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En bref : les dépêches

imageCrétin / Transsexuel une fois:
(05/07/2007) Scoop de nos amis belges, le roi s'est cassé le col de l'utérus. Si si si (via nos amis de l'excellent rue89).

imageMédias / Une dans la nuque:
(29/06/2007) En 2008, ça va sentir le vestiaire de pentathlon du côté de la Chine et pour l'occasion, RSF propose un logo fort approprié. On attend encore l'approbation des boissons gazeuses qui sponsorisent l'événement.

imagePrésidentielle / Espionnage:
(11/04/2007) C'est officiel : De Robien n'a vraiment pas la moindre idée de ce qu'il peut encore bien faire à l'UDF. Ou bien c'est une taupe. Sinon, on ne voit pas.

imageSanté / Miracle usurpé:
(11/04/2007) "Un homme sans oreilles retrouve l'ouïe". Ca n'a rien d'une nouveauté: en 2002, Loana avait bien sorti un livre. Et sans cerveau.

imageIrak / iBlindage:
(10/04/2007) Sauvez un GI : envoyez vos iPods à l'armée américaine!

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> Le réchauffement climatique, meilleur ami du pétrole

Le pétrolier est un optimiste de nature : alors que tout le monde voit le réchauffement climatique comme une catastrophe, lui y voit une extraordinaire opportunité.

imageS'il est une petite entreprise qui ne connaît pas la crise, c'est celle du pétrole. En tout cas, et en dépit de toutes les prévisions, les majors de l'essence et du gaz mettent les bouchées double pour s'assurer qu'on ne fera jamais la diète au moment de passer à la pompe.

D'abord, le pétrolier Shell négocie avec le régime iranien la construction d'un pipeline donnant accès aux réserves de gaz locales pour la modique somme de 4,3 milliards de dollars (source The Age). De quoi financer quelques semaines de recherches sur la meilleure façon de vaporiser ses voisins à coups d'armes nucléaires. Les Etats-Unis envisagent de prendre des mesures de sanctions contre Shell, mais tout en prenant grand soin que lesdites mesures de rétorsion ne fassent pas trop augmenter le prix à la pompe non plus. Une tape sur les doigts devrait suffire.

Ensuite, et preuve qu'ils ne manquent ni d'imagination, ni de second degré, les groupes pétroliers ont trouvé une nouvelle source de matières premières : la région arctique. L'endroit renfermerait près d'un quart des réserves pétrolières encore existantes sur Terre. Coup de chance, grâce au réchauffement climatique, l'océan arctique devrait devenir navigable dès 2040 ou 2050 (source Think Progress). Autant dire qu'Exxon, Total, Shell et les autres surveillent le mercure avec attention : chaque degré gagné, c'est un grand pas en avant vers du pétrole tout neuf. Pourvu qu'il en reste assez ailleurs pour pouvoir faire fondre toute cette satanée glace.

Moralité de l'histoire : consommer du carburant aujourd'hui, c'est s'assurer qu'on en aura demain. Certes, plus beaucoup de vie sur Terre pour conduire des voitures, mais du pétrole, oui, beaucoup. Pour que les générations futures puissent cuire en profitant de tout le confort moderne, tous à vos Hummers! Il est encore temps de dégeler l'Arctique (et puis ça fait plaisir à Exxon, merci pour eux).


> Dinde de noël et ours du réveillon

C'est décidé, 2007 sera l'année de l'environnement pour Bush. Enfin, selon sa conception de la chose...

imageC'est une grande nouvelle pour tous ceux qui se sentent un brin concernés par le réchauffement climatique. Une grande nouvelle mais surtout un changement de politique aussi inattendu que soudain : l'administration Bush et le chef de la Maison blanche lui-même ont décidé d'agir, de manière pragmatique et constructive.

Ceux qui avaient rejeté le traité de Kyoto en 2001 et qui, en 2006 encore, déclaraient qu'il n'y avait aucun lien prouvé entre l'activité humaine et l'augmentation brutale des températures ces 20 dernières années, ceux qui en septembre encore faisaient de leur mieux pour faire disparaître les rapports compromettants (source TP) ont retourné leur veste, sans aucun doute touchés par la grâce de Noël.

Et quand ils parlent de mesures, les membres de l'administration Bush n'y vont pas par le dos de la cuillère : ils proposent en effet de "déclarer les ours blancs espèce menacée".

Oui oui, rien que ça.

Parce qu'après "un examen de toutes les données disponibles", il semble que "la banquise dont dépend les ours polaires diminue". Avant d'ajouter, histoire d'être bien sûrs que tout le monde a compris "Bien sûr, si la banquise fond, c'est que les températures sont plus élevées" (source Reuters).

Des mesures pour limiter l'émission de gaz à effet de serre, réduire la consommation automobile ou la pollution industrielle, par contre, non. Mais maintenant que l'ours polaire est officiellement en difficulté, ça devrait aller mieux. Hulot, Bové et leurs croisades écologisantes n'ont qu'à bien se tenir : la semaine prochaine, à défaut de protocole de Kyoto, le classement en espèce en voie de disparition du ragondin à dos argenté devrait aider à résoudre le problème des forages pétroliers dans les réserves pétrolières de l'Alaska.


> Réchauffement climatique : la pire menace pour (presque toute) l'humanité

Alors que s'ouvre la conférence annuelle sur le climat, c'est officiel : comme le nuage de Tchernobyl à son époque, le réchauffement climatique ne touchera pas les Etats-Unis.

image"Nous sommes tous réunis ce matin au nom de l'humanité, car nous sommes tous conscients que le changement climatique devient rapidement une des menaces les plus graves que l'humanité aura jamais à affronter". C'est ainsi que le vice-président kenyan a ouvert aujourd'hui, à Nairobi, la conférence annuelle sur le climat de l'ONU (source ABC News).

En Afrique, continent le plus à risque, 70 millions de personnes pourraient être touchées, et près de 40% des habitats naturels pourraient devenir tout simplement... invivables (source Alertnet, Reuters).

Au Groenland, on perd chaque année 170 kilomètres cube (soit un cube de 5,5 kilomètres de long, de large et de profondeur - merci Maxwell) de glace alors que seulement 58 se reforment suite à des chutes de neige.

Au global, les températures constatées à l'échelle mondiale n'ont jamais été aussi élevées depuis plus de... douze mille ans (source Forbes).

Chiffres et déclarations alarmantes se succèdent. Les personnalités les plus improbables (aujourd'hui Rupert Murdoch, s'il ne fallait citer que lui - source Sydney Morning Herald) rejoignent la cause du réchauffement planétaire. On en fait des films, des reportages, des colloques, conférences, livres, études. Le gouvernement anglais déclare le climat comme priorité numéro 1. Tout le monde change.



Tout le monde, ou presque. Car un petit village gaulois résiste (toujours) à l'envahisseur.

Quand on l'interroge pour savoir si la pression de Tony Blair pourrait avoir fait évoluer la position américaine sur le réchauffement climatique, Harlan Watson, représentant de l'administration Bush, est aussi clair que possible (source Nola.com / Associated Press) :

"Je n'ai eu aucune indication sur un changement quelconque de notre position. Et il n'y en aura probablement aucun au cours de cette présidence" (illustrant par ailleurs à merveille un dicton qui dit qu'il n'y a qu'une certaine catégorie de population qui s'interdit formellement de changer d'avis).

Depuis la mise en place du protocole de Kyoto, en comparaison avec les chiffres de 1990, les émissions en Allemagne ont baissé de 17%, celles de l'Angleterre de 14%, celles de la France de 1%. Celles des Etats-Unis ont augmenté de 16%.

C'est vrai que ça serait dommage d'abandonner maintenant un si bel effort pour finir d'achever l'environnement.


> Réchauffement climatique, tout est question de point de vue

Le réchauffement climatique n'est pas une réalité scientifique. La preuve, hier matin, à Vierzon, on avait un peu froid à l'arrêt de bus.

imageDans une vérité qui dérange, Al Gore fait une analyse de la couverture médiatique du phénomène du réchauffement climatique. Chiffres à l'appui. Ainsi, il montre que sur les 694 derniers rapports scientifiques consacrés à ce sujet, toutes publications confondues, pas un seul ne remet en question le phénomène. Pas un scientifique qui ne nie l'évidence, pas plus que le fait que celle-ci soit la conséquence directe de l'activité humaine. Aucun.

Dans la même période de temps, la couverture presse présente un visage un brin différent. Sur les articles sortis, près de la moitié (43% pour être précis) mettent sérieusement en cause la validité du réchauffement climatique. Les chiffres sont tellement gros qu'on aurait presque du mal à y croire.

Jusqu'à hier, lorsque Matt Drudge (Drudge Report, le site d'information qui a fait éclater le scandale Lewinsky) se décide à parler à sa façon du - prétendu - réchauffement climatique.

En gros titre, on pouvait y lire : "Septembre 2006 : Température aux US 0,7 degrés EN DESSOUS de la moyenne du 20e siècle..." (emphase d'origine).

Think Progress n'a pas manqué le point et relève les efforts désespérés (dans le texte) de Drudge pour mettre le réchauffement climatique en doute (article Think Progress) :

"D'abord, c'est totalement hors de propos : le réchauffement climatique ne veut pas dire qu'il n'y aura plus jamais un mois ou une journée froide quelque part sur le globe. Au total, septembre 2006 a été le 4e plus chaud jamais enregistré. D'autre part, Drudge met de côté un fait crucial présent dans le rapport qu'il cite : la période janvier - septembre 2006 a été globalement la plus chaude jamais enregistrée." (traduction 404)

Ou comment faire d'un rapport qui souligne le réchauffement climatique un étendard de ceux qui pensent qu'il est urgent d'attendre qu'il fasse 45 degrés l'hiver pour commencer à se poser des questions. Ah, la magie de la lecture sélective.


> Lexus invente le 4X4 qui pollue comme une voiture

Parce que l'écologie fait vendre, Lexus présente le premier 4X4 qui pollue comme une voiture normale. Et ils appellent ça un progrès.

imageLes amoureux du 4x4 vont être contents. Grâce à Lexus, ils vont enfin pouvoir rouler dans leur voiture préférée avec la conscience tranquille. Parce que Lexus, qui n'est pas à une innovation près, vient de lancer son premier 4X4 à moteur hybride. Pour ceux qui n'ont pas suivi les magnifiques évolutions de l'automobile de 1923 à nos jours, les moteurs hybrides fonctionnent en partie à l'essence et en partie grâce à l'électricité qu'on a accumulée en roulant à l'essence. Bref, on consomme moins et pour un peu, on pourrait presque se sentir écolo au point de trier ses déchets et voter vert.

Jusqu'à maintenant, les technologies hybrides étaient réservées aux voitures dont on ne se servirait pas décemment pour aller écraser des enfants africains faire le Paris-Dakar. Les voitures, donc, polluaient moins que des voitures normales, et ça, l'environnement, il en était content. Un peu, mais content quand même.

Grâce à Lexus et son 4X4 hybride, on a produit la première voiture hybride qui pollue autant qu'une voiture normale. Moins qu'un 4X4, certes, mais autant qu'une voiture normale, sans moteur hybride.

Alors que les moteurs jouent un rôle prépondérant pour fournir cette puissance, ils permettent également de réduire la consommation d'essence et les niveaux d'émissions à des valeurs habituellement associées à des véhicules de segment inférieur. (source site Lexus)

Cette association offre au Lexus RX400h un grand silence de fonctionnement en ville grâce à la motorisation électrique tout en lui assurant une consommation de carburant étonnamment basse et des émissions polluantes réduites, comparables à celles d'une berline familiale. (source Publicité Magazine Lexus, Août 06')

On peut donc enfin acheter des moteurs écologiques tout en continuant à polluer. Parce que oui, il fait bon rouler en ville avec une voiture de deux tonnes. Et vu qu'on pollue autant que les autres, pourquoi se priver. C'est vrai, acheter un moteur hybride pour polluer moins, ça aurait été idiot. Des fois qu'on donne le bon exemple. En tout cas, Lexus a particulièrement bien choisi son slogan pour cette voiture : "Changez le monde sans changer la planète". C'est vrai, changer, ça serait des coups à ce que ça aille mieux. 'Faut se méfier.


> De bonne Hummer

Les conducteurs de Hummer ont enfin atteint leur but : être des fantasmes sexuels sur 4 roues.

imagePour faire oublier le peu de mises à jour sur 404 ces derniers temps (surcharge de travail oblige, on y remédie peu à peu), un lien pour passer quelques petites minutes de bonheur.

On a déjà évoqué dans ces pages le formidable progrès humain que représente le Hummer, seul véhicule sur le marché capable de faire fantasmer à la fois des militaires et des vieux cadres dynamiques obsédés par le souci d'affirmer leur libido à coups de 25 litres aux cent.



Après ceux qui font des doigts aux Hummers, la révolte des gens qui ne roulent pas dans des voitures qui sont une insulte permanente aux maigres efforts que l'humanité tente de faire pour préserver l'environnement continue.

Maintenant, pour faire chic, on fait l'amour (tendre et sensuel, Igor) à son Hummer. Et dans la rue si possible. La preuve en vidéo est là, les explications ici, et en anglais dans le texte. Merci à Chryde, dénicheur de trucs.


> Effet de serre : les US avancent, l'Europe regarde le Mondial

Quand il s'agit d'écologie, les progrès ne viennent pas forcément de là où on croit : les US se rebellent et l'Europe patauge.

imageVu qu'on fait des reportages dessus au journal de 20 heures, on doit pouvoir considérer que c'est officiel : il fait chaud. Oui ma bonne dame, au moins trois jours que la température dépasse trente degrés dans l'après-midi. Quel scandale. Pour un peu, on pourrait presque se croire en plein mois de juillet.

Et pendant qu'à Paris, Météo France prédit que la cuisson va être bonne, du côté de l'Europe, on s'active pour donner une chance aux générations futures de vivre sans climatisation et sans bottes.

Sauf que la réduction des gaz à effets de serre n'est pas chose simple. Loin de la mettre en place, onze des 25 gouvernements européens n'arrivent même pas à se mettre d'accord sur les objectifs (The Guardian : "UK among 11 to miss emission targets deadline").

Pour l'Europe, un seul but à viser : 6% de réduction d'ici 2012 (les Verts, eux, suggèrent que 9% serait le minimum). La France dit pourquoi pas mais on ne réduira que de 4%. Belgique, Danemark, Finlande, Italie, Espagne, Pays-Bas, entre autres, n'ont même pas daigné répondre. Appelons ça de la responsabilité collective (euh, l'autre là, il pollue plus que moi, alors 'y a pas de raison, je peux faire le crado aussi, hein m'sieur).

Mais pendant que l'Europe patauge dans l'ozone, la bonne nouvelle vient des Etats-Unis. Oui. Parce que contrairement à ce que souhaitait la Maison Blanche supportée par le lobby automobile et pétrolier, les cours suprêmes de 11 états ont déposé un recours devant leur grande soeur de Washington DC (The Car Connection : "Supreme Court Takes Up Emissions").

Pour elles, il s'agit de contester au gouvernement de Washington la mainmise exclusive (et spécialement laxiste) sur les quotas d'émissions de gaz à effet de serre. En d'autres termes, si le Massachusetts souhaite limiter la pollution chez lui, il doit être capable de le faire.

Ces recours, ainsi que leur audition par la cour suprême, est un revers majeur pour Bush, qui défend toujours (on se le rappelle, histoire de se divertir un brin, ça ne fait jamais de mal) que le réchauffement climatique est une réalité mais que rien ne prouve qu'il est amplifié par l'homme. Pouf pouf.

En tout état de cause, que l'effet de serre soit pris en compte d'un côté où de l'autre de l'Atlantique, peu importe. Evelyne Delhiat est formelle, il va faire chaud. On n'attend plus que le petit Nicolas se réveille et décide d'éliminer toute cette racaille de chaleur au Kärcher. Parce que c'est pas tout de faire mumuse avec l'effet de serre. 'Y a une élection en 2007. Et ça, pour les générations futures, c'est ce qui compte vraiment. Non ?


> George Bush pour sauver la Terre

C'est officiel, même pour George Bush, le réchauffement climatique existe. Mais c'est peut-être l'oeuvre de Dieu.

imageGeorge W. Bush, on le sait, est un président qui sait voir à long terme. A très long terme. Ainsi, pas plus tard qu'hier, en marchant dans la cour de la Maison Blanche, il a pu se rendre compte que l'herbe était un brin humide. Voire même inondée. C'est qu'à en juger par le volume d'eau tombé sur la capitale politique, on aurait presque pu croire que le nouveau disque commis par Lara Fabian avait touché le sol américain (article Reuters).

Résultat : près de 300 000 personnes en chômage technique et un président qui se demande d'où donc peut venir tout ce divin liquide. Et qui décide que trop c'est trop, ça doit être la faute au réchauffement de la planète.

Ni une ni deux, conférence de presse, il décide qu'il est temps de passer à l'action. La priorité, dit-il, n'est pas de chercher les causes (ah ?) mais de trouver les solutions. Et selon lui, tout est simple : vu que trop de pétrole rend les Etats-unis dépendants et que ça fait pleuvoir sur Washington, il suffit de remplacer tout ça... par du charbon. Et du nucléaire aussi. Parce que plus de pétrole, plus de réchauffement. Et plus de réchauffement, plus les pieds mouillés en faisant son jogging du matin (article AFP).

Pollution industrielle, rejets automobiles, sur-consommation énergétique, rien de tout cela n'est même évoqué par le président des US. Parce que, on vous l'a dit, la solution est dans le charbon. Parce que dans le charbon, tout est bon, comme dit la philosophie bouchère. Rien à dire, quand un expert du pétrole s'occupe d'écologie, c'est efficace. Et original. Ou juste drôle. On hésite encore.