404 Brain Not Found
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En bref : les dépêches

imageCrétin / Transsexuel une fois:
(05/07/2007) Scoop de nos amis belges, le roi s'est cassé le col de l'utérus. Si si si (via nos amis de l'excellent rue89).

imageMédias / Une dans la nuque:
(29/06/2007) En 2008, ça va sentir le vestiaire de pentathlon du côté de la Chine et pour l'occasion, RSF propose un logo fort approprié. On attend encore l'approbation des boissons gazeuses qui sponsorisent l'événement.

imagePrésidentielle / Espionnage:
(11/04/2007) C'est officiel : De Robien n'a vraiment pas la moindre idée de ce qu'il peut encore bien faire à l'UDF. Ou bien c'est une taupe. Sinon, on ne voit pas.

imageSanté / Miracle usurpé:
(11/04/2007) "Un homme sans oreilles retrouve l'ouïe". Ca n'a rien d'une nouveauté: en 2002, Loana avait bien sorti un livre. Et sans cerveau.

imageIrak / iBlindage:
(10/04/2007) Sauvez un GI : envoyez vos iPods à l'armée américaine!

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Economie > Bouygues dévoile son code éthique (si, si)

Comme toutes les grandes entreprises, Bouygues veille précieusement à son éthique... dès lors qu'elle n'empêche pas de gagner de l'argent.

imageC'est un peu le marronnier chaque année, les entreprises sortent une brochure de leur fameux "code éthique", histoire d'inculquer quelques règles de vie à leurs employés. Il y a celles qui privilégient l'écologie à outrance en s'engageant à recycler les gobelets en papier de la cafeteria du 7e pour construire un futur meilleur pour les 78 générations à venir, celles qui feraient tout pour leur client en s'engageant à ne jamais lui vendre quelque chose dont il n'a pas vraiment besoin (si) et il y a le groupe Bouygues.

Parce que dans le groupe Bouygues plus qu'ailleurs, l'éthique, on le sait, c'est important, et ça tient en 10 articles.

Ainsi, au premier article, le groupe s'engage à "une application rigoureuse des lois, règlements et normes internes", tant on sait le groupe irréprochable sur ce point. La récente condamnation de Bouygues télécom à 58 millions d'euros d'amende, aux côtés de ses deux concurrents Orange et SFR pour entente et "avoir restreint le jeu de la concurrence" n'a d'ailleurs probablement rien à voir avec ça (source ZDNet) .

Dans son second article, le groupe appelle au respect des droits de l'homme, pour ses collaborateurs. Mais vraiment que pour ses collaborateurs. Les habitants du Turkménistan, dictature dénoncée par la quasi totalité des ONG (source Wikipedia), ne rentrent en revanche pas dans le code éthique de l'entreprise. Pour faire affaire avec Niazov, le despote local, le groupe Bouygues n'a en effet pas hésité à faire voyager la crème des présentateurs télé français pour animer quelques messages propagandesques bien sentis (source Acrimed) .

Dans son troisième article, le groupe appelle à respecter "honnêteté, équité et transparence", aussi bien vis-à-vis des clients que des actionnaires et partenaires. Expliquant sans doute pourquoi le reportage sur les relations du groupe avec Niazov a été déprogrammé en dernière minute de la grille de programme de Canal+, pour cause de fusion TPS (groupe TF1) et Canalsat (groupe Canal+) (source Acrimed).

Enfin, parce qu'on garde le plus drôle pour la fin, le groupe inscrit dans son code éthique la "neutralité politique de l'entreprise, notamment en évitant (sic) de contribuer au financement de la vie politique". Quand on aura fini de rire, on appréciera à sa juste valeur l'utilisation du verbe "éviter". Après tout, ce n'est pas parce que Martin Bouygues a été témoin du mariage de Sarkozy (source Wikipedia) que le groupe a été mis en cause dans l'affaire des marchés publics d'Ile de France (source Wikipedia) et que l'impartialité de TF1 a même été mise en doute par Bayrou (source 20 Minutes) qu'il faudrait se permettre de douter.

Les salariés du groupe sont prévenus.


Economie > Low low low cost

Pour régler le problème de la place dans les avions, une solution simple : faire disparaître les passagers.

imageTout être humain qui a pris l'avion plus de 12 minutes ces 10 dernières années sait combien il est agréable de passer plusieurs heures assis, les rotules au niveau des oreilles tout en essayant de ne pas s'auto asperger de jus de tomate alors que le voisin de devant découvre avec enthousiasme les joies du siège inclinable.

C'est que pour être rentable (avec le prix du pétrole, ma brave dame), les compagnies aériennes se sont données pour mot d'ordre que la profitabilité serait inversément proportionnelle au confort des passagers. Ainsi, l'espace entre les sièges se réduit un peu à chaque nouvel aménagement des avions, laissant dans la perplexité tout voyageur dont la taille excède le mètre cinquante.

Et c'est dans ce cadre de compression humaine qu'Airbus s'est enfin posé LA bonne question : pourquoi les voyageurs devraient-ils obligatoirement être assis ? Quand on transporte vaches et cochons par camion, on ne leur donne pas de sièges. Alors, pourquoi donc aux gens qui ne veulent pas payer le tarif business. Hein ?

Airbus propose donc, à qui veut bien l'entendre, son nouvel A380 vide de sièges (le passager est fixé debout - sic - à une paroi pour les décollages et atterrissages) qui peut contenir plus de 800 personnes. 853 pour être précis (article NYTimes).

En attendant avec impatience la prochaine version de la bétaillère du gros porteur, où les passagers sont embarqués dans les soutes, avec les valises, histoire qu'on en finisse une bonne fois pour toutes avec tous ces impolis de clients qui prennent toute la place dans l'avion. Airbus, à nous de vous faire préférer le train.


Economie > Un café à 2000 balles

Ca ne fait plus de doute, mieux vaut faire de la pub pour Aubade que pour le Puy du Fou. C'est comme ça.

imageContrairement à ce qu'affirme le Marseillais, non, l'humanité ne se divise pas entre ceux qui habitent Marseille et les autres. Non. En fait, l'humanité se sépare plutôt entre une poignée d'irréductibles qui se battent pour des causes rétrogrades et les autres. Les gens un brin normaux, quoi.

Bon, en France, on n'est pas tout blancs, vu qu'on se tape coup sur coup De Villiers et ses relents de monarchiste tirant sur le crétin intégriste et les restes d'une monarchie qui s'auto-congratule à grand coups de fond de teint.

Mais pour l'occasion, c'est du côté de l'Italie qu'on pêche cette semaine un magnifique exemple d'erreur de timing.

Comme chaque année, les principales marques y sortent leur calendrier dans lesquels s'étalent au choix blondes, brunes (voire même rousses pour les plus décalés de ces derniers). Lavazza, par exemple, sort ses plus belles photos aussi suggestives que dénuées de téton (et qu'on réservera donc aux garages automobiles de luxe).

C'est parmi ces forts esthétiques calendriers que se trouve celui des gens qui, en 2006, font toujours de la pub pour que l'Italie ne passe pas à l'euro. Et vu la redoutable beauté de l'oeuvre (et un immanquable style porno amateur de la fin des années 80), on ne peut que constater que les nostalgiques de la lire ont des finances un peu aléatoires.

A la fois, s'ils n'ont toujours pas réalisé que l'Italie était passée à l'euro, on peut comprendre que la vie leur semble chère, aux nostalgiques de la baguette à 3000. Bref, quoi qu'on dise, certains jours, le marketing fait bien son oeuvre. A la vue de ces deux publicités, on a vachement plus envie de se taper un expresso qu'un retour à l'ancien franc. Allez savoir pourquoi, bande de petits êtres irrationnels, va.

Le calendrier Lavazza est par ici, le calendrier moche des gens qui aiment pas l'euro par là.


Economie > Business charity business

Après toutes les critiques, la mairie de la Nouvelle-Orléans se décide à intervenir pour aider. A sa façon.

imagePetit rappel pour ceux qui ont passé ces 2 derniers mois bloqués sur "la Star Academy chante le best of de Richard Anthony remixé par Phil Barney" : à la fin du mois d'août, un cyclone a ravagé la ville de la Nouvelle-Orléans (et quelques petites choses autour).

Après cette catastrophe où beaucoup ont tout perdu, le gouvernement et la mairie se devaient de réagir. Déjà mis à mal par une réaction trop lente, des moyens inadaptés, une armée mobilisée là où il y a du pétrole, il fallait frapper fort, montrer que les autorités sont elles aussi capables de compassion et de générosité envers des citoyens blessés.

C'est chose faite, puisque aujourd'hui, la mairie de la Nouvelle-Orléans vient de licencier 3,000 de ses employés (article South Coast Today, "Mayor of New Orleans announces layoffs").

Mais qu'on se rassure, aucun pompier ou policier ne devra aller nager jusqu'à l'ANPE. Parce que bon, avec tous ces nouveaux pauvres, 'va falloir encore plus protéger les magasins, mine de rien.


Economie > Effet de serre radioactif

Pour mettre fin à la sempiternelle question, Total à une réponse toute faite : c'est l'oeuf qui fait l'oeuf.

imageTout automobiliste qui dépense un dîner chez Ducasse à chacun de ses pleins aura pu s'en rendre compte, gros scoop, le pétrole est cher. Voire très cher. Et apparemment, c'est parti pour durer. Alors, fi des énergies renouvelables et autres délires écologico-communistes, on se concentre surtout pour essayer de trouver comment pomper à des endroits qu'on ne pompait pas avant.

Ainsi, la charmante et canadophile province d'Alberta est-elle une des premières réserves mondiales de sable bitumeux. Parce que non, le Canadien n'a pas le sens de la perfection de ses collègues d'outre-Moyen-Orient et n'a rien trouvé de mieux à faire que de mélanger son sympathique futur carburant avec du sable.

Bref, on s'en doute, extraire du pétrole plein de sable est un coup à salement encrasser un moteur, même de tout terrain (comme quoi les 4X4 ne servent vraiment à rien). Alors il faut pomper différemment, ça demande de l'énergie et ça coûte cher. Enfin, raisonnablement cher tant que le gaz utilisé pour l'opération était à peu près abordable. Mais plus maintenant. Alors, il faut trouver des solutions alternatives.

Mais sans passer pour un écolo-communiste en même temps, ce qui interdit d'avance éoliennes et autres machins solaires.

Donc, pour extraire du pétrole, devine quoi lecteur mon amour, la société Total veut construire une... centrale nucléaire. Rien que ça. Une belle centrale nucléaire toute neuve, qui ne servira pas à éclairer une ville ou faire rouler des voitures, non. Une belle centrale nucléaire qui servira à extraire du pétrole.

Les gens de Total sont positifs : utiliser le nucléaire pour extraire le pétrole permet de limiter l'émission de gaz à effet de serre lors de l'extraction. C'est vrai qu'entre ça et brûler des aérosols de Baygon...

Grâce à Total, demain, le pétrole ne sera plus uniquement responsable du réchauffement climatique et d'odeurs nauséabondes aux abords de la porte des Lilas, non, le pétrole sera aussi à l'origine de la production de déchets nucléaires. Elle est pas belle, la nouvelle vie écologique ? Habitants de l'Alberta, soyez prévenus, Total ne vient plus chez vous par hasard.

Et sur ces paroles d'une toxicité à rendre jaloux les petits baigneurs de la Hague, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait que Chirac et Le Floc font un water-polo dans la Seine.


Economie > Retour à l'envoyeur

L'humanité prend enfin ses responsabilités et lance des programmes de recyclage massif. Chouette.

imageEn septembre, ce n'est pas que la rentrée des classes et son lot de reportages crétins sur les cahiers grands carreaux chez Auchan et que c'est cher toutes ces fournitures scolaires, non mais tout ça pour apprendre des trucs en plus, quel scandale, alors que TF1, c'est gratuit.

Non, septembre est en passe de devenir officiellement le mois du recyclage. D'abord, Brain Not Found l'évoquait la semaine dernière, on apprenait que la maladie de la vache folle serait due à une mauvaise digestion de restes humains par des vaches qui, c'est connu, sont pourtant totalement carnivores (plus de détails ici).

Cette semaine, on apprend dans le Courrier International que certains produits cosmétiques contiendraient du collagène humain, collagène qu'on trouve dans la peau, les os et les tendons. "Mais comment peut donc bien se passer la récolte du collagène humain ?" se demande-t-on (et à fort juste titre) du côté de Puycelsi Grésigne.

C'est simple, pour récolter du collagène humain, il suffit de se rendre en Chine, d'attendre l'exécution d'un prisonnier, de prélever la peau et le tour est joué. Prêt pour le recyclage en produit de beauté. Technique qui fonctionne aussi avec les foetus avortés, sans qu'il soit nécessaire de les exécuter avant, ce qui est vachement plus économique, faut dire ce qui est (Courrier International, "Les cadavres de condamnés à mort chinois recyclés en produits de beauté" tiré du Guardian, "The beauty products from the skin of executed Chinese prisoners").

Du côté chinois, on se veut rassurant : "Les autorités chinoises réfutent pour leur part qu'il soit possible de prélever la peau ou toute autre partie du corps de condamnés à mort sans que ceux-ci donnent leur consentement." C'est vrai que si le prisonnier et le foetus sont consentants, ça devient tout de suite plus appétissant.

En tout cas, une formidable opportunité pour nos amis de Yahoo! pour générer du chiffre d'affaire supplémentaire (Reporters Sans Frontières, "Information supplied by Yahoo! helped journalist Shi Tao get 10 years in prison"). On appelle ça un relais de croissance... (Merci à Ludovic pour l'information)


Economie > Précarité mon amour

Au Medef, on veut bien être gentil. Mais faut pas déconner non plus.

imageLe Medef est un organisme fort ambitieux. A la fois, direz-vous fort à propos, avec autant de chefs au mètre carré, c'est un peu normal. Et vous aurez bien raison. Mais là, le Medef tape plus fort que d'habitude.

C'est que le Medef, du haut de son tout nouveau président, a bien compris quel était le mal qui torturait la France : c'est le Français. Parce que le Français, il n'aime pas travailler. Il est paresseux, lent et comme si ça ne suffisait pas, sagouin qu'il est, il n'arrête pas en plus de demander plein d'avantages sociaux. L'ingrat.

Mais au Medef, on sait que le Français, au fond de lui, il n'est pas méchant. C'est juste qu'il a peur. Alors le Français, on cherche des solutions pour lui remonter son moral qui va pas bien. On réfléchit très fort au Medef (article Libération, "Le Medef prescrit une cure de bonheur à la société") :

Pour réenchanter le monde, on réfléchit aux façons de "surmonter la désespérance", comment "inventer et se réinventer". Histoire que les Français, ces malpropres, arrêtent de se plaindre cinq minutes et regardent la superbe réalité économique avec de gros yeux de vainqueurs.

Mais au Medef, on n'est pas fou. Parce que le Français est vil, et ça, on le sait très bien. Alors, au cas où le Français ne serait pas d'accord pour avoir le moral, on se demande quand même comment le faire avancer à coups de tatanne dans le derrière. Pour ça, la conférence "Désir et rejet de l'autorité" est toute indiquée.

Mais sois rassuré, lecteur de Brain Not Found, petit angoissé que tu es, le Medef reste le Medef. Parisot ou Sellière en tête, il n'est pas question de faire de l'humanitaire. Manquerait plus que ça. Alors au cas où on ait eu des doutes, Parisot en met une bonne petite couche en affirmant, en toute bonne foi, qu'elle ne voit vraiment pas pourquoi le Français (rah, toujours lui) veut un minimum de garantie et de stabilité dans la vie professionnelle (article Le Figaro, "Le seul moteur de la croissance, c'est de travailler plus") :

"La vie, la santé, l'amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi?".

Le Medef a bien raison. Traitons la santé comme le travail : distribuons des cancers à ceux qui ne sont pas assez performants. Pourront pas dire qu'ils l'ont volé.

Et sur ce, vous m'excuserez, faut que j'y aille, c'est le jour du cuissage. Ah, les joies de l'amour précaire...


Economie > Soyons franc (suite)

Des rumeurs indiquent que la Vendée voudrait faire sécession. On ne peut que s'en féliciter.

imageLe sondage sur le franc continue de faire des heureux. Moins de 24 heures après le FN, c'est De Villiers qui se réveille et qui propose un référendum sur l'abandon de l'euro et le retour au franc. Bien sûr. (Article AFP, "Villiers préconise un référendum en France sur le maintien de l'euro")

On ne peut que saluer sa riche initiative. Parce que c'est une bonne façon de dépenser l'argent. Pour le passage à l'euro, le budget de formation (et seulement de formation) de la poste s'élevait à plus de 36 millions d'euros (240 millions de francs). Et ce n'est qu'un budget formation.

Il faudrait en plus faire revenir la comptabilité de toutes les entreprises et administrations au franc, refaire tout le système bancaire, les systèmes de paie, d'impôts, changer tous les automates, reconstruire le système boursier, pratiquer le double affichage, sortir de la conversion fixe avec les autres pays européens. Bref, les 10 ans de travail du passage à l'euro seraient à refaire dans l'autre sens. Bref, des dizaines de milliards d'euros (des soixantaines de milliards de francs). Et un beau bordel en perspective.

Tout ça parce que De Villiers n'aime pas les Turcs.

Ou qu'il est frustré de ne pouvoir faire joujou qu'en Vendée. Ou simplement parce qu'il est stupide.

C'est au choix.

Bon, maintenant, on va arrêter de dire n'importe quoi cinq minutes et on va essayer de régler deux ou trois vrais problèmes de ce pays (pour ceux qui n'ont pas d'idées à ce stade, on pourra noter chômage, pollution, déficits publics, canicule, déjections canines sur les trottoirs). Histoire de justifier un minimum son salaire d'homme politique, non ?

Parce que bon, un minimum de 5200 euros (34 109 francs) nets par mois pour faire des déclarations comme ça, faut oser. (Article Journal du Net, "Qui gagne le même salaire que vous ?")

Sur ces paroles d'une vénalité qui n'a rien à envier à Stern (enfin, maintenant si), vous m'excuserez, faut que j'y aille, je dois aller retirer des sesterces.

(Pour faire plaisir à ceux qui regrettent le franc, Brain Not Found réappliquera, à partir d'aujourd'hui, le double étiquetage)


Economie > Son Univers sale

Pascal Nègre, faut pas l'énerver, sinon, il est obligé de ressortir ses propres interviews pour se prouver qu'il a raison.

imageGérard, de La Vie Numérique (Site Web) me signale aujourd'hui un article qu'il a publié et dont la subtilité proustienne a quelque peu échappé à Pascal Nègre. Parce que Pascal Nègre, il répond quand on dit du mal d'Universal (article et réponse de Pascal Nègre).

Quand on lui dit qu'Universal se traîne une réputation de faiseurs de chanteurs jetables et de pourfendeur des libertés, Pascal répond (sérieusement en plus) que "Universal music a une formidable image auprès du public, n'en déplaise à quelques esprits parisiens chafouins qui souhaiteraient sacrifier sur l'autel de la pseudo modernité l'ensemble des droits de propriétés intellectuelles pour le plus grand profit des boîtes de telcos et d'informatique ou pour obtenir une pseudo notoriété ou quelques votes de plus" (sic).

Et quand l'article sous-entend que le partenariat Universal / TF1 tue la création à grands coups de Nikos, Pascal répond (toujours sérieusement, ça va de soi) qu'il se "bat pour l'exposition de la diversité musicale française à la TV et à la radio (cf. interview il y a 15 jours dans le Figaro éco)".

Ah ben, si c'est une interview qu'il a donnée lui-même dans le "Figaro éco" il y a 15 jours, alors, rien à dire. Immortalisons-le même directement avec une petite médaille pour services rendus au rayonnement culturel de la nation. Non ?


Economie > Minitel Way of Life

Puisque la mode suit des cycles de 20 ans, ça y est, c’est le grand retour du minitel. Ou du moins de ses sales habitudes.

imageIl fût un temps où la France se gloussait d'avoir en son sein le top technologique, l'invention qui allait faire baver d'envie les nations civilisées alentours et permettre aux présentateurs de l'ORTF d'en remettre une couche sur la magnificence de l'esprit post déconstructiviste gaulois. Ce bijou high-tech était le minitel. Ecran noir et blanc, aussi agréable à regarder qu'une vue de Montmartre achetée à un peintre taiwanais place du Tertre, le minitel a inauguré l'ère des "communications locales au prix d’un appel vers le Rwanda".

C'est à cette époque là en effet qu'ont fleuri les 3612, 3613, 3614 et le world famous 3615, n'oubliez pas d'appuyer sur connexion/fin, merci pour l'ouvreuse. Puis, quand le 3615 ne fût plus assez cher ont fleuri les 3616 et 3617, dont l'usage, quasiment limité aux sites de fesse et de Bourse (les deux mamelles de la civilisation) s’est révélé plus que lucratif.

De cette époque, le paysage de la téléphonie française traîne une sale habitude : faire payer des tarifs ridicules aux utilisateurs pour utiliser des services autrefois gratuits, alors que même aux US, on n’a pas osé.

Acheter un billet à la SNCF par téléphone ? Payant. Appeler le support technique parce qu’Internet ne fonctionne pas ? Payant. Un numéro pour arrêter de fumer ? Payant. Savoir où trouver le formulaire P1126-23 bis pour payer ses impôts ? Payant. Voter pour éjecter les apprentis paysans d’une ferme dans laquelle le QI bovins dépasse allégrement celui de leurs voisins à deux pattes ? Payant (et stupide).

Aujourd’hui, qu’on se le dise, qu’il s’agisse de dépenser de l’argent, de demander une information ou de se plaindre parce que quelque chose ne fonctionne pas, on s’est décidé à nous faire payer.

La palme du ridicule revient sans aucun doute aux services clientèle payants. Vous avez acheté un produit chez nous qui ne fonctionne pas ? Ca vous coûtera encore plus. Vous payerez pour exprimer votre insatisfaction, vous financerez l’oreille compatissante sur laquelle vous allez passer vos nerfs, sans par ailleurs qu’aucune solution ne vous soit apportée, excusez du peu. C’est vous qui payerez le prix de notre incompétence.

On laisse désormais entendre qu’un projet de loi serait en préparation, sous la pression des associations de consommateurs, afin de limiter l’utilisation de numéros payants dans le cadre de services au clients. Il était grand temps. Sur ces paroles d’une philanthropie déconcertante, vous m’excuserez, faut que j’y aille, la lecture de cette page vous est facturée 0,35 euros la ligne.


Economie > Le salaire de la chair de poule

Décidément pas en vacances, Nicolas Sarkozy fait la tournée des campagnes pour démontrer que oui, lui aussi sait tâter des arrières bovins.

imageOn ne peut que s’esbaudir devant l’aide accordée aux agriculteurs par le chef du ministère des finances (a noter que dans les actualités de l’ORTF, on dit toujours « Nicolas Sarkozy », jamais « Ministère des finances »). Bref, assurer aux agriculteurs que les grandes surfaces n’auront plus le droit d’acheter fruits et légumes en dessous du prix de revient, voilà un vrai progrès.

Désormais, agriculteur, grâce à cette formidable mesure, tu auras l’immense félicité de ne plus payer pour travailler. Tu te contenteras de travailler pour rien. Voilà du progrès, dans ce monde de brute.

Mais au delà d’une enième mesure destinée à (rayer les mentions inutiles) rendre le monde plus humain, faire bénéficier tout le monde des richesses de ce beau pays agricole et se faire élire en 2007, on peut se demander à qui revient vraiment la faute.

Le consommateur doit-il en effet trouver normal de pouvoir acheter abondance de légumes, de fruits et de viandes pour quelques centimes d’euros ? Est-il normal qu’élever un poulet coûte moins cher qu’un litre d’essence ? Qu’un steak coûte a peine plus cher que 3 cigarettes ? Et serait-il d’autre part normal que tout ça coûte plus cher ?

La crise de la vache folle l’a montré, la production agricole au rabais à un prix. Qui est prêt à le payer ? Les agriculteurs ? La santé publique ? La grande distribution ? Une question bien plus importante que le prix du kilo de coucourde.

Quant à moi, vous m’excuserez, faut que j’y aille, mon poulet vient de s’échapper du four (80 minutes sur 6,000 degrés).


Economie > New York - Tokyo - Vierzon

Pomme de Pain et Classe croûte se livrent une concurrence sans merci. Wall Street en tremble et le pain de mie crocéphale.

imageBrain Not Found quitte la pas si perfide que ça Albion pour retrouver ses quartiers d'été dans la capitale de la France. Sous les fanions de l'entente cordiale, un petit détour du coté de la Défense où entre autres révolutions socio culturelles, s'est installé une nouvelle sandwicherie qui bouleverse le monde de l'industrie culinaire rapide en collant le contenu de ses déjeuners rapides entre deux tranches de toast en lieu et place des deux hémisphères de la nationale baguette.

Mais j'en vois du coté de Fourmes en Weppes qui se demandent pourquoi on parle de sandwiches au pain de mie dans ces colonnes. C'est que le pain de mie n'a pas résisté au foudre d'un stagiaire sous payé du département Marketing. Au dessus des caisses enregistreuses, trône en effet le nom de l'établissement en question, surplombé de cette incroyable mention "New York - Tokyo - Guingamp".

Bon, Guingamp à beau arborer son fabuleux slogan "Guingamp, Ville de Talent", point de Michael Douglas maître des finances du monde à Saint Agathon, pas plus de Sofia Coppola faisant briller la "célèbre fontaine Plomée" aux yeux du tout Hollywood.

Bref, il semble que dans l'industrie du sandwich, ce soit le rêve qui compte plus que le camembert, et que du coté du pain de mie, thomane.


Economie > Le banquier, un communiste qui s'ignore ?

imageJe veux pas faire mon capitaliste qui s'ignore mais bon ... Le crédit Lyonnais, c'est quoi cette boite de communistes en short ? Parce que, franchement, une banque comme ça, y'a encore qu'en ex-URSS en pleine période de pré-perestroïka qu'on en trouvait.

(via Arte: Il faut cependant reconnaître que le Crédit lyonnais accumule une quantité impressionnante de casseroles : Tapie, bien sûr, mais aussi les studios MGM, la société financière Altus, la holding suisse SASEA (la plus importante faillite jamais enregistrée en Suisse) ou la banque luxembourgeoise International Bankers, présidée par Jean-Maxime Lévêque, qui laisse au Lyonnais une ardoise de 3 milliards de francs. Sans compter les engagements immobiliers compromis par l'effondrement du marché.

Bon, mais je l'accorde, filer du pognon à tous les escrocs de la place et faire couler chaque entreprise qu'on touche, ça peut arriver à tout le monde, autant pour eux. Mais le crédit Lyonnais met quand même un acharnement attendrissant à se croûter plus vite et plus loin que tous les autres. Du coup, l'état français se retrouve à rembourser les dettes de jeu des psychopathes sponsors du tour de France.

(via une archive du monde de 97): 130 milliards de francs. C'est, selon Charles-Amédée de Courson (UDF-FD, Marne), conseiller référendaire à la Cour des comptes, le coût final pour l'Etat du sinistre du Crédit lyonnais. [...] Les erreurs de la banque publique ont coûté depuis quatre ans 15 milliards de francs à l'Etat et c'est en 2014 qu'on pourra faire le total de ce qu'aura coûté le Crédit lyonnais au contribuable (pour mémoire, 130 milliards de francs équivalaient, à l'époque, à 2 fois le montant annuel de la taxe d'habitation de tout le pays)

Mais comme si ça ne suffisait pas, et histoire de faire monter le compteur avant 2014, l'état français achète cette année une décision de justice pour le modeste montant de 770 millions de dollars, parce qu'au début des années 90, les juristes du Lyonnais étaient au professionnalisme ce que Lagaff est à l'humour subtil ... le pire ennemi.

(via Le Figaro) En rachetant par le biais de sa filiale Altus, la compagnie d’assurance en difficulté Executive Life en 1991, le Crédit Lyonnais est accusé d’avoir trompé la loi américaine. La législation bancaire en vigueur à l ‘époque, le fameux Glass Steagall Act, interdisait en effet le cumul des métiers banques et assurances. Le holding de François Pinault s'était par la suite porté acquéreur du portefeuille de "junk bonds" d’Executive Life auprès du Crédit Lyonnais en 1992 et acquis la totalité de la compagnie d’assurance trois ans plus tard.

Francois Pinault qui y est de sa poche pour 185 millions de dollars est déjà un coutumier des frasques de la banque au lion qui fait pas rugir mon moteur. En 1998, il rachète au crédit Lyonnais les parts de sa propre société pour un montant de 4,1 milliards de francs alors que celle-ci était supposé en valoir plus de 7 (via les conspirateurs du réseau Voltaire). Et plus récemment, on apprend que ... (via TV5) Pinault a fait une plus-value de 800 millions de dollars sur les obligations d'Executive Life

Alors si laisser des gens qui font autant de conneries en commettre autant, et les laisser faire comme si de rien n'était, c'est pas du communisme, je comprends plus rien aux plans quinquennaux de fabrication de chaussures droites en Ouzbékistan oriental. Quant à moi, vous m'excuserez, j'ai mon banquier en ligne, veut me facturer 147 euros parce que mon chèque EDF a été refusé.


Economie > Après le Mac Job, le Mac Bonus

imageOn savait déjà que Mac Donalds, pourfendeur gastronomique et producteur d'obèses à travers le monde, n'était pas très content qu'on fasse rentrer le Mac Job dans le dictionnaire, flanqué de la définition que lui attribuait Coupland dans "Génération X", à savoir a low-paying job that requires little skill and provides little opportunity for advancement (un job à petit salaire qui demande peu de compétences et offre peu d'opportunités de promotion).
On peut cependant proposer une nouvelle entrée au Webster, à savoir le Mac Bonus, que l'on pourrait définir comme ça: Un bonus insignifiant, donné sous forme de bons de réduction à valoir sur l'achat d'un repas dans un Fast Food, d'une valeur n'excédant pas 4$ par an et récompensant la performance exceptionnelle de toute une équipe. Et le Mac Bonus fait déjà des émules du coté du Canada, de quoi motiver des troupes d'employés. Info péchée via le Nytimez


Economie > Mouvement social sur le (Ferrero) rocher

imageDe mémoire de moi-même et des autres, c'est la première fois (depuis la tendre époque où l'on se faisait un devoir de se mettre sur la tronche à coup d'épée et d'armure scintillante dans lesquelles suaient gaillardement de puissants défenseurs de la couronne que des belles attendaient épleurées dans la douve d'un quelconque château princier sans chauffage vivrelec bien que situé du coté de la centrale nucléaire de chateauroux), mais je m'égare, c'est donc la première fois que ça arrive. Un gouvernement auquel tellement tout le monde en veut que même les ministères font la grève. Je veux dire, faut arrêter maintenant, sinon Raffarin et Caliméro vont bientôt fusionner en un seul et même publicitaire-rugbyman coiffé d'un demi oeuf. Déjà qu'il y en a un qui a déjà adopté la démarche de l'autre ...
Mais revenons en à nous poulets. Ambassadeurs et autres membres du ministère des affaires étrangères font donc la grève, épuisés de distribuer des boulettes Ferrero pour rattraper les boulettes de (ville) pain. Alors voilà, pendant 24 heures, ce ne seront plus de cours dans les écoles françaises de l'étranger, plus de visas, plus de visites dans les centres culturels, plus de rétrospectives "Mireille Matthieu, ma vie mon oeuvre, ma thérapie", plus de cocktails, plus de champagne, plus de petits fours, plus d'espions qui se turlupinnent gaiement en attendant leur prochain envoi diplomatique. Bref, la France va mal. Parce que quand le diplomate fait grève, les taureaux fécondent, alors que quand on leur donne des crédits, les diplomates adorent (pouf pouf).
Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'y aille, l'ambassadeur de France en Haïti organise une tombola pour payer le plein de sa Bentley.


Economie > Socialement, il adore, surtout les paroles ...

"Twing Twing Twing, LCI est heureux de vous présenter la chronique de l'économie, en partenariat avec La tribune des Echos financiers, un journal qu'il est bien pour savoir quoi faire de son argent ". (Une pseudo horloge s'excite sur l'écran, NASADQ, CAC et Nikkei s'affolent tout seuls, un présentateur, subtil mélange entre Jean Pierre Pernod et Michel Gaillard, 80 kilos en moins, apparaît. Il fait la trentaine, mais le stress des marchés boursiers à déjà eu raison d'un bonne moitié de son capital capillaire).
-Bonjour et bienvenue dans la chronique de l'économie. Aujourd'hui, nous recevons Jean Michel Strucxwz, pédégé de Danoréal, leader mondial dans la fabrication de croquette et peignes à hamsters, votre société est cotée au Flouz400 sous le code Hamster3000. Bonjour Monsieur Strucxwz
- Bonjour
- Alors, si je peux me permettre, on dit que le marché des hamsters explose depuis 3 ans, les chiffres en témoignent. + 800% de hamsters en France dans les six derniers mois, considérez vous ça comme une opportunité ou plutôt comme une menace ?
- Eh bien, je vous remercie de me poser la question. L'augmentation constante du nombre de hamster nous a permis d'augmenter exponentiellement notre part de marché, augmentant notre EBITDA de + 6000 points à périmètre fiscal constant hors fluctuations changières et hors acquisition de notre principal concurrent, Ragondin Future Corp. Et le tout, sans effet significatif sur le ratio Opex / Capex finalement peu impacté par la décontrainte budgétaire des taux directeurs à 3 ans.
- Bien sur, bien sur ... Reparlons justement de votre acquisition de Ragondin Future Corp. Vous êtes maintenant leader mondial du retraitement des déchets organiques en nourriture animale, cette position est elle confortable ?
- Disons que d'un point de vue humain, notre P/E atteint tranquillement les 3,45, ce qui est significativement plus que nos estimations forecast de l'année. Nos actionnaire peuvent donc s'attendre à un dividende augmenté d'une base 01 dixième de nominal incrémenté des deltas taux moyen et long terme.
- Du coup, vous êtes le chouchou du Flouz400. +34 % en trois mois, un record.
- Disons que nous sommes en quelque sorte devenus le taux conducteur NISBEQ800 du Flouz400 ... Krrrrr ...
- Ah ah ah ! Pourtant, vous avez décidé de ne pas augmenter votre salaire cette année alors que l'entreprise engrange de nombreux bénéfices. Pourquoi ce geste de mansuétude ?
- Disons que notre entreprise privilégie clairement l'humain. Le contact avec notre base d'esc ... de travailleurs est la clé de voûte de notre organisation. Pas plus tard que le trimestre dernier, je suis allé visiter une usine. Et même mieux, j'ai pris un café avec le délégué syndical. Là, je me suis rendu compte qu'en période difficile, il est normal que chacun partage le fardeau. C'est pour ça que j'ai choisi de plafonner mon salaire.
- Et puis l'impôt sur la fortune baisse, non ?
- Francis Mer l'a dit, il est temps de récompenser ceux qui sont le moteur de l'économie française, ça ne me semble que justice. Les milliers d'emplois crées par ma société, les actionnaires satisfaits, ça compte aussi.
- A propos emploi, quelle est la situation maintenant que vous avez atteint un plafond historique de revenus ?
- Nous ne comptons pas nous arrêter en si bon chemin. Afin d'optimiser les coûts de fonctionnement, nous faisons appels à de la sous traitance moldave. Ainsi, nos peignes à hamster gagnent 18 points de marge, les croquettes 12. En espérant que les taux directeurs ne s'effondreront pas, nous pourrons rationaliser notre force productive en France. Disons, fermer 8 des 10 usines sur place.
- Un ambitieux programme que l'on espère voir aboutir. Monsieur Strucwxz, merci.
C'était la chronique du socialement déprimant sur LCI, en partenariat avec l'ANPE. Merci."


Economie > La macro économie pour les nuls

"Cet été, loin des plages et de la canicule, de plus en plus de français choisissent la montage plutôt que la mer pour s'échapper pendant les vacances". Rien qu'à entendre ça, on se doute que le reportage sent le vieux marronnier qui a déjà servi à plein nez. Et de marronnier, c'en est un beau. Un de course, un de ceux qui donnent envie d'achever sa télé à coups de DVD Best of Jean Roucas. Un de ceux qui transpirent la joie et la bonne humeur quand on imagine paupol et Germaine qui se voient sur France 2, tous les magnétoscopes du village sur REC qui enregistrent l'évènement d'une vie.
"Oh ça pour sur, on est heureux de faire de la montagne, ça nous permet de découvrir d'autres trucs quoi." Germaine, 43 ans, Bretonne, depuis déjà deux semaine du coté du massif de quelque chose. Elle marche vaillamment, un guide qui ressemble à un professeur d'école tyrannique des années 20 devant, une ribambelle de mômes et de Tontons qui préféreraient respectivement se torcher la tronche au club mickey et faire du trampoline au bar du village. Ou l'inverse.
Mais le clou du spectacle, c'est le cours de macro économie que nous donne Dédé, propriétaire du bar d'été "les 3 glaciers", perdu au milieu des prairies et des vaches: "Ca, c'est sur. On le sent, les gens, y viennent plus qu'avant. Rien que maintenant, j'ai déjà fait 20% de plus que l'année dernière" et le journaliste de conclure "On constate donc bien un nouvel engouement pour la montagne". Germaine et Dédé ne diront pas le contraire. Quant à moi, excusez moi, faut que j'aille voir Dédé histoire qu'il m'aide à résoudre la question palestinienne. Parait qu'au bar des sport, il aurait dit qu'il connaissait la solution. Le monde est sauvé !


Economie > 35 Heures

Avis aux âmes guerrières de ce bas monde. Vous vous sentez à l'étroit dans votre pays ? Pas de pistes de ski près de chez vous ? Envie d'admirer de plantureuses blondes nager telles de naïves sirènes dans les fjords d'eau claire ? Envahissez la Suède en dehors des heures d'ouverture de l'armée. Afin de diminuer le budget de cette dernière, le gouvernement local a en effet décidé que l'armée se conformerait aux horaires d'ouverture classique des bureaux. Plus moyen d'envoyer un missile ou deux durant les jours fériés. A ce qu'on dit, on envisagerai même une pause rollmops entre 16 et 17h. Les harengs angoissent.


Economie > Vache folle

Un cas de vache folle au Canada. Les Etats-unis ont immédiatement réagi en fermant leurs frontières. Washington a rassemblé une cellule de crise et même s'il n'est pour l'instant pas évoqué d'envahir le Canada, on attend assez rapidement le classement de la vache dans la catégorie des "Weapons of Mass Destruction".
A part ça, bonne nouvelle pour la vie privée. Le système d'espionnage informatique "Total Information Awareness" lancé par le gouvernement Bush a été rebaptisé "Terrorist Information Awareness". Le premier nom était perçu comme "trop angoissant". Le tout sans bien sur changer quoi que ce soit au système. Nous voilà beaucoup plus à l'aise. Article via le NYTimes, enregistrement gratuit.


Economie > J'hyper le nord

Gap, Pimkie, celio, Darty, la Fnac, Franprix, choisissons bien, choisissons large. Point de salut hors des circuits de grande distribution, des marques pré-imprimées, pré-formatées. Les petits commerces laissent la place aux grands, le choix par défaut se dirige toujours vers des magasins toujours plus uniformes, propres, ici comme ailleurs, le même décor, la même ambiance, les mêmes personnes. Sommes nous tous devenus des hyper accros ?
14h30, samedi, avenue des ternes, Paris. La circulation humaine s'alterne tranquillement, magasins pour hommes intercalés judicieusement avec les temples de la consommation féminine. Kookai succède à Gap, suivi dans l'ordre par Darty, Etam lingerie, un Bar, Eram et enfin, saint des saints, une FNAC qui étale outrageusement ses milliers de metres carrés de livres, CDs, DVDs, PCs et autres signes exterieurs de culture. En deça des ados assis l'un contre l'autre en tailleur au 4eme étage au rayon mangas s'etale le temple du livre. Santé, sexualité, cuisine, photo, couture, musique, jardinage. En dessous, un étage entier de livres de poche, triés par édition, format, auteur, pays. Des bornes d'information, des bornes de commande, des bornes d'écoute, des bornes de retrait, des bornes de bornes jalonnent le parcours entre les rayons.
19h15, vendredi, rue Monge, Paris. Deux présentoires de cartes postales. Une vitrine, des livres, un rideau qui se baisse. Au dessus de la porte, une enseigne "Boucherie". Porte entrouverte, une petite librairie, des livres rangés et désordonnés à la fois, qui s'entassent des coups de coeur, une douce ambiance de calme. Vous auriez "Mrs Dalloway" ... "Ah, Virginia Woolf ... Non, mais je vous en commande un si vous voulez..." Pas le temps de commander. Un autre conseil ? Selon elles, Virginia Woolf de rapproche le plus de ... ou quoi que, je peux vous en conseiller un autre de Woolf, très bien, je viens de le finir. Les deux libraires me sourient. Elles me font un paquet cadeau, j'en profite pour prendre un autre live pour moi, je suis le seul client dans le magasin. je paye, elles me raccompagnent à la porte. J'ai payé les 5% légaux plus cher qu'à la Fnac, soit 50 centimes d'euro. J'ai payé un conseil mais surtout, un moment de calme, de sérénité, deux sourires. En sortant de cette librairie, j'ai soigné une grande partie de mon "hyper-accro-isme".
Juste parce que ce magasin avait quelque chose de mystique, petit bout de resitance futile mais fabuleux, ça s'appelle Librairie "La boucherie" et c'est au 76 rue Monge, dans le 5eme à Paris.


Economie > Quand on parle du loup ...

Suite à un post sur Google à lire ici, un certain Sylvain nous revient avec une explication sur le business model du moteur de recherche. Selon lui, Google serait financé en partie pas les deals avec d'autres moteurs de recherche type Yahoo! par exemple (il estime le deal Yahoo!/Google à environ 1 million de francs). Pourquoi pas, on tient peut être une piste. Reste pas moins que même si le deal est exact, il représente fort peu des besoins en Cash d'une société comme Google. Le mystère reste donc (presque) entier (en tout cas pour moi, si quelqu'un à des pistes ...).


Economie > Les 10 bons numéros

Utilisateurs de mobiles, on nous ment, on nous spolie. Fi des facturations à la seconde, à la minute et au quart d'heure. Cette fois-ci, on ne nous dit rien. On ne nous dit pas quoi ? Qu'a partir du 30 juin 2003, on pourra changer d'opérateur sans changer de numéro de mobile. Le petit bébé s'appelle la portabilité, ca sert à faire jouer la concurrence, ça énérve tout autant Orange que SFR ou Bouygues et la France, encore une fois à la traine, est dans les derniers pays européens à l'adopter.
A priori, en plus, ce sera gratuit. Donc toi, petit homo-téléfonicus, avant de resigner pour les 8 ans qui viennent avec ton opérateur pour avoir en exclu le dernier mobile avec la sonnerie qui fait la musique du Titanic sous l'eau, regardes-y bien à deux fois et attend patiemment ton tour en Juin ... Ici, le site de l'autorité de régulation des télécoms en France.


Economie > Grêve grave

Samedi matin, Paris. Dehors, fait froid. rendez vous avec des potes, Cambronne, pour déjeuner. La station de métro en bas de chez moi est fermée pour deux mois, rénovation. Walkman sur les oreilles, gants au mains et tête dans les épaules, je me rend à la station suivante. Il neige, j'ai froid. Je suis mouillé quand j'arrive dans le métro. Quai bondé ligne 6. Ah oui, la grêve... Annonce. "Messieurs-dames les voyageurs, en raison d'un mouvement social, le trafic est peprturbé ligne 6. Merci de votre compréhension". Pas de quoi. Pas comme si j'avais le choix non plus. Le quai se remplit toujours plus, le métro finit par arriver. Bondé. Cambronne, je descend, froissé mais c'est pour les retraites, bonne cause.
Après midi, doit aller à Opéra, faire des courses. Annonce dans le métro. "En raison d'un mouvement social, une rame toutes les 35 minutes". Super. Plus la journée avance, moins il y a de métros. Finalement, il arrive, même pas bondé. En fait, les gens ont commencé à se décourager et sont rentrés chez eux. Fait trop froid pour marcher.
Soir. Invité à l'autre bout de Paris, ligne 1 et 6 en grêve, point de salut à part le bus. 50 minutes d'attente, le bus arrive. Même le petit panneau lumineux qui normalement indique "Bienvenue à bord du bus" affiche maintenant un agressif "Attention, terminus Gare de Lyon -- Attention". Arrivé en retard d'une heure, il nous faudra surtout 2 heures 30 pour rentrer chez nous à pied ce soir là, à défaut de métro, bus et taxis.
Peut on en vouloir aux agents de la RATP de faire grêve ? Pourquoi ne devraient ils pas pouvoir défendre leurs retraites ? Mais qui leur donne le droit de prendre en otage des milliers d'autres travailleurs qui ne demandent rien de mieux que de se détendre après une semaine de travail. Et surtout, pourquoi en France faut il toujours taper d'abord et parler après ? Qu'on m'explique ...


Economie > Relations internationales

Suite à un post publié ici qui traitait d'un article du NY Times sur les conditions de travail en France, on m'a signalé un document produit par la New York University intitulé "Looking at each other: Is the grass greener on the other side?"
Publié à l'occasion d'un colloque sur les relations France/USA en 2002, il reprend une description des relations tendues entre les deux pays. Et fait interessant, il semble nous indiquer que contrairement à des relations "amicales" normales entre deux nations, les relations US/France s'apparentent plutôt à une relation amoureuse, avec tout ce que ça implique de passion, d'irrationnel, de jalousie et de critiques.
L'article traite de la perception de la France par les états-unis, au travers principalement de l'image qu'en vehicule la presse locale (le NY Times, Le New Yorker et le Village Voice). Certes, cette séléction est réduite aussi bien en quantité qu'en géographie mais elle n'en démontre pas moins l'ambivalence des sentiments à l'égard des "Froggies".
Dans l'étude en question, on trouve aussi une citation de Michel Crozier, Sociologue, au sujet de l'anti ou pro américanisme dont font preuve les français. "All French people have been or will be one day, one after the other, in turn, anti-American and pro-American. This variability does not imply superficiality. Simply, with regard to America, the French are more engaged emotionally than with regard to any other country; one could say that they are shown to be less contradictory than ambivalent or incoherent. Basically, each one of us is both pro-American and anti-American, and to a certain extent, we cannot separate our Pro-Americanism from our Anti-Americanism."
Loin des extremismes de sites tels que Merde in France ou Fuck France, l'étude pose des bonnes questions, n'y répond pas toujours. Un éclairage peut être avec une conférence le 12 février sur "Les états-Unis et le reste du monde" animée par Edwy Plenel, à Paname of course.


Economie > Vu de dehors, c'est vrai que ça a l'air bizarre ...

Le New York Times publie aujourd'hui un article conséquent sur l'organisation du travail en France, sur les loisirs, les 35 heures, le stress et sur notre improbable capacité à raler et se demande comment on s'en sort. Vu des yeux des américains et de leurs 10-15 jours de congés annuels, tout ça semble assez hallucinant, et on les comprend.
"The law, conceived at a time when the national unemployment rate was nearing 13 percent and French pessimism was at a peak, was supposed to usher in a utopian era of greater leisure and more jobs. But many workers complain that it has not led to enough hiring and has instead squeezed the same amount of work into fewer hours". La suite, c'est ici, Shortened Workweek Shortens French Tempers (compte necessaire mais gratuit)...


Economie > Ca pourrait être pire

Franchement, je suis allé m'égarer au MacDo de la défense ce midi. Je sais pas combien ils débitent de hamburgers à la minute mais bosser là bas, ça a l'air légerement pire que la mine (les mineurs me pardonneront).