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En bref : les dépêches

imageCrétin / Transsexuel une fois:
(05/07/2007) Scoop de nos amis belges, le roi s'est cassé le col de l'utérus. Si si si (via nos amis de l'excellent rue89).

imageMédias / Une dans la nuque:
(29/06/2007) En 2008, ça va sentir le vestiaire de pentathlon du côté de la Chine et pour l'occasion, RSF propose un logo fort approprié. On attend encore l'approbation des boissons gazeuses qui sponsorisent l'événement.

imagePrésidentielle / Espionnage:
(11/04/2007) C'est officiel : De Robien n'a vraiment pas la moindre idée de ce qu'il peut encore bien faire à l'UDF. Ou bien c'est une taupe. Sinon, on ne voit pas.

imageSanté / Miracle usurpé:
(11/04/2007) "Un homme sans oreilles retrouve l'ouïe". Ca n'a rien d'une nouveauté: en 2002, Loana avait bien sorti un livre. Et sans cerveau.

imageIrak / iBlindage:
(10/04/2007) Sauvez un GI : envoyez vos iPods à l'armée américaine!

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Guerres > Rumsfeld : les opposants à la guerre "manquent de perspective"

Rumsfeld le promet : l'Irak, c'est chouette, c'est juste que les touristes n'ont rien compris.

imageS'il est un pays qui truste les informations en ce début de semaine, c'est l'Irak. Malheureusement, parler d'Irak revient souvent à ajouter "attentat", "bombe" et "mort" dans la même phrase. On pourra aussi tenter une variante avec "fusillade", mais le fond reste le même.

Et quand bien même le nouveau président affirmerait qu'on est encore loin de la guerre civile, les faits sont là. Pour ce week-end seulement, on dénombrait pas moins de 19 soldats tués, 40 civils et 40 rebelles, au sud de Bagdad. Bagdad où, le même week-end, un attentat faisait 11 morts.

A peu près 110 morts ces seules dernières 48 heures, presque un mort toutes les 20 minutes. Et des blessés à la pelle (sources BBC News et The Guardian).

On estime le bilan de ces quatre derniers mois à plus de 1000 morts dans le pays, mais on estime seulement, car tous semblent avoir été lassés de compter. Si l'on en croit Iraq Body Count, on serait quelque part entre quarante et quarante-cinq mille morts, à cette date.

Lundi, une bombe a fait 17 morts et 45 blessés en Afghanistan (source Times of India). Les chiffres irakiens ne sont pas encore arrivés.

Les bilans ne sont plus officiels, les morts se multiplient et Rumsfeld se fâche : si de plus en plus d'Américains se lèvent contre la gestion de la guerre en Irak, c'est parce qu'ils "manquent de perspective". Et qu'il ne faut surtout pas donner l'impression de se remettre en cause, au risque de"miner les efforts dans la longue guerre contre un ennemi déterminé" (source ABC News, The World News Daily Blog).

Tant il est vrai qu'à la vue du bilan actuel, toute remise en question serait dommage. Et salement superflue.


Guerres > Bush reconnaît ses erreurs en Irak. Mais s'en moque.

L'administration Bush reconnaît ses erreurs au sujet de l'Irak. Mais ne voit vraiment pas le problème.

imagePas d'armes de destruction massive en Irak, pas plus que de liens avec les attentats du 11 septembre, c'est ce que vient de reconnaître, très explicitement, l'administration Bush par la bouche de son "commander in chief".

Pour les armes de destruction massive, c'est Colin Powell qui s'y était collé en février 2003, prouvant au conseil de sécurité de l'ONU que l'Irak en avait, promis juré, photos, enregistrements et fioles d'anthrax en main (transcript complet).

Pour les liens entre Al-Qaeda et l'administration Hussein, c'était plutôt le dada de Dick Cheney qui, contrairement à ce qu'affirme aujourd'hui Bush, laissait lourdement sous-entendre que l'Irak était une base opérationnelle d'entraînement pour terroristes et que les équipes du 11 septembre s'étaient exercées là-bas (source Whitehouse.gov, "The Vice President Appears on NBC's Meet the Press" :

RUSSERT : The plane on the ground in Iraq used to train non-Iraqi hijackers. Do you still believe there is no evidence that Iraq was involved in September 11 ?
CHENEY : Well, what we now have that's developed since you and I last talked, Tim, of course, was that report that's been pretty well confirmed, that he
(Mohammed Atta) did go to Prague and he did meet with a senior official of the Iraqi intelligence service in Czechoslovakia last April, several months before the attack.

Rien de très nouveau dans tout ça, l'histoire sent le marronnier récurrent depuis que la guerre en Irak a commencé. Mais ce qui est fascinant dans les réponses de Bush, c'est l'incapacité du chef d'état américain à formuler sa réponse. Il bafouille, hésite, élude maladroitement comme un collégien surpris par une interrogation alors qu'il n'aurait pas préparée.

La vidéo de la conférence de presse (ainsi que son transcript) est à voir sur le toujours excellent Democracy Now! ou sur le site de la Maison blanche. Pour un grand moment d'amusement géopolitique. Dommage qu'il y ait des morts. Ca pourrait presque être rigolo, sinon.


Guerres > C'est à qui, ces armes de destruction massives ?

On a enfin trouvé des armes de destruction massive en Irak. Seul problème, curieusement, le propriétaire ne vient pas les réclamer...

image2003, la coalition contre la terreur dans le monde envahissait l'Irak. Le motif ? Des armes de destruction massive de partout, chimiques (ça, on était sûrs) et nucléaires (ça, on ne savait pas mais dans le doute, hein, pourquoi pas). A l'époque, Powell exhibait des fioles d'anthrax à l'ONU et Blair jurait à tout le monde que Saddam pouvait, si l'envie lui en prenait, anéantir toute vie en Europe en moins de 45 minutes. Si.

La suite, on la connait. Après plusieurs mois de recherches, pas moyen de mettre la main sur quoi que ce soit capable d'anéantir de l'humain en masse. Pas d'armements illégaux, pas de nucléaire, pas plus de trousse du petit chimiste. Oups.

Devant le néant des découvertes de l'armée américaine, George Bush lui-même a reconnu un petit problème, dès 2004 : "The chief weapons inspector, Charles Duelfer, has now issued a comprehensive report that confirms the earlier conclusion of David Kay that Iraq did not have the weapons that our intelligence believed were there". Problème réglé, on s'était trompé d'adresse (comment ça, la Corée du Nord, c'est pas au Moyen-Orient ?).

Mais c'est sans compter sur des républicains qui ne veulent pas lâcher le morceau. Et Fox News qui, question d'honneur, veut qu'il y ait des armes de destruction massive en Irak. Ainsi, mercredi, on apprenait que finalement, plus de 500 armes chimiques ont été découvertes en Irak. Certaines chargées de gaz sarin, d'autres de gaz moutarde. Sans que le sénateur en question ne juge utile de préciser que ces armes provenait d'un stock existant avant la première guerre du Golfe. Et que ces armes pouvaient être en grande partie inutilisables et ne remettaient pas en cause le fait que l'Irak ait cessé toute production après 1991 (article Think Progress).


Sur Fox News, on jubile quand même sans s'apercevoir que si on a découvert des armes de destruction massive, on ne comprend - vraiment - pas pourquoi l'administration Bush n'en aurait pas fait la publicité, histoire de justifier sa présence à Bagdad.

Réponse de Thomas McInerery, spécialiste militaire de Fox News : si l'administration Bush n'a pas parlé de la découverte des armes de destruction massive, c'est pour protéger la Russie, la Chine et la France. Selon McInerery, les trois pays sont à l'origine de la capacité de l'Irak à produire des armes chimiques. Et que donc, il ne faudrait pas les mettre dans l'embarras en leur faisant remarquer que dites les gars, vous avez laissé trainer des armes de destruction massives un peu partout, là (article Think Progress)...

C'est sans compter sur cette photo datée de 1983, où Donald Rumsfeld lui-même allait serrer la main de Saddam pour lui proposer des armes pour calmer les ardeurs militaires de l'Iran (détails ici). Ce que McInerery oublie donc de préciser, c'est qu'il est fort possible que les GIs aient tout simplement aussi retrouvé des armes marqué "Made in the USA" dessus.

Suite au prochain épisode, quand on découvrira sur Comedy Central Fox News que le Watergate, c'était en fait pour protéger Pompidou. Merci de continuer à nous divertir.


Guerres > Houdini Grahib

En compactant les prisonniers, les Américains veulent-ils prouver qu'il reste du potentiel pour l'immobilier à Bagdad ?

imageC'est presque devenu aussi fréquent que la météo, presque aussi lassant que le point route d'avant le week-end. C'est devenu une habitude, une sale habitude. Encore une fois, on parle de tortures. Cette fois-ci, c'est en Irak que ça se passe et c'est le New York Times qui rapporte l'histoire (article ici).

Cette fois-ci, ce sont les troupes spéciales en Irak qui font dans le délicat. Certains détenus ont été dénudés, aspergés d'eau et enfermés dans des pièces glaciales. D'autres ont été nourris exclusivement d'eau et de pain durant plus de 15 jours, sans autre chose à manger. D'autres enfin ont été enfermés jusqu'à 7 jours de suite dans des cellules si petites qu'on ne peut ni se tenir debout, ni s'asseoir et encore moins se coucher.

Alors, mettre des prisonniers dans une boîte d'un mètre vingt de haut et de long sur 58 centimètres de large, est-ce de la torture ? Ne nourrir des êtres humains que de pain et d'eau pendant plus de deux semaines, est-ce un châtiment cruel ? Pas au goût du général Formica (non, on n'a pas inventé le nom). Parce que le général Formica, il pense que mettre des êtres humains dans un endroit grand comme un tambour de machine à laver, "deux jours est une durée raisonnable, cinq à sept jours, non". Deux jours, donc, ça va. Quant au pain et à l'eau ? Pas très grave puisque les docteurs lui ont dit, au général, qu'une carence grave en protéines ou en vitamines prendrait plus longtemps que ça à arriver.



Au général Formica, 404 souhaiterait rappeler la définition de la torture telle que définie par le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme :

"le terme "torture" désigne tout acte par lequel une douleur ou des souffrances aiguës, physiques ou mentales, sont intentionnellement infligées à une personne aux fins notamment d'obtenir d'elle ou d'une tierce personne des renseignements ou des aveux, de la punir d'un acte qu'elle ou une tierce personne a commis ou est soupçonnée d'avoir commis, de l'intimider ou de faire pression sur elle ou d'intimider ou de faire pression sur une tierce personne, ou pour tout autre motif fondé sur une forme de discrimination quelle qu'elle soit, lorsqu'une telle douleur ou de telles souffrances sont infligées par un agent de la fonction publique ou toute autre personne agissant à titre officiel ou à son instigation ou avec son consentement exprès ou tacite." (site Web OHCHR)

Mais le général Formica n'en veut pas à ses troupes : selon lui, "C'est regrettable, mais elles ont reçu par erreur les mauvaises instructions". Les prisonniers apprécieront. Quant à Channel 4, ils avancent une autre explication sur la facilité avec laquelle les mauvais traitements se sont développés en Irak et ailleurs : c'est juste une reproduction de ce qui se passe déjà dans les prisons américaines (site Web). Sauf qu'on n'a plus le droit d'y prendre des photos.


Guerres > Rice : faisons conjoint

Qui a dit que les US n'ont pas bien préparé la guerre ? C'est Condoleezza elle-même, 3 ans plus tard.

imageDans la série "il n'est jamais trop tard", Rice dans l'avion qui l'emmène en visite surprise à Bagdad (et dans le texte) :

"Au moment où nous entrons dans cette nouvelle période (...) et où nous cherchons à transférer des responsabilités aux Irakiens (...), nous voulons nous assurer qu'il n'y a pas de hiatus entre ce que nous faisons sur le plan politique et ce que nous faisons sur le plan militaire (...) C'est le bon moment pour nous de venir, d'avoir des efforts conjoints, des réunions conjointes, des discussions conjointes avec notre personnel pour nous assurer que ces liens entre politique et militaire sont solides" (article AFP)

C'est vrai que 3 ans et un mois après le début de la guerre, se demander si les objectifs politiques et militaires coïncident, il commence à être temps de se poser la question. Parce que bon, cent trente deux mille gars avec des fusils qui squattent l'Irak depuis trois ans sans qu'on sache vraiment pourquoi, ça devient gênant.

Tiens, et pendant qu'on est à se demander ce qu'on fait là, on pourrait peut-être en profiter pour demander leur avis aux Irakiens. Dites, les gars, au fait, ça ne vous dérange pas si on met 132 000 gars à nous chez vous et que c'est un peu le bordel pendant quelque temps ? C'est que votre chef, c'est le gars qui a essayé de tuer le papa de notre chef à nous. Hein, dites, ça vous dérange pas. Si vous dites oui, promis, on installe très vite un Burger King chez vous (article 404).


Guerres > Info-mane

L'information, c'est vous qui la vivez, c'est nous qui en mourons. En tout cas, c'est ce que doivent penser les Irakiens.

imageEt là, c'est la boulette. Bush reconnaît aujourd'hui que la majeure partie des informations qui ont mené à la guerre en Irak étaient... euh... comment dit-on poliment dans ces cas-là... euh... fausses ?

On admire très fort George pour sa franchise, son honnêteté, son franc-parler. Parce que c'est bien de savoir reconnaître quand on se trompe. Et de comprendre qu'il faut passer à autre chose.

Alors oui, les informations étaient fausses. C'est bien de le reconnaître. Les trente à cent mille civils tués et les deux mille et quelques soldats américains qui ne retourneront jamais chez eux apprécieront.

Sources : Guardian, "Bush admits Iraq intelligence was wrong", The Guardian, "The question", Mercury News, "A look at U.S. military deaths in Iraq"


Guerres > Pétrole contre nourriture contre mensonge

Le programme pétrole contre nourriture a fait plus que des conducteurs de 4X4 heureux. Des parlementaires aussi.

imageC'est la scandale du jour, un membre du parlement anglais aurait menti au congrès américain dans le cadre de l'enquête sur les détournements du programme pétrole contre nourriture (pour mémoire, le programme pétrole contre nourriture est un programme créé pour faire rouler les 4X4 en sortant des sacs de riz plutôt que des dollars, ça coûte moins cher).

George Galloway se serait donc fait prendre la main dans le sac, et Norm Coleman, sénateur républicain du Minnesota, n'est pas content du tout. "Je crois qu'on a ce qu'on appelle ici un flagrant délit" s'est exclamé Coleman, avant de noter que le parlementaire anglais pourrait avoir à faire face à la justice américaine (The Independent, "Galloway lied over Iraqi oil payments, says Congress report").

Pour avoir menti sous serment, fait de fausses déclarations et avoir interféré avec une enquête du congrès, Galloway pourrait au maximum faire 15 ans de prison et devoir payer plus de 750,000 dollars à l'état américain.

Dieu sait si le congrès n'aime pas qu'on lui raconte n'importe quoi.

C'est pas aux US qu'on s'amuserait à raconter n'importe quoi. Surtout pas pour avoir les crédits pour aller jouer à la guerre là où il y a du pétrole, non. Ce n'est pas devant le congrès américain qu'on irait affirmer que Saddam Hussein possède un arsenal nucléaire capable d'envoyer l'Arkansas sur Pluton. Non. Ce n'est pas devant le congrès américain qu'on irait s'amuser à affirmer que l'Irak possède des armes biologiques capable de refiler des MST à 80 générations de Mormons. Non. Et puis on respecte suffisamment les institutions pour ne pas aller devant l'ONU avec de faux flacons d'anthrax pour jouer à "si vous votez pas, j'ouvre la fiole". Non, pas le style, on aime trop la vérité, au congrès américain (pour mémoire, l'armée la plus puissante du monde et 600 inspecteurs suréquipés n'ont pas réussi à mettre la main sur la moindre arme nucléaire ou biologique en Irak - la rumeur dit que Saddam aurait tout expédié en Corée du Nord par DHL avant l'arrivée des marines).


Guerres > La démocratie pour les nuls

La démocratie, c'est bien. Mais faudrait pas qu'on laisse des gens qui votent décider, non plus.

imageUn homme politique se doit d'avoir des principes. Ainsi, George W. Bush, en tant que chef des Etats-Unis, est un homme de principes. Pour être correct, disons plutôt, un homme de principe, au singulier.

Et quel est donc ce principe qui fait mouvoir le camp républicain ? C'est le principe selon lequel la démocratie, c'est vachement bien du moment que ça dit la même chose qu'on aurait de toute façon fait sans démocratie.

Pour l'Irak par exemple, on essaye avec l'ONU et si ces malpropres ne veulent pas jouer à la guerre malgré les très jolies fioles de faux anthrax... on la fait quand même. Parce que bon, on ne va pas se laisser guider par des gens qui votent, non plus.

Ainsi, aujourd'hui, à défaut d'avoir l'approbation du Sénat pour nommer Bolton comme représentant des US à l'ONU, George W. Bush a tout simplement décidé... de se passer de l'approbation du Sénat. Bon, certes, ç'aurait été sympa d'avoir un vote pour Bolton mais apparemment, tous les sénateurs n'avaient pas l'air très d'accord (pour mémoire, Bolton, c'est ce type qui ne supporte pas l'ONU). (Article BBC, "Bolton appointed US envoy to UN")

Et on le comprend bien, George. Si la démocratie n'est pas d'accord, le mieux est de faire sans. C'est qu'on n'a pas de temps à perdre. Comme disait un humoriste mort, la dictature c'est "ferme ta gueule" et la démocratie c'est "cause toujours". Ca n'a jamais été aussi vrai.

Sur ces paroles 33% plus exfoliantes, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait qu'un ministre de l'intérieur français serait très fan des méthodes américaines. Ca laisse rêveur.


Guerres > Trophée de chasse

N'en déplaise à Jean Saint-Josse, il y a plus funky que de tirer sur les oiseaux. Les Irakiens font des cibles idéales aussi.

imageLes Américains ne respectent décidément plus rien. Non contents d'avoir laissé Janet Jackson montrer un téton affreusement décoré (ceux qui sortent d'un coma prolongé peuvent aller creuser dans les archives, il y a même des photos), ces affreux fumeurs d'herbe qui rend les jeunes nigauds veulent qu'on arrête la guerre.

Non mais.

Puis quoi encore? Voudraient pas qu'on signe le protocole de Kyoto, en plus, non? En fait, l'Américain commence à en avoir un peu marre de se faire rapatrier sa cargaison de marines pas très vivants tous les jours. Du coup, fleurissent dans les journaux éditoriaux, analyses et commentaires qui disent à qui veut l'entendre que l'Irak, c'est vraiment nul et que la guerre, c'est mal (sauf quand Schwarzy éclate la tronche de tous ces sales communistes, ça va sans dire).

Dans le Herald Tribune du 2 juillet, c'est Roger Cohen qui s'y colle. Et qui pense que la guerre de Bush a besoin d'une petite remise en cause. Rien que ça (communiste, va). (article du IHT, "Globalist: Bush's war rallying needs a reality check").

Roger Cohen y affirme que la guerre, c'est un peu nul mais que ça a quand même apporté de bonnes choses:

"Malgré une élection remarquable, la difficile mais aboutie formation d'un gouvernement de coalition, la formation des forces de sécurité irakiennes, les écoles construites, les centrales électriques réparées et les terroristes tués, les 139 000 soldats américains sont englués dans un conflit dont ils ne voient pas la fin" (texte original - en anglais - dans la version étendue de l'article)

On aimerait bien savoir: depuis quand est-ce que tuer des gens est une bonne chose, au même titre que construire une école? Réparer une centrale nucléaire et flinguer un terroriste sont-ils deux actes humanitaires?

Jusqu'à preuve du contraire, sous sa ceinture de bombes, le terroriste est un être humain, il semble. On pourrait se féliciter de juger des terroristes, de les mettre en prison. De là à se féliciter d'un tableau de chasse avec des têtes d'hommes au-dessus de la cheminée du salon...

Sur ces paroles d'un anarchisme à défriser Laurent Voulzy, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait que Sarkozy veut lancer "tempête du Kärcher" à la Courneuve. Il en profitera pour aller voir si les prix ont vraiment baissé au Mammouth du coin.

"Despite a remarkable election, the belabored but successful formation of a coalition government, the training of Iraqi security forces, the schools built, the power stations repaired and the terrorists killed, the 139,000 American troops in Iraq remain mired in conflict, with no end in sight."


Guerres > Torture en Irak, encore

Au moment ou on juge les soldats d’Abou Grahib, voilà que les anglais font développer leurs photos de vacances à leur tour.

image[Mise en garde: Images explicites] - Dans la vie courante, on distingue surtout le militaire du non militaire par son habillement. Certains indices ne trompent pas. Le militaire, par exemple, est habillé pour donner l’impression qu’il s’est roulé dans les feuilles mortes couvert de colle. Alors que le civil, rarement. Le militaire porte également la plupart du temps à bout de bras des ustensiles suffisamment efficaces pour abattre rapidement la moitié de la faune africaine. Alors que dans le bus, on ne rencontre finalement que peu de gens qui croient à ce point là vivre dans Quake.

Mais le militaire se distingue également de mes voisins en ce qu’il faut faire très attention quand on parle à un militaire. Parce que mon voisin, quand je lui demande de jeter un coup d’œil pendant les vacances histoire de voir si on a pas fracassé ma porte, il ne massacre pas le facteur quand il vient me porter une missive.

Alors que le militaire, si.

Pour preuve, quand on demande aux militaires anglais de surveiller les réserves de nourriture de l’armée en Irak, ils ne se contentent pas d’éconduire les Irakiens qui, c’est bien connu, veulent voler du riz pour faire des attentats.

Non, ils les attrapent, les mettent dans des filets (photo Guardian), leur marchent dessus (photo Guardian), « font semblant » de les frapper (photos Guardian #1 et #2), jouent avec (photo Guardian) et encore plus classe, les forcent à simuler des choses pas très autorisées par l’Islam (photos Guardian #1, #2 et #3). Le tout avec le pouce levé et les photos souvenir à l’appui. Très civilisé.

C’est le scandale de la semaine outre manche et ça tend à démontrer une fois de plus que oui, la guerre est décidément une chose tout à fait formidable. (Article du Guardian et Article du Monde sur le sujet).


Guerres > Chirurgicalement votre

Les frappes chirurgicales seraient elles devenues le Dave de l'armée, définitivement has-been ?

imageEn politique, pas de miracle, pour avoir du succès, il faut s'adapter a son public. Serrer des fesses de vaches et embrasser des mains quand nécessaire. Mais cela ne vaut pas qu'en période électorale, l'équipe de Bush est là pour nous le prouver.

A New York, nous sommes en pleine convention républicaine. Les manifestations pullulent dehors et la police de Bloomberg décide de freiner les velléités de ces anarcho-communistes. On les comprend. Bref, ils interviennent, et pas du dos de la grenade lacrymogène.

Les forces de l'ordre repèrent un groupe de manifestants, boucle les rues adjacentes et se resserre en embarquant tout ce qui se trouve sur son passage. Jeunes, vieux, manifestants, passants, démocrates et républicains, tout y passe, tous au trou.

Mais aux Etats-Unis, une loi empêche de retenir en détention préventive plus de 24 heures. Et la convention est loin d'être terminée. Du coup, on laisse plus de 1500 citoyens, dont le seul crime est éventuellement d'avoir manifesté leur opinion, mijoter deux jours en prison (Guantanamo on the Hudson, via Village Voice). Sans nouvelles de leurs proches, de nombreuses familles vont faire le pied de grue devant la cour de justice. En vain.

Quelques jours plus tard, en Irak, une autre manifestation. On n'y agite pas que des pancartes. Un hélicoptère de combat, deux missiles dans la foule et hop, manifestation dispersée. Encore plus efficace (et moins consommateur de ressources humaines) qu'à New York. Et autant pour le journalistes tué dans "l'accrochage". Manquerait plus qu'on soit obligé de viser en plus.

Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait que Sarkozy a évoqué avec Cruise la possibilité de disperser la prochaine manif de lycéens à l'arme nucléaire.


Guerres > Errare humanum Bush

Puisqu’on lui a enlevé ses Bretzels, vélos et autre Segways, Bush va faire des discours maintenant. Bien fait.

imageGeorge fait de la politique extérieure. George, quant il fait de la politique, il veut s’assurer que tout le monde comprend bien parce que George, il trouve que les gens autour, ils sont un peu stupides.

Alors George, pour que tout le monde comprenne bien, il prend des exemples. Par exemple cet homme qui a eu les mains coupées parce qu’il faisait de l’échange illégale de devises, du coté de Baghdad.

Mais voilà, tout se gâte. George s’enflame, n’a pas bien révisé son texte, panique, tout lui revient à l’ésprit d’un seul coup. Il repense à ses vacances en Tunisie, au collier qu’il a acheté à Laura chez Wallmart, l’été dernier, son papa Bush, son ami schwarzy, Schwarzy qui extermine les méchants communistes, les russes qui mangent des enfants …

Et hop, il en est encore à Schwarzy en Afghanistan que ça lui échappe : "And because the Soviet dinar had devalued, Saddam Hussein plucked this guy out of society to punish him" dit il. Personne ne rie. Il continue à penser à Schwarzy et se dit que quand même, il est président des etats-unis et que y’a pas de raison qu’il n’y ait que David Hasselhof qui ait K2000. Il mettra le FBI sur le coup.

Quant à moi, vous m’excuserez, faut que j’y aille, paraît que la France va bientôt passer en Rouble Norvegien.


Guerres > L'académie des 180,000

Avant, il y avait l'académie des neuf où on posait des questions intelligentes. L'académie des 180,000 démontre que oui, l'intelligence, c'est bien comme la confiture.

imageLa capacité de réflexion du militaire de base demeurera toujours un des secrets les mieux gardés de la nature. Après tout, un militaire, avant de baver fusil à la main a été un être humain à un moment ou à un autre. Croyons le ou pas, certains le sont même restés après avoir signé avec les amis de Michèle. On aurait même entendu dire que certains deviennent des pères de famille tout à fait respectable. Et puis d'un autre coté, il y a ceux qui sont en Irak.

Près de la célèbre prison qui a remis les soirées SM à la mode, un journaliste de France 2 commente la prochaine destruction de la geôle. Il croise un militaire américain, lui demande son avis sur la question, espérant sans doute un scoop quelconque sur l'état moral des troupes de celui qui ne sait faire ni du vélo, ni du segway ni manger des bretzels voire même gouverner un pays. Et là, fier comme René qui vient de coller de la fourrure de renard sur le radiateur de sa R19, le militaire fixe l'objectif et dit en souriant "Vous savez, si j'avais une opinion, je ne serais pas militaire".

Pour autant de clairvoyance, on ne peut qu'applaudir des deux mains. Et s'esbaudir de voir l'avenir du monde placé en de si sûres et raisonnées mimines. Si si.


Guerres > En Irak, on ne torture pas que les combattants

L'armée américaine est formelle, dans la guerre, tout est question de terminologie. Les dommages collatéraux en savent quelque chose.

imageL'armée américaine a été dotée par la nature d'un don certain pour inventer des expressions. La plus célèbre en date étant bien entendu celle de "combattant illégal", qui sous entend quand même, faut-il le rappeler, qu'il faut demander un permis de port d'arme au FBI avant d'aller se mettre sur le coin de la tronche avec des marines sur-armés sortis tout droit du Burger King d'appoint.

Moins célèbre mais dernier en date, l'armée américaine oeuvre pour le bien être de l'humanité. Si si, promis. La pratique qui consiste à priver les détenus de sommeil (en projetant, par exemple, de la musique assourdissante 24h/24 dans la tête des prisonniers) vient d'être rebaptisée de "Sleep Depravation" (privation de sommeil) en "Sleep management" (Gestion du sommeil). Insomniaques de tous les pays, réjouissez-vous, la guerre en Irak, en fait, ce n'est qu'une oeuvre de salubrité publique afin de trouver vite fait bien fait un remède contre les insomnies qui empêchent Gisèle de dormir.

Et pendant ce temps là, on apprend que 2 journalistes irakiens de Reuters et un de NBC ont aussi eu droit aux tortures de Marines (oups, pardon, aux sessions management des gestions de stress et de l'ego). On envie ces trois journalistes d'avoir collaboré aussi activement à l'élévation de l'humanité. Merci Donald.


Guerres > L'erreur est Powell

Bon, ça va l'erreur est humaine, c'est pas comme si on avait déclenché une guerre et plongé un pays dans le chaos quand même ...

imageColin Powell, qui n'en est pas à sa première bourde, commence à remettre franchement en cause ce qui a fait entrer les américains en guerre contre les l'Irak, a savoir les armes de destruction massive. Faut le comprendre. Après avoir mis les grands moyen pour démontrer que l'Irak avait de quoi dévaster la planète de Vierzon à Jupiter en même pas 40 minutes, son armée n'a toujours pas trouvé la moindre arme de destruction massive du coté des champs pétrolifères gardés par un méchant qui se cache au fond d'un trou.

Alors qu'on pensait que l'Irak était blindé de barres d'uranium, il faut se rendre à l'évidence, le bâtonnet de Colin reste introuvable. Pouf pouf. Et Powell d'enfoncer tout seul l'administration de son patron, tel que reporté sur le Seattle Times, deux points, ouvrez les guillemets:

"When I made that presentation in February 2003, it was based on the best information that the Central Intelligence Agency made available to me (...) It turned out that the sourcing was inaccurate and wrong and, in some cases, deliberately misleading. And for that, I am disappointed, and I regret it". (Quand j'ai fait la présentation en février 2003, celle-ci était basée sur la meilleure information de la CIA que j'ai pu obtenir. Il se trouve que les sources étaient inexactes et fausses, et dans certains cas, délibérément manipulées. Pour cela, je suis déçu et je donne mes regrets.)

L'article entier se trouve ici. Voilà qui ressemble fort à un aveu ... (pour ceux qui aiment les discours interminables, l'intervention de Powell à l'ONU est ici)


Guerres > Torture en Irak, suite

Un des grands penseurs de notre temps disait qu'en voulant l'égalité avec les hommes, les femmes risquaient de tomber bien bas. La preuve.

imageUn camp d'entraînement des Navy Seals. Ils sont l'élite de la marine américaine, les troupes qu'on envoie lorsque les situations deviennent difficiles. Leur entraînement dure 8 semaines, pas plus, pas moins. En entrant, ils savent déjà qu'ils ne seront pas tous élus, que beaucoup n'atteindront même pas le stade du premier jour. Le passage le plus difficile de leur séjour sera sans aucun doute celui où leurs supérieurs les torturent réellement dans une guerre franchement factice. Ils sont épuisés, enfermés dans des cages en osier. D'une cabane qui réplique les prisons viet, des hurlement jaillissent à fois qu'un recrue se fait interroger. Parmi ces recrues, une femme. Comme les autres, elle sera battue par ses supérieurs.

La femme, c'est Demi Moore. Le film, c'est GI Jane, un vague ode à une armée plus progéstéronique mais toujours aussi stupide et mal coiffée.

Dans la vraie vie, aujourd'hui, le Washington Post montre de nouvelles images de tortures ou d'actes franchement contraires à la convention de Genève en Irak. Et sur ces photos, GI Jane tient le haut du pavé. Elle tient un prisonnier Irakien au bout d'une laisse. Elle n'est pas Demi Moore mais elle a l'air aussi stupide que ses collègues masculins. Au moins un point où l'égalité des sexes est une réalité, apparemment.


Guerres > Faites ce que je dis

On voit des photos des tortures en Irak. Et alors qu'on pensait y voir des fidèles de Saddam, on y découvre des marines dans le rôle des tortionnaires. Sic.

imageSur le site de l'administration provisoire de Paul Bremer en Irak, deux pages sont dédiées aux actes de torture en Irak, à ces prisonniers qu'on électrocutait pour leur faire avouer leur opposition au régime de Saddam. Ces pages sont regroupées sous la bannière "Unspeakable acts". Unspeakable, comme impossible à envisager, impossible à raconter. Comme une bonne raison de plus de partir en guerre. Comme LA raison, s'il en fallait une.

D'autant plus impossible à raconter aussi les photos révélées aujourd'hui des tortures subies par les mêmes irakiens et infligées par les troupes américaines cette fois-ci. Impossible les photos de ces prisonniers, bras écartés, fils électriques connectés aux deux mains. Ces photos de marines, humiliant leurs prisonniers. Bizarre, cette idée qu'alors que certains se livraient à ces atrocités, que d'autres faisaient crépiter les flashes pour immortaliser ce moment, dans l'espoir sans doute de les coller dans un album de famille au fin fond du Kansas.

Les coupables affirment que c'est de la faute de l'armée, qui n'a pas formé ses militaires à savoir traiter les prisonniers. Comme s'il fallait une formation pour ne pas électrocuter ceux que l'on surveille. Hum. -- photos via SkyNews, #1, #2, #3, #4, #5, les explications dans l'article (et le slide show) ici--


Guerres > George va-t-il se faire Irak–iri ?

Contrairement à son père, W est allé jusqu'à Bagdad. Comme Daddy, il aurait peut être mieux fait de rester au Texas.

imageL'armée coalisée basée en Irak démontre avec brio un viel adage que je viens d'inventer pour l'occasion (bien qu'il existe sans doute quelque part quand même), et qui dit qu'il est beaucoup plus facile de faire la guerre que la paix.

Tautologies à part, on ne peut que s'émerveiller devant les progrès fait depuis la fameuse installation du premier Burger King d'Irak (voir cet article). Attaques aux lances roquettes sur l'armée de libération, manifestations, manque d'électricité, d'eau courante, répression dans le sang, insurrection populaire, attentats, militaires démembrés en public … La liste est longue.

En tout cas, Bush ne se laisse pas démonter et annonce que les efforts continuent dans la même direction et que le terrorisme ne fera pas changer la coalition (composée des Etats-Unis et des … des … Etats-Unis) de cap.

Bon, on veut bien lui accorder le bénéfice de la persévérance, à l'instar d'un autre président qui reconduit un premier ministre dans ses fonctions alors que clairement, ce dernier ne fonctionne plus vraiment.

Mais on ne peut que s'angoisser quant à ce que signifie "la même direction". Voyons, après les fusils, les grenades et les lances roquettes, quoi d'autre ? Si ça continue, les Irakiens, ils vont finir par vraiment en fabriquer, des armes de destruction massive.


Guerres > Irlandais et Irakiens, même combat ?

Quand on rapporte des "meurtres illégaux" par les forces de la coalition en Irak, c'est a se demander s'il n'y aurait pas un ver dans le FRU

imageA ce qu'on sache, de foi de catholique extrémiste et de protestant grégaire, Saddam n'aurait jamais mis les pieds en Irlande. Non. Même pas un cocktail Molotov ou une crucifixion bien sentie. Rien. Et pourtant, Irlandais et Irakiens partagent la joie d'avoir pu tous deux rencontrer les joyeux drilles du FRU, service ô combien secret de l'intelligence britannique.

Après avoir sévi du coté du pays où il fait beau surtout dans les pubs à l'heure de la guiness, le FRU s'en est en effet allé du coté du pays où il fait beau surtout du coté des puits de pétrole à l'heure où la noire visqueuse emplit l'air des effluves nauséabondes de nos futurs carburants à partir en vacances du coté du cap d'Agde, charmante station balnéaire qui, c'est bien connu, connaît en août le plus grand nombre de seins sans qu'un seul pape ne daigne se pointer à l'horizon.

Le FRU, c'est une charmante unité de renseignement britannique qui n'a pas hérité de James Bond son costume bien repassé ou son sourire Colgate mais plutôt le droit de tuer pour des intérêts politiques. Et alors qu'un ex-agent du FRU sort un livre de révélations sur les pratiques du gouvernement anglais en Irlande et des quelques centaines de meurtres qui en ont résulté, le Guardian s'étonne du manque de couverture médiatique.

C'est que le ministère de la défense britannique a su mettre les petits plats dans les saladiers à Ferrero rocher de la reine en interdisant à plusieurs journaux de publier les informations concernant le FRU et leur interdisant également au passage de communiquer sur le fait qu'il était interdit de publier des informations sur le FRU (sic).

Interdit de presse, déprogrammé de radio et de télé, le livre ne se vend guerre que du coté de Belfast où l'on s'intéresse encore un peu aux soucis géopolitico-religieux de l'Irlande. Du coté du reste du monde, on fera fi des exécuteurs de sa majesté et on pourra profiter de ce temps libre pour se demander comment on arrive à se planter 2 fois en essayant de verser 6 millions d'euros de rançon à un groupe terroriste (au passage, depuis quand cède-t-on aux demandeurs de rançon ?). Quant à moi, vous m'excuserez, un hélico de la DST vient de se poser à coté de chez moi. Ils veulent donner José Bové en rançon. Contre rien en plus.

Plus d'informations sur les FRU sur Totse, sur WSWS et dans un article du Sunday Herald de 2000.


Guerres > Saddam: Les photos de la capture

En plus de ses grenades, chaque militaire américain possède un appareil photo. Et apparemment un sens pour la mise en scène.

imageDepuis la capture de Saddam dans son trou de Tikrit, peu de photos. Jusqu'à ce que des militaires ayant participé à sa capture n'envoient leur clichés du jour de l'arrestation au site military.com, justifiant de la manière suivante leur infraction au secret militaire: "I'd like to see this photograph posted in every public building in the US so Americans can be reminded to thank the American soldiers who put their lives on the line every day to keep this nation safe and free" (j'aimerai voir cette photo affichée dans tous les bâtiments publics des Etats-Unis pour que les américains n'oublient pas de remercier les soldats qui risquent leur vie chaque jour pour que leur pays vive dans la paix et la sécurité). [extrait d'un article du Daily Telegraph publié dans The memory Hole].

Bien entendu, le pentagone n'est pas très content de toute cette publicité hors de son contrôle. En même temps que les photos, un détail sur l'arrestation de Saddam, rapporté par CNN cette fois-ci (archive de l'article chez rense.com): Soldiers said afterward that when Saddam was found he said, in English: "I am Saddam Hussein. I am the president of Iraq. I want to negotiate." The soldiers replied: "President Bush sends his regards." (Les soldats ont déclaré qu'après avoir trouvé Saddam, ce dernier aurait dit, en Anglais "Je suis Saddam Hussein. Je suis le président d'Irak. Je veux négocier". Les soldats ont répondu "Vous avez le bonjour du président Bush"). Faut arrêter d'aller au ciné ...


Guerres > Monsieur le président, je vous écris une bafouille ...

image"You'd be surprised at how many of the guys I talked to in my company and others believed that the president's scare about Saddam's WMD was a bunch of bullshit and that the real motivation for this war was only about money. [...] We were promised to go home on June 8th, and found out that it was a lie and we got stuck doing missions for an extra three months. Even some of the most radical conservatives in our company including our company gunnery sergeant got a real bad taste in their mouth about the Marine corps, and maybe even president Bush." (Vous seriez surpris du nombre de gars auxquels j'ai parlé dans mon unité et dans d'autres et qui croient que les craintes du président au sujet des armes de destruction massives sont de la connerie et que la vraie motivation de cette guerre est uniquement l'argent.[...] On nous avait promis un retour le 8 Juin et c'était un mensonge de plus. Nous avons dû continuer les missions 3 mois de plus. Même certains des conservateurs les plus radicaux de notre compagnie ont un sale arrière goût quant ils pensent aux marines et même au président Bush)

"Wow, 130,000 troops on the ground, nearly 500 deaths and over a billion dollars a day, but they caught a guy living in a hole. Am I supposed to be dazzled?" (Wow, 130,000 militaires au sol, presque 500 morts et plus d'un milliard de dollars par jour, mais ils ont attrapé un gars qui vivait dans un trou. Je devrais être impressionné ?)

Textes extraits de lettres de militaires américains à Michael Moore et reportées par ce dernier sur Alternet dans cet article.


Guerres > 404 Weapons not found

image"The invasion was still a lie. The capture of Saddam Hussein changes nothing about that. There were too many forked tongues in the road to his lair. The way we removed the dictator, we became a global dictatorship.No major reason for the war has been proven. The deadly WMDs became weapons of mysterious disappearance". (L'invasion est toujours un mensonge. L'arrestation de Saddam Hussein n'y change rien. Il y a eu trop de langues fourchues sur le chemin de cette planque. La façon de supprimer ce dictateur a fait de nous des dictateurs globaux. Aucune raison invoquée pour la guerre n'a été prouvée. Les armes de destruction massive ont mystérieusement disparu). Le reste, c'est par là, via le Boston Globe

Juste histoire de se souvenir que même si un dictateur de moins, c'est mieux qu'un en plus, on n'a toujours pas trouvé d'arme de destruction massive, d'armes chimiques, de liens entre Al-Qaeda et Saddam, d'uranium africain, d'armes prêtes à anéantir l'occident en 45 minutes.
Tout ce qu'on sait, c'est qu'on nous a ouvertement menti, qu'un scientifique anobli par la reine d'Angleterre pour sa loyauté s'en est suicidé, que personne ne s'est jamais excusé d'avoir pris la moitié du globe pour des cons. Tâchons de nous en souvenir. Quant à moi, vous m'excuserez, c'est l'heure de la gym devant mon télécran. Une dure journée à réécrire l'histoire m'attend.


Guerres > Catch me if you can

imageVoilà, ça devait arriver, c'est arrivé. On a chopé le grand méchant loup, le monstre dont la seule évocation suffisait à donner une érection à la famille bush et par extension à toute l'armée américaine. On est hyper content, le monde sera plus sûr sans lui et autres totologies à faire vomir n'importe quel journaliste qui se respecte un minimum. Les Etats-unis et l'Europe éructent d'une joie dégoûtante, tout le monde se bave sur le nombril, comme si avoir chopé Saddam allait régler quelque problème que ce soit. Bravo, 600 marines armés jusqu'au gencives, qui ont cherché pendant 9 mois. 600 fusils d'assaut, 600 lunettes infra-rouges, infra-bleues, infra-vertes, 600 grenades. Au 20 heures, hier soir, on nous montre comment s'est passée la traque de Saddam, le monstre aux pouvoirs surnaturels. Et hop, un indic dit qu'il est dans un village. Pas de quartier, on bombarde. 25 morts, femmes, enfants, hommes, vieillards. Oups, Saddam, il était pas là. Non, en fait, il est là bas. Deux trois coups de lance roquette dans ta maison, désolé, on prends pas la peine de frapper avant d'entrer, on est à la bourre pour l'ouverture de CNN (et désolé pour le sang sur ta moquette). Pas de Saddam chez toi, tu as perdu à "qui veut gagner 25 millions".

Bon, Saddam, faut le trouver, lui qui doit se planquer dans un centre de commande ultra-secret, à commanditer tous les attentats contre les GI's. On l'imagine dans sa base à la Docteur No, terré dans un faux volcan, armées High Tech, armes de destruction massives à portée de main (faut bien qu'elles soient quelque part). On l'imagine avec son pote Oussama, préparant une nouvelle atrocité.Et puis on le déterre dans un trou juste assez grand pour tenir une personne couchée. Il se terre là depuis quelques jours. Ils sont 600 à venir le chercher. On s'étonne qu'il ne résiste pas (avec tous ses pouvoirs surnaturels de méchant, bizarre qu'il ne se soit pas envolé où un truc dans ce genre). Ce matin, un journal anglais (perdu le nom au passage) titrait, sous la photo de Saddam "Il n'a même pas eu les couilles de se tirer dans la tête". Un autre titre "Hang Him" (pendez-le), rappelant un far-west débile et une justice où on lapide et coupe des têtes. La société "civilisée" au plus beau de sa forme, qui brûlerait des sorcières si elle pouvait. Et que faisaient ils, ces justiciers de bac à sable, alors que Saddam gazait les kurdes ?

On l'a trouvé, le catalyseur de la vindicte populaire. On dit que Saddam à droit à la convention de Genève mais on l'exhibe tel un animal, on lui cherche des poux devant la caméra, on lui regarde les dents comme on le ferait avant d'acheter un cheval. Et on pourra aller se coucher repu, heureux que justice soit faite, que le bien triomphe du mal, que James Bond gagne finalement contre docteur No. On pourra croire que rien n'est impuni, que le bien triomphe du mal et s'estimer heureux d'être gouverné par les gentils. L'irak pourra devenir sans crainte l'enjeu économique de 2004, les irakiens libres de devenir les pompistes de l'occident, libérés du joug de la cruauté barbare du psychopathe sanguinaire, livrés à des enjeux qui les dépassent, sans que l'on ai pris la peine de leur demander leur avis. C'est plus fort que moi, quand l'occident décide de s'auto-congratuler pour avoir écrasé une mouche avec une tapette de 70 tonnes, c'est plus fort que moi, ça m'énerve, même si la mouche était Tsé-Tsé. Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'y aille, je dois assister à l'avant première du film sur la libération de l'Irak et la capture de Saddam, bientôt sur vos écrans, pop corn à la main, ticket à 8 euros chez Gaumont, -25% pour la séance de 10 heures.


Guerres > Classe naturelle

imageAu secours, Bush s'est acheté un jogging addidas millésime 1985 à la halle aux vetements avant d'aller faire le boulet en Irak pour Thanksgiving. Ces images sont tellement belles qu'elles n'en font pas réelles. Rappellons nous simplement que le serveur qui tient la dinde est le président, qu'on le veuille ou non, du pays le plus riche et le plus armé du monde. Alléluia.

Les photos, c'est ici ...On admirera donc un George tout droit sorti de l'école de formation des équipiers Mac Do présentant son Mac Dinde à des militaires dont la testostérone n'en peut plus de ne butter que des volailles. Mais au fûr et à mesure de la soirée et vu que le pepsi coule à flot, George ne tient plus droit. Il improvise alors une conférence de presse qui se terminera, esprit de thanksgiving oblige par une bonne blague grivoise pour faire rire le militaire en rut. Les traditions ont du bon. Parfois.
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Edit: Ca m'était sorti de l'esprit mais c'est vrai que ce n'est pas la première fois que George se tape de la dinde ...


Guerres > Pourquoi les irakiens font rien qu'à faire les méchants.

image"Thank you for joining the Iraqi resistance forces. You have been issued an AK-47 rifle, rocket-propelled grenade launcher and an address where you can pick up supplies of bombs and remote-controlled mines. Please let your cell leader know if you require additional materiel for use against the Americans. " (Merci d'avoir rejoint les forces de résistance irakiennes. Un AK-47 et un lance grenade vous ont été remis, ainsi qu'une adresse où vous pouvez récupérer des bombes et des mines télécommandées. Merci de tenir votre responsable d'unité informé si vous avez besoin de matériel supplémentaire pour combattre les américains). Ou comment Ted Rall imagine le recrutement de ceux qui font de l'occupation irakienne un cauchemar pour l'administration Bush. La suite, par ici. Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'y aille, je dois relire la notice du "Clemenceau".


Guerres > La nuit des héros

La nuit des héros, c’était le réality-show avant l’heure, la trash tivi avant le Loft, c’était quelques heures de France d’en bas à la télé de la France d’en haut. C’était un Laurent Cabrol qui recevait des héros ordinaires, celui qui avait sauvé le chien de la mémé aveugle de la noyade un jour de grand froid sur un lac gelé du coté de Vezoul. C’étaient tous ces gens qui passaient pour un soir pour des sauveurs de l’humanité, pour des exemples, ceux-là même auxquels Sarkozy voudrait remettre vite fait bien fait une médaille du courage histoire de montrer que la racaille n’à qu’à bien se tenir.

Dans la nuit des héros, on n’a jamais vu un héros dire « euh non, en fait, je déconnais, c’était pas moi », affirmer « moi, j’ai sauvé le labrador parce que je voulais le piquer à la vieille pour le revendre à des amateurs de fourrure canine » (et c’est bien dommage, ça aurait donné du peps à l’émission). Passons.
Jessica Lynch, elle, l’a eue, sa nuit des héros à elle. Son exploit ? Se faire secourir d’un hôpital Irakien où elle était détenue par des collègues militaires, le tout filmé en live (ça économise le coût d’avoir à rejouer la scène). Jessica était une héroïne, une vraie. On la voyait, massacrant des irakiens par dizaines, se faire finalement rattraper par une horde de barbares sanguinaires qui allaient la violer avant de la torturer histoire d’enfin savoir où il les cache, ces armes de destruction massive, le Bush. Sarah, c’était l’icône de ceux qui prenaient les militaires pour des Rambos, la symbolique naïade perdue derrière les lignes ennemies, perdue de son peuple.
Ben non…
Et le pire, c’est que c’est elle qui le dit. Elle n’a pas tiré un seul coup de feu. Dans l’hôpital où elle était traitée, les médecins étaient très attentifs à son état de santé et ont même essayé à plusieurs reprises de la faire échapper. Ils n’ont bien entendu opposé aucune résistance à l’entrée des troupes de l’oncle Sam pour récupérer l’enfant du pays.
Eh oui …
Du coup, gracieux comme des catcheurs professionnels, les militaires frustrés ont ménacé de publier des photos de la demoiselle dénudée dans des magazines pour adultes. Le reste du délire patriotique, c’est par ici, via Newsday. Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'y aille, il paraît que Laurent Cabrol est aux ducs.


Guerres > Flash-back quand tu nous tiens …

« Le président a expliqué que, si d’autres pays possèdent, aussi, des armes non conventionnelles, le cas de l’Irak est particulier parce qu’elles y sont « contrôlées par un tyran porté au meurtre et qui a déjà utilisé des armes chimiques pour tuer des milliers de gens ». Citant Richard Butler, l’ancien chef des inspecteurs de l’ONU, M. Bush a déclaré que le problème posé par l’Irak est que « Saddam Hussein est un dictateur qui commet des homicides et qui ne peut pas se passer d’armes de destruction massive ». Faut-il donc attendre qu’il accroisse encore son arsenal pour agir ? […] Même Joseph Lieberman, sénateur du Connecticut, lui aussi favorable à une épreuve de force contre l’Irak, marque ses distances avec l’exécutif s’inquiétant de l’absence de préparatifs pour la reconstruction du pays après la défaite ou le départ de Saddam Hussein » […] Un conflit militaire pourrait être difficile. Un régime irakien confronté à sa chute pourrait tenter de prendre des mesures désespérées et cruelles. - Le Monde, daté du 9 octobre 2002.

Bilan des courses, un an et quelques plus tard, une guerre menée tambour battant, peu de résistance, pas d’armes de destruction massive utilisées ou même découvertes, Saddam Hussein en fuite, l’Irak plongée dans le chaos. Une chose est sûre, Bush ne lit pas « Le monde ».


Guerres > Rassurez vous

Saddam Hussein nie être responsable de l'attentat de Najaf... Ouf, on a failli croire que Saddam faisait partie des méchants. Nous voilà bien plus optimistes sur l'état du monde maintenant. Merci Al-Jazira.


Guerres > Torture en Irak

Quand Amnesty International sort un rapport sur la torture en Irak, on se prend innocemment à penser qu'il fait référence aux régime de Saddam, bien heureusement supprimé par les forces de libération occidentales. Que néni, quand on s'interroge sur la torture en Irak, on fait désormais référence aux traitements que font subir les marines à leurs prisonniers (de guerre ou civils).
Amnesty International urges the CPA and the Coalition Forces to ensure that the prohibition of torture and any other form of ill-treatment is absolutely respected by the Coalition Forces and Iraqi law enforcement officials. (Amnesty Internation demande au CPA [Autorité Provisoire de la Coallition] et aux forces de la coallition de s'assurer de manière urgente que l'interdiction de torture et autres traitements dégradants est respectée par les forces de la coallition et les représentants des forces de l'ordre irakiens).
En attendant, il est toujours temps de sauter de joie dans les salons du pentagone pour avoir finalement tué les fils de Saddam: Saddam Hussein's sons were responsible for the torture, maiming and murder of countless Iraqis (Les fils de Saddam Hussein étaient responsables de la torture, mutilation et mort d'un nombre innombrable d'irakiens), dixit GW Bush, via cet article de Canada.com. Au moins les Irakiens sont pas dépaysés.


Guerres > Eté Irakien

La nouvelle est officielle, et elle aurait presque détrôné les feux de forets et l'incendie de la tour effeil (notre 9/11 à nous) en tête des JT. Les fils de Saddam ont été abattus par les militaires en poste en Irak. Les images de scènes de joies montrent des irakiens qui, pour fêter la chute des fils à papa, tirent des rafales de fusil mitrailleur en l'air (a essayer lors du prochain barbecue en famille). L'irak fête la chute des sanguinaires et barbares fils du tyran. L'irak fête une deuxième fois sa libération. L'irak a bien raison.
Pour faire oublier des armes invisibles (IHT) et un suicide gênant (The independant), Bush et Blair y vont de leur credo aussi. Le premier se déclare heureux de l'information (Sify News), le second quand à lui dit que c'est une grande nouvelle (Skynews).
A la Haye, un tribunal a été crée pour juger les crimes contre l'humanité, les oppresseurs en tous genres, les dictateurs internationaux. Est-ce vraiment notre idée de la justice que de traquer les coupables et de les éliminer sans autre forme de procès ? Ils ont sans doute été abattus pour des raisons valables (légitime défense et autres), y'a t-il raison pour les chefs des pays du bien (sic) d'exulter de ne pas voir ces criminels jugés. Ne pourrait on pas au moins une seconde regretter que ces dictateurs passent par la justice de Smith & Weston plutôt que de passer par celle des hommes ? Pourquoi ne veut-on plus légitimer la justice ?


Guerres > Jusqu'ici, tout va bien

Franchement, y'a des jours où tout va pas si mal. Après le Burger King de Baghdad, c'est du coté de l'Afghanistan que tout va beaucoup mieux. On ne peut que se féliciter de tant de respect des coutumes locales. Et en cadeau Bonus, pour le prochain candidat à la guerre, Doubleuvé ne semble pas vouloir renoncer à son projet de mini bombe nucléaire. Fonctionne aussi en Corse.


Guerres > Read my lips

On savait déjà que les US avaient quelques difficultés à trouver les fameuses "armes de destruction massive" sur le sol Irakien. On savait aussi que les anglais avaient un goût inéspéré pour la parodie dans leurs documents "hyper services-secrets top confidential secret defense" quand ils pompaient des thèses d'étudiants qui dataient d'une dizaine d'années. Mais cette fois, c'est à Joseph C. Wilson 4th de monter au creneau. Ex-diplomate de la maison blanche, il a été dépéché par la CIA pour prouver sur la base d'un rapport douteux que l'irak avait acheté de l'Uranium au Niger. Il est revenu en rapportant que cela était difficilement envisageable, voire impossible, et qu'en tout cas, il n'existait audune preuve que cela se soit passé. Peu importe, la CIA (et Bush) utiliseront quand même le rapport douteux comme preuve que Saddam voulait eradiquer toute forme de vie sur terre. Le diplomate s'explique dans le New York Times de dimanche: What I didn't find in Africa.

"Did the Bush administration manipulate intelligence about Saddam Hussein's weapons programs to justify an invasion of Iraq? Based on my experience with the administration in the months leading up to the war, I have little choice but to conclude that some of the intelligence related to Iraq's nuclear weapons program was twisted to exaggerate the Iraqi threat. " (L'administration Bush a-t-elle manipulé des informations sur les armes de Saddam Hussein afin de justifier l'invasion de l'Irak ? Sur les bases de mes experiences avec l'administration dans les mois qui ont précédé la guerre, je ne peux que conclure que les informations à propos des armes nucléaires ont été modifiées afin d'exagerer le danger Irakien).
Rien à dire de plus.


Guerres > Le petit Bouvard de Baghdad

Via The memory Hole, cette photo de l'AFP d'un Irakien de 17 ans, arrêté, menotté et escorté par une 4 militaires afin de "servir d'avertissement aux autres après qu'il ait insulté les troupes américaines" sur son chemin vers l'école. Guantanamo, here we come. On comprend un peu mieux pourquoi les US s'évertuent à signer un max. de traités qui interdisent de poursuivre des ressortissants américains devant le Tribunal Pénal International ...


Guerres > Pas trop sélectifs ...

Il y a trois mois, les militaires américains installaient le nouveau maire de Najaf, Irak. Bon, alors forcement, dans la précipitation, ils avaient pas vraiment pris le temps de bien regarder CV et lettre de motivation. Ca arrive ... (via Yahoo!, U.S. Troops Arrest Iraqi Mayor, Top Aides)
In addition to kidnapping, Mun'im stands accused of holding hostages, pressuring government employees to commit financial crimes, and attacking a bank official. (En plus d'accusation pour Kidnapping, Mun'im est accusé de détention d'otages, de pression à exercer des fraudes financières et d'avoir agressé un banquier). Beau bilan en 3 mois à peine ...


Guerres > 2 George 2 Furious 2 Blair

Non seulement on ne trouve pas d'armes de destructions massives mais on en dé-trouve. Du verbe dé-trouver, qui signifie que quelque chose que l'on avait trouvé ne l'est plus (trouvé). Peut être par exemple employé dans la phrase "On avait trouvé des camions de fabrication d'armes biologiques hyper dangeureuses qui piquent les yeux et le nez, mais en fait, on s'était gauffré parce que nos experts à 1 million de dollars piece savent pas faire la différence entre une pile et une centrale nucléaire. Les armes de déstructions massives, nous en dé-trouvons de plus en plus chaque jour" - Nonsmoking Smoking Guns, via le Village Voice.
Egalement via le Village voice, toi aussi aide Bush et Blair à trouver des WMD. Histoire qu'on puisse en finir avec l'Irak et foutre sur la tronche à l'Iran, via BBC


Guerres > On les avait presque oubliés ceux là ...

I-Télévision, ce matin, où l'on reparle des Irakiens. D'un seul coup, ils ont l'air vachement plus en forme, les ex-opprimés, entourés qu'ils sont par des militaires armés jusqu'au dents. Les images ne trompent pas, ils ont l'air bien habillés, tout est en technicolor, passage médiatique obligé vers le monde civilisé du 20 heures occidental. Ne serait-ce la poussière sur la route et la misère de certaines maisons, on se croirait presque en proche banlieue. On y a même ouvert le premier Burger King et crée le premier Boy's Band du pays, signe ô combien prémonitoire d'une installation des bonnes vieilles valeurs occidentales.
Une rue de Baghdad, une manifestation, apparament calme. Deux irakiens, visiblements fils spirituels de Marc Blondel, ouvrent le cortège, une bannière à la main. Une bannière simple, quelques mots, en Anglais: "WE WANT JOBS". Rien de plus. Le taux de chomage atteint désormais 50 %, la privatisation des entreprises irakiennes laisse prévoir que ça va s'empirer.
Une route, apparament perdue dans le desert. Des marines, lunettes de soleil Top Gun orgueilleusement vissées sur le nez, fouillent un automobiliste. Lui, bras en l'air, semble mal comprendre pourquoi il se fait arrêter alors que son seul crime est de rentrer chez lui en voiture. Devant les Armes de destruction non-massive qui pendent aux bras des soldats, il s'y soumet sans resistance. Aujourd'hui. Loin du vieil homme, deux écolières se font fouiller, elles aussi, sur le chemin de l'ecole.
Un canapé, un garçon d'une quizaine d'années, torse nu, à coté de sa mère. Il explique que les américains sont rentré chez lui en facassant la porte, ont arrété son père et son oncle. Il porte un bandage sur l'épaule, une écharpe pour porter son bras. Dans l'action, il a reçu une balle. Une balle qui sera sans doute aussi une piqure eternelle de vaccin anti-américaniste. Et pas besoin de rappel pour celui là.
Irak, 12 juin 2003. Les Boys de l'oncle Bush machent du chewing gum dans les rues de baghdad. Les Irakiens n'ont plus de travail. Le gouvernement Irakien promis n'existe toujours pas. Les actes de rebellion contre la nouvelle autorité se multiplient. Les arrestations et echanges de coups de feu aussi.
En confiant l'irak à l'armée, on a peut être oublié qu'un militaire, c'est fait pour faire la guerre. Pas la paix.


Guerres > Quart d'heure américain

L'heure est désormais aux questions existentielles du coté de la maison blanche. Ou plutôt du coté de ceux qui ont couvert avec moultes génériques post-modernes les tumultueuses aventures des "Boys" partis se faire exploser la tête chez Saddam. Toujours pas d'armes de destructions massives, pas de Saddam. Tout ce que les experts ont pu rapporter, ce sont trois camions supposés servir de base mobile de fabrication d'armes chimiques. Du coup, le débat fait rage, mais pourquoi donc dobeuliou a-t-il voulu envahir l'Irak ...
S'il y a actuellement un concensus, c'est bien pour dire que l'Irak représentait autant de danger pour les US que Loana de concurrence pour un prix nobel de physique. Du coup survient le dilemne du moment:
1°) Selon Bush, il fallait attaquer l'Irak parce que le pays présentait un danger imminent pour les pays "civilisés" que nous sommes censés représenter.
2°) Selon les démocrates, il ne fallait pas attaquer l'Irak parce que, au choix, SOIT ils n'avaient pas d'armes de destruction massive et ne représentaient donc pas de danger immédiat SOIT ils en avaient et representaient un danger trop grand en face duquel il ne fallait pas user de force
3°) Selon le front anti-guerre, il ne fallait pas attaquer l'Irak car cela mettait en péril la stabilité de la region ET la structure de l'ONU

Finalement, on tient aujourd'hui comme acquis aux US que le gouvernement de George a un tantinet exagéré la menace que représentait l'Irak. On tient également comme acquis que la situation en Irak est plutôt mieux qu'elle n'était avant.
D'ou la cruelle remise en cause métaphysique du moment: Comment se peut-il que l'on ai pu faire quelque chose plus dans l'interêt des autres que dans le notre? Quelque chose qui aurait rapporté plus aux Irakiens (un semblant de liberté) qu'aux américains (la fin d'une fausse menace).

3 écoles semblent sortir du lot:
1°) L'école de "Les américains n'auraient pas dû s'en mêler, avec une tête de noeud à la maison blanche, ça ne peut aller que plus mal" (Operation Iraqi eradicatoin, par Ted Rall)
2°) L'école de "Puisqu'on a vu que c'était plutôt bon pour les autres, pourquoi pas le refaire là où il y a d'autres tirans" (Only Anglo-Amrican Alliance can bring ordrer to Congo, par Cynthia Tucker)
3°) Et enfin, l'école de "Bande de crétins irresponsables de gauchistes anti-guerre, on a bien fait de pas vous écouter. Désormais, on ne vous écoutera plus jamais" (We don't care par Ann Coulter)

Parmi ces trois opinions, une seule me donne envie de mettre mes doigts au fond de ma gorge. sauras-tu retrouver laquelle ?


Guerres > Pas de WMD pour GWB

Premier pretexte pour partir en guerre contre l'Irak, les armes de déstructions massives sont toujours aux abonnés absents. Comme nous le reporte le NY Times (US inspectors find no forbidden weapons at iraqi arms plant), l'attention des US se dirige plutôt désormais vers la condamnation des crimes de guerre que vers la découverte d'armes de destruction massive. Et le journal de reporter les difficultés que rencontrent les equipes d'inspection qui recherchent d'un bout à l'autre de l'Irak, les armes que le pentagone était persuadé avoir découvert, a grand renforts de satellites, d'espions, d'intelligence service et de rapports vieux de 12 ans.
Pendant ce temps là, les irakiens font le rapide apprentissage du droit de parole en allant déjà manifester dans les rues de Baghdad et de Nasiriya contre l'occupation américaine (via, encore, le NY Times - Now free to protest, Iraqis complain about americans). La rumeur court dans la capitale que Sadam serait aux US, protégé par la CIA (ou autre organisation de ce type), de qui expliquerait selon les irakiens la rapidité de l'effondrement du régime. On croit avoir apperçu Saddam en compagnie de Ben Laden aux alentours de Melrose place.


Guerres > Harlequin s'en va-t-en guerre

Découvert grâce à un commentaire (merci), ce site qui recense les petits leaflets jetés aux irakiens (depuis la guerre du golfe de 1991). Outres les traditionnels "Ne mettez pas le feu aux puits de pétroles, ne posez pas de mines, ne nous tirez pas dessus, soyez sympa, merde à la fin, on est vos amis", la perle de l'oeuvre la plus esthético-combattante revient à celui-ci, sans aucun doute l'oeuvre d'un ecrivain collection harlequin reconverti au pentagone. C'est tout simplement beau et emouvant (et surtout authentique, c'est le pire ...).


Guerres > Le nerf de la guerre

"...at this moment, the regime of Saddam Hussein is being removed from power..." (désormais, le regime de saddam Hussein est écarté du pouvoir). C'est en substance le message de Bush au peuple Irakien, sur les canaux de ce qui était jusqu'à présent le canal de la chaine d'état irakienne. Sans certitude sur le nombre de spectateurs étant donné qu'une grande partie des grandes villes du pays n'ont plus l'éléctricité (via le New York Times). Pour être encore plus rassurant, les autorités américaines ont promis un retour rapide des programmes télé, actualités et autres. On espère déjà un fin mélange de MTV, Fox News, ESPN Sports et comedy central.
Ailleurs hier, sur euronews, cette image frappante de Baghdadis trainant la tête de la statue de saddam, poursuivis par une cohorte de photographes, caméramans et autres reporters dans une ambiance qui faisait penser à une arrivée de tour de France. La télé n'est pas le nerf de la guerre qu'en Irak apparament ...


Guerres > L'effet Avant / Après

Via Le Monde - "Et si, loin de dissuader les Etats voyous de s'équiper en armes de destruction massive, elle (la guerre) les incitait à en développer afin de se mettre à l'abri d'une opération "à l'irakienne"? La "guerre de démonstration" deviendrait alors une machine à accélérer la prolifération des armes les plus dangereuses et les actes terroristes !". La guerre de démonstration. Nouveau concept à la mode, il faut montrer des victimes, montrer que c'est sale, montrer que l'on a pas peur de mourrir. Reuters publie chaque jour un bilan du conflit, nombre de morts chez les marines et chez les irakiens, chez les civils et chez les journalistes, les types d'attaques et presque la météo à Baghdad, les résultats du tiercé et le menu à la cantine de l'hotel de Koweit City où loge l'état major. Mais la démonstration ne s'arrête pas là. Les quotidiens n'hésitent désormais plus à publier les noms et les âges des marines morts au combat, détaillé jour par jour, comme un appel à la solidarité derrière les jeunes victimies des combats et un avertissement cinglant aux "forces du mal". Le NY Times appelle ça un conflit de démonstration. Le NY Times qui en profite par ailleurs pour se demander "Bon, finalement, elles sont où ces armes de déstruction massive ?"


Guerres > C'est pas tout de casser ...

Ce matin, on annonçait la prise de l'aéroport "Saddam" de Bagdad (via BBC)... que les marines, dans un élan de "je n'ai que ça à faire", se sont empressé de renommer "Baghdad International Airport". Merci ceci dit de nous avoir épargné un G.W.Bush ou un Donald "Duck" Rumsfeld International Airport.
Une quinzaine de kilomètres plus ploin, la ville qui sera le point tournant de la guerre, dont la bataille s'annonce féroce et longue (de l'avis de tous les médias qui nous ont déjà en plusieurs occasions, prouvé leur extreme clairvoyance sur ce genre de sujets). Alors même que les informations sont contradictoires sur le sujet (siège, pas siège, massacre, pas massacre ...), la question de la reconstruction de l'Irak commence à devenir un refrain obsédant.
Avec ou sans l'ONU ? Avec ou sans les dissidents aux bombardements ? Les Anglais ont promis 300 millions d'euros. Les Américains, entre 1,7 et 3 milliards selon les sources. Soit un total de 2 à 3 milliards de dollars pour reconstruire un pays détruit par 75 milliards de dollars de marines, d'armements lourds, legers, qui ont le point commun de casser tout ce qui bouge (ou pas). Infrasctructures de communication, infrastructures éléctriques, commerciales, logistiques et industrielles seront à reconstruire. On apprend par ailleurs que le montant de l'aide à la reconstruction de l'Irak sera équivalent au montant du soutien accordé aux compagnies aériennes américaines dont le traffic a baissé pour cause de guerre. Bon sens des priorités ...
Quand même une bonne nouvelle dans ce monde de brute (comme quoi, tout est relatif), les soldats anglais ont enfin remis en service l'eau et l'éléctricité qu'ils avaient eux mêmes détruits et dont la population de Bassorah etait privée depuis plus de 2 semaines (2 semaines sans BigDil, tu m'as bien vu ??).
Pendant ce temps, le Sénat américain débatait et affirmait sa position de ne pas voir d'autres pays intervenir dans la reconstruction de l'Irak. Y'a pas de raison non plus, on y est allé tous seuls avec nos Marines, pas de raison qu'on ne recolte pas seuls les fruits de notre déplacement de masse. Peut-être est-il temps de cesser de considerer l'Irak comme un marché à conquérir mais comme un pays avec une culture, un passé, un futur, des habitants et tout et tout ... Sinon, à vouloir gérer l'Irak comme un Maquedo, on finira un jour par vouloir en virer les employés récalcitrants ...
Quand aux questions humanitaires, l'administration Bush semble vouloir soutenir un engagement de l'ONU afin de ne pas porter seule un surcout budgetaire dont elle se passerait bien. Il n'est pas précisé à l'heure actuelle si "Gisement de pétrole & êtres humains associés" rentre dans la catégorie "Besoin humanitaire".


Guerres > Au royaume des aveugles, on voit que dalle

Dans le même gout que le post publié ici, les lecteurs de L'arizona Daily Star ont été outrés de voir en première page de leur quotidien une photo en couleur de l'hélicoptère américain abattu en Irak. Certains la jugent "Non Patriotique", d'autres "Démobilisatrices", d'autres encore "de mauvais goût" et enfin, certains pensent que la photo est tout simplement déprimante, qu'il ne convient pas de la diffuser au public.
L'attitude des US et du monde occidental vis à vis des images de guerre interpelle tout le monde. Libé consacrait la semaine dernière une page entière aux débats déontologiques menés au sein de la presse. Cafouillages en toutes sortes, on a pu voir les prisoniers américains à la fois en clair, à la fois le visage en mosaïque. On a pu voir des cadavres irakiens, des blessés Anglais, des vainqueurs américains. Pas de cadavre de l'alliance à l'horizon. Libé de son coté juge indispensable de justifier sa position dans l'article ici. Leur conclusion est que "pour sa part, Libération, qui a publié samedi des photos de prisonniers irakiens, a choisi de publier aujourd'hui celles des prisonniers américains, considérant qu'elles constituent une information sur la réalité de la guerre, et non une façon de les livrer «à la curiosité publique»."
Jim Lowney, dans son excellent Blog, cite le Boston Globe qui dit pour sa part que montrer la réalité de l'horreur de la guerre est indispensable, ne serait-ce que pour nous montrer où peut en arriver l'homme (post par ici). A priori, c'est encore quelque chose que les médias américains se refusent à faire.
Enfin, pour finir sur le sujet, Libé nous offre les 6 raisons pour lesquelles Bush s'en va-t-en guerre dont la meilleure, désromais un classique dans les cours de récré du 16eme: "Il a essayé de tuer mon papa". Sur ce, vous me pardonnerez, faut que j'aille manger des Bretzels en regardant la petite maison dans la prairie. Pas envie d'être déprimé par tous ces morts moi ...


Guerres > A vos ordres ... Quoi que ...

Extrait du texte Who Am I to question the commander in chief? - “Where in God's name did you ever get the idea to countermand the commander in chief of our nation?” Ok. I have to take exception to this. Let’s make one thing clear – George W. Bush is indeed the commander-in-chief of the military, but last I heard, the President works for the people, not the other way around – even if they didn’t vote for him.
Since when did patriotism equal silence? Did that happen about the same time peace activists were added to the “no-fly” list? Will we let the terror war, or the Iraq war, or the oil war, or whoever it is we’re fighting this week destroy the very foundations of our democracy? It’s time for people to sit up and pay attention. We’ve reached a turning point in history, where Americans say they’ll cash in their freedom and liberty for security. We defeated communism and dictatorship, so now we’ll try capitalism and dictatorship?
Unless we all speak out, we just might. Because the tenor of the debate is exactly what President Bush said: if you’re not with us, you are against us. If you don’t support war on Iraq, you must be Saddam’s best friend. If you don’t support “turning the place into glass,” you must be anti-American. If you don’t support slaughtering innocent civilians abroad, you must support terror against Americans at home. I’m a combat veteran, and I reject that argument. If we give up the civil liberties on which our society was founded, then what are we fighting for? If we trade in our brains for the spin of the oil-company-controlled White House, we’re in trouble.

Ce texte est extrait du site Veterans for Common sense qui réunit une frange de population grandissante: Les ex-militaires américains qui s'opposent au conflit en Irak. Ils font de plus en plus de bruit et semblent les seuls à emouvoir un tant soit peu une opinion publique gavée de Fox-News, de guerre technologie qui lave-plus-blanc-que-rouge. Vétérans du Vietnam, d'Irak et d'ailleurs, la guerre ne fait pas l'unanimité chez les militaires. Les politiques quittent aussi peu à peu le consensus bushien comme on peut le lire dans Alternet. De son coté, Joern Siljeholm, Norvégien et inspecteur à l'ONU, dénonce les mensonges des US sur les armes de déstruction massive (via aftenposten). Ajoutons à ça les manifs, les artistes durant les Oscars, une superbe lettre de Michael Moore à Bush, les démissions en Grande Bretagne, aux US et ailleurs. Finalement, tout ne va peut être pas si mal ...


Guerres > Buzzword du jour

"...L'armée de l'alliance a rencontrée des poches de resistance dans le sud de l'Irak...", "...des poches de resistance autour de ...", "...les troupes d'élites sont coincées sur une poche de resistance ...". J'en passe et des meilleures ... Une simple recherche sur le Google du jour nous donne les résultats suivants: 302 résultats, 302 articles différents, 302 fois le même buzzword repris 302 fois en coeur par des journalistes en manque de slogans publicitaires. Même la "Pneumonie Atypique" n'a pas tenu le haut du pavé, trop compliquée, trop effrayante. Non, un bon buzzword qui va bien, c'est un buzzword qui groove, suffisament compréhensible, suffisament vague, suffisament crétin. Encore une fois, le Buzzword est utilisé à toutes les sauces, débilisant toutes les infos, remplacant la réflexion par la promotion. Et deux poches de resistance pour le prix d'une, c'est l'anniversaire auchan ...
Poches de resistances ? Un point plus dur à percer que les autres ? Un annormalité dans une guerre où l'on s'attendait à conquérir sans se battre. Sur France 2, hier, au JT de 20 heures, des images de tanks américains, en route pour Bagdad. Soudain, nous raconte la journaliste interloquée, oui, soudain, les chars américains ont été pris pour cible, vous vous rendez compte ? Et la journaliste de se retenir de crier au scandale, au "pourquoi tant de haine". Les GI's, descendent de leur tanks, interceptent le combattant ennemi. Spectacle pitoyable, ils sortent d'un pick-up Nissan surmonté d'une ridicule mitrailette un Irakien. Pour un peu, on pourrait presque imaginer la conversation. "Putain, t'es dangereux toi, tu nous a tiré dessus. T'as failli rayer notre char ... On te préviens, tu vas payer pour refaire la peinture, Bastard".
Tout le monde semble surpris ... Les Irakiens ont osé tirer sur les alliés. Ils forment des poches de resistance. Ils ne se laissent pas faire. Ils ne se rendent pas tous, n'acclamment pas les troupes ricaines qui rentrent chez eux et plantent des drapeaux dans leurs villes (superbe cafouillage). Franchement, si on n'était pas diplomates, on dirait presque qu'ils sont mal élevés ces irakiens ... A force de superiorité numérique, technologique ecrasante, a force de se convaincre que, de toute façon, les alliés seront les plus forts, que le combat n'etait qu'un formalité, on se surprend à voir tomber les bombes, à voir des occidentaux blessés, tués. On ne trouve pas ça normal. On ne veut pas montrer les images d'une guerre qui ne veut plus dire son nom, qui se revendique uniquement un conflit de position, un war game taille réelle qui s'arrête quand on redémmare la playstation. Pour se battre, il faut être au moins deux. Et pas dans le même camp.
La nouvelle du jour, oui, les irakiens vont resister. Oui, ils vont se battre pour leur dictateur. Parce qu'un militaire, c'est fait pour obéir stupidement aux ordres. Les américains, spécialistes de la chose, auraient dû le savoir. Les journalistes aussi. Ca leur aurait évité les commentaires pathétiques de ces derniers jours.


Guerres > J'ai vu la guerre, guerre, le pétrole ...

C'est officiel, la guerre a commencé. Bush fils a fait mieux que Bush père, il n'a même pas laissé s'écouler plus de deux heures entre la fin de l'ultimatum et le début du conflit. Appellons ça une décision mûrement réfléchie. Passons. Bref, Bush, pas trop coiffé comme c'est son habitude ces derniers temps, fait un speech pour annoncer l'ouverture du festival de ... oups, des hostilités. Et il y va franchement (l'intégralité du speech à lire ici):
"Our nation enters this conflict reluctantly, yet our purpose is sure. The people of the United States and our friends and allies will not live at the mercy of an outlaw regime that threatens the peace with weapons of mass murder" - Laissez moi bien réfléchir sur la notion de "Reluctantly" ... Ca voudrait pas dire, comme le journaliste i-télévision l'a si bien traduit ce matin, "a reculons" ? C'est à dire poussé par une obligation pressante ou une tierce partie ? Hmmm ..... Je nourris des doutes là dessus. Ca ferait pas bientôt 2 ou 3 mois que des centaines de milliers de chtit GI's sont planqués à la fontière de l'Irak non ?
"In this conflict, America faces an enemy who has no regard for conventions". Il ferait pas référence à l'ONU ou à la convention de Geneve là l'ami Bush par hasard ? Ou à la convention de non prolifération des armes nucléaires, où à celle de Kyoto ? Parce que dans ce cas là, faudrait voir à balayer devant sa porte un peu ...
Tout ça pour dire que dans ce grand marasme, on tient quand même la bonne nouvelle du jour. Contre l'avis de leur parti, quelques républicains ont voté contre le dada de Bush, c'est à dire relancer les forages pétroliers en Alaska, reserve naturelle et source de pétrole à la fois. Le projet a donc été rejeté par le sénat. La preuve qu'on peut pas être à la fois au canon et à la foreuse ... Drilling in Alaska, a Priority for Bush, Fails in the Senate, via le NY times.


Guerres > Jusqu'ici, tout va (presque) bien

Aujourd'hui, un chef Taliban a été appréhendé (malheureusement pas en Irak, ça aurait beaucoup simplifié la vie de doubleuvé), un tabloïd anglais révèle que la date de la guerre serait déjà fixée (avec des sources aussi fiables que ça, on va aller loin), Chirac se fait acclamer (et se prépare pour son prix Nobel), un charter renvoie des immigrés chez eux (même pas en business) et plus de 200,000 marines ont la bave au lèvre d'en venir enfin aux armes. De mon coté, je reprends la production de posts pour ce blog (que j'avais laissé tomber aux mains du manque de temps durant presque une semaine).

En dehors de ça, on m'a envoyé ça, extrait du "observer", un texte de Terry Jones, l'ex-Monthy Python qui donne sa vision de la guerre de Bush. La traduction vaut ce qu'elle vaut, elle n'a pas été vérifiée par nos services de contre espionnage mais ça vaut le détour quand même (merci à Céline pour l'info).

"Terry Jones (of Monty Python fame) Sunday January 26, 2003 The Observer. England.

Je suis vraiment enthousiaste à propos de la dernière raison de George Bush pour bombarder l'Irak : il n'a plus la patience. Moi non plus, depuis quelques temps, Mr Johnson, qui habite dans ma rue, à quelques maisons de chez moi, me fait vraiment chier. En fait, lui et Mr Patel, qui tient le magasin d'alimentation bio.

Tous deux me lancent des regards plutôt bizarres, et je soupçonne Mr Johnson de préparer un coup en douce pour moi, mais jusqu'à présent, je n'ai pas encore découvert quoi. Je suis allé faire un tour autour de chez lui voir ce qu'il prépare mais il cache tout ça très bien. C'est dire à quel point il est secret!

En ce qui concerne Mr Patel, me demandez pas comment je sais, je sais juste -de sources sûres- qu'il est en réalité, un tueur en série. J'ai distribué des tracts dans la rue disant que si on agissait pas en premier, il nous aurait un par un. Certains de mes voisins me demandent : si j'ai des preuves, pourquoi je ne vais pas voir la police ? C'est tout simplement ridicule. La police me dira qu'ils ont besoin de preuves du crime pour incriminer mes voisins. Ils finiront par faire des chichis à propos des fautes ou pas, etc. alors que pendant ce temps là, Mr Johnson en profitera pour finaliser ses plans horribles à propos de moi et Mr Patel commencera à assassiner des gens.

Comme je suis le seul dans la rue qui ait une gamme décente d'armes automatiques, je pense que c'est à moi de maintenir la paix ici. Mais jusqu'à récemment ça a été assez difficile à faire. Maintenant par contre, Georges W. Bush a été clair : tout ce que j'ai à faire est de perdre patience, et après je peux me jeter à l'eau et faire ce que je veux ! C'est pourquoi je veux faire sauter le garage de Mr Johnson et tuer sa femme et ses gosses. Tire le premier! ça lui fera une bonne leçon. Après ils nous laisseront en paix et arrêteront de me fixer de cette façon complètement inacceptable.

Mr Bush est clair sur le fait que la seule chose qu'il a besoin de savoir avant de bombarder l'Iraq c'est que Saddam est vraiment un méchant monsieur et qu'il a des armes de destruction massive - même si personne ne peut les trouver. Je suis sûr que j'ai autant de justification pour tuer la femme et les enfants de Mr Johnson que Mr Bush de bombarder l'Iraq. Mr Johnson et Mr Patel ne sont que le sommet de l'iceberg. Il y a des dizaines d'autres personnes dans la rue que je n'aime pas et qui -honnêtement- me regardent d'un air bizarre. Personne ne sera vraiment à l'abri avant de les avoir tous éliminés. Ma femme me dit que je vais peut-être trop loin mais je lui dis que j'ai la même logique que le Président des Etats Unis, ça lui cloue le bec. Comme Mr Bush, j'ai perdu ma patience, et si c'est un raison assez bonne pour le Président, c'en est un bonne pour moi aussi. Je vais donner 2 semaines à la rue entière - non, 10 jours- pour dévoiler tout ce qu'ils ont, les aliens et les pirates de l'air interplanétaires, les hors-la-loi galactiques et les cerveaux terroristes interstellaires, et s'ils ne les donnent pas tous en disant "Merci", je vais bombarder toute la rue jusqu'à la fin.

C'est tout aussi sain que ce que Georges W Bush propose et, contrairement à ce que lui prépare, ma politique détruira une seule rue.

Tu sais que tu marches sur des oeufs quand un membre des Monty Python adopte ta logique."


Guerres > War, Weapons & Bullshit

Il se trouve que depuis peu, ma page de démarrage est Google News. Et parfois, rarement, en ouvrant internet, je vois une news qui me fait plaisir. Et aujourd'hui, cette news, c'est "U.S. Increasingly Isolated Over Iraq - Russia, China Join France, Germany in Opposing War Now", article du Washington Post qui reporte que la majorité des 5 membres du conseil permanent de l'ONU se sont maintenant prononcés contre le conflit en Iraq. Rien ne dit en revanche qu'un seul de ces pays aura le courage de poser son veto. Ni de voter non. Rien ne dit non plus que Bush attendra un feu vert de l'ONU.
Richard Reeves dans "Bush is taking Saddam and Kim too personally" note lui qu'à Washington, l'issue du déplacement de GI's ne fait aucun doute. Et quand on demande pourquoi à ceux qui fourmillent autour de la maison blanche, la raison invoquée sonne simple et abrutie telle une chanson des Popstars: "Because we know Bush wants a war". Selon Reeves, Bush n'en est pas à son premier fait d'armes quant il s'agit de ne pas écouter ses petits copains. Il a répondu, à la question "Parlez vous avec vos assistants et conseillers de ce que vous faites ?" la chose suivante:
"Of course not," he said. "I'm the commander. See, I don't have to explain why I say things. That's the interesting thing about being the president. Maybe somebody needs to explain to me why they say something, but I don't feel like I owe anybody an explanation."
Au début, ça m'a fait rire, maintenant, ça me fait peur. Et je crois que je suis pas le seul.


Guerres > La vie ne vaut rien, rien ...

En Juillet de l'année dernière, je publiais dans ces pages un extrait de "Pierrot le Fou" de Godard sur l'annonymat des morts dans les conflits. En plus court, ça donnait à peu près ça: "On n’apprend rien quand on nous dit que 115 guérilleros sont morts. On ne sait rien d’eux. Avaient-ils des femmes, des enfants ? Préféraient-ils le théâtre ou le cinéma ? On n’apprend rien du tout. La mort de 115 hommes au combat, c’est tout."
Dans ces temps d'exaltation populiste sur le fait de balancer des bombes sur d'autres pays, trop loin pour qu'on les voit, trop loins pour que leurs habitants aient encore l'air humains, tachons de nous souvenir qu'un Irakien, c'est comme nous, avec parfois une femme qu'ils aiment, des enfants pour lesquels ils donneraient tout, des joies et des peines. Et peut-être certains ne nous detestent ils même pas. Peut être n'ont ils pas envie de se faire canarder. Peut être sont ils aussi humains que nous, peut être ont-ils peur de mourrir aussi.
Peut être aussi qu'il faut se rappeler qu'un Irakien mort, c'est aussi un être humain qui ne demandait qu'à vivre en paix. Ces photos de la guerre du golfe de 91 "Unseen" sont là pour nous le rappeler, via Chryde.
La guerre, quelle qu'elle soit, c'est sale. Souvenons nous-en.