Dans la vie, il y a ceux qui ne savent pas le nombre de sous-marins nucléaires. Et ceux qui s'en servent sans rien dire.
On l'a suffisamment répété lors de la (double) affaire des sous-marins nucléaires, le futur président de la république française sera aussi chef des armées, ce qui n'est pas rien considérant le nombre de soldats qui mugissent dans nos campagnes par les temps qui courent. Pour autant, prendre la relève de Chirac ne semble pas, a priori, d'une complexité insurmontable. Parce qu'à part avoir bâti un porte-avion qui craint l'eau et tenté en vain de se débarrasser du porte-amiante Clémenceau, on ne connaît pas de grand fait militaire au futur ex-président. Mieux, s'opposant à la guerre en Irak, il serait même presque passé pour un alter-mondialiste à pancarte.
Mais Chirac est-il pour autant un pacifiste aussi convaincu qu'il veut le laisser croire?
Pas vraiment si l'on regarde du côté du Jerusalem Post qui dévoile qu'en mars 2006, soit 4 mois avant l'invasion du Liban par Israël, Chirac aurait contacté Sharon pour le presser, au passage, d'en profiter pour envahir la Syrie et en renverser le gouvernement. Et de promettre, le cas échéant, le plein support de l'armée française dans cette opération (source, merci à Sophie).
Et il ne s'arrête pas là. Après avoir exhorté hier les candidats à ne pas considérer "les crédits de la défense nationale [comme] la variable d'ajustement de notre politique budgétaire" (comprendre "s'il faut du budget pour l'éducation nationale, c'est pas du côté des chars Leclercs qu'il faut chercher") (source), il vient d'autoriser les avions français à aller bombarder de l'Afghan (source).
Du coup, c'est jour de joie chez Dassault : les Rafales français viennent de larguer leurs premières (vraies) bombes. On est très fier de cette réussite technologique (rendez-vous compte, un avion de chasse à 45 millions d'euros qui est capable de lâcher - enfin - une bombe de 500 kilos, 31 ans après le lancement du projet, 20 ans après son premier vol, c'est vrai que ça en impose).
Du côté de Chirac, on n'en est plus à une contradiction près, lui qui avait reçu le prix "ig-nobel" [ig-noble] en 1996 pour avoir commémoré les 50 ans des bombes atomiques de Hiroshima et Nagasaki à coups d'essais nucléaires dans le Pacifique. Quant aux Afghans, ils seront sans doute très contents de se prendre du napalm high tech sur le cuir chevelu. Pour faire la promotion de Dassault. Ça s'appelle du marketing.
Accuser de crime de guerre quelqu'un qui n'est pas censé avoir fait de guerre devrait poser un problème de logique. Mais en fait, non.
Attention lecteur, cet article peut provoquer une remise en cause des principes fondamentaux de la logique. Cette semaine, celui qu'on surnomme "le taliban australien", David Hicks , a été officiellement accusé de "crime de guerre" par l'administration américaine (source Chicago Tribune). Détenu par l'armée américaine depuis 2001, en grande partie à Guantanamo, Hicks fait partie de ceux qui sont qualifiés par l'administration Bush de "unlawful enemy combatant" (combattant ennemi illégal) dans le but avoué de leur nier les droits de la convention de Genève qui protège les prisonniers de guerre.
Depuis son arrestation, Hicks, son avocat, la Croix Rouge et même des militaires de la prison de Guantanamo confirment que le prisonnier Hicks a été maltraité, probablement torturé, isolé du monde extérieur pendant des mois entiers, drogué et battu. Ce qui ne semble pas poser de gros dilemme moral à l'armée de l'auto-proclamée première démocratie du monde.
En effet ('faut suivre), quand on accuse de crime de guerre un combattant qui, officiellement, n'a jamais fait la guerre, et qu'on lui refuse la protection des prisonniers de guerre (bien qu'on l'accuse de crimes de guerre) et que, par ailleurs, on le traite contrairement aux droits de l'homme alors qu'on fait justement la guerre contre des gens qui ne font pas la guerre pour défendre des droits de l'homme qu'on ne respecte pas, on n'est pas à une contradiction près.
D'autant qu'officiellement, Hicks n'aurait même pas commis de "crime" au sens propre du terme : "The U.S. administration has not alleged Hicks engaged in any actual acts of terrorism, nor that he killed any U.S. or Coalition soldier while engaged in fighting at Konduz.". Sic.
Plus d'informations sur les conditions de détention des plus de 400 prisonniers de Guantanamo bay sur Wikipedia et la réplique en 3D de la cellule de Hicks par Amnesty International.
Les USA veulent les terroristes morts ou vifs. Mais même morts, 'faut qu'ils puissent faire de la pub quand même.
La très décriée prison de Guantanamo (le goulag de la plus grande démocratie du monde) se montre finalement d'une efficacité redoutable. Bien plus, même, que les Américains ne voulaient le croire. Après y avoir enfermé, sans autre forme de procès (on ne va pas s'embarrasser de formalités), plus de 600 "combattants ennemis", ils ont finalement trouvé leur bête noire, le cerveau de tout : Khalid Sheikh Mohammed (à défaut de Bin Laden, ça devrait pouvoir le faire).
Arrêté en 2003 et soumis depuis à de constants interrogatoires, le Pakistano-Koweïtien a fini par avouer. Tout. Tout tout tout (source Breitbart).
D'abord, il confesse être l'homme derrière les attentats du 11 septembre 2001. Rien que ça. Et de "A à Z" selon ses propres termes. Et comme si ça ne suffisait pas, il continue de soulager sa conscience. Il confesse également avoir orchestré la décapitation du journaliste Daniel Pearl en 2002. Toujours en 2002, il serait tout autant responsable d'attentats au Kenya et de la tentative d'abattre en vol un avion de tourisme israélien avec un lance-roquettes. Il serait également responsable des attentats de Bali la même année, 202 morts.
Mais il ne s'arrête pas là. Il aurait également tenté des attentats contre la Sears Tower (Chicago), l'Empire State Building (New York), Wall Street (New York), des centrales nucléaires, des ambassades américaines en Asie et Australie, des navires de guerre américains, une compagnie pétrolière, le canal de Panama, l'aéroport d'Heathrow et Big Ben. Et vu que ça ne suffit pas, il aurait aussi tenté d'assassiner Jimmy Carter, Bill Clinton et participé aux attentats contre Jean-Paul II et Pervez Musharraf.
Parlons d'un hyperactif.
Sauf que, petit hic, il confesse aussi avoir préparé un attentat contre la "Plaza Bank" de Seattle. Banque qui, comme on peut le lire sur leur site (www), a été fondée en... 2006. Soit 3 ans après l'arrestation de Khalid Sheikh Mohammed. Et ce n'est pas le seul raté dans l'histoire de celui qui déclare être le centre névralgique de la quasi intégralité du terrorisme mondial de ces 15 dernières années (source Atlantic Free Press).
A la période de ses interrogatoires, Khalid Sheikh Mohammed est présenté comme parlant très bien anglais, flirtant dès qu'il peut, louant même un hélicoptère pour impressionner une dentiste qu'il voulait séduire (sic). Lors de sa confession, les juges trouvent un homme qui prononce mal et fait difficilement des phrases en anglais. D'autant que Khalid Sheikh Mohammed avait été, en 2002, reporté... mort (et son cadavre identifié par sa femme).
A la fois, après l'homme le plus recherché au monde qui échappe à toute l'armée américaine sur une mobylette, on n'était pas à une incohérence près.
En manque d'ennemis ? Le mieux est encore de les aider à devenir suffisamment menaçants...
Définitivement désespérés de démontrer que l'Irak représentait un danger imminent avant la seconde guerre du Golfe, le gouvernement américain a rendu disponible sur un site Internet dédié de nombreuses archives jusque là confidentielles du gouvernement de Saddam Hussein.
Dans l'espoir, sans doute, qu'un internaute arrive (enfin) à démontrer que oui, l'Irak pouvait bien anéantir toute trace de civilisation sur terre en moins de temps qu'il n'en faut pour regarder les écrans publicitaires du Superbowl.
Sauf qu'en publiant ces documents, les Etats-Unis ont rendu public des documents sur les recherches nucléaires irakiennes, documents qui, selon le NY Times, constituent tout simplement un mode d'emploi pour apprenti constructeur de bombe atomique (source NY Times).
L'agence internationale d'énergie atomique se dit choquée, les officiels ont mis le site hors ligne en attendant de passer en revue les documents en question. De son côté, Kim Jong Il doit probablement dire un grand merci : ils n'étaient pas certains de ce qui avait raté dans le premier essai : promis, le second sera bien mieux.
(merci à Jérémie pour l'information)
En plus d'être une organisation terroriste, Al-Qaeda serait-elle devenue un prétexte bien pratique à s'incruster partout ?
Ce qui est formidable quand on parle du réseau Al-Qaeda, ce n'est pas tant l'opacité du mouvement que le potentiel de créativité qu'il inspire dans les nombreux départements de sécurité intérieure ou extérieure américains.
Ainsi, à la fin des années 70, à son origine, Al-Qaeda a été d'abord ouvertement financé par la CIA pour contrer l'offensive russe en Afghanistan. Un succès puisqu'en 1989, l'Union soviétique se retirait du pays pour laisser le champ libre aux talibans, supportés par l'équipe de Ben Laden.
Puis, les attentats du 11 septembre. Al-Qaeda, resté sous le tapis diplomatique durant plus de 10 ans, resurgissait dans le spectre américain. Et Ben Laden de devenir l'ennemi numéro un du monde occidental, alors même qu'à la fin des années 90 (c'est le patron de la CIA qui le dévoile), le chef de l'organisation terroriste s'est retrouvé à portée de fusil américain plus d'une dizaine de fois, sans que personne n'ose appuyer sur la détente.
Au moment de trouver une raison pour déclencher la seconde guerre du Golfe, les armes de destruction massive ne suffisant pas à une opinion publique sur la réserve, Al-Qaeda rentre soudainement dans le tableau. L'Irak devient soudainement un camp d'entraînement pour les fidèles de Ben Laden.
En septembre 2006, l'administration Bush finira par reconnaître qu'il n'y a jamais eu de lien avéré entre Saddam et Ben Laden et que tout cela n'était que rumeurs prises un peu trop au sérieux (article BBC). Mais même confronté à l'évidence, il y a des réflexes qui sont difficiles à perdre : ainsi, 4 jours après que son président ait publiquement annoncé l'inverse, Dick Cheney réaffirmait les liens entre Al-Qaeda et l'Irak à qui voulait bien l'entendre (article Financial Times).
La piste irakienne écartée, il était urgent de trouver une nouvelle occupation à Ben Laden, histoire qu'on n'oublie pas trop vite que le terrorisme est une menace toujours aussi vivace que 5 ans en arrière.
Ainsi, le 2 octobre, on apprenait que l'unité anti-terroriste du FBI craignait fort qu'il y ait des liens entre Al-Qaeda et (roulements de tambour) la mafia. Et ce malgré "aucune preuve directe" (articles Washington Times et Associated content).
Le FBI craint en effet que les bandes mafieuses, prêtes à tout pour faire un peu d'argent, se mettent à vendre des têtes nucléaires à des terroristes islamistes en quête de faire exploser on ne sait quel centre ville.
Bien sûr, cela demande investigation, pour l'instant, aucune preuve tangible ne s'est encore présentée. Mais sait-on jamais, à défaut d'une hypothèse géo-politique fiable, ça aura au moins gardé Ben Laden en haut de l'affiche médiatique quelques jours de plus. Et puis ça ferait un scénario formidable pour la saison 47 de la série 24h. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme, non ?
L'armée n'est plus ce qu'elle était : les militaires ne tiennent plus l'alcool.
Quelque temps en arrière, un imminent philosophe contemporain se demandait pourquoi, quand on voyait des militaires armés dans le métro, on se sentait d'un seul coup largement angoissé. Et ce alors même que la mission des gens en kaki, à défaut d'éviter les attentats, était de montrer que rien ne pouvait décemment nous arriver.
Dans la nature des choses, normalement, ce qui protège rassure. Et ce qui rassure fait se sentir en confiance. Comment donc fait le militaire pour échapper à cette règle de la logique ?
C'est ce que les gendarmes de Laon ont failli découvrir hier soir, alors que leur caserne était assiégée pendant plus de 2h par une troupe de parachutistes particulièrement humidifiée qui confondait les rues de la ville avec une piste de karting (source Le Monde, merci à Ludovic).
Alors, bien sûr, il y a des militaires qui font bien leur travail, certains qui le paient cher même. Mais pour autant, il y en a d'autres qui comme leurs homologues de Laon font un peu peur quand même. Surtout quand on sait ce qu'ils ont (avaient) sous la main.
5 ans après le 11 septembre 2001, les conspirateurs conspirent, Al-Qaeda communique et le reste du monde s'interroge.
Puisque c'est aujourd'hui l'anniversaire des attentats sur le World Trade Center, le Pentagone et le vol 93, quelques articles et vidéos pour faire, une fois de plus, un point sur la question.
- Democracy Now! rediffuse sa couverture des attentats, le 11 septembre 2001, depuis leurs studios à quelques pas du World Trade Center. Ils profitent également de l'occasion pour débattre avec les auteurs du documentaire "Loose Change" (partie 1, partie 2), (re)fondateurs de la théorie du complot sauce Moore.
- ABC se lance dans la fiction sur le sujet, avec des gentils très gentils entourés d'incompétents très incompétents qui se battent contre des méchants très méchants. La bande-annonce est visible ici, ça explose dans tous les sens, les terroristes ont des accents ridicules, des gros téléphones moches et l'entrée du FBI est vraiment très propre. Normal, quoi.
- Fox News se demande si avoir tué Ben Laden avant le 11 septembre aurait fait une différence. Les experts sont formels : probablement pas. Ou peut-être que si en fait. Vous voyez, le problème, c'est que vu que ce n'est pas arrivé, on ne peut pas vraiment savoir (ici, sur Fox).
- Pendant qu'on en parle, sur MSNBC, l'ancien patron de la CIA dévoile qu'entre mai 98 et mai 99, les USA ont eu à une dizaine de reprises la possibilité d'éliminer le grand barbu, mais que personne n'a osé le faire (ici, sur MSNBC).
- Associated Press note que le monde a bien changé après ce jour où "Le Monde" titrait "Nous sommes tous Américains". Le plus enthousiaste de tous est encore le nouveau président irakien qui exprime "the gratitude of the people of Iraq for the people of America and for your leadership" (source AP).
- Histoire de ne pas être en reste, Al Qaeda diffuse de nouvelles vidéos commémorant, à leur poétique façon, l'anniversaire (source MyWayNews).
- Enfin, Alternet se demande si, des fois, il n'y aurait pas eu des bombes posées à l'intérieur du World Trade Center même avant les attaques (source) et, par la même occasion, ce qui se serait passé si les tours n'étaient jamais tombées (source). Comment aurait été le monde si ce matin de septembre 2001 n'avait pas pris des allures d'un mauvais "Independence Day" à la sauce Will Smith ? Probablement différent. Probablement pas.
Rumsfeld le promet : l'Irak, c'est chouette, c'est juste que les touristes n'ont rien compris.
S'il est un pays qui truste les informations en ce début de semaine, c'est l'Irak. Malheureusement, parler d'Irak revient souvent à ajouter "attentat", "bombe" et "mort" dans la même phrase. On pourra aussi tenter une variante avec "fusillade", mais le fond reste le même.
Et quand bien même le nouveau président affirmerait qu'on est encore loin de la guerre civile, les faits sont là. Pour ce week-end seulement, on dénombrait pas moins de 19 soldats tués, 40 civils et 40 rebelles, au sud de Bagdad. Bagdad où, le même week-end, un attentat faisait 11 morts.
A peu près 110 morts ces seules dernières 48 heures, presque un mort toutes les 20 minutes. Et des blessés à la pelle (sources BBC News et The Guardian).
On estime le bilan de ces quatre derniers mois à plus de 1000 morts dans le pays, mais on estime seulement, car tous semblent avoir été lassés de compter. Si l'on en croit Iraq Body Count, on serait quelque part entre quarante et quarante-cinq mille morts, à cette date.
Lundi, une bombe a fait 17 morts et 45 blessés en Afghanistan (source Times of India). Les chiffres irakiens ne sont pas encore arrivés.
Les bilans ne sont plus officiels, les morts se multiplient et Rumsfeld se fâche : si de plus en plus d'Américains se lèvent contre la gestion de la guerre en Irak, c'est parce qu'ils "manquent de perspective". Et qu'il ne faut surtout pas donner l'impression de se remettre en cause, au risque de"miner les efforts dans la longue guerre contre un ennemi déterminé" (source ABC News, The World News Daily Blog).
Tant il est vrai qu'à la vue du bilan actuel, toute remise en question serait dommage. Et salement superflue.
L'administration Bush reconnaît ses erreurs au sujet de l'Irak. Mais ne voit vraiment pas le problème.
Pas d'armes de destruction massive en Irak, pas plus que de liens avec les attentats du 11 septembre, c'est ce que vient de reconnaître, très explicitement, l'administration Bush par la bouche de son "commander in chief".
Pour les armes de destruction massive, c'est Colin Powell qui s'y était collé en février 2003, prouvant au conseil de sécurité de l'ONU que l'Irak en avait, promis juré, photos, enregistrements et fioles d'anthrax en main (transcript complet).
Pour les liens entre Al-Qaeda et l'administration Hussein, c'était plutôt le dada de Dick Cheney qui, contrairement à ce qu'affirme aujourd'hui Bush, laissait lourdement sous-entendre que l'Irak était une base opérationnelle d'entraînement pour terroristes et que les équipes du 11 septembre s'étaient exercées là-bas (source Whitehouse.gov, "The Vice President Appears on NBC's Meet the Press" :
RUSSERT : The plane on the ground in Iraq used to train non-Iraqi hijackers. Do you still believe there is no evidence that Iraq was involved in September 11 ?
CHENEY : Well, what we now have that's developed since you and I last talked, Tim, of course, was that report that's been pretty well confirmed, that he (Mohammed Atta) did go to Prague and he did meet with a senior official of the Iraqi intelligence service in Czechoslovakia last April, several months before the attack.
Rien de très nouveau dans tout ça, l'histoire sent le marronnier récurrent depuis que la guerre en Irak a commencé. Mais ce qui est fascinant dans les réponses de Bush, c'est l'incapacité du chef d'état américain à formuler sa réponse. Il bafouille, hésite, élude maladroitement comme un collégien surpris par une interrogation alors qu'il n'aurait pas préparée.
La vidéo de la conférence de presse (ainsi que son transcript) est à voir sur le toujours excellent Democracy Now! ou sur le site de la Maison blanche. Pour un grand moment d'amusement géopolitique. Dommage qu'il y ait des morts. Ca pourrait presque être rigolo, sinon.
Dans une atmosphère de paranoïa généralisée, les terroristes ont trouvé une nouvelle arme : les sacs à vomissements.
Plus d'un mois après l'annonce d'US Airways de mettre de la publicité sur les sachets en papier élégamment surnommés "sacs de vomissements" dans leurs avions, les Anglais ont décidé de prendre les Américains de vitesse afin de tester la crédibilité du concept (Miami Herald, "Bagging on new revenues").
C'est ainsi qu'aujourd'hui, un avion au départ de Londres et à destination de l'Egypte a fait une escale imprévue en Italie après qu'un passager ait découvert un de ces sacs à vomi portant la subliminale prose "il y a une bombe à bord". Après la découverte, l'avion a été invité à atterrir le plus vite possible, accompagné par un F16 spécialement affrété pour le protéger (sans aucun doute dans le cas ou en plus de la bombe, les terroristes aient voulu directement attaquer l'avion par les airs, ou un truc dans le genre) (Nouvel Obs, "Alerte à la bombe dans un avion").
Pas de bombe à bord, les passagers sont saufs. Mais la bonne nouvelle est surtout pour US Airways : oui, les passagers lisent vraiment ce qui est marqué sur les sacs à vomi. Maintenant, s'il faut faire décoller un F16 à chaque nouvelle campagne de publicité, ça va faire cher le paquet de Cheerios.
Avec deux avions déroutés, escortés et vidés en moins d'une semaine, il semblerait en tout cas que les autorités aériennes se soient laissées gagner par la parano la plus totale dès qu'elle voit une paire de réacteurs. De là à dire que les terroristes ont atteint leur objectif ? Dans le mot "terroriste", aurait-on oublié qu'il y avait le mot "terreur" ?
Pour faire revenir la paix au Liban, la France sort le grand jeu : un maire de ville sainte et la SPA.
Il est des esprits chagrins qui se désespèrent de la situation au Liban. Qu'ils se rassurent, tout va en s'améliorant. La preuve, la France prend les choses au sérieux. D'abord, le chef de l'état a envoyé deux fois (oui, deux fois) notre ministre des pays étrangers, Monsieur Douste-Blazy lui-même, faire un peu de ménage sur place. Et il faut lui reconnaître ça, Philippe, quand il ne gouverne pas la sainte ville de Lourdes, niveau politique internationale, il se pose là. Condoleezza n'a qu'à bien se tenir, Douste ne se laissera pas marcher sur les tongs.
Si Douste ne suffisait pas (on ne sait jamais), l'Europe dispose d'un joker, ô combien plus redoutable : Brigitte Bardot, amie des animaux (mais qui n'aime pas trop ceux qui se tiennent sur deux pattes et ne s'appellent pas Gérard depuis 17 générations) elle-même. Le 31 juillet, dans une lettre ouverte au ministre de la Défense israélien Amir Peretz, Brigitte Bardot dénonce un peu tout en vrac mais rejoint surtout la France dans sa condamnation ferme des frappes de Cana. 10 jours plus tôt, la même Brigitte hurlait à qui voulait bien l'entendre sa "honte d'être Française" et son désir d'immigrer en Suède, parce que là-bas, on est plus sympa dans... les élevages de visons à fourrure. Si. Faudrait savoir (sources : "Je réagis avec émotion, rien de plus, répond Brigitte Bardot à GIN" - GIN et "Brigitte Bardot a honte d’être Française" - Showbizz.net).
Et comme deux bonnes nouvelles ne viennent jamais seules, Israël a décidé de ne pas être en reste, déclarant aujourd'hui que si Tel-Aviv était touché par une roquette du Hezbollah, ils "anéantiraient" (rien que ça) "toutes les infrastructures du Liban" (source : "Liban: violents affrontements dans le sud, surenchère de menaces" - AFP). Tant il est vrai que réduire un pays à l'état de misère est effectivement un moyen universellement reconnu pour faire cesser tous les conflits et oeuvrer pour la paix des générations futures.
Bref, à ceux qui se font encore du souci pour le Moyen-Orient, qu'ils se rassurent. Avec Douste-Blazy, Bardot et des militaires bourrés d'hormones comme un coureur cycliste aux commandes, ça ne peut qu'aller mieux. Et puis si ça ne s'améliore pas, on pourra toujours envoyer Philippe Bouvard ou Laurent Gerra. S'il faut vraiment que tout ça devienne sérieux.
Note : pendant ce temps, certains se demandent si, pas hasard, le conflit Israël - Liban n'aurait pas un peu à voir avec des histoires de pétrole et d'un nouveau pipeline qui a ouvert une semaine avec le début du conflit. Des fois que (Energy bulletin, via One Point Zero).
Les tribunaux de Guantanamo ont été déclarés illégaux, les prisonniers sont heureux, ils ne seront plus obligés de passer au tribunal pour rester en prison.
C'est un revers pour l'administration Bush : un peu plus de 4 ans après qu'on ait commencé à y ranger des combattants ennemis, la Cour suprême des Etats-Unis vient de déclarer les tribunaux de Guantanamo "illégaux". D'abord parce qu'ils sont militaires, mais surtout parce que les accusés n'ont pas été invités à assister à l'ensemble des audiences qui les concernaient (Court declares Guantanamo tribunals illegal, Reuters).
Devant un tel cataclysme politico-judiciaire, l'administration ne pouvait rester muette. C'est en la personne du commandant en chef qu'elle a souhaité répondre à la Cour suprême : on s'en fout.
"Today's decision does not in any way affect the ability of the president as commander in chief to detain enemy combatants. It goes only to the question of trial by military commission" (Ruling won't affect Guantanamo camp, Reuters)
La bonne nouvelle pour les prisonniers, c'est donc qu'ils n'auront pas droit à un procès dans un tribunal illégal. La mauvaise nouvelle, c'est qu'ils n'auront pas droit à un procès.
Parions que dans trois ou quatre ans, la Cour suprême aura enfin tranché la question des plateaux repas et d'ici 2015 sur la couleur des barbelés qui entourent la prison qui, depuis 2002, viole toutes les règles connues de droit international.
On a enfin trouvé des armes de destruction massive en Irak. Seul problème, curieusement, le propriétaire ne vient pas les réclamer...
2003, la coalition contre la terreur dans le monde envahissait l'Irak. Le motif ? Des armes de destruction massive de partout, chimiques (ça, on était sûrs) et nucléaires (ça, on ne savait pas mais dans le doute, hein, pourquoi pas). A l'époque, Powell exhibait des fioles d'anthrax à l'ONU et Blair jurait à tout le monde que Saddam pouvait, si l'envie lui en prenait, anéantir toute vie en Europe en moins de 45 minutes. Si.
La suite, on la connait. Après plusieurs mois de recherches, pas moyen de mettre la main sur quoi que ce soit capable d'anéantir de l'humain en masse. Pas d'armements illégaux, pas de nucléaire, pas plus de trousse du petit chimiste. Oups.
Devant le néant des découvertes de l'armée américaine, George Bush lui-même a reconnu un petit problème, dès 2004 : "The chief weapons inspector, Charles Duelfer, has now issued a comprehensive report that confirms the earlier conclusion of David Kay that Iraq did not have the weapons that our intelligence believed were there". Problème réglé, on s'était trompé d'adresse (comment ça, la Corée du Nord, c'est pas au Moyen-Orient ?).
Mais c'est sans compter sur des républicains qui ne veulent pas lâcher le morceau. Et Fox News qui, question d'honneur, veut qu'il y ait des armes de destruction massive en Irak. Ainsi, mercredi, on apprenait que finalement, plus de 500 armes chimiques ont été découvertes en Irak. Certaines chargées de gaz sarin, d'autres de gaz moutarde. Sans que le sénateur en question ne juge utile de préciser que ces armes provenait d'un stock existant avant la première guerre du Golfe. Et que ces armes pouvaient être en grande partie inutilisables et ne remettaient pas en cause le fait que l'Irak ait cessé toute production après 1991 (article Think Progress).
Sur Fox News, on jubile quand même sans s'apercevoir que si on a découvert des armes de destruction massive, on ne comprend - vraiment - pas pourquoi l'administration Bush n'en aurait pas fait la publicité, histoire de justifier sa présence à Bagdad.
Réponse de Thomas McInerery, spécialiste militaire de Fox News : si l'administration Bush n'a pas parlé de la découverte des armes de destruction massive, c'est pour protéger la Russie, la Chine et la France. Selon McInerery, les trois pays sont à l'origine de la capacité de l'Irak à produire des armes chimiques. Et que donc, il ne faudrait pas les mettre dans l'embarras en leur faisant remarquer que dites les gars, vous avez laissé trainer des armes de destruction massives un peu partout, là (article Think Progress)...
C'est sans compter sur cette photo datée de 1983, où Donald Rumsfeld lui-même allait serrer la main de Saddam pour lui proposer des armes pour calmer les ardeurs militaires de l'Iran (détails ici). Ce que McInerery oublie donc de préciser, c'est qu'il est fort possible que les GIs aient tout simplement aussi retrouvé des armes marqué "Made in the USA" dessus.
Suite au prochain épisode, quand on découvrira sur Comedy Central Fox News que le Watergate, c'était en fait pour protéger Pompidou. Merci de continuer à nous divertir.
En compactant les prisonniers, les Américains veulent-ils prouver qu'il reste du potentiel pour l'immobilier à Bagdad ?
C'est presque devenu aussi fréquent que la météo, presque aussi lassant que le point route d'avant le week-end. C'est devenu une habitude, une sale habitude. Encore une fois, on parle de tortures. Cette fois-ci, c'est en Irak que ça se passe et c'est le New York Times qui rapporte l'histoire (article ici).
Cette fois-ci, ce sont les troupes spéciales en Irak qui font dans le délicat. Certains détenus ont été dénudés, aspergés d'eau et enfermés dans des pièces glaciales. D'autres ont été nourris exclusivement d'eau et de pain durant plus de 15 jours, sans autre chose à manger. D'autres enfin ont été enfermés jusqu'à 7 jours de suite dans des cellules si petites qu'on ne peut ni se tenir debout, ni s'asseoir et encore moins se coucher.
Alors, mettre des prisonniers dans une boîte d'un mètre vingt de haut et de long sur 58 centimètres de large, est-ce de la torture ? Ne nourrir des êtres humains que de pain et d'eau pendant plus de deux semaines, est-ce un châtiment cruel ? Pas au goût du général Formica (non, on n'a pas inventé le nom). Parce que le général Formica, il pense que mettre des êtres humains dans un endroit grand comme un tambour de machine à laver, "deux jours est une durée raisonnable, cinq à sept jours, non". Deux jours, donc, ça va. Quant au pain et à l'eau ? Pas très grave puisque les docteurs lui ont dit, au général, qu'une carence grave en protéines ou en vitamines prendrait plus longtemps que ça à arriver.
Au général Formica, 404 souhaiterait rappeler la définition de la torture telle que définie par le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme :
"le terme "torture" désigne tout acte par lequel une douleur ou des souffrances aiguës, physiques ou mentales, sont intentionnellement infligées à une personne aux fins notamment d'obtenir d'elle ou d'une tierce personne des renseignements ou des aveux, de la punir d'un acte qu'elle ou une tierce personne a commis ou est soupçonnée d'avoir commis, de l'intimider ou de faire pression sur elle ou d'intimider ou de faire pression sur une tierce personne, ou pour tout autre motif fondé sur une forme de discrimination quelle qu'elle soit, lorsqu'une telle douleur ou de telles souffrances sont infligées par un agent de la fonction publique ou toute autre personne agissant à titre officiel ou à son instigation ou avec son consentement exprès ou tacite." (site Web OHCHR)
Mais le général Formica n'en veut pas à ses troupes : selon lui, "C'est regrettable, mais elles ont reçu par erreur les mauvaises instructions". Les prisonniers apprécieront. Quant à Channel 4, ils avancent une autre explication sur la facilité avec laquelle les mauvais traitements se sont développés en Irak et ailleurs : c'est juste une reproduction de ce qui se passe déjà dans les prisons américaines (site Web). Sauf qu'on n'a plus le droit d'y prendre des photos.
Dimanche, le Mexique a marqué 3 but. Les USA ont marqué 3 morts.
Dimanche, presqu'à l'heure où la Hollande mettait une pâtée à la Serbie à la plus grande joie des supporters en orange, trois personnes se pendaient dans leur cellule, en prenant bien soin de se cacher, de peur qu'on ne les interrompe dans leur dernier souffle. Avec leurs draps, ils ont fait un noeud et se sont pendus.
Certains diront que plus de quatre ans d'emprisonnement sans procès, les mauvais traitements, les interrogatoires sans fin, l'absence de date de sortie, l'absence de droit les auront poussés à en finir avec la vie.
Et d'autres diront que non.
En tout cas, c'est un avis que ne partage pas le geôlier en chef de la plus dictatoriale des prisons construites par une démocratie. Pour Harry Harris, administrateur de Guantanamo, ces suicides ne sont pas un acte de détresse (article BBC) :
"I believe this was not an act of desperation, but an act of warfare waged against us" (je crois que ce n'était pas un acte de désespoir, mais un acte de guerre contre nous)
Les trois pendus de Guantanamo se seraient donc donné la mort pour attaquer les Etats-Unis. On appréciera l'ironie. Si les trois prisonniers ont attaqué quelque chose, c'est surtout la prison et la honte qu'elle fait porter à chacune des démocraties qui ferme les yeux dessus. S'ils ont attaqué quelque chose, c'est la certitude que tout est bon pour gagner la "guerre contre la terreur".
Alors, peut-être que Harris a finalement raison. Les prisonniers, en se suicidant, ont sans doute attaqué les Etats-Unis. En tout cas, la vision qu'en a le clan Bush.
Un des trois suicidés devait être relâché sous peu. Faute de charges contre lui. On n'avait juste pas jugé utile de le prévenir (article BBC).
Scotland Yard présente ses excuses. Le profil du tueur était pourtant parfait.
Très cher Abdul, au nom de la police de Londres, nous tenons à vous présenter toutes nos excuses pour avoir forcé votre porte et être rentrés à 250 personnes chez vous par erreur l'autre jour.
Comprenez notre confusion, elle était légitime. Nous tenions en effet de source sûre (un gars qu'on torture depuis presque quatre ans à six mille kilomètres d'ici) qu'un certain Mohammed et qu'un certain Abdul étaient sur le point de commettre des attentats chimiques à Londres.
Après avoir cherché dans l'annuaire, nos détectives sont tombés sur vous, ce qui n'est pas de chance, admettez-le (à la fois, vu que vous avez tous les mêmes prénoms dans votre religion, comment voulez-vous qu'on s'y retrouve).
Désolés aussi pour le désordre. On cherchait une valise de petit chimiste, mais on n'a rien trouvé chez vous (bien que votre prénom soit Abdul, tout comme l'autre disait). Néanmoins, et pour vous simplifier le rangement, tous les meubles de la maison ont été démontés et mis en vrac dans le salon. De rien, nous sommes des professionnels.
Enfin, pour finir, désolés pour le coup de feu sur Mohammed. Mes équipes sont un brin nerveuses en ce moment et vous savez comment c'est, un coup est vite parti. Si vous le voyez à l'hôpital, dites-lui que l'officier qui lui a tiré dessus lui fait une bise. Et qu'il peut garder la balle aussi, cadeau souvenir de Scotland Yard.
Bref, et pour faire court, comme on dit dans la police : "oups". N'hésitez pas, si vous avez besoin de nous, faites le 999 ou le 112. Nous nous engageons à venir chez vous dans l'heure. Et bises de Scotland Yard.
PS : La brigade s'est jointe à moi pour vous offrir un bon de réduction à valoir sur toute une gamme de rasoirs. Vous devriez y songer, il n'est pas prudent de sortir avec la barbe, ces temps-ci (article CBC news).
Le militaire est un être plein de paradoxes. Plus son fusil est gros, plus il voudrait qu'on soit rassuré. Etonnant, non ?
S'il est une chose qu'on ne saisit pas spontanément à propos des théories autour du 11 septembre, c'est pourquoi elles ont autant de succès. Parce que dans le même temps, la majorité de l'humanité se fout pas mal de savoir si Elvis est encore vivant ou si Loana aurait quand même été dotée d'un cerveau à sa naissance.
Non, alors que ces dernières théories ne rencontrent qu'un succès d'estime, le 11 septembre, lui, fait les choux gras d'Internet, des bibliophiles, monteurs vidéastes, experts en aéronautique et en métaphysique des immeubles de plus de 78 étages.
La recette du succès ? Un fin mélange de gens qui ont une bonne raison que ça arrive, un soupçon de secret et quelques éléments suffisamment troublants pour que chacun y trouve son bonheur. C'est Joshua Holland qui dresse la liste des ingrédients dans un excellent papier publié sur Alternet aujourd'hui (article).
D'abord, les motifs. Il suffira d'une note, publiée par le groupe de pression (tendance républicaine) "The project for a new American century", chantre de la militarisation à outrance des GIs. Dans le texte : "Le processus de transformation, même s'il apporte des changements révolutionnaires, sera probablement long, en l'absence d'événements catastrophiques - et catalyseurs - comme un nouveau Pearl Harbor" affirmait le groupe, peu avant le 11 septembre.
Mais un motif ne serait rien sans son suspect (même Navarro sait ça, c'est dire). Proche (très proche) de l'actuelle Maison Blanche, "The project for a new American century" est la première phalange du doigt accusateur qui pointe naturellement vers la Maison Blanche. Le gouvernement Bush exploitera (et exploite toujours) à merveille les attentats pour augmenter budget militaire, zones de secret défense, espionnage, surveillance et flicage à tous les coins de rue.
Vient ensuite la preuve. Et là, c'est le hic. Ou presque. Les preuves manquent, mais les incohérences sont légion. On ne sait rien démontrer, sauf qu'on ne sait rien démontrer. 3 des pirates de l'air identifiés par le FBI comme étant morts dans les tours ont été retrouvés bien vivants dans leur pays où ils se demandaient bien comment ils avaient pu devenir terroristes meurtriers sans bouger de chez eux. Il y a eu cette vidéo du Pentagone, ces reportages, ces livres, ces calculs, ces experts. Il y a eu du monde pour crier au coup monté.
Mais peu pour dire que, vrais ou faux attentats, le résultat est le même : les libertés individuelles n'ont jamais autant reculé que ces 5 dernières années, les attentats n'ont jamais été aussi fréquents. Et partout dans le monde, on ne s'est jamais senti aussi peu en sécurité qu'avec Bush à la Maison Blanche, Sarkozy à la place Beauveau, une armée et une police aussi omniprésentes. De là à dire que l'uniforme génère plus de problèmes qu'il n'en règle...
Le département de la défense américain veut tellement jouer la transparence qu'on finit par effectivement ne rien voir.
Grosse leçon de communication du côté du Pentagone. Apparemment lassé de toutes les rumeurs qui entourent les attentats du 11 septembre et décidé à prouver que c'est bien un avion qui s'est écrasé sur Washington et non pas un missile extra-terrestre propulsé au Tahiti Douche et commandité par la frange radicale des raëliens, le département de la défense américain a décidé de publier les vidéos de l'attentat sur le Pentagone.
Deux vidéos, format timbre poste à voir sur ce site (liens directs pour la vidéo 1 et la vidéo 2, en format wmv).
Le hic, c'est qu'on y voit tout... sauf un avion. Une pelouse, une voiture, un éclair, une explosion et de la fumée. Mais pas d'avion. On peut faire avance et retour rapide autant qu'on veut, rien, pas un aéronef battant de ses ailes fines le ciel azuré d'un mardi matin presque comme les autres.
Une vidéo donc, que l'on ne devrait pas tarder à revoir en agrandi, ralenti, accéléré, noir et blanc, négatif, sépia et autres digressions photoshopesques sur l'ensemble des sites qui prêchent la théorie de la conspiration universelle à qui veut encore bien l'entendre (par exemple).
Quant au Pentagone, c'est bien beau d'acheter des satellites espions capables de lire la marque d'un slip en Irak. Mais 'faudrait peut-être commencer par changer ses caméras de sécurité du côté de Washington. Vous perdez en crédibilité, là.
Qui a dit que les US n'ont pas bien préparé la guerre ? C'est Condoleezza elle-même, 3 ans plus tard.
Dans la série "il n'est jamais trop tard", Rice dans l'avion qui l'emmène en visite surprise à Bagdad (et dans le texte) :
"Au moment où nous entrons dans cette nouvelle période (...) et où nous cherchons à transférer des responsabilités aux Irakiens (...), nous voulons nous assurer qu'il n'y a pas de hiatus entre ce que nous faisons sur le plan politique et ce que nous faisons sur le plan militaire (...) C'est le bon moment pour nous de venir, d'avoir des efforts conjoints, des réunions conjointes, des discussions conjointes avec notre personnel pour nous assurer que ces liens entre politique et militaire sont solides" (article AFP)
C'est vrai que 3 ans et un mois après le début de la guerre, se demander si les objectifs politiques et militaires coïncident, il commence à être temps de se poser la question. Parce que bon, cent trente deux mille gars avec des fusils qui squattent l'Irak depuis trois ans sans qu'on sache vraiment pourquoi, ça devient gênant.
Tiens, et pendant qu'on est à se demander ce qu'on fait là, on pourrait peut-être en profiter pour demander leur avis aux Irakiens. Dites, les gars, au fait, ça ne vous dérange pas si on met 132 000 gars à nous chez vous et que c'est un peu le bordel pendant quelque temps ? C'est que votre chef, c'est le gars qui a essayé de tuer le papa de notre chef à nous. Hein, dites, ça vous dérange pas. Si vous dites oui, promis, on installe très vite un Burger King chez vous (article 404).
On savait les Irakiens ultra rapides, on découvre les Iraniens habiles de leurs mains.
Après l'Irak qui pouvait balancer des armes de destruction massive sur toute l'Europe en 45 minutes (toi aussi, insère ta blague ici), on apprend aujourd'hui que l'Iran peut, de son côté, fabriquer une bombe atomique en 16 jours. Na (article Bloomberg).
Parce qu'il faut savoir que l'Iranien est un manuel. Alors que chez nous, on galère sévère, l'Iranien, côté bricolage et débrouille, il en connaît un rayon. Un coup de marteau par là, cruciforme à droite, clé à molette à gauche, une plaque de métal, quelques grammes d'uranium tout droit venu de la centrale et c'est plié. Hop, une bombe atomique prête à servir. Alors que, pendant ce temps-là, d'autres, soucieux de faire des beaux champignons bien uniformes, prennent des mois à faire leurs grosses bombes qui font boum pour que le spectacle émerveille petits et grands.
Quels cochons ces Iraniens, ils n'ont plus de respect pour quoi que ce soit. 'Mériteraient qu'on les envahisse, tiens (à lire aussi, un article BBC sur la propagande autour de la question irakienne).
On irait bien envahir l'Iran. Mais ça fait moins de points au Scrabble.
Il est temps de faire cesser la rumeur. Non, les Etats-Unis n'envisagent pas de rentrer en guerre contre l'Iran (article Reuters). Non mais. Comme si c'était le genre de la maison d'aller envahir des pays sans raison valable, hein. Comme si on avait l'habitude de donner de fausses preuves uniquement pour justifier une action militaire ("after all, he's the guy who tried to kill my dad" - source). Comme si on n'avait jamais trouvé les armes de destruction massive. N'importe quoi.
Enfin franchement, si le pétrole constituait une raison suffisante pour aller coller des centaines de milliers de marines à l'autre bout du globe, ça se saurait quand même.
Alors non, les US n'ont aucun plan pour envahir l'Iran. Parce que, si ça se trouve, eux, ils les ont, les armes de destruction massive. Et on ne déconne pas avec la sécurité.
Faudra pas s'étonner si la famille Bush reste longtemps à la Maison Blanche : ils travaillent leur communication.
Les pseudos chanteurs régulièrement vomis par TF1 et M6 le savent bien : la popularité, c'est chouette d'en avoir, surtout quand on ne la mérite pas vraiment. Et c'est d'autant plus difficile à vivre quand on devient la moquerie des cours de récré alors que dans sa vie, on a touché le pinacle de la gloire en participant à la spéciale VIP de "Qui veut gagner des millions".
Alors les pseudos gens célèbres sont prêts à tout pour retrouver, ne serait-ce qu'une seconde, la transportante glorification que savent seuls apporter les spots 5000 watts du plateau des Z'amours. Et quel analphabète va écrire un livre ? Et quel brâmant du sud-ouest va sortir un disque ? Et quel entraîneur de kung-fu va tourner dans un Lelouch ? Et quel philosophe va accompagner Ruquier dans son éternelle quête de l'élévation spirituelle cathodique ? Et qui va animer la 7e fête de la choucroute de Royan ?
George W. Bush, lui aussi au plus mal dans les sondages, a trouvé une nouvelle façon de se faire aduler : le poème subliminal. La recette ? Financer des livres d'école pakistanais et y inclure des oeuvres dont les premières lettres de chaque vers permettent d'écrire "President George W. Bush" en vertical (à noter que cet exercice serait largement plus périlleux avec Nicolas Sarkozy dont le nom rapporte plein de points au scrabble).
Comme disait l'autre, George fait des vers sans en avoir l'air, de la poésie sans en avoir envie et de la propagande comme une grande. Rien à dire, l'aide désinteressée, c'est magnifique à regarder (Article source, BBC news).
L'information, c'est vous qui la vivez, c'est nous qui en mourons. En tout cas, c'est ce que doivent penser les Irakiens.
Et là, c'est la boulette. Bush reconnaît aujourd'hui que la majeure partie des informations qui ont mené à la guerre en Irak étaient... euh... comment dit-on poliment dans ces cas-là... euh... fausses ?
On admire très fort George pour sa franchise, son honnêteté, son franc-parler. Parce que c'est bien de savoir reconnaître quand on se trompe. Et de comprendre qu'il faut passer à autre chose.
Alors oui, les informations étaient fausses. C'est bien de le reconnaître. Les trente à cent mille civils tués et les deux mille et quelques soldats américains qui ne retourneront jamais chez eux apprécieront.
Sources : Guardian, "Bush admits Iraq intelligence was wrong", The Guardian, "The question", Mercury News, "A look at U.S. military deaths in Iraq"
Finalement, quoi qu'il en dise, le jeune de banlieue a de la chance d'avoir Sarkozy. Avec Condi, il serait depuis longtemps exilé en Sibérie.
Quoi qu'on pense du physique de Condoleezza Rice, et puisqu'il s'agit parfois dans la vie de dépasser les apparences, on ne peut qu'être rassuré par la formidable vision du droit international qu'elle défend au sein du gouvernement Bush. Parce qu'au milieu de tous les Texans, il fallait qu'une femme relève le niveau, remette la justice et les droits de l'homme où ils sont.
Ainsi, interrogée sur les prisons secrètes (et hors du territoire américain, ça évite d'avoir à nettoyer les taches avant de partir) dans lesquelles la CIA interroge les suspects de terrorisme, Condoleezza tient à rassurer l'opinion publique : tout se fait dans le plus strict respect des conventions internationales, du droit, de la justice et des bonnes moeurs, parce que ma brave dame, on n'est pas des sauvages quand même :
"The US does not use the airspace or airport of any country for the purpose of transporting a detainee when we believe he or she will be tortured. With respect to detainees, the US complies with its laws, its Constitution and its treaty obligations." (Les Etats-Unis n'utilisent pas l'espace aérien ou les aéroports d'aucun pays pour transporter des détenus quand ils pensent qu'il ou elle sera torturé. En ce qui concerne les détenus, les Etats-Unis respectent leurs propres lois, leur constitution et les obligations de leurs traités) (source : The Times)
Sur la même page, on peut lire le témoignage de Khalid, citoyen allemand qui porte aujourd'hui plainte contre la CIA. Il a fait les frais des règles strictes de respect de la loi internationale par les US. Son tort ? Etre d'origine libanaise et être tombé sur des douaniers qui ont pensé que son passeport était un faux. Transféré à la CIA, il décrit ce qui lui est arrivé (source The Times)
Détenu 23 jours dans une chambre de motel sans fenêtre par des douaniers macédoniens, il a été "donné" à la CIA. De là, il a été menotté, cagoulé, conduit à un aéroport, endormi pour se réveiller en Afghanistan, s'est réveillé dans un cachot avec pour tout meuble une simple couverture, a été menacé de mort, frappé.
3 mois plus tard, la CIA a reconnu que son passeport était un vrai. Mais ça aurait été dommage de le relâcher.
Ainsi, Khalid, mari et père de 5 enfants, a été détenu deux mois de plus avant d'être finalement emmené en avion en Macédoine et relâché... au milieu d'une forêt, sans un mot d'excuse (mis à part peut-être "soyez heureux qu'on ne vous ait pas sorti Lynndie England" - dont on se souvient les magnifiques photos de vacances ici, là et encore ici).
Au total, 5 mois de disparition, 5 mois de cachot sans pouvoir donner de nouvelles à sa famille, 5 mois de menaces, d'abus physiques, 5 mois d'interrogatoires en Afghanistan avant d'être déposé au milieu d'une forêt de Macédoine. Tout ça parce qu'une paire de douaniers macédoniens ne sait pas lire.
C'est vrai qu'elle impressionne, Condoleezza quand elle respecte "ses propres lois, sa constitution et les obligations de ses traités".
Dans les démocraties, le droit de torturer n'est qu'à un vol d'avion près. Et ça rapporte des points fidélité en plus.
La CIA est frustrée. Que ça se sache. Ou en tout cas, frustrée elle était. Frustrée parce que quand on détient des gens, on doit justifier pourquoi à des juges qui, 'manquait plus que ça, veulent que la justice soit respectée, les sagouins.
Frustrée parce qu'aux US, qu'on le veuille ou pas, la torture est illégale, si si. Aucun des 50 états n'a le bon goût d'autoriser quelques menues réjouissances telles que l'arrachage d'ongles, l'électrocution et autres brûlures rigolotes. Rien. Rien le droit de faire aux US.
Alors du coup, la CIA avait installé son camp de vacances du côté de Guantanamo, pour pouvoir faire mumuse avec les prisonniers sans se perdre dans d'inutiles paperasses et de vagues concepts de respect des droits de l'homme. Sauf que les malpropres d'Amnesty International et autres Croix Rouge ont demandé des comptes. Et que les 600 détenus ont commencé à faire parler d'eux.
Alors, révélé aujourd'hui par le Washington Post, on apprend que la CIA a installé des prisons totalement secrètes dans des pays sympathiques tels que l'Afghanistan, la Thaïlande ou encore d'autres pays sympathiques d'Europe de l'Est.
Les raisons ? La CIA le dit elle-même : "Ainsi, les prisonniers ne peuvent pas contester leur détention devant des tribunaux américains et peuvent être interrogés longtemps" (source BBC News, "CIA running secret terror jails"). Ca a le mérite d'être clair.
Mais pas folle, la CIA refuse de reconnaître l'existence de ces "sites noirs". Et pour une seule raison : on ne peut pas poursuivre en justice quelque chose qui n'existe pas : "La CIA n'a même pas reconnu l'existence des sites noirs. Selon des officiels proches du programme, reconnaître leur existence pourrait ouvrir la porte à des risques légaux et augmenter le risque de condamnation politique aux US comme à l'étranger" (source Washington Post, "CIA Holds Terror Suspects in Secret Prisons").
Et pour finir sur ces notes de poésie, Cheney, qui avait vu venir le coup, avait pris ses dispositions : "Ces inquiétudes sont remontées le mois dernier quand le vice-président Cheney et le directeur de la CIA ont demandé au congrès d'exempter les employés de la CIA d'une loi qui condamnerait les actes dégradants et inhumains commis à l'étranger".
Après avoir inventé le concept de "combattant ennemi" pour pouvoir faire fi de la convention de Genève, les US inventent donc un nouveau concept : l'export de torture. On attend impatiemment un partenariat avec la Chine pour pouvoir mettre des balles dans la nuque des opposants politiques.
Le programme pétrole contre nourriture a fait plus que des conducteurs de 4X4 heureux. Des parlementaires aussi.
C'est la scandale du jour, un membre du parlement anglais aurait menti au congrès américain dans le cadre de l'enquête sur les détournements du programme pétrole contre nourriture (pour mémoire, le programme pétrole contre nourriture est un programme créé pour faire rouler les 4X4 en sortant des sacs de riz plutôt que des dollars, ça coûte moins cher).
George Galloway se serait donc fait prendre la main dans le sac, et Norm Coleman, sénateur républicain du Minnesota, n'est pas content du tout. "Je crois qu'on a ce qu'on appelle ici un flagrant délit" s'est exclamé Coleman, avant de noter que le parlementaire anglais pourrait avoir à faire face à la justice américaine (The Independent, "Galloway lied over Iraqi oil payments, says Congress report").
Pour avoir menti sous serment, fait de fausses déclarations et avoir interféré avec une enquête du congrès, Galloway pourrait au maximum faire 15 ans de prison et devoir payer plus de 750,000 dollars à l'état américain.
Dieu sait si le congrès n'aime pas qu'on lui raconte n'importe quoi.
C'est pas aux US qu'on s'amuserait à raconter n'importe quoi. Surtout pas pour avoir les crédits pour aller jouer à la guerre là où il y a du pétrole, non. Ce n'est pas devant le congrès américain qu'on irait affirmer que Saddam Hussein possède un arsenal nucléaire capable d'envoyer l'Arkansas sur Pluton. Non. Ce n'est pas devant le congrès américain qu'on irait s'amuser à affirmer que l'Irak possède des armes biologiques capable de refiler des MST à 80 générations de Mormons. Non. Et puis on respecte suffisamment les institutions pour ne pas aller devant l'ONU avec de faux flacons d'anthrax pour jouer à "si vous votez pas, j'ouvre la fiole". Non, pas le style, on aime trop la vérité, au congrès américain (pour mémoire, l'armée la plus puissante du monde et 600 inspecteurs suréquipés n'ont pas réussi à mettre la main sur la moindre arme nucléaire ou biologique en Irak - la rumeur dit que Saddam aurait tout expédié en Corée du Nord par DHL avant l'arrivée des marines).
La religion, comme la mode, suit des cycles. Et en ce moment, c'est la croisade qui redevient hype.
La BBC, boîte à scoop s'il en est, rapporte cette semaine des propos que George Bush, chef du monde libre comme ils disent, aurait tenu le discours suivant en Egypte en 2003 (lecteur mon amour, tiens-toi bien, ceci est une citation) :
"Je suis poussé par une mission divine. Dieu m'a dit : "George, va, et combats ces terroristes en Afghanistan", et je l'ai fait. Et Dieu m'a dit : "George, va mettre fin à la tyrannie en Irak", et je l'ai fait. Et maintenant, je sens encore la parole de Dieu qui m'arrive : "Va donner leur État aux Palestiniens, et aux Israéliens leur sécurité, et fais la paix au Proche-Orient". Et, par Dieu, je vais le faire!" (source BBC News, "White House denies Bush God claim")
Bien que le chef de la diplomatie palestinienne par qui ont été rapportés ces propos maintienne, la Maison Blanche dément fermement que le petit George ait été capable d'une chose aussi ridicule.
N'en déplaise aux faucons, les informations de 404 sont formelles. Aussi incroyable que ça puisse paraître, oui, George Bush aurait bien déclaré successivement et en l'espace de deux ans la guerre à deux pays différents.
En revanche, pour ce qui est de savoir si Bush aurait vu la Vierge ou pas, le doute n'est malheureusement plus permis.
Et sur ces paroles d'une ferveur ecclésiastique à faire sourire Benoît XVI, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait que ce week-end a fait 20 000 morts au Pakistan et que George n'aurait, incroyablement, rien à voir là-dedans.
Merci à Korfuri pour l'information.
Quand on fait de la communication, chaque mot compte. Les Marines en savent quelque chose.
On ne sait pas trop si c'est directement lié au conflit en Irak mais apparemment, la guerre n'est plus vraiment le sport populaire du moment aux Etats-Unis. Alors du coup, à la Maison Blanche, vu qu'on est très fort en publicité, on s'adapte.
C'est Donald Rumsfled qui tire le premier et qui change la "guerre contre la terreur" en "effort global contre les extrémismes violents" (sic). En tout cas, l'équipe semble apprécier le changement de terminologie puisqu'on n'en peut plus de souligner le changement de politique.
Maintenant, le conflit est plus qu'une guerre, les Etats-Unis veulent offrir une "alternative positive au terrorisme". Certains vont même plus loin en affirmant que ce sera sans doute un recours plus fréquent à la diplomatie et que les énervés en treillis ne sont pas forcément la solution. Bref, depuis qu'on a changé les mots, c'est pas encore le manège enchanté mais on n'en est pas loin.
Sauf que tout ça semble passablement chagriner George Doubleuvé qui n'a pas trop envie de passer pour une fillette qui se dégonfle. C'est qu'au Texas, on tient à sa virilité.
Alors le lendemain, quand il fait un discours, George n'emploie pas moins de 5 fois les mots "war on terror", et 13 fois le mot "guerre" en 47 minutes (faisait un buzzword bingo ou quoi ?). C'est bien d'avoir de le suite dans les idées.
Et sur ces nuances de vocabulaire d'une mauvaise foi éhontée, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait qu'on a retrouvé 351 foetus dans un hopital de Paris et qu'à la grande déception de tous, Al-Qaeda ne serait même pas dans le coup. (article du NY Times, "President Makes it Clear: Phrase is "War on Terror"")
La démocratie, c'est bien. Mais faudrait pas qu'on laisse des gens qui votent décider, non plus.
Un homme politique se doit d'avoir des principes. Ainsi, George W. Bush, en tant que chef des Etats-Unis, est un homme de principes. Pour être correct, disons plutôt, un homme de principe, au singulier.
Et quel est donc ce principe qui fait mouvoir le camp républicain ? C'est le principe selon lequel la démocratie, c'est vachement bien du moment que ça dit la même chose qu'on aurait de toute façon fait sans démocratie.
Pour l'Irak par exemple, on essaye avec l'ONU et si ces malpropres ne veulent pas jouer à la guerre malgré les très jolies fioles de faux anthrax... on la fait quand même. Parce que bon, on ne va pas se laisser guider par des gens qui votent, non plus.
Ainsi, aujourd'hui, à défaut d'avoir l'approbation du Sénat pour nommer Bolton comme représentant des US à l'ONU, George W. Bush a tout simplement décidé... de se passer de l'approbation du Sénat. Bon, certes, ç'aurait été sympa d'avoir un vote pour Bolton mais apparemment, tous les sénateurs n'avaient pas l'air très d'accord (pour mémoire, Bolton, c'est ce type qui ne supporte pas l'ONU). (Article BBC, "Bolton appointed US envoy to UN")
Et on le comprend bien, George. Si la démocratie n'est pas d'accord, le mieux est de faire sans. C'est qu'on n'a pas de temps à perdre. Comme disait un humoriste mort, la dictature c'est "ferme ta gueule" et la démocratie c'est "cause toujours". Ca n'a jamais été aussi vrai.
Sur ces paroles 33% plus exfoliantes, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait qu'un ministre de l'intérieur français serait très fan des méthodes américaines. Ca laisse rêveur.
Le terroriste est joueur. Et un peu mauvais perdant aussi.
Ils étaient deux, maintenant, ils sont trois. Ils sont trois groupes différents à revendiquer les attentats en Egypte (88 morts, pour mémoire). Déjà, c'était un peu désordre, parce que si ça se trouve, parmi les cadavres des gentils, on a aussi ramassé les cadavres des méchants, ce qui est totalement à l'opposé de la bienséance, faut le dire.
Mais si, en plus, chaque groupe de crétins extrémistes commence à vouloir tirer la couverture à lui, ça risque de devenir sacrément le foutoir. Donc, pour le grand prix du groupe de déphasés le plus abruti de la semaine, on a le choix ce mardi entre les gais lurons de "Unification et guerre sainte égyptiennes", les joyeux drilles des "Brigades Abdullah Azzam" et les petits comiques des "Guerriers saints de l'Egypte". (CRI, "Un troisième groupe revendique les attentats de Charm el-Cheikh".)
Se battre pour être celui à qui reviendra l'honneur d'avoir tué 88 personnes qui n'avaient rien demandé... Comme disait un cinéaste français inconnu, "les cons, ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît".
Avant, on menaçait les enfants de les vendre à un cirque. Maintenant, on menace de les vendre à la police.
On les comprend bien, les policiers. Faut prendre ses précautions, on ne sait jamais. Alors ils sont venus à trois voitures. Et un hélicoptère aussi. Ils ont couru, attrapé la suspecte, l'ont plaquée au sol, un genou dans le dos (comme dans "Cops") et l'ont menottée avant de l'amener au poste pour l'interroger.
Cinq jours au poste, cinq jours enfermée. Et une seule visite de ses parents.
C'est que la suspecte a 11 ans, et c'est aux Etats-Unis que ça se passe. Maribel, onze ans, a jeté un caillou sur Elijah, 9 ans parce que lui-même lui envoyait des bombes à eau. Pour se moquer.
Elijah, 9 ans, a eu une coupure à la tête. Maribel, 11 ans, a hérité d'un procès pénal pour "attaque avec une arme mortelle". (Libération: "Tolérance zéro sans limite d'âge en Californie")
Selon Libération, la police de Fresno ne voit pas le problème. Brain Not Found non plus. Qu'on l'électrocute une bonne fois pour toutes, ça lui apprendra à jeter des pierres, à cette petite hispanique. Non mais.
Et sur ces paroles d'une profondeur à faire blêmir le gouffre de Proumeyssac (le plus grand gouffre du Périgord), vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait qu'on a retrouvé un enfant à Washington qui joue depuis 5 ans avec des armes mortelles sans que personne ne dise rien. Que fait la police ?
N'en déplaise à Jean Saint-Josse, il y a plus funky que de tirer sur les oiseaux. Les Irakiens font des cibles idéales aussi.
Les Américains ne respectent décidément plus rien. Non contents d'avoir laissé Janet Jackson montrer un téton affreusement décoré (ceux qui sortent d'un coma prolongé peuvent aller creuser dans les archives, il y a même des photos), ces affreux fumeurs d'herbe qui rend les jeunes nigauds veulent qu'on arrête la guerre.
Non mais.
Puis quoi encore? Voudraient pas qu'on signe le protocole de Kyoto, en plus, non? En fait, l'Américain commence à en avoir un peu marre de se faire rapatrier sa cargaison de marines pas très vivants tous les jours. Du coup, fleurissent dans les journaux éditoriaux, analyses et commentaires qui disent à qui veut l'entendre que l'Irak, c'est vraiment nul et que la guerre, c'est mal (sauf quand Schwarzy éclate la tronche de tous ces sales communistes, ça va sans dire).
Dans le Herald Tribune du 2 juillet, c'est Roger Cohen qui s'y colle. Et qui pense que la guerre de Bush a besoin d'une petite remise en cause. Rien que ça (communiste, va). (article du IHT, "Globalist: Bush's war rallying needs a reality check").
Roger Cohen y affirme que la guerre, c'est un peu nul mais que ça a quand même apporté de bonnes choses:
"Malgré une élection remarquable, la difficile mais aboutie formation d'un gouvernement de coalition, la formation des forces de sécurité irakiennes, les écoles construites, les centrales électriques réparées et les terroristes tués, les 139 000 soldats américains sont englués dans un conflit dont ils ne voient pas la fin" (texte original - en anglais - dans la version étendue de l'article)
On aimerait bien savoir: depuis quand est-ce que tuer des gens est une bonne chose, au même titre que construire une école? Réparer une centrale nucléaire et flinguer un terroriste sont-ils deux actes humanitaires?
Jusqu'à preuve du contraire, sous sa ceinture de bombes, le terroriste est un être humain, il semble. On pourrait se féliciter de juger des terroristes, de les mettre en prison. De là à se féliciter d'un tableau de chasse avec des têtes d'hommes au-dessus de la cheminée du salon...
Sur ces paroles d'un anarchisme à défriser Laurent Voulzy, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait que Sarkozy veut lancer "tempête du Kärcher" à la Courneuve. Il en profitera pour aller voir si les prix ont vraiment baissé au Mammouth du coin.
"Despite a remarkable election, the belabored but successful formation of a coalition government, the training of Iraqi security forces, the schools built, the power stations repaired and the terrorists killed, the 139,000 American troops in Iraq remain mired in conflict, with no end in sight."
Terroriste, c'est un vrai métier. La preuve en six points.
On ne le sait que trop bien, terroriste n'est ni un métier facile, ni un métier confortable. En dehors du manque d'horaires fixes, les missions changent souvent et on n'est jamais sûr de ne pas être mis à la porte sur le coup d'un malheureux accord de paix.
Mais en plus de tout ça, le terroriste se doit d'être créatif. Parce que pour passer à la télévision, le terroriste l'a bien compris, il faut de l'inédit. Alors on ne pourra que saluer l'initiative de l'excellent Cockeyed qui recense tout ce que les terroristes pourraient possiblement faire pour continuer à passer avant l'arrivée du rhume des foins au 20h de Pujadas (site web: "Anticipate and be Prepared for Terrorists and their Plans").
Et presque dans l'ordre, les meilleures propositions de Cockeyed: pour détruire les Etats-Unis...
6 - Terrorists might hijack a Sausage & Cheese cart and slowly destroy the economy of the mall (les terroristes pourraient prendre en otage un stand de hot-dogs et lentement faire économiquement couler un centre commercial)
5 - Terrorists might purchase the taco-bell chain and offer a "20 tacos for a buck" deal (les terroristes pourraient racheter la chaîne Taco-Bell et faire une offre "20 tacos pour un dollar")
4 - Terrorists might trick us into spending all our money on a couple terrorists rather than education and healthcare (les terroristes pourraient nous faire dépenser tout notre argent à poursuivre quelques terroristes plutôt que dans l'éducation et le système de santé)
3 - Terrorists might build a pretzel catapult to assassinate the president (les terroristes pourraient construire une catapulte à bretzel pour assassiner le président)
2 - Terrorists might elect Bush (les terroristes pourraient élire Bush)
1 - Terrorists might do nothing, just leave it as it is, it's self destructing anyway (les terroristes pourraient ne rien faire, laisser les choses suivre leur cours, ça va se détruire tout seul de toute façon)
Parmi ces 6 propositions, 3 ont déjà été mises en oeuvre. Sauras-tu retrouver lesquelles ?
La liberté d'expression, c'est indispensable. Sauf quand on n'a rien à dire. Et ça, les Faucons l'ont bien compris.
A force de s'extasier sur le miracle toujours renouvelé de la papauté et son cortège de gens bien coiffés, on en avait presque fini par oublier qu'il se passe aussi des trucs du côté de l'Atlantique où on n'a pas besoin d'un Allemand habillé en blanc pour faire n'importe quoi avec la liberté.
Parce que les Etats-Unis vivent un vrai drame. Chaque jour qui passe, l'épidémie se propage un peu plus. Des centaines de milliers de documents disparaissent sans laisser de trace ni de destination. La police a d'abord pensé à des fugues mais devant le nombre, a bien dû se résigner à enquêter. Les pistes ? Des tampons, laissés par les criminels. "Top Secret", "Secret", "Classified", "For Official Use Only," "Sensitive But Unclassified" ou autres "Not for Public Dissemination". Plus de 60 tampons différents et plus de documents.
Il est aujourd'hui difficile d'estimer la nature des documents disparus derrière ces tampons. On sait que des relevés topographiques du pays ont disparu, ce qui semble chagriner un brin les chercheurs, qui, à défaut de cartes fiables, commencent à mettre des ours polaires au Texas. On sait aussi que des documents sur les risques écologiques posés par les centrales nucléaires se sont également évanouis du web, parce qu'ils semblaient poser un risque majeur. Pour qui ?
Depuis 2001, la quantité annuelle de documents retrouvés et rendus au public a été divisée par... 4 (voir article du Boston News, "In Name of War, Public Looses Information").
Pendant ce temps-là, les journalistes d'AP font un procès au gouvernement Bush pour obliger les Gentils Organisateurs du Club Med de Guantanamo à divulguer le contenu des procès qui, 3 ans après leur arrestation, vont permettre aux prisonniers (oups, combattants ennemis) de dire leurs premiers mots devant quelqu'un qui ne dort pas forcément avec ses rangers (article du Guardian, "AP Sues U.S. to Get Guantanamo Documents").
Et pour finir avec le n'importe quoi ambiant, le département de justice (faut le dire vite) américain vient de décider que n'importe quelle arme ou engin explosif peut être considéré comme une arme de destruction massive. Ce qui devrait pas mal simplifier les recherches en Irak, vu qu'on aurait trouvé des armes de destruction massive dans les poches de l'ensemble des rebelles irakiens. On ne peut que féliciter le département de justice pour cette subtile initiative de vocabulaire, qui permet fort subtilement, on en conviendra, de régler le sort de ceux qui pensent que Colin Powell s'est (un tout petit peu) foutu de l'ONU avec ses fioles d'anthrax (article du FAS gouvernement on Secrecy, "Justice Dept: Any destructive device may be a WMD").
Sur ces paroles qui donnent envie d'aller remercier Benoît 1664 pour la transparence vaticane, vous m'excuserez, faut que j'y aille, il semble qu'on veut changer la définition de "démocratie" dans le dictionnaire.
C'est bien connu, pour éviter une guerre nucléaire, rien de telle qu'une guerre nucléaire. Au Texas en tout cas.
Un nom typiquement américain. Sam Johnson, on ne pouvait pas faire plus banal. Sam Johnson est texan. Un texan pur souche, né au Texas et revenu au Texas.
Sam Johnson a fait la guerre de Corée. Il a fait la guerre du Vietnam. Sam Johnson, en plus d'être texan, il est militaire aussi. Bien que n'ayant pas le sex-appeal de Tom Cruise, Sam Johnson a fait Top Gun.
Sam Johnson a été prisonnier de guerre, pendant 7 ans. Il a passé 3 ans en cellule d'isolation, sans parler à personne. Sam Johnson, il est courageux. Et militaire. Parce que Sam Johnson, ses premiers mots après 3 ans sans parler à personne, ont été "Lieutenant Colonel Sam Johnson reporting for duty, sir" (Lieutenant Colonel Sam Johnson à vos ordres, chef). Il est bien formaté, Sam Johnson.
Et Sam Johnson, en plus d'être Texan, militaire et bien formaté, il est aussi républicain, membre du congrès et proche de Bush (Site web).
Alors Sam Johnson, quand il parle de politique militaire, il sait de quoi il parle. Le 19 février, Sam Johnson fait un discours dans une église au Texas. Il raconte sa dernière entrevue avec Bush dans laquelle il exposait au président ses vues sur la question des armes de destruction massive.
Sam Johnson, quand il s'agit d'empêcher la prolifération atomique, il sait comment s'y prendre et le fait savoir : "Syria is the problem. Syria is where those weapons of mass destruction are, in my view. You know, I can fly an F-15, put two nukes on 'em and I'll make one pass. We won't have to worry about Syria anymore." (C'est en Syrie qu'est le problème. C'est là que sont les armes de destruction massive, à mon avis. Vous savez, je peux prendre un F-15, leur balancer deux bombes atomiques en un seul passage et on n'aura plus à se soucier de la Syrie).
C'était Sam Johnson, membre du congrès des Etats-Unis, il y a deux semaines, dans une église du Texas. A la fin de sa phrase, l'assemblée entière a éclaté en un tonnerre d'applaudissements. Reste à espérer que ces gentils chrétiens ne se reproduisent pas entre eux. (Source : The Carpet Bag Report)
Au moment ou on juge les soldats d’Abou Grahib, voilà que les anglais font développer leurs photos de vacances à leur tour.
[Mise en garde: Images explicites] - Dans la vie courante, on distingue surtout le militaire du non militaire par son habillement. Certains indices ne trompent pas. Le militaire, par exemple, est habillé pour donner l’impression qu’il s’est roulé dans les feuilles mortes couvert de colle. Alors que le civil, rarement. Le militaire porte également la plupart du temps à bout de bras des ustensiles suffisamment efficaces pour abattre rapidement la moitié de la faune africaine. Alors que dans le bus, on ne rencontre finalement que peu de gens qui croient à ce point là vivre dans Quake.
Mais le militaire se distingue également de mes voisins en ce qu’il faut faire très attention quand on parle à un militaire. Parce que mon voisin, quand je lui demande de jeter un coup d’œil pendant les vacances histoire de voir si on a pas fracassé ma porte, il ne massacre pas le facteur quand il vient me porter une missive.
Alors que le militaire, si.
Pour preuve, quand on demande aux militaires anglais de surveiller les réserves de nourriture de l’armée en Irak, ils ne se contentent pas d’éconduire les Irakiens qui, c’est bien connu, veulent voler du riz pour faire des attentats.
Non, ils les attrapent, les mettent dans des filets (photo Guardian), leur marchent dessus (photo Guardian), « font semblant » de les frapper (photos Guardian #1 et #2), jouent avec (photo Guardian) et encore plus classe, les forcent à simuler des choses pas très autorisées par l’Islam (photos Guardian #1, #2 et #3). Le tout avec le pouce levé et les photos souvenir à l’appui. Très civilisé.
C’est le scandale de la semaine outre manche et ça tend à démontrer une fois de plus que oui, la guerre est décidément une chose tout à fait formidable. (Article du Guardian et Article du Monde sur le sujet).
Après les armes de destruction massives, voici les armes qui ne blessent plus personne. Elle provoquent juste la douleur. Super.
Dieu merci, l’humanité progresse. Il y a encore quelques années, quand on faisait la guerre, on s’acharnait à s’abattre à coups d’armes dont la perfection se mesurait en ennemis tués par centimètre carré. Un seul objectif, massacrer un maximum de méchants qui, c’est bien connu, passent le plus clair de leur temps libre à mugir dans nos campagnes.
Et puis ensuite est venue la mode des armes qui font des bleus ou qui piquent mais qui ne font pas vraiment décéder, ou en tout cas, pas tout de suite. C’est que la vie est précieuse, que la guillotine ne court plus les rues et que l’humain est particulièrement indigeste en plus et que du coup, on ne sait pas vraiment quoi faire de tous ces cadavres. Flash Ball, teasers et autres gadgets à faire frémir les ovaires d’un CRS ont trouvé leur place chez les gendarmes et à l’armée.
Et enfin, stade ultime de l’évolution de l’espèce gracieuse que nous sommes, l’armée américaine a délégué à l’université de Floride une étude sur le potentiel des armes qui font mal mais surtout, sans occasionner la moindre blessure physique (article de l’excellent Memory Hole).
Le principe ? On vise le méchant avec un champ électromagnétique qui bouleverse ses terminaisons nerveuses. Il ressent immédiatement la sensation de s’être plongé en string dans une marmite d’huile à frite bouillante. La douleur lui fait lâcher armes, munitions, femmes et enfants. Le miracle ? Il n’a rien. Pas la moindre séquelle physique. La douleur propre, sans trace. Le bottin sur le coin de la tête version high tech. (pour les techniciens, pdf de l’université de Floride)
A l’heure où les tortures irakiennes reviennent sur le devant de la scène, on imagine fort bien le potentiel de cette superbe invention. Gadget qui permettra d’infliger des douleurs insupportables sans qu’on y trouve rien à redire. Le monde avance à grands pas.
A fortiori, y compris dans le cas d’une éventuelle potentialité déflagratoire, faut bien l’avouer, mon général, c’est une bourde.
Objets Perdus. Aeroport fr. rech. sac cont. prod. Dangereux, mis par inadvert. ds valise bleue passager. vol dép. Paris. Ecrire au journ. qui transmettra.
Comme quoi, à ceux qui en doutaient encore, on peut affirmer que oui, même après le 11 septembre, il reste des déconneurs dans la police aéroportuaire. Quelques grammes de finesse (explosive) dans un monde de brutes .
Quand la géopolitique devient de la G.O. politique et que les présidents se croient au club med, ça devient forcement confus.
Les hostilités ont été ouvertes de l’autre coté de l’atlantique. Faut suivre. Fidel Castro, toujours vissé à Cuba, venant sans doute d’apprendre la réélection de Bush, dit que d’abord, tout ça, c’est parce que George, il a fait une fausse cassette avec Oussama.
Parce que selon Fidel, la coïncidence est vraiment trop incroyable et que na, c’est celui qui dit qu’y est après tout. Bien que ne remettant pas du tout en doute les capacités intellectuelles du grabataire, on est quand même en droit de se demander. Hum.
Et derrière ça, certains journaux américains en remettent une couche sur Chirac qui ne se souvient plus du prénom de Rumsfeld (Donald, c’est pas compliqué quand même) et qui répètent à ceux qui veulent l’entendre que Chirac (Jacques,pour mémoire) faisait moins le malin quand les SS rugissaient dans nos campagnes.
Devant un si superbe niveau de relations internationales, vous m’excuserez, faut que j’y aille, j’ai un rocher suchard sur le feu.
On avait cru que les Tchetchènes étaient de simples terroristes. Ils étaient juste drogués. Ouf.
L'histoire Russe et la haine farouche que s'opposent depuis des générations les sujets des tzars et les Tchetchènes est compliquée. Territoire Russe depuis qu'on a découvert qu'il y avait des plages au sud, les tchetchènes, peuple tribal et guerrier n'a eu de cesse de défaire aussi consciencieusement que possible ce que le Russe faisait.
Depuis des générations, Tchetchènes assassinent Russes qui en retour assassinnent Tchetchènes qui assassinent Russes. Le mouvement perpétuel du terrorisme cosaque en somme.
Alors finalement, qu'un commando Tchetchène prenne en otage près d'un millier d'enfants et de professeurs dans une école avant d'en massacrer une bonne moitié, rien de bien surprenant. On sait depuis longtemps déjà que les causes nationalistes avaient le pouvoir de diviser n'importe quel QI humain par un facteur proche de l'infini.
Mais voilà, apprend-t-on cette semaine, ce drame ne serait point dû à quelque rivalité culturelle ou différend géo-politique. Non, populasse infâme, garde toi bien de déductions hatives. Les enfants morts à Beslan sont des enfants morts de la drogue.
Les médecins sont formels, les prenneurs d'otages étaient tous drogués comme des coureurs cycliste, accros à une héroïne qu'on a retrouvé en quantité dans leurs corps criblés de balles.
Nous voilà rassurés, c'est vrai qu'on avait peur qu'il y ait une raison politique derrière ce massacre. Si ce n'est que pour la drogue, tout va bien. Et si on allait bombarder un ou deux champ de pavot an Afghanistan, pour se venger ?
Sur cette proposition d'une amplitude stratégique qui n'aura pas échappé aux plus affutés d'entre vous, vous m'excuserez, parait qu'un grand pays de ce monde est dirigé par un ex-alcoolique cocaïnomane ...
Il est des partie du globe dans lesquelles on n'attend pas l'ouverture de la chasse pour faire crépiter les fusils. Et c'est bien dommage.
Ce matin, comme chaque matin de la semaine, elle va à l'école. Ses livres dans le sac à dos, elle décide de changer de chemin, sans raison, juste pour ne pas suivre le même chemin que chaque matin.
Elle marche dans les rues quasi désertes, elle pense peut être à ses cours du matin ou à ses jeux de récréation. Elle a 13 ans, elle marche vers l'école.
Lui, ça fait une semaine qu'il est là. Fatigué, il sait qu'il en a encore pour quelques temps ici. Lui pense à sa femme qu'il n'a pas vu depuis quelque temps déjà. Il en veut à la terre entière d'être coincé ici. Le soleil commence à se lever au loin, il fait déjà chaud dans son abri minuscule.
Elle marche vers l'école, il la voit au loin. Elle est au mauvais endroit, au mauvais moment. Elle est à 70 mètres de lui, il sort son fusil et tire sur elle.
Elle court pour fuir mais une balle lui traverse le dos, elle s'effondre sur le bitume. Il sort de son abri, passe son fusil en mode automatique s'approche de la fille gisant sur la route.
Il est a bout portant, il appuie sur la gâchette. 5. 10. 15. 20 détonations crépitent dans l'air du matin. Il vide son chargeur dans le corps sans vie, secoué de spasmes chaque fois qu'une balle pénètre la chair.
C'était lundi, quelque part le long de la frontière israélo-palestinienne. Ca aurait pû être n'importe où, au Darfour ou au Kosovo. C'est officiel, la guerre rend con.
Une enquête est en cours pour savoir ce qui c'est exactement passé et depuis quand se promener avec un sac à dos est devenu passible de peine de mort (article du Herald Tribune)
Les frappes chirurgicales seraient elles devenues le Dave de l'armée, définitivement has-been ?
En politique, pas de miracle, pour avoir du succès, il faut s'adapter a son public. Serrer des fesses de vaches et embrasser des mains quand nécessaire. Mais cela ne vaut pas qu'en période électorale, l'équipe de Bush est là pour nous le prouver.
A New York, nous sommes en pleine convention républicaine. Les manifestations pullulent dehors et la police de Bloomberg décide de freiner les velléités de ces anarcho-communistes. On les comprend. Bref, ils interviennent, et pas du dos de la grenade lacrymogène.
Les forces de l'ordre repèrent un groupe de manifestants, boucle les rues adjacentes et se resserre en embarquant tout ce qui se trouve sur son passage. Jeunes, vieux, manifestants, passants, démocrates et républicains, tout y passe, tous au trou.
Mais aux Etats-Unis, une loi empêche de retenir en détention préventive plus de 24 heures. Et la convention est loin d'être terminée. Du coup, on laisse plus de 1500 citoyens, dont le seul crime est éventuellement d'avoir manifesté leur opinion, mijoter deux jours en prison (Guantanamo on the Hudson, via Village Voice). Sans nouvelles de leurs proches, de nombreuses familles vont faire le pied de grue devant la cour de justice. En vain.
Quelques jours plus tard, en Irak, une autre manifestation. On n'y agite pas que des pancartes. Un hélicoptère de combat, deux missiles dans la foule et hop, manifestation dispersée. Encore plus efficace (et moins consommateur de ressources humaines) qu'à New York. Et autant pour le journalistes tué dans "l'accrochage". Manquerait plus qu'on soit obligé de viser en plus.
Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait que Sarkozy a évoqué avec Cruise la possibilité de disperser la prochaine manif de lycéens à l'arme nucléaire.
Puisqu’on lui a enlevé ses Bretzels, vélos et autre Segways, Bush va faire des discours maintenant. Bien fait.
George fait de la politique extérieure. George, quant il fait de la politique, il veut s’assurer que tout le monde comprend bien parce que George, il trouve que les gens autour, ils sont un peu stupides.
Alors George, pour que tout le monde comprenne bien, il prend des exemples. Par exemple cet homme qui a eu les mains coupées parce qu’il faisait de l’échange illégale de devises, du coté de Baghdad.
Mais voilà, tout se gâte. George s’enflame, n’a pas bien révisé son texte, panique, tout lui revient à l’ésprit d’un seul coup. Il repense à ses vacances en Tunisie, au collier qu’il a acheté à Laura chez Wallmart, l’été dernier, son papa Bush, son ami schwarzy, Schwarzy qui extermine les méchants communistes, les russes qui mangent des enfants …
Et hop, il en est encore à Schwarzy en Afghanistan que ça lui échappe : "And because the Soviet dinar had devalued, Saddam Hussein plucked this guy out of society to punish him" dit il. Personne ne rie. Il continue à penser à Schwarzy et se dit que quand même, il est président des etats-unis et que y’a pas de raison qu’il n’y ait que David Hasselhof qui ait K2000. Il mettra le FBI sur le coup.
Quant à moi, vous m’excuserez, faut que j’y aille, paraît que la France va bientôt passer en Rouble Norvegien.
Parfois, c'est au détour d'un article qu'on découvre la criante vérité: Le terroriste n'est pas forcément où on le cherche.
Contrairement à ce que l'on peut trop souvent croire, le terrorisme d'Al Qaeda n'a pas épargné la France. Mais alors qu'aux Etats-Unis, le niveau d'alerte oscile tranquillement entre le jaune, le rouge et le kaki, point de changement visible dans un plan vigipirate qui nous fait l'honneur d'affubler les ferroviaires stations de militaires sous entraînés mais sur ennuyés en Famas.
C'est que les terroristes ont d'autres plans pour la France. En effet, alors qu'un an en arrière, le pays était en pleine pyrolise, un pseudo terroriste potentiel qui avait prévu de "scier les cables du pont de brooklyn" (rien que ça) téléphonait à son contact d'Al Qaeda en lui signifiant que "The Weather is too hot" (comme on peut le lire à la fin de cet article)
Le lecteur avisé aura bien compris qu'il ne s'agit en aucun cas du pont de Brooklyn mais bien du signal destiné à lancer une canicule sans précédent en France. Cet été, Douste Blazy a pris les devant en annoncant une mesure d'étiquetage prévenant les risques de l'alcool sur les femmes enceintes. Certaines sources affirment qu'on aurait en effet intercepté un message crypté de Ben Laden lui même affirmant "Un chateau margaux pour la 12, merci".
Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'aille m'acheter une petite laine, parce que comme on dit du coté de Heiltz le Maurupt, chaleur en été, froid en hiver après tout.
Stars d'un show biz bien ingrat, Ben Laden et AZF sont aujourd'hui relégués au rang de has been. Brain Not found corrige cette injustice.
Il s'appelle Ben. Ou Bin, c'est au choix, parce que hein, on n'est pas regardant sur l'orthographe. Ils s'appellent AZF, personne ne sait ce que ça veut dire mais ça fait vachement usine pétrochimique qui groove. Ils ont un point commun que le commun des mortels, voire même la France d'en bas leur envie ... ils ont été, à un moment de leur vie, les personnes les plus recherchées du monde. Si si. Enfin, AZF, presque, on va pas chipoter non plus, être recherché de Toulouse à Colmar, c'est déjà pas si mal. Ils ont un autre point commun, un certain amour pour les explosifs et les transports en commun qui vont vite (Ben est plutôt avion, AZF plutôt train).
Ben, c'est un arthritique, la soixantaine, grosse barbe de père noël mal rasé, canne en vrai bois d'arbre et conducteur émérite de mobylette. AZF, ce sont un gang d'amoureux de la cuisine et de la bonne bouffe, comme le témoigne leur propension incomparable à recycler les tupperwares.
Ben et AZF, ils ont encore le point commun d'avoir une chance que leur envie tous les joueurs de loto pour échapper à toute capture. Et pour vivre dans l'ombre (un point bonus à Ben pour arriver à survivre avec les trois quarts des armes atomiques de la planète aux fesses, tous comptes en banque bloqués et un demi million de militaires qui lui courent après).
Ben, on sait pas où il est passé. C'est vachement grand l'Afghanistan. Y'a plein de grottes d'où Ben contrôle la destruction du monde mais on arrive pas à le trouver parce que les grottes, en Afghanistan, ça manque pas. AZF, eux non plus, on ne sait pas où ils sont passés. Plus de "gros loup" dans libération, Suzy a disparu. Curieusement, on sait aussi que l'état français a essayé par deux fois de leur remettre la rançon qu'ils demandaient. Qui a dit qu'on a cédé au terrorisme au fond de la salle ? Tu sors.
Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'y aille, on ouvre le procès de l'homme invisible, du coté de Washington.
Il est des jours ou la réalité ressemble étrangement à la fiction. En essayant de fabriquer une bombe nucléaire sur Internet, José en sait quelque chose.
Pressés de justifier la détention sans procès d'un citoyen américain, José Padilla (déjà évoquée ici et ici), le département de justice nous apprend que le terroriste présumé avait prévu de louer des appartements dans plusieurs immeubles raccordés au gaz, de calfeutrer toutes les évacuations, d'ouvrir le gaz et de faire exploser ses résidences. Devant toutes ces réjouissances, on en oublierai presque qu'il est également accusé d'avoir voulu faire exploser une bombe sale.
Une bombe sale, faut-il le rappeler, n'est pas composée d'ordures ménagères ou de DVDs du best of des colocataires mais de plein de trucs nucléaires qui font peur afin d'irradier un maximum de gens qui ne demandaient qu'à aller chercher leur double mac chicken au Mac Drive du coin. Et devant la difficulté de construire une bombe sale, le département de justice s'explique:
" Comey said Padilla suggested to his handlers that he detonate a nuclear bomb that he thought he could make from instructions on the Internet, or that he set off a dirty bomb that would release deadly radiation in a small area" (Comey affirme que Padilla a suggéré à ses supérieurs (Al Qaeda) de faire exploser une bombe nucléaire qu'il allait fabriquer à partir d'instructions trouvées sur internet ou bien une bombe sale qui devait émettre des radiations mortelles sur une petite zone)
Donc, pour résumer, José n'a pas eu de procès depuis plus de 2 ans et est détenu pour avoir voulu fabriquer une bombe nucléaire à partir de plans trouvés sur le web. Surtout, il est incarcéré sans avoir commis quoi que ce soit de répréhensible. Pas encore en tout cas. Un film de science fiction sorti en 2002 mettait en scène un monde dans lequel on arrêtait les criminels avant qu'ils n'aient pu exécuter leurs plans. Bienvenue dans un monde meilleur. Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'y aille, je construis un airbus à partir de plans trouvés sur Minitel.
Avant, il y avait l'académie des neuf où on posait des questions intelligentes. L'académie des 180,000 démontre que oui, l'intelligence, c'est bien comme la confiture.
La capacité de réflexion du militaire de base demeurera toujours un des secrets les mieux gardés de la nature. Après tout, un militaire, avant de baver fusil à la main a été un être humain à un moment ou à un autre. Croyons le ou pas, certains le sont même restés après avoir signé avec les amis de Michèle. On aurait même entendu dire que certains deviennent des pères de famille tout à fait respectable. Et puis d'un autre coté, il y a ceux qui sont en Irak.
Près de la célèbre prison qui a remis les soirées SM à la mode, un journaliste de France 2 commente la prochaine destruction de la geôle. Il croise un militaire américain, lui demande son avis sur la question, espérant sans doute un scoop quelconque sur l'état moral des troupes de celui qui ne sait faire ni du vélo, ni du segway ni manger des bretzels voire même gouverner un pays. Et là, fier comme René qui vient de coller de la fourrure de renard sur le radiateur de sa R19, le militaire fixe l'objectif et dit en souriant "Vous savez, si j'avais une opinion, je ne serais pas militaire".
Pour autant de clairvoyance, on ne peut qu'applaudir des deux mains. Et s'esbaudir de voir l'avenir du monde placé en de si sûres et raisonnées mimines. Si si.
L'armée américaine est formelle, dans la guerre, tout est question de terminologie. Les dommages collatéraux en savent quelque chose.
L'armée américaine a été dotée par la nature d'un don certain pour inventer des expressions. La plus célèbre en date étant bien entendu celle de "combattant illégal", qui sous entend quand même, faut-il le rappeler, qu'il faut demander un permis de port d'arme au FBI avant d'aller se mettre sur le coin de la tronche avec des marines sur-armés sortis tout droit du Burger King d'appoint.
Moins célèbre mais dernier en date, l'armée américaine oeuvre pour le bien être de l'humanité. Si si, promis. La pratique qui consiste à priver les détenus de sommeil (en projetant, par exemple, de la musique assourdissante 24h/24 dans la tête des prisonniers) vient d'être rebaptisée de "Sleep Depravation" (privation de sommeil) en "Sleep management" (Gestion du sommeil). Insomniaques de tous les pays, réjouissez-vous, la guerre en Irak, en fait, ce n'est qu'une oeuvre de salubrité publique afin de trouver vite fait bien fait un remède contre les insomnies qui empêchent Gisèle de dormir.
Et pendant ce temps là, on apprend que 2 journalistes irakiens de Reuters et un de NBC ont aussi eu droit aux tortures de Marines (oups, pardon, aux sessions management des gestions de stress et de l'ego). On envie ces trois journalistes d'avoir collaboré aussi activement à l'élévation de l'humanité. Merci Donald.
Bon, ça va l'erreur est humaine, c'est pas comme si on avait déclenché une guerre et plongé un pays dans le chaos quand même ...
Colin Powell, qui n'en est pas à sa première bourde, commence à remettre franchement en cause ce qui a fait entrer les américains en guerre contre les l'Irak, a savoir les armes de destruction massive. Faut le comprendre. Après avoir mis les grands moyen pour démontrer que l'Irak avait de quoi dévaster la planète de Vierzon à Jupiter en même pas 40 minutes, son armée n'a toujours pas trouvé la moindre arme de destruction massive du coté des champs pétrolifères gardés par un méchant qui se cache au fond d'un trou.
Alors qu'on pensait que l'Irak était blindé de barres d'uranium, il faut se rendre à l'évidence, le bâtonnet de Colin reste introuvable. Pouf pouf. Et Powell d'enfoncer tout seul l'administration de son patron, tel que reporté sur le Seattle Times, deux points, ouvrez les guillemets:
"When I made that presentation in February 2003, it was based on the best information that the Central Intelligence Agency made available to me (...) It turned out that the sourcing was inaccurate and wrong and, in some cases, deliberately misleading. And for that, I am disappointed, and I regret it". (Quand j'ai fait la présentation en février 2003, celle-ci était basée sur la meilleure information de la CIA que j'ai pu obtenir. Il se trouve que les sources étaient inexactes et fausses, et dans certains cas, délibérément manipulées. Pour cela, je suis déçu et je donne mes regrets.)
L'article entier se trouve ici. Voilà qui ressemble fort à un aveu ... (pour ceux qui aiment les discours interminables, l'intervention de Powell à l'ONU est ici)
Un des grands penseurs de notre temps disait qu'en voulant l'égalité avec les hommes, les femmes risquaient de tomber bien bas. La preuve.
Un camp d'entraînement des Navy Seals. Ils sont l'élite de la marine américaine, les troupes qu'on envoie lorsque les situations deviennent difficiles. Leur entraînement dure 8 semaines, pas plus, pas moins. En entrant, ils savent déjà qu'ils ne seront pas tous élus, que beaucoup n'atteindront même pas le stade du premier jour. Le passage le plus difficile de leur séjour sera sans aucun doute celui où leurs supérieurs les torturent réellement dans une guerre franchement factice. Ils sont épuisés, enfermés dans des cages en osier. D'une cabane qui réplique les prisons viet, des hurlement jaillissent à fois qu'un recrue se fait interroger. Parmi ces recrues, une femme. Comme les autres, elle sera battue par ses supérieurs.
La femme, c'est Demi Moore. Le film, c'est GI Jane, un vague ode à une armée plus progéstéronique mais toujours aussi stupide et mal coiffée.
Dans la vraie vie, aujourd'hui, le Washington Post montre de nouvelles images de tortures ou d'actes franchement contraires à la convention de Genève en Irak. Et sur ces photos, GI Jane tient le haut du pavé. Elle tient un prisonnier Irakien au bout d'une laisse. Elle n'est pas Demi Moore mais elle a l'air aussi stupide que ses collègues masculins. Au moins un point où l'égalité des sexes est une réalité, apparemment.
On voit des photos des tortures en Irak. Et alors qu'on pensait y voir des fidèles de Saddam, on y découvre des marines dans le rôle des tortionnaires. Sic.
Sur le site de l'administration provisoire de Paul Bremer en Irak, deux pages sont dédiées aux actes de torture en Irak, à ces prisonniers qu'on électrocutait pour leur faire avouer leur opposition au régime de Saddam. Ces pages sont regroupées sous la bannière "Unspeakable acts". Unspeakable, comme impossible à envisager, impossible à raconter. Comme une bonne raison de plus de partir en guerre. Comme LA raison, s'il en fallait une.
D'autant plus impossible à raconter aussi les photos révélées aujourd'hui des tortures subies par les mêmes irakiens et infligées par les troupes américaines cette fois-ci. Impossible les photos de ces prisonniers, bras écartés, fils électriques connectés aux deux mains. Ces photos de marines, humiliant leurs prisonniers. Bizarre, cette idée qu'alors que certains se livraient à ces atrocités, que d'autres faisaient crépiter les flashes pour immortaliser ce moment, dans l'espoir sans doute de les coller dans un album de famille au fin fond du Kansas.
Les coupables affirment que c'est de la faute de l'armée, qui n'a pas formé ses militaires à savoir traiter les prisonniers. Comme s'il fallait une formation pour ne pas électrocuter ceux que l'on surveille. Hum. -- photos via SkyNews, #1, #2, #3, #4, #5, les explications dans l'article (et le slide show) ici--
Contrairement à son père, W est allé jusqu'à Bagdad. Comme Daddy, il aurait peut être mieux fait de rester au Texas.
L'armée coalisée basée en Irak démontre avec brio un viel adage que je viens d'inventer pour l'occasion (bien qu'il existe sans doute quelque part quand même), et qui dit qu'il est beaucoup plus facile de faire la guerre que la paix.
Tautologies à part, on ne peut que s'émerveiller devant les progrès fait depuis la fameuse installation du premier Burger King d'Irak (voir cet article). Attaques aux lances roquettes sur l'armée de libération, manifestations, manque d'électricité, d'eau courante, répression dans le sang, insurrection populaire, attentats, militaires démembrés en public … La liste est longue.
En tout cas, Bush ne se laisse pas démonter et annonce que les efforts continuent dans la même direction et que le terrorisme ne fera pas changer la coalition (composée des Etats-Unis et des … des … Etats-Unis) de cap.
Bon, on veut bien lui accorder le bénéfice de la persévérance, à l'instar d'un autre président qui reconduit un premier ministre dans ses fonctions alors que clairement, ce dernier ne fonctionne plus vraiment.
Mais on ne peut que s'angoisser quant à ce que signifie "la même direction". Voyons, après les fusils, les grenades et les lances roquettes, quoi d'autre ? Si ça continue, les Irakiens, ils vont finir par vraiment en fabriquer, des armes de destruction massive.
En inventant un nouveau statut, les US ont oublié la convention de Genève. En installant la clim, ils veulent nous faire oublier que c'est illégal.
Quant on cherche le point commun entre une brosse à dent de plus de 3 cm, une minute de sport, un gobelet en carton ou une bouteille d'eau, on atterrit quelque part à Cuba ou 600 personnes sont encore détenues sans toujours avoir été jugé. Et les objets sont ce que les américains appellent les "éléments de confort" qu'ils distribuent comme autant de carottes aux prisonniers qui sont d'accord pour leur dire ce qu'ils ont envie d'entendre.
Et l'armée américaine d'en profiter pour installer à Guantanamo un bâtiment qui va faire date dans le recul du droit international. Un endroit qui se voulait un lieu de non droit provisoire mais qui est manifestement bâti pour durer.
Le monde rapporte dans cet article du 27 mars (donc bientôt plus accessible gratuitement) les paroles de officiers qui font visiter CheneyLand aux journalistes: "L'installation d'interrogatoires et d'isolement du XXIe siècle", "On pourra tenir quatorze interrogatoires en même temps, s'exclame un officier. Et sans une feuille de papier !" " Le camp 5 va accroître "l'efficacité de la main-d'œuvre de 50 %"", "Le bâtiment a une "durée de vie de cinquante ans"".
Bref, le militaire n'en peut plus de faire découvrir sa petite zone high tech, en oubliant sans doute dans son optimisme de nouveau propriétaire qu'en 2004 comme en 2002, tous les pays du monde dénoncent cette violation ouverte aux droits de l'homme, que les prisonniers qui en sortent rapportent des cas de torture, et que le fait que les bâtiments soient repeint en kaki ne change pas le fait que détenir des hommes et des enfants sans procès et sans limitation de durée, c'est un peu limite quand on se prétend un pays civilisé.
Bref, pour paraphraser le joyeux GO du camp de vacances de l'armée américaine, c'est un "un laboratoire dans la guerre contre le terrorisme". Sans doute aussi un laboratoire de ce à quoi ressemblera le monde si on n'y fait pas attention.
C'est connu, le terroriste est exigeant et le service secret gaffeur. Ou comment verser une demande de rançon n'est pas chose facile, surtout quand il fait mauvais.
Aujourd'hui, dans la série "Histoires naturelles", observons en silence la curieuse parade amoureuse du terroriste et des forces de l'ordre d'un pays que nous appellerons F., pour préserver son anonymat. Avant sa parade amoureuse, le terroriste doit se choisir un nom, car "un groupe terroriste d'identité inconnue", ça passe mal au 20 heures. Le terroriste prendra soin de s'affubler d'initiales incompréhensibles mais néanmoins chargées d'une puissante et subtile signification métaphorique.
Lorsqu'il aura choisi son matricule, le terroriste fera alors connaître ses intentions, car il n'est de bon terroriste qui ne terrorise, à la fin. Le terroriste fera donc parvenir des message cryptiques aux autorités de la F. et aux médias, histoire de pouvoir passer aux 20 heures entre la rubrique football et le reportage sur la moisissure qui menace les caves à fromages alsaciennes (si si).
Le terroriste, qui nourrit sans aucun doute un complexe d'infériorité aigu, aura alors peur de se faire prendre pour un idiot. Il disposera donc un tupperware sous les rails d'un train pour prouver que les émissions culinaires ne sont pas l'apanage exclusif de France 3, merde à la fin. C'est là que le service secret, alerté par les effluves de nitrate de fioul, rentrera de plein pied dans la parade amoureuse.
Le service secret découvre le premier tupperware et vérifie alors que le terroriste sait bel et bien cuisiner (et il est prouvé que terroriste au fourneau, excitation place Beauvau). Le service secret pourra alors commencer sa parade a force de déclarations afin de rencontrer son terroriste (on pourra au passage juger du lyrisme dont fait preuve le service secret en période de reproduction: "Mon gros loup, ne prenons pas de risques inutiles, le plus tôt sera le mieux. Donne-moi tes instructions. Suzy"; "Mon gros loup, [...] l'oiseau doit s'envoler d'ailleurs. De plus, souhaite garantie pour cadeau. Toujours d'accord, mais parlons-en. Suzy"; " L'oiseau blanc s'envolera lundi" ...)
Affolé par tant de poésie, le terroriste, qui n'est pas une fille facile (il demande quand même 6 millions d'euros pour s'accoupler), donnera rendez vous au service secret. Et là, l'approche est longue et périlleuse. Force est de constater que généralement, le service secret se distingue des autres espèces par sa désarmante maladresse. Alors que le pays dépense des milliards pour avoir des jouets militaires très sophistiqués, le service secret aura moult difficultés à retrouver le terroriste à son point de rendez vous. Le service secret, en effet, ne trouve plus son chemin dés lorsqu'il fait mauvais ou que la nuit tombe.
Finalement, après deux essais d'accouplement (et de 6 millions d'euros) infructueux, le terroriste se mettra à bouder. Le service secret continuera sa parade mais du haut de sa noble suffisance, le terroriste boude. Alors, par miracle, le service secret découvrira un autre tupperware et aura la preuve que oui, définitivement, le terroriste est fort en cuisine. Le terroriste, de son coté, fatigué de tant de danses pour attirer le service secret, en aura assez. Sa période d'accouplement sera passée et il enverra un courrier laconique au service secret l'informant que c'est fini entre eux, et que l'incompétence fini par lasser.
Le terroriste repartira alors vers d'autres horizons, lassé de n'avoir pu s'accoupler. L'équipe de rédaction d'histoires naturelles ne peut en revanche pas garantir que les protagonistes n'aient pas copulé ... mais hors caméra (c'est que c'est discret, ces bêtes là ...)
Le terrorisme à beau être un sujet mode, on n'en finit pas moins par se perdre dans tous ces acronymes qui ne veulent rien dire. Tentative d'explication.
En ces temps de fortes activités électorales dans le monde (sauf en France où on le sait, le scrutin ne revêt pas la moindre importance sur le plan national, il faut se le dire), il est décidément à la mode de faire une carrière dans le terrorisme. Alors, avant que Cosmo ne publie un supplément spécial "Restez mode même avec une ceinture d'explosif", un petit tour du coté de ceux qui mettent les bombes, histoire d'essayer d'y voir un peu plus clair dans tous ces groupes de joyeux artificiers.
D'abord, il y a Ben Laden et sa flopée de kamikazes barbus qui n'ont de kamikaze que le nom puisqu'ils ne se font que rarement exploser avec leurs engins. Ben Laden, pour mémoire, est un type bouffé par la sciatique qui vit depuis 3 ans avec toutes les armées du monde libre aux fesses, dont la tête est mise à prix 8 millions d'années de salaire d'un Afghan moyen et qu'on arrive toujours pas à attraper.
Après, il y a les terroristes marocains. Alors eux, on croit que c'est des amis de Ben Laden mais en fait, on ne sait pas, on suppose que c'est une spin-off de Ben Laden corporation qui fait ses petits attentats dans son coin. Mais rien n'est sûr. Déjà, le terroriste marocains habite aussi en Espagne, ce qui ne rend pas les choses plus simples. Et puis en plus, on est même pas sûr qu'ils soient marocains. Ou terroristes.
Il y a aussi les corses. Plus difficiles à reconnaître car non Barbus, ils n'en prennent exclusivement aux maisons des gens qui n'habitent pas en corse mais qui ont quand même une maison là bas. Si l'Afghan était corse, il ferait des attentats en Afghanistan. Et tout le monde serait content.
Le palestinien quant à lui n'est pas forcement un terroriste (ni un corse) mais de nos jours, beaucoup de terroristes sont palestiniens. Le terroriste palestinien, contrairement à l'Afghan, se fait souvent sauter avec sa propre bombe. Le palestinien se rapproche donc de l'aviateur Japonais. Lorsque le palestinien fait un attentat, l'Israélien détruit une maison et c'est bien connu, quand le bâtiment va, tout va.
On compte encore parmi les terroristes quelques groupes d'envergure régionale telle que l'IRA, l'ETA et le breton qui ont généralement le bon goût de garder le terrorisme chez eux histoire de ne pas troubler la finale nationale du BigDil de samedi soir.
Le terroriste virtuel quant à lui, en plus d'énerver tout rouge les éditorialistes du figaro, pose plus de revendications que de bombes et s'offre un show médiatique en faisant faire une ballade de santé au personnel de la SNCF. Le terroriste virtuel est fourbe car il demande de l'argent et est suffisamment incompétent pour que les services secrets n'arrivent même pas à trouver l'adresse où il faut déposer la rançon.
Alors, muni de toutes ces informations, sauras-tu, toi aussi, retrouver qui a laissé un tupperware de nitrate de Fuel sous la ligne de train Paris-Troyes-Bâle ?
Quand on rapporte des "meurtres illégaux" par les forces de la coalition en Irak, c'est a se demander s'il n'y aurait pas un ver dans le FRU
A ce qu'on sache, de foi de catholique extrémiste et de protestant grégaire, Saddam n'aurait jamais mis les pieds en Irlande. Non. Même pas un cocktail Molotov ou une crucifixion bien sentie. Rien. Et pourtant, Irlandais et Irakiens partagent la joie d'avoir pu tous deux rencontrer les joyeux drilles du FRU, service ô combien secret de l'intelligence britannique.
Après avoir sévi du coté du pays où il fait beau surtout dans les pubs à l'heure de la guiness, le FRU s'en est en effet allé du coté du pays où il fait beau surtout du coté des puits de pétrole à l'heure où la noire visqueuse emplit l'air des effluves nauséabondes de nos futurs carburants à partir en vacances du coté du cap d'Agde, charmante station balnéaire qui, c'est bien connu, connaît en août le plus grand nombre de seins sans qu'un seul pape ne daigne se pointer à l'horizon.
Le FRU, c'est une charmante unité de renseignement britannique qui n'a pas hérité de James Bond son costume bien repassé ou son sourire Colgate mais plutôt le droit de tuer pour des intérêts politiques. Et alors qu'un ex-agent du FRU sort un livre de révélations sur les pratiques du gouvernement anglais en Irlande et des quelques centaines de meurtres qui en ont résulté, le Guardian s'étonne du manque de couverture médiatique.
C'est que le ministère de la défense britannique a su mettre les petits plats dans les saladiers à Ferrero rocher de la reine en interdisant à plusieurs journaux de publier les informations concernant le FRU et leur interdisant également au passage de communiquer sur le fait qu'il était interdit de publier des informations sur le FRU (sic).
Interdit de presse, déprogrammé de radio et de télé, le livre ne se vend guerre que du coté de Belfast où l'on s'intéresse encore un peu aux soucis géopolitico-religieux de l'Irlande. Du coté du reste du monde, on fera fi des exécuteurs de sa majesté et on pourra profiter de ce temps libre pour se demander comment on arrive à se planter 2 fois en essayant de verser 6 millions d'euros de rançon à un groupe terroriste (au passage, depuis quand cède-t-on aux demandeurs de rançon ?). Quant à moi, vous m'excuserez, un hélico de la DST vient de se poser à coté de chez moi. Ils veulent donner José Bové en rançon. Contre rien en plus.
Plus d'informations sur les FRU sur Totse, sur WSWS et dans un article du Sunday Herald de 2000.
Certains jours, on a envie de se taire.
Ils sont graves les jours où on arrive même plus à rire de nous même. Parce qu'ils sont 200 preuves de l'absurde imbécillité des extrêmes humains. Parce qu'ils laissent derrière eux des femmes et des enfants et autant de vides irréparables. Parce que ces trains éventrés. Parce que certains jours, l'ironie n'a plus sa place.
Silence. Aujourd'hui, j'ai mal au monde.
CNN dévoile que les services secrets américains, après plusieurs années d'incapacité, ont finalement remis la main sur Ben Laden. Hasard du calendrier ?
"Pentagon officials insist that it's only a matter of time before bin Laden is found." (Le pentagone affirme que la capture de Ben Laden n'est qu'une histoire de temps). Ca devait arriver. Les élections approchant, on reprend la trace de Ben Laden. Le fugitif le plus aimé puis recherché par tout ce que les états-unis comptent comme services secrets choisi cette année d'élection pour faire son coming back et décider de changer ses plans de villégiature.
"U.S. intelligence found signs of a network of al Qaeda couriers and safe houses on the Afghan side of the border, sources said. Such a network could be a sign bin Laden might be planning to flee Pakistan." (Les services de renseignements US ont trouvé les traces d'un réseau d'informateurs d'Al-Qaeda et de bunkers du coté Afghan de la frontière. Un tel réseau pourrait signifier que Ben Laden projetterai de quitter le Pakistan). Bien sûr, les montagnes pakistanaises n'étant que fort peu réputées pour leurs stations balnéaires, on comprend fort bien la volonté empressée de M. Laden de mettre les voiles et d'aller voir ailleurs si il y est.
"The U.S. military recently said it was increasing efforts to find bin Laden, who has eluded the United States for years." (les militaires américains ont récemment indiqué qu'ils intensifiaient leurs efforts pour trouver Ben Laden qui échappe aux Etats-Unis depuis de nombreuses années). Et qu'on vienne pas dire que ça a quelque chose à voir avec une quelconque élection à l'autre bout de la terre. On n'est pas des gens intéressés, nous, madame. Source: CNN: Bin Laden may be eyeing move
Alors que les infos s'enchaînent, le Figaro pense qu'éviter le terrorisme, c'est d'abord tous nous coller ... au train.
Le Tatiana-golovinesque Figaro craque. Dans un édito daté de ce jour, Jean de Belot dénonce la presse qui a rompu la loi du silence autour de l'affaire AZF. Il explique en vrac que la raison d'état prime sur l'information et qu'à force de croire que les gens ont un cerveau, on pourrait rapidement plonger dans l'anarchie la plus insécuritaire depuis la nomination de l'excité comme ministre de l'intérieur. Mais bon, ça, pour le Figaro, rien d'exceptionnel.
Mais Jean de Belot, je veux dire, il écrit pas souvent ou quoi ? Parce qu'il a l'air d'en avoir gros sur la patate et d'avoir très fort envie de dire plein de choses à ces boeufs de français et à ces gauchos de journalistes. Il mélange un peu tout ("[...] ce grand banditisme qui tue à coups d'armes lourdes pour une camionnette de transport de fonds, qui quadrille les établissements scolaires comme autant de zones de chalandage pour des drogues de plus en plus dures, et qui, maintenant, veut rançonner l'Etat") et nous fait son syndrome solidarité américaine avec retard ("Il y a dans ce chantage à la mort, au drame, au massacre des innocents, quelque chose d'aussi odieux que dans les attentats du World Trade Center").
Jean de Belot, il trouve aussi que tuer pour la religion, c'est vachement plus chouette que de tuer pour l'argent ("Avec une donnée particulièrement hideuse : là où certains meurent et tuent par intégrisme religieux et haine politique, ceux d'«AZF» sont prêts au pire pour des euros et des dollars. Epoque en sale état."). Mais l'argent ne serait-il pas ta religion à toi, cher Jean ? Peut être trouves-tu plus insupportable qu'on touche à tes fonds de pension qu'à la croix que tu as suspendu au dessus de ton lit ?
Et M. De Belot de finir par nous faire le nostalgique d'un mélange de Big Brother, du KGB et d'un Sarko président, deux points ouvrez les guillemets, jugez par vous même de l'infinie profondeur de ces propos qui sont au lyrisme ce que Kyo est à l'engagement politique: "Devoir de chacun et force de la collectivité : l'affaire vient rappeler que l'époque ne peut s'exonérer de l'Etat. D'un Etat fort. Aux moyens à la mesure des menaces. C'est-à-dire puissant mais sophistiqué, important mais mobile, réactif mais discret. Et aussi respecté."
Jeannot, (tu permet que je t'appelle Jeannot) fais attention, les boeufs de français que tu ne juge pas capable de comprendre le monde qui les entoure, si ça se trouve, y'en a même qui lisent la presse. Voir même le Figaro. Faut arrêter de dire n'importe quoi maintenant.
Quant à moi, vous m'excuserez, je prends une pelle et une pioche pour chercher l'endroit ou Jean De Belot se serait planqué si une bombe avait explosé et qu'il etait paru au grand jour que "La presse savait" et que ma brave dame, si j'avais su, j'aurais jamais pris le train.
[Edit: Oh, et pendant que j'y suis Jean, les deux dernières attaques de fourgon blindés à l'arme lourde n'ont tué personne ... Pour un mec qui bosse au Figaro, t'as pas l'air super renseigné ...]
En plus de ses grenades, chaque militaire américain possède un appareil photo. Et apparemment un sens pour la mise en scène.
Depuis la capture de Saddam dans son trou de Tikrit, peu de photos. Jusqu'à ce que des militaires ayant participé à sa capture n'envoient leur clichés du jour de l'arrestation au site military.com, justifiant de la manière suivante leur infraction au secret militaire: "I'd like to see this photograph posted in every public building in the US so Americans can be reminded to thank the American soldiers who put their lives on the line every day to keep this nation safe and free" (j'aimerai voir cette photo affichée dans tous les bâtiments publics des Etats-Unis pour que les américains n'oublient pas de remercier les soldats qui risquent leur vie chaque jour pour que leur pays vive dans la paix et la sécurité). [extrait d'un article du Daily Telegraph publié dans The memory Hole].
Bien entendu, le pentagone n'est pas très content de toute cette publicité hors de son contrôle. En même temps que les photos, un détail sur l'arrestation de Saddam, rapporté par CNN cette fois-ci (archive de l'article chez rense.com): Soldiers said afterward that when Saddam was found he said, in English: "I am Saddam Hussein. I am the president of Iraq. I want to negotiate." The soldiers replied: "President Bush sends his regards." (Les soldats ont déclaré qu'après avoir trouvé Saddam, ce dernier aurait dit, en Anglais "Je suis Saddam Hussein. Je suis le président d'Irak. Je veux négocier". Les soldats ont répondu "Vous avez le bonjour du président Bush"). Faut arrêter d'aller au ciné ...
Alors que la reconstruction irakienne capote et que les élections approchent, Al-Qaeda semble reprendre du poil de la bête. Simple hasard du calendrier ?
Avant, y'avait les rouges. Les rouges, ils étaient bien pratique. Ils habitaient dans un grand pays, ils avaient plein d'armes de destruction massive et ils faisaient super peur à tout le monde, ce qui avait le bon goût de relancer périodiquement le business de l'abri anti-atomique, gros consommateur de béton armé. Et c'est bien connu, quand le bâtiment va, tout va.
Et puis y'a un mec avec une tache sur le front qui est arrivé et les rouges n'ont plus été que l'ombre d'eux mêmes. Ils ont parlé de désarmement (saloperie de pacifistes) et l'union a éclaté en morceaux. De la plus grande menace à l'ordre mondial, les rouges sont passés au plus grand désordre intérieur possible. Et c'est bien connu, contre le désordre intérieur, rien de tel qu'un bon bol de céréales aux fibres.
Alors du coup, faute d'un autre gros ennemi avec toutes ses grosses armes nucléaires à se mettre sous la main, on a fait avec ce qu'on avait. On a tapé coté cote ouest cette fois-ci. Le Japon était partout. Ils rachetaient les studios de cinéma, jouaient avec les monnaies pour rendre leur produits plus compétitifs. Ils n'avaient pas d'arme de destruction massive mais ils ont quand même inventé le walkman alors faut pas déconner, tout se paye. Les US ont tenté pendant 20 ans de faire payer leur extrême insolence aux kamikazes convertis en hommes d'affaire.
Et un jour, arriva Al-Qaeda. On n'en avait jamais vraiment entendu parler avant. Certes, Bin Laden était déjà depuis un moment sur la liste des 10 personnes les plus recherchées des US (après avoir dîné avec tout ce que le gouvernement Bush compte de faucons) mais là, il se retrouve d'un seul coup à la tête de l'organisation la plus omnipotente qu'on ai jamais connu. Plus un crime ne se passe sans être quelque part lié au barbu sciatique.
C'est un peu comme Oui-oui. Oui-oui, il était partout. Oui-oui à la ferme, Oui-oui fait le ménage, Oui-oui au marché, Oui-oui découvre les joies de la prostitution, Oui-oui rencontre Non-non...
Là, après Al-Qaeda et les twin towers, on a "Al-Qaeda et les armes de destruction massive", "Al-Qaeda envahi les US", "Al-Qaeda devrait attaquer", "Al-Qaeda fait des attentats en Irak", "Al-Qaeda fait du shopping en Ukraine", "Al-Qaeda fait de la drogue" et surtout, mon petit préféré, "Al-Qaeda fait du Rap".
Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'y aille, "Steve le millionnaire" va commencer, parait que cette saison, il est barbu et qu'il a une canne ...
Après la bulle internet, les valeurs militaires seront elles les nouvelles petites protégées de Jean-Pierre Gaillard ?
D'un coté, on a ça ... "The terror alert that caused the cancellation of several transatlantic flights this weekend was based partly on intelligence that Al Qaeda might use chemical, biological or radiological weapons in an aviation attack, a U.S. official familiar with the case said Sunday." (Selon des sources proches du dossier, l'alerte terroriste de ce week-end qui a causé l'annulation de plusieurs vols transatlantiques était partiellement basée sur des renseignements qui estimaient qu'Al Qaeda pourrait utiliser des armes chimiques, biologiques ou radioactives dans une attaque aérienne.) - LA Times, inscription nécessaire mais gratuite.
De l'autre coté on a ça, à propos de David Kay qui affirme que les renseignements collectés sur l'Irak étaient faux: "Until a full account is provided, the suspicion will remain that in Washington, as in London, the handling of intelligence had more to do with persuading the public to support a war that had already been decided on than with calmly assessing threats" (jusqu'à ce qu'un rapport détaillé soit remis, un soupçon pèsera sur le fait que l'utilisation des services secrets par Washington - et Londres - a plutôt eu pour but de convaincre le public de soutenir une guerre décidée d'avance que d'évaluer calmement les risques.) - The New-Yorker, voir également "The failures of intelligence" (Les échecs des renseignements), via la BBC.
Enfin, on a ça ... "Bush's blueprint calls for spending $2.399 trillion and collecting $2.036 trillion in revenue, leaving a deficit of $363 billion for 2005, according to Republican officials who spoke on condition of anonymity. The president want to boost defense spending by 7 percent, increase spending on homeland security by 10 percent and bolster counterterrorism activities with an 11 percent increase for the FBI. " (Dans les grandes lignes, Bush propose de dépenser 2,399 trillions de dollars et de collecter 2,036 trillions, laissant un déficit de 363 milliards pour 2005, selon des officiels républicains qui ont parlé sous couvert d'anonymat. Le président veut augmenter les budgets de la défense de 7 %, augmenter les budgets de la sécurité intérieure de 10 % et continuer à pousser les activités anti-terroristes avec une augmentation de 11 % pour la FBI.) - San Francisco Gate.
Rien à dire, c'est cohérent. Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'y aille, j'ai les restes du nouvel an chinois à finir. Comme quoi en France aussi on sait s'asseoir sur les libertés quand il s'agit de faire de l'argent.
"You'd be surprised at how many of the guys I talked to in my company and others believed that the president's scare about Saddam's WMD was a bunch of bullshit and that the real motivation for this war was only about money. [...] We were promised to go home on June 8th, and found out that it was a lie and we got stuck doing missions for an extra three months. Even some of the most radical conservatives in our company including our company gunnery sergeant got a real bad taste in their mouth about the Marine corps, and maybe even president Bush." (Vous seriez surpris du nombre de gars auxquels j'ai parlé dans mon unité et dans d'autres et qui croient que les craintes du président au sujet des armes de destruction massives sont de la connerie et que la vraie motivation de cette guerre est uniquement l'argent.[...] On nous avait promis un retour le 8 Juin et c'était un mensonge de plus. Nous avons dû continuer les missions 3 mois de plus. Même certains des conservateurs les plus radicaux de notre compagnie ont un sale arrière goût quant ils pensent aux marines et même au président Bush)
"Wow, 130,000 troops on the ground, nearly 500 deaths and over a billion dollars a day, but they caught a guy living in a hole. Am I supposed to be dazzled?" (Wow, 130,000 militaires au sol, presque 500 morts et plus d'un milliard de dollars par jour, mais ils ont attrapé un gars qui vivait dans un trou. Je devrais être impressionné ?)
Textes extraits de lettres de militaires américains à Michael Moore et reportées par ce dernier sur Alternet dans cet article.
"The invasion was still a lie. The capture of Saddam Hussein changes nothing about that. There were too many forked tongues in the road to his lair. The way we removed the dictator, we became a global dictatorship.No major reason for the war has been proven. The deadly WMDs became weapons of mysterious disappearance". (L'invasion est toujours un mensonge. L'arrestation de Saddam Hussein n'y change rien. Il y a eu trop de langues fourchues sur le chemin de cette planque. La façon de supprimer ce dictateur a fait de nous des dictateurs globaux. Aucune raison invoquée pour la guerre n'a été prouvée. Les armes de destruction massive ont mystérieusement disparu). Le reste, c'est par là, via le Boston Globe
Juste histoire de se souvenir que même si un dictateur de moins, c'est mieux qu'un en plus, on n'a toujours pas trouvé d'arme de destruction massive, d'armes chimiques, de liens entre Al-Qaeda et Saddam, d'uranium africain, d'armes prêtes à anéantir l'occident en 45 minutes.
Tout ce qu'on sait, c'est qu'on nous a ouvertement menti, qu'un scientifique anobli par la reine d'Angleterre pour sa loyauté s'en est suicidé, que personne ne s'est jamais excusé d'avoir pris la moitié du globe pour des cons. Tâchons de nous en souvenir. Quant à moi, vous m'excuserez, c'est l'heure de la gym devant mon télécran. Une dure journée à réécrire l'histoire m'attend.
Voilà, ça devait arriver, c'est arrivé. On a chopé le grand méchant loup, le monstre dont la seule évocation suffisait à donner une érection à la famille bush et par extension à toute l'armée américaine. On est hyper content, le monde sera plus sûr sans lui et autres totologies à faire vomir n'importe quel journaliste qui se respecte un minimum. Les Etats-unis et l'Europe éructent d'une joie dégoûtante, tout le monde se bave sur le nombril, comme si avoir chopé Saddam allait régler quelque problème que ce soit. Bravo, 600 marines armés jusqu'au gencives, qui ont cherché pendant 9 mois. 600 fusils d'assaut, 600 lunettes infra-rouges, infra-bleues, infra-vertes, 600 grenades. Au 20 heures, hier soir, on nous montre comment s'est passée la traque de Saddam, le monstre aux pouvoirs surnaturels. Et hop, un indic dit qu'il est dans un village. Pas de quartier, on bombarde. 25 morts, femmes, enfants, hommes, vieillards. Oups, Saddam, il était pas là. Non, en fait, il est là bas. Deux trois coups de lance roquette dans ta maison, désolé, on prends pas la peine de frapper avant d'entrer, on est à la bourre pour l'ouverture de CNN (et désolé pour le sang sur ta moquette). Pas de Saddam chez toi, tu as perdu à "qui veut gagner 25 millions".
Bon, Saddam, faut le trouver, lui qui doit se planquer dans un centre de commande ultra-secret, à commanditer tous les attentats contre les GI's. On l'imagine dans sa base à la Docteur No, terré dans un faux volcan, armées High Tech, armes de destruction massives à portée de main (faut bien qu'elles soient quelque part). On l'imagine avec son pote Oussama, préparant une nouvelle atrocité.Et puis on le déterre dans un trou juste assez grand pour tenir une personne couchée. Il se terre là depuis quelques jours. Ils sont 600 à venir le chercher. On s'étonne qu'il ne résiste pas (avec tous ses pouvoirs surnaturels de méchant, bizarre qu'il ne se soit pas envolé où un truc dans ce genre). Ce matin, un journal anglais (perdu le nom au passage) titrait, sous la photo de Saddam "Il n'a même pas eu les couilles de se tirer dans la tête". Un autre titre "Hang Him" (pendez-le), rappelant un far-west débile et une justice où on lapide et coupe des têtes. La société "civilisée" au plus beau de sa forme, qui brûlerait des sorcières si elle pouvait. Et que faisaient ils, ces justiciers de bac à sable, alors que Saddam gazait les kurdes ?
On l'a trouvé, le catalyseur de la vindicte populaire. On dit que Saddam à droit à la convention de Genève mais on l'exhibe tel un animal, on lui cherche des poux devant la caméra, on lui regarde les dents comme on le ferait avant d'acheter un cheval. Et on pourra aller se coucher repu, heureux que justice soit faite, que le bien triomphe du mal, que James Bond gagne finalement contre docteur No. On pourra croire que rien n'est impuni, que le bien triomphe du mal et s'estimer heureux d'être gouverné par les gentils. L'irak pourra devenir sans crainte l'enjeu économique de 2004, les irakiens libres de devenir les pompistes de l'occident, libérés du joug de la cruauté barbare du psychopathe sanguinaire, livrés à des enjeux qui les dépassent, sans que l'on ai pris la peine de leur demander leur avis. C'est plus fort que moi, quand l'occident décide de s'auto-congratuler pour avoir écrasé une mouche avec une tapette de 70 tonnes, c'est plus fort que moi, ça m'énerve, même si la mouche était Tsé-Tsé. Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'y aille, je dois assister à l'avant première du film sur la libération de l'Irak et la capture de Saddam, bientôt sur vos écrans, pop corn à la main, ticket à 8 euros chez Gaumont, -25% pour la séance de 10 heures.
Au secours, Bush s'est acheté un jogging addidas millésime 1985 à la halle aux vetements avant d'aller faire le boulet en Irak pour Thanksgiving. Ces images sont tellement belles qu'elles n'en font pas réelles. Rappellons nous simplement que le serveur qui tient la dinde est le président, qu'on le veuille ou non, du pays le plus riche et le plus armé du monde. Alléluia.
Les photos, c'est ici ...On admirera donc un George tout droit sorti de l'école de formation des équipiers Mac Do présentant son Mac Dinde à des militaires dont la testostérone n'en peut plus de ne butter que des volailles. Mais au fûr et à mesure de la soirée et vu que le pepsi coule à flot, George ne tient plus droit. Il improvise alors une conférence de presse qui se terminera, esprit de thanksgiving oblige par une bonne blague grivoise pour faire rire le militaire en rut. Les traditions ont du bon. Parfois.
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Edit: Ca m'était sorti de l'esprit mais c'est vrai que ce n'est pas la première fois que George se tape de la dinde ...
"Thank you for joining the Iraqi resistance forces. You have been issued an AK-47 rifle, rocket-propelled grenade launcher and an address where you can pick up supplies of bombs and remote-controlled mines. Please let your cell leader know if you require additional materiel for use against the Americans. " (Merci d'avoir rejoint les forces de résistance irakiennes. Un AK-47 et un lance grenade vous ont été remis, ainsi qu'une adresse où vous pouvez récupérer des bombes et des mines télécommandées. Merci de tenir votre responsable d'unité informé si vous avez besoin de matériel supplémentaire pour combattre les américains). Ou comment Ted Rall imagine le recrutement de ceux qui font de l'occupation irakienne un cauchemar pour l'administration Bush. La suite, par ici. Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'y aille, je dois relire la notice du "Clemenceau".
La nuit des héros, c’était le réality-show avant l’heure, la trash tivi avant le Loft, c’était quelques heures de France d’en bas à la télé de la France d’en haut. C’était un Laurent Cabrol qui recevait des héros ordinaires, celui qui avait sauvé le chien de la mémé aveugle de la noyade un jour de grand froid sur un lac gelé du coté de Vezoul. C’étaient tous ces gens qui passaient pour un soir pour des sauveurs de l’humanité, pour des exemples, ceux-là même auxquels Sarkozy voudrait remettre vite fait bien fait une médaille du courage histoire de montrer que la racaille n’à qu’à bien se tenir.
Dans la nuit des héros, on n’a jamais vu un héros dire « euh non, en fait, je déconnais, c’était pas moi », affirmer « moi, j’ai sauvé le labrador parce que je voulais le piquer à la vieille pour le revendre à des amateurs de fourrure canine » (et c’est bien dommage, ça aurait donné du peps à l’émission). Passons.
Jessica Lynch, elle, l’a eue, sa nuit des héros à elle. Son exploit ? Se faire secourir d’un hôpital Irakien où elle était détenue par des collègues militaires, le tout filmé en live (ça économise le coût d’avoir à rejouer la scène). Jessica était une héroïne, une vraie. On la voyait, massacrant des irakiens par dizaines, se faire finalement rattraper par une horde de barbares sanguinaires qui allaient la violer avant de la torturer histoire d’enfin savoir où il les cache, ces armes de destruction massive, le Bush. Sarah, c’était l’icône de ceux qui prenaient les militaires pour des Rambos, la symbolique naïade perdue derrière les lignes ennemies, perdue de son peuple.
Ben non…
Et le pire, c’est que c’est elle qui le dit. Elle n’a pas tiré un seul coup de feu. Dans l’hôpital où elle était traitée, les médecins étaient très attentifs à son état de santé et ont même essayé à plusieurs reprises de la faire échapper. Ils n’ont bien entendu opposé aucune résistance à l’entrée des troupes de l’oncle Sam pour récupérer l’enfant du pays.
Eh oui …
Du coup, gracieux comme des catcheurs professionnels, les militaires frustrés ont ménacé de publier des photos de la demoiselle dénudée dans des magazines pour adultes. Le reste du délire patriotique, c’est par ici, via Newsday. Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'y aille, il paraît que Laurent Cabrol est aux ducs.
« Le président a expliqué que, si d’autres pays possèdent, aussi, des armes non conventionnelles, le cas de l’Irak est particulier parce qu’elles y sont « contrôlées par un tyran porté au meurtre et qui a déjà utilisé des armes chimiques pour tuer des milliers de gens ». Citant Richard Butler, l’ancien chef des inspecteurs de l’ONU, M. Bush a déclaré que le problème posé par l’Irak est que « Saddam Hussein est un dictateur qui commet des homicides et qui ne peut pas se passer d’armes de destruction massive ». Faut-il donc attendre qu’il accroisse encore son arsenal pour agir ? […] Même Joseph Lieberman, sénateur du Connecticut, lui aussi favorable à une épreuve de force contre l’Irak, marque ses distances avec l’exécutif s’inquiétant de l’absence de préparatifs pour la reconstruction du pays après la défaite ou le départ de Saddam Hussein » […] Un conflit militaire pourrait être difficile. Un régime irakien confronté à sa chute pourrait tenter de prendre des mesures désespérées et cruelles. - Le Monde, daté du 9 octobre 2002.
Bilan des courses, un an et quelques plus tard, une guerre menée tambour battant, peu de résistance, pas d’armes de destruction massive utilisées ou même découvertes, Saddam Hussein en fuite, l’Irak plongée dans le chaos. Une chose est sûre, Bush ne lit pas « Le monde ».
Pour changer, la très parano administration Bush, vient d'arrêter un nouveau terroriste présumé potentiel éventuel. Et histoire de montrer à tout le monde que le faucon veille, que ce n'est pas un faucon descendant, il arrête un des siens, un des militaire qui était censé faire la traduction au camp de Guantanamo. Selon le SF Gate, le faux traducteur risquerait la peine de mort pour haute trahison. Parmi les chefs d'accusation retenus contre lui, quelques uns taperaient même dans l'oeil de Steevie Wonder (l'article en entier se trouve par là):
Lied to the Air Force by falsely claiming to have become a naturalized U.S. citizen in 2001. Al-Halabi, who joined the Air Force in January 2000, is Syrian (a menti à l'Air Force en prétendant être un citoyen naturalisé américain depuis 2001. Al-Halabi, qui a rejoint l'Air Force en Janvier 2000 est Syrien)
On admirera l'efficacité et le sérieux des contrôles à l'entrée de l'armée américaine ainsi que l'exemplaire suivi des dossiers. Demain, je m'engage dans les marines en affirmant être le soldat Ryan et hop, médaille et pension à vie sans jamais avoir tenu une arme ... Le pied.Took pictures of the prison camp. (A pris des photos du camp de prison).
Tsss ... Guantanamo aurait-il des choses à cacher ? Les journalistes prennent bien des photos et ne se font pas exécuter jusqu'à preuve du contraire ... Oups, non, ma faute, ils ne sont plus autorisés à se rendre sur le site depuis un moment déjà ...Had contacts with the Syrian Embassy to the United States which he failed to report as required. (a eu des contacts avec l'ambassade Syrienne aux US qu'ils n'a pas signalé comme demandé)
Alors je dis, si on a même plus le droit d'aller grignoter quelques Ferrero entre deux séances de torture, je comprends plus rien à la démocratie moi. Mais c'est bon à savoir, quant on va aux repas de l'ambassadeur, mieux vaut inviter sa très militaire hiérarchie ...Had unauthorized contact with the inmates, including giving them baklava desserts. (a eu des contacts interdits avec les prisonniers, y compris en leur offrant des portions de desserts Baklava)
Alors je dis non. Qu'on enferme les prisonniers sans procès, sans avocat, sans contacts, sans délai, sans vie privée, sans informations, sans droit international, passe encore. Mais qu'on les prive de Baklava, que fait amnesty international ????????Alors que Powell fait un tour du coté de l'Irak histoire de voir si ses envies prennent vie du coté de chez vous, Rumsfeld, lui, est resté au pays et en profite pour faire un point sur les prisonniers de Guantanamo Bay (lire Quand W se croit au Texas, Le pont de la rivière Kwaï et Laissez venir à moi les enfants si vous avez loupé le début).
Bref, le très généreux Rumsfeld explique dans une conférence de presse que les prisonniers sont bien mieux au chaud à Cuba que dehors. Ils sont plus de 600 à être détenus depuis près de 2 ans, sans avoir droit à un procès, un avocat ou quelque contact avec l'extérieur. "Our interest is in not trying them and letting them out" (notre intérêt n'est pas de les juger et de les laisser partir) affirme Donald. Avant d'ajouter que quelques uns (6) allaient passer en jugement devant un tribunal militaire mais qu'il préférait voir les autres emprisonnés "indéfiniment". Ce qui va, bien entendu, à l'encontre de toutes les conventions sur les prisonniers de guerre. Mais vu qu'il ne s'agit pas de guerre, après tout ... Pourquoi se priver.
Le Guardian se penche quant à lui sur les rapports faisant état d'usage de torture par les US. Le tout, sans que personne ne se demande pourquoi la plus grande démocratie du monde ferme si bien les yeux quant on s'assoit sur les droits de l'homme. "Pentagone" serait-il en train de remplacer "Wall Street" dans son rôle de chef du monde ?
Saddam Hussein nie être responsable de l'attentat de Najaf... Ouf, on a failli croire que Saddam faisait partie des méchants. Nous voilà bien plus optimistes sur l'état du monde maintenant. Merci Al-Jazira.
Quand Amnesty International sort un rapport sur la torture en Irak, on se prend innocemment à penser qu'il fait référence aux régime de Saddam, bien heureusement supprimé par les forces de libération occidentales. Que néni, quand on s'interroge sur la torture en Irak, on fait désormais référence aux traitements que font subir les marines à leurs prisonniers (de guerre ou civils).
Amnesty International urges the CPA and the Coalition Forces to ensure that the prohibition of torture and any other form of ill-treatment is absolutely respected by the Coalition Forces and Iraqi law enforcement officials. (Amnesty Internation demande au CPA [Autorité Provisoire de la Coallition] et aux forces de la coallition de s'assurer de manière urgente que l'interdiction de torture et autres traitements dégradants est respectée par les forces de la coallition et les représentants des forces de l'ordre irakiens).
En attendant, il est toujours temps de sauter de joie dans les salons du pentagone pour avoir finalement tué les fils de Saddam: Saddam Hussein's sons were responsible for the torture, maiming and murder of countless Iraqis (Les fils de Saddam Hussein étaient responsables de la torture, mutilation et mort d'un nombre innombrable d'irakiens), dixit GW Bush, via cet article de Canada.com. Au moins les Irakiens sont pas dépaysés.
La nouvelle est officielle, et elle aurait presque détrôné les feux de forets et l'incendie de la tour effeil (notre 9/11 à nous) en tête des JT. Les fils de Saddam ont été abattus par les militaires en poste en Irak. Les images de scènes de joies montrent des irakiens qui, pour fêter la chute des fils à papa, tirent des rafales de fusil mitrailleur en l'air (a essayer lors du prochain barbecue en famille). L'irak fête la chute des sanguinaires et barbares fils du tyran. L'irak fête une deuxième fois sa libération. L'irak a bien raison.
Pour faire oublier des armes invisibles (IHT) et un suicide gênant (The independant), Bush et Blair y vont de leur credo aussi. Le premier se déclare heureux de l'information (Sify News), le second quand à lui dit que c'est une grande nouvelle (Skynews).
A la Haye, un tribunal a été crée pour juger les crimes contre l'humanité, les oppresseurs en tous genres, les dictateurs internationaux. Est-ce vraiment notre idée de la justice que de traquer les coupables et de les éliminer sans autre forme de procès ? Ils ont sans doute été abattus pour des raisons valables (légitime défense et autres), y'a t-il raison pour les chefs des pays du bien (sic) d'exulter de ne pas voir ces criminels jugés. Ne pourrait on pas au moins une seconde regretter que ces dictateurs passent par la justice de Smith & Weston plutôt que de passer par celle des hommes ? Pourquoi ne veut-on plus légitimer la justice ?
Rambo, en voilà un militaire qu'il était beau. Il avait les muscles en avant, portait à mains nues des armes de guerre défiant toutes les lois de la gravité, ne se laissait jamais abattre (aux deux sens du terme), secourait ses amis blessés, compatissait sur ses ennemis mourants, suait d'abord, saignait ensuite, mais en toutes occasions, restait fidèle avant tout à sa nation, la bannière étoilée, même si, Murdoch, tu n'étais qu'un "fils de pute". Bref, Rambo, c'était le militaire de base, stupide comme un Famas, obéissant comme une grenade, il allait se faire exploser là où on lui demandait. Joséphine, de son coté, attendait bien sagement au pays et préparait des tartes aux pommes en attendant que son tueur de mari ait collecté ce qu'il fallait de tripes humaines pour satisfaire les appétits bouchers de ses chefs.
En bref, à cette époque bénie des dieux, le militaire était ce qu'on lui demandait d'être, une arme ambulante qui avait pour seule vocation de servir de morceaux de viande au bout d'une gâchette.
Et voilà qu'en ces temps dissolus de troisième millénaire (si si, comptez bien), le fantasme du militaire intelligent comme une courgette a disparu. Le militaire d'aujourd'hui, c'est un être humain avant d'être un futur mort. Croyons le ou pas, toutes ces années sans hécatombe notable pour les pays du nord on donné aux militaires l'envie de rester vivant. Voire même pire, l'envie de satisfaire leurs petits besoins de gens normaux, aller voir leurs femmes, leurs enfants, manger des happy meals et boire du diet coke.
Bref, en 2003, y'a plus moyen de faire une bonne vieille guerre correctement. La tendance n'est pas nouvelle. Lors de la première guerre du golfe (1991 pour ceux qui ont la mémoire d'un mérou), on annonçait fièrement aux informations de l'ORTF des principaux journaux français que le premier militaire français avait été officiellement blessé. Un fringuant pilote de chasseur s'était cogné la tête à la verrière de son avion en descendant de l'engin de mort. Chacun verse sa larme, on referme la vilaine plaie avec 2 points de suture, on met du désinfectant qui pique pas, un suppo et au lit.
Pour une fois, on avait de l'avance sur l'autre coté de l'atlantique, sur l'armée parfaite, celle qui bâti année après année des hordes de tueurs la bave aux lèvre grâce au plus gros budget militaire de la planète. Cette année, ce sont les soldat de l'oncle Sam qui ont la larme à l'oeil, la goutte au nez. Merci à Chryde de l'excellent "Heures creuses" pour cet article du SF Gate:
"Our morale is nonexistent. We have been told twice that we were going home, and twice we have received a 'stop' movement to stay in Iraq." (Notre moral est inexistant. On nous a dit deux fois qu'on allait rentrer chez nous et deux fois, on nous a demandé de rester en Irak). Et de continuer "Our men and women deserve to be treated like the heroes they are, not like farm animals. Our men and women deserve to see their loved ones again and deserve to come home." (Nos soldats méritent d'être traité comme les héros qu'ils sont, pas comme des animaux de ferme. Nos soldats méritent de revoir leurs être aimés et de rentrer chez eux).
La puérilité de ce message me laisse sans voix. Militaires de tous les pays, re-saisissez vous, merde à la fin. Vous défilez dés qu'on vous laisse 5 minutes, le torse bombé et l'oeil vif devant des foules en extase. Vous rasez vos crânes pour avoir l'air viril, l'air des hommes, des "vrais". Vous sentez la testostérone, la sueur et l'essence à des kilomètres, on n'entend que vous dans les trains qui vous ramènent à vos casernes. A peu de choses près, vous feriez passer Aldo Maccione pour un membre du MLF. Parce que là, franchement, vous filez un mauvais coton. Si vous continuez à vous plaindre comme ça, on va finir par ne plus croire en votre force abrutie. Peut être même qu'on aura plus peur de vos armes. Peut être même, qu'un jour, vous ferez votre coming out et vous deviendrez casques bleus. Qui sait, peut être un jour, vous aurez envie de faire la paix. On peut rêver.
Via News24.com, comment le piratage de musique et de logiciels aide les terroristes ... Paris - The head of Interpol called on Wednesday for a global crackdown on software and music piracy, saying the illicit proceeds help finance al-Qaida, Hezbollah and other terrorist networks (Paris - Les chefs d'Interpol ont appelé mercredi à un combat global contre le piratage de logiciels et de musique, en affirmant que les revenus illicites aident à financer Al-Qaeda, le Hezbollah et d'autres groupes terroristes). [toi aussi insere ta propre blague ici]
Mais bien sur. Et Saddam, il se cache sur Napster aussi ???? Merci à one point zero pour avoir décroché cette perle d'humour.
Franchement, y'a des jours où tout va pas si mal. Après le Burger King de Baghdad, c'est du coté de l'Afghanistan que tout va beaucoup mieux. On ne peut que se féliciter de tant de respect des coutumes locales. Et en cadeau Bonus, pour le prochain candidat à la guerre, Doubleuvé ne semble pas vouloir renoncer à son projet de mini bombe nucléaire. Fonctionne aussi en Corse.
On savait déjà que les US avaient quelques difficultés à trouver les fameuses "armes de destruction massive" sur le sol Irakien. On savait aussi que les anglais avaient un goût inéspéré pour la parodie dans leurs documents "hyper services-secrets top confidential secret defense" quand ils pompaient des thèses d'étudiants qui dataient d'une dizaine d'années. Mais cette fois, c'est à Joseph C. Wilson 4th de monter au creneau. Ex-diplomate de la maison blanche, il a été dépéché par la CIA pour prouver sur la base d'un rapport douteux que l'irak avait acheté de l'Uranium au Niger. Il est revenu en rapportant que cela était difficilement envisageable, voire impossible, et qu'en tout cas, il n'existait audune preuve que cela se soit passé. Peu importe, la CIA (et Bush) utiliseront quand même le rapport douteux comme preuve que Saddam voulait eradiquer toute forme de vie sur terre. Le diplomate s'explique dans le New York Times de dimanche: What I didn't find in Africa.
"Did the Bush administration manipulate intelligence about Saddam Hussein's weapons programs to justify an invasion of Iraq? Based on my experience with the administration in the months leading up to the war, I have little choice but to conclude that some of the intelligence related to Iraq's nuclear weapons program was twisted to exaggerate the Iraqi threat. " (L'administration Bush a-t-elle manipulé des informations sur les armes de Saddam Hussein afin de justifier l'invasion de l'Irak ? Sur les bases de mes experiences avec l'administration dans les mois qui ont précédé la guerre, je ne peux que conclure que les informations à propos des armes nucléaires ont été modifiées afin d'exagerer le danger Irakien).
Rien à dire de plus.
Via The memory Hole, cette photo de l'AFP d'un Irakien de 17 ans, arrêté, menotté et escorté par une 4 militaires afin de "servir d'avertissement aux autres après qu'il ait insulté les troupes américaines" sur son chemin vers l'école. Guantanamo, here we come. On comprend un peu mieux pourquoi les US s'évertuent à signer un max. de traités qui interdisent de poursuivre des ressortissants américains devant le Tribunal Pénal International ...
Il y a trois mois, les militaires américains installaient le nouveau maire de Najaf, Irak. Bon, alors forcement, dans la précipitation, ils avaient pas vraiment pris le temps de bien regarder CV et lettre de motivation. Ca arrive ... (via Yahoo!, U.S. Troops Arrest Iraqi Mayor, Top Aides)
In addition to kidnapping, Mun'im stands accused of holding hostages, pressuring government employees to commit financial crimes, and attacking a bank official. (En plus d'accusation pour Kidnapping, Mun'im est accusé de détention d'otages, de pression à exercer des fraudes financières et d'avoir agressé un banquier). Beau bilan en 3 mois à peine ...
Non seulement on ne trouve pas d'armes de destructions massives mais on en dé-trouve. Du verbe dé-trouver, qui signifie que quelque chose que l'on avait trouvé ne l'est plus (trouvé). Peut être par exemple employé dans la phrase "On avait trouvé des camions de fabrication d'armes biologiques hyper dangeureuses qui piquent les yeux et le nez, mais en fait, on s'était gauffré parce que nos experts à 1 million de dollars piece savent pas faire la différence entre une pile et une centrale nucléaire. Les armes de déstructions massives, nous en dé-trouvons de plus en plus chaque jour" - Nonsmoking Smoking Guns, via le Village Voice.
Egalement via le Village voice, toi aussi aide Bush et Blair à trouver des WMD. Histoire qu'on puisse en finir avec l'Irak et foutre sur la tronche à l'Iran, via BBC
I-Télévision, ce matin, où l'on reparle des Irakiens. D'un seul coup, ils ont l'air vachement plus en forme, les ex-opprimés, entourés qu'ils sont par des militaires armés jusqu'au dents. Les images ne trompent pas, ils ont l'air bien habillés, tout est en technicolor, passage médiatique obligé vers le monde civilisé du 20 heures occidental. Ne serait-ce la poussière sur la route et la misère de certaines maisons, on se croirait presque en proche banlieue. On y a même ouvert le premier Burger King et crée le premier Boy's Band du pays, signe ô combien prémonitoire d'une installation des bonnes vieilles valeurs occidentales.
Une rue de Baghdad, une manifestation, apparament calme. Deux irakiens, visiblements fils spirituels de Marc Blondel, ouvrent le cortège, une bannière à la main. Une bannière simple, quelques mots, en Anglais: "WE WANT JOBS". Rien de plus. Le taux de chomage atteint désormais 50 %, la privatisation des entreprises irakiennes laisse prévoir que ça va s'empirer.
Une route, apparament perdue dans le desert. Des marines, lunettes de soleil Top Gun orgueilleusement vissées sur le nez, fouillent un automobiliste. Lui, bras en l'air, semble mal comprendre pourquoi il se fait arrêter alors que son seul crime est de rentrer chez lui en voiture. Devant les Armes de destruction non-massive qui pendent aux bras des soldats, il s'y soumet sans resistance. Aujourd'hui. Loin du vieil homme, deux écolières se font fouiller, elles aussi, sur le chemin de l'ecole.
Un canapé, un garçon d'une quizaine d'années, torse nu, à coté de sa mère. Il explique que les américains sont rentré chez lui en facassant la porte, ont arrété son père et son oncle. Il porte un bandage sur l'épaule, une écharpe pour porter son bras. Dans l'action, il a reçu une balle. Une balle qui sera sans doute aussi une piqure eternelle de vaccin anti-américaniste. Et pas besoin de rappel pour celui là.
Irak, 12 juin 2003. Les Boys de l'oncle Bush machent du chewing gum dans les rues de baghdad. Les Irakiens n'ont plus de travail. Le gouvernement Irakien promis n'existe toujours pas. Les actes de rebellion contre la nouvelle autorité se multiplient. Les arrestations et echanges de coups de feu aussi.
En confiant l'irak à l'armée, on a peut être oublié qu'un militaire, c'est fait pour faire la guerre. Pas la paix.
L'heure est désormais aux questions existentielles du coté de la maison blanche. Ou plutôt du coté de ceux qui ont couvert avec moultes génériques post-modernes les tumultueuses aventures des "Boys" partis se faire exploser la tête chez Saddam. Toujours pas d'armes de destructions massives, pas de Saddam. Tout ce que les experts ont pu rapporter, ce sont trois camions supposés servir de base mobile de fabrication d'armes chimiques. Du coup, le débat fait rage, mais pourquoi donc dobeuliou a-t-il voulu envahir l'Irak ...
S'il y a actuellement un concensus, c'est bien pour dire que l'Irak représentait autant de danger pour les US que Loana de concurrence pour un prix nobel de physique. Du coup survient le dilemne du moment:
1°) Selon Bush, il fallait attaquer l'Irak parce que le pays présentait un danger imminent pour les pays "civilisés" que nous sommes censés représenter.
2°) Selon les démocrates, il ne fallait pas attaquer l'Irak parce que, au choix, SOIT ils n'avaient pas d'armes de destruction massive et ne représentaient donc pas de danger immédiat SOIT ils en avaient et representaient un danger trop grand en face duquel il ne fallait pas user de force
3°) Selon le front anti-guerre, il ne fallait pas attaquer l'Irak car cela mettait en péril la stabilité de la region ET la structure de l'ONU
Finalement, on tient aujourd'hui comme acquis aux US que le gouvernement de George a un tantinet exagéré la menace que représentait l'Irak. On tient également comme acquis que la situation en Irak est plutôt mieux qu'elle n'était avant.
D'ou la cruelle remise en cause métaphysique du moment: Comment se peut-il que l'on ai pu faire quelque chose plus dans l'interêt des autres que dans le notre? Quelque chose qui aurait rapporté plus aux Irakiens (un semblant de liberté) qu'aux américains (la fin d'une fausse menace).
3 écoles semblent sortir du lot:
1°) L'école de "Les américains n'auraient pas dû s'en mêler, avec une tête de noeud à la maison blanche, ça ne peut aller que plus mal" (Operation Iraqi eradicatoin, par Ted Rall)
2°) L'école de "Puisqu'on a vu que c'était plutôt bon pour les autres, pourquoi pas le refaire là où il y a d'autres tirans" (Only Anglo-Amrican Alliance can bring ordrer to Congo, par Cynthia Tucker)
3°) Et enfin, l'école de "Bande de crétins irresponsables de gauchistes anti-guerre, on a bien fait de pas vous écouter. Désormais, on ne vous écoutera plus jamais" (We don't care par Ann Coulter)
Parmi ces trois opinions, une seule me donne envie de mettre mes doigts au fond de ma gorge. sauras-tu retrouver laquelle ?
América's Army, c'est un jeu fait par des militaires, avec des militaires, pour faire de la pub aux militaires. Au programme, téléchargement gratuit de la bête, des missions, des batailles, plein d'options rigolotes. Toute la force destructrice de la première armée du monde est à portée de souris. Les armes foisonnent, leurs noms laissent rêveur. "M67 Fragmentation grenade", "AK47", "M16A2" et autres "Dragunov SVD" vont permettre de massacrer tranquillement les méchants ennemis que l'on prendra soin de ne pas trop approcher (histoire de ne pas se faire tirer dessus à son tour).
Le jeu contient de véritables scènes de poésie et d'humanisme, a l'instar de ces commentaires des screenshots (a voir dans la partie Mountain Pass dans cette section
1- A Beautifull Place for a battle (Un superbe endroit pour un massacre)
2- The high ground gives you the perfect drop on ennemy Grounds (perché d'où tu es, tu peux tuer en toute sérénité)
3- In position and waiting to Strike (Bien planqué a attendre un ennemi qui passe)
4- It's the dead of winter but you've never felt so alive (Fait froid mais assassiner, ça réchauffe)
5- That's 1 for the US, 0 for the ennemy. Who's next ? (Je suis le plus fort, reviens que je te massacre)
C'est beau, humaniste, romantique. Et l'armée n'a pas oublié les plus petits d'entre nous. Histoire de ne pas choquer les âmes sensibles, ce jeu qui a pour seul objectif de massacrer un maximum de gens avec des armes qui auraient fait baver d'envie les deux compères de Columbine, est interdit au moins de 10 ans. Merci pour eux. L'armée nous informe donc avec plaisir que l'age légal pour tuer est passé à une décennie. Y'a plus de jeunesse, j'vous dit.
Dieu merci, le jeu est aussi accessible aux non américains, comme nous l'explique la FAQ du site, parce que "We want the whole world to know how great the american army is" (nous voulons que le monde entier sache à quel point l'armée américaine est fantastique). Quelqu'un osait en douter ?
Décidément, on n'en fini jamais d'en apprendre sur Guantanamo. Seule prison du monde civilisé dont le nom ressemble a une chanson populaire, dont les prisonniers sont aussi bien gardés que des puits de pétroles irakiens, dans laquelle les avocats et la loi ne pénètrent pas. Sans épiloguer sur les conditions de détention des "combattants illégaux, sans parler du non respect de convention de Genève, sans même évoquer le droit international, on se demande où les militaires américains ont pu pécher l'idée d'enfermer à Guantanamo, depuis plus d'un an, des enfants qui avaient 15 ans quand ils se sont fait arrêter, comme l'a dévoilé cette semaine ABC Australia (via le Guardian)
Porte parole d'Amnesty International, Alistair Hodgett confiait au journal "That the US sees nothing wrong with holding children at Guantanamo and interrogating them is a shocking indicator of how cavalier the Bush administration has become about respecting human rights," (Que les USA ne trouvent pas choquant de détenir et d'interroger des enfants est un bon indicateur de l'attitude cavalière de l'administration Bush quant il s'agit des droits de l'homme).
A lire également, une analyse des méthodes interrogatoires et en particulier, de l'usage de drogues pour faire parler les prisonniers, via Alternet. Le prix de la régression démocratique de la semaine revient, avec une facilité déconcertante, au Marine retraité Bill Cowan pour avoir dit sur Fox News, à propos des interrogatoires à Guantanamo: "he doubted "truth serum" would work but hoped Webster's suggestion would lead the Bush administration to try torture. "Maybe it'll be an entrée to take us to the next step," Cowan said. "I kid around with people about plugging them up to a 110-volt outlet and flipping the switch if they don't want to talk." - Fox News, 26/04/2002. (Il a dit qu'il doutait que le serum de vérité soit efficace mais qu'il espérait que les suggestions de Webster inciteraient l'administration Bush à essayer la torture. "Ca nous emmènera peut-être au degré supérieur" dit-il. "Ca m'amuse de dire aux gens que je vais les brancher sur du 110 volts et appuyer sur l'interrupteur s'ils ne parlent pas").
Bienvenue 200 ans en arrière.
Premier pretexte pour partir en guerre contre l'Irak, les armes de déstructions massives sont toujours aux abonnés absents. Comme nous le reporte le NY Times (US inspectors find no forbidden weapons at iraqi arms plant), l'attention des US se dirige plutôt désormais vers la condamnation des crimes de guerre que vers la découverte d'armes de destruction massive. Et le journal de reporter les difficultés que rencontrent les equipes d'inspection qui recherchent d'un bout à l'autre de l'Irak, les armes que le pentagone était persuadé avoir découvert, a grand renforts de satellites, d'espions, d'intelligence service et de rapports vieux de 12 ans.
Pendant ce temps là, les irakiens font le rapide apprentissage du droit de parole en allant déjà manifester dans les rues de Baghdad et de Nasiriya contre l'occupation américaine (via, encore, le NY Times - Now free to protest, Iraqis complain about americans). La rumeur court dans la capitale que Sadam serait aux US, protégé par la CIA (ou autre organisation de ce type), de qui expliquerait selon les irakiens la rapidité de l'effondrement du régime. On croit avoir apperçu Saddam en compagnie de Ben Laden aux alentours de Melrose place.
Stephen Pollard nous explique dans le Telegraph pourquoi selon lui, il faudrait que la Syrie prenne le même chemin que l'Irak, c'est à dire quelques missiles sur le coin de la tête. Devant les avertissement répétés de Washington, il nous revele en fait que la Syrie présente un danger encore plus grand que l'Irak et son dictateur fou, ses armes de destructions massives (qu'on va bien finir par trouver un jour) et ses virus et autres cochonneries biologiques. Le discours tenu envers la Syrie à l'heure actuelle ne diffère finalement que peu du discours qui était tenu envers l'Irak quelques mois plus tôt. Les preuves présentées non plus. Cette fois, on ne fait pas ressortir un rapport vieux de 12 ans écrit par un étudiant mais on fait des associations plus que judicieuses:
"In reality, the SSRC was the cover for the production of chemical weapons. The Syrian company Setma imported 90 tons of trimethyl phosphate, ostensibly for the production of an insecticide. By an astonishing coincidence, trimethyl phosphate just happens to be a precursor of nerve agents" (En réalité, le SSRC etait une couverture pour la production d'arme chimiques. La compagnie Syrienne Setma a importé 90 tonnes de trimethyl phosphate, officiellement pour la production d'un insecticide. Par un étrange hasard, il se trouve que le trimethyl phosphate soit également un des composants des gaz innervants). On peut acheter du Trimethyl Phosphate sur Internet, le gros de la production se situe en Chine.
Avec des démonstrations ausssi brillantes que ça, je commence de mon coté à angoisser sévère. Y'a deux semaines, j'ai acheté du débouche évier Destop. La bouteille est affublée d'un sigle "Toxique" et il y est spécifié qu'en cas de mélange avec du CIF ammoniaqué, il peut se dégager des gaz nocifs.
J'écris de ce pas à Hans Blix pour me dénoncer et laisser les inspecteurs fouiller mon appart. Pas envie de voir des GIs débarquer chez moi.
Le mot de la fin à un dirigeant de l'ONU, ce matin, sur Euronews ... "Finalement, les plus gros producteurs, possesseurs et chercheurs dans le domaine des armes de destructions massive sont bien les Etats-Unis non ? Tachons de ne pas l'oublier".
Enfin, le prix de la regression démocratique de la semaine revient, non pas à Stephen Pollard pour son brillant article mais au site French Boycott qui, dans les raisons pour boycotter la France, donne entre autres ces deux là: They hate Americans mostly due to jealousy (ils haïssent les américains principalement par jalousie) et We have an $11 billion trade deficit with the French (nous avons un déficit commercial de 11 milliards de dollars avec la France). Merci pour autant de pragmatisme.
Découvert grâce à un commentaire (merci), ce site qui recense les petits leaflets jetés aux irakiens (depuis la guerre du golfe de 1991). Outres les traditionnels "Ne mettez pas le feu aux puits de pétroles, ne posez pas de mines, ne nous tirez pas dessus, soyez sympa, merde à la fin, on est vos amis", la perle de l'oeuvre la plus esthético-combattante revient à celui-ci, sans aucun doute l'oeuvre d'un ecrivain collection harlequin reconverti au pentagone. C'est tout simplement beau et emouvant (et surtout authentique, c'est le pire ...).
"...at this moment, the regime of Saddam Hussein is being removed from power..." (désormais, le regime de saddam Hussein est écarté du pouvoir). C'est en substance le message de Bush au peuple Irakien, sur les canaux de ce qui était jusqu'à présent le canal de la chaine d'état irakienne. Sans certitude sur le nombre de spectateurs étant donné qu'une grande partie des grandes villes du pays n'ont plus l'éléctricité (via le New York Times). Pour être encore plus rassurant, les autorités américaines ont promis un retour rapide des programmes télé, actualités et autres. On espère déjà un fin mélange de MTV, Fox News, ESPN Sports et comedy central.
Ailleurs hier, sur euronews, cette image frappante de Baghdadis trainant la tête de la statue de saddam, poursuivis par une cohorte de photographes, caméramans et autres reporters dans une ambiance qui faisait penser à une arrivée de tour de France. La télé n'est pas le nerf de la guerre qu'en Irak apparament ...
Via Le Monde - "Et si, loin de dissuader les Etats voyous de s'équiper en armes de destruction massive, elle (la guerre) les incitait à en développer afin de se mettre à l'abri d'une opération "à l'irakienne"? La "guerre de démonstration" deviendrait alors une machine à accélérer la prolifération des armes les plus dangereuses et les actes terroristes !". La guerre de démonstration. Nouveau concept à la mode, il faut montrer des victimes, montrer que c'est sale, montrer que l'on a pas peur de mourrir. Reuters publie chaque jour un bilan du conflit, nombre de morts chez les marines et chez les irakiens, chez les civils et chez les journalistes, les types d'attaques et presque la météo à Baghdad, les résultats du tiercé et le menu à la cantine de l'hotel de Koweit City où loge l'état major. Mais la démonstration ne s'arrête pas là. Les quotidiens n'hésitent désormais plus à publier les noms et les âges des marines morts au combat, détaillé jour par jour, comme un appel à la solidarité derrière les jeunes victimies des combats et un avertissement cinglant aux "forces du mal". Le NY Times appelle ça un conflit de démonstration. Le NY Times qui en profite par ailleurs pour se demander "Bon, finalement, elles sont où ces armes de déstruction massive ?"
Ce matin, on annonçait la prise de l'aéroport "Saddam" de Bagdad (via BBC)... que les marines, dans un élan de "je n'ai que ça à faire", se sont empressé de renommer "Baghdad International Airport". Merci ceci dit de nous avoir épargné un G.W.Bush ou un Donald "Duck" Rumsfeld International Airport.
Une quinzaine de kilomètres plus ploin, la ville qui sera le point tournant de la guerre, dont la bataille s'annonce féroce et longue (de l'avis de tous les médias qui nous ont déjà en plusieurs occasions, prouvé leur extreme clairvoyance sur ce genre de sujets). Alors même que les informations sont contradictoires sur le sujet (siège, pas siège, massacre, pas massacre ...), la question de la reconstruction de l'Irak commence à devenir un refrain obsédant.
Avec ou sans l'ONU ? Avec ou sans les dissidents aux bombardements ? Les Anglais ont promis 300 millions d'euros. Les Américains, entre 1,7 et 3 milliards selon les sources. Soit un total de 2 à 3 milliards de dollars pour reconstruire un pays détruit par 75 milliards de dollars de marines, d'armements lourds, legers, qui ont le point commun de casser tout ce qui bouge (ou pas). Infrasctructures de communication, infrastructures éléctriques, commerciales, logistiques et industrielles seront à reconstruire. On apprend par ailleurs que le montant de l'aide à la reconstruction de l'Irak sera équivalent au montant du soutien accordé aux compagnies aériennes américaines dont le traffic a baissé pour cause de guerre. Bon sens des priorités ...
Quand même une bonne nouvelle dans ce monde de brute (comme quoi, tout est relatif), les soldats anglais ont enfin remis en service l'eau et l'éléctricité qu'ils avaient eux mêmes détruits et dont la population de Bassorah etait privée depuis plus de 2 semaines (2 semaines sans BigDil, tu m'as bien vu ??).
Pendant ce temps, le Sénat américain débatait et affirmait sa position de ne pas voir d'autres pays intervenir dans la reconstruction de l'Irak. Y'a pas de raison non plus, on y est allé tous seuls avec nos Marines, pas de raison qu'on ne recolte pas seuls les fruits de notre déplacement de masse. Peut-être est-il temps de cesser de considerer l'Irak comme un marché à conquérir mais comme un pays avec une culture, un passé, un futur, des habitants et tout et tout ... Sinon, à vouloir gérer l'Irak comme un Maquedo, on finira un jour par vouloir en virer les employés récalcitrants ...
Quand aux questions humanitaires, l'administration Bush semble vouloir soutenir un engagement de l'ONU afin de ne pas porter seule un surcout budgetaire dont elle se passerait bien. Il n'est pas précisé à l'heure actuelle si "Gisement de pétrole & êtres humains associés" rentre dans la catégorie "Besoin humanitaire".
Dans le même gout que le post publié ici, les lecteurs de L'arizona Daily Star ont été outrés de voir en première page de leur quotidien une photo en couleur de l'hélicoptère américain abattu en Irak. Certains la jugent "Non Patriotique", d'autres "Démobilisatrices", d'autres encore "de mauvais goût" et enfin, certains pensent que la photo est tout simplement déprimante, qu'il ne convient pas de la diffuser au public.
L'attitude des US et du monde occidental vis à vis des images de guerre interpelle tout le monde. Libé consacrait la semaine dernière une page entière aux débats déontologiques menés au sein de la presse. Cafouillages en toutes sortes, on a pu voir les prisoniers américains à la fois en clair, à la fois le visage en mosaïque. On a pu voir des cadavres irakiens, des blessés Anglais, des vainqueurs américains. Pas de cadavre de l'alliance à l'horizon. Libé de son coté juge indispensable de justifier sa position dans l'article ici. Leur conclusion est que "pour sa part, Libération, qui a publié samedi des photos de prisonniers irakiens, a choisi de publier aujourd'hui celles des prisonniers américains, considérant qu'elles constituent une information sur la réalité de la guerre, et non une façon de les livrer «à la curiosité publique»."
Jim Lowney, dans son excellent Blog, cite le Boston Globe qui dit pour sa part que montrer la réalité de l'horreur de la guerre est indispensable, ne serait-ce que pour nous montrer où peut en arriver l'homme (post par ici). A priori, c'est encore quelque chose que les médias américains se refusent à faire.
Enfin, pour finir sur le sujet, Libé nous offre les 6 raisons pour lesquelles Bush s'en va-t-en guerre dont la meilleure, désromais un classique dans les cours de récré du 16eme: "Il a essayé de tuer mon papa". Sur ce, vous me pardonnerez, faut que j'aille manger des Bretzels en regardant la petite maison dans la prairie. Pas envie d'être déprimé par tous ces morts moi ...
Extrait du texte Who Am I to question the commander in chief? - “Where in God's name did you ever get the idea to countermand the commander in chief of our nation?” Ok. I have to take exception to this. Let’s make one thing clear – George W. Bush is indeed the commander-in-chief of the military, but last I heard, the President works for the people, not the other way around – even if they didn’t vote for him.
Since when did patriotism equal silence? Did that happen about the same time peace activists were added to the “no-fly” list? Will we let the terror war, or the Iraq war, or the oil war, or whoever it is we’re fighting this week destroy the very foundations of our democracy? It’s time for people to sit up and pay attention. We’ve reached a turning point in history, where Americans say they’ll cash in their freedom and liberty for security. We defeated communism and dictatorship, so now we’ll try capitalism and dictatorship?
Unless we all speak out, we just might. Because the tenor of the debate is exactly what President Bush said: if you’re not with us, you are against us. If you don’t support war on Iraq, you must be Saddam’s best friend. If you don’t support “turning the place into glass,” you must be anti-American. If you don’t support slaughtering innocent civilians abroad, you must support terror against Americans at home. I’m a combat veteran, and I reject that argument. If we give up the civil liberties on which our society was founded, then what are we fighting for? If we trade in our brains for the spin of the oil-company-controlled White House, we’re in trouble.
Ce texte est extrait du site Veterans for Common sense qui réunit une frange de population grandissante: Les ex-militaires américains qui s'opposent au conflit en Irak. Ils font de plus en plus de bruit et semblent les seuls à emouvoir un tant soit peu une opinion publique gavée de Fox-News, de guerre technologie qui lave-plus-blanc-que-rouge. Vétérans du Vietnam, d'Irak et d'ailleurs, la guerre ne fait pas l'unanimité chez les militaires. Les politiques quittent aussi peu à peu le consensus bushien comme on peut le lire dans Alternet. De son coté, Joern Siljeholm, Norvégien et inspecteur à l'ONU, dénonce les mensonges des US sur les armes de déstruction massive (via aftenposten). Ajoutons à ça les manifs, les artistes durant les Oscars, une superbe lettre de Michael Moore à Bush, les démissions en Grande Bretagne, aux US et ailleurs. Finalement, tout ne va peut être pas si mal ...
"...L'armée de l'alliance a rencontrée des poches de resistance dans le sud de l'Irak...", "...des poches de resistance autour de ...", "...les troupes d'élites sont coincées sur une poche de resistance ...". J'en passe et des meilleures ... Une simple recherche sur le Google du jour nous donne les résultats suivants: 302 résultats, 302 articles différents, 302 fois le même buzzword repris 302 fois en coeur par des journalistes en manque de slogans publicitaires. Même la "Pneumonie Atypique" n'a pas tenu le haut du pavé, trop compliquée, trop effrayante. Non, un bon buzzword qui va bien, c'est un buzzword qui groove, suffisament compréhensible, suffisament vague, suffisament crétin. Encore une fois, le Buzzword est utilisé à toutes les sauces, débilisant toutes les infos, remplacant la réflexion par la promotion. Et deux poches de resistance pour le prix d'une, c'est l'anniversaire auchan ...
Poches de resistances ? Un point plus dur à percer que les autres ? Un annormalité dans une guerre où l'on s'attendait à conquérir sans se battre. Sur France 2, hier, au JT de 20 heures, des images de tanks américains, en route pour Bagdad. Soudain, nous raconte la journaliste interloquée, oui, soudain, les chars américains ont été pris pour cible, vous vous rendez compte ? Et la journaliste de se retenir de crier au scandale, au "pourquoi tant de haine". Les GI's, descendent de leur tanks, interceptent le combattant ennemi. Spectacle pitoyable, ils sortent d'un pick-up Nissan surmonté d'une ridicule mitrailette un Irakien. Pour un peu, on pourrait presque imaginer la conversation. "Putain, t'es dangereux toi, tu nous a tiré dessus. T'as failli rayer notre char ... On te préviens, tu vas payer pour refaire la peinture, Bastard".
Tout le monde semble surpris ... Les Irakiens ont osé tirer sur les alliés. Ils forment des poches de resistance. Ils ne se laissent pas faire. Ils ne se rendent pas tous, n'acclamment pas les troupes ricaines qui rentrent chez eux et plantent des drapeaux dans leurs villes (superbe cafouillage). Franchement, si on n'était pas diplomates, on dirait presque qu'ils sont mal élevés ces irakiens ... A force de superiorité numérique, technologique ecrasante, a force de se convaincre que, de toute façon, les alliés seront les plus forts, que le combat n'etait qu'un formalité, on se surprend à voir tomber les bombes, à voir des occidentaux blessés, tués. On ne trouve pas ça normal. On ne veut pas montrer les images d'une guerre qui ne veut plus dire son nom, qui se revendique uniquement un conflit de position, un war game taille réelle qui s'arrête quand on redémmare la playstation. Pour se battre, il faut être au moins deux. Et pas dans le même camp.
La nouvelle du jour, oui, les irakiens vont resister. Oui, ils vont se battre pour leur dictateur. Parce qu'un militaire, c'est fait pour obéir stupidement aux ordres. Les américains, spécialistes de la chose, auraient dû le savoir. Les journalistes aussi. Ca leur aurait évité les commentaires pathétiques de ces derniers jours.
C'est officiel, la guerre a commencé. Bush fils a fait mieux que Bush père, il n'a même pas laissé s'écouler plus de deux heures entre la fin de l'ultimatum et le début du conflit. Appellons ça une décision mûrement réfléchie. Passons. Bref, Bush, pas trop coiffé comme c'est son habitude ces derniers temps, fait un speech pour annoncer l'ouverture du festival de ... oups, des hostilités. Et il y va franchement (l'intégralité du speech à lire ici):
"Our nation enters this conflict reluctantly, yet our purpose is sure. The people of the United States and our friends and allies will not live at the mercy of an outlaw regime that threatens the peace with weapons of mass murder" - Laissez moi bien réfléchir sur la notion de "Reluctantly" ... Ca voudrait pas dire, comme le journaliste i-télévision l'a si bien traduit ce matin, "a reculons" ? C'est à dire poussé par une obligation pressante ou une tierce partie ? Hmmm ..... Je nourris des doutes là dessus. Ca ferait pas bientôt 2 ou 3 mois que des centaines de milliers de chtit GI's sont planqués à la fontière de l'Irak non ?
"In this conflict, America faces an enemy who has no regard for conventions". Il ferait pas référence à l'ONU ou à la convention de Geneve là l'ami Bush par hasard ? Ou à la convention de non prolifération des armes nucléaires, où à celle de Kyoto ? Parce que dans ce cas là, faudrait voir à balayer devant sa porte un peu ...
Tout ça pour dire que dans ce grand marasme, on tient quand même la bonne nouvelle du jour. Contre l'avis de leur parti, quelques républicains ont voté contre le dada de Bush, c'est à dire relancer les forages pétroliers en Alaska, reserve naturelle et source de pétrole à la fois. Le projet a donc été rejeté par le sénat. La preuve qu'on peut pas être à la fois au canon et à la foreuse ... Drilling in Alaska, a Priority for Bush, Fails in the Senate, via le NY times.
Aujourd'hui, un chef Taliban a été appréhendé (malheureusement pas en Irak, ça aurait beaucoup simplifié la vie de doubleuvé), un tabloïd anglais révèle que la date de la guerre serait déjà fixée (avec des sources aussi fiables que ça, on va aller loin), Chirac se fait acclamer (et se prépare pour son prix Nobel), un charter renvoie des immigrés chez eux (même pas en business) et plus de 200,000 marines ont la bave au lèvre d'en venir enfin aux armes. De mon coté, je reprends la production de posts pour ce blog (que j'avais laissé tomber aux mains du manque de temps durant presque une semaine).
En dehors de ça, on m'a envoyé ça, extrait du "observer", un texte de Terry Jones, l'ex-Monthy Python qui donne sa vision de la guerre de Bush. La traduction vaut ce qu'elle vaut, elle n'a pas été vérifiée par nos services de contre espionnage mais ça vaut le détour quand même (merci à Céline pour l'info).
"Terry Jones (of Monty Python fame) Sunday January 26, 2003 The Observer. England.
Je suis vraiment enthousiaste à propos de la dernière raison de George Bush pour bombarder l'Irak : il n'a plus la patience. Moi non plus, depuis quelques temps, Mr Johnson, qui habite dans ma rue, à quelques maisons de chez moi, me fait vraiment chier. En fait, lui et Mr Patel, qui tient le magasin d'alimentation bio.
Tous deux me lancent des regards plutôt bizarres, et je soupçonne Mr Johnson de préparer un coup en douce pour moi, mais jusqu'à présent, je n'ai pas encore découvert quoi. Je suis allé faire un tour autour de chez lui voir ce qu'il prépare mais il cache tout ça très bien. C'est dire à quel point il est secret!
En ce qui concerne Mr Patel, me demandez pas comment je sais, je sais juste -de sources sûres- qu'il est en réalité, un tueur en série. J'ai distribué des tracts dans la rue disant que si on agissait pas en premier, il nous aurait un par un. Certains de mes voisins me demandent : si j'ai des preuves, pourquoi je ne vais pas voir la police ? C'est tout simplement ridicule. La police me dira qu'ils ont besoin de preuves du crime pour incriminer mes voisins. Ils finiront par faire des chichis à propos des fautes ou pas, etc. alors que pendant ce temps là, Mr Johnson en profitera pour finaliser ses plans horribles à propos de moi et Mr Patel commencera à assassiner des gens.
Comme je suis le seul dans la rue qui ait une gamme décente d'armes automatiques, je pense que c'est à moi de maintenir la paix ici. Mais jusqu'à récemment ça a été assez difficile à faire. Maintenant par contre, Georges W. Bush a été clair : tout ce que j'ai à faire est de perdre patience, et après je peux me jeter à l'eau et faire ce que je veux ! C'est pourquoi je veux faire sauter le garage de Mr Johnson et tuer sa femme et ses gosses. Tire le premier! ça lui fera une bonne leçon. Après ils nous laisseront en paix et arrêteront de me fixer de cette façon complètement inacceptable.
Mr Bush est clair sur le fait que la seule chose qu'il a besoin de savoir avant de bombarder l'Iraq c'est que Saddam est vraiment un méchant monsieur et qu'il a des armes de destruction massive - même si personne ne peut les trouver. Je suis sûr que j'ai autant de justification pour tuer la femme et les enfants de Mr Johnson que Mr Bush de bombarder l'Iraq. Mr Johnson et Mr Patel ne sont que le sommet de l'iceberg. Il y a des dizaines d'autres personnes dans la rue que je n'aime pas et qui -honnêtement- me regardent d'un air bizarre. Personne ne sera vraiment à l'abri avant de les avoir tous éliminés. Ma femme me dit que je vais peut-être trop loin mais je lui dis que j'ai la même logique que le Président des Etats Unis, ça lui cloue le bec. Comme Mr Bush, j'ai perdu ma patience, et si c'est un raison assez bonne pour le Président, c'en est un bonne pour moi aussi. Je vais donner 2 semaines à la rue entière - non, 10 jours- pour dévoiler tout ce qu'ils ont, les aliens et les pirates de l'air interplanétaires, les hors-la-loi galactiques et les cerveaux terroristes interstellaires, et s'ils ne les donnent pas tous en disant "Merci", je vais bombarder toute la rue jusqu'à la fin.
C'est tout aussi sain que ce que Georges W Bush propose et, contrairement à ce que lui prépare, ma politique détruira une seule rue.
Tu sais que tu marches sur des oeufs quand un membre des Monty Python adopte ta logique."
C'est alors qu'on les a entassé dans des cages... des cages à lapin, en grillage, surplombées d'un toit en tôle qui intensifiait la chaleur. Pas de murs, aucun endroit où se cacher, se proteger un instant des gardes. Pas un endroit non plus pour echapper au vent où à la pluie. On les sortirait de ces cages pour les interroger, sans relache, pour leur faire tout dire, jusqu'à plus soif. Pour ne pas qu'il s'echappent, on leur attacherai les pieds, les mains, et les deux ensemble. Certains avaient craqué. 14 en tout. Celui de la cellule du fond avait essayé de se pendre. On etait toujours sans nouvelles de lui, après qu'un garde l'ait décroché alors qu'il suffocait, accroché au plafond de sa cellule.
Fin de la fiction, retour à la réalité. Le Miami Herald signe aujourd'hui un edito sur les conditions de détention des talibans de Guantanamo suite à une 14eme tentative de suicide d'un détenu. L'édito souligne en outre le fait que la convention de Geneve s'applique "aussi" aux US (ou en tout cas devrait s'appliquer). L'information gouvernementale de Voice of America va plus loin, en relayant les propos de Donald Rumsfeld qui dit, en substance, que la détention n'a pas pour but de punir mais d'obtenir des informations ... et qu'il ne voit donc aucune raison de se dépecher de faire un procès à ces 625 hommes (cf ici, vous êtes prévenus). La BBC de son coté nous montre les conditions de détention à Guantanamo avec plein de jolis shémas (ici).
Interessant, l'avis sur la question de Terry Waites, otage à Beyrouth durant 4 années, qui met en relation les conditions de détention et d'isolement des prisonniers de Guantanamo avec sa propre expérience. A lire ici dans Counterpunch, "Justice or revenge". Enfin, ici, l'avis de Human Right Watch sur le fait qu'être un "unlawful combatant" n'empeche pas d'avoir des droits et que le statut de ces prisonniers, Prisonnier de Guerre ou pas, ne devrait pas être décidé par l'administration américaine seule. Apparament, c'est pas l'avis de Georges.
Il se trouve que depuis peu, ma page de démarrage est Google News. Et parfois, rarement, en ouvrant internet, je vois une news qui me fait plaisir. Et aujourd'hui, cette news, c'est "U.S. Increasingly Isolated Over Iraq - Russia, China Join France, Germany in Opposing War Now", article du Washington Post qui reporte que la majorité des 5 membres du conseil permanent de l'ONU se sont maintenant prononcés contre le conflit en Iraq. Rien ne dit en revanche qu'un seul de ces pays aura le courage de poser son veto. Ni de voter non. Rien ne dit non plus que Bush attendra un feu vert de l'ONU.
Richard Reeves dans "Bush is taking Saddam and Kim too personally" note lui qu'à Washington, l'issue du déplacement de GI's ne fait aucun doute. Et quand on demande pourquoi à ceux qui fourmillent autour de la maison blanche, la raison invoquée sonne simple et abrutie telle une chanson des Popstars: "Because we know Bush wants a war". Selon Reeves, Bush n'en est pas à son premier fait d'armes quant il s'agit de ne pas écouter ses petits copains. Il a répondu, à la question "Parlez vous avec vos assistants et conseillers de ce que vous faites ?" la chose suivante:
"Of course not," he said. "I'm the commander. See, I don't have to explain why I say things. That's the interesting thing about being the president. Maybe somebody needs to explain to me why they say something, but I don't feel like I owe anybody an explanation."
Au début, ça m'a fait rire, maintenant, ça me fait peur. Et je crois que je suis pas le seul.
En Juillet de l'année dernière, je publiais dans ces pages un extrait de "Pierrot le Fou" de Godard sur l'annonymat des morts dans les conflits. En plus court, ça donnait à peu près ça: "On n’apprend rien quand on nous dit que 115 guérilleros sont morts. On ne sait rien d’eux. Avaient-ils des femmes, des enfants ? Préféraient-ils le théâtre ou le cinéma ? On n’apprend rien du tout. La mort de 115 hommes au combat, c’est tout."
Dans ces temps d'exaltation populiste sur le fait de balancer des bombes sur d'autres pays, trop loin pour qu'on les voit, trop loins pour que leurs habitants aient encore l'air humains, tachons de nous souvenir qu'un Irakien, c'est comme nous, avec parfois une femme qu'ils aiment, des enfants pour lesquels ils donneraient tout, des joies et des peines. Et peut-être certains ne nous detestent ils même pas. Peut être n'ont ils pas envie de se faire canarder. Peut être sont ils aussi humains que nous, peut être ont-ils peur de mourrir aussi.
Peut être aussi qu'il faut se rappeler qu'un Irakien mort, c'est aussi un être humain qui ne demandait qu'à vivre en paix. Ces photos de la guerre du golfe de 91 "Unseen" sont là pour nous le rappeler, via Chryde.
La guerre, quelle qu'elle soit, c'est sale. Souvenons nous-en.
Autant le dire tout de suite, je ne suis pas un grand fan des théories conspirationistes dans le genre "la CIA contrôle le monde entier" ou autres "les présidents américains disposent d'une machine a voyager dans le temps (cf ici ...)".
Hier cependant, en regardant les news de France 2, je n'ai pu m'empecher de penser devant le reportage consacré à la nouvelle déclaration de Ben Laden que tout ça semblait un peu facile (via The Guardian). J'arrive à concevoir que Ben Laden choisisse lui aussi ses moments pour apparaitre mais la corrélation entre la politique américaine et les apparitions sonores du chef de l'axe du mal me laisse un léger sentiment de malaise. Comme si on nous administrait une petite piqure de rappel, pour nous dire "ne vous endormez pas, toute guerre est justifiée puisque les mechants sont encore là".
Dans mon travail, on m'a appris que toutes les relations étaient soumises à un agenda "officiel" et un agenda "caché", que les participants aux-mêmes ne s'avouent pas.
Ted Rall, via Alternet, nous renseigne un peu plus sur cet agenda "officieux". Encore une fois, il ne s'agit pas de dire qu'on nous manipule fondamentalement ou que le pouvoir terrien a été pris par une poignée d'Aliens. Il s'agit juste d'être conscient de la globalité des implications liées à un événement. Même si le pétrole n'est pas la motivation première de l'action contre les talibans, il y a fort à parier qu'il en soit un objectif second. Surtout quand on sait que le Kazakhstan, frontalier de l'Afghanistan et dont il dépendrait pour le transfert du brut, représente, avec la mer Caspienne, les plus grosses reserves de pétrole au monde, surpassant facilement l'Arabie Saoudite. De quoi donner de l'eau au moulin des conspirationistes ... Entre temps, vous pouvez toujours créer votre propre conspiration sur le site de Turn Left.