Dans la vie, il y a ceux qui ne savent pas le nombre de sous-marins nucléaires. Et ceux qui s'en servent sans rien dire.
On l'a suffisamment répété lors de la (double) affaire des sous-marins nucléaires, le futur président de la république française sera aussi chef des armées, ce qui n'est pas rien considérant le nombre de soldats qui mugissent dans nos campagnes par les temps qui courent. Pour autant, prendre la relève de Chirac ne semble pas, a priori, d'une complexité insurmontable. Parce qu'à part avoir bâti un porte-avion qui craint l'eau et tenté en vain de se débarrasser du porte-amiante Clémenceau, on ne connaît pas de grand fait militaire au futur ex-président. Mieux, s'opposant à la guerre en Irak, il serait même presque passé pour un alter-mondialiste à pancarte.
Mais Chirac est-il pour autant un pacifiste aussi convaincu qu'il veut le laisser croire?
Pas vraiment si l'on regarde du côté du Jerusalem Post qui dévoile qu'en mars 2006, soit 4 mois avant l'invasion du Liban par Israël, Chirac aurait contacté Sharon pour le presser, au passage, d'en profiter pour envahir la Syrie et en renverser le gouvernement. Et de promettre, le cas échéant, le plein support de l'armée française dans cette opération (source, merci à Sophie).
Et il ne s'arrête pas là. Après avoir exhorté hier les candidats à ne pas considérer "les crédits de la défense nationale [comme] la variable d'ajustement de notre politique budgétaire" (comprendre "s'il faut du budget pour l'éducation nationale, c'est pas du côté des chars Leclercs qu'il faut chercher") (source), il vient d'autoriser les avions français à aller bombarder de l'Afghan (source).
Du coup, c'est jour de joie chez Dassault : les Rafales français viennent de larguer leurs premières (vraies) bombes. On est très fier de cette réussite technologique (rendez-vous compte, un avion de chasse à 45 millions d'euros qui est capable de lâcher - enfin - une bombe de 500 kilos, 31 ans après le lancement du projet, 20 ans après son premier vol, c'est vrai que ça en impose).
Du côté de Chirac, on n'en est plus à une contradiction près, lui qui avait reçu le prix "ig-nobel" [ig-noble] en 1996 pour avoir commémoré les 50 ans des bombes atomiques de Hiroshima et Nagasaki à coups d'essais nucléaires dans le Pacifique. Quant aux Afghans, ils seront sans doute très contents de se prendre du napalm high tech sur le cuir chevelu. Pour faire la promotion de Dassault. Ça s'appelle du marketing.
Accuser de crime de guerre quelqu'un qui n'est pas censé avoir fait de guerre devrait poser un problème de logique. Mais en fait, non.
Attention lecteur, cet article peut provoquer une remise en cause des principes fondamentaux de la logique. Cette semaine, celui qu'on surnomme "le taliban australien", David Hicks , a été officiellement accusé de "crime de guerre" par l'administration américaine (source Chicago Tribune). Détenu par l'armée américaine depuis 2001, en grande partie à Guantanamo, Hicks fait partie de ceux qui sont qualifiés par l'administration Bush de "unlawful enemy combatant" (combattant ennemi illégal) dans le but avoué de leur nier les droits de la convention de Genève qui protège les prisonniers de guerre.
Depuis son arrestation, Hicks, son avocat, la Croix Rouge et même des militaires de la prison de Guantanamo confirment que le prisonnier Hicks a été maltraité, probablement torturé, isolé du monde extérieur pendant des mois entiers, drogué et battu. Ce qui ne semble pas poser de gros dilemme moral à l'armée de l'auto-proclamée première démocratie du monde.
En effet ('faut suivre), quand on accuse de crime de guerre un combattant qui, officiellement, n'a jamais fait la guerre, et qu'on lui refuse la protection des prisonniers de guerre (bien qu'on l'accuse de crimes de guerre) et que, par ailleurs, on le traite contrairement aux droits de l'homme alors qu'on fait justement la guerre contre des gens qui ne font pas la guerre pour défendre des droits de l'homme qu'on ne respecte pas, on n'est pas à une contradiction près.
D'autant qu'officiellement, Hicks n'aurait même pas commis de "crime" au sens propre du terme : "The U.S. administration has not alleged Hicks engaged in any actual acts of terrorism, nor that he killed any U.S. or Coalition soldier while engaged in fighting at Konduz.". Sic.
Plus d'informations sur les conditions de détention des plus de 400 prisonniers de Guantanamo bay sur Wikipedia et la réplique en 3D de la cellule de Hicks par Amnesty International.
Les USA veulent les terroristes morts ou vifs. Mais même morts, 'faut qu'ils puissent faire de la pub quand même.
La très décriée prison de Guantanamo (le goulag de la plus grande démocratie du monde) se montre finalement d'une efficacité redoutable. Bien plus, même, que les Américains ne voulaient le croire. Après y avoir enfermé, sans autre forme de procès (on ne va pas s'embarrasser de formalités), plus de 600 "combattants ennemis", ils ont finalement trouvé leur bête noire, le cerveau de tout : Khalid Sheikh Mohammed (à défaut de Bin Laden, ça devrait pouvoir le faire).
Arrêté en 2003 et soumis depuis à de constants interrogatoires, le Pakistano-Koweïtien a fini par avouer. Tout. Tout tout tout (source Breitbart).
D'abord, il confesse être l'homme derrière les attentats du 11 septembre 2001. Rien que ça. Et de "A à Z" selon ses propres termes. Et comme si ça ne suffisait pas, il continue de soulager sa conscience. Il confesse également avoir orchestré la décapitation du journaliste Daniel Pearl en 2002. Toujours en 2002, il serait tout autant responsable d'attentats au Kenya et de la tentative d'abattre en vol un avion de tourisme israélien avec un lance-roquettes. Il serait également responsable des attentats de Bali la même année, 202 morts.
Mais il ne s'arrête pas là. Il aurait également tenté des attentats contre la Sears Tower (Chicago), l'Empire State Building (New York), Wall Street (New York), des centrales nucléaires, des ambassades américaines en Asie et Australie, des navires de guerre américains, une compagnie pétrolière, le canal de Panama, l'aéroport d'Heathrow et Big Ben. Et vu que ça ne suffit pas, il aurait aussi tenté d'assassiner Jimmy Carter, Bill Clinton et participé aux attentats contre Jean-Paul II et Pervez Musharraf.
Parlons d'un hyperactif.
Sauf que, petit hic, il confesse aussi avoir préparé un attentat contre la "Plaza Bank" de Seattle. Banque qui, comme on peut le lire sur leur site (www), a été fondée en... 2006. Soit 3 ans après l'arrestation de Khalid Sheikh Mohammed. Et ce n'est pas le seul raté dans l'histoire de celui qui déclare être le centre névralgique de la quasi intégralité du terrorisme mondial de ces 15 dernières années (source Atlantic Free Press).
A la période de ses interrogatoires, Khalid Sheikh Mohammed est présenté comme parlant très bien anglais, flirtant dès qu'il peut, louant même un hélicoptère pour impressionner une dentiste qu'il voulait séduire (sic). Lors de sa confession, les juges trouvent un homme qui prononce mal et fait difficilement des phrases en anglais. D'autant que Khalid Sheikh Mohammed avait été, en 2002, reporté... mort (et son cadavre identifié par sa femme).
A la fois, après l'homme le plus recherché au monde qui échappe à toute l'armée américaine sur une mobylette, on n'était pas à une incohérence près.
En manque d'ennemis ? Le mieux est encore de les aider à devenir suffisamment menaçants...
Définitivement désespérés de démontrer que l'Irak représentait un danger imminent avant la seconde guerre du Golfe, le gouvernement américain a rendu disponible sur un site Internet dédié de nombreuses archives jusque là confidentielles du gouvernement de Saddam Hussein.
Dans l'espoir, sans doute, qu'un internaute arrive (enfin) à démontrer que oui, l'Irak pouvait bien anéantir toute trace de civilisation sur terre en moins de temps qu'il n'en faut pour regarder les écrans publicitaires du Superbowl.
Sauf qu'en publiant ces documents, les Etats-Unis ont rendu public des documents sur les recherches nucléaires irakiennes, documents qui, selon le NY Times, constituent tout simplement un mode d'emploi pour apprenti constructeur de bombe atomique (source NY Times).
L'agence internationale d'énergie atomique se dit choquée, les officiels ont mis le site hors ligne en attendant de passer en revue les documents en question. De son côté, Kim Jong Il doit probablement dire un grand merci : ils n'étaient pas certains de ce qui avait raté dans le premier essai : promis, le second sera bien mieux.
(merci à Jérémie pour l'information)
En plus d'être une organisation terroriste, Al-Qaeda serait-elle devenue un prétexte bien pratique à s'incruster partout ?
Ce qui est formidable quand on parle du réseau Al-Qaeda, ce n'est pas tant l'opacité du mouvement que le potentiel de créativité qu'il inspire dans les nombreux départements de sécurité intérieure ou extérieure américains.
Ainsi, à la fin des années 70, à son origine, Al-Qaeda a été d'abord ouvertement financé par la CIA pour contrer l'offensive russe en Afghanistan. Un succès puisqu'en 1989, l'Union soviétique se retirait du pays pour laisser le champ libre aux talibans, supportés par l'équipe de Ben Laden.
Puis, les attentats du 11 septembre. Al-Qaeda, resté sous le tapis diplomatique durant plus de 10 ans, resurgissait dans le spectre américain. Et Ben Laden de devenir l'ennemi numéro un du monde occidental, alors même qu'à la fin des années 90 (c'est le patron de la CIA qui le dévoile), le chef de l'organisation terroriste s'est retrouvé à portée de fusil américain plus d'une dizaine de fois, sans que personne n'ose appuyer sur la détente.
Au moment de trouver une raison pour déclencher la seconde guerre du Golfe, les armes de destruction massive ne suffisant pas à une opinion publique sur la réserve, Al-Qaeda rentre soudainement dans le tableau. L'Irak devient soudainement un camp d'entraînement pour les fidèles de Ben Laden.
En septembre 2006, l'administration Bush finira par reconnaître qu'il n'y a jamais eu de lien avéré entre Saddam et Ben Laden et que tout cela n'était que rumeurs prises un peu trop au sérieux (article BBC). Mais même confronté à l'évidence, il y a des réflexes qui sont difficiles à perdre : ainsi, 4 jours après que son président ait publiquement annoncé l'inverse, Dick Cheney réaffirmait les liens entre Al-Qaeda et l'Irak à qui voulait bien l'entendre (article Financial Times).
La piste irakienne écartée, il était urgent de trouver une nouvelle occupation à Ben Laden, histoire qu'on n'oublie pas trop vite que le terrorisme est une menace toujours aussi vivace que 5 ans en arrière.
Ainsi, le 2 octobre, on apprenait que l'unité anti-terroriste du FBI craignait fort qu'il y ait des liens entre Al-Qaeda et (roulements de tambour) la mafia. Et ce malgré "aucune preuve directe" (articles Washington Times et Associated content).
Le FBI craint en effet que les bandes mafieuses, prêtes à tout pour faire un peu d'argent, se mettent à vendre des têtes nucléaires à des terroristes islamistes en quête de faire exploser on ne sait quel centre ville.
Bien sûr, cela demande investigation, pour l'instant, aucune preuve tangible ne s'est encore présentée. Mais sait-on jamais, à défaut d'une hypothèse géo-politique fiable, ça aura au moins gardé Ben Laden en haut de l'affiche médiatique quelques jours de plus. Et puis ça ferait un scénario formidable pour la saison 47 de la série 24h. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme, non ?
L'armée n'est plus ce qu'elle était : les militaires ne tiennent plus l'alcool.
Quelque temps en arrière, un imminent philosophe contemporain se demandait pourquoi, quand on voyait des militaires armés dans le métro, on se sentait d'un seul coup largement angoissé. Et ce alors même que la mission des gens en kaki, à défaut d'éviter les attentats, était de montrer que rien ne pouvait décemment nous arriver.
Dans la nature des choses, normalement, ce qui protège rassure. Et ce qui rassure fait se sentir en confiance. Comment donc fait le militaire pour échapper à cette règle de la logique ?
C'est ce que les gendarmes de Laon ont failli découvrir hier soir, alors que leur caserne était assiégée pendant plus de 2h par une troupe de parachutistes particulièrement humidifiée qui confondait les rues de la ville avec une piste de karting (source Le Monde, merci à Ludovic).
Alors, bien sûr, il y a des militaires qui font bien leur travail, certains qui le paient cher même. Mais pour autant, il y en a d'autres qui comme leurs homologues de Laon font un peu peur quand même. Surtout quand on sait ce qu'ils ont (avaient) sous la main.
5 ans après le 11 septembre 2001, les conspirateurs conspirent, Al-Qaeda communique et le reste du monde s'interroge.
Puisque c'est aujourd'hui l'anniversaire des attentats sur le World Trade Center, le Pentagone et le vol 93, quelques articles et vidéos pour faire, une fois de plus, un point sur la question.
- Democracy Now! rediffuse sa couverture des attentats, le 11 septembre 2001, depuis leurs studios à quelques pas du World Trade Center. Ils profitent également de l'occasion pour débattre avec les auteurs du documentaire "Loose Change" (partie 1, partie 2), (re)fondateurs de la théorie du complot sauce Moore.
- ABC se lance dans la fiction sur le sujet, avec des gentils très gentils entourés d'incompétents très incompétents qui se battent contre des méchants très méchants. La bande-annonce est visible ici, ça explose dans tous les sens, les terroristes ont des accents ridicules, des gros téléphones moches et l'entrée du FBI est vraiment très propre. Normal, quoi.
- Fox News se demande si avoir tué Ben Laden avant le 11 septembre aurait fait une différence. Les experts sont formels : probablement pas. Ou peut-être que si en fait. Vous voyez, le problème, c'est que vu que ce n'est pas arrivé, on ne peut pas vraiment savoir (ici, sur Fox).
- Pendant qu'on en parle, sur MSNBC, l'ancien patron de la CIA dévoile qu'entre mai 98 et mai 99, les USA ont eu à une dizaine de reprises la possibilité d'éliminer le grand barbu, mais que personne n'a osé le faire (ici, sur MSNBC).
- Associated Press note que le monde a bien changé après ce jour où "Le Monde" titrait "Nous sommes tous Américains". Le plus enthousiaste de tous est encore le nouveau président irakien qui exprime "the gratitude of the people of Iraq for the people of America and for your leadership" (source AP).
- Histoire de ne pas être en reste, Al Qaeda diffuse de nouvelles vidéos commémorant, à leur poétique façon, l'anniversaire (source MyWayNews).
- Enfin, Alternet se demande si, des fois, il n'y aurait pas eu des bombes posées à l'intérieur du World Trade Center même avant les attaques (source) et, par la même occasion, ce qui se serait passé si les tours n'étaient jamais tombées (source). Comment aurait été le monde si ce matin de septembre 2001 n'avait pas pris des allures d'un mauvais "Independence Day" à la sauce Will Smith ? Probablement différent. Probablement pas.
Rumsfeld le promet : l'Irak, c'est chouette, c'est juste que les touristes n'ont rien compris.
S'il est un pays qui truste les informations en ce début de semaine, c'est l'Irak. Malheureusement, parler d'Irak revient souvent à ajouter "attentat", "bombe" et "mort" dans la même phrase. On pourra aussi tenter une variante avec "fusillade", mais le fond reste le même.
Et quand bien même le nouveau président affirmerait qu'on est encore loin de la guerre civile, les faits sont là. Pour ce week-end seulement, on dénombrait pas moins de 19 soldats tués, 40 civils et 40 rebelles, au sud de Bagdad. Bagdad où, le même week-end, un attentat faisait 11 morts.
A peu près 110 morts ces seules dernières 48 heures, presque un mort toutes les 20 minutes. Et des blessés à la pelle (sources BBC News et The Guardian).
On estime le bilan de ces quatre derniers mois à plus de 1000 morts dans le pays, mais on estime seulement, car tous semblent avoir été lassés de compter. Si l'on en croit Iraq Body Count, on serait quelque part entre quarante et quarante-cinq mille morts, à cette date.
Lundi, une bombe a fait 17 morts et 45 blessés en Afghanistan (source Times of India). Les chiffres irakiens ne sont pas encore arrivés.
Les bilans ne sont plus officiels, les morts se multiplient et Rumsfeld se fâche : si de plus en plus d'Américains se lèvent contre la gestion de la guerre en Irak, c'est parce qu'ils "manquent de perspective". Et qu'il ne faut surtout pas donner l'impression de se remettre en cause, au risque de"miner les efforts dans la longue guerre contre un ennemi déterminé" (source ABC News, The World News Daily Blog).
Tant il est vrai qu'à la vue du bilan actuel, toute remise en question serait dommage. Et salement superflue.
L'administration Bush reconnaît ses erreurs au sujet de l'Irak. Mais ne voit vraiment pas le problème.
Pas d'armes de destruction massive en Irak, pas plus que de liens avec les attentats du 11 septembre, c'est ce que vient de reconnaître, très explicitement, l'administration Bush par la bouche de son "commander in chief".
Pour les armes de destruction massive, c'est Colin Powell qui s'y était collé en février 2003, prouvant au conseil de sécurité de l'ONU que l'Irak en avait, promis juré, photos, enregistrements et fioles d'anthrax en main (transcript complet).
Pour les liens entre Al-Qaeda et l'administration Hussein, c'était plutôt le dada de Dick Cheney qui, contrairement à ce qu'affirme aujourd'hui Bush, laissait lourdement sous-entendre que l'Irak était une base opérationnelle d'entraînement pour terroristes et que les équipes du 11 septembre s'étaient exercées là-bas (source Whitehouse.gov, "The Vice President Appears on NBC's Meet the Press" :
RUSSERT : The plane on the ground in Iraq used to train non-Iraqi hijackers. Do you still believe there is no evidence that Iraq was involved in September 11 ?
CHENEY : Well, what we now have that's developed since you and I last talked, Tim, of course, was that report that's been pretty well confirmed, that he (Mohammed Atta) did go to Prague and he did meet with a senior official of the Iraqi intelligence service in Czechoslovakia last April, several months before the attack.
Rien de très nouveau dans tout ça, l'histoire sent le marronnier récurrent depuis que la guerre en Irak a commencé. Mais ce qui est fascinant dans les réponses de Bush, c'est l'incapacité du chef d'état américain à formuler sa réponse. Il bafouille, hésite, élude maladroitement comme un collégien surpris par une interrogation alors qu'il n'aurait pas préparée.
La vidéo de la conférence de presse (ainsi que son transcript) est à voir sur le toujours excellent Democracy Now! ou sur le site de la Maison blanche. Pour un grand moment d'amusement géopolitique. Dommage qu'il y ait des morts. Ca pourrait presque être rigolo, sinon.
Dans une atmosphère de paranoïa généralisée, les terroristes ont trouvé une nouvelle arme : les sacs à vomissements.
Plus d'un mois après l'annonce d'US Airways de mettre de la publicité sur les sachets en papier élégamment surnommés "sacs de vomissements" dans leurs avions, les Anglais ont décidé de prendre les Américains de vitesse afin de tester la crédibilité du concept (Miami Herald, "Bagging on new revenues").
C'est ainsi qu'aujourd'hui, un avion au départ de Londres et à destination de l'Egypte a fait une escale imprévue en Italie après qu'un passager ait découvert un de ces sacs à vomi portant la subliminale prose "il y a une bombe à bord". Après la découverte, l'avion a été invité à atterrir le plus vite possible, accompagné par un F16 spécialement affrété pour le protéger (sans aucun doute dans le cas ou en plus de la bombe, les terroristes aient voulu directement attaquer l'avion par les airs, ou un truc dans le genre) (Nouvel Obs, "Alerte à la bombe dans un avion").
Pas de bombe à bord, les passagers sont saufs. Mais la bonne nouvelle est surtout pour US Airways : oui, les passagers lisent vraiment ce qui est marqué sur les sacs à vomi. Maintenant, s'il faut faire décoller un F16 à chaque nouvelle campagne de publicité, ça va faire cher le paquet de Cheerios.
Avec deux avions déroutés, escortés et vidés en moins d'une semaine, il semblerait en tout cas que les autorités aériennes se soient laissées gagner par la parano la plus totale dès qu'elle voit une paire de réacteurs. De là à dire que les terroristes ont atteint leur objectif ? Dans le mot "terroriste", aurait-on oublié qu'il y avait le mot "terreur" ?
Pour faire revenir la paix au Liban, la France sort le grand jeu : un maire de ville sainte et la SPA.
Il est des esprits chagrins qui se désespèrent de la situation au Liban. Qu'ils se rassurent, tout va en s'améliorant. La preuve, la France prend les choses au sérieux. D'abord, le chef de l'état a envoyé deux fois (oui, deux fois) notre ministre des pays étrangers, Monsieur Douste-Blazy lui-même, faire un peu de ménage sur place. Et il faut lui reconnaître ça, Philippe, quand il ne gouverne pas la sainte ville de Lourdes, niveau politique internationale, il se pose là. Condoleezza n'a qu'à bien se tenir, Douste ne se laissera pas marcher sur les tongs.
Si Douste ne suffisait pas (on ne sait jamais), l'Europe dispose d'un joker, ô combien plus redoutable : Brigitte Bardot, amie des animaux (mais qui n'aime pas trop ceux qui se tiennent sur deux pattes et ne s'appellent pas Gérard depuis 17 générations) elle-même. Le 31 juillet, dans une lettre ouverte au ministre de la Défense israélien Amir Peretz, Brigitte Bardot dénonce un peu tout en vrac mais rejoint surtout la France dans sa condamnation ferme des frappes de Cana. 10 jours plus tôt, la même Brigitte hurlait à qui voulait bien l'entendre sa "honte d'être Française" et son désir d'immigrer en Suède, parce que là-bas, on est plus sympa dans... les élevages de visons à fourrure. Si. Faudrait savoir (sources : "Je réagis avec émotion, rien de plus, répond Brigitte Bardot à GIN" - GIN et "Brigitte Bardot a honte d’être Française" - Showbizz.net).
Et comme deux bonnes nouvelles ne viennent jamais seules, Israël a décidé de ne pas être en reste, déclarant aujourd'hui que si Tel-Aviv était touché par une roquette du Hezbollah, ils "anéantiraient" (rien que ça) "toutes les infrastructures du Liban" (source : "Liban: violents affrontements dans le sud, surenchère de menaces" - AFP). Tant il est vrai que réduire un pays à l'état de misère est effectivement un moyen universellement reconnu pour faire cesser tous les conflits et oeuvrer pour la paix des générations futures.
Bref, à ceux qui se font encore du souci pour le Moyen-Orient, qu'ils se rassurent. Avec Douste-Blazy, Bardot et des militaires bourrés d'hormones comme un coureur cycliste aux commandes, ça ne peut qu'aller mieux. Et puis si ça ne s'améliore pas, on pourra toujours envoyer Philippe Bouvard ou Laurent Gerra. S'il faut vraiment que tout ça devienne sérieux.
Note : pendant ce temps, certains se demandent si, pas hasard, le conflit Israël - Liban n'aurait pas un peu à voir avec des histoires de pétrole et d'un nouveau pipeline qui a ouvert une semaine avec le début du conflit. Des fois que (Energy bulletin, via One Point Zero).
Les tribunaux de Guantanamo ont été déclarés illégaux, les prisonniers sont heureux, ils ne seront plus obligés de passer au tribunal pour rester en prison.
C'est un revers pour l'administration Bush : un peu plus de 4 ans après qu'on ait commencé à y ranger des combattants ennemis, la Cour suprême des Etats-Unis vient de déclarer les tribunaux de Guantanamo "illégaux". D'abord parce qu'ils sont militaires, mais surtout parce que les accusés n'ont pas été invités à assister à l'ensemble des audiences qui les concernaient (Court declares Guantanamo tribunals illegal, Reuters).
Devant un tel cataclysme politico-judiciaire, l'administration ne pouvait rester muette. C'est en la personne du commandant en chef qu'elle a souhaité répondre à la Cour suprême : on s'en fout.
"Today's decision does not in any way affect the ability of the president as commander in chief to detain enemy combatants. It goes only to the question of trial by military commission" (Ruling won't affect Guantanamo camp, Reuters)
La bonne nouvelle pour les prisonniers, c'est donc qu'ils n'auront pas droit à un procès dans un tribunal illégal. La mauvaise nouvelle, c'est qu'ils n'auront pas droit à un procès.
Parions que dans trois ou quatre ans, la Cour suprême aura enfin tranché la question des plateaux repas et d'ici 2015 sur la couleur des barbelés qui entourent la prison qui, depuis 2002, viole toutes les règles connues de droit international.
On a enfin trouvé des armes de destruction massive en Irak. Seul problème, curieusement, le propriétaire ne vient pas les réclamer...
2003, la coalition contre la terreur dans le monde envahissait l'Irak. Le motif ? Des armes de destruction massive de partout, chimiques (ça, on était sûrs) et nucléaires (ça, on ne savait pas mais dans le doute, hein, pourquoi pas). A l'époque, Powell exhibait des fioles d'anthrax à l'ONU et Blair jurait à tout le monde que Saddam pouvait, si l'envie lui en prenait, anéantir toute vie en Europe en moins de 45 minutes. Si.
La suite, on la connait. Après plusieurs mois de recherches, pas moyen de mettre la main sur quoi que ce soit capable d'anéantir de l'humain en masse. Pas d'armements illégaux, pas de nucléaire, pas plus de trousse du petit chimiste. Oups.
Devant le néant des découvertes de l'armée américaine, George Bush lui-même a reconnu un petit problème, dès 2004 : "The chief weapons inspector, Charles Duelfer, has now issued a comprehensive report that confirms the earlier conclusion of David Kay that Iraq did not have the weapons that our intelligence believed were there". Problème réglé, on s'était trompé d'adresse (comment ça, la Corée du Nord, c'est pas au Moyen-Orient ?).
Mais c'est sans compter sur des républicains qui ne veulent pas lâcher le morceau. Et Fox News qui, question d'honneur, veut qu'il y ait des armes de destruction massive en Irak. Ainsi, mercredi, on apprenait que finalement, plus de 500 armes chimiques ont été découvertes en Irak. Certaines chargées de gaz sarin, d'autres de gaz moutarde. Sans que le sénateur en question ne juge utile de préciser que ces armes provenait d'un stock existant avant la première guerre du Golfe. Et que ces armes pouvaient être en grande partie inutilisables et ne remettaient pas en cause le fait que l'Irak ait cessé toute production après 1991 (article Think Progress).
Sur Fox News, on jubile quand même sans s'apercevoir que si on a découvert des armes de destruction massive, on ne comprend - vraiment - pas pourquoi l'administration Bush n'en aurait pas fait la publicité, histoire de justifier sa présence à Bagdad.
Réponse de Thomas McInerery, spécialiste militaire de Fox News : si l'administration Bush n'a pas parlé de la découverte des armes de destruction massive, c'est pour protéger la Russie, la Chine et la France. Selon McInerery, les trois pays sont à l'origine de la capacité de l'Irak à produire des armes chimiques. Et que donc, il ne faudrait pas les mettre dans l'embarras en leur faisant remarquer que dites les gars, vous avez laissé trainer des armes de destruction massives un peu partout, là (article Think Progress)...
C'est sans compter sur cette photo datée de 1983, où Donald Rumsfeld lui-même allait serrer la main de Saddam pour lui proposer des armes pour calmer les ardeurs militaires de l'Iran (détails ici). Ce que McInerery oublie donc de préciser, c'est qu'il est fort possible que les GIs aient tout simplement aussi retrouvé des armes marqué "Made in the USA" dessus.
Suite au prochain épisode, quand on découvrira sur Comedy Central Fox News que le Watergate, c'était en fait pour protéger Pompidou. Merci de continuer à nous divertir.
En compactant les prisonniers, les Américains veulent-ils prouver qu'il reste du potentiel pour l'immobilier à Bagdad ?
C'est presque devenu aussi fréquent que la météo, presque aussi lassant que le point route d'avant le week-end. C'est devenu une habitude, une sale habitude. Encore une fois, on parle de tortures. Cette fois-ci, c'est en Irak que ça se passe et c'est le New York Times qui rapporte l'histoire (article ici).
Cette fois-ci, ce sont les troupes spéciales en Irak qui font dans le délicat. Certains détenus ont été dénudés, aspergés d'eau et enfermés dans des pièces glaciales. D'autres ont été nourris exclusivement d'eau et de pain durant plus de 15 jours, sans autre chose à manger. D'autres enfin ont été enfermés jusqu'à 7 jours de suite dans des cellules si petites qu'on ne peut ni se tenir debout, ni s'asseoir et encore moins se coucher.
Alors, mettre des prisonniers dans une boîte d'un mètre vingt de haut et de long sur 58 centimètres de large, est-ce de la torture ? Ne nourrir des êtres humains que de pain et d'eau pendant plus de deux semaines, est-ce un châtiment cruel ? Pas au goût du général Formica (non, on n'a pas inventé le nom). Parce que le général Formica, il pense que mettre des êtres humains dans un endroit grand comme un tambour de machine à laver, "deux jours est une durée raisonnable, cinq à sept jours, non". Deux jours, donc, ça va. Quant au pain et à l'eau ? Pas très grave puisque les docteurs lui ont dit, au général, qu'une carence grave en protéines ou en vitamines prendrait plus longtemps que ça à arriver.
Au général Formica, 404 souhaiterait rappeler la définition de la torture telle que définie par le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme :
"le terme "torture" désigne tout acte par lequel une douleur ou des souffrances aiguës, physiques ou mentales, sont intentionnellement infligées à une personne aux fins notamment d'obtenir d'elle ou d'une tierce personne des renseignements ou des aveux, de la punir d'un acte qu'elle ou une tierce personne a commis ou est soupçonnée d'avoir commis, de l'intimider ou de faire pression sur elle ou d'intimider ou de faire pression sur une tierce personne, ou pour tout autre motif fondé sur une forme de discrimination quelle qu'elle soit, lorsqu'une telle douleur ou de telles souffrances sont infligées par un agent de la fonction publique ou toute autre personne agissant à titre officiel ou à son instigation ou avec son consentement exprès ou tacite." (site Web OHCHR)
Mais le général Formica n'en veut pas à ses troupes : selon lui, "C'est regrettable, mais elles ont reçu par erreur les mauvaises instructions". Les prisonniers apprécieront. Quant à Channel 4, ils avancent une autre explication sur la facilité avec laquelle les mauvais traitements se sont développés en Irak et ailleurs : c'est juste une reproduction de ce qui se passe déjà dans les prisons américaines (site Web). Sauf qu'on n'a plus le droit d'y prendre des photos.
Dimanche, le Mexique a marqué 3 but. Les USA ont marqué 3 morts.
Dimanche, presqu'à l'heure où la Hollande mettait une pâtée à la Serbie à la plus grande joie des supporters en orange, trois personnes se pendaient dans leur cellule, en prenant bien soin de se cacher, de peur qu'on ne les interrompe dans leur dernier souffle. Avec leurs draps, ils ont fait un noeud et se sont pendus.
Certains diront que plus de quatre ans d'emprisonnement sans procès, les mauvais traitements, les interrogatoires sans fin, l'absence de date de sortie, l'absence de droit les auront poussés à en finir avec la vie.
Et d'autres diront que non.
En tout cas, c'est un avis que ne partage pas le geôlier en chef de la plus dictatoriale des prisons construites par une démocratie. Pour Harry Harris, administrateur de Guantanamo, ces suicides ne sont pas un acte de détresse (article BBC) :
"I believe this was not an act of desperation, but an act of warfare waged against us" (je crois que ce n'était pas un acte de désespoir, mais un acte de guerre contre nous)
Les trois pendus de Guantanamo se seraient donc donné la mort pour attaquer les Etats-Unis. On appréciera l'ironie. Si les trois prisonniers ont attaqué quelque chose, c'est surtout la prison et la honte qu'elle fait porter à chacune des démocraties qui ferme les yeux dessus. S'ils ont attaqué quelque chose, c'est la certitude que tout est bon pour gagner la "guerre contre la terreur".
Alors, peut-être que Harris a finalement raison. Les prisonniers, en se suicidant, ont sans doute attaqué les Etats-Unis. En tout cas, la vision qu'en a le clan Bush.
Un des trois suicidés devait être relâché sous peu. Faute de charges contre lui. On n'avait juste pas jugé utile de le prévenir (article BBC).
Scotland Yard présente ses excuses. Le profil du tueur était pourtant parfait.
Très cher Abdul, au nom de la police de Londres, nous tenons à vous présenter toutes nos excuses pour avoir forcé votre porte et être rentrés à 250 personnes chez vous par erreur l'autre jour.
Comprenez notre confusion, elle était légitime. Nous tenions en effet de source sûre (un gars qu'on torture depuis presque quatre ans à six mille kilomètres d'ici) qu'un certain Mohammed et qu'un certain Abdul étaient sur le point de commettre des attentats chimiques à Londres.
Après avoir cherché dans l'annuaire, nos détectives sont tombés sur vous, ce qui n'est pas de chance, admettez-le (à la fois, vu que vous avez tous les mêmes prénoms dans votre religion, comment voulez-vous qu'on s'y retrouve).
Désolés aussi pour le désordre. On cherchait une valise de petit chimiste, mais on n'a rien trouvé chez vous (bien que votre prénom soit Abdul, tout comme l'autre disait). Néanmoins, et pour vous simplifier le rangement, tous les meubles de la maison ont été démontés et mis en vrac dans le salon. De rien, nous sommes des professionnels.
Enfin, pour finir, désolés pour le coup de feu sur Mohammed. Mes équipes sont un brin nerveuses en ce moment et vous savez comment c'est, un coup est vite parti. Si vous le voyez à l'hôpital, dites-lui que l'officier qui lui a tiré dessus lui fait une bise. Et qu'il peut garder la balle aussi, cadeau souvenir de Scotland Yard.
Bref, et pour faire court, comme on dit dans la police : "oups". N'hésitez pas, si vous avez besoin de nous, faites le 999 ou le 112. Nous nous engageons à venir chez vous dans l'heure. Et bises de Scotland Yard.
PS : La brigade s'est jointe à moi pour vous offrir un bon de réduction à valoir sur toute une gamme de rasoirs. Vous devriez y songer, il n'est pas prudent de sortir avec la barbe, ces temps-ci (article CBC news).
Le militaire est un être plein de paradoxes. Plus son fusil est gros, plus il voudrait qu'on soit rassuré. Etonnant, non ?
S'il est une chose qu'on ne saisit pas spontanément à propos des théories autour du 11 septembre, c'est pourquoi elles ont autant de succès. Parce que dans le même temps, la majorité de l'humanité se fout pas mal de savoir si Elvis est encore vivant ou si Loana aurait quand même été dotée d'un cerveau à sa naissance.
Non, alors que ces dernières théories ne rencontrent qu'un succès d'estime, le 11 septembre, lui, fait les choux gras d'Internet, des bibliophiles, monteurs vidéastes, experts en aéronautique et en métaphysique des immeubles de plus de 78 étages.
La recette du succès ? Un fin mélange de gens qui ont une bonne raison que ça arrive, un soupçon de secret et quelques éléments suffisamment troublants pour que chacun y trouve son bonheur. C'est Joshua Holland qui dresse la liste des ingrédients dans un excellent papier publié sur Alternet aujourd'hui (article).
D'abord, les motifs. Il suffira d'une note, publiée par le groupe de pression (tendance républicaine) "The project for a new American century", chantre de la militarisation à outrance des GIs. Dans le texte : "Le processus de transformation, même s'il apporte des changements révolutionnaires, sera probablement long, en l'absence d'événements catastrophiques - et catalyseurs - comme un nouveau Pearl Harbor" affirmait le groupe, peu avant le 11 septembre.
Mais un motif ne serait rien sans son suspect (même Navarro sait ça, c'est dire). Proche (très proche) de l'actuelle Maison Blanche, "The project for a new American century" est la première phalange du doigt accusateur qui pointe naturellement vers la Maison Blanche. Le gouvernement Bush exploitera (et exploite toujours) à merveille les attentats pour augmenter budget militaire, zones de secret défense, espionnage, surveillance et flicage à tous les coins de rue.
Vient ensuite la preuve. Et là, c'est le hic. Ou presque. Les preuves manquent, mais les incohérences sont légion. On ne sait rien démontrer, sauf qu'on ne sait rien démontrer. 3 des pirates de l'air identifiés par le FBI comme étant morts dans les tours ont été retrouvés bien vivants dans leur pays où ils se demandaient bien comment ils avaient pu devenir terroristes meurtriers sans bouger de chez eux. Il y a eu cette vidéo du Pentagone, ces reportages, ces livres, ces calculs, ces experts. Il y a eu du monde pour crier au coup monté.
Mais peu pour dire que, vrais ou faux attentats, le résultat est le même : les libertés individuelles n'ont jamais autant reculé que ces 5 dernières années, les attentats n'ont jamais été aussi fréquents. Et partout dans le monde, on ne s'est jamais senti aussi peu en sécurité qu'avec Bush à la Maison Blanche, Sarkozy à la place Beauveau, une armée et une police aussi omniprésentes. De là à dire que l'uniforme génère plus de problèmes qu'il n'en règle...
Le département de la défense américain veut tellement jouer la transparence qu'on finit par effectivement ne rien voir.
Grosse leçon de communication du côté du Pentagone. Apparemment lassé de toutes les rumeurs qui entourent les attentats du 11 septembre et décidé à prouver que c'est bien un avion qui s'est écrasé sur Washington et non pas un missile extra-terrestre propulsé au Tahiti Douche et commandité par la frange radicale des raëliens, le département de la défense américain a décidé de publier les vidéos de l'attentat sur le Pentagone.
Deux vidéos, format timbre poste à voir sur ce site (liens directs pour la vidéo 1 et la vidéo 2, en format wmv).
Le hic, c'est qu'on y voit tout... sauf un avion. Une pelouse, une voiture, un éclair, une explosion et de la fumée. Mais pas d'avion. On peut faire avance et retour rapide autant qu'on veut, rien, pas un aéronef battant de ses ailes fines le ciel azuré d'un mardi matin presque comme les autres.
Une vidéo donc, que l'on ne devrait pas tarder à revoir en agrandi, ralenti, accéléré, noir et blanc, négatif, sépia et autres digressions photoshopesques sur l'ensemble des sites qui prêchent la théorie de la conspiration universelle à qui veut encore bien l'entendre (par exemple).
Quant au Pentagone, c'est bien beau d'acheter des satellites espions capables de lire la marque d'un slip en Irak. Mais 'faudrait peut-être commencer par changer ses caméras de sécurité du côté de Washington. Vous perdez en crédibilité, là.
Qui a dit que les US n'ont pas bien préparé la guerre ? C'est Condoleezza elle-même, 3 ans plus tard.
Dans la série "il n'est jamais trop tard", Rice dans l'avion qui l'emmène en visite surprise à Bagdad (et dans le texte) :
"Au moment où nous entrons dans cette nouvelle période (...) et où nous cherchons à transférer des responsabilités aux Irakiens (...), nous voulons nous assurer qu'il n'y a pas de hiatus entre ce que nous faisons sur le plan politique et ce que nous faisons sur le plan militaire (...) C'est le bon moment pour nous de venir, d'avoir des efforts conjoints, des réunions conjointes, des discussions conjointes avec notre personnel pour nous assurer que ces liens entre politique et militaire sont solides" (article AFP)
C'est vrai que 3 ans et un mois après le début de la guerre, se demander si les objectifs politiques et militaires coïncident, il commence à être temps de se poser la question. Parce que bon, cent trente deux mille gars avec des fusils qui squattent l'Irak depuis trois ans sans qu'on sache vraiment pourquoi, ça devient gênant.
Tiens, et pendant qu'on est à se demander ce qu'on fait là, on pourrait peut-être en profiter pour demander leur avis aux Irakiens. Dites, les gars, au fait, ça ne vous dérange pas si on met 132 000 gars à nous chez vous et que c'est un peu le bordel pendant quelque temps ? C'est que votre chef, c'est le gars qui a essayé de tuer le papa de notre chef à nous. Hein, dites, ça vous dérange pas. Si vous dites oui, promis, on installe très vite un Burger King chez vous (article 404).
On savait les Irakiens ultra rapides, on découvre les Iraniens habiles de leurs mains.
Après l'Irak qui pouvait balancer des armes de destruction massive sur toute l'Europe en 45 minutes (toi aussi, insère ta blague ici), on apprend aujourd'hui que l'Iran peut, de son côté, fabriquer une bombe atomique en 16 jours. Na (article Bloomberg).
Parce qu'il faut savoir que l'Iranien est un manuel. Alors que chez nous, on galère sévère, l'Iranien, côté bricolage et débrouille, il en connaît un rayon. Un coup de marteau par là, cruciforme à droite, clé à molette à gauche, une plaque de métal, quelques grammes d'uranium tout droit venu de la centrale et c'est plié. Hop, une bombe atomique prête à servir. Alors que, pendant ce temps-là, d'autres, soucieux de faire des beaux champignons bien uniformes, prennent des mois à faire leurs grosses bombes qui font boum pour que le spectacle émerveille petits et grands.
Quels cochons ces Iraniens, ils n'ont plus de respect pour quoi que ce soit. 'Mériteraient qu'on les envahisse, tiens (à lire aussi, un article BBC sur la propagande autour de la question irakienne).
On irait bien envahir l'Iran. Mais ça fait moins de points au Scrabble.
Il est temps de faire cesser la rumeur. Non, les Etats-Unis n'envisagent pas de rentrer en guerre contre l'Iran (article Reuters). Non mais. Comme si c'était le genre de la maison d'aller envahir des pays sans raison valable, hein. Comme si on avait l'habitude de donner de fausses preuves uniquement pour justifier une action militaire ("after all, he's the guy who tried to kill my dad" - source). Comme si on n'avait jamais trouvé les armes de destruction massive. N'importe quoi.
Enfin franchement, si le pétrole constituait une raison suffisante pour aller coller des centaines de milliers de marines à l'autre bout du globe, ça se saurait quand même.
Alors non, les US n'ont aucun plan pour envahir l'Iran. Parce que, si ça se trouve, eux, ils les ont, les armes de destruction massive. Et on ne déconne pas avec la sécurité.
Faudra pas s'étonner si la famille Bush reste longtemps à la Maison Blanche : ils travaillent leur communication.
Les pseudos chanteurs régulièrement vomis par TF1 et M6 le savent bien : la popularité, c'est chouette d'en avoir, surtout quand on ne la mérite pas vraiment. Et c'est d'autant plus difficile à vivre quand on devient la moquerie des cours de récré alors que dans sa vie, on a touché le pinacle de la gloire en participant à la spéciale VIP de "Qui veut gagner des millions".
Alors les pseudos gens célèbres sont prêts à tout pour retrouver, ne serait-ce qu'une seconde, la transportante glorification que savent seuls apporter les spots 5000 watts du plateau des Z'amours. Et quel analphabète va écrire un livre ? Et quel brâmant du sud-ouest va sortir un disque ? Et quel entraîneur de kung-fu va tourner dans un Lelouch ? Et quel philosophe va accompagner Ruquier dans son éternelle quête de l'élévation spirituelle cathodique ? Et qui va animer la 7e fête de la choucroute de Royan ?
George W. Bush, lui aussi au plus mal dans les sondages, a trouvé une nouvelle façon de se faire aduler : le poème subliminal. La recette ? Financer des livres d'école pakistanais et y inclure des oeuvres dont les premières lettres de chaque vers permettent d'écrire "President George W. Bush" en vertical (à noter que cet exercice serait largement plus périlleux avec Nicolas Sarkozy dont le nom rapporte plein de points au scrabble).
Comme disait l'autre, George fait des vers sans en avoir l'air, de la poésie sans en avoir envie et de la propagande comme une grande. Rien à dire, l'aide désinteressée, c'est magnifique à regarder (Article source, BBC news).
L'information, c'est vous qui la vivez, c'est nous qui en mourons. En tout cas, c'est ce que doivent penser les Irakiens.
Et là, c'est la boulette. Bush reconnaît aujourd'hui que la majeure partie des informations qui ont mené à la guerre en Irak étaient... euh... comment dit-on poliment dans ces cas-là... euh... fausses ?
On admire très fort George pour sa franchise, son honnêteté, son franc-parler. Parce que c'est bien de savoir reconnaître quand on se trompe. Et de comprendre qu'il faut passer à autre chose.
Alors oui, les informations étaient fausses. C'est bien de le reconnaître. Les trente à cent mille civils tués et les deux mille et quelques soldats américains qui ne retourneront jamais chez eux apprécieront.
Sources : Guardian, "Bush admits Iraq intelligence was wrong", The Guardian, "The question", Mercury News, "A look at U.S. military deaths in Iraq"
Finalement, quoi qu'il en dise, le jeune de banlieue a de la chance d'avoir Sarkozy. Avec Condi, il serait depuis longtemps exilé en Sibérie.
Quoi qu'on pense du physique de Condoleezza Rice, et puisqu'il s'agit parfois dans la vie de dépasser les apparences, on ne peut qu'être rassuré par la formidable vision du droit international qu'elle défend au sein du gouvernement Bush. Parce qu'au milieu de tous les Texans, il fallait qu'une femme relève le niveau, remette la justice et les droits de l'homme où ils sont.
Ainsi, interrogée sur les prisons secrètes (et hors du territoire américain, ça évite d'avoir à nettoyer les taches avant de partir) dans lesquelles la CIA interroge les suspects de terrorisme, Condoleezza tient à rassurer l'opinion publique : tout se fait dans le plus strict respect des conventions internationales, du droit, de la justice et des bonnes moeurs, parce que ma brave dame, on n'est pas des sauvages quand même :
"The US does not use the airspace or airport of any country for the purpose of transporting a detainee when we believe he or she will be tortured. With respect to detainees, the US complies with its laws, its Constitution and its treaty obligations." (Les Etats-Unis n'utilisent pas l'espace aérien ou les aéroports d'aucun pays pour transporter des détenus quand ils pensent qu'il ou elle sera torturé. En ce qui concerne les détenus, les Etats-Unis respectent leurs propres lois, leur constitution et les obligations de leurs traités) (source : The Times)
Sur la même page, on peut lire le témoignage de Khalid, citoyen allemand qui porte aujourd'hui plainte contre la CIA. Il a fait les frais des règles strictes de respect de la loi internationale par les US. Son tort ? Etre d'origine libanaise et être tombé sur des douaniers qui ont pensé que son passeport était un faux. Transféré à la CIA, il décrit ce qui lui est arrivé (source The Times)
Détenu 23 jours dans une chambre de motel sans fenêtre par des douaniers macédoniens, il a été "donné" à la CIA. De là, il a été menotté, cagoulé, conduit à un aéroport, endormi pour se réveiller en Afghanistan, s'est réveillé dans un cachot avec pour tout meuble une simple couverture, a été menacé de mort, frappé.
3 mois plus tard, la CIA a reconnu que son passeport était un vrai. Mais ça aurait été dommage de le relâcher.
Ainsi, Khalid, mari et père de 5 enfants, a été détenu deux mois de plus avant d'être finalement emmené en avion en Macédoine et relâché... au milieu d'une forêt, sans un mot d'excuse (mis à part peut-être "soyez heureux qu'on ne vous ait pas sorti Lynndie England" - dont on se souvient les magnifiques photos de vacances ici, là et encore ici).
Au total, 5 mois de disparition, 5 mois de cachot sans pouvoir donner de nouvelles à sa famille, 5 mois de menaces, d'abus physiques, 5 mois d'interrogatoires en Afghanistan avant d'être déposé au milieu d'une forêt de Macédoine. Tout ça parce qu'une paire de douaniers macédoniens ne sait pas lire.
C'est vrai qu'elle impressionne, Condoleezza quand elle respecte "ses propres lois, sa constitution et les obligations de ses traités".
Dans les démocraties, le droit de torturer n'est qu'à un vol d'avion près. Et ça rapporte des points fidélité en plus.
La CIA est frustrée. Que ça se sache. Ou en tout cas, frustrée elle était. Frustrée parce que quand on détient des gens, on doit justifier pourquoi à des juges qui, 'manquait plus que ça, veulent que la justice soit respectée, les sagouins.
Frustrée parce qu'aux US, qu'on le veuille ou pas, la torture est illégale, si si. Aucun des 50 états n'a le bon goût d'autoriser quelques menues réjouissances telles que l'arrachage d'ongles, l'électrocution et autres brûlures rigolotes. Rien. Rien le droit de faire aux US.
Alors du coup, la CIA avait installé son camp de vacances du côté de Guantanamo, pour pouvoir faire mumuse avec les prisonniers sans se perdre dans d'inutiles paperasses et de vagues concepts de respect des droits de l'homme. Sauf que les malpropres d'Amnesty International et autres Croix Rouge ont demandé des comptes. Et que les 600 détenus ont commencé à faire parler d'eux.
Alors, révélé aujourd'hui par le Washington Post, on apprend que la CIA a installé des prisons totalement secrètes dans des pays sympathiques tels que l'Afghanistan, la Thaïlande ou encore d'autres pays sympathiques d'Europe de l'Est.
Les raisons ? La CIA le dit elle-même : "Ainsi, les prisonniers ne peuvent pas contester leur détention devant des tribunaux américains et peuvent être interrogés longtemps" (source BBC News, "CIA running secret terror jails"). Ca a le mérite d'être clair.
Mais pas folle, la CIA refuse de reconnaître l'existence de ces "sites noirs". Et pour une seule raison : on ne peut pas poursuivre en justice quelque chose qui n'existe pas : "La CIA n'a même pas reconnu l'existence des sites noirs. Selon des officiels proches du programme, reconnaître leur existence pourrait ouvrir la porte à des risques légaux et augmenter le risque de condamnation politique aux US comme à l'étranger" (source Washington Post, "CIA Holds Terror Suspects in Secret Prisons").
Et pour finir sur ces notes de poésie, Cheney, qui avait vu venir le coup, avait pris ses dispositions : "Ces inquiétudes sont remontées le mois dernier quand le vice-président Cheney et le directeur de la CIA ont demandé au congrès d'exempter les employés de la CIA d'une loi qui condamnerait les actes dégradants et inhumains commis à l'étranger".
Après avoir inventé le concept de "combattant ennemi" pour pouvoir faire fi de la convention de Genève, les US inventent donc un nouveau concept : l'export de torture. On attend impatiemment un partenariat avec la Chine pour pouvoir mettre des balles dans la nuque des opposants politiques.
Le programme pétrole contre nourriture a fait plus que des conducteurs de 4X4 heureux. Des parlementaires aussi.
C'est la scandale du jour, un membre du parlement anglais aurait menti au congrès américain dans le cadre de l'enquête sur les détournements du programme pétrole contre nourriture (pour mémoire, le programme pétrole contre nourriture est un programme créé pour faire rouler les 4X4 en sortant des sacs de riz plutôt que des dollars, ça coûte moins cher).
George Galloway se serait donc fait prendre la main dans le sac, et Norm Coleman, sénateur républicain du Minnesota, n'est pas content du tout. "Je crois qu'on a ce qu'on appelle ici un flagrant délit" s'est exclamé Coleman, avant de noter que le parlementaire anglais pourrait avoir à faire face à la justice américaine (The Independent, "Galloway lied over Iraqi oil payments, says Congress report").
Pour avoir menti sous serment, fait de fausses déclarations et avoir interféré avec une enquête du congrès, Galloway pourrait au maximum faire 15 ans de prison et devoir payer plus de 750,000 dollars à l'état américain.
Dieu sait si le congrès n'aime pas qu'on lui raconte n'importe quoi.
C'est pas aux US qu'on s'amuserait à raconter n'importe quoi. Surtout pas pour avoir les crédits pour aller jouer à la guerre là où il y a du pétrole, non. Ce n'est pas devant le congrès américain qu'on irait affirmer que Saddam Hussein possède un arsenal nucléaire capable d'envoyer l'Arkansas sur Pluton. Non. Ce n'est pas devant le congrès américain qu'on irait s'amuser à affirmer que l'Irak possède des armes biologiques capable de refiler des MST à 80 générations de Mormons. Non. Et puis on respecte suffisamment les institutions pour ne pas aller devant l'ONU avec de faux flacons d'anthrax pour jouer à "si vous votez pas, j'ouvre la fiole". Non, pas le style, on aime trop la vérité, au congrès américain (pour mémoire, l'armée la plus puissante du monde et 600 inspecteurs suréquipés n'ont pas réussi à mettre la main sur la moindre arme nucléaire ou biologique en Irak - la rumeur dit que Saddam aurait tout expédié en Corée du Nord par DHL avant l'arrivée des marines).
La religion, comme la mode, suit des cycles. Et en ce moment, c'est la croisade qui redevient hype.
La BBC, boîte à scoop s'il en est, rapporte cette semaine des propos que George Bush, chef du monde libre comme ils disent, aurait tenu le discours suivant en Egypte en 2003 (lecteur mon amour, tiens-toi bien, ceci est une citation) :
"Je suis poussé par une mission divine. Dieu m'a dit : "George, va, et combats ces terroristes en Afghanistan", et je l'ai fait. Et Dieu m'a dit : "George, va mettre fin à la tyrannie en Irak", et je l'ai fait. Et maintenant, je sens encore la parole de Dieu qui m'arrive : "Va donner leur État aux Palestiniens, et aux Israéliens leur sécurité, et fais la paix au Proche-Orient". Et, par Dieu, je vais le faire!" (source BBC News, "White House denies Bush God claim")
Bien que le chef de la diplomatie palestinienne par qui ont été rapportés ces propos maintienne, la Maison Blanche dément fermement que le petit George ait été capable d'une chose aussi ridicule.
N'en déplaise aux faucons, les informations de 404 sont formelles. Aussi incroyable que ça puisse paraître, oui, George Bush aurait bien déclaré successivement et en l'espace de deux ans la guerre à deux pays différents.
En revanche, pour ce qui est de savoir si Bush aurait vu la Vierge ou pas, le doute n'est malheureusement plus permis.
Et sur ces paroles d'une ferveur ecclésiastique à faire sourire Benoît XVI, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait que ce week-end a fait 20 000 morts au Pakistan et que George n'aurait, incroyablement, rien à voir là-dedans.
Merci à Korfuri pour l'information.
Quand on fait de la communication, chaque mot compte. Les Marines en savent quelque chose.
On ne sait pas trop si c'est directement lié au conflit en Irak mais apparemment, la guerre n'est plus vraiment le sport populaire du moment aux Etats-Unis. Alors du coup, à la Maison Blanche, vu qu'on est très fort en publicité, on s'adapte.
C'est Donald Rumsfled qui tire le premier et qui change la "guerre contre la terreur" en "effort global contre les extrémismes violents" (sic). En tout cas, l'équipe semble apprécier le changement de terminologie puisqu'on n'en peut plus de souligner le changement de politique.
Maintenant, le conflit est plus qu'une guerre, les Etats-Unis veulent offrir une "alternative positive au terrorisme". Certains vont même plus loin en affirmant que ce sera sans doute un recours plus fréquent à la diplomatie et que les énervés en treillis ne sont pas forcément la solution. Bref, depuis qu'on a changé les mots, c'est pas encore le manège enchanté mais on n'en est pas loin.
Sauf que tout ça semble passablement chagriner George Doubleuvé qui n'a pas trop envie de passer pour une fillette qui se dégonfle. C'est qu'au Texas, on tient à sa virilité.
Alors le lendemain, quand il fait un discours, George n'emploie pas moins de 5 fois les mots "war on terror", et 13 fois le mot "guerre" en 47 minutes (faisait un buzzword bingo ou quoi ?). C'est bien d'avoir de le suite dans les idées.
Et sur ces nuances de vocabulaire d'une mauvaise foi éhontée, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait qu'on a retrouvé 351 foetus dans un hopital de Paris et qu'à la grande déception de tous, Al-Qaeda ne serait même pas dans le coup. (article du NY Times, "President Makes it Clear: Phrase is "War on Terror"")
La démocratie, c'est bien. Mais faudrait pas qu'on laisse des gens qui votent décider, non plus.
Un homme politique se doit d'avoir des principes. Ainsi, George W. Bush, en tant que chef des Etats-Unis, est un homme de principes. Pour être correct, disons plutôt, un homme de principe, au singulier.
Et quel est donc ce principe qui fait mouvoir le camp républicain ? C'est le principe selon lequel la démocratie, c'est vachement bien du moment que ça dit la même chose qu'on aurait de toute façon fait sans démocratie.
Pour l'Irak par exemple, on essaye avec l'ONU et si ces malpropres ne veulent pas jouer à la guerre malgré les très jolies fioles de faux anthrax... on la fait quand même. Parce que bon, on ne va pas se laisser guider par des gens qui votent, non plus.
Ainsi, aujourd'hui, à défaut d'avoir l'approbation du Sénat pour nommer Bolton comme représentant des US à l'ONU, George W. Bush a tout simplement décidé... de se passer de l'approbation du Sénat. Bon, certes, ç'aurait été sympa d'avoir un vote pour Bolton mais apparemment, tous les sénateurs n'avaient pas l'air très d'accord (pour mémoire, Bolton, c'est ce type qui ne supporte pas l'ONU). (Article BBC, "Bolton appointed US envoy to UN")
Et on le comprend bien, George. Si la démocratie n'est pas d'accord, le mieux est de faire sans. C'est qu'on n'a pas de temps à perdre. Comme disait un humoriste mort, la dictature c'est "ferme ta gueule" et la démocratie c'est "cause toujours". Ca n'a jamais été aussi vrai.
Sur ces paroles 33% plus exfoliantes, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait qu'un ministre de l'intérieur français serait très fan des méthodes américaines. Ca laisse rêveur.
Le terroriste est joueur. Et un peu mauvais perdant aussi.
Ils étaient deux, maintenant, ils sont trois. Ils sont trois groupes différents à revendiquer les attentats en Egypte (88 morts, pour mémoire). Déjà, c'était un peu désordre, parce que si ça se trouve, parmi les cadavres des gentils, on a aussi ramassé les cadavres des méchants, ce qui est totalement à l'opposé de la bienséance, faut le dire.
Mais si, en plus, chaque groupe de crétins extrémistes commence à vouloir tirer la couverture à lui, ça risque de devenir sacrément le foutoir. Donc, pour le grand prix du groupe de déphasés le plus abruti de la semaine, on a le choix ce mardi entre les gais lurons de "Unification et guerre sainte égyptiennes", les joyeux drilles des "Brigades Abdullah Azzam" et les petits comiques des "Guerriers saints de l'Egypte". (CRI, "Un troisième groupe revendique les attentats de Charm el-Cheikh".)
Se battre pour être celui à qui reviendra l'honneur d'avoir tué 88 personnes qui n'avaient rien demandé... Comme disait un cinéaste français inconnu, "les cons, ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît".
Avant, on menaçait les enfants de les vendre à un cirque. Maintenant, on menace de les vendre à la police.
On les comprend bien, les policiers. Faut prendre ses précautions, on ne sait jamais. Alors ils sont venus à trois voitures. Et un hélicoptère aussi. Ils ont couru, attrapé la suspecte, l'ont plaquée au sol, un genou dans le dos (comme dans "Cops") et l'ont menottée avant de l'amener au poste pour l'interroger.
Cinq jours au poste, cinq jours enfermée. Et une seule visite de ses parents.
C'est que la suspecte a 11 ans, et c'est aux Etats-Unis que ça se passe. Maribel, onze ans, a jeté un caillou sur Elijah, 9 ans parce que lui-même lui envoyait des bombes à eau. Pour se moquer.
Elijah, 9 ans, a eu une coupure à la tête. Maribel, 11 ans, a hérité d'un procès pénal pour "attaque avec une arme mortelle". (Libération: "Tolérance zéro sans limite d'âge en Californie")
Selon Libération, la police de Fresno ne voit pas le problème. Brain Not Found non plus. Qu'on l'électrocute une bonne fois pour toutes, ça lui apprendra à jeter des pierres, à cette petite hispanique. Non mais.
Et sur ces paroles d'une profondeur à faire blêmir le gouffre de Proumeyssac (le plus grand gouffre du Périgord), vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait qu'on a retrouvé un enfant à Washington qui joue depuis 5 ans avec des armes mortelles sans que personne ne dise rien. Que fait la police ?
N'en déplaise à Jean Saint-Josse, il y a plus funky que de tirer sur les oiseaux. Les Irakiens font des cibles idéales aussi.
Les Américains ne respectent décidément plus rien. Non contents d'avoir laissé Janet Jackson montrer un téton affreusement décoré (ceux qui sortent d'un coma prolongé peuvent aller creuser dans les archives, il y a même des photos), ces affreux fumeurs d'herbe qui rend les jeunes nigauds veulent qu'on arrête la guerre.
Non mais.
Puis quoi encore? Voudraient pas qu'on signe le protocole de Kyoto, en plus, non? En fait, l'Américain commence à en avoir un peu marre de se faire rapatrier sa cargaison de marines pas très vivants tous les jours. Du coup, fleurissent dans les journaux éditoriaux, analyses et commentaires qui disent à qui veut l'entendre que l'Irak, c'est vraiment nul et que la guerre, c'est mal (sauf quand Schwarzy éclate la tronche de tous ces sales communistes, ça va sans dire).
Dans le Herald Tribune du 2 juillet, c'est Roger Cohen qui s'y colle. Et qui pense que la guerre de Bush a besoin d'une petite remise en cause. Rien que ça (communiste, va). (article du IHT, "Globalist: Bush's war rallying needs a reality check").
Roger Cohen y affirme que la guerre, c'est un peu nul mais que ça a quand même apporté de bonnes choses:
"Malgré une élection remarquable, la difficile mais aboutie formation d'un gouvernement de coalition, la formation des forces de sécurité irakiennes, les écoles construites, les centrales électriques réparées et les terroristes tués, les 139 000 soldats américains sont englués dans un conflit dont ils ne voient pas la fin" (texte original - en anglais - dans la version étendue de l'article)
On aimerait bien savoir: depuis quand est-ce que tuer des gens est une bonne chose, au même titre que construire une école? Réparer une centrale nucléaire et flinguer un terroriste sont-ils deux actes humanitaires?
Jusqu'à preuve du contraire, sous sa ceinture de bombes, le terroriste est un être humain, il semble. On pourrait se féliciter de juger des terroristes, de les mettre en prison. De là à se féliciter d'un tableau de chasse avec des têtes d'hommes au-dessus de la cheminée du salon...
Sur ces paroles d'un anarchisme à défriser Laurent Voulzy, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait que Sarkozy veut lancer "tempête du Kärcher" à la Courneuve. Il en profitera pour aller voir si les prix ont vraiment baissé au Mammouth du coin.
"Despite a remarkable election, the belabored but successful formation of a coalition government, the training of Iraqi security forces, the schools built, the power stations repaired and the terrorists killed, the 139,000 American troops in Iraq remain mired in conflict, with no end in sight."
Terroriste, c'est un vrai métier. La preuve en six points.
On ne le sait que trop bien, terroriste n'est ni un métier facile, ni un métier confortable. En dehors du manque d'horaires fixes, les missions changent souvent et on n'est jamais sûr de ne pas être mis à la porte sur le coup d'un malheureux accord de paix.
Mais en plus de tout ça, le terroriste se doit d'être créatif. Parce que pour passer à la télévision, le terroriste l'a bien compris, il faut de l'inédit. Alors on ne pourra que saluer l'initiative de l'excellent Cockeyed qui recense tout ce que les terroristes pourraient possiblement faire pour continuer à passer avant l'arrivée du rhume des foins au 20h de Pujadas (site web: "Anticipate and be Prepared for Terrorists and their Plans").
Et presque dans l'ordre, les meilleures propositions de Cockeyed: pour détruire les Etats-Unis...
6 - Terrorists might hijack a Sausage & Cheese cart and slowly destroy the economy of the mall (les terroristes pourraient prendre en otage un stand de hot-dogs et lentement faire économiquement couler un centre commercial)
5 - Terrorists might purchase the taco-bell chain and offer a "20 tacos for a buck" deal (les terroristes pourraient racheter la chaîne Taco-Bell et faire une offre "20 tacos pour un dollar")
4 - Terrorists might trick us into spending all our money on a couple terrorists rather than education and healthcare (les terroristes pourraient nous faire dépenser tout notre argent à poursuivre quelques terroristes plutôt que dans l'éducation et le système de santé)
3 - Terrorists might build a pretzel catapult to assassinate the president (les terroristes pourraient construire une catapulte à bretzel pour assassiner le président)
2 - Terrorists might elect Bush (les terroristes pourraient élire Bush)
1 - Terrorists might do nothing, just leave it as it is, it's self destructing anyway (les terroristes pourraient ne rien faire, laisser les choses suivre leur cours, ça va se détruire tout seul de toute façon)
Parmi ces 6 propositions, 3 ont déjà été mises en oeuvre. Sauras-tu retrouver lesquelles ?
La liberté d'expression, c'est indispensable. Sauf quand on n'a rien à dire. Et ça, les Faucons l'ont bien compris.
A force de s'extasier sur le miracle toujours renouvelé de la papauté et son cortège de gens bien coiffés, on en avait presque fini par oublier qu'il se passe aussi des trucs du côté de l'Atlantique où on n'a pas besoin d'un Allemand habillé en blanc pour faire n'importe quoi avec la liberté.
Parce que les Etats-Unis vivent un vrai drame. Chaque jour qui passe, l'épidémie se propage un peu plus. Des centaines de milliers de documents disparaissent sans laisser de trace ni de destination. La police a d'abord pensé à des fugues mais devant le nombre, a bien dû se résigner à enquêter. Les pistes ? Des tampons, laissés par les criminels. "Top Secret", "Secret", "Classified", "For Official Use Only," "Sensitive But Unclassified" ou autres "Not for Public Dissemination". Plus de 60 tampons différents et plus de documents.
Il est aujourd'hui difficile d'estimer la nature des documents disparus derrière ces tampons. On sait que des relevés topographiques du pays ont disparu, ce qui semble chagriner un brin les chercheurs, qui, à défaut de cartes fiables, commencent à mettre des ours polaires au Texas. On sait aussi que des documents sur les risques écologiques posés par les centrales nucléaires se sont également évanouis du web, parce qu'ils semblaient poser un risque majeur. Pour qui ?
Depuis 2001, la quantité annuelle de documents retrouvés et rendus au public a été divisée par... 4 (voir article du Boston News, "In Name of War, Public Looses Information").
Pendant ce temps-là, les journalistes d'AP font un procès au gouvernement Bush pour obliger les Gentils Organisateurs du Club Med de Guantanamo à divulguer le contenu des procès qui, 3 ans après leur arrestation, vont permettre aux prisonniers (oups, combattants ennemis) de dire leurs premiers mots devant quelqu'un qui ne dort pas forcément avec ses rangers (article du Guardian, "AP Sues U.S. to Get Guantanamo Documents").
Et pour finir avec le n'importe quoi ambiant, le département de justice (faut le dire vite) américain vient de décider que n'importe quelle arme ou engin explosif peut être considéré comme une arme de destruction massive. Ce qui devrait pas mal simplifier les recherches en Irak, vu qu'on aurait trouvé des armes de destruction massive dans les poches de l'ensemble des rebelles irakiens. On ne peut que féliciter le département de justice pour cette subtile initiative de vocabulaire, qui permet fort subtilement, on en conviendra, de régler le sort de ceux qui pensent que Colin Powell s'est (un tout petit peu) foutu de l'ONU avec ses fioles d'anthrax (article du FAS gouvernement on Secrecy, "Justice Dept: Any destructive device may be a WMD").
Sur ces paroles qui donnent envie d'aller remercier Benoît 1664 pour la transparence vaticane, vous m'excuserez, faut que j'y aille, il semble qu'on veut changer la définition de "démocratie" dans le dictionnaire.
C'est bien connu, pour éviter une guerre nucléaire, rien de telle qu'une guerre nucléaire. Au Texas en tout cas.
Un nom typiquement américain. Sam Johnson, on ne pouvait pas faire plus banal. Sam Johnson est texan. Un texan pur souche, né au Texas et revenu au Texas.
Sam Johnson a fait la guerre de Corée. Il a fait la guerre du Vietnam. Sam Johnson, en plus d'être texan, il est militaire aussi. Bien que n'ayant pas le sex-appeal de Tom Cruise, Sam Johnson a fait Top Gun.
Sam Johnson a été prisonnier de guerre, pendant 7 ans. Il a passé 3 ans en cellule d'isolation, sans parler à personne. Sam Johnson, il est courageux. Et militaire. Parce que Sam Johnson, ses premiers mots après 3 ans sans parler à personne, ont été "Lieutenant Colonel Sam Johnson reporting for duty, sir" (Lieutenant Colonel Sam Johnson à vos ordres, chef). Il est bien formaté, Sam Johnson.
Et Sam Johnson, en plus d'être Texan, militaire et bien formaté, il est aussi républicain, membre du congrès et proche de Bush (Site web).
Alors Sam Johnson, quand il parle de politique militaire, il sait de quoi il parle. Le 19 février, Sam Johnson fait un discours dans une église au Texas. Il raconte sa dernière entrevue avec Bush dans laquelle il exposait au président ses vues sur la question des armes de destruction massive.
Sam Johnson, quand il s'agit d'empêcher la prolifération atomique, il sait comment s'y prendre et le fait savoir : "Syria is the problem. Syria is where those weapons of mass destruction are, in my view. You know, I can fly an F-15, put two nukes on 'em and I'll make one pass. We won't have to worry about Syria anymore." (C'est en Syrie qu'est le problème. C'est là que sont les armes de destruction massive, à mon avis. Vous savez, je peux prendre un F-15, leur balancer deux bombes atomiques en un seul passage et on n'aura plus à se soucier de la Syrie).
C'était Sam Johnson, membre du congrès des Etats-Unis, il y a deux semaines, dans une église du Texas. A la fin de sa phrase, l'assemblée entière a éclaté en un tonnerre d'applaudissements. Reste à espérer que ces gentils chrétiens ne se reproduisent pas entre eux. (Source : The Carpet Bag Report)
Au moment ou on juge les soldats d’Abou Grahib, voilà que les anglais font développer leurs photos de vacances à leur tour.
[Mise en garde: Images explicites] - Dans la vie courante, on distingue surtout le militaire du non militaire par son habillement. Certains indices ne trompent pas. Le militaire, par exemple, est habillé pour donner l’impression qu’il s’est roulé dans les feuilles mortes couvert de colle. Alors que le civil, rarem