'a pas marqué "mécène", là.
A force de béatifier virtuellement n'importe quel sous fifre, finirons nous tous sous-papes ?
Il est des pays (que nous ne nommerons pas par respect pour nos amis d'outre-Rhin) où il est de bon ton de s'appeler non seulement par son nom mais également par son diplôme. Par exemple, afin d'interpeller le bon sieur Schmitt, on emploiera selon les circonstances "Herr Professor Schmit", "Herr Dipl. Ingenieur Schmitt", "Herr Doctor Schmitt" ou simplement "Schmitt", alors qu'en fait, Schmitt est Weston, c'est bien connu (pouf pouf).
Ce brillant exemple pour signifier que si la France échappait jusqu'à maintenant au nom à rallonge, il est fort possible que dans un souci d'unité Européenne, les médias en aient décidé autrement. La preuve.
Le 29 Juillet, le JT de France 2 diffuse son 624e sujet de l'été 2004 sur les feux de forêts. Sujets, qui, c'est bien connu, font le régal de René et Marcelle, surtout si le dit reportage trouve son créneau avant d'avoir entamé le fromage, c'est vachement plus digeste, merci pour eux.
Cette fois-ci, tout les ingrédients du reportage vainqueur de Pulitzer son réunis, René est en transe devant son cassoulet. Un beau feu, bien gros, des pompiers en sueur, des maisons léchées par les flammes, un camping évacué, le suspens est insoutenable. Quant on nous annonce soudain l'apparition à l'écran d'un "véritable miracle". Le "Miracle" prendra la forme de "Auguste Frutcht, 85 ans", chaise roulante, et dont la maison est vachement moins habitable qu'avant, surtout depuis qu'elle a taquiné les bas fonds de la pyromanie varoise.
Apparaissent les images d'Auguste, affublées du sous titre suivant: "Auguste Frutcht, 85 ans, Miraculé".
Miraculé ? Pourquoi pas "Saint Auguste Frutcht", pendant qu'on y est ? Depuis quand le pape est-il consultant exclusif pour France 2 ? Après des études menées à l'ANPE, il ne semble pas non plus que "Miraculé" fasse partie des professions inscrites au code du commerce national non plus. "Auguste Frutcht, 85 ans, Miraculé". Et pourquoi pas "Nicolas Sarkozy, ministre énervé", "Jean Paul Huchon, socialiste mou" ou autres "François Bayrou, UDF colleur de claques" ?
Bref, on l'aura compris, la définition humaine stupide à de beaux jours devant elle. Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait que Jean Paul, "pape shaker" va passer sur TF1.
Quand France 2 se décide à nous dire ce qu'on doit penser de TF1 et de M6, ça ne peut qu'être présenté par Thierry Ardisson. Mais Patrice Laffont aura sa revanche.
Ardisson, qui n'en finit pas de se cloner à la télévision, présentait son émission "Opinion publique", projet destiné à nous dire quoi penser puisqu'on est un peu trop stupide pour se faire son opinion soi même. Comme il fallait s'y attendre, des débats de fond (pour ou contre la dépénalisation de l'herbe qui fait rire) et des grands concepts de stratégie de politique internationale (y-a-t-il trop de people à la télé).
D'un coté, les vrais décideurs de ce bas monde (Doc Gyneco, Loana, Massimo) et de l'autre, la représentation fidèle selon IPSOS de la France, composée d'une quinzaine d'animaux télévisuellement anonymes et néanmoins hyper représentatifs de ce que je pense. Eu du coup, par la voix de ces 15 pleins de fond de teint, la France peut dire ce qu'elle pense vraiment de la télé, balancer à la tête du PAF tout le mal qu'on pense vraiment des programmes de télé poubelle (diffusés sur TF1 et M6, pas sur France 2, merci de garder un minimum d'intégrité quand même), dire à quel point on déteste les célébrités, dire à quel point on a été choqué par le comportement d'Elodie Gossuin, élue UDF et fermière pathétique d'un Heidi sans scénario.
Eh bien non, la France, ce qu'elle dit, c'est que Massimo, il est feignant, qu'il devrait avoir honte de se taper des vieilles pour l'argent, que Doc Gyneco, on dirait qu'il est tout le temps fatigué et que Loana, elle devrait avoir le Pulitzer pour avoir commis le livre "miette", dont le seul titre donne une indication sur la capacité cérébrale de la blonde à forte poitrine.
La Vox Populi, hier soir, chez Ardisson, elle disait à 70% qu'il y a trop de people à la télé. Personne ne s'est demandé si ce n'était pas plutôt la télé qui fabriquait trop de célébrités. Au passage, sur France 3, il y a une émission excellente qui ne passe que des anonymes, elle est belge et s'appelle Strip Tease, passe à des heures où elle est en concurrence avec des films dans lesquels les acteurs passent plus de temps sans vêtements qu'avec, et ne récolte même pas 1% des auditeurs de la quotidienne des colocataires.
Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'y aille, ce soir, France 2 diffuse encore une fois son grand "code de la route", deux heures de diapos commentées par Patrice Laffont, programme apparemment sponsorisé par le FBI pour affaiblir moralement les détenus de Guantanamo.
Ce soir, quelque chose d’intelligent sur une grande chaine nationale. Alors vu qu’il y a pas Julie lescault, on dit pourquoi pas.
Chose peu commune, ce blogue fait maintenant de la publicité pour la télé, pour dire de ne pas rater ce vendredi soir une emisson qui s’annonce grandiose, “le monde selon Bush”, 22 heures et quelques sur France 2, suivi d’une autre doc sur la guerre en afghanistan.
Sur ces bien belles images, vous m’excuserez, faut que j’y aille, il parait que Raffarin va aller défier les agents d’EDF en duel sur la place de la concorde.
Un petit tour en jet, un petit tour à la traite, l'inauguration du salon du slip, être prête pour le prime-time. Miss France, un vrai boulot à plein temps.
"C'était prévu depuis le début". C'est en tout cas ce qu'affirment en coeur Mougeotte et la conseillère trayeuse de vaches Elodie Gossuin. A son sujet, on apprend donc qu'elle a quitté vendredi provisoirement la plus belle preuve de sous culture médiatique (la ferme des colocataires) pour aller poser son séant élu en 2001 pour ses forme et en 2004 pour la forme sur les sièges du conseil régional.
"Elle est là, avec son tailleur noir et blanc, son écharpe et ses lunettes, sérieuse, à compulser ses documents [...] Elodie Gossuin ne perd ni son sourire ni son calme. L'ex-Miss France, élue sur la liste UMP-UDF de Gilles de Robien, pensionnaire temporaire de «La ferme célébrités» sur TF 1, rappelle qu'elle compte assumer toutes ses responsabilités d'élue." apprend-t-on dans Le Figaro qui bave décidément de lyrisme devant toutes les représentations féminines de l'autorité (toi aussi, insert ta blague ici).
Et pour se rendre à la première séance générale de le 3e région la plus pauvre de France métropolitaine, quelle meilleure idée pour se rapprocher du peuple qu'un moyen de transport discret et peu onéreux ? Elodie nous prouve en tout cas qu'on peut être miss France, star de télé poubelle et conseillère régionale sans oublier les habitudes de voyage delà France d'en bas: "Il est 10 h 20 lorsque Elodie Gossuin entre au conseil régional à Amiens. Arrivée en jet privé quelques minutes auparavant, elle a bénéficié d'une permission spéciale pour aller honorer ses obligations." (Le parisien)
En tout cas, reste à rappeler cette belle phrase qu'avait prononcée la future star de la politique / showbizz: «Je ne suis pas qu'un faire-valoir, comme je l'entends ici et là. Et puis les gens critiquent déjà, alors que je n'ai encore rien fait. Qu'ils attendent pour me juger». C'était en Février. On a vu maintenant, on peut se lâcher ?
En élisant une pintade à leur conseil régional, les picards auraient dû s'attendre à ce que ça se termine dans une ferme.
"Un huissier de justice s'est rendu jeudi sur le plateau de l'émission de télé-réalité de TF1, pour délivrer une sommation à l'ex-Miss France et conseillère régionale UMP." L'association Anticor (les élus contre la corruption), représentée, il est vrai par l'assistant de Montebourg (PS), a envoyé un huissier constater que la pintadière miss France prenait bien part à la traite publique de chèvres plutôt que de se consacrer à ses obligations électorales.
Pourtant, elle était pleine de bonne foi, la miss France. Comme le rapporte libé, elle avait même tellement promis de se consacrer exclusivement à ses nouvelles fonctions qu'elle en avait inventé une commission qui n'existait pas.
Et la copine de Geneviève de justifier ses ambitions dans Telestar, "Mes parents ont un ami député que je ne me lasse pas d’écouter. J’ai fait partie, très peu de temps, du conseil municipal de mon village, Trosly-Breuil, et je connais bien le fonctionnement de la mairie de Compiègne ? M’occuper des autres et de la vie de la cité, endosser des responsabilités, ça c’est mon truc." Quel programme...
"Elodie Gossuin se dit «Extrêmement surprise par cette démarche», elle réaffirme avoir «pleinement conscience de [ses] responsabilités politiques»". On comprend son étonnement. C'est quoi ces gens qui sont choqués quand on les prend pour des cons ? Non mais, retournez regarder le Bigdil, on vous demande votre avis d'abord ? L'article de Libération est ici, merci à Hemisphair pour l'info.
Après avoir tenté la politique en forme de télé réalité, TF1 est finalement arrivé a faire de la télé réalité avec du politique dedans. Pour le meilleur ?
On ne pourra pas dire que le spectateur français n'a pas de choix. D'un coté, une bande de crustacés, mâles et femelles, enfermés dans deux bocaux et séparés par une cloison qu'on ouvre pour assister à l'accouplement. Les crustacés s'expriment principalement sur le mode de l'onomatopée. Les mâles ont été choisi pour leur comportement caricatural et une certaine propension au viol, les femelles ont été choisie pour leur volume mammaire. Lorsque l'on ouvre le rideau séparant l'aquarium male de l'aquarium femelle, on peut voir les males se jeter sur la paroi vitrée au risque de se blesser, alors que les femelles les ignorent, moitié apeurées, moitié consternées par l'aspect révoltant du comportement de leurs contreparties velues.
D'un autre coté, on a la ferme célébrités. Alors certes, les célébrités de la ferme, à coté des autres mollusques, on leur donnerait presque un prix Goncourt chacun. Mais voir Danièle Gilbert en maître de cérémonie pathétique d'une jet set en manque de reconnaissance au point de se mettre les pieds dans le purin et la tête dans l'audimat, la décence à des limites. Les français ont tranché, ils préfèrent voir les pseudo stars traire péniblement une bovine laitière que les crustacés s'accoupler désespérément à travers une cloison. Certes.
Mais la ferme des célébrités, en plus des poules, chèvres et autres moutons, comporte une curiosité supplémentaire en la personne d'une ex-miss France, pas vraiment jolie ni vraiment intelligente mais bien insignifiante comme les affectionne la dame aux chapeaux. Ce ne serait que malheureuse coïncidence si la demoiselle ne se trouvait, en toute humilité, être une fraîche élue UMP de sa région. Nouvellement appelée par les électeurs à des responsabilités autres que cintre vivant, la demoiselle n'a en effet rien trouvé de mieux que de se pavaner sous les ordres de Christophe Dechavanne dans la nouvelle télé réalité de TF1. Sans doute pour élever le niveau culturel de son canton. Même De Fontenay hurle au scandale. C'est dire.
Les reality shows qui sentent le foin et le purin existent déjà depuis longtemps. Certes, ça ne copule pas dans les piscines mais ça fume de la mousse …
C'est la nouveauté du moment. Après les copulations subaquatiques de posts-adolescents dont le QI n'atteint pas deux chiffres, après les brames des ex-futures stars chanteuses du rayon fromage du mammouth régional, après les expositions mammaires des opérations séductions, les faux millionnaires et vrais abrutis, TF1 et Canal+, la main dans la main, ont décidé que le prochain sujet de conversation autour de l'andouillette purée du restaurant inter-entreprise serait "la campagne" (pour mémoire, la campagne, c'est ce truc bizarre qu'on trouve autour des villes et dans lequel il n'y a même pas une Fnac).
Bref, on l'aura compris, nos télés vont dégouliner de bouse fraîche et de fromage moisi, où l'inverse, le tout servi par un improbable maître de cérémonie qui n'aura pas oublié de chausser ses bottes en caoutchouc histoire concurrencer Lagaff dans le concours de flatulences d'access prime-time.
Mais voilà la télé réalité champêtre est sans aucun doute le concept le moins innovant à la télé depuis Intervilles, ses vachettes et son nationalisme de clocher. "Histoires naturelles" fait déjà depuis des années le déplacement à la campagne, celle ignorée des politiciens habitués à tâter la croupe bovine porte de versailles. Celle qui paît tranquillement en écoutant pousser l'herbe et en attendant l'ouverture du bistrot.
Lundi matin, sur "histoires naturelles", un plan fixe, un paysan que l'on appellera "le paysan" pour la sobriété olympienne du récit, un journaliste (appelé journaliste pour les mêmes raisons que sus-citées) et une cagette (et deux saucisses frites pour la 12).
Au pied de "le paysan", donc, la cagette, moitié pleine de mousse. Alors comme ça, vous ramassez la mousse demande le journaliste. Bah ça, pour sûr répond la paysan, je ramasse la mousse depuis 40 ans. Sous les pieds de "le paysan" vient d'apparaître le texte: "Le paysan – Ramasseur de mousse".
Le paysan ramasse donc la mousse. On ne sait pas pourquoi, mais il ramasse la mousse. On peut imaginer que ça l'éclate de ramasser la mousse. On ne voit pas vraiment pourquoi il ramasserait la mousse sinon. A moins d'avoir fait une descente d'acide en écoutant les stones, on ne voit pas vraiment d'autre explication. L'acide étant suffisamment rare dans la basse Drôme, on suppose que ça l'éclate de ramasser la mousse, point.
Mais voilà, on est sur TF1 et le journaliste, qui décidément, n'en peut plus d'investiguer sur le ramassage de la mousse, insiste sur le profond mal être du paysan qui lui apparemment ne pense qu'à aller rejoindre Marcel au bistrot. Alors, le ramassage de mousse, pas trop dur, les lombaires et tout, il s'en sort "le paysan" ? Et le journaliste de questionner le paysan sans cesse sur la difficulté du ramasseur de mousse.
Jusqu'au moment clé de l'émission. Le journaliste parvient à lui faire cracher le morceau. Alors, "le paysan", depuis la politique agricole et tout ces machins décidés à Bruxelles, comment se porte le ramassage de mousse. Et "le paysan" de répondre "Oh ben vous savez, depuis que les autres paysans, ils mettent leurs champs en jachère, j'suis obligé d'aller dans les bois pour ramasser la mousse. Et alors, vu que les bois sont à l'état, faut que je paye un droit de passage". Générique de fin, on terminera donc sur l'inénarrable tristesse du paysan qui doit payer des impôts pour ramasser la mousse.
Finalement, histoires naturelles, c'est un peu "la ferme des célébrités" dans laquelle on aurait mis que des Jean-Pierre Pernod et des Ernest-Antoine. Quant à vous, les ronds de cuir de la nomenclatura Européenne, à-ton envie de crier, n'entendez vous pas le cri du ramasseur de mousse dans vos cauchemars de puissants de ce monde ? Elle est pas belle, la télé, à 4heures du matin ?
Quand le télé se met a réfléchir sur la télé, ça ne peut être que violent. La preuve.
TIVO, c'est le nom du dernier cauchemar des publicitaires. Pilotime quand on est chez Canal, ces petits boîtiers permettent le faux direct mais ouvrent surtout la possibilité de tranquillement éviter les pubs pendant les fascinantes retransmissions d'évènements fondamentaux tels que la remise du nouveaux Larousse au super finaliste Poitou-Charentes de question pour un champion ou les imbécillités sénilisantes de Pascal Sevran.
Bref, en vrac, les patrons de chaînes à haute valeur philosophique, les publicitaires et les annonceurs ne sont pas content du tout (et c'est pas lui qui les contredira). Mais le grand prix de la clairvoyance revient sans nul doute à un "Senior TV executive" qui, refusant d'être nommé, à tout de même lâché deux points ouvrez les guillemets: "The creative side of commercial TV business has been drummed out of us by negotiators and auditors. They've turned it into a boring, number oriented game" (Le coté créatif de la télévision commerciale nous a été enlevé par les négociateurs et les auditeurs. Ils l'ont transformé en un jeu ennuyeux et orienté vers les chiffres).
On ne voit pas du tout de quoi il parle (ceux qui ont dit TF1 et M6 au fond de la salle, vous sortez, et deux heures de Drucker chacun pour la peine). La semaine sans télé 2004, c'est du 3 au 9 mai et c'est plus d'information par là chez Casseurs de pub.
David Pujadas revient au 20 heures et fait souffler un vent nouveau sur la rédaction. Le retour des grandes fictions sur le service public ?
David "Jeanne d'Arc" Pujadas a fait son grand retour à la grand messe des faits divers sur France 2. Après deux semaines de congés payés durant lesquelles la France a pu se morfondre devant une Béatrice Schönberg de moins en moins réveillée, David est de retour aux affaires. Et il confie l'intense pression à laquelle il est soumis. "Je n'ai pas le droit à l'erreur" confie-t-il au Nouvel Obs, avant de rajouter "J'étais surtout concentré sur ma prestation journalistique, la somme de travail que suppose cette fonction et la rigueur qu'elle exige. Or, ce métier-là implique que l'on entraîne et anime une équipe. Les journalistes ont besoin qu'on leur fixe un cap, qu'on les écoute et qu'on leur manifeste de la considération».
De la confusion fréquente entre les mots "journaliste" et "présentateur bien coiffé". En tout cas, pour son retour à l'écran, David a clairement fixé le cap. On ne se focalisera plus sur les news de proximité qui fascinent tout bon lecteur du Dauphiné libéré mais sur de vrais sujets politiques, internationaux et même interplanétaires. Demain, il annoncera la découvertes de sites archéologiques sur Mars, Vendredi l'arrivée de Besancenot à la tête du MEDEF et lundi prochain, la découverte d'un neurone dans le cerveau d'un membre du FN. Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'y aille, Pujadas vient de m'annoncer que Chirac vient de se pacser avec Lorie.
Que ceux qui doutaient de la théorie de la relativité restreinte se ravisent. Comme digne successeur d'Albert Einstein, le journal de France 2 se pose là.
Jeu de 13 heures. Quand Béatrice Schönberg annonce en ouverture du 13 heures de France deux "Un reportage sur cet effroyable drame" ce samedi, a quoi fait elle référence ? (une seule réponse possible).
1- Un massacre dans un camp de réfugiés en Ouganda qui fait plus de 200 morts, indistinctement hommes, femmes et enfants, tués par le feu avant d'être achevé à coups de lame rouillée ?
2- L'enlisement du processus de paix en Palestine, les attentats en Israël, les kamikazes et les morts civils des deux cotés du joli mur de Berlin Gaza ?
3- L'alerte orange de météo France qui dit que attention, il va neiger et que rien ne sert de partir, il faut saler à point ?
4- La petite Agathe qui vient pourrir les vacances de ses parents en allant faire mumuse dans les mécanismes d'un tapis roulant d'un station de ski quelconque ?
Pas sûr ? Alors voilà un indice. L'évènement s'est passé il y a maintenant une semaine et pourtant, le journal de France deux y consacrera ses 10 premières minutes avec grand reporter sur le terrain, investigation de fond, recherche des coupables. On emploiera le mot "Drame" 7 fois en 10 minutes.
Si tu as répondu "la petite Agathe", tu as gagné. Ou bien tu es très brillant, ou bien tu as regardé le 13 heures de France 2 (auquel cas je te conseille de faire autre chose de ton samedi), ou encore tu es Béatrice Schönberg (auquel cas je te conseille d'apprendre à lire un prompteur). Dans les reportages attenants au "Drame de Val-Cenis" comme on l'appelle maintenant, on aura droit à l'interview de tous les êtres humains de la station capables d'aligner trois mots donner son avis, surtout s'il n'en a pas. On aura droit aussi aux avocats des parents qui veulent poursuivre tour à tour les pisteurs, les remontées mécaniques, la station et qui surtout, ne "veulent pas s'arrêter là" en poursuivant également le constructeur du remonte pente et les installateurs. Il faut que des têtes tombent disent-ils. Je sais pas si ça a quelque chose à voir, mais oui, en Ouganda, des têtes tombent. A coups de machette.
Ou comment un sein même pas catholique arrive à mettre tout le monde à genoux.
Presque une semaine depuis le super bowl et l'histoire du téton télévisuel de désenfle décidément pas. Après avoir fait son méa-culpa écrit puis envoyé aux chaînes des excuses en technicolor, Janet se voit maintenant interdite de la cérémonie des Grammys où elle devait remettre le prix "Luther Vandross". De plus, la chaîne CBS a décidé de transmettre le show en faux direct afin que "rien de douteux n'arrive à l'écran". Le procédé n'est pas nouveau, mais cette fois-ci, au lieu du décalage habituel de 5 secondes, c'est un décalage de 5 minutes qui est envisagé.
Du coté du Drudge Report, on apprend que CBS qui s'est offusqué bien vite de l'affaire, aurait en fait été au courant des intentions de la soeur de l'ami des enfants.
Les associations de familles de victimes de Janet n'hésitent pas de leur coté sur la métaphore ... A l'objection "Si vous êtes pas content, vous n'avez qu'à changer de chaîne", voilà ce que répond Pete Winn de Family focus ... "Your argument is like saying, If you don't like cigarette smoke, don't breathe.". (votre argument revient à dire "Si vous n'aimez pas la fumée, ne respirez pas"). Sauf que la télé, à la différence de l'air, on n'en a pas besoin pour vivre. Mais ça, c'est un concept qui parait vaguement échapper à tout bon éleveur d'enfant outre atlantique.
Bon, et puis parce que c'est devenu la première recherche Internet dans le monde et le mot le plus recherché de tous les temps, même devant le 11 septembre lorsque celui-ci à eu lieu, un lien vers une des photos de la scène en question (en hommage à tous ceux qui arrivent ici en tapant "Sein de Janet" dans Google depuis deux jours). C'est vrai qu'on frôle le porno du samedi soir sur canal ... (via Human Target pour le lien du drudge report)
Dans l'hypocrisie la plus générale, Janet est blâmée pour en avoir sorti plus que le petit écran ne pouvait en supporter. Les américains malades de leur propre télé ?
"You see a naked booby on TV today," she said. "So what will you see 10 years from now if no one speaks out?" ("On voit un sein à la télévision aujourd'hui", affirme-t-elle, "et qu'y verrons nous dans 10 ans si personne ne dit rien?"). Chantelle Riches, mère de 24 ans, a été horrifiée quand elle et sa famille ont vu le sein de Janet Jackson pendant la mi-temps du Superbowl. Et on la comprend. Voir cet étalage de chair et de luxure alors qu'on rôtait tranquillement sa bière, y'a de quoi en renverser ses doritos. Janet, MTV, CBS, la NFL, Justin Timberlake, on n'en pouvait plus de s'excuser après avoir donné la vision ce sein que décidément, on se saurait vraiment pas voir.
"What will you see 10 years from now?" demande Chantelle ... Elle a raison, si ça continue, dans 10 ans ... un jeune verra avant le jour de sa majorité, plus de 200,000 actes violents dont 16,000 meurtres. Dans 10 ans, chaque heure passée devant le petit écran donnera le loisir de se repaître en moyenne de 6 actes violents. Si Janet continue à s'exhiber, les parents démissionneront de leur rôle de parents en laissant chaque année leur marmots passer 1.023 heures devant la boite à images alors qu'ils passent dans la même année moins de 900 heures à l'école.
"What will you see 10 years from now?" demande Chantelle ... Dans 10 ans, elle regardera encore le superbowl, et ses mioches auront mangé 20,000 pubs chaque année. Chantelle, quand elle aura 65 ans, elle aura vu 2 million de spots à la télé. Les enfants de Chantelle ne feront pas partie de ces 25% de jeunes américains qui savent où a été signée la constitution (Philadelphie). Par contre, il y a fort à parier que les enfants de Chantelle feront partie de ces 75% qui savent que 90210 est le code postal de Beverly Hills.
"What will you see 10 years from now?" demande Chantelle ... Elle va écrire au député et à l'équivalent du CSA local, pour se plaindre et répéter à qui veut bien l'entendre son dégoût de la chose mammaire. Chantelle, en moyenne, communique chaque semaine avec ses enfants durant 38 minutes. Et regarde la télé 28 heures. Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'y aille, y'a une rediffusion de Jean-Paul le millionnaire, l'épisode dans lequel on voit le genou de Melissa. La France en est encore émoustillée. Pour voir les statistiques utilisées ci-dessus qui ne datent pas de 2014 mais de 2000 et de 2003, c'est ici via Turn Off TV et ici, via KFF.
Le 20 heures serait-il la preuve de la validité de la théorie de la relativité restreinte ?
Vandel en a fait la preuve, le traitement des infos devient de plus en plus n'importe quoi. Dans le télévisuel magazine "Arrêt sur image", il nous démontre que le traitement du crash des avions de ces derniers temps suit une logique dans laquelle le temps d'antenne accordé est inversement proportionnel à l'éloignement géographique des victimes par rapport au siège de TF1. Bref, un crash d'avion normal, un avion à la con avec plein de gens qui n'ont même pas le bon goût de parler français, ça fait en tout et pour tout un cumul d'une quinzaine de minutes au JT, toutes chaînes confondues. Moins si les les morts sont de l'hémisphère sud parce que il faut garder de la place pour le foot, faut pas déconner non plus, on a nos priorités.
Par contre, un charter qui transporte Josiane et Jean-pépé, on en gave plus de 10 heures de news dans la semaine. En veux-tu en voilà. On fait un reportage sur l'avion, la compagnie, les charters, le club de vacance, le voyagiste, les repas dans les charters, les agents de voyages, le conducteur du bus, les boissons dans les charters, l'équipe de secours, les assistants de l'équipe de secours, les pilotes du robot télécommandé qui vient récupérer les boites noires, le mec qui sait lire les boites noires, le mec qui fait le café du mec qui sait lire les boites noires (avec du lait sans sucre), les familles des victimes, les toilettes dans les charters, les voisins des victimes, les animaux de compagnie des victimes et ceux des des familles des victimes. Bref, on vomit de la pellicule, manque plus que la ligne de T-Shirts "Moi aussi je connais une victime du vol Flash Air".
Et d'un seul coup, parce qu'on nous a gavé le cerveau avec ces morts sur qui on crachait probablement une semaine plus tôt, chacun se doit de poser ses fesses à la messe. Tout les villages de France situés à mois de 50 kilomètres d'une victime du vol se réunissent pour un dernier adieu à la famille truc, au époux bidules, si c'est pas horrible une fin comme ça ma brave dame, fauchés en pleine vacances alors qu'ils avaient même pas fait développer leurs photos. Chacun verse sa larme parce que Béatrice Schönberg, elle est tellement émouvante quant elle parle de kiki, le chien de Simone qui est tellement seul maintenant. Et les politiciens se montrent aux funérailles de "Dédé la crapotte", qui pour une fois n'était pas parti faire du tourisme sexuel en Thaïlande. Il aurait dû.
Et au journal du soir, on ne manquera pas de s'offusquer de ces touristes allemands et anglais qui osent, vous m'entendez bien, qui osent continuer leurs vacances normalement alors que tant de nos sympathiques et riants compatriotes sont morts. Pour aussi peu de respect de la part de nos voisins outre manche et outre Rhin, on sent que notre Pujadas National, il irait bien mettre un scud sur le camp de vacances. Mais on est entre gens civilisés. On attendra la fin du deuil et de la demi-heure "picon-bière à 1 balle" au bar du cimetière de Fongicide-sur-Auxois. En Egypte, on a érigé un monument aux morts, ces non-héros, alors que les réacteurs de l'avion étaient encore chauds. Et pour ma part, vous m'excuserez, on m'a demandé d'écrire la nécrologie de Stéphane dit "la mouillette", boucher à Quimper, joueur de boules émérite et passager du vol Flash Air, on le met au Panthéon ce Week-end.
Le français fantasmerait-il plutôt sur les pervenches que sur les blouses blanches ?
En janvier, en dehors des factures annuelles, assurance, entretien du chauffe eau et de la concierge, le premier mois de l’année nous balance généralement un autre marronnier. Le calcul des meilleurs audiences télé des 12 mois précédents éclaire la royaliste galette comme les bêtisiers de décembre font dégouliner la bûche de noël surgelée.
Mais qu’avons nous donc regardé en 2003, devant quelles inepties cathodiques avons nous sacrifié notre temps ? Quelles sont les performances ont justifié les brâmades dissonantes des ados déphasés de la tare académie ? Qu’est ce qui fait fantasmer le PAF et bouillir Lelay ? (pouf pouf).
S’il fallait résumer l’année en 3 mots, ce serait « Ta mère au poste ! » et puis oui, je sais que ça fait 4. Sur 100 des meilleures audiences (sans compter les divertissements de 20 heures de PPD, Pujadas, Chazal et autres amuseurs bien coiffés), on compte 1 grand prix, 1 match de rugby, 5 matchs de foot, 10 cochonneries du genre du grand jeu du code de la route, 17 films, 18 téléfilms et … 42 séries policières bien franchouillardes. Des Navarros, Cordiers juge et flics, Frank Keller à la pelle, des scénarios balèzes dans des commissariats bien rangés où il manque jamais une ampoule.
Et puis … C’est quoi le problème avec les spectateurs de TF1 ? Un souci du coté présence maternelle, besoin d’être maté par sa moitié ? Les femmes avec un gourdin et des menottes sont les grandes gagnantes de l’année. «Julie Lescault» bat à la corde «une femme d’honneur», «Diane Femme flic» et «Femmes de loi». Si on ajoute à ça l’insupportable «Joséphine Ange Gardien», on frise la pathologie masochiste. Manquerait plus qu’un retour de «Marie Pervenche» et on aurait le grand chelem feminin des corps de justice repressive en prime-time.
Et puisqu’il n’y a pas de raison qu’il n’y ait que la police qui en profite, TF1 envisage de lancer «Rébecca, Légionnaire», «Yvette greluche parachutiste», «Pauline pompier du feu qui brûle» et «Nicolas président de la république». Des heures de délire télévisuel en perspective. Quant à moi, vous m’excuserez, je dois retourner sur le tournage de «Chérie, j’ai rétréci la culture», un film financé à 100% par le service public.
Dimanche, Béatrice Schönberg était lyrique. Béatrice qui ? Schönberg, celle qui remplit le siège vacant de Pujadas quand celui-ci est parti en week-end pêcher la loutre du coté de Mireille-la-bourée alors les assoiffés de la veille finissent encore de vomir leur excès de picon bière dans la brume matinale. Celle qui présente le 20 heures de France 2, journaliste élevée au bon grain, à lire docilement les textes qui défilent sur le prompteur, sans jamais perdre son sourire mi-triste qui semble nous dire "je vous comprends, je suis avec vous qui souffrez de voir les cultures de mimosa ravagées par le gel d'avant saison".
Bref, dimanche, pour annoncer la capture de Saddam, Béatrice Schönberg n'en pouvait plus de s'extasier devant la méchanceté du plus méchant de tous les méchants que tous les méchants ont connu depuis que les méchants existent sur terre. Na. Et de lancer les reportages avec autant de pragmatisme et d'honneté intellectuelle que Julien Courbet lance la pub.
"... voyons comment s'est passée l'arrestation de Saddam Hussein, Saddam Hussein qui, faut il le rappeler, massacrait allègrement les opposants au régime en les pendant à des poteaux électriques. Un reportage de ...". Pas peu fière, Béatrice veut quand même s'assurer que le français ne confonde pas Saddam et Sarkozy. Elle lance le reportage suivant: "un retour sur les 30 années d'un des pires tirans de l'histoire moderne dont le règne a été marqué par la mort, la désolation et la peur. Un reportage de ...". Bon, et puis, Béatrice, elle trouve aussi que finalement, le français n'est pas seulement un peu lent, il est aussi crétin. Elle en remet donc une couche: "... sur le procès de Saddam Hussein, procès qui ne manquera pas de faire état de la jouissance qu'à éprouvé l'ex-dictateur en mangeant les cadavres kurdes qu'il avait gazé quelques heures auparavant. Un reportage de ...".
J'ai pas osé regarder la suite. J'ai intégré que Saddam etait pas quelqu'un de bien mais j'ai eu peur qu'elle devienne grossière. J'ai surtout eu l'impression que France 2 avait oublié d'être une chaîne d'information pour devenir le mutant d'une union improbable entre l'ORTF et Fox News. On a toujours su que Saddam Hussein n'était pas fréquentable (photo de 76 avec Chirac et photo de 88 avec Rumsfeld himself), pas la peine de s'exciter comme ça. Quant à moi, vous m'excuserez, une journaliste de voilà m'a contacté pour me dire qu'il avait des clichés de Béatrice Schönberg et Saddam ensembles à la plage du Touquet en 95.
Alors j'ai dit: "Tu vois Jean Pierre, si tu veux vraiment faire péter le compteur avec Combien ça coûte, prends exemple sur moi. Je veux dire, Brain Not Found réuni tous les jours des hordes de fans en chaleur, prêt à tout sacrifier pour un flirt avec moi, je ferai n'importe quoi, pour un flirt, avec moi. Mais suis moi bien Jean Pierre, écoute moi bien et les portes du succès et de l'audimat seront bien faciles à pousser dés lors que l'on a les clefs de la grande école du monde, ce n'est pas facile de t'y faire entrer mais je vais quand même essayer. Bref, écoute moi bien Jean Pierre et bientôt, la moumoute de Foucault deviendra le paillasson sur lequel tu essuiera chaque jour tes souliers crottées de pudibonderie et d'esprit de clocher à force d'arroser la France de ton indifférence de gendre idéal et de reportages sur la culture du chou fleur dans le marais berrichon."
Alors j'ai dit "Jean Pierre, crois moi, c'est VSD qui le dit. Arrête de flinguer les contrôleurs des impôts. Ca fait plus frémir les ovaires de ta ménagère de moins de 50 ans. Tu veux vendre des écrans publicitaires qui vantent le chewing gum qui fait lever le soleil ? Fais toi LePen. Fais toi Sellière. Ils sont tous les deux les personnages les plus détestés des français (apparemment, Jean Edouard du Loft était hors concours). Tu peux pas ? Ton patron veut pas les froisser ? Fais toi Hollande (l'autre pays du fromage), fais toi Raffarin (l'autre pays du prozac), fais toi Besancenot (France d'en bas) et Ferry (France d'en haut). Tu peux pas non plus ? Raffarin est déjà squatté par Chazal ? Hollande apprend la communication avec les baleines ? Le vélo de Besancenot a déraillé et Ferry est détenu à la Sorbonne ? En fait, je crois que t'as raison Jean Pierre, laisse l'information à Arte et le divertissement glauque là où il est. T'as qu'à continuer à inviter Michelle Bernier et nous faire frémir avec des quizz désopilants du genre "Mimi Matie est il le vrai nom de Mimi Matie". Quant à moi, Jean Pierre, tu m'excusera mais faut que j'y aille parce que quand un Pernod rit, car 7 volumes d'eau.
Le politiquement correct qui a déjà envahi la politique (ne plus dire civils tués mais dégâts collatéraux), les médias (ne plus dire « journal de 20 heures » mais dire « rubrique faits divers »), les entreprises (ne plus dire licenciement mais réorientation professionnelle) touche maintenant le secteur préféré des français, sans doute parce qu’il arrive au moment où l’on se tape le morceau de camembert de fin de repas en finissant de torcher son verre de rouge, j’ai nommé la météo (phrase longue d’une subtilité qui ne vous aura pas échappé et qui mérite relecture). Bref, la météo se lance dans sa période « je fâche personne parce que sinon, ils vont éteindre leur télé (les malheureux) avant la pub).
Donc, quelque soit la région de France dans laquelle vous habitez, voici à quoi peut ressembler votre ciel pour demain. S’il doit faire beau, vous serez affligé d’un énorme soleil bien jaunâtre, qui sera probablement animé histoire de montrer qu’il darde ses puissants rayon et que oui, il fait bon habiter du coté d’Yvelyne-la-revèche, même en novembre. Par contre, s’il ne fait pas beau chez vous, on vous aura probablement scotché un mélange « soleil – nuage – pluie – éclair » qui vous fera vous demander à quel saint gillo pétré vous vouer pour vous habiller pour votre jogging dominical. C’est que le présentateur météo n’ose plus dire qu’il fera mauvais chez vous. Il ne veut pas être celui qui vous mettra le couteau sous la gorge. Il préférera donc parler d’un « temps maussade avec de potentiels risques de pluies éventuels entrecoupés d’éclaircies passagères et éventuellement quelques flocons de neige avec des risques d’orages intermittents » histoire de dire que même s’il y fait un temps de merde, oui, il fait quand même bon habiter du coté d’Yvelyne-la-revèche.
Il est 20 heures, le journal, s'éveille, Pujadas sort de son sommeil. Alors que le monde Radio télé de cette semaine (pdf à télécharger) titre "Quelles nouvelles de l'étranger", je me suis mis en quête de comprendre de quoi était composé le 20 heures de Pujadas. Est-ce que, comme l'affirme le monde, les rédactions ont vraiment une "préférence pour tout ce qui à trait à la vie quotidienne" ? Bilan, presque en images.
Générique de début. Pujadas, bien coiffé, lance les titres du 20 heures. On embraye directement sur le premier sujet qui deviendra le Buzz word de la soirée, deux point ouvrez les guillemets ... La Fracture Sociale.
1- Chirac du coté de Valenciennes remet, les journalistes en sont encore émus, à l'ordre du jour son slogan marketing de il y a 7 ans, la fameuse "Fracture sociale". Zoom sur des boites aux lettre tagguées d'un HLM de valenciennes, des habitants bien "France d'en bas". Le journaliste de conclure "Chirac se préoccupe de nouveau du quotidien des français". Et merde.
2- Le vote du Budget. Bayrou se fâche tout rouge, menace de ne pas voter le budget, on remet une dose de fracture sociale dans le reportage, et hop, embalé c'est pesé, on passe à la suite.
3- La suite, c'est le RMA, le petit frère du RMI. Explication sur le RMA. Au rythme où ça va, bientôt, l'allocation chômage, ça va devenir RMU pour finir par PMU, Omar Shariff à la clé. Bref, passons, y'a plus grave.
4- Ben justement, dans la série plus grave, le cancer. Le reportage commence sur une bande de jeunes mais pas trop, en train de se faire un café clope sur une terrasse. Et la journaliste d'y aller de son credo partisan: "La France, patrie de la gastronomie et du bon vivre ...". tout ça pour finir sur une bonne vieille radio des poumons qui évoque de loin un paysage d'oural après un hiver trop rude.
5- Justement, Josiane, elle, elle sait ce que sait que les choses rudes. Elle nous explique en feuilletant son album photo comment le cancer, après 40 ans de clope, c'est pas beau.
6- Hop, retour sur la fracture sociale (qu'on avait failli oublier) pour parler de l'agression d'un rabbin et de la profanation de 60 tombes musulmanes.
7- Et quand on parle de mariages forcés dans les banlieues françaises, qu'évoque-t-on ? Dans le mille, la fracture sociale, qu'on a peur qu'elle devienne une vilaine fracture religieuse toute pas belle. Bouh.
8- Et là, miracle du journal télé, la rubrique "En Bref". Et vlan, en deux minutes chrono, on nous met une couche d'Iran, une couche de Palestine, un mot sur l'Irak, histoire de faire genre on a pas oublié et des innondations aux canada. Les deux minutes réglementaires sont passées ? Ouf, on peut revenir à nos sujets de fond.
9- Apothéose d'un Pujadas en semi-transe, on parle du Pape. On y consacre 10 bonnes minutes parce qu'un Français a été nommé plus jeune cardinal (ou un truc dans ce goût là) aujourd'hui. Et le reporter de d'esbaudir de la magnificence de cet organe de l'archevêché de Lyon qui gère sa paroisse "comme un chef d'entreprise". Super, avec un peu de bol, il va faire un plan social de fidèles qui donnent pas assez à la quête.
J'arrête là le massacre. Entre la Fracture sociale du coté de valenciennes, le Cancer de Josiane, le cardinal fils spirituel de J6M, on est en mesure de l'affirmer: Ou bien il ne se passe vraiment plus rien d'intéressant dans le monde, ou France 2 se fout de ma gueule. Les votes sont ouverts.
Bien chers français, sachez le, la "machine à réfléchir à votre place" a encore fait des siennes. Depuis 2002, vous aviez bien failli y croire. Votre principal souci, dans la vie, en dehors des problèmes des éleveurs de murènes en Basse Meuse, était de savoir si vous alliez arriver vivant après votre trajet quotidien vers le bureau. Non que les routes ne soient spécifiquement dangereuses, mais bien parce qu'avec toute cette vilaine insécurité pas belle, on ne pouvait plus prendre la ligne 9 sans se faire tabasser une bonne vingtaine de fois par des jeunes de banlieue avec des casquettes à l'envers.
L'insécurité était partout, on volait des sacs, on brûlait des vieux, on pétait les jambes à des culs de jatte, on crachait sur les bonnes soeurs, le pays allait mal, on s'enfermait à double tour derrière sa porte blindée et on votait à droite. Tout du moins, c'est ce que l'on croyait. Parce qu'en fait, non, en fait, on déconnait, l'insécurité, on n'en avait rien a faire. Que dalle. Nib. Pas plus en 2002 que sous charlemagne.
En fait, on ne vous l'avait pas dit, mais il y a un mal plus profond qui vous ronge, et le pire, c'est que vous ne vous en rendiez même pas compte. Moi non plus d'ailleurs. Et j'ai été surpris, franchement étonné. Mais à la fois, comment ne pas le croire, une fois que la vérité éclate, qu'on sait que le vrai problème n'est pas là, qu'on sait que la vérité est ailleurs. Comment ne pas croire. C'est France 2 qui le dit, David Pujadas lui même, alors qu'il déblatère les informations comme un vendeur de courgettes en vrac. Oui, Français, Française, ce qui vous traumatise le plus, à au moins 60 %, c'est le bruit. Oui, le bruit, vous m'entendez (pouf pouf...)
Bref, pour appuyer les vilaines mesures de la débile Bachelot (ou l'inverse), France 2 nous bave du sondage. Et on en remet une couche. Ce qui dérange le plus les français, dans l'ordre, le bruit, la pollution et l'insécurité. Bref, sans que vous vous en rendiez compte, les rues sont plus sûres et le bruit plus fort. Du coup, on se prend à imaginer à quoi les présidentielles 2002 auraient ressemblées avec cet ordre du jour ...
Arlette "C'est dégeulasse, y'a que des patrons qui ont de la moquette dans toutes les pièces !! De la moquette pour tous, nationalisons l'industrie de la moquette"
Jospin "Le bruit, c'est en ville ... Démocratisons l'île de Ré, je propose l'île de ré comme capitale de la France silencieuse"
Chirac "Je propose un plan quinquennal d'abattements fiscaux sur les doubles vitrages, et en parallèle, un triplement de la TVA, du prix du pain et du café"
Le Pen "Confisquons toutes les mobylettes et renvoyons les en Algérie ... avec leurs conducteurs dessus".
En fait, je crois que l'insécurité, c'était pas ce qui pouvait arriver de pire ... Quant à moi, vous m'excuserez, j'ai un appel de Pujadas qui me dit qu'en novembre, c'est la saison où j'aime la courgette.
Dans la série, public, on fait tout pour ton bonheur, aujourd'hui, la realTV, la rentrée qui va faire le bonheur des pervers mateurs de relations conjugales / familiales / martiales / France Gall qui vont mal. Dévoilée par je-ne-sais-plus-quel hebdo qui s'intéresse principalement aux écrans couleurs, la grille de rentrée de TF1 et M6 à de quoi faire pâlir tout être dont le QI atteint deux chiffres.
On nous proposera en vrac, de mater des couples qui testeront leur fidélité, de juger des pseudos chanteurs sur le retour, de flinguer d'ex-stars prêtes à se prostituer pour retrouver un semblant de gloire, de se glousser devant des familles recomposées sur le thème "on échange nos mères", de patienter en attendant que deux groupes aux visions opposées enfermés dans un bus se mettent sur la tronche pour s'expliquer mutuellement quel est le sens de la vie (par là, j'te dis...).
On résume donc: Du sexe interdit par la morale, du sentimentalisme pas cher, de l'humiliation en groupe et de la baston ... si avec ça, ils arrivent pas à les vendre, leurs paquets de lessive ...
Quant à moi, vous m'excuserez, j'ai mon cours de chants spécial "je postule à la star ac' " qui va commencer (merci Chryde!). Avec un peu de chance, j'y croiserai les stars de la chanson Française que sont les hyper créatives et engagées Leslie, Alizée, Priscilla et Lorie (cette dernière militant par ailleurs clairement pour l'abandon des OGM dans son single "Laisse faire le Fun"). Et la marmotte ...
Star academy récidive et commet son meurtre à l'intelligence pour la troisième fois déjà. Et pour la troisième fois, tout le monde est atterré par le niveau de cet attentat télévisuel. Et pour la troisième fois, tout le monde regarde. Et pour la troisième fois, TF1 nous imposera d'écouter où que l'on aille une teen-ager qui essaie désespérément d'imiter la voix d'Ophélie Winter. Et pour la troisième fois, les auditeurs se lasseront. Et pour la troisième fois, la future Nolwen déprimera et finira par poser dans entrevue, Playboy ou Rocco Siffredi, le support dépendant uniquement des besoin en Cash de la demoiselle pour se payer les services de Stark pour décorer son 27m2 du coté de Cergy. Finalement, la real TV politique, c'est peut être pas le pire. Quant à moi, vous m'excuserez mais il est grande temps que je passe m'acheter une boite de Prozac. Faudra bien ça.
Ils avaient commencé en retard, alors forcément, fallait faire pire. Faut les comprendre aussi. Pour rattraper le Loft connu pour ces "c'est qui qu'a pété", ses copulations dans la piscine et sa vulgarité qui rendrait jaloux le velu Aldo Maccionne dans ses plus belles années, il fallait s'y mettre sérieusement. Bon, certes, la Star Academy, avec son lot de déphasés brâmant pathétiquement des chansons d'artistes morts, avait déjà comblé une partie du retard. Mais il fallait trouver plus fourbe, plus interessé, plus vil que le lofteur de base.
Le choix s'est donc tout naturellement porté vers les politiciens. Raffarin n'est pas d'accord, le fait savoir. Si ça ne marche pas, restera toujours un dernier programme de real-TV qui pourrait faire un malheur: Celui où Mougeotte et Lelay seraient forcés à regarder TF1 pendant 36 heures sous l'oeil des caméras. Pas de raison qu'il n'y ait que les politiciens qui aient à assumer leurs conneries....
... et elle a bien raison. Réveillez vous, français, mes compatriotes, le pays va mal. Pas plus tard que ce matin, je ne pouvais qu'être ému par les unes de nos fidèles journaux télévisés. D'horribles orages se sont abattus sur le sud de la France, prenant en traite, vous m'entendez bien, prenant en traître des dizaines de vacanciers qui s'explosaient tranquille la tronche au Ricard sur la pelouse jaunie du camping de la plage. On a vu les images, on les a vu fuir à travers les rues détrempées de je ne sais quelle bourgade, se réfugier dans le stade municipal. On dit même que quelqu'un serait mort d'une crise cardiaque, pendant l'orage. Comme si avoir un arrêt du coeur au milieu des éclairs donnait une importance mystique quelconque à l'événement. Et tremblez, bretons, Météo France a mis votre région en état d'alerte orange, carte animée avec des petits éclairs à l'appui.
Et puis il y a toujours et encore ces feux de forets, qui pourrissent les vacances de ceux qui n'ont pas connu l'apocalyptique nuit d'orage à laquelle ont survécu certains de leurs collègues juillettistes. Et puis ce titre qui déroulait sur les images des actus en cours. Une fillette tuée dans une collision de voiture impliquant 3 véhicules du coté de Toulouse. De mon coté, croyez le ou non, j'ai ruiné mes pompes hier en marchant dans une flaque en plein Paris. La nouvelle est de taille. Une flaque en plein Paris ? Je suis prêt à porter plainte et à passer au 20 heures de Pujadas.
Depuis quand n'a-t-on tellement rien à dire aux infos qu'on parle du gars inconnu mort d'une crise cardiaque, d'un accident de voiture dans une zup de toulouse, et des prévisions météo en ouverture de journal ? Depuis quand les journaux nationaux sont ils gouvernés par la rubrique "faits divers" ?
Il est temps que le projet de CNN à la française voit le jour. Il est temps.
L'été, folle saison des départs en vacances, d'autoroutes bouchées, de plages bondées, de cancers de la peau en devenir, d'amours sans avenir, de transpiration dans le Renault espace qui convoie Gérard, Micheline, les 3 gosses et le cousin qui se foutent des mister Freeze à la tronche depuis Valence, de glacière qui fuit, de sardines plantées dans le sol gravilloneux du camping des écumes, de crème solaire Auchan, de saucisses frites aux prix d'un dîner au Jules Vernes, de TGV bondés, de bals populaires et de feux d'artifices pas chers.
L'été, c'est aussi le retour des chanteurs morts, les David et Jonathan, les Gray et Barbelivien qui résonnent à bloc à la disco bi-hebdomadaire du camping des écumes, celui là même qui a un sol gravilloneux (suivez un peu).
L'été, c'est enfin les programmes de merde qui envahissent l'ensemble des chaînes hertziennes françaises. Telle une gangrène qui attendrait les premières chaleurs pour pourrir tout ce qu'elle touche, la moisissure envahit nos écrans dès la première semaine de juillet.
On essaye de nous faire gober des séries de l'été, bides ultra longs filmés au caméscope, avec l'immense talent, au choix, d'artistes sur le retour ou en redressement fiscal, ou bien d'artistes débutants dont la paye équivaut au talent, c'est à dire faible. Toujours les mêmes intrigues poujadistes (j'ai un grand domaine mais je suis aveugle et le troisième cousin illégitime de ma mère a violé ma soeur pour toucher l'immense héritage mais quand tout semble s'arranger vers fin juillet, v'la que je tombe dans l'escalier ... m'enlèvera-t-on mon plâtre avant fin août ?), toujours les mêmes décors (mon grand domaine est dans le sud - jamais à Roubaix - de préférence au bord de la plage, luxueux mais pas trop - faisons authentique - et surtout, si on a une piscine, faisons là petite et avec plein de petits enfants de voisins pauvres qui jouent dedans - rapprochons nous du peuple - ), toujours les mêmes titres (Le bleu de l'océan, le château des oliviers, le bleu du château, les oliviers de l'océan, les oliviers bleu, le domaine du château, etc ...). Bref, on nous prend (un peu) pour des cons.
Et la gangrène du programme au rabais touche également les infos. En été, point de drame international, point de conflit au moyen orient, point de scandale à Guantanamo, point d'armes de destructions massives. Non, ce qui nous préoccupe, l'été, vu qu'il y a pas de foot, c'est les feux de foret. C'est sexy, un feu de foret, ça fait des jolies flammes, plein de fumées, ça détruit les beaux arbres qu'on aime tant regarder quand on se promène avec Micheline dans la pinède. Hier, au 20 heures de France 2, les feux de forêt ont squatté plus de 10 minutes du journal. Des pompiers ont eu chaud. Un habitant stupide d'un mas provençal n'a pas voulu être évacué, du coup, il a eu chaud. Le con.
Hier, pendant que monsieur bidule nous montrait son mas provençal (qui a eu chaud) sur France 2, un avion s'est écrasé (via Times Dispatch), un bateau a coulé (via Sun Star) et surtout, le peuple de Hong Kong s'est révolté contre l'impérialisme chinois (via BBC). Mais bon, faudrait pas gâcher vos vacances non plus.
Merci à Chryde pour une dépeche AFP qui avait échapé à mes yeux de faucon suisse. On y aprrend que nos amis poissons de Nice People font décidement trop de bruit et que les voisins, excédés par les nuisance sonores des otaries européennes en ont fait appel au prefet. Jusque là, c'est à la limite comique. Mais le grand prix de l'humour 2003 est decerné à Endemol, qui annonce, plein d'un pragmatisme que nous envions depuis toujours à nos presques voisins Hollandais "On a demandé aux candidats de faire moins de bruit; d'ailleurs il y en a beaucoup moins car il y a beaucoup moins de candidats". J'applaudis des deux mains.
Souvenez vous, c'était la lessive qui avait lancé cette mode, la mode du "oh, ben pour sur, cette lessive, elle lave bien mieux que la lessive X". Vint ensuite l'époque de Planta Fin, avec ses "Oh, ben pour sur, cette margarine, elle goute bien mieux que la margarine X".Puis l'époque de la viande "Oh, ben pour sur, ce steack, il coupe bien mieux que le steack X". Pour finir par l'époque du 20 heures, avec ses reportages "Oh, ben pour sur, cette grève, elle emmerde bien plus que la grève X".
Les reportages, maintenant, dés qu'ils touchent de près ou de loin les habitants de la France, ça ressemble à une maladie, on ne peut s'empecher d'y coller le petit bout de réalité qui va bien, la petite phrase d'un inconnu qui passait par là. A la limite, ça pourrait presque être drôle si le passant ne servait pas de caution morale à une affirmation que l'on a rien pour prouver. Cette dernière phrase vous semble compliquée ? Vous avez la flemme de la relire ? Vous avez été distrait par Star Academy ? Je ne vous blâme pas, et c'est pourquoi, dans mon immense mansuétude, je m'en vais vous mettre un exemple. Boudieu.
Lundi, JT quelconque. "Le conflit social continue mais les français restent solidaires ..." Sur ce, gros plan sur une demoiselle assise dans une gare. Visiblement, elle attend son train depuis un moment, les toiles d'araignées qui poussent entre ses bras en attestent. Elle regarde la caméra et lance un "Je sais, le conflit social continue, mais ... je reste solidaire". On es tous rassurés, on a la preuve que les français restent effectivements solidaires. On a échappé de peu à la guerre civile.
Mardi (le lendemain), autre JT quelconque. "Le grêves ont repris à la SNCF et la RATP, les usagers perdent patience ... " Sur ce, gros plan sur une dame d'âge mur, elle attend son RER, elle à l'air passablement enervée: "Y'en a marre je vous dit. Ils nous prennent en otage pour tout. Pour les retraites, pour les ............ blanc .......... pour tout quoi... Y'en a marre". Du coup, on est persuadés que la France est passée en une journée d'un amour irrationnel à une haine farouche de ses grevistes.
En quoi avons nous confiance ? Dans la parole de monsieur bidule, de madame chose, soigneusements séléctionnés par des journalistes éleveurs de champions afin d'appuyer leurs propos. L'opinion publique est importante. Mais si Monsieur bidule fait partie du public, le public n'est pas monsieur bidule. "Oh, ca pour sur, le public n'est pas monsieur bidule". Merci.
Dans immersion, M. Julien rentre dans un débat d'idées profondes avec son redac chef autour d'un nouveau projet de real TV qui pourrait très finement s'intituler "Chirurgie Story" ou autre "Seins Academy", le but étant de gagner son ravallement esthétique en se laissant filmer pour la plus grande joie audimatique d'une quelconque chaîne dont la déontologie est aussi dévellopée que les notions de physique quantique chez Félicien*. Respirez.
En même temps, TF1 qui passe décidemment son temps à pomper sur M6 décide de la jouer Bachelor en poussant plus loin le mauvais goût. L'émission devrait s'appeller "Greg le millionaire" et mettra en scène un jeune homme qui fera semblant d'être millionaire ... alors qu'il n'est que maçon. Le con.
A la fin du jeu, bien entendu, il devra avouer son mensonge à celle qu'il aura choisi (un salaire de 1200 euros par mois, c'est moyen pour un millionaire). Cette dernière devra alors décider si elle reste quand même avec lui ou pas. Et bien entendu, elle dira oui. La conne.
Bref, la real TV, c'est pas fini. Manquerait plus qu'un loft 3 avec Amelie Mauresmo...
* Gorêt à berêt entrevu au cours d'une erreur de casting sur une chaine nationale française
Le téléthon nous le prouve chaque année passant, le Charity business n'est plus ce qu'il était. Après avoir été un rendez vous incontournable, 24 heures de folie qui envahissait les écrans de France et rejouissaient les petits jeunes de l'AS PTT de bègules-sur-port qui pouvaient se voir à la télé en train de confectionner la plus grande saucisse de morteau d'europe, l'émission a perdu son entrain premier. Le seul enjeu etait devenu de regarder en live pousser la barbe de Gérard Holz qui s'évertuait à prouver qu'il était le seul homme du PAF capable de squatter 24 heures d'antenne en continu sans avoir quoi que ce soit à dire.
En bref, après le téléthon du grand large, c'était l'avenement du téléthon en miette. Pouf Pouf.
Alors, France 2 à eu l'idée du siecle, celle qui me donne encore aujourd'hui la furieuse envie de brûler le cheque de redevance que j'adresse annuellement à mon agent du trésor public préféré (non sans un certain sentiment de "on se fout un peu de ma gueule" par ailleurs).
France 2 a donc décidé de copier TF1 et de meler dans un seul melting-pot les grandes causes nationales, le divertissement de début de soirée et les animateurs sur le retour. Ainsi, après un "Code de la route" du meilleur effet, la chaîne publique la plus privée du PAF se lance lundi 2 dans un "Climation, a vous de jouer pour sauver la planete" (sic.). Le but du jeu, puisque c'est d'un jeu dont il s'agit, n'est pas de gagner un système de climatisation pour cet été, contrairement à ce que j'ai cru quand mes yeux sont tombés pour la première fois sur le titre crétin de l'émission. Non, il s'agit de sauver la planete (rien que ça) en répondant à un quizz hyper pertinent plein de questions du genre "Je bois un café sur une terrasse de bar chauffée à l'helium, combien de CO2 est-ce que je dégage et pourquoi donc est-ce que s'assoir dehors pour consommer son Kawa ruine la couche d'ozone". Le tout animé par un Patrice Laffont frais comme un pape (c'est peu dire).
Parions que Lundi soir, sauver la planête ne consistera pas à dire qu'il faut utiliser moins de voitures, créer des normes anti-pollution plus strictes, arrêter de jeter la lessive par la fenêtre et consommer moins de piles, d'éléctricité, d'arrêter de vouloir payer ses steacks à 3 francs le kilo, d'arreter de touver normal que fruits et légumes soient aussi peu chers. La pollution, nous la créons en demandant toujours plus pour moins cher. Mais il est à parier que ce message ne ferait pas rire les publicitaires de France 2. On se contentera donc de nous informer sur les effets de la cigarette et des flatulences sur la couche d'ozone.
Et moi, je me contenterai de ne pas regarder la télé ce soir là, parce que des fois, la pollution, elle vient pas d'où on croit.
Un casting français. Trois mois de remplissage de grilles de télé. Pop Star 1 venait de sévir, la junk TV venait d'accoucher de la Junk Music sur M6. Deuxième coup de maître de la petite chaîne qui grimpe après un Loft qui avait déchaîné débats passionnés et audiences record. TF1 avait alors juré ne jamais verser dans le mauvais goût subtil de l'étalage médiatique d'une dizaine de post ados déphasés aussi fascinants à observer qu'un hamster en pleine partie de scrabble.
C'était écrit, TF1 ne pouvait quand même pas laisser à M6 le monopole des programmes au rabais. Pop Star a donc accouché de Star Academy, enfant bâtard du loft et d'un supermarché musical. Malgré le procès intenté par M6, TF1 vendra tranquillement les CD de Jean-Pascal comme cadeau bonux à une émission qui a fasciné les foules par la pauvreté de son casting.
Loft 2 et Pop Star 2 furent quant à elles des croûtes, furoncles télévisuels des télé stars hebdomadaires. "A la recherche de la nouvelle star" prend le même chemin, son support quotidien déprogrammé des grilles de M6.
Mais TF1 ne peut s'empêcher de remettre ça et sort Nice people. Même recette, même espoirs. Des blondes, brunes, rousses entourées de mâles en manque de porno et d'une star à la ramasse (Ophélie Winter n'inaugure-t-elle pas la première semaine de cette émission zoophile ?). Ils s’ébrouent autour de la sacro-sainte piscine où, Mougeotte l'espère, les copulations seront nombreuses. M6 fait un nouveau procès, Endemol (1) se gausse, TF1 diffuse, Ophélie Winter s'emmerde.
La Junk TV a-t-elle touché le fond ? Est-elle victime de l'épuisement de ces stars improvisées ? TF1 et M6 sont-ils au bout de leur guerre fratricide à qui ira le plus loin (bas) ? Après les émissions d'enfermement (Loft 1, Loft 2, Nice People), les émissions d'aventure (Koh-Lanta, ...), les émissions musicales (Pop Star 1, Pop Star 2, Star Academy, A la recherche de la nouvelle star), il y a fort à parier que non.
Voici donc venu le temps des "Dating Reality", ouvert cette semaine par M6 et son "The Bachelor". Le but ? Un homme va réaliser le fantasme de tous ses pairs en ayant le loisir de choisir sa future ex parmi la brochette de jeunes femmes qui sera mis à sa disposition. TF1, toujours en retard, tourne en au même moment "Mister Right", s'inspirant du même concept de supermarché à la pintade. On n'est pas au bout de nos peines...
(1) producteur de Loft Story ET de Nice People
Partant du postulat, qui se vérifie assez bien en ces temps de vache folle, que la plupart des croûtes télévisuelles qui moisissent nous écrans sont nées en langue anglaise (quoique les hollandais aient eu leur part du lot), voici la prochaine étape au loft, et autres pop academy à laquelle nous n'aurons peut être pas la chance d'échapper non plus.
La chose s'appelle "The Edwardian Country House". Loft story-like, il n'a pour particularité que de recréer les conditions de vie dans les années 1900 et de séparer les occupants (victimes) de la maison en deux parties, à savoir les maîtres et les serviteurs. A part ça, même sauce, même cuisson, même résultat. Pas de Loana dans les années 1900 ? Qu'importe, de grands moments ont eu lieu aussi au Country House ...
Extrait du site de Channel 4, le coupable de cette émission ... "But perhaps the problem is less Miss Anson’s than Sir John’s. As well as offending his sister-in-law he has managed to offend the downstairs staff. In front of guests he openly criticises the food, seemingly unaware that this would quickly travel down via the footmen to the kitchen." (Mais le problème est moins celui de Miss Anson que celui de Sir John. Après avoir offensé sa belle soeur, il est parvenu à offenser les serviteurs. Il a ouvertement critiqué le repas devant les invités, sans savoir que cette information circulerait rapidement vers les cuisines au sous sol). Une telle densité et profondeur d'intrigue vous laisse sans voix ? Attendez donc le prochain épisode... J'ai entendu dire qu'un cuisinier crachera dans la soupe... stay tuned ....
En attendant que cette brillante sauterie télévisuelle viennent s'intercaler sur des chaînes françaises de grande qualité entre deux pubs pour les derniers CD d'Alize(1) et de Lorie(2), le programme va démarrer aux US. Quant à moi, vous m'excuserez, faut que je retourne voir le Loft Pentagone, c'est plus funk.
(1) et (2) Animatrices de programmes de divertissement prépubères injustement nommés "Chanson"
Alors que le monde panique devant la propagation du Syndrome Respiratoire Aigu Sevère (SRAS), certains scientifiques ont définitivement l'art de travailler pour le bien être de l'humanité toute entière. Le sujet fondamental du jour est donc: Quelle emission préfère regarder un singe ? Après avoir déjà testé aux US la mode des singes qui jouent en bourse, voici maintenant la mode des singes qui prédisent l'audimat. La nouvelle est importante. Je veux dire, le singe, si il a le choix entre du sport, un jeu télé et un soap, devant quoi est-ce qu'il bloquerait, assis sur son canapé, hurlant à sa femelle de lui apporter une bière ? Finalement, c'est vrai, on n'en sait que trop peu des vices des chimpanzées, de leur vie lorsqu'ils sont chez eux, tranquilles, télécommande à la main et paquet de chips au pied.
On apprend donc que le singe n'en a cure du baseball, basket et autres football. Il se moque aussi pas mal des séries mal doublées pleines de Cynhtias, Johns, Peters, Margarets et Steve. Il veut du jeu, le singe. Il veut du Bigdil, du dessinez c'est gagné, du qui-est-qui, du pyramide et du question pour un champion. Et là, vous vous demandez pourquoi. Moi aussi. Et l'étude nous répond avec un brio démesuré: "No one knows why". C'est un petit pas pour le paf mais un bon de géant pour le chimpanzée. La semaine prochaine, l'étude à la con vous présentera ses dernières découvertes "Combien de bretzels faut-il manger avant d'envahir la Syrie ?" Stay tuned.
Ce soir à la tiwoui, vous avez le choix. D'un coté M6. Dans un élan d'originalité qui rendrait jaloux un épisode de Navarro, la petite chaîne qui gonfle diffuse ce soir "A la recherche de la nouvelle star". Coté concept, un vague mélange de Star Academy et de Pop star, européen, 20,000 candidats pour trouver "La future star de la chanson française". Un jury hyper sévère de professionnels sur-entrainés, éleveurs de champions en plein air et au grain, on se respecte un minimum chez M6. A prévoir donc, une première emission consacrée à humilier des candidats qui chantent trop mal, qui sont trop laids, trop gros, trop bêtes, trop petits, trop pas M6. Une deuxième emission pleine de "je te vire parce qu'en fait, tu serais beaucoup mieux dans une carrière a) en solo b) dans un autre groupe c) de danseuse d) de hardeuse". Et ainsi de suite jusqu'au déchirement final, là où il n'en restera plus qu'un ou une, choix utlime de telespectateurs le pouce rougi a force d'envoyer des SMS à 1 € pièce. Suite à quoi, la future ex-star fera une brève carrière, sa chanson sera utilisée pour les jingles pub de M6 avant de retomber dans un oubli profond d'où, de toute façon, elle n'aurait probablement jamais dû sortir.
D'autre part, ce soir, sur Arte, y'a Barry Lyndon de Kubrick, 3 heures de bonheur visuel, auditif et intellectuel. Enfin moi je dis ça, je dis rien ...
Ce midi, pied de la tour TF1. Arrogant tube de verre, surmonté d'une couronne de spots censés éclairer la nuit parisienne du logo de 3 lettres résumant le vide intelectuel de la chaîne de Lagaff, Pernod, Arthur et autres lobotomisateurs de masse. Devant la tour TF1 donc, et submergé par cette accès innatendu de poésie, j'ai pensé à tous ceux qui, dans les bureaux, là, au dessus de moi, réfléchissaient les émissions de demain, pensaient les parts de marché, les stratégies pour nous faire bouffer de la pub jusqu'au dégout, les "Du coté de chez vous", les Bigdils, les PDM, coefficients d'attention, de rétention. Les mêmes qui veulent faire chanter à la finale de la star academy une chanson pour la paix, la larme au coin de l'oeil, la main au portefeuille. Les mêmes qui font croire au contribuable moyen qu'ils vont exaucer leur rêves préfabriqués (comme le décrit si bien Alan Smithee). Je regarde mon reflet dans la vitre. D'un seul coup, je meure d'envie d'aller coller sur toutes les vitres du batiment une petite affiche qui dirait "VOUS LAISSERIEZ VOS ENFANTS REGARDER TF1, VOUS ?". Moi non.
"The coverage is like war pornography," he said. La nouvelle est de taille... Les études, menées par d'imminents spécialistes, comme d'habitude, sont formelles. Regarder la guerre à la télé peut être mauvais pour vos enfants. Peut être troublant, les ammener à se poser des questions. Mais, continue l'article, si on peut facilement les priver de télé, comment leur éviter d'en parler dans la cour de récré, autour de leur BN ? Les parents sont anxieux, ils ne veulent pas voir leurs enfants perturbés par ces images de cadavres gisants dans les rues irakiennes. Par les images de ces prisoniers exhibés à la télé. "A lot of the images are very disturbing and my daughters are not sleeping well. It worries them."
Ses filles dorment mal ? J'ai entendu dire que les enfants de baghdad avaient des nuits difficiles aussi ... Mais ils ont raison, laissons dormir les petits enfants, laissons les continuer à croire que la guerre, c'est un georges clooney, lunettes Top Gun sur le nez, qui fait des blagues, ne meurre jamais, fait des cascades et tout est bien qui fini bien, main dans la main avec les chtits n'irakiens. Expliquer serait tellement plus long. Et surtout, expliquer, c'est prendre le temps de comprendre soi-même ...
L'article complet ici, Parents Urged to Shield Children from War on TV .
Marc Lesgy, omnipotent pseudo scientique à lunettes moches de M6 n'en finit décidemment pas de baisser le niveau moyen déjà pas excessivement haut de la petite chaine qui monte. Alors que ce soir, il présentera un "Test de QI" digne d'un moule marinière sur le retour, la série "j'ai décidé de maigrir" n'en finit pas de faire gonfler l'audimat de M6. Technikart en parlait, visionnaires, il y a un an tout juste: Tendance Lourde: Pourquoi les obeses fascinent ils autant. Bon, OK, j'ai décidé de maigrir, ça parle pas franchement d'obèses. Mais plutôt de jeunes filles ou de jeunes hommes qui ont une surcharge pondérale (comme on dit) par rapport aux standards que l'on s'impose dans ces jours de famine en Afrique.
Mais ce qui met l'ordre des médecins en rogne, c'est le non-respect du secret de l'acte médical. Les 4 ou 6 medecins incriminés seront mis en examen et pourraient être suspendus. Quant à tous ces spécialistes qui écrivent chaque printemps dans "Marie Claire", "Cosmo" ou "Bien vivre avec mon corps alors que la plage arrive à grand pas", on ne sait pas encore si des chatiments ont été prévus ...
Cette semaine, à la Tioui, pour sortir du bigdil, des palmes du courage et de l'eternelle ecole des fans, à voir...
- Sur Arte, Lundi soir (ce soir), Ed Wood de Tim Burton
- Sur Jimmy, FIST et Roger et Moi (de Michael Moore) Jeudi soir dans une soirée spéciale sur le pouvoir des syndicats américains
- Sur Jimmy toujours, Dimanche soir cette fois-ci, Journal Intime d'un homme marié (Dream On-like) et à Partir du 2 février, également le retour de Dream On.
Y'a encore de la bonne came à la télé... pour ceux qui ont le cable, faudrait pas que la qualité soit démocratique non plus, faut pas déconner ...
Je dois être le seul a avoir vu ça. Je vois pas d'autre explication. En fait, un matin, alors que je m'abrutissais tranquillement devant la télé, je suis tombé sur l'emission sans nom de Canal+. Le principe ? Faire deviner aux téléspectateurs un mot, un nom, un titre, n'importe quoi qui soit composé de lettres. Le gentil téléspéctateur appelle, donne le mot, empoche 1,000 Euros et voilà. Mis à par le fait que la somme en jeu soit ridiculement faible comparée à d'autres jeux de télé-poubelle, rien d'alarmant.
Mais quand on se penche sur les enigmes en question, l'affaire devient plus grave. A la portée de n'importe quel abruti dyslexique, myope et lobotomisé, il ne faut généralement pas plus que le temps de la lire pour en découvrir la solution. Genre DOU SAR CHEL MI, découvrez un chanteur ou EN SHORT TA MERE, découvrez une insulte. Bref, on est loin du challenge pour prix nobel.
Mais le plus grave, c'est le couple de présentateurs. Le mâle, recruté sur comédie, après avoir présenté la grosse emission incarne à lui seul la définition du mot "dépit". On lui enverrai presque une boite de Prozac, juste par solidarité. Quant à sa co-présentatrice, elle a l'air tout droit sortie d'un atelier animation de maison de retraite. Bref, les deux sont pathétiques, au sens humanitaire du terme.
J'en viens du coup à ma question: Qu'est ce que fout une emission comme ça à la télé ? Qui est-ce que ça interesse de voir deux guignols déprimer à l'écran en faisant des jeux de mots deséspérés autour d'enigmes niveau primate ? Et vu que ça ne doit pas interesser grand monde, pourquoi est-ce que c'est diffusé ? Pour remplir la grille de programmes trop footaballistique de Canal ? Pour récuperer une partie de l'audience de télé shopping ? Franchement, je sais pas trop quoi dire.
En tout cas, tout ce que je sais, c'est que Canal nous fait franchement le coup de la régression débillisante. L'emission s'appelle "Essaye encore", façon de nous prendre encore un peu plus pour des crétins. Elle est produite par les rois de la télé poubelle, Endemol et le concept s'appelle la "Call TV". Ca fait en moyenne 50,000 téléspectateurs pas jour. Ca mérite pas plus.
L'ordre des informations lors de la grande messe du 20 heures adoré des français en dit long sur la priorisation relatives des événements. Priorisation qui varie peu selon les chaînes mais qui reflete toujours le besoin de faire frémir avec les trucs pas beau de juste à coté de chez vous. Hier matin, sur LCI tout comme sur I-Television, un quart du journal consacré à un incendie à Saint Denis, deux morts, une dizaine de blessés dont un pompier.
Quelques semaines en arrière, que des vaches folles dans nos restos et des flics sur les routes. Quelques mois en arrière, que des petits vieux qui se font sauvagement agresser.
L'un ou l'autre des phénomènes a t-il changé d'ampleur depuis qu'il a été traité ? Les vieux ont ils cessé de se faire agressser ? Les chauffards ont ils soudain cessé d'être cons et meurtiers ? Les palestiniens vivent ils désormais en paix ? Qu'on m'excommunie sur 5 générations si quelque chose a changé. Et pourtant, les sujets sont passés de mode, aussi vite qu'ils y sont arrivés. Qui lance la "mode" des sujets de télé? TF1, groupe de télé poubelle ouvertement de droite souffle t-il à l'oreille de ses journalistes dans quel sens regarder ? France 2, financé par l'état, est il sous influence divine ? Quoi qu'il en soit, il est frappant de constater les différences de traitement entre une chaine "Classique" et une chaine "décalée" comme peut l'être Euronews, qui diffuse les mêmes sujets pour l'ensemble des pays européens.
Dans le même contexte, je n'ai pas pu m'empecher de relever une phrase intelligente de Michael Youn (comme quoi, il en dit aussi) sur Canal dans + Clair. L'ami Youn disait donc, serieux contrairement à son habitude, que "L'information ne doit pas être traitée comme du spectacle, le spectacle ne doit pas être traité comme de l'information". Voilà qui méritait d'être dit, au nom de tous les cathodiques, je dis Alléluia.
LCI, La Chaîne Info n'est pas une fille de TF1 pour rien. Même si elle se donne des airs d'impartialité et de transparence, la chaîne n'en est pas moins le reflet du populisme latent de la première chaîne privée de France. Dans les faits, une admiration aveugle pour Raffarin et son sinistre de l'intérieur, la part donnée au foot dans les journaux du matin et ce commentaire, péché ce matin, dans les news.
Sur I-Télévision, au sujet du pétrolier en perdition, on peut entendre a peu de choses près ... "La France a fait parvenir sur les lieux un navire d'intervention ainsi que plusieurs moyens aériens".
Au même moment, sur LCI, le présentateur avec sa tête de premier de la classe débaltérait: "Suite à une demande de l'Espagne, la France a accepté de dépécher sur place d'importants moyens maritimes et aériens afin de venir en aide les équipes Espagnoles".
Ca a l'air de rien comme ça, mais pour un peu, je serais vachement plus fier d'être français depuis que je regarde LCI. Sangatte ? Rien à faire, l'essentiel est que la PSG gagne au foot et que nous aidions les ch'tits n'incapables d'Espagnols. Pffff, populisme, quand tu nous tient ....
La "Turnoff TV Week 2002" est passée. Le danger reste, en français ou en anglais. Malheureusement, la bétise télévisuelle est encore la chose la mieux partagée dans le monde.
Les Anglais, connus pour leur bon goût légendaire, nous ont encore offert un de ces grands moments digne d'un George Dobeuliou au mieux de sa forme (vu sur Euronews ce matin). Dans leur projet de ne pas se rallier à l'euro, ils ont fait intervenir de nombreux comiques pour dire "NON" à la monnaie unique. Et parmi toute cette troupe de francs déconneurs qui comparent l'euro tour à tour à du papier toilette ou de la déjection canine, apparait soudain une image de Hitler à un balcon, hurlant un énorme "NO" à une foule en délire. Bien sûr, l'histoire a fait réagir la commission de Bruxelles qui s'est dite outrée. Un Anglais rencontré récemment m'avait dit lui-même, deux points ouvrez les guillemets:
"Can't Buy Taste...". Fermez les guillemets.