Entre un journaliste et un animateur de l'ORTF, il y a généralement un monde, la preuve (non, cet article ne parle PAS de Pujadas)
Dans la vie, il y a des sujets sur lesquels on aimerait jamais n'avoir à user les touches de son clavier. Et Paris Hilton tient une bonne place dans ceux-là. Mais si, pour une fois, on évoque la blonde au QI de fruit de mer dans cette colonne, ce n'est pas tant pour elle-même que pour une journaliste de MSNBC, Mika Brzezinski, qui refuse à l'antenne de couvrir la sortie de prison de la star de la chanson de cinéma de porno.
C'est qu'en plus de couvrir le (non) événement, MSNBC souhaitait que le titre fasse l'ouverture du journal. Rien que ça. Un peu comme si Pujadas choisissait d'ouvrir le 20 heures par un accident de vélo ou que PPDA lançait son JT par un résultat de foot. Impensable (cough).
La vidéo de Mika Brzezinski tentant de brûler son conducteur d'émission (www) a fait le tour du web, vue plus de 2 millions de fois sur YouTube. Devant l'ampleur de l'événement, MSNBC a choisi de faire, 4 jours plus tard, un retour sur la chose avec la journaliste en question (www). Avec une seule phrase de conclusion de la part du présentateur : "Vous avez pris position. Le monde des journalistes a entendu votre position... et ils vous remercient". On n'aurait pas dit mieux, c'était juste un petit moment de bonheur dans les médias.
Ça faisait un moment qu'on s'en doutait, la télé-réalité se moque un brin des téléspectateurs. Maintenant, et c'est plus inquiétant, elle a choisi sa prochaine victime : la planète.
Ça n'aura pas échappé aux plus sagaces (ou désespérés, c'est au choix) observateurs du paysage audiovisuel français, TF1 se lance de nouveau dans les programmes de grande qualité avec "Secret Story", qu'on aurait avantageusement pu sous-titrer "On va arriver à vous faire croire que c'est intéressant".
Laissons néanmoins de côté l'interrogation légitime quant à l'intérêt de voir s'ébrouer une quinzaine de barmans et de coiffeuses qui doivent à tout prix cacher aux autres un secret de haute volée - parmi vous se cache le fils, naturel en plus, du genou d'Henri Leconte - et observons la maison de toutes les audiences. La production l'affirme à qui veut l'entendre : elle est écologique. Oui. Écologique, on vous dit. Verte. Responsable. Renouvelable. Sans OGM ni CFC. É-co-lo-gique, quoi. Parce que chez TF1, on veut le bien de la planète.
Alors, du coup, les matériaux sont recyclables, la moquette en vieux pneu tressé et pour un peu, on oublierait presque qu'il y a tellement d'ampoules 800 watts là-dedans que le simple fait de filmer la douche d'un candidat consomme autant d'électricité que Montbelliard en 12 ans (hors période de tentative de sécession de la Franche Comté, bien entendu). Mais on apprécie le geste écologique, c'était bien d'y penser.
Mais alors grand Dieu, pourquoi, oui, pourquoi, alors qu'on était presque ému par les efforts adolescents de la première chaîne pour sauver la planète du désastre, pourquoi a-t-il fallu que la production fasse arriver les candidats en Hummer, probablement la seule voiture sur le marché à pouvoir se vanter de polluer plus qu'un 33 tonnes ?? Personne ne les a prévenus qu'en plus de rendre pathétique tout ce qu'elle touche, cette voiture est aussi le plus abominable aspirateur à gasoil fabriqué par la main de l'homme ? Personne ne s'est senti perturbé qu'on déplace dans Paris (oui, dans Paris) des célébrités inconnues dans un véhicule que seuls des militaires avaient le mauvais goût de trouver utile ?
Pour la prochaine (parce que si l'émission est suffisamment mauvaise, il est largement possible qu'il y ait une suite), on inviterait bien TF1 à réfléchir deux fois plus à leur politique écologique. En plus, deux minutes de réflexion au lieu d'une, ça doit se caler dans un planning 2008, non ?
L'opérateur de médias américain poursuit YouTube pour 1 milliard de dollars et lance la guerre préventive saison 2007.
"Il est évident que YouTube et Google continuent à récolter les fruits de nos efforts et détruisent une valeur énorme par la même occasion". Ainsi parlait Viacom (MTV, VH1, Comedy Central) pour justifier son procès à 1 milliard de dollars contre YouTube (source BBC). Un milliard de dollars pour dédommager Viacom des 160 000 clips illégaux hébergés sur YouTube et qui ont été vus au total 1,5 milliard de fois.
Le hic, c'est que selon les experts du secteur, le manque à gagner pour Viacom se situerait réellement quelque part aux environs de... 30 millions de dollars (source DailyNews). C'est-à-dire 33 fois moins que ce qui est réclamé par Viacom.
Bon, ceci dit, passe encore. Michael Flatley avait bien demandé 100 millions de dollars de dédommagement parce qu'une de ses fans l'accusait de harcèlement sexuel pour... 34 millions de dollars (lire sur 404). Alors les montants crétins, on commençait à s'habituer.
Mais ce qui fait avancer Viacom, ce n'est pas seulement l'argent (non non non, promis juré). C'est aussi le fait que les internautes puissent s'échanger des vidéos en privé. Sans que les avocats puissent le voir (via Boing Boing) : "Viacom says that YouTube contributes to copyright infringement by allowing users to have private videos, because those videos might infringe on copyright."
Voilà qui est d'une logique sans faille : on pénalise "au cas où". Mais à bien y regarder, ce ne serait pas une première : on taxe bien les supports vierges en France "au cas où" ils serviraient à la copie de contenus piratés. Prochaine étape : la guerre préventive. Ah non, déjà fait aussi. 'Sont forts ces juristes.
Bonne nouvelle : la légion d'honneur n'est pas une arme mortelle. Mauvaise nouvelle : on la donne vraiment à n'importe qui.
Parfois, le calendrier fait magnifiquement les choses. Quelques jours avant les adieux de Chirac à la politique, un journaliste russe chutait malencontreusement du cinquième étage de son immeuble et rejoignait ainsi une liste de plus en plus longue d'investigateurs à la santé décidément fragile. Il laissait aussi en plan une enquête en cours sur les ventes d'armes du Kremlin au Proche-Orient (www).
Quel rapport entre Chirac et des journalistes qui tombent comme des mouches du côté de chez Poutine? La réponse tient en deux mots : légion d'honneur. Parce que voilà, en septembre 2006, Chirac a décoré en toute discrétion le président russe de la plus haute distinction française. "En privé" selon le porte-parole de l'Élysée, façon aimable de dire qu'il ne fallait pas que ça se sache. Et pour cause, pas un seul journaliste français n'était invité (www et vidéo).
Quatre jours après qu'Ivan Safronov, journaliste respecté et père de famille, soit allé rejoindre sa confrère Anna Politkovskaya (assassinée de 4 balles dans son immeuble) et l'opposant Alexander Litvinenko (irradié au polonium) au cimetière des opposants de Poutine, RSF apprenait la décision du conseil d'état de maintenir la légion d'honneur du président russe (www).
Motif invoqué par le conseil d'état rapporté par le Monde : "[RSF] n'était pas concerné par la décoration" et cette dernière "ne portait pas atteinte par elle-même à la liberté de la presse" (www). Voilà une explication qui a le mérite d'être claire. Et finalement, c'est vrai : on n'a jamais vu un pin's au bout d'un ruban jeter un journaliste par la fenêtre. La prochaine fois, il faudra penser au polonium du mérite, ou un truc dans le genre. Le message sera plus clair.
Le comité Miss France avait créé la controverse en élisant une malentendante première dauphine en 2006. Endemol compte bien profiter de la tendance.
Ca a été le carton d'audience surprise de l'année 2006 aux Pays-Bas. Une émission de télé-réalité comme seuls nos amis hollandais, chantres du bon goût cathodique, savent en inventer. Et Geneviève de Fontenay en picore déjà son chapeau de rage : les droits télé de l'élection de Miss Ability ont déjà été rachetés pour la France (source Times).
Miss Ability, c'est comme Miss France, au détail près que le handicap doit cette fois-ci être bien visible pour pouvoir y participer. Une jambe, un bras en moins, une petite paraplégie, ou pourquoi pas une petite polio. Histoire que le téléspectateur puisse enfin mater cette jambe de bois pour la bonne cause.
Miss Ability serait-il un plaidoyer pour l'intégration des unijambistes? Les producteurs en sont convaincus. Et ils l'affirment très poétiquement dans leurs communiqués de presse et la présentation de leur émission (début de citation) : "Avez-vous jamais sifflé une femme en chaise roulante? Maté les seins d'une aveugle? Si la réponse est non, préparez-vous à changer" (site de la production).
La baseline se passe de commentaires. En France, c'est Endemol qui a racheté les droits (source C21 Media). Ce qui se passe également de commentaires. Bientôt sur les petits écrans français, donc. Et sans doute très rapidement aussi au Cambodge.
Porter un T-shirt ne changera peut-être pas le cours de l'histoire. Mais ça a le mérite de faire rire.
Certains se souviendront peut-être de l'affaire Raed Jarrar, qu'on avait empêché de prendre l'avion pour la simple raison qu'il portait un T-shirt portant une inscription arabe qui avait autant de contenu terroriste qu'un épisode de "Joséphine ange gardien" (lire plus sur 404 à ce sujet).
La contre-offensive a été lancée par les geeks à travers une ligne de T-shirts aux messages subversifs codés en binaire (site). Ainsi, on pourra tenter de prendre son avion en revêtant fièrement son T-shirt "Je suis un terroriste", "Fuck America", "Fuck Cheney" ou un plus sobre "bomb", l'objectif étant de se faire photographier au moment du passage de la douane (site).
Pendant qu'on est dans les T-shirts, quelques modèles en plus, toujours aux US : "De toute façon, je n'utilisais pas mes libertés civiles" (ici), "Enervez un conservateur, pensez par vous-même" (lien) ou encore "Impeachment, it's not just for blowjobs anymore" (lien). Et pendant ce temps-là, l'UMP distribue des tongs.
Voulue par Chirac, la CNN à la française voit le jour ce soir et affiche des ambitions fortes... mais parfois un brin curieuses.
Depuis que les chaînes de télévision abondent sur, au choix, la TNT, le câble, le satellite ou l'ADSL, le paysage audiovisuel français nous avait habitués à pondre régulièrement une nouvelle horreur. S'il ne fallait citer que la TNT, les seuls noms de NRJ12, NT1, W9 ou Direct8 suffisent à comprendre le vide médiatique dans lequel les ondes s'engouffrent dès lors qu'on crée une nouvelle grille de programmes.
Et cependant, ce soir (18h, sur Internet) et demain (sur les bons vieux postes de télévision) arrive France24, la CNN à la française. Probablement une fort bonne nouvelle pour l'image de la France à l'étranger, représentée uniquement à ce jour par la très pauvre TV5 monde qui inonde le globe de téléfilms de seconde zone au sous-titrage approximatif.
France24 sera gratuite, accessible aussi bien sur le web que sur la télévision, bilingue, aura des journalistes en France mais aussi un réseau significatif de correspondants à l'étranger et promet une information poussée, bien plus en tout cas que sur les moroses JT que le service public et les chaînes privées servent entre l'entrée et le dessert pour encourager à ne pas rater les pubs avant Julie Lescault. On ne peut donc qu'applaudir des deux télécommandes en souhaitant que l'ambition se réalise bel et bien.
Petit hic cependant, dans son dossier de presse et par trois fois, France24 répète sa mission première : "Montrer aux téléspectateurs et internautes du monde entier tout ce qu'ils ne sont pas censés voir, savoir ou comprendre sur tous les sujets de l'actualité internationale".
Sans douter un instant de la bonne volonté des journalistes et surtout de l'agence de communication de France24, on aimerait quand même bien connaître ce qui détermine ce que les gens sont "censés voir, savoir" et surtout "censés comprendre".
Verbiage mis à part, bonne route à France24, en espérant que la chaîne contribue à remplir un tant soit peu le vide incommensurable qu'a laissé s'installer la direction de l'information de France Télévision dans ses journaux du soir (le 853e reportage sur l'ouverture des commerces le dimanche à l'approche des fêtes devrait être diffusé sous peu).
France24 sera visible à partir de ce soir sur le site France24.com.
Trois ans après les opérations anti-pub et alors qu'elle commence à se mêler de politique, retour sur Métrobus, la filiale bien pratique de Publicis.
Puisque 404 affiche plus de mille cinq cents articles au compteur et que fatalement, de temps en temps, on finit par parler du même sujet, les dossiers 404 seront la synthèse des informations qui ont été traitées autour d'une thématique particulière.
Ce premier dossier traite de la publicité, et particulièrement celle qu'on trouve dans le métro, et pas uniquement aux heures de pointe.
C'est que la semaine dernière, Métrobus, filiale de Publicis qui gère les espaces pub des transports en commun de Paris et Marseille (entre autres) a décidé de ne pas afficher une publicité de Télérama sur laquelle on pouvait lire : "Dimanche 15 janvier, Vivement Dimanche. Nicolas Sarkozy devrait faire attention. C'est déjà la 3e fois qu'il invite Michel Drucker dans son émission".
Le fait que Publicis soit à l'origine de l'ensemble des campagnes de communication de Sarkozy est sans doute un pur hasard dans cette affaire. (article 404 du 29 septembre 2006)
Mais les antécédents de Métrobus avec la publicité remontent à plus loin (et on ne compte pas le fameux épisode des publicités pour le salon gay "rainbow attitude", jugées trop contraires aux bonnes moeurs pour être affichées sur les quais du métro).
Il faut en fait remonter en décembre 2003. A ce moment-là, des équipes de "barbouilleurs", armés de pots de peinture et de marqueurs, envahissent les couloirs du métro en bande pour y exprimer leur ras-le-bol de la publicité qui pollue l'espace public. La préfecture de Paris dépêche des CRS pour protéger les pubs qui doivent donner envie d'acheter aux galeries Lafayette pour Noël.
Métrobus crie au scandale et demande aux activistes un peu d'indulgence pour ces panneaux qui permettent, dit-elle, aux voyageurs de se déplacer moins cher. Un rapide coup d'oeil aux chiffres de l'entreprise permet de se rendre compte que, sur près de 3 milliards d'euros de revenus en 2003, seule une centaine de millions provient des reversements de Métrobus. Soit environ 4 centimes d'euros par billet vendu. Loin de la manne providentielle décrite par la filiale de Publicis (article 404 du 5 décembre 2003).
Plus de 800 affiches ont été barbouillées en une soirée, et Métrobus réclame compensation. 62 interpellés sont alors menacés d'une amende totale de près d'un million d'euros. A la vue des tarifs affichés sur le catalogue de Métrobus, cette somme ne représente pas moins qu'une campagne de pub géante sur plus de 2300 panneaux de 4 mètres par 3. Tout ça pour rembourser des dégradations de publicités qui sont par ailleurs déjà financées par les annonceurs sous la forme d'une sur-prime payée en amont (article 404 du 8 mars 2004).
A cette requête fantaisiste de Métrobus (près de dix-huit mille euros par accusé), le tribunal accordera finalement une compensation totale de douze mille euros, soit 193 euros par accusé, 90 fois moins que ce que l'accusation exigeait. L'avocat de Métrobus ne peut néanmoins s'empêcher de jubiler : "C'est une victoire puisque la justice a condamné ceux qui ont dégradé et l'ont reconnu. La décision du tribunal montre que, quelle que soit la cause défendue par ces militants, personne n'a le droit de se faire justice soi-même" (article 404 du 29 avril 2004).
Une victoire tellement éclatante que la filiale de Publicis se doit de la faire adouber par l'opinion publique. Sondage après sondage, la RATP aligne des chiffres qu'elle veut sans appel : oui, les Français adorent la publicité. En transport ou dans la rue, elle rend la vie plus gaie, plus colorée, moins ennuyeuse. Publicis est aux anges, Métrobus aussi. On en fait même un communiqué de presse pour l'occasion, alors même que ces sondages sont formulés avec une bonne foi qui confère plus à un interrogatoire communiste qu'à une démonstration scientifique (article 404 du 11 mars 2004).
Quelques mois après les derniers barbouillages d'affiches, la vie publicitaire a repris son cours. Les affiches restent immaculées et dans la station Victor Hugo, les vers du poète sont remplacés par un portrait de Laetitia Casta qui supplie d'aller faire son shopping du côté de la gare Saint-Lazare (article 404 du 7 avril 2004).
La semaine dernière, Métrobus a interdit une publicité de Télérama qui se moquait de Sarkozy et de Drucker. Chacun choisit son camp.
La RATP tient beaucoup à la publicité. Et à quelques mois de la présidentielle, encore plus à ménager ses arrières.
S'il est une chose avec laquelle on ne plaisante pas à la RATP, c'est la publicité. Parce qu'elle le jure devant tous ses dieux, la publicité, c'est ce qui permet au métro de Paris de rouler sans facturer des sommes indécentes à ses usagers (voir cet article pour juger du bien-fondé de cette affirmation).
Alors la RATP, d'habitude, sur la publicité, elle n'est pas trop regardante. Laetitia Casta s'affiche en vertical et en horizontal depuis des années dans les couloirs, les quais regorgent d'appels à découvrir comment les nains zoophiles ont pris la greffe de nouveaux implants mammaires sur la personne de Loana dans l'entrevue de la semaine.
Mais quand Télérama veut s'afficher dans les couloirs du métro pour lancer sa nouvelle formule, là, à la RATP, on trouve que trop, c'est trop. A l'instar de l'année dernière, lorsqu'elle avait refusé de voir deux homosexuels s'afficher dans ses emplacements publicitaires (source), la société Métrobus a choisi de ne pas afficher des affiches jugées trop "tendancieuses".
Sur les affiches en question, on peut lire : "Dimanche 15 janvier, Vivement Dimanche. Nicolas Sarkozy devrait faire attention. C'est déjà la 3e fois qu'il invite Michel Drucker dans son émission" (source Le Blog Médias).
Côté Métrobus, on revendique la nécessaire neutralité politique pour expliquer cette interdiction de s'afficher dans le métro. Côté Télérama, on comprend "le rejet de l'affiche, tout en affirmant que l'objet de la campagne n'était pas d’être politique mais de « réaffirmer le rôle critique de Télérama »" (cité dans Le Blog Médias).
Mais quelles que soient les raisons du refus, pas de souci à se faire pour Métrobus, filiale de Publicis : ils sont en fait totalement d'accord avec Télérama, et ils le disent eux-mêmes, " Avec un taux de couverture de la population de plus de 15 ans des agglomérations qui se situe aux alentours des 90 % sur 7 jours, et ce quelle que soit l'agglomération étudiée, c’est l'intensité de la répétition qui fait la différence"... Comme Sarkozy chez Drucker, finalement.
Septembre 2006 : TF1 lance la publicité en direct, sans se rendre compte que c'est déjà ce qu'elle faisait depuis longtemps.
Ca n'a peut-être l'air de rien, mais outre avoir banalisé le fait de vendre de la soupe musicale pendant des spots de pub de 3h animés par un vrai présentateur grec, la Star Academy innove encore plus dans l'art d'utiliser au mieux le temps de cerveau disponible des spectateurs de la première chaîne.
Ainsi, le 5 septembre, TF1 a lancé la première série de spots de publicité en direct de l'histoire de la télévision française. Et ça continue chaque semaine depuis (source Les Echos).
Animé par un acteur en mal d'euros ou une troupe d'improvisation sur mesure, ces message publicitaires nouvelle génération sont pensés arme ultime à "restaurer le fameux lien émotionnel (...) entre le consommateur et la marque". Parce que chez TF1, on s'est rendu compte que le téléspectateur, à force de l'assommer de paquets de soupe sans phosphates et de lessives au brocoli (ou l'inverse), il n'avait même pas l'obligeance de retenir les réclames. Voire même pire, il en profitait pour aller aux toilettes.
Ainsi, le fait de voir un comédien jouer la publicité en direct doit plus donner envie de manger du chewing gum qu'un spot classique, avec des comédiens pas en direct.
Alors, la publicité en direct, une nouveauté dans le PAF ? Pas si sûr : la preuve, Jean-Pierre Pernault le fait depuis des années dans son 13h. C'est juste qu'il n'est pas payé pour ça. Ou alors, on nous ment, c'est à voir.
Et pendant qu'on parle de télévision de qualité, UFC-Que choisir s'étonne de ne voir lors des émissions pour les plus jeunes que des publicités sur des produits surchargés de gras et de sucre. Et que les petits enfants qui regardent la télévision sont systématiquement obèses aussi. Faudrait dire au syndicat de la carotte d'investir plus de 100 000 euros pour 30 secondes de Bruno Salomone pour promouvoir les légumes qui donnent les fesses roses. Ils sont mauvais, ces producteurs de légumes (source Libération).
Tout ce qu'on ne dit pas n'existe pas. C'est en tout cas ce que semble penser Newsweek, qui arrange ses informations comme il peut.
Il en est peu qui peuvent se vanter de ce titre, mais Newsweek est un des rares magazines d'information à connaître une diffusion vraiment mondiale. USA, Europe, Asie, Amérique du Sud. Il n'est encore que l'Afrique qui n'ait pas son édition à elle.
En général, ce qui change d'une édition à l'autre de Newsweek, outre quelques détails éditoriaux, c'est la pub. On n'ira pas vendre un séjour chez Wallmart à des Allemands, pas plus que des camemberts au lait cru à des lecteurs du Wisconsin. Et on ne s'en plaindra pas.
Reste que dans son édition à sortir le 2 octobre, Newsweek change son fusil d'épaule. Et tellement radicalement qu'on aimerait bien savoir pourquoi, si on n'avait pas peur de déjà connaître la réponse :
- Edition Asie, couverture : "Perdre l'Afghanistan, cinq ans après l'invasion, les talibans sont de retour et laissent le champ libre à Al-Qaeda"
- Edition Europe, couverture : "Perdre l'Afghanistan, cinq ans après l'invasion, les talibans sont de retour et laissent le champ libre à Al-Qaeda"
- Edition Amérique du Sud, couverture : "Perdre l'Afghanistan, cinq ans après l'invasion, les talibans sont de retour et laissent le champ libre à Al-Qaeda"
- Edition USA, couverture : "Annie Leibovitz, ma vie en photos".
Voilà qui a le mérite d'être clair. L'article en question est repris par Truthout, qui retranscrit le dossier en question.
Les journalistes sont ils devenus des criminels en puissance ? Les services secrets le pensent, les rédactions s'y préparent.
Quand Greg Palast a commencé son reportage pour aller photographier un camp de (toujours) réfugiés de Katrina, il ne se doutait pas que ça allait l'emmener droit dans les griffes de la sécurité intérieure américaine, au nom de la défense contre le terrorisme. Quand il visite le camp, le journaliste s'étonne de voir les ex-habitants de la Nouvelle-Orléans parqués dans des logements de fortune à deux pas d'une cheminée d'une des plus grosses raffineries du pays. Il prend des photos de la chose, des 73 000 réfugiés qui sont encore là et de l'usine qui sert de décor à cette désolation urbaine (source Greg Palast, Journalism and Film).
Mauvaise pioche : Greg Palast est maintenant accusé d'avoir mis en péril un bâtiment critique pour la sécurité nationale (qu'on peut pourtant voir tranquillement en long, en large et en travers sur Google Maps, Google Earth et Google Fais-moi-un-café). Malgré le procès en cours contre Greg Palast et le producteur du reportage, le segment a été diffusé sur DemocracyNow, soulignant le désoeuvrement dans les foules déplacées par Katrina (1re partie et 2e partie du reportage sur DemocracyNow!).
Alors, réelle mise en péril d'une installation critique pour la nation (une raffinerie de pétrole) ou entrave délibérée à la liberté de presse ? En tout cas, certains prennent les devants : le New York Observer dévoile cette semaine que les journalistes du New York Times suivent des formations sur la meilleure façon de brouiller les pistes pour protéger leurs sources des investigations de la sécurité américaine : utiliser des téléphone "jetables", des notes "effaçables", se "comporter comme un dealer de drogue" - dans le texte (source New York Observer). Quelqu'un a dit "bienvenue en URSS" ?
On en profite pour signaler trois saines lectures sur le même sujet : d'abord, "Black List" de Kristina Borjesson qui décrit 15 exemples célèbres d'affaires dans lesquelles des journalistes ont été intimidés, menacés, mis à l'écart pour avoir voulu sortir des affaires qui n'arrangeaient personne. Ensuite, le site Project Censored (merci à Yves pour le lien) qui recense toutes ces informations qui n'ont jamais atteint la une des journaux (on se demande pourquoi) et enfin, Media Crisis de Peter Watkins, auteur de "The War Game" en 1966 qui imaginait, sous la forme d'un reportage d'anticipation, l'impact d'une attaque nucléaire sur la Grande-Bretagne. Histoire de comprendre que derrière les WMD, les MMAV (Mass Medias AudioVisuals) sont autrement moins impressionnants mais d'autant plus puissants. Aux dernières nouvelles, Jean-Pierre Pernaut n'aurait pas encore été inquiété.
Des T-shirts pas idiots, des journaux qui vont mal et des trucs à gagner, la semaine commence rude sur 404.
Une fois n'est pas coutume, section copinage dans 404. Pour commencer, à partir de cette semaine et pendant quelque temps, 404 offre son espace pub à olowshop.com, boutique en ligne de T-shirts qui, outre être jolis, n'en portent pas moins de messages un brin plus profonds que leur homologues de grande surface. A conseiller à ceux qui veulent se balader avec autre chose sur le dos qu'une déclaration d'amour enflammée à des paires de baskets fabriquées en Chine.
Bonne route aussi à Parisist qui entame sa deuxième année avec de nouveaux commandants à bord, une rédaction bilingue et plein de contenus drôles.
Par ailleurs, on signale, avec regret, que l'hebdomadaire "Le Tigre" suspend sa parution après son 17e numéro, la faute à des finances s'apparentant vaguement à celles d'un pays en voie de développement. La parution devrait reprendre, on l'espère, d'ici la fin de l'année, c'est tout le mal qu'on souhaite à une presse qui connaît une année déjà assez difficile (suivez notre regard).
Enfin, pour finir, dans la colonne de droite, si le coeur vous en dit, vous pouvez répondre à un sondage sur vos habitudes numériques, histoire de risquer de gagner des trucs qui font rêver les gens qui aiment les gadgets. On vous aura prévenu...
Certains disent que la télévision est un reflet de la société. A en juger par les nouvelles émissions de CBS, on va espérer que non.
Dans le cadre de ses efforts pour faire un monde meilleur, le paysage audiovisuel américain tient à apporter sa pierre à l'édifice, parce qu'après tout, il n'y a pas de raison. Ainsi, la prochaine édition de l'émission philosophique "Survivor" (intitulée Koh-Lanta sous nos latitudes) doit voir s'affronter quatres équipes divisées par... race. Latinos contre asiatiques contre noirs contre blancs (source My Way, "NYC Officials Want New 'Survivor' Pulled").
CBS, qui diffuse l'émission, se défend face à ses détracteurs en affirmant que la chaîne a toujours "répondu à ses critiques à travers l'écran". Si l'émission est maintenue, on peut déjà imaginer les épreuves qui attendent les candidats : les latinos survivront-ils à une traversée de 12 heures sur un radeau fait de sacs plastique en hommage à leurs amis exilés de Cuba ? Les asiatiques vont-ils (vraiment) manger leur chien de compagnie ? Les noirs sauront-ils se servir de leur (immense) organe pour se sortir de cette situation périlleuse ? Les blancs vont-ils trouver le moyen d'échapper aux épreuves en soudoyant la production ?
La ville de New York a officiellement demandé l'arrêt de l'émission, déclarant "The idea of having a battle of the races is preposterous, (...) How could anybody be so desperate for ratings ?". On ne va pas se permettre de répondre à cette question, alors que Cauet signé pour une nouvelle saison sur TF1.
Quand les Canadiens vont aux US poser des questions aux Américains, c'est forcément facile. Mais surtout très rigolo.
S'il est une caractéristique que l'on aime attribuer aux Américains, c'est leur parfois faible niveau scolaire. En particulier lorsqu'il s'agit de regarder en dehors des (grandes) frontières de leur pays. Il n'en fallait pas moins pour que le Canadien Rick Mercer fasse une spéciale fort justement intitulée "Talking to Americans".
C'est à voir sur uTube, en cinq parties de 10 minutes, c'est à réserver à ceux qui parlent anglais, c'est aussi drôle que facile et donc bien entendu, totalement indispensable, ou pas. Les liens sont ici (partie 1, partie 2, partie 3, partie 4 et partie 5), le tout pêché sur le toujours excellent Boing Boing.
Parce qu'il n'y a pas que la Star Academy sur Terre, petit tour (incomplet) du reste.
Histoire de bien commencer le week-end et de faire du plurimédia (comme ils disent chez Libé), un tour des choses qu'on peut lire ou voir pour faire plus que passer le temps :
- Côté Web, probablement le blog le plus rigolo de la semaine, Shelley the Republican nous explique (et sérieusement en plus) pourquoi utiliser autre chose que Windows est le 8e péché capital : Linux a été fabriqué par des hackers européens et chinois qui veulent saboter les USA, Apple est une invention communiste et le tout est non seulement un danger pour l'économie mondiale mais aussi un cancer. Et ce n'est pas pour rien que Ben Laden utilise Linux. D'abord. Le reste est par ici, avec les 473 commentaires (à l'heure où on publie). Merci à Hellsdark pour le lien.
- Côté édition, le Monty Pythonesque Terry Jones (dont 404 avait déjà - mal - traduit un texte) sort un livre, "Ma Guerre contre la "guerre au terrorisme" ". Selon les traducteurs / préfaciers du livre, "ce livre regroupe une quarantaine de ses textes parus dans la presse anglaise. Maître du non-sens, l'ancien Monty Python décrypte les dessous de la guerre en Irak, et signe un livre essentiel sur la manipulation et le mensonge officiel, références sérieuses à l'appui. Il ne s'agit pas ici d'analyse politique, mais de bon sens et d'humanisme entêté, où la colère côtoie le fou-rire." A lire d'urgence donc. Merci à Marie-Blanche et Damien Guillaume qui, outre avoir traduit l'ouvrage, ont livré leurs commentaires personnels à 404.
- Coté vidéo, histoire de passer un week-end méditatif, on pourra jeter deux yeux à Koyaanisqatsi, pas vraiment une nouveauté puisque le film est sorti en 1983 mais toujours furieusement d'actualité. Pour se le procurer, un (très) bon vidéo club fera parfaitement l'affaire mais ces derniers étant chose rare, on aurait pu vous suggérer l'aller le télécharger sur internet mais on s'en garderait bien, rapport au fait qu'on n'a pas envie de se fâcher avec monsieur DDDV qui a l'air très à cheval sur ces choses là.
- Coté presse pour finir, un mot sur un (presque) nouvel hebdo, "le tigre" (site web) qui a non seulement l'outrecuidance de sortir exclusivement en format papier mais en plus d'être de qualité, et drôle. 2,5 euros chaque semaine, c'est toujours ça que TF1 n'aura pas de votre temps de cerveau. Et pour se convaincre de la chose, le #3 est en ligne, en PDF et gratuit.
Attention, ce blog, comme 98% des médias mondiaux, est dans les mains de Ben Laden. On vous aura prévenu.
Ca fait maintenant une bonne semaine que les uns après les autres, les généraux américains demandent la démission de Donald Rumsfeld. Une démission sans doute pour célébrer l'étonnant succès de la guerre en Irak (et un magnifique tableau de chasse de plus de 34,000 civils - source Iraq Body Count).
Mais Rumsfeld ne veut pas démissionner. Et pour cause. C'est que les généraux (et les médias qui les relayent) sont tout simplement... manipulés par Ben Laden. 'Suffisait d'y penser (article).
Et quand il suffit d'y penser, 'faut bien dire ce qui est, Cal Thomas se pose là (article). Et soumet à la sagacité de ses lecteurs une fort bonne question : quand on regarde Zacarias Moussaoui, on voit que même devant la peine de mort, il ne faiblit pas dans sa volonté de détruire les US. Alors pourquoi les US devraient-ils remettre en question leur volonté de détruire de libérer l'Irak ? Pourquoi a-t-on même le droit de se poser la question ?
Pour Carl Thomas, une petite suggestion de réponse : parce que Moussaoui est un fanatique, probablement croisé d'un esprit un peu simpliste même pas capable de réussir ce pour quoi il avait été programmé (dites "Bush" 10 fois sans respirer) ? Parce que ce n'est pas parce qu'on lutte contre des dictatures qu'il faut faire la même chose en face (dites "Guantanamo" dix fois de suite sans rire) ?
Enfin bon, nous, on suggère, on suggère, hein. Mais après tout, c'est qu'on doit être manipulés par Zarqawi. Et Ben Laden. Et Zawahiri aussi. On ne voit pas d'autres explications. Et pour ceux qui veulent échapper à la manipulation des médias par les forces terroristes, c'est par là. Et ça sent le fuel.
Note : d'ailleurs, Ben Laden contrôle tellement les médias qu'il est même parvenu, le fourbe, à refiler sa nièce à des magazines de charme (ici et là) et à des talk shows insipides (ici). C'est dire.
Après les skieurs au Sahara, l'industrie automobile continue les exportations.
La civilisation continue d'avancer à grands pas. Après avoir sorti les 4X4 des mains de l'armée et des montagnards transportant leurs bûches, l'industrie automobile frappe de nouveau. Et pousse le bouchon (d'essence) encore un peu plus loin.
Comme s'il ne suffisait pas d'avoir lâché des skieurs (ah, mon petit Luc ...) sur des pistes du Sahara qui n'avaient franchement rien demandé, voilà maintenant qu'on franchit un nouveau pas dans l'invasion motrice en propulsant le blaireau motorisé... au pôle nord. Rien que ça.
Ainsi, dans sa nouvelle réclame, Range Rover adresse un fort sympathique message à l'humanité (site). La scène : un trentenaire dynamique, rebelle mais bien coiffé, parcourt la banquise à fond de 5e, sans doute pour se rendre au bureau trier ses e-mails.
Là, il croise le chemin de Bob l'Inuit, bon vieil Inuit sur son traîneau à chiens. L'Inuit, cet attardé, n'a pas le chauffage sur son traîneau. Et ses chiens ne dépassent pas les 20km/h, ce qui est ridicule sur le périph'.
Le trentenaire fait signe à l'Inuit de monter à bord. Ce dernier refuse puis cède. Ils s'en vont tous deux dans le soleil couchant, heureux d'avoir le chauffage et les testicules qui vibrent au rythme du gros moteur.
Ils s'éloignent et la banquise raisonne encore de grosses traces de pneus du trentenaire frustré. Le pot laisse des marques de pollution sur la neige immaculée du pôle nord. On s'en fout, ça ne se verra pas longtemps, la banquise, elle fond de toute façon. Et le trentenaire se sera bien moqué de ces cons d'Eskimaux qui n'ont même pas de Range Rover.
Et demain, derrière sa cravate aux motifs improbables, il pourra tranquillement aller arpenter les bouchons du périph' avec son 33 tonnes, certain que derrière ses e-mails et son bureau sordide, c'est un peu de Jean-Louis Etienne qui sommeille en lui. La banquise oui. Mais avec le chauffage. On n'est pas des sauvages. Hein ?
Parfois, le temps de cerveau disponible partait aux toilettes pendant la pub. Il fallait agir.
Le problème de la télévision, c'est qu'entre la pub, il y a des émissions. Dieu merci, de l'autre côté de l'Atlantique, on réfléchit dur pour que cette situation ne dure pas, la preuve :
"We are already seeing an erosion of the 'editorial wall' in network newsrooms, particularly for morning news and newsmagazines, I think you'll find that this type of activity will continue to take place, and other forms of product integration will find their way into news divisions as well" (source The Hollywood reporter).
Les placements publicitaires font donc doucement leur chemin dans les rédactions d'informations, histoire de finir de massacrer une profession qui lutte déjà pour maintenir une once de semblant d'indépendance.
Bientôt donc, sur TF1, quand on parlera de formule 1, on ne dira que du bien des marques de voitures françaises, on fera des dossiers spéciaux sur les vacances à la Bourboule parce que c'est une station super chouette qui a obtenu le drapeau vert de la plage sans marée noire trois ans de suite, on passera une couche sur le fabuleux concert (et l'album, vous avez acheté l'album) de Céline Dion et on fera des sujets sur les yaourts zéro pourcent indispensables pour pas avoir l'air d'une morue à la Bourboule (qui vient d'obtenir son drapeau vert).
...Ah non, ça, c'est déjà fait.
En fait, quand les placements publicitaires arriveront dans les informations, la seule différence, c'est que les marques vont être obligées de payer pour la pub. Le business est un monde sans pitié.
Soucieux de la reconversion de ses salariés, TF1 n'hésite pas à former ses journalistes à devenir des commerciaux en puissance. Chouette.
C'est bien connu, quand on parle de contrats financiers, il n'est pas bon de laisser l'éthique se mettre en travers du chemin. Ainsi, quand Bouygues veut vendre des installations télévisuelles dans cette grande démocratie qu'est le Turkménistan (rapport Amnesty International - PDF), le groupe n'hésite pas à mobiliser sa chaîne - et les journalistes qui vont avec - pour faire une émission à la gloire du dictateur en place.
Enregistrée en 1996 et animée par un Jean-Claude Narcy lassé de commenter les dernières commémorations du centenaire de la reprise de la pêche à la palourde dans le chenal de Bretagne, l'émission n'est jamais diffusée en France mais fait quand même du bruit (article Acrimed).
Et cet exemple d'extraordinaire transparence et d'objectivité journalistique sont relatés dans un livre sorti début mars, livre qui a donné à Télérama et au Nouvel Obs l'occasion de ressortir cette sympathique affaire des tiroirs.
Le vrai journal de Canal+ avait aussi fait un sujet dessus. Apparemment prévu pour être diffusé ce week-end, il semble que le reportage a été purement exclu de la grille de l'émission. Motif invoqué ? Aucun. Bien entendu, les mauvaises langues diront qu'il faut y voir un juste retour de bâton du rapprochement des bouquets Canalsat (Canal+) et TPS (TF1). Mais sur 404, on n'est pas comme ça : on ne se permettrait pas de remettre l'objectivité journalistique de Canal+ en cause. Après tout, dans ce reportage, on ne parlait même pas de Bernadette Chirac, non ?
A l'unanimité de une voix, TF1 et Canal+ obtiennent donc conjointement le Pujadas d'or de la semaine, célébrant par là la quintessence du (double) conflit d'intérêt entre journalisme et affaires. Bravo à eux.
Le problème de certains comiques, c'est qu'ils disent des choses ridicules pour faire rire, alors qu'ils les pensent vraiment.
Puisque c'est une obsession nationale (comprenez ma brave dame, avec cette vache folle du poulet, on ne sait plus de quoi se bâfrer), l'émission Campus de ce vendredi était dédiée aux arts de la table.
Sur la plateau, un BHL plus esthétique que jamais, des chefs, des critiques, des écrivains comestibles et un comique imbuvable en la personne de Laurent Gerra. Interviewé depuis la salle du restaurant où il vient de s'empiffrer, on interroge le futur obèse sur son opinion sur la gastronomie française. Réponse d'un Gerra qui a visiblement appuyé sur le digestif (retranscription approximative, émission non stockée en ligne) :
"C'est superbe. Mais il est inadmissible de taxer les restaurateurs comme ça, de leur voler leur l'argent. A l'entrée de Dijon, la capitale de la gastronomie, il y a un Mac Do qui paye 5,5% de TVA. Pour vendre du Mac Do. Alors que les restaurateurs qui représentent le savoir-vivre français sont beaucoup trop taxés. Et ça me fait rire qu'on reçoive des leçons de l'Europe et d'Angela Merkel là-dessus. Et alors surtout des Allemands qui, je crois..."
A ce stade, Guillaume Durand a le bon goût de stopper le presque comique dans sa lancée lyrique sur les maux européens et ces salauds de Teutons. Reste qu'on ne sait pas ce que ce "surtout des Allemands" cache. Surtout ces Allemands à qui on a foutu une bonne branlée pendant deux guerres mondiales de suite ? Surtout de ces Allemands qui s'y connaissent autant en bouffe que Gaymard en immobilier ?
La réponse est dans la tête du plus poujadiste des comiques français.
La nouvelle économie a inventé l'argent virtuel. Mais apparemment, le supermarché du coin n'a pas encore intégré cette notion.
Promis, après ça, on ne parle plus de la pub dans ces colonnes, mais puisque Linda s'interroge dans un commentaire sur les finances de 404 Brain Not Found et sur l'avancée de l'achat de la Porsche indispensable à la bonne tenue de ce blog, il est temps de faire la lumière sur tous les fonds qui alimentent ce site.
En 4 ans et 1401 entrées, ce blog s'est transformé progressivement en indécente machine à cash, à savoir :
- 25 euros issus de la vente de t-shirts (subtile transition pour signaler que plein de nouveaux modèles sont disponibles ici)
- 100 dollars issus des pubs Google (environ 80 euros) avant de se faire expulser du programme et perdre le reste (une cinquantaine de dollars)
- 55 euros issus de dons directs via Paypal
- 14 euros du côté du nouveau fournisseur de bandeaux de pub.
Soit un total exorbitant de 174 euros en 4 ans, ou encore 12 centimes d'euros par entrée publiée, voire même 3,9 centimes d'euro par commentaire déposé. D'un point de vue taux horaire, en considérant une moyenne (brutale, certes, mais moyenne quand même) de 30 minutes par article, recherche comprise, on aboutit au tarif quasi syndical de 24 centimes d'euros de l'heure soit un salaire mensuel de... 39 euros par mois.
Alors Linda, pas de souci, la Porsche ne pollue pas (encore) les rues de Paris. Mais on approche. Plus que 670 000 entrées à rédiger et on pourra aller brûler de la gomme avenue Foch. En respectant les rythmes de publication actuels, on devrait être bon en l'an 24 339. C'est parti.
Mieux que les prévisions à deux ou cinq jours, les constatations à un mois.
Quelques temps en arrière, on célébrait à grandes pompes l'achat par les services de météo France de quelques très gros ordinateurs capables de calculer très vite si on allait pouvoir danser sous les sunlights des tropiques le week-end prochain ou pas.
Les années sont passées et on est heureux d'apprendre que Météo France a fait bon usage de ses gadgets et que de prévisions à 2 jours, on est passé au premier service météo mondial capable de donner le temps à posteriori.
Parce que c'est officiel, après un mois de températures négatives et un gros flux froid qui arrive du pôle nord, Météo France est enfin capable d'affirmer que cet hiver sera "plus froid que la normale" (Le Figaro). Hum.
Alors, puisqu'on ne peut pas les retenir plus longtemps, 404 Brain Not Found ets heureux de vous livrer ce scoop: Météo France serait sur le point d'annoncer que l'été 2003 sera particulièrement chaud. Météorologue, un métier à risque, une passion.
(et toujours bon à voir, le site DU fan d'Evelyne Dhéliat, parce que oui, il en fallait un)
France deux, c'est un peu comme le loft en fait. Sans salle CSA.
On le sait, le politicien est un petit être subtil. Subtil et cachottier. Pas facile, du coup, de savoir si la campagne présidentielle avait officiellement commencé ou pas. Pour ceux qui avaient un doute, France 2 a une réponse toute faite. Non, le 20 heures d'antenne deux ne révélait pas que Juppé quittait la vie politique (c'est pas que ça démangeait pas mais bon, on a une éthique nous, môssieur). Non, le 20 heures de TF1 ne révélait pas que Sarkozy avait le pouvoir de réfléchir même en se rasant et le tout sans se couper. Non, le journal de France 3 ne couvrait pas la fête de la rillettes organisée par la section PCF de la Ferté sur Bourre. Non, rien de tout ça.
Pour s'assurer que la campagne avait bien démarré, il suffisait de jeter un oeil au sommaire du JT du 20 Janvier. Vu qu'on était un vendredi, c'était au tour de la sémillante Béatrice Schönberg de dire n'importe quoi avant Patrick Sébastien. Et qu'avait-on au menu des actualités de l'ORTF ? De la politique ? De l'international ? Du grand reportage ? De l'économie ? Du la guerre, du sang, des morts, des scandales ? De la réflexion de fond, du journalisme engagé ?
Que nenni mon brave, on est sur France deux quand même, on se respecte un peu.
Alors au programme, ce sera insécurité (et laquelle), faits divers (et lesquels) et chiens écrasés (Tequels, les cons).
On commencera donc avec un petit sujet sur les assise du Var, histoire de se mettre en bouche. Le pompier qui mettait le feu à la foret a été déclaré coupable, oh oh oh. Puis, un accident de car à cause d'un empaffé de chauffeur qui a cru de bon ton d'avoir une crise cardiaque en pleine ligne droite sans même avoir la délicatesse de tuer un ou deux adolescents au passage (tout se perd).
Ensuite, un petit tour du coté de la belgique où le type qui avait volé l'ambulance et écrasé une jeune fille dans la foulée a été extradé vers la France. Puis, zoom sur la violence scolaire avec ce professeur d'anglais qui s'est pris un coup de tête, un détour par le Bas-Rhin pour le procès des parent du petit Nicolas, lequel, sans doute pour faire concurrence à son nouvel ami Gregory, avait jugé malin de se faire tuer par sa propre famille à coups de cuillère en bois, juste histoire de prouver que ses cons de parents aussi pouvaient aussi être créatifs en plus de stupides.
Puis, toujours dans l'ordre, on sort du fait divers pour rentrer dans le débat économique de haut niveau avec les restaurateurs qui ne sont pas content qu'on ne leur baisse pas leur TVA et qui menacent du coup de ne pas voter De Villiers en 2007. Ce premier sujet de fond passé, on passe du coté de Seb où c'est tellement bien qu'on menace de fermer 3 usines puis vers les Alpes, vu qu'il y a danger d'avalanches et que ça ennuie vraiment les 3 déjantés qui font du ski par moins trente.
Il est 20 heures passé de 19 minutes et 59 secondes, soit 21 minutes après le début du journal, quand on parle enfin de l'étranger pour dire en 3 minutes 47 secondes qu'on se les gèle en Russie, qu'une otage américaine est détenue en Irak et que le Mali se réunissent tous ceux qui n'ont pas comme seul projet de société de s'acheter le prochain 4X4 BMW.
Mais trop de réflexion tuant la réflexion, on retourne rapidement à ce qui préoccupe - vraiment - le français entre le camembert et le liégeois au chocolat: Les portables filent ils mal à la tête, faut ils sauver Willy dans la tamise, les tricolores triompheront-ils au patinage artistique et enfin, Chouchou et Loulou sont ils aussi exaspérants au théâtre qu'à la télévision.
Donc, pour résumer, le fond du journal de France 2 du 20 janvier a été:
Procès, accident de la route, accident de la route, insécurité, procès, impôts, chômage, commentaires sur la météo météo pendant 23 minutes. Puis étranger pendant 4 minutes (quand même) puis Santé, fait divers, Sport et croûte théatrâle pendant les 9 minutes restantes.
Soit la formidable proportion de 10% de temps consacré au infos et 90% à libérer de l'espace de cerveau. On félicite le petit David pour sa contribution à l'élévation globale du niveau des informations.
Contrairement à TF1, M6 ne vend pas du temps de cerveau disponible, elle oeuvre pour le bienfait de l'humanité.
Il est des jours, on ne sait pas trop pourquoi, où, ô miracle, TF1 décide de passer une bonne émission. Autre chose que Femme flic, Femme juge, Femme policier, Femme contractuelle, Femme nounou, Femme à barbe ou autre androïde laveur de cabinets. Et Dieu merci, pour ces soirs-là, il reste M6.
Parce que sur M6, c'est le vice-président du directoire qui le dit, on aime bien "suivre des gens en recherche de l'épanouissement personnel" (interview dans le Parisien du 16/01/06). Mais, se demandent Bataille et Fontaine, outrés que M6 ait aussi eu l'idée de suivre des gens, qu'entend-on donc sur M6 quand on parle "d'épanouissement personnel" ?
"Epanouissement personnel", sur M6, ça se dit "C'est du propre" (pour apprendre à faire le ménage), "Super Nany" (pour apprendre à mater ses gosses), "Nouveau look pour nouvelle vie" (pour apprendre que ce qui compte vraiment, c'est la taille des seins) et autres "En voilà des manières" (pour apprendre à ne pas vomir à table).
A la suite de toutes ces informations de grande valeur, le spectateur pourra, bien tranquillement, se taper le 879e épisode de "Renée, femme espion et dame pipi" dans un appartement bien propre, avec des enfants bien rangés, une bonne paire de seins et des coudes pas sur la table.
Merci M6 de veiller à "l'épanouissement personnel" des Français. Devant une telle volonté de service public, on leur refilerait bien notre part de redevance. Comme ça, cadeau. Et surtout parce qu'on aime bien les gros seins.
Ceux qui croient déjà voir Sarkozy partout ne sont pas au bout de leurs peines. Bientôt, l'UMP sponsorisera le Journal du Hard.
On savait déjà qu'à l'UMP, ils avaient un réalisme certain quand il s'agissait de vendre de la lessive promouvoir leurs idées politiques. Trois semaines en arrière, à peine les premières voitures prenaient-elles feu que n'importe quelle recherche Google portant sur les mots "racaille", "voiture brûlée" ou autres "violences urbaines" appelait une publicité qui proposait de soutenir le petit Nicolas dans son combat contre le banditisme.
Bien que le procédé soit d'un goût douteux, on pouvait à la limite concéder.
Mais là, on ne s'explique pas pourquoi l'UMP apparaît en première position quand on cherche le mot "PORN" dans MSN Search (la preuve). Apparemment, le moteur de Microsoft n'a pas vu la Vierge (pouf pouf) puisque juste sous le parti de Sarkozy, on trouve du porno, du vrai cette fois-ci : Porn Annuaire Sex est suivi du Temple de la vidéo et du Sexe Hardcore et d'autres Maximal Porn. Seul, en toute première position de cette page, l'UMP est bel et bien le seul site à la luxure plus qu'approximative.
Quant à l'explication de ce phénomène, on hésite encore entre un coup de génie (et de bon goût) de plus de l'agence de pub de l'UMP ou d'un discret soutien de Nicolas à la politique d'abstinence de son ami George.
(info pêchée par Sachim, merci à lui)
Où on découvre à Condoleezza Rice une passion pour les déguisements : après Barbarella, Darth Vader.
C'est bien connu, la presse en veut aux républicains. Et à l'équipe de George Bush en particulier. Parce que bon, hein, ils pourraient quand même tous faire leur boulot un peu plus dignement comme le fait si bien Fox News, modèle d'indépendance et de journalisme éthique.
Donc, le scandale du jour qui fait hurler tous les conservateurs, c'est la photo de Condoleezza Rice qui a été publiée par USA Today cette semaine. Un malheureux coup de Photoshop et hop, voilà Condi (pour les intimes) transformée en Darth Vader politique, infâme créature démoniaque assoiffée de pouvoir.
Parce que c'est connu, Condoleezza Rice est une femme douce et pleine de bonté naturelle (et qui mange bio en plus).
Au centre du débat, les yeux de Condi, qui ont été rendus plus blancs pour, selon les conservateurs, la rendre "démoniaque" (sic). Pour USA Today, c'est juste un processus normal de traitement des photos qui a (un peu) dérapé.
La photo retouchée a été supprimée du site web de USA Today, remplacée par l'original avec un mot d'excuse de la rédaction (source: article USA Today, "Rice won't rule out U.S. troops in Iraq in 10 years").
La photo modifiée est toujours visible ici (Michelle Malkin), la photo originale là (AP).
La conclusion de cette brillante affaire de parano collective ? Que ce soit avec ou sans retouche, soit Condoleezza a effectivement un lien de parenté avec Darth Vader (apparemment, Brain Not Found n'est pas le seul à le penser), soit le photographe de presse est un petit être cruel (et rigolo à la fois). Rayez la mention inutile (la deuxième thèse serait soutenue par quelques exemple récents : Lang qui fait un bras d'honneur - Photo AFP -, Fabius qui fait son oeuf dans un coin - Photo AFP - et Sarkozy qui fait son timide premier de la classe - Photo TF1 -).
L'information, c'est aussi comme les légumes, ça peut venir en vrac.
C'est pas parce que c'est lundi que le monde n'est pas en forme, la preuve du côté de l'Atlantique où on n'a pas le temps de se recoiffer entre deux ouragans :
- Cindy Sheehan, la mère du soldat mort en Irak et qui protestait devant le ranch de Bush a finalement été arrêtée par la police alors qu'elle voulait tranquillement discuter le bout de gras (comme on dit dans le nord) avec l'ami George (comme on dit en Floride).
- Dans les années 70, les agents du FBI étaient payés pour aller voir des films pornos.
- Quand ils n'étaient pas en train de regarder des films que la morale catholique réprouve, les agents du FBI aimaient bien aussi les ragots people.
- Enfin, pendant qu'on est dans les people, Barbra Streisand se bat contre le réchauffement de la planète. Officiellement, la couche d'ozone n'a pas encore réagi, mais on croit savoir qu'elle s'en fout un brin.
Il y a pire que le sondage politique en France : le sondage télé.
Le Français est un maso qui s'ignore. Si. La preuve, ce sondage publié hier par Télérama sur la relation passionnelle qu'entretiennent les Français avec la télévision.
Parce que bon, 53% de personnes insatisfaites de la télévision, ça, on arrive à comprendre. Mais qu'en même temps, le temps moyen devant la télévision par jour soit 3h24, soit presque la moitié du temps qu'on ne passe pas au lit ou devant un bureau, ça, on l'explique moins.
Mais on cherche.
Comme on cherche encore à comprendre pourquoi la chaîne qui "correspond le plus aux attentes" soit aussi la chaîne généraliste... euh... la moins regardée. Et c'est (bingo), Arte.
Devant tant de questions dont la profondeur philosophique n'aura pas échappé aux plus éveillés des lecteurs, Brain Not Found ne peut qu'en conclure que le Français, au fond de son petit coeur de rebelle, en fait, il déteste très fort Julie Lescault. Et qu'il ne regarde que par pure bonté pour Véronique Genest.
...ou bien qu'il a honte.
Sur cette question transcendantale, vous m'excuserez, faut que j'y aille, on m'informe que Jean-Pierre Pernaut, à la vue de ce sondage, aurait eu cette exclamation napoléonienne : "les cons".
Katrina commence à ressembler de plus en plus à une stagiaire de la Maison Blanche. Ou un premier ministre français, c'est au choix.
Deux gérants d'une maison de retraite de Louisiane qui n'avaient pas fait évacuer leurs pensionnaires sont poursuivis aujourd'hui pour homicide par négligence (Newsday, "34 deaths a crime, state says"). Ils avaient pourtant été prévenus que Katrina arrivait et n'ont pas pris les mesures nécessaires.
A la fois, si les US commencent à poursuivre en justice tous ceux qui savaient que la tempête allait avoir lieu et qui n'ont rien fait, il faut commencer à se faire un peu de souci du côté de la Maison Blanche. Du coup, George Bush prend les devants et plaide coupable (Mail & Guardian, "Bush: Katrina failings were my fault") le jour même où on découvre 45 morts dans un hôpital où les secours ont tardé à arriver (BBC, "45 found dead in flooded hospital").
Pendant ce temps, la cote de popularité de George commence à devenir aussi fascinante que celle de Raffarin puisqu'il est descendu aujourd'hui avec brio sous la barre des 40% (Bloomberg, "Bush's Approval Rating Is Lowest of His Presidency"). Plus que 18 points et il rejoint Jean-Pierre au panthéon des responsables politiques dont la cote de popularité est la démonstration même qu'en politique, on n'a jamais vraiment touché le fond (la preuve).
Si Philippe Bouvard était devenu publicitaire, on mangerait beaucoup plus de sandwiches en France.
Via les blogs Inside the USA et A l'heure américaine, une de ces petites initiatives qui font avancer le monde à grands pas.
Dans un jeu de mots que n'auraient pas reniés les philosophes des "Grosses têtes", la chaîne de sandwiches Subway a lancé aux US une campagne de pub sur le thème "France and chicken, somehow it just goes together" (traduire par : France et poule - mouillée - sont deux choses qui vont naturellement ensemble).
Quand les entreprises de restauration rapide se mettent en tête d'oeuvrer pour la compréhension entre les peuples, rien ne les arrête. En espérant que Léon de Bruxelles ne sorte pas un plat spécial "Nouvelle Orléans" sur le thème "Spécial moules sportives, récoltées dans un stade". - Merci à un lecteur anonyme pour l'information.
Et si finalement, le bullshit était un engrais comme un autre ?
Le sein de Janet, à son époque, avait fait beaucoup de bruit. Pas littéralement s'entend. Mais l'exposition du téton pendant la finale du Superbowl avait ému toute l'Amérique (pour ceux qui n'ont pas eu le malheur, à l'époque, de voir le téton en question, Brain Not Found en a gardé une petite reproduction en stock, c'est cadeau).
Le 4 août, Robert Novak (journaliste conservateur CNN) a failli remettre le couvert. Enfin presque. Parce que pas de téton cette fois, mais le mot "bullshit" prononcé en plein dans le poste de télévision. Sans prévenir en plus. Pas un message d'avertissement pour dire "attention, je vais prononcer le mot bullshit, éloignez vos enfants de la télé".
Du coup, l'Amérique s'offusque. Parce que bullshit, c'est quand même affreux comme mot. The Smoking Gun a mis en ligne les plaintes reçues par le FCC au sujet de cette affaire. On peut y lire, entre autres (traduction 404) :
"(...) que se serait-il passé si les enfants de mes voisins avaient été chez moi pendant la diffusion de cette émission ? Encore pire, si j'avais regardé l'émission avec mon amie enceinte ? Le précieux enfant à naître aurait été définitivement abîmé par l'écoute de ce mot. Et ce serait arrivé sous mon toit." (original ici)
"(...) Merci de sanctionner M. Novak pour la perte de valeurs familiales qu'il a provoquée" (original ici)
"(...) Entendre ce mot m'a profondément choqué et mes enfants ont été corrompus. Ils prononcent maintenant sans arrêt le mot en "b" et je ne les contrôle plus" (original ici)
"(...) Je veux des excuses de CNN et de Robert Novak. Il est une disgrâce pour le journalisme et pour la nation toute entière" (original ici)
Pour information, aux US, avant d'atteindre l'âge de 13 ans, un enfant aura vu à la télévision plus de 100 000 scènes de violence et 8000 meurtres (et 1 téton s'il regarde le Superbowl). C'est 21 scènes de violence et 1,7 meurtres par jour (source). Mais on n'y dit ni "fuck", ni "bullshit". C'est important pour la morale.
Et sur ces paroles d'une vulgarité à donner envie à Bataille et Fontaine de recruter Brain Not Found, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait que le nouveau-né aurait dit "bullshit" en s'apercevant qu'on avait flouté le téton de sa mère (qui elle, Dieu merci, ne regarde pas CNN).
Il est étonnant que le journal de 20 heures ne soit pas encore sponsorisé par Darty, on adore y parler de météo.
Mine de rien, avec le temps à faire poiler un Irlandais qu'on a eu cet été, on a échappé à de grands moments de télévision. Parce qu'on était quand même salement bien partis avec la canicule.
C'était début juillet, le thermomètre avait eu l'indécence de dépasser les trente degrés, la sudation allait bon train et Pujadas s'alarmait plus que jamais au volant du JT de France 2 (qui tient à rappeler, pour mémoire, que non, Juppé n'a pas quitté la vie politique).
Et Pujadas, il aime pas quand il fait chaud. Alors il nous lance, comme ça, alors qu'on n'est même pas échauffés, une série de sujets sur la canicule qui devrait pas tarder à venir (même qu'on est passé au stade de la pré-alerte, c'est dire).
On commence par un sujet sur les élèves d'une école de Bordeaux qui ont vachement de mal à se concentrer en cours. C'est qu'il n'a pas suffisamment fait chaud pour qu'il se passe quelque chose d'intéressant dans les maisons de retraite. Donc, on se rabat sur les moins de 12 ans. Et qu'apprend-on de bouversant ? Que quand il fait chaud, le petit blond préférerait être à la piscine plutôt que de mariner dans une étuve de classe. Si.
Après, puisqu'il faut du vieux quand même, on rappelle, force images de séniles à l'appui, qu'il faut boire beaucoup, de l'eau de préférence. On en profite pour rappeler que quand il fait chaud, la clim', c'est vachement bien. Pour un peu, on se demanderait si France 2 n'a pas conclu un accord diabolique avec Castorama.
Ensuite vient le reportage sur la fillette morte. Un arrêt cardiaque. Affreux. Comme la canicule est le buzzword du jour et que toute l'équipe du JT veut battre le record du monde de caniculage de journal, on apprend que la crise cardiaque pourrait bien être due aux températures... ou pas. Non ?
On continue avec une fillette qui s'est noyée dans la rivière. Et que tout cela ne serait jamais arrivé si elle ne s'était baignée pour échapper... à la canicule.
Canicule, on en profite pour l'apprendre, qui déclenche des orages, orages qui peuvent être dangereux pour les enfants cardiaques qui ne sont pas concentrés en classe et qui tentent d'échapper à la canicule en se baignant dans des rivières sans savoir nager.
Enfin, on conclut par une page internationale pour apprendre qu'en Italie, c'est la canicule aussi (et que la canicule, contrairement au nuage de Tchernobyl qui avait, lui, du savoir-vivre, ne s'arrête pas aux frontières).
Brain Not Found regrette amèrement de ne pas avoir organisé de méchoui scandinave pour célébrer les premiers jours de l'année où le thermomètre a dépassé les 30 degrés à Paris. C'était 10 minutes assurées pendant le 20h et la gloire pour 5 générations de Brain Not Found.
Et sur ces paroles d'un potentiel calorifère navrant, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait que cet automne, météo France craint de la pluie. On n'est plus à l'abri nulle part.
C'est pas tout, ces températures raisonnables. Mais à défaut de canicule, faut bien trouver quelque chose à se raconter...
Ce qui est pénible avec la météo, c'est que ça change tout le temps et qu'on ne peut rien prévoir. La preuve, alors que les rédactions avaient de quoi remplir juillet et août rien qu'avec des sujets sur la canicule, voilà qu'il se met à ne faire même pas trop chaud cet été. Un vrai scandale.
Et à la place, en plus, on est obligé de se taper une bonne vieille sécheresse.
Or on sait fort bien que la sécheresse est largement moins télégénique que la canicule. Parce que bon, faut dire ce qui est, dans les maisons de retraite, l'irrigation des champs de colza, on s'en fout à décrocher le portait de De Gaulle d'au-dessus de la cheminée.
Cet été, on doit donc parler de l'irrigation du colza plutôt que de l'irrigation du vieux et c'est moins vendeur.
Alors du coup, quand on a un sujet 3e âge, on le tient fermement, histoire qu'il ne s'échappe pas.
Et là, c'est une vieille dame de 70 ans bien tassés qui appelle le 15 parce qu'elle vomit. Pas de panique au SAMU, on l'invite à contacter le médecin de garde. Sauf que le médecin de garde est parti en vacances à la Bourboule et que du coup, son intervention est moins efficace. Ce qui doit arriver arrive, lorsque les secours finissent par arriver, la septuagénaire est beaucoup moins vivante qu'avant.
Sans vouloir remettre en cause le pathos de l'événement, on peut se demander s'il est bien raisonnable que le raté du SAMU fasse la une des JT de 13h et de 20h deux jours de suite sur TF1, Antenne 2 et FR3 à la fois. Mais bon, à la fois, on ne va pas se mentir, ça fait un sujet de discussion idéal au bar du camping. Alors que les attentats en Irak, moins.
Et sur ces paroles d'un secourisme digne d'Adriana Karembeu, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait que Sarkozy veut déjà lancer un grand plan national d'aide aux septuagénaires qui vomissent. Ca promet.
Entre les feux de forêts et les murs qui ne tiennent pas debout, 'manquait plus que Sarkozy pour achever les pompiers.
Les pompiers, c'est un peu comme les facteurs. Ce sont des gens qui font croire qu'ils ont un vrai travail alors qu'en fait, chacun sait que le plus clair de leur activité consiste à harceler le troisième pour fourguer des calendriers avec des photos de chats d'une qualité graphique digne des plus sombres heures du design est-allemand des années 70.
Néanmoins, la comparaison entre le préposé des PTT et le pompier s'arrête là. Parce que le pompier, contrairement à son collègue fonctionnaire, est généralement bénévole. Or, qu'on Nobélise Lara Fabian si je m'abuse, mais on a rarement vu un facteur distribuer des prospectus publicitaires par bonté d'âme.
Non, le pompier, il est gentil parce qu'il se réveille pour pas un rond au milieu de la nuit dans l'espoir d'aller éteindre un feu alors qu'il sait au fond de lui-même qu'il va, comme tous les week-end, aller sortir quelques restes d'une 106 qui a tâté du platane au sortir du Dixie's.
Le pompier, c'est un gars bien, qui fait pompier par passion, parce que faut dire ce qui est, pompier, c'est un peu le complément excitant à la vie de menuisier.
Le pompier, il prend des risques en étant pompier. C'est comme ça, il le sait, sinon il serait pas pompier. S'étonner qu'un pompier prenne des risques, c'est aussi stupide que de s'étonner qu'un marin du Vendée globe aime le bateau.
Alors, que Steeve Estatof écrive un livre sur le sujet, mais pourquoi est-ce que trois pompiers morts en se prenant un mur dans la tête se font-ils remettre la légion d'honneur à titre posthume par le ministre de l'intérieur du nom de la France ? Pourquoi font-ils la une des JT depuis 3 jours ?
Sur cette question igor-et-grichkienne, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait qu'un ministre de l'intérieur se fait une pub indécente sur des faits divers moroses.
(France 3, "Les pompiers de Tannay morts en service décorés" et Nouvel Obs, "Les trois pompiers morts dans un incendie cités à l'ordre de la Nation ")
Parfois, il vaut mieux se taire et passer pour un con que l'ouvrir et ne laisser aucun doute là-dessus. Même pas peur.
C'est bien connu, le week-end, il ne se passe pas grand-chose sur Terre. Alors histoire d'avoir quand même quelque chose à rédiger, aujourd'hui, Brain Not Found va chercher ses informations là où elles se trouvent, à savoir l'hebdomadaire "Haut Anjou" du vendredi 6 mai 2005.
Dans cette dantesque publication, on apprend, et en couverture en plus, que Miss France défilait pour le 1er mai à l'isle Briand, prouvant si besoin était le total manque de respect de Madame de Fontenay pour la fête du travail.
A côté de ça, dans le canton de Craon, la fête du premier mai n'a pas été l'occasion d'une vile exploitation des classes laborieuses. Non. Parce que, pour paraphraser l'hebdomadaire, "Tout le canton de Craon a vécu la nuit du 1er mai au rythme du chant des Mouillotins". Oui.
Est-ce la faute du succès inattendu (il faut le dire) du chant des Mouillotins, mais il semble qu'en ce lendemain de 1er mai, le Rallye du Muguet ait eu un succès plutôt approximatif puisqu'en tout et pour tout, ce sont onze équipes qui se sont engagées pour pédaler de Meslay à Jublains via Biais.
En s'éloignant de Château Gontier vers Grez Meslay, on aurait vu Nicolas Sarkozy se foutre ouvertement du président de la république, même si on a constaté un grand soleil lors de la traditionnelle randonnée du 1er mai.
Enfin, à Renazé, on apprenait avec émotion que le préfet avait tranché et que le mutant, qui s'installera sur le site de l'actuel garage du rond point, couvrirait la surface de 697m², ce qui n'est pas rien, faut bien le dire.
Sur ces paroles d'un régionalisme à exciter Philippe de Villiers, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait que dans ce texte s'est cachée une information nationale. Sauras-tu retrouver laquelle, lecteur mon amour ?
Aussi dingue que ça puisse paraître, il semble que l'été approchant, il se mette à faire chaud.
Aux Etats-Unis, ils ont un système vachement élaboré, qui s'appelle "Terror Watch". Terror Watch, c'est un genre de baromètre qui donne la température du risque terroriste. Vert, tout va bien, on peut marcher tranquille dans la rue. A partir de orange, voire rouge, faut commencer à faire un peu attention, il peut tomber des objets assez inappropriés du ciel. Pour ceux qui sont daltoniens, on a même rajouté des mots. Ca va de "low" à "severe" (sans passer par la case "inexistant" par ailleurs). (Explications sur le site de la Maison Blanche).
En France, on a un peu la même chose. Mais vu qu'on n'a pas de terroristes et qu'il faut bien s'occuper quand même, on a mis en place les niveaux d'alertes à la canicule. En France, on ne rigole pas avec la chaleur. La preuve, aujourd'hui, on est passé en alerte "niveau 2" (Le Nouvel Obs, "Pré-alerte à la canicule dans le Rhône, le Vaucluse et le Territoire de Belfort"). Petit rappel à l'intention de ceux qui n'ont pas de poster de Nathalie Rihouet chez eux.
Quand il fait chaud normal, genre pas chaud, on est en mode "veille saisonnière". C'est-à-dire qu'on regarde Evelyne Delhiat tous les soirs avant le point route.
Quand il fait pas encore chaud mais que Météo France (et sa fiabilité légendaire) prévoit qu'il va faire un peu chaud, on rentre en phase de pré-alerte. Le ministère de la santé ne précise pas ce qu'on est supposé faire en phase de "pré-alerte" parce que bon, boire 8 litres d'eau par jour alors qu'il ne fait même pas encore chaud, on n'est pas scientifiquement certains que ça produise d'autres effets qu'une vague tendance à une suractivité de la vessie. Donc, mode pré-alerte, c'est parti, tous chez Monop' pour aller acheter du déo. Mieux vaut prévenir comme disait l'autre.
Après, quand il commence à faire chaud (alors que Météo France prévoyait de la neige), là, on passe au niveau 3. Le mode "Alerte". Dans le mode alerte, plein de gens qui ne faisaient pas grand-chose en mode "pré-alerte" (mis à part d'attendre le mode "alerte" pour qu'on leur confirme qu'il fait chaud) se mettent à courir dans tous les sens. Alors que c'est complètement idiot de courir quand il fait chaud. Mais bon. En mode "alerte", quand on arrête de courir, on prend son téléphone et chacun appelle son vieux. Au risque de le déranger alors qu'il regarde "Des Chiffres et des Lettres" en ronflant, peinard. Bref, on appelle le vieux et on lui dit "Oh dis donc, vieux, t'as vu, fait sacrement chaud". Paroles sur lesquelles la plupart de nos seniors commenceront à raconter leurs vacances au Pornichet juste après la libération. Bref, en mode "Alerte", on prévient les gens qu'il fait chaud. Au cas où ils n'auraient pas remarqué. Ce qui est quand même sympa.
Et quand il fait très chaud très longtemps (alors que Météo France prévoyait le renouveau de l'ère glacière), on explose le niveau 3 pour passer direct au niveau... 4, la "Mobilisation Maximale" (double M pour les intimes). En mode "mobilisation maximale", vu qu'on a passé le niveau "alerte", tout le monde est déjà au courant qu'il fait chaud. Mais alors, que faire de plus, se demande-t-on à juste titre du côté de Badaroux? Vu qu'on ne rigole pas en mode "mobilisation maximale", on sort les grands moyens. Et hop, un brumisateur Evian par foyer.
Le premier qui dit qu'il regrette son jour férié, on le tape.
Sur ces paroles d'une cuisante pyrolyse, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait que Météo France annonce le retour des dinosaures pour la première semaine de juillet. (les niveaux du plan Canicule sur le site du ministère de la santé)
En Allemagne, on peut acheter du papier toilette recyclé. Sur TF1 aussi.
On le savait déjà depuis un moment, sur TF1, on n'est pas là pour faire de la qualité. On est là pour vendre du temps de cerveau disponible, pour les pubs.
Mais TF1 pousse le bouchon un peu plus loin en devenant la première chaîne totalement écologique. On y pratique en effet le recyclage à un rythme à faire blêmir un membre de Greenpeace Suisse.
Jugeons plutôt le contenu de la parade philosophico-madeleiniste de Cauet, en deuxième partie de soirée :
- Sandrine Kimberlain (Carla Bruni avec 4 ans de retard, à qui on remet le diplôme de l'invitée qui embrasse le mieux l'animateur sur la bouche)
- Julio Eglesias (87e album qui donne un cours de toucher de sexe)
- La Baronne Von Braunsteter (qui parle de sa frigidité, des gens qui font caca dans la ferme et se plaint de sa chambre d'hôtel monégasque de 80m²)
- Claude Lelouch (ouvreuse de cinéma et qui vend son nouveau film au casting prestigieux -- Michel Leeb, Arielle Dombasle...)
- Céline Géraud (nouvelle animatrice de "l'Ile de la Tentation")
- Eve Angeli (qui, avant et après "la Ferme des Célébrités", a commis des disques)
- Et enfin François Valery (animateur rayon lingerie féminine chez Monoprix).
Utiliser des émissions pour faire de la pub pour des autres émissions, ça évite de créer inutilement de nouvelles stars qu'on doit jeter après et qui polluent pour les générations à venir.
Merci à TF1 de penser aux générations futures, en plus de nous rendre le cerveau disponible. Brain Not Found propose de remettre un prix Nobel au couple Cauet / Bataille et Fontaine pour services rendus à la nation. Ce ne serait que justice.
Suite de l'affaire de l'étudiante qui prouve qu'en France, quand on est Chinois, mieux vaut se contenter de vendre des nems.
Suite à l'affaire de l'espionne chinoise qui avait presque fait couler Valéo à grands coups d'ordinateurs super puissants, de cerveau en titane et de machinations machiavéliques, quelques précisions envoyées en interne par l'université où étudiait la Mata Hari en puissance, le lendemain des faits (merci à David pour l'information) :
"La journée d'hier a apporté une large couverture médiatique à l'UTC. Pour mieux comprendre et remettre en perspective, je rappelle rapidement les faits : la presse écrite, radio, télé parlait ce matin d'une élève chinoise de l'UTC, "polyglotte et bardée de diplômes", dont le stage chez Valéo avait été interrompu pour soupçon d'espionnage industriel.
Nous avons avec cette même presse, une vingtaine de journalistes, et tout au long de la journée :
- Recadré le profil de l'étudiante présentée le matin comme un « génie en tous les genres ». Il s'agit d'une bonne étudiante chinoise, entrée en première année à l'UTC au printemps 2002, avec l'équivalent du bac français, parlant aujourd'hui correctement le français et moyennement l'anglais, avec un niveau moyen en informatique et sans autre diplôme que le bac et ses 3 années à l'UTC
- Rappelé la présomption d'innocence dont bénéficie tout citoyen avant qu'une décision de justice ne soit prise
- Validé l'information donnée ci-dessus en proposant aux journalistes des entretiens avec le directeur de la pédagogie et des amis chinois ou français de l'étudiante
- Rappelé les principes qui s'imposent en matière de confidentialité des informations et de sécurité des systèmes d'information auxquels l'UTC est très attachée, aussi bien dans ses activités d'enseignement que de recherche.
Dès demain, la couverture médiatique devrait reprendre un rythme normal pour 4 raisons :
- Le pont de l'Ascension
- La fin de l'actualité chaude sur la Chine après le départ du ministre chinois en visite en France
- La prise de conscience des journalistes d'avoir peut-être « suivi un lièvre »
- Les réponses apportées par l'UTC qui a choisi d'être transparente et celles apportées en fin de journée par Valéo qui a calmé le jeu en évoquant la possibilité de téléchargement par l'élève de données non sensibles.
Dans les semaines à venir, afin de prendre du recul face au traitement de l'information par la presse, nous proposerons un amphi animé par des experts, sur le sujet de l'information et de la désinformation."
D'une "polyglotte" qui "outre le français et le chinois, [...] parle l'allemand, l'espagnol, l'anglais et un peu l'arabe et surdiplômée : mathématiques, mécanique des fluides, physique appliquée" (Libération du 3 mai 2005), on arrive à une bachelière qui parle français et baragouine l'anglais. On applaudit des deux claviers le travail d'investigation.
Bon, a fortiori, il semble raisonnable de constater que la victime est dans un état de non vie qui aurait pu provoquer le décès. Mais rien n'est sûr.
Pêché dans les faits divers du gratuit "20 minutes" (à ne pas confondre avec "minute", papier toilette aux motifs racistes), l'histoire d'une femme de Conflans Sainte Honorine (où on élève des ministres en plein air), retrouvée dans son appartement, et légèrement morte.
Mais bon, pas morte n'importe comment. Morte dévêtue, une corde autour du cou, des marques de strangulation et des plaies au cuir chevelu. La police judiciaire se charge de l'enquête. Le journaliste, quant à lui, titre sa brève "Décès mystérieux à Conflans". Est-ce à déduire qu'on pourrait imaginer supposer, mon cher Watson, qu'une femme battue, étranglée, nue et morte pourrait éventuellement n'être pas décédée de mort naturelle ? Faudrait peut-être voir à ne pas tirer de conclusions trop vite, non plus.
On nous dit que la TNT est la révolution du PAF. C'est grave à ce point-là ?
Téléspectateur, réjouis-toi, la révolution est en marche. Et pour ne rien gâcher, on lui a donné un nom qui rendrait jaloux même un responsable communication d'Al-Qaeda: la TNT. Comme Télévision Numérique Terrestre. Wahou.
Après la mort du pape, c'est sans doute la plus grosse actualité de la semaine dernière et les journaux télévisés n'en pouvaient plus de s'extasier. D'aucuns comparaient même, excusez du peu, l'événement à l'apparition de la télé couleur ou l'invention du télégraphe. Ben tiens, pourquoi pas le jour où on a marché sur la lune aussi.
Passons outre le fait que la TNT ne soit que partiellement gratuite ou qu'il faille acheter un décodeur et penchons-nous un instant sur les programmes qui vont révolutionner le PAF. Parce que la télé sans programmes, c'est un peu Raffarin sans Lorie, pas très utile en somme.
On retrouve donc, grâce à la TNT, France 5, Arte et TMC. Grosse nouveauté puisque ces chaînes existent chacune depuis au moins 10 ans. Autant pour la nouveauté donc. D'autant qu'Arte et France 5 étaient déjà disponibles sur le réseau hertzien et que vouloir décemment capter TMC s'apparente à un suicide intellectuel tant la chaîne de Monte Carlo est devenue avec les années un hospice des parias du PAF à dents trop blanches.
Que reste-t-il donc à la TNT pour faire la révolution du petit écran français ? A ce stade, lecteur adoré, accroche-toi, l'offre de programmes rendrait même malade Igor et Grichka au meilleur de leur forme, tant les acronymes stupides pullulent sur la télé numérique du futur de l'an 2000.
D'abord, il y a W9, transfuge de M6, nouveau support de promotion des trépanés musicaux de la nouvelle (s)tare. W9, c'est M6 à l'envers (on a le sens de la formule), c'est un spot de pub géant pour de la musique de grande surface.
NT1, quant à elle, n'est l'inverse de rien et curieusement, l'inverse de rien, ça a l'air d'être rien non plus. Pondue par le groupe AB (Hélène et le miel et les garçons et le collège et l'amour fou fou fou), elle promet films, séries et télé-réalité. Avec comme animateur star Jean-François Derec (le lecteur incrédule pourra relire cette phrase autant de fois que bon lui semble), autant dire que la chaîne promet des grands moments de culture.
NRJ12 propose, quant à elle, surprise, de la musique, des films et des séries. Bernard Pivot ne figurant pas encore dans la grille officielle de la télé des djeuns qui groovent, on peut prendre la mesure de l'ambition de la chaîne en se référant aux chapitres "W9" et "NT1" ci-dessus et en secouant très fort pour bien mélanger.
Se succèdent enfin France 4 (tout ce que les autres numéros n'ont pas osé), les chaînes du sénat et de l'assemblée (bonne nuit les petits) et enfin Direct 8 qui, à défaut de programmes, sait au moins qu'elle va les faire en direct.
Si avec une telle pléthore de programmes, le Français ne court pas immédiatement chez Darty claquer 100 euros dans une télécommande de plus, c'est à n'y rien comprendre ma brave dame.
Finalement, les excités du journal de 20 heures ont peut-être raison quand même. La TNT, c'est peut-être la révolution, celle qui permettra à TF1, M6, AB et France Télévisions de diffuser des programmes encore plus mauvais sous prétexte que personne ne les regarde. Vive la TNT.
Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'y aille, l'académie de chant nudiste de Jean-François Derec commence dans 5 minutes.
Quand Michel Barnier détient des infos sur Florence Aubenas, il les garde pour Drucker. Parce que les maisons de retraite, ça vote...
C'est un peu le pape du PAF tant il ne peut plus se passer une journée sans qu'on ne le voit au moins une fois dans le poste de télévision. Lui, c'est Michel Drucker. Et Michel Drucker, on l'aime bien en France. Parce que Michel Drucker, on dirait qu'il connaît tous les gens importants du pays. Et il est gentil. Et il a des chiens. Et il dit tout le temps "formidable". Et il dit jamais rien de méchant. Et il est tout le temps d'accord. Bref, il va très bien avec une tasse de thé et une boite en métal remplie de Roudor.
Et tellement on l'aime, Michel Drucker, que tous les hommes politiques ils veulent passer dans son émission pour séniles du dimanche après-midi.
Parce que parler de souvenirs de colo avec Christian Clavier, c'est plus simple que parler Europe, chômage ou Sécu.
Il suffit de se souvenir de Raffarin se ridiculisant dans une dithyrambique glorification de Lorie pour se rendre compte de la gravité du phénomène (Alors moi, premier ministre de la France, 5e puissance économique et militaire mondiale, quand je veux parler au peuple, j'invite une chanteuse pour adolescentes en poussée hormonale à chanter une chanson niaise qui illustre parfaitement ma vision du foutage de gueule populaire).
Parce que débattre de la qualité des choux de Bruxelles avec Jean-Pierre Coffe, c'est plus simple qu'expliquer le référendum.
Mais là, il faut d'urgence qu'on explique à Barnier la différence entre information et divertissement. Parce que Barnier, pour annoncer au peuple français que le gouvernement a reçu des preuves de la vie de Florence Aubenas et de son guide irakien, il choisit le plateau de Drucker.
L'information est sortie du tournage du "Vivement Dimanche" du 3 avril qui a eu lieu mercredi, dans lequel notre ministre des affaires étrangères semble courageusement confondre gouverner un pays et faire du show business. Alors, très cher Michel Barnier, pour l'avenir: Le pays est rempli de journaux très sérieux grâce auxquels les gens s'informent (c'est le but des journaux). Quand il y a des informations à donner sur une journaliste détenue dans un pays étranger, qui risque sa vie pour qu'on comprenne quelque chose à ce qui se passe dans le monde, ce serait lui rendre hommage que de ne pas réserver l'information au plateau d'un marchand de lessive pour maisons de retraites picardes (sur lequel tu vas faire de la pub pour ton propre livre aussi par ailleurs).
Sur ces bonnes paroles, vous m'excuserez, faut que j'y aille, on tourne le prochain "n'oubliez pas votre brosse à dents" dans lequel on assistera à un débat Hollande / Raffarin sur la constitution européenne pendant lequel ils devront faire exploser des coussins péteurs tout en appuyant sur un buzzer avec leurs fesses à chaque fois qu'ils reconnaissent une chanson de Garou.
(Révérences à Chryde pour l'information).
A ceux qui pensent que les opposés ne s'attirent pas, Dassault et Lagardère viennent prouver que la presse est une arme de destruction massive comme les autres
Quelque temps après la prise de participation du marchand d'armes Dassault dans un Figaro devenu, pour l'occasion, un formidable support de l'économie française, surtout quand celle-ci tire en rafales (pouf pouf), c'est au tour du vénérable "Monde" de faire ami-ami avec les gens qui vendent des produits qui ne font pas que du bien à ceux qui les utilisent.
C'est en effet le groupe Lagardère qui vient sauver le premier quotidien français (après l'Equipe) du naufrage dans les abîmes éditorialistes d'une presse française légèrement à la ramasse en ces temps où il ne se passe pas grand-chose dans le monde à en croire Jean-Pierre Pernod.
Lagardère et le groupe Prisa (el pais) ont déjà choisi la ligne du parti. Le monde sera gavé de goodies. Encyclopédies, DVDs, CDs viendront agrémenter le quotidien, lui donnant probablement pour l'occasion l'aspect féérique d'un manuel de montage des éditions Atlas (fin de série des plus beaux dés à coudre de l'âge d'or à nos jours). Quant à la politique éditoriale du marchand de trucs qui font boum, Lagardère est moins expansif que Dassault. Ou Patrick LeLay, dans son registre.
La société des rédacteurs du monde promet d'être vigilante. On lui souhaite. Quant à moi, vous m'excuserez, ce weblog vient d'être racheté par Carambar.
Pendant que Julia fait joujou avec Raffarin, des journalistes manquent toujours à l'appel.
A l'heure où on n'en peut plus de se demander si Julia - Julia-pas, si la vidéo de Florence Aubenas dit bien ce qu'elle veut dire et ce que le député UMP peut bien avoir à faire là dedans, à l'heure où concerts de soutien, de charité, banderoles et messages fleurissent à travers la France pour la libération de la reporter du journal du même nom, il en est deux qui haussent le ton, qui se demandent pourquoi Aubenas et pourquoi pas leurs maris à elles.
Elles, ce sont les femmes des journalistes français Kieffer et Nérac, deux journalistes disparus en 2004, le premier en Côte d'Ivoire, le second en Irak. Nérac couvrait l'avancée des troupes américaines vers Baghdad pour une chaîne de télévision britannique, Kieffer enquêtait sur la corruption dans le marché du cacao.
Les deux ont disparu depuis près d'un an. Aussi. (Article lié, merci à Antoine pour l'info)
L'information est une question de priorités. Parce que ces cons au Darfour, ils n'ont même pas de neige.
Qu'on se le dise, quand il fait froid, les vaches font moins de lait. Et encore pire quand il neige. C'est en substance ce que nous apprend un David Pujadas particulièrement en forme hier soir lorsqu'il a fallu faire les 15 premières minutes du JT de France 2 sur la neige. Ceux qui n'aiment pas la neige, c'était pas votre soir mais rassurez-vous, vous aurez tout cet été pour vos délecter de reportages sur les dangers des coups de soleil chez les septuagénaires bretons.
Résumons pour les malchanceux qui n'ont pas le privilège d'habiter Paris ou d'avoir une télévision chez eux. Hier, il a neigé à Paris. Si. Des vrais flocons, blancs, comme de la pluie mais froide et solide. Et naturels en plus. Et puis alors, il en est tombé plein en même temps, des flocons. Genre pendant deux ou trois heures non stop. Si. Encore un peu, on allait sortir les skis de fond dans un relent de nostalgie pour Heidi et ses couettes. Au total, deux bons centimètres de neige sur les trottoirs, les Berlutti de Delors ne s'en sont pas encore remises.
Alors forcément, Pujadas, qui n'a jamais vu de la neige (mais la démission de Juppé, oui), il est tout épaté le garçon. Il s'interroge, dubitatif, sur ce que peut bien être ce truc blanc qui tombe du ciel. Il envoie ses meilleurs journalistes d'investigation qui finissent par revenir avec un reportage sur le thème « la neige glisse », un autre consacré au fait « qu'il ne neige pas que chez nous », un troisième sur « les paysans coincés par la neige et les vaches qui font moins de lait l'hiver » suivi de « quand il neige faut déneiger les avions » et pour clore le chapitre, un peu de vécu et une superbe synthèse avec le sujet sur « la boulangère pas de chez nous qui doit prendre son 4X4 parce que la neige ça glisse et qu'il faut bien apporter le pain aux paysans coincés dont les vaches produisent moins de lait l'hiver ».
Et si, au lieu de réciter mécaniquement le nom de Florence Aubenas chaque soir, on lui rendait hommage en commençant par faire du vrai journalisme sur le service public ? Après tout, c'est parce qu'elle croyait à l'information qu'elle a disparu.
Et si l'altermondialiste du PAF faisait manger José Bové chez Quick ?
Altermondialiste du PAF, le Marc Legsy de Canal + présente chaque semaine en clair son vrai journal, pleurant les irradiés d'Inde et les irradiants de Davos. Et puis dernièrement, un sujet sur les 4X4 qui polluent. Parce que oui, sans revenir longtemps là-dessus, c'est pas le scoop du siècle, le 4X4 pollue. Et surtout, le 4X4 est d'une utilité redoutable à Paris.
Parce que mine de rien, le rond-point de l'Etoile, il est pavé, et pas que de bonnes intentions. Et en plus, les pavés du rond-point de l'Etoile, ils sont pas droits du tout. Genre certains dépassent d'un bon centimètre et ceux-là, à eux seuls, justifient bien qu'on s'achète une voiture de 5 tonnes. En même temps, le conducteur de 4X4, en plus de prendre le devant des pavés anticipe aussi joliment le jour où une bombe nucléaire frappera la champ de Mars ou que LCR prendra par la force la mairie du 16e.
Pour en revenir à nos moutons et au Benetton de Canal +, Karl Zero nous démontre donc, preuves à l'appui, que le 4X4 à Paris, c'est pas très Porto Allegre et que Davos frappe à la porte des abrutis qui osent conduire des hummers dans la capitale.
Certes.
Comme dans chaque vrai journal, on fini par invoquer Bouddha ou se méfier des contrefaçons et chacun rentre chez lui, bienheureux d'avoir poussé un petit coup de gueule bobo en mal de communisme. Karl Zero, de son côté, sort du parking au volant de son Porsche Cayenne Turbo, un formidable 4X4 qui ne se contente pas de polluer mais qui permet aussi de monter à la Megève à la vitesse moyenne de 312 km/h.
On appréciera la suite dans les idées du José Bové du PAF. Allez hop, tous chez Ronald, les manifs, ça creuse.
Parce que l'information ne s'arrête jamais, ce soir, on apprend que Saddam Hussein et Jean-Paul II sont morts. Ou presque.
Voice of America, la très sérieuse voix de son maître, doit aujourd'hui publier les éloges funèbres de... Fidel Castro et Boris Yelstin. (formats audio sur memoryhole). Parmi les 150 autres VIP que Voice of America verrait bien décéder d'ici à pas trop longtemps, on notera Kofi Annan, le prince Charles, Donald Trump (sic), Saddam Hussein (re-sic) et enfin Jean-Paul II.
Toutes les agences de presse rédigent les éloges funèbres en avance. Sauf que celles de Voice of America se sont retrouvées en ligne sur le site web de CNN (voir le Smoking Gun). Ainsi, on a pu découvrir que Dick Cheney était mort en 2001, et que Jean-Paul II n'était déjà plus de ce monde. Charmant.
En voiture, mieux vaut fermer ses portières quand on roule, on n'est jamais à l'abri d'une prostituée qui saute dans la voiture en marche.
Obj. trouvés. Ex-conseiller de premier ministre, condamné à 2500 euros d'amende pour complot mené par la vile Françoise de Panafieu, a trouvé une prostituée roumaine mineure entrée par effraction dans sa voiture alors qu'il roulait dans bois de Boulogne à 3 heures du matin pour chercher dossier oublié au bureau. Pour récupérer prostituée roumaine mineure, s'adresser à Matignon qui transmettra. (l'article ici chez Yahoo! actualités)
Et si une simple pile pouvait changer le monde ? C’est en tout cas ce que veulent nous faire croire les ex-collègues de Raffarin.
Ce message s’adresse principalement aux hommes, mais femme, soit libre de parcourir ces lignes afin d’appréhender au mieux les bouleversements de fond dont sont victimes tes homologues du sexe opposé.
Car oui, le milieu masculin est en pleine mutation. Le monde change pour les chromosomes XY, la révolution est en marche.
Pour ceux qui ne seraient pas sortis de chez eux ces dernières semaines ou pire, qui n’auraient pas eu la décence d’allumer leur téléviseur, rappel des faits :
Il se trouve que depuis quelques jours, l’homme moderne est mis face à la plus grande évolution de ces dernières années. Voir pourquoi pas de ce siècle. Une révolution pour laquelle il sera, on nous le promet très sérieusement, prêt à tout. Prêt à sacrifier père et mère ? Prêt à renier ses convictions ? Prêt à écouter l’intégrale des duos de Serge Lama à la star académie ? A tout, on vous dit.
Et quelle est donc cette lame de fond, ce tsunami générationnel dont on nous gave les yeux et les oreilles ? Ce bouleversement qui donnera à la naissance du Christ l’importance de la distribution des paniers garnis à la kermesse du Puy en Velay ?
Croyez le ou non, ce coup de pied fondamental dans le nid de la société masculine s’appelle M3Power (site web). M3Power promet des jours meilleurs à l’espèce humaine. Gillette nous l’affirme sans complexes : la plus grande révolution, pour laquelle vous serez prêts à tout. Yurk.
M3Power, c’est comme un rasoir, sauf que dans le manche, il y a une pile qui fait se dresser les méchants poils avant que la lame ne passe. Comme ça, le poil, hop, décapité. La Marie Antoinette de la barbe en somme. Oh, et puis le nouveau rasoir, il a aussi un nom de voiture de sport pour néo-beaufs et un design qui ferait fureur au salon du tuning 2005. Si ça, ça ne mérite pas le titre de révolution, c’est à n’y plus rien comprendre en révolutions.
Alors femme, si tu trouves ton homme un peu chamboulé dans les semaines qui viennent, ne te fait pas de souci. C’est probablement simplement qu’il vient de te vendre à des proxénètes russes pour suivre les commandements édictés par Gillette, pour profiter lui aussi de la révolution pour laquelle vous serez prêts à tout.
Quant à moi vous m’excuserez, faut que j’aille interner un ou deux publicitaires en pleine crise de mégalomanie avant qu’ils nous vendent un petit suisse comme une œuvre d’art.
La langue est parfois bien pauvre. Heureusement qu’on invente des mots funky pour combler les trous.
L’universitaire du Michigan, qui a décidément beaucoup de temps dans les mains, publie, comme chaque année, la liste des termes employés en 2004 et qui mériteraient d’être interdits d’usage, pour la sanité intellectuelle de tous.
Et 2004 fût une année prolifique, s’il en est. La “Wardrobe Malfunction” (littéralement “défaut de fonctionnement de garde robe”) de Janet Jackson tient bien entendu le haut du pavé des terminologies crétines, suivi de près par “ennemy combatant” (par opposition, ça va de soi aux combatant amis) et “Pockets of resitance”, très utilisé de ce coté de l’atlantique également.
Pour ma part, je rajouterai volontiers, comme d’hab, des maladies nosocomiales dues à un manque de tracabilité dans la discrimination positive, mais on va m’accuser de Schönbergisation. Alors non. Ca risque d’être confusant.
Parce que même pendant les fêtes il se passe n’importe quoi dans le monde, scéance de rattrapage.
Brain Not Found est de retour après quelques jours de congé. Occasion s’il en est pour faire un bilan sur ces derniers jours de news.
- Au mexique, on interdit la nudité en intérieur pendant qu’un peu plus au nord, on peut gagner des faux seins à la radio.
- Martha Stewart trouve que la nourriture en prison est "une mauvaise chose" alors que mentir pour gagner du pognon, non.
- Apparament, il ne fait pas bon vendre des missiles air-sol tranquillement ni être en rupture de stock de frites.
- Et enfin, pendant que Berlusconi se fait attaquer à coups de pieds d’appareil photo, sur les ruines fumantes d'Irak, Harrisson Ford est pressenti pour le rôle titre du futur blockbuster de la bataille de Falluja. Charmant.
Et sur ces bonnes paroles, bonne année et joyeuse santé à toi, lecteur de Brain Not Found.
Notre premier ministre le prouve, un publicitaire stressé n’est pas beau à voir. Brain Not Found Veille au grain.
Par ce message, je souhaite sincèrement rassurer les publicitaires et leur permettre ainsi de passer de joyeuses et surtout sereines fêtes de fin d’année. A commencer par nos amis de Ferrero Rocher.
Chers publicitaires de Ferrero Rocher, pour calmer votre angoisse existentielle, je tiens à vous rassurer publiquement. Aussi ahurissant que ça puisse paraître, je vous le confirme, j’en suis l’incarnation, oui, on peut passer un très bon Noël sans ferrero rocher. Moi même, personnellement, j’ai passé de délicieuses fêtes sans qu’une de vos cochonneries hyper caloriques ne m’approche à moins de 10 mètres. J’ai même fait un détour au supermarché, c’est dire. Et oui, je suis encore vivant. Etonnant, non ?
Sur ces bonnes paroles, vous m’excuserez, faut que j’y aille, je dois aussi aller remercier les experts de Barbara Gould qui ont perdu leur temps à choisir les Grimpfuk d’afrique noire parmi 26,000 ingrédients pour ses propriétés 67% plus exffoxilifiantes. Alors, à qui ont dit merci ?
Certains vont jusqu’à prétendre qu’il y aurait des informations a la télévision. Ca se saurait.
Ce soir, parce qu’il fallait meubler avant de parler de l’immortalité de la passion des français pour les jouets en bois, le divertissement de 20 heures de France 2 a fait ses choux gras de l’hôpital psychiatrique que Pau.
Deux décapitées, on interview les collègues, la police, la gardien, le pot de fleur du bureau et le voisin d’une des victimes qui raconte comment cette dernière a pris sa voiture pour partir au bureau.
Parce que savoir qu’elle a vite rejoint sa voiture parce qu’il pleuvait et que “c’est la dernière fois que je l’ai vu vivante” représente, on s’en rend bien compte, un élément indispensable pour comprendre le bourbier sans nom dans lequel on enferme le milieu médical en ces temps antibiotiques.
Après une interview de Douste presque aussi dramatique que l’évènement lui même, on a enfin pu passer à la passion des français pour les jouets en bois. Ouf. Pendant un moment, on a presque cru que Schönberg allait parler du Darfour. Mais en fait non, ça va, on regarde les informations, pas de risque.
A l’heure ou un rapport souligne l’inégalité devant le travail, TF1 fait dans le social en recyclant ses stars moches. Bravo.
Les experts mondiaux en vente d’espace cérébral libre de TF1 ont, il y a quelques semaines, œuvré une fois de plus pour l’éclat intellectuel de la France en proposant une soirée spéciale sur «l’élection de la plus belle femme du monde». Sachant que le monde compte juste quelques milliards de représentantes du sexe prétendument faible, l’ambition était là.
Alors TF1 nous le promet, je cite «Laurence Boccolini et Christophe Dechavanne nous ont révélé ce classement, fondé sur un sondage réalisé par l'Institut IPSOS* et qui reflète donc parfaitement le goût, l'opinion et le jugement des Français.» (rien que ça). Français, on va donc enfin savoir à qui tu penses en regardant la rubrique soutiens gorge de la redoute printemps-été 2005 durant tes pauses hivernales aux commodités.
En 10e position, la modeste Sharon Stone, précédées de Béart (Emmanuelle, pas Guy) de Carole Bouquet et de Catherine Deneuve. Certes, passe encore. En 7eme, on retrouve la présentatrice maison, Claire Chazal elle même. Premier sic. C’est sur qu’entre passer une nuit avec Claire Chazal ou Sharon Stone, on comprend l’hésitation.
Sophie Marceau et Julia Roberts précèdent la clone de PPD (quand même) mais sont à leur tour ridiculisées par (c’est le moment où jamais de s’asseoir) ... Corinne Touzet. Julie Lescault herself. Bien sûr, oui oui oui ... A croire que le français a un fantasme tout particulier pour tout ce qui se ballade avec une paire de menottes à la ceinture.
Comme choix, ça se pose là quand même. L’absence de toute personnalité télévisuelle ne travaillant pas chez TF1 donne une autre idée du sérieux de l’étude et du respect que la chaîne bleue et rouge peut avoir pour ses téléspectateurs.
Un grand bravo quand même à Boccolini et Dechavanne qui ont démontré toute l’immense étendue de leur professionnalisme en arrivant à annoncer le résultat sans rire.
Sur ces paroles dignes de l’église cathodique, vous m’excuserez, faut que j’y aille, on m’informe que Mougeotte vient d’être élu Mister T-Shirt mouillé (au coca) 2005 (le classement du Top 10 est visible ici)
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Edit: Corinne Touzet joue dans "une Femme d'honneur", pas Julie Lescaut, les afficionnados auront corrigés d'eux même. Idem, la photo n'est pas Corinne Touzet mais bien Veronique Genest qui est elle aussi dans le classement, loin devant Kim Bassinger. Les coupables de cette bévue seront fouettés en place publique.
Quand le publicitaire se fait des soucis, il sort des phrases bizarres. Suffit de voir Raffarin pour s’en assurer.
Français, sache le, tu ennuies le publicitaire. Parce que le publicitaire, il serait bien mieux a ronfler dans son bureau que de se faire rouspéter par des directeurs du marketing dopés. Parce que le directeur marketing, il trouve que les pubs, tout le monde s’en fout. Et il a raison, le directeur marketing.
Selon un récent sondage, 55% des français sont indifférents à la publicité. Pire même, ils sont 67% à la trouver ennuyeuse (ce qui nous fait quand même 12% de français qui sont fascinés par ce qui est ennuyeux, au passage).
Bref, la pub est nulle, ennuie le passager du transport en commun ce qui, à son tour, agace le directeur marketing qui s’énerve sur le publicitaire parce qu’il ne peut décemment pas aller casser la gueule à tous ces abrutis qui prennent le métro et qui n’achètent même pas son aspirateur.
Alors le publicitaire frustré, il se réunit avec d’autres comme lui et il dit des phrases que lui seul comprend:
“En ces périodes où les clients sont inquiets, l’efficacité est le critère prépondérant mais il est très difficile d’isoler le rôle de la publicité dans un contexte complexe et multifactoriel (...) il y a une dérive sur le marché liée aux impératifs de vente pure”
Après, les publicitaires, ils applaudissent tous. Ou bien ils sortent des pubs comme ça. Au choix.
Parce qu’il faut bien meubler entre “un gars une fille” et la météo, on a inventé le JT. Et le télé shopping aussi
Sur Brain Not Found, des fois on critique, des fois pas. Alors il est temps de rendre justice à notre tête de turc préférée du 20 heures, mister Pujadas himself.
Parce qu’il faut bien dire ce qui est, depuis que l’homme qui a vu Juppé à repris les rennes de la grand messe après sa semaine de thalasso forcée, le JT brille par sa qualité. Qu’on se rende compte. Sujet de fond sur sujet de fond, des envoyés spéciaux propulsés risquer leur vie aux quatre coins de la planète, pour peu qu’elle ait été fournie de coin, la conne, de la mise en perspective. Bref, du grand journalisme.
Ce soir, on a parlé longuement des désodorisants d’intérieur et de leurs risques si on en branche 462 dans la même pièce. On a aussi parlé des couples qui font leur voyage de noces à Tahiti, envoyé spécial à l’appui (on ne rigole pas). Mais le vrai sujet de fond du JT, c’est la luminothérapie, qui permet de ne pas “déprimer” quand le ciel est bas à Paris. On apprend même que les lampes sont en vente 150 euros pièce, et que ça marche, interview d’ex “déprimée saisonnière” (c’est comme ça qu’on les appelle) à l’appui.
Trois belles séquences de télé shopping en prime time, Laurent Cabrol aurait porté plainte pour plagiat.
Quant à moi, vous m’excuserez, faut que j’y aille, parait qu’on se lance dans l’investigation géopolitique sur gourmet TV.
N'en déplaise aux charters d'avocats mobilisés pour l'occasion, il n'y aura pas de bataille juridique incessante autour des votes 2004. Dommage.
C'est officiel, dans la première démocratie du monde, on gagne sa place de président quand son adversaire jette l'éponge. Fi des élécteurs, des nombres de votes, des éventuels problèmes de comptages, on l'annonce, "Kerry laisse l'Ohio à Bush".
Kerry laisse l'Ohio à Bush comme on laisserait un kilo de courgettes à la caisse d'un supermarché parce qu'on a oublié de peser le légume et qu'on a la flemme de retourner au rayon frais.
Kerry laisse 4 nouvelles années de Bush, Bush qu'hier encore tout le monde prévoyait grand perdant et qui repétait pourtant à qui voulait bien l'entendre qu'il savait qu'il allait gagner (inspiration divine du Born again ?).
Les films, les musiques, les artistes et les manifestations n'auront donc pas suffi. Pas plus que les scandales qui s'entassent mais qu'on ne semble voir qu'en dehors des US. Bush indétronable ? A chaque nouvelle découverte sur son administration et ses fraudes ou bévues, les analystes spéculent ... Sera-ce le scandale de trop, celui qui fera tomber Bush.
Non, Bush ne tombe pas. Pire, il ne vacille pas plus. Et il communique bien. Efficacement. Facilement. Sa tache est facilitéee par la tournure populiste de ses messages. Les médias boivent ses diatribes, autant remises en cause que les interminables tirades de Castro à Cuba.
Aujourd'hui, c'est la victoire de Bush et sans aucun doute celle de la manipulation médiatique à grande échelle. Ajourd'hui, c'est la défaite de Kerry et celle du journalisme critique, qui ose.
Aujourd'hui, les 4 années qui suivent ont été données à Bush. Pour son dernier mandat et sans objectif éléctoral à venir, Georges n'a plus de limites. Ca fout les jetons.
Pour que Gunther passe le sel à Olga votez maintenant par SMS ou par téléphone.
Prouvant, si besoin est, qu’on a jamais vraiment touché le fond de la télé réalité, Endemol se prépare à lancer “Big Brother Forever” du coté de chez nos voisins allemands (rapporté par le Guardian).
Comme d’habitude, un concept simple à mourir. On recrée une ville de toute pièce, on y laisse vivre, on espère pour des dizaines d’années, des gens qui auront pour point commun celui d’être filmés jusqu’à dans leurs ennuis gastriques.
Ils seront sélectionnés sur le volet, tous chômeurs et tous suffisamment désespérés, sans doute, pour couper tout lien avec le monde extérieur pour une durée indéterminée. On leur donnera des vrais faux boulots, des vrais fausses obligations, une vraie fausse vie, le tout sous l’oeil brillant et globuleux de la ménagère de moins de 50 ans qui, bouleversée par les hémorroïdes de Gunther, ne manquera pas de laisser brûler la choucroute, cette conne.
Bref, des années de bonheur en perspective. Quant à moi, vous m’excuserez, parait qu’on prévoit déjà “Star Academy forever” dans lequel Jennyfer chanterai mal toute sa vie à la radio. Hum, non, en fait, ça a déjà été tourné, ça.
Le FBI qui execute en angleterre des ordres suisses et italiens, vive la cooperation internationale
Il est des jours où on ne peut que se féliciter de la collaboration internationale dans la lutte contre le terrorisme, le blanchiment d'argent et le kidnapping. On apprend en effet aujourd'hui que le FBI (américain) est intervenu auprès d'un hébergeur anglais (Royaume-Uni) afin d'appliquer des décisions de justice (Suisses et Italiennes).
Le but de cette étonnante collaboration ? Saisir (et donc fermer) les serveurs qui hébergent une vingtaine de sites Indymédia, réseau d'information indépendant. Selon la BBC qui publie l'information, Indymedia n'a pas été informée des griefs retenus contre lui puisque le FBI est allé directement chez l'hébergeur et que de toute façon, ils ne peuvent rien dire puisqu'ils ne font qu'appliquer une décision Suisse et Italienne et qu'ils n'en savent pas plus.
Les groupes de journalistes crient au scandale et à l'intimidation mais on ne connait pas encore la réaction officielle car elle doit être relayée au guatemala pour faire echo à un groupe d'australiens spécialisés dans l'ébénisterie dans les alpes. (voir le message d'indymedia ici)
Comme dirait Lelay s'il ne passait pas son temps à vendre du cerveau, la vérité est ailleurs, l'essentiel étant de savoir si l'artisanat du sabot va survivre.
Le Washington Post, comme certains de ses confrères américains, offre un fort pratique système d'alertes par mail. Histoire d'être sûr de ne rien rater de ce qui se passe d'important dans ce bas monde, on peut en effet demander à recevoir dans sa boite un flash d'infos chaque fois qu'il se passe quelque chose de vraiment important dans ce bas monde.
Et la notion de "vraiment important" n'est pas vaine pour le quotidien de DC. Pour preuve, il peut se passer plusieurs semaines sans que le moindre email ne parte de leurs bureaux. Il peut se passer n'importe quoi, non, ça n'est jamais vraiment assez important pour être signalé aux lecteurs. Même la séparation des Linkups n'a pas suffi à faire ciller l'imperturbable maitre journaliste qui détient le pouvoir d'appuyer sur le bouton "super
important".
Et puis hier soir, une alerte, enfin. Quelque chose de fondamental pour l'avenir de l'humanité, finalement.
"Major League Baseball informed Washington today that the Montreal Expos will relocate to the city in time for Opening Day in 2005, returning baseball to the nation's capital after a 33-year absence." (La ligue de baseball a aujourd'hui informé Washington que les Montreal Expos reviendront à temps pour l'ouverture de la saison 2005, rendant à la capitale son équipe absente depuis 33 ans)
Merci pour l'information "vraiment importante" qui prouve, si besoin était, que dans la vie, tout est question de priorités. Quant à moi, vous m'excuserez, parait qu'on a remis l'ordre national du mérite à Jean Pierre Foucault.
A force de vouloir copier TF1, France 2 en a fini par perdre son image. A moins que ce ne soit TF1 qui l’ait gagné. Ou l’inverse. Bref.
l’info est tellement belle qu’on s’en serait voulu de la louper... Le monde daté du 23 septembre reprend dans un coin de sa page “médias” un sondage publié dans le télérama du 22 sur les relations, ô combien compliquées, des français avec la petite boite à conneries qui hante leur salon (phrase d’une infinie complexité et élaboration qui mérite sans aucun doute une relecture attentive afin d’y découvrir un message satanique quant on le lit à l’envers).
Bref, retournons en à nos moutons et à leur relation avec la télévision. C’est que la moitié d’entre eux ne sont pas satisfait des programmes actuellement diffusés. Bon, à la fois, entre la star academy, Koh Lanta, l’île de la tentation de la souffrance et autres reportages animaliers du même acabit, on ne peut pas vraiment les blâmer.
Mais ce qui est vraiment superbe dans ce sondage vient après. Quant on demande aux français quelle chaîne représente le mieux le service public, ils répondent, en première position ... tenez vous bien ... TF1.
TF1 du service public. Mais bien sûr. Et total fina prix nobel de l’humanitaire pendant qu’on y est. ‘porte quoi. Sur ces bonnes paroles d’une profondeur qui laisserait sans nul doute BHL pantois, vous m’excuserez, faut que j’y aille, parait que Lelay s’est lancé dans le culturel.
Pour nous vendre les tuyaux par lesquels passe l’image, on nous vend d’abord les images. Mais pas n’importe lesquelles
Dans la série de la pub nulle de la semaine, après un vote à l’unanimité mais néanmoins très serré d’une voix, c’est une série de panneaux et non une pub seule qui est récompensée.
Il faut savoir qu’avec rentrée rime non seulement avec “t’voir ta gueule dans la cour de récré” mais surtout “télé”. Parce qu’en télé, apparemment, c’est en septembre qu’on choisit sur quel réseau on va se gaver cathodiquement.
Alors du coup, les murs sont remplis de nouvelles offres pour TPS, Noos, Maligne DSL et autres tuyaux de distribution de contenu. Et toutes ces pub ont une chose en commun: Elles mettent en bien en avant de leur bouquet la petite TF6, mélange immonde, comme son nom l’indique de TF1 et de M6.
Et TF6, qu’est ce que c’est ? Une chaîne de films ? De séries ? De reportages ? De musique ? Que neni, bandes de déphasés cathodiphobes. TF6, c’est la “télé très télé”. C’est la télé pire que la télé, la télé qui n'a pour seule ambition que d’être de la télé. Pas informative, pas culturelle, non surtout pas. C’est la télé très télé.
Si TF6 était un produit alimentaire, ce serait “la bouffe qui remplit”. Ce serait le coupe faim qui ne coupe pas la faim mais qui serait écoeurant quand même. Ce serait à la télévision ce qu’est la perfusion à la gastronomie. La même finalité, mais débile.
Donc, pour avoir choisi de mettre en avant une chaîne avec un slogan aussi crétin, ils sont 3 vainqueurs cette semaine. Quant à moi, vous m’excuserez, faut que j’y aille, c’est le moment de la vente de mon temps de cerveau.
Quand un Figaro fait ses noces avec un légionnaire, ça donne forcément un mélange un peu bizarre. Voire même une descendance contre nature.
Il s’est payé un nouveau gadget. Un nouveau gadget dont il révait depuis longtemps. Un gadget tout joli et rutillant. Histoire de dépasser papa et ses petites revues au succès limité. Il, c’est Serge. Pas n’importe quel Serge, Serge Dassault. Et pas n’importe quel gadget, non plus, il s’est payé le groupe Socpresse, éditeur, entre autres titres, du Figaro.
Bon, en soit, qu’un fabriquant de jolis missiles qui font pleins de grosses taches de sang partout se paye un groupe de journalistes, rien de mal à priori. Surtout que le Serge est un ami proche du Chirac, ce qui n’est pas sans déplaire à ceux qui pensent que trop de sarko nuit (surtout en une du point, organe de presse officiel du ministre des finances).
Mais c’est quant on entend Serge (il permet qu’on l’appelle Serge, sauf si on ne vend pas de gros missilles qui font pleins de grosses tâches d’intestin), bref, c’est quant on entend Serge parler de la presse qu’on reste pantois devant tant d’éthique. Morceaux choisis, piochés dans le portrait du marchand de mort, publié dans le monde du 21 Septembre.
”La presse est un monde interessant qui permet de faire passer des idées saines”. Sic. Les idées saines de Dassault se basant principalement sur la vente de cartouches qui laissent des traces de cervelle, on peut rester réveur.
”Il y a quelquefois des informations qui font plus de mal que de bien. Le risque étant de mettre en péril des intérêts commerciaux ou industriels de notre pays”, dixit Serge devant les journalistes du Figaro vexés qu’on leur ait censuré, coup sur coup, un article sur les ventes de rafale et un autre sur les frégates de Taïwan.
Voilà qui devrait définitivement rassurer les grattes papier du Figaro. Les instructions de Serge sont pourtant claires, à propos de son gadget ”il faut changer de méthode. C’est un produit qu’on vend”. Bref, journaliste du Figaro, au cas où tu n’aurais pas compris le message, désormais, tu travailles à la Pravda, le Tzar décidera de ce qui doit être publié ou non et surtout, tu prendra rapidement une formation publicitaire pour écrire de jolis articles pour vendre les Falcons du parton, sinon, gare à ton chèque.
Quant à moi, vous m’excuserez, faut que j’y aille, parait que la liberté de la presse ne s’use que si l’on ne s’en sert pas. Et quant on la vend à un marchand de fusils aussi.
Le problème du pubeur n’est pas le message, mais son support. Ou du moins c’est ce qu’on croyait.
Révélée par la canard de cette semaine, une formidable initiative publicitaire destinée, si possible, à polluer encore plus l’espace visuel des espaces post troglodytiques dans lesquels l’être urbain évolue.
Après avoir rempli le métro, la rue, les routes, les toilettes et tout autre espace vierge de plus de 50 centimètres carrés, le publicitaire pense maintenant que les gobelets de distributeurs de boisson seraient un support admirable à la promotion des serviettes hygiéniques.
Et le publicitaire ne s’arrête pas là puisqu’il pense aussi à publiciser le nourriture, des Cookies en forme de logo nike, des steaks SFR et autres fantasmagories culinaires. Et pourquoi pas, pendant qu’on est dans la chaîne alimentaire, des fonds de toilettes au couleur de la Cogema ?
Et tant qu’à imaginer n’importe quoi, pourquoi pas nous vendre aussi des vêtements avec des noms de marques directement dessus, tiens. Genre de vêtements qu’on payerait plus cher juste pour le plaisir d’avoir l’air d’un panneau de pub ambulant. Faudrait voir à pas déconner, non plus.
Quant à moi, vous m’excusez, faut que j’y aille, parait que l’entrainement pour les soldes , cette partouze consumériste, ont commencé. Premier cours, comment être le premier au rayon télévisions à l’ouverture du mammouth local.
Si on se demandait encore pourquoi les publicitaires ne devraient pas faire de politique, on sait maintenant pourquoi.
Parce que l'âme du publicitaire est un insondable gouffre mêlant dans le stupre les fantasmes de la nation, c'est la rubrique de "la pub bon goût de la semaine". Et en cette rentré des classes, notre premier vainqueur n'est autre que la marque Etam qui se distingue une fois de plus par une véritable approche esthétique du mauvais goût.
Leur dernière campagne d'affichage, sous titrée "le monde est à nous" placarde sur les murs 3 nymphes mal coiffées, assises sur un chameau (sic) au milieu d'un champ (re-sic) et en culotte soutien gorge. Gasp.
Dans un savant mélange provocato-social du meilleur cachet, Etam parvient en une photo à reléguer définitivement la femme au rang de porte manteau gonflable, à donner son avis sur l'actualité du proche orient (tous à poil) et surtout, à faire passer le sympathique message qu'avec des soutiens gorge à 19,99 euros, le monde entier (comprendre là où il y a du soleil) avec leurs si primitifs dromadaires sont à nos pieds.
Vacances, prostitution, mauvaise coiffure et géopolitique en une seule photo, on ne peut que s'esbaudir. Et tout ça pour vendre un soutien gorge en plus. Bravo.
Quant à moi vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait qu'à Kaboul, on diffuse des photos d'Afghanes en Bourka qui s'exhibent sur une 205 kid.
A force de produire de la mauvaise qualité, Nikos nous a-t-il entraîné dans l’ère du tout jetable ?
Il fut des temps plus glorieux au cours desquels, se faire prendre en otage dans un pays composé majoritairement de clones capillaires de Demis Roussos n’allait pas sans une certaine dose de classe.
Rappelons nous simplement des journaux télévisés des années 80. Après le générique pétaradant, chaque jour, une paire de photos, toujours les mêmes, accompagnée de son sordide décompte. En fond sonore, la voix grave annonçait que “Nous sommes le 17 Octobre 1987, cela fait aujourd’hui 754 jours que Jean Paul Kauffman, Jean-Louis Normandin, Philippe Rochot sont détenus otages au Liban”.
Ces mêmes portraits poursuivaient le spectateur du lundi au dimanche, de télé matin au journal de la nuit. Ces images pour nous rappeler que certains risquaient leur vie pour apporter un minimum d’éclairage sur le monde alors que nous déglutissions notre huitième morceau de camembert.
En 2004, de nouveau, deux journalistes et leur chauffeur sont détenus en otage. Près d’un mois qu’ils sont enfermés. Près d’un mois qu’on en finit plus d’être optimiste sur leur libération prochaine. Près d’un mois aussi que le bruit n’en finit pas de s’estomper
D'abord, c’était des reportages, des interviews des leur famille, leurs amis, leurs proches, leurs lointains, leur collègues et ceux qui ne l’étaient pas mais qui avaient quand même un avis éclairé sur la question. Tous ceux qui pouvaient dire quelque chose, l’ont dit.
Peu à peu, on a perdu le sens de la réplique, on avait déjà pris la même route qu’eux dans un sens, dans l’autre, tout était dit.
Hier soir, sur France 2, on n’a même pas mentionné leurs noms. Juste un mot au détour d’un reportage sur “les otages”. Juste un mot, bien après les 3 minutes consacrées aux partouzes tauromachiques du sud-ouest.
Après avoir créé la génération des pseudo-chanteurs, la Star Academy nous aurait-elle habitué aux être humains jetables. Journalistes compris ?
Quant à moi, vous m’excuserez, faut que j’y aille, on me signale qu’un certain Ernest Antoine compte surfer sur la vague en créant le salarié jetable. Tout un programme. (la vidéo de l’ouverture du journal en 1986 est à voir sur le site de l’INA section “télévision” sous le numéro 48)
Le cerveau est il soluble dans la télé-réalité ? Et surtout, Carmouze se lancera-t-il dans la chanson engagée ? C'est la rentrée du téléviseur.
Septembre est un mois formidable. De ces mois dont il faudrait plusieurs par année. De ces mois qui devraient durer 90 jours, histoire de faire durer le plaisir. Comprenons nous, Septembre est un mois magnifique.
Parce que finalement, quand d'autre qu'en Septembre peut-on être harcelé dès qu'on approche une machine a café par une improbable assistante carbonisée jusqu'au string qui meuglera a qui veut bien l'entendre a quel point le cap d'Agde est un endroit rêvé pour bronzer de l'anus ?
Quand d'autre qu'en Septembre est-ce que les journaux télévisés emplissent l'air cathodique de mouflards pleurant leur génitrice à l'entrée de la maternelle ? Quand d'autre qu'en Septembre est-ce que des émissions spéciales sont exclusivement consacrées à la comparaison du prix d'un quatre couleurs chez Auchan et Mammouth ? Ma télécommande en a encore récemment vomi ses piles, c'est dire.
Et surtout, en Septembre, c'est le moment de l'inévitable rentrée télé. Celle là même qui nous dit que France 2, c'est mieux que ORTF1 qui est mieux que Canal qui marche sur les plates bandes de France 3 qui est mieux que France 2. Sans conteste, la palme de cette année revient à Patrick Le Lay, le presque chef de la chaîne qui lave le cerveau plus vide que vide.
Patrick Le Lay, cette année, il dit que TF1 ne donnera plus dans le reality show. ou bien plus trop. Ou encore un peu, on ne sait pas. Parce que "lever le pied sur la télé-réalité", chez TF1, ça donne quand même le maintien de "La ferme", de "star academy", de "Koh-Lanta", de "l'île de la tentation" auxquels on pourra rajouter "Queer" et "The apprentice", émission dans laquelle 16 candidats seront prêt à tout pour séduire un patron. ANPE-Show en somme, et si on couche pour réussir, c'est bonus. Hum.
Patrick Le Lay, il dit que cette année, ce sera à bloc docu-fiction (docu-drama dans la terminologie Bouygues), et c'est bien connu que dans "docu-fiction", il y a le mot "do".
Et surtout, Patrick Le Lay, il dit que cette année, son principal boulot, en tant que chef de la télé la plus regardée de France, c'est de "vendre a Coca-Cola (...) du temps de cerveau humain disponible". Que le cerveau reste disponible en regardant TF1, personne n'en doute, mais pour autant de pragmatisme dans le propos, on ne peut s'empêcher d'applaudir des deux genoux ce philanthrope de Patrick.
Sur ces bonnes paroles, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait que Pujadas veut transformer le 13 heures de "info-fiction" où on parlera de démission d'homme politique.
Il est des jours où on se demande comment le pulitzer échappe encore à TF1. Et d'autres où on comprend pourquoi.
Journaliste d'investigation au journal de l'ORTF (NDLR: après relecture, on m'informe qu'il s'agirait de TF1, pas de l'ORTF) c'est un vrai métier. Et critique de cinéma aussi. Ainsi, afin de mieux guider le spectateur cinéphage, Poivre d'Arvor n'hésite pas à prendre des risques face à Tom Cruise, au risque de se fâcher avec la quasi totalité de la jet set Auxerroise.
Ainsi, à propos de son nouveau film, il demandera en vrac, si Tom (il permet qu'on l'appelle Tom?) est satisfait d'avoir joué dans son meilleur film le plus abouti et le plus beau, si Tom pense qu'il va lancer des vocations de chauffeur de taxi et enfin, si les canapés au rillettes de Cécilia sont aussi bon que ceux au tarama de la semaine dernière.
Avec autant d'informations, d'accord, faut faire un tri mais on ne pourra pas dire qu'il n'y a pas un vrai travail d'investigation. Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait qu'on va remettre un prix Pullitzer à Jean-Pierre Pernaud.
Un médicament générique fait aussi bien que la marque, mais moins cher. En serait-il de même pour la télé ?
Une vachette. Un chacal. Encore une vachette. Un transexuel sur le retour. Toujours la vachette. Decouvre qui est l'homme marié. La catapulte humaine. Elle veut changer le look de sa fille. Un mauvais scenario sur le sida. Le record du monde d'enfilage de slip. Une Hyène.
Vachette. Voila en quelques mots le contenu educatif de la grille d'été de France 2 et de sa petite soeur, la 3. Massacrant dans un bain de sang mediatique toute notion de bon goût télévisuel, le service publique s'est selon toutes apparences senti investit de la divine mission de faire pire que TF1 durant la periode estivale. Un vrai challenge.
Catapulte. La tranche 18-20 a bien entendu été la premiere victime de ce raz de marée croutier. Alors qu'on pensait cette époque dieu merci révolue depuis longtemps, voilà que le ta nin nin nin nin nin d'intervilles vient faire son retour, en access prime time, pour le plaisir pathétique d'une bande de pseudo sportifs supportés par un public aussi motivé qu'un cortège funéraire et affublé par la production de superbes panneaux "allez les bleus" ou "youpi les jaunes on est les plus forts". La catapulte humaine concurrence la vachette et jette le service public dans l'abîme consternante du populisme cathodique.
Transexuel. Après les âneries sudoripares de Naguy encourageant les bovins concurrents, place à l'amour. Un reality show qui ne dit pas son nom transforme "tournez manège" en un jeu pervers dans lequel la femelle doit choisir entre trois mâles, dont un dont la femme (la vraie nous dit on) surveille dans le public. A l'affiche, épreuves humiliantes et calomnies en pagaille, la télé comme on l'aime.
Slip. Sur France 3, cette fois-ci, on nous propose de passer un été de tous les records. Le très sérieux "Barry White" (sic), très officiel juge officiel des records officiels vient officialiser des records officiels. Ce soir, c'est Romain qui vient nous présenter le record du monde de propulsion vomitoire, record qui lui sera bien entendu attribué, personne n'ayant eu l'ingénieuse idée de mesurer ses régurgitations jusqu'à présent. On a un nouveau record, on est content, on exulte sur la plage, on frise l'apoplexie devant la télé.
Sida. Plus tard, sur France 2, une mauvaise troupe de pseudos journalistes tente de donner un air de provoc au fond de grille. Quelques mauvaises blagues de caserne, on cache une mini caméra entre deux seins, on filme un faux débat sur le sida, on entend des flatulences et autres éjections fécales. On pense au concours de vomi de France 3 mais point de record ici. Ou peut être juste celui du ratage télévisuel. Les Hyenes l'emportent haut la main.
On passera sur "c'est mon choix de l'été" et autres perles de mauvais goût cathodique pour dire que oui, encore une fois, le service publique fait au moins aussi mal que les chaînes privées. Chapeau, il fallait creuser profond.
Quant à moi, vous m'excuserez, je vais de ce pas non-payer ma redevance, hors de question de financer autant de culture d'un seul coup. Y'a pas marqué "mécène", là.
A force de béatifier virtuellement n'importe quel sous fifre, finirons nous tous sous-papes ?
Il est des pays (que nous ne nommerons pas par respect pour nos amis d'outre-Rhin) où il est de bon ton de s'appeler non seulement par son nom mais également par son diplôme. Par exemple, afin d'interpeller le bon sieur Schmitt, on emploiera selon les circonstances "Herr Professor Schmit", "Herr Dipl. Ingenieur Schmitt", "Herr Doctor Schmitt" ou simplement "Schmitt", alors qu'en fait, Schmitt est Weston, c'est bien connu (pouf pouf).
Ce brillant exemple pour signifier que si la France échappait jusqu'à maintenant au nom à rallonge, il est fort possible que dans un souci d'unité Européenne, les médias en aient décidé autrement. La preuve.
Le 29 Juillet, le JT de France 2 diffuse son 624e sujet de l'été 2004 sur les feux de forêts. Sujets, qui, c'est bien connu, font le régal de René et Marcelle, surtout si le dit reportage trouve son créneau avant d'avoir entamé le fromage, c'est vachement plus digeste, merci pour eux.
Cette fois-ci, tout les ingrédients du reportage vainqueur de Pulitzer son réunis, René est en transe devant son cassoulet. Un beau feu, bien gros, des pompiers en sueur, des maisons léchées par les flammes, un camping évacué, le suspens est insoutenable. Quant on nous annonce soudain l'apparition à l'écran d'un "véritable miracle". Le "Miracle" prendra la forme de "Auguste Frutcht, 85 ans", chaise roulante, et dont la maison est vachement moins habitable qu'avant, surtout depuis qu'elle a taquiné les bas fonds de la pyromanie varoise.
Apparaissent les images d'Auguste, affublées du sous titre suivant: "Auguste Frutcht, 85 ans, Miraculé".
Miraculé ? Pourquoi pas "Saint Auguste Frutcht", pendant qu'on y est ? Depuis quand le pape est-il consultant exclusif pour France 2 ? Après des études menées à l'ANPE, il ne semble pas non plus que "Miraculé" fasse partie des professions inscrites au code du commerce national non plus. "Auguste Frutcht, 85 ans, Miraculé". Et pourquoi pas "Nicolas Sarkozy, ministre énervé", "Jean Paul Huchon, socialiste mou" ou autres "François Bayrou, UDF colleur de claques" ?
Bref, on l'aura compris, la définition humaine stupide à de beaux jours devant elle. Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait que Jean Paul, "pape shaker" va passer sur TF1.
Si elle avait étudié à Janson de Sailly, Lorie aurait-elle eu son bac ? Turlupinante question à laquelle une enquête répond. Ou pas.
Il est des jours où le pragmatisme journalistique des quotidiens français fait plaisir à voir. Sans aller jusqu'à s'émerveiller de la capacité des rédacteurs sportifs du figaro à tomber en trance devant les contre-performances du meilleur espoir français de tennis féminin depuis Henri Leconte, un débat plus profond agite les rédactions des canards de Paris de la France, à savoir "Apprend-t-on mieux à faire des boules de colle dans le privé ou dans le public ?".
Pour ceux que cette phrase d'une complexité toute proustienne aurait découragé, en résumé, le débat du jour, c'est "sort-on moins stupide de l'école privée que de l'école publique ?".
C'est que le ministère du mamouth vient de sortir un très serieux rapport que personne n'a vraiment lu mais dont tout le monde parle. Et ce rapport dit en substance que le privé et le public, c'est pareil. Ou pas. Mais quand même si, sauf si on prend en compte les différences (on apprend par exemple, trouvaille des trouvailles, que le niveau social de l'enfant à une influence sur ses résultats scolaires. wow ...). Donc, en somme, privé et public, c'est pareil sauf pour les trucs qui sont pas pareils (ceux qui veulent une explication m'écrivent un mail, je facture les réponses).
Bref, devant un message aussi limpide qu'un monologue de Krazuki, le journaliste est confus. Et traite néanmoins l'information avec bonheur. La preuve, la sortie du rapport couverte par le figaro, le monde et libération.
- Libération titre "Privé et public aussi bons élèves en théorie" (la preuve ici). Bref, comme dirait le très décédé Cousteau, c'est rouge bonnet et bonnet rouge.
- Le Monde, quant à lui, affiche un "Les élèves du privé réussissent "légèrement mieux" que ceux du public" (guillemets d'origine, preuve a l'appui). Bref, c'est presque pareil, mais avantage privé. Mais léger, alors l'avantage. Et entre guillemets encore.
- Le Figaro, enfin, titre sans vergogne un superbe "L'école privée obtient de meilleurs résultats que l'école publique" (l'arme du crime ici. Bref, pour devenir patron de Dassault (et donc du Figaro), point de salut du coté de l'enseignement d'état.
Encore heureux que les profs lisent autant "le figaro" que "Zoophilie magazine". On a frôlé une révolution. Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'y aille, il parait que Sarkozy est la réincarnation de Jésus (le figaro) et mange des enfants (Libération).
Quand France 2 se décide à nous dire ce qu'on doit penser de TF1 et de M6, ça ne peut qu'être présenté par Thierry Ardisson. Mais Patrice Laffont aura sa revanche.
Ardisson, qui n'en finit pas de se cloner à la télévision, présentait son émission "Opinion publique", projet destiné à nous dire quoi penser puisqu'on est un peu trop stupide pour se faire son opinion soi même. Comme il fallait s'y attendre, des débats de fond (pour ou contre la dépénalisation de l'herbe qui fait rire) et des grands concepts de stratégie de politique internationale (y-a-t-il trop de people à la télé).
D'un coté, les vrais décideurs de ce bas monde (Doc Gyneco, Loana, Massimo) et de l'autre, la représentation fidèle selon IPSOS de la France, composée d'une quinzaine d'animaux télévisuellement anonymes et néanmoins hyper représentatifs de ce que je pense. Eu du coup, par la voix de ces 15 pleins de fond de teint, la France peut dire ce qu'elle pense vraiment de la télé, balancer à la tête du PAF tout le mal qu'on pense vraiment des programmes de télé poubelle (diffusés sur TF1 et M6, pas sur France 2, merci de garder un minimum d'intégrité quand même), dire à quel point on déteste les célébrités, dire à quel point on a été choqué par le comportement d'Elodie Gossuin, élue UDF et fermière pathétique d'un Heidi sans scénario.
Eh bien non, la France, ce qu'elle dit, c'est que Massimo, il est feignant, qu'il devrait avoir honte de se taper des vieilles pour l'argent, que Doc Gyneco, on dirait qu'il est tout le temps fatigué et que Loana, elle devrait avoir le Pulitzer pour avoir commis le livre "miette", dont le seul titre donne une indication sur la capacité cérébrale de la blonde à forte poitrine.
La Vox Populi, hier soir, chez Ardisson, elle disait à 70% qu'il y a trop de people à la télé. Personne ne s'est demandé si ce n'était pas plutôt la télé qui fabriquait trop de célébrités. Au passage, sur France 3, il y a une émission excellente qui ne passe que des anonymes, elle est belge et s'appelle Strip Tease, passe à des heures où elle est en concurrence avec des films dans lesquels les acteurs passent plus de temps sans vêtements qu'avec, et ne récolte même pas 1% des auditeurs de la quotidienne des colocataires.
Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'y aille, ce soir, France 2 diffuse encore une fois son grand "code de la route", deux heures de diapos commentées par Patrice Laffont, programme apparemment sponsorisé par le FBI pour affaiblir moralement les détenus de Guantanamo.
Tout bon communiquant le sait, rien ne sert de parler, il faut placer sa pub à point. L'expérience Nescafé aidant, le gouvernement applique.
La finale du Superbowl 2004 vous est proposée par John Kerry, John Kerry, un président qu'il est bien pour voter pour lui.... Pause Pub ... Ralf Nader boit du Coke Light, Ralf Nader, il aime les jeunes, Ralf Nader, un président pour un plus beau millénaire. Spot suivant. Trois minutes d'auto congratulations de l'administration Bush. Bush en Kaki, Bush en costume, Bush en voiture, Bush en hélico, Bush sur les plages de Normandie, Bush qui embrasse papa, Bush qui embrasse fifille, Bush avec un éclopé du Vietnam, Bush dans un hôpital, Bush qui fait du Segway, Bush qui fait du vélo, Bush aime les animaux, les catholiques, respecte les musulmans, serre la main aux noirs, Bush avec une pelle, un casque d'ouvrier, supporter d'Indy car, Bush qui dîne chez Hooters. Spot suivant, grâce aux lingettes humidifiantes, les fesses de bébé seront propre comme neige.
En France, jusqu'à preuve du contraire, la publicité politique est interdite. Interdite parce qu'au pays des viticulteurs en short, on croit que l'argent ne doit pas influencer la démocratie. Parce qu'on croit aussi que le pouvoir ne doit pas revenir nécessairement aux plus riches. Parce qu'on croit qu'on ne doit pas acheter l'opinion publique, que le débat devrait plutôt porter sur des idées que sur le budget de Publicis.
Une raison peut être d'être choqué de voir en pleine page, dans les journaux de la semaine dernière, des encarts vantant la réforme de l'assurance maladie, assurant les lecteurs que oui, grâce à Douste Blazy, la vie sera plus belle et la santé plus juste quant on aura la consultation à un euro. Que non, les gens qui manifestent dans la rue n'ont rien compris.
On peut être choqué qu'un ministère ait à se payer une pleine page de publicité dans libération pour promouvoir son action, comme s'il s'agissait d'un message humanitaire. On reprochait à Raffarin de ne pas assez communiquer. Depuis, on angoisse chaque jour un peu plus de le voir apparaître entre la nouvelle Citroën et le jambon Herta le jambon star, histoire de démontrer que depuis son passage chez Nescafé, non, il n'a pas oublié que la pub fait vendre. Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'y aille, c'est l'heure de ma Corona édition limitée Jacques Chirac.
Ce soir, quelque chose d’intelligent sur une grande chaine nationale. Alors vu qu’il y a pas Julie lescault, on dit pourquoi pas.
Chose peu commune, ce blogue fait maintenant de la publicité pour la télé, pour dire de ne pas rater ce vendredi soir une emisson qui s’annonce grandiose, “le monde selon Bush”, 22 heures et quelques sur France 2, suivi d’une autre doc sur la guerre en afghanistan.
Sur ces bien belles images, vous m’excuserez, faut que j’y aille, il parait que Raffarin va aller défier les agents d’EDF en duel sur la place de la concorde.
Alors que les tagueurs des pubs du métro parisien sont retourné groover à la plage, voilà qu'un ministre s'y met. Seguela se retourne dans publicis.
Ca ressemble vaguement à un mauvais remake des tagueur de la ligne 2. Du site mainte fois fermé "stopub". STOP PUB sur ma boite aux lettres, une bonne vraie position de rebelle, stop pub parce que marre de gagner des voitures, marre d'être le dernier parmi les gagnants, marre de gratter des pastilles dorées qui en mettent plein ma moquette en bois, marre du mois du slip chez carrefour, de la fête du slip chez Auchan et de la semaine à consommer avec modération chez Leroy Merlin.
Stop Pub pour dire non aux 40 kilos de papier qui atterrissent chaque année dans les foyers français, 40 kilos de photos de strings en été, de nains trônant crânement sur de misérables bûches hyper-caloriques en hiver, de prêts à taux révolutionnaires que personne ne pourra payer, de cartes printemps, boum boum, pif paf.
Stop pub, sur ma boite aux lettre. Stop Pub, les syndicats de facteurs protestent, trop heureux d'inonder des boites aux lettres qui n'ont rien demandé de promos pour la dernière liposuccion alors même qu'ils ne laisseront qu'un avis de passage à la grand mère qui pourtant attendait son colis chez elle, tout ça parce qu'elle habite au deuxième étage, cette conne.
Le ministère de l'environnement distribue des petits autocollants "stop pub". Il prévoit dores et déjà un succès limité. J'ai pas de boite aux lettres ... Je le colle sur ma concierge ? Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'y aille, je dois aller rappeler au ministère de l'environnement que ça fait longtemps qu'on n'a pas le droit de déposer de pub dans une boite aux lettres sur laquelle est mentionnée "Pas de publicité".
La RATP demande près d'un million d'euros mais ne se demande apparemment pas pourquoi elle les demande. Ou alors, elle cache bien son jeu, la coquine.
Ils voulaient près d'un million d'euros, ils en ont eu douze mille. Ils en avaient traîné plus de 60 au tribunal, neuf ont été condamnés. Condamnés pour avoir dégradé l'espace publicitaire du métro, ces longs rubans qui nous pressent de commander le catalogue Joué Club qui est gratuit et vachement bien avec des vrais photos de jouets et d'enfants qui ont l'air content dedans.
Ils voulaient près d'un million d'euros pour des attentats à coup de marqueur, pour avoir dit non à la pollution visuelle. Pour avoir refusé d'être forcé de gober sans arrêt le prix des ampoules chez carrefour, le prix des slips au bon marché et le prix du bonheur sur commande à la redoute.
Ils voulaient près d'un million d'euros pour punir les militants anti-pub d'avoir donné leur avis sur l'envahissement publicitaire de la capitale. Ils n'ont presque rien eu.
L'avocat de la RATP / Métrobus souligne néanmoins sa victoire dans libération: "C'est une victoire puisque la justice a condamné ceux qui ont dégradé et l'ont reconnu. La décision du tribunal montre que, quelle que soit la cause défendue par ces militants, personne n'a le droit de se faire justice soi-même.".
Lorsque l'on signifie à la RATP que trop du pub tue la pub et surtout énerve, la RATP répond que vous comprenez mon brave, c'est grâce à ça que le métro et les bus ne font pas faillite. Quand on rappelle à la RATP que la pub ne représente que 3% de son budget total, moins que ses seuls intérêts bancaires annuels, la RATP ... ne répond plus. Effectivement, faire justice soi même est sale. Ne pas faire justice du tout ?
Article de Libération et du figaro, ce dernier ayant au passage perdu 3 accusés qui passent miraculeusement de 62 officiellement à 59 dans les colonnes de l'officiel du gouvernement. Bravo.
Il est des jours où les publicitaires n'hésitent pas à s'engager politiquement. Entre aller voir les prostituées et faire des à propos douteux, on se dit qu'ils feraient mieux de rester là où ils sont.
A gauche, on parle d'Irak. Une pleine page. En photo, un enfant blessé porté par son père. Il a la figure en sang. C'est le dernier attentat en date, une voiture piégée qui a sauté dans le centre de Falluja, quelques dizaines de morts, principalement des civils. On parle aussi des otages occidentaux détenus par des groupes rebelles dont personne n'a jamais entendu parler et qui assassinent leurs prisonniers après les avoir abondamment filmé, à genoux, comme un dernier au revoir à des familles impuissantes.
Sur la page de droite, les gros titres parlent de Guantanamo, de la zone de non droit, de ces 600 personnes détenues là, sans que leur famille ne puissent savoir le sort qui leur est réservé. On parle des interrogatoires qu'ils subissent chaque jour depuis plus de deux ans, de leurs cellules grillagées, on parle de la légalité de cet enfermement, de la tautologie qu'est la notion de "combattant ennemi". On se demande si la cour suprême des Etats-Unis va leur accorder le droit à un avocat et si on peut vraiment tout faire au nom d'une hypothétique protection.
Sur la page de droite, la moitié inférieure est remplie de rouge, et sur ce rouge, des lettres blanches écrivent "LA LIBERTE N'OUBLIE PERSONNE". Sous cette phrase, on apprend que le Kit Wanadoo Wi-Fi est à 49 euros.
On ne pourra que s'esbaudir devant un tel à-propos, un subtil mélange entre actualité et publicité. Le message est passé, la liberté, oui, c'est simple comme un kit Wi-Fi, disponible dans toutes les agences France Telecom, plus de renseignements au 1014 pour connaître l'agence la plus proche de votre domicile.
Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'y aille, j'ai fait une commande de kits de connexion à envoyer aux détenus qui pourrissent à Guantanamo et aux otages d'Irak qui passent leur journée sans savoir s'il verront demain et qui voudraient peut être juste embrasser leurs femmes et enfants une dernière fois. Au moins. (Note: Libé du 22 Avril 2004, pages 6 et 7.)
Un petit tour en jet, un petit tour à la traite, l'inauguration du salon du slip, être prête pour le prime-time. Miss France, un vrai boulot à plein temps.
"C'était prévu depuis le début". C'est en tout cas ce qu'affirment en coeur Mougeotte et la conseillère trayeuse de vaches Elodie Gossuin. A son sujet, on apprend donc qu'elle a quitté vendredi provisoirement la plus belle preuve de sous culture médiatique (la ferme des colocataires) pour aller poser son séant élu en 2001 pour ses forme et en 2004 pour la forme sur les sièges du conseil régional.
"Elle est là, avec son tailleur noir et blanc, son écharpe et ses lunettes, sérieuse, à compulser ses documents [...] Elodie Gossuin ne perd ni son sourire ni son calme. L'ex-Miss France, élue sur la liste UMP-UDF de Gilles de Robien, pensionnaire temporaire de «La ferme célébrités» sur TF 1, rappelle qu'elle compte assumer toutes ses responsabilités d'élue." apprend-t-on dans Le Figaro qui bave décidément de lyrisme devant toutes les représentations féminines de l'autorité (toi aussi, insert ta blague ici).
Et pour se rendre à la première séance générale de le 3e région la plus pauvre de France métropolitaine, quelle meilleure idée pour se rapprocher du peuple qu'un moyen de transport discret et peu onéreux ? Elodie nous prouve en tout cas qu'on peut être miss France, star de télé poubelle et conseillère régionale sans oublier les habitudes de voyage delà France d'en bas: "Il est 10 h 20 lorsque Elodie Gossuin entre au conseil régional à Amiens. Arrivée en jet privé quelques minutes auparavant, elle a bénéficié d'une permission spéciale pour aller honorer ses obligations." (Le parisien)
En tout cas, reste à rappeler cette belle phrase qu'avait prononcée la future star de la politique / showbizz: «Je ne suis pas qu'un faire-valoir, comme je l'entends ici et là. Et puis les gens critiquent déjà, alors que je n'ai encore rien fait. Qu'ils attendent pour me juger». C'était en Février. On a vu maintenant, on peut se lâcher ?
En élisant une pintade à leur conseil régional, les picards auraient dû s'attendre à ce que ça se termine dans une ferme.
"Un huissier de justice s'est rendu jeudi sur le plateau de l'émission de télé-réalité de TF1, pour délivrer une sommation à l'ex-Miss France et conseillère régionale UMP." L'association Anticor (les élus contre la corruption), représentée, il est vrai par l'assistant de Montebourg (PS), a envoyé un huissier constater que la pintadière miss France prenait bien part à la traite publique de chèvres plutôt que de se consacrer à ses obligations électorales.
Pourtant, elle était pleine de bonne foi, la miss France. Comme le rapporte libé, elle avait même tellement promis de se consacrer exclusivement à ses nouvelles fonctions qu'elle en avait inventé une commission qui n'existait pas.
Et la copine de Geneviève de justifier ses ambitions dans Telestar, "Mes parents ont un ami député que je ne me lasse pas d’écouter. J’ai fait partie, très peu de temps, du conseil municipal de mon village, Trosly-Breuil, et je connais bien le fonctionnement de la mairie de Compiègne ? M’occuper des autres et de la vie de la cité, endosser des responsabilités, ça c’est mon truc." Quel programme...
"Elodie Gossuin se dit «Extrêmement surprise par cette démarche», elle réaffirme avoir «pleinement conscience de [ses] responsabilités politiques»". On comprend son étonnement. C'est quoi ces gens qui sont choqués quand on les prend pour des cons ? Non mais, retournez regarder le Bigdil, on vous demande votre avis d'abord ? L'article de Libération est ici, merci à Hemisphair pour l'info.
Après avoir tenté la politique en forme de télé réalité, TF1 est finalement arrivé a faire de la télé réalité avec du politique dedans. Pour le meilleur ?
On ne pourra pas dire que le spectateur français n'a pas de choix. D'un coté, une bande de crustacés, mâles et femelles, enfermés dans deux bocaux et séparés par une cloison qu'on ouvre pour assister à l'accouplement. Les crustacés s'expriment principalement sur le mode de l'onomatopée. Les mâles ont été choisi pour leur comportement caricatural et une certaine propension au viol, les femelles ont été choisie pour leur volume mammaire. Lorsque l'on ouvre le rideau séparant l'aquarium male de l'aquarium femelle, on peut voir les males se jeter sur la paroi vitrée au risque de se blesser, alors que les femelles les ignorent, moitié apeurées, moitié consternées par l'aspect révoltant du comportement de leurs contreparties velues.
D'un autre coté, on a la ferme célébrités. Alors certes, les célébrités de la ferme, à coté des autres mollusques, on leur donnerait presque un prix Goncourt chacun. Mais voir Danièle Gilbert en maître de cérémonie pathétique d'une jet set en manque de reconnaissance au point de se mettre les pieds dans le purin et la tête dans l'audimat, la décence à des limites. Les français ont tranché, ils préfèrent voir les pseudo stars traire péniblement une bovine laitière que les crustacés s'accoupler désespérément à travers une cloison. Certes.
Mais la ferme des célébrités, en plus des poules, chèvres et autres moutons, comporte une curiosité supplémentaire en la personne d'une ex-miss France, pas vraiment jolie ni vraiment intelligente mais bien insignifiante comme les affectionne la dame aux chapeaux. Ce ne serait que malheureuse coïncidence si la demoiselle ne se trouvait, en toute humilité, être une fraîche élue UMP de sa région. Nouvellement appelée par les électeurs à des responsabilités autres que cintre vivant, la demoiselle n'a en effet rien trouvé de mieux que de se pavaner sous les ordres de Christophe Dechavanne dans la nouvelle télé réalité de TF1. Sans doute pour élever le niveau culturel de son canton. Même De Fontenay hurle au scandale. C'est dire.
Alors que le printemps fait fleurir les radars, les constructeurs automobiles ne savent plus quoi faire pour convaincre le consommateur de s'endetter sur 30 ans pour faire le malin sur le périph. La preuve.
Qu'on se le dise, le publicitaire n'a plus le moral (lire ici - Libération). Non pas qu'il ai mal vécu les petites poussées artistico-murales des anti-pubs, non, ça, il s'en fout. Mais voilà, il commence lui aussi à trouver que les pubs sont laides, agressent et globalement ne participent pas à l'élévation du niveau intellectuel de l'humanité. Pour autant de clairvoyance, on ne peut que le féliciter, le publicitaire (même s'il prétend quand même qu'il "pense que plutôt que d'offrir des espaces réservés aux antipub, la RATP ferait mieux de réagir en expliquant que sans la pub les usagers paieraient leur ticket plus cher", ce qui est une sombre ânerie, voir ici).
Mais autant il est vrai que les publicités qui nous vantent les yaourts qui aident le transit intestinal sont consternantes, autant il est un domaine qui continue à faire la joie des créatifs de tous poils. Et ce domaine, c'est la voiture. L'homme, selon les constructeurs automobiles, ressemblera bientôt à ça ...
Déjà petit, il n'aura de cesse que de vouloir grandir pour sentir ses attributs masculins vibrer au rythme de la Mercedes de papa. Pour son futur, il ne voudra pas devenir cosmonaute. Ni médecin. Ni avocat. Quant il sera grand, il voudra pouvoir marcher dans la rue et mettre sa langue dans la bouche de filles qu'il ne connaît pas. Quant il sera grand, il voudra des sensations fortes, il voudra la liberté, il voudra le luxe, il sera prêt à travailler pour ça, faire un boulot qui ne l'intéresse pas. Il saura qu'il n'a pas le choix. Il travaillera uniquement pour l'avoir, pour elle seulement, ce sera son unique but, sa lubie. C'est son morceau de tôle à moteur. C'est sa voiture, c'est sa virilité, son aspirateur à gonzesses, son identité, sa raison de vivre.
Ce message sponsorisé est par Audi (qui nous dit qu'on ne pourra jamais lâcher notre boulot avilissant parce que le dernière Audi, l'est trop belle), par Mercedes (affirmant que le but de la vie n'est pas d'aimer son métier mais de faire du 280 sur l'autoroute), par Seat qui nous fait croire qu'acheter une voiture espagnole permet de se balader dans la rue et de violer n'importe quelle représentant du sexe féminin de moins de 55 kilos en toute impunité et par Renault qui nous dit que tenter d'assassiner sa femme, c'est pas très grave parce que si elle est vraiment intelligente, elle prendra la Laguna.
Alors toi, petit publicitaire qui avait l'air bien alarmé par la pitoyable qualité des spots pour les flans, rassures-toi. Il vaut apparemment encore mieux quand les créatifs ne réfléchissent pas. Parce que quand ils s'y mettent, ça sent la testostérone à plein nez. Et la testostérone avec une voiture entre les mains, ça pue.
Quand on veut convaincre l'être humain qu'il adore voir de la pub, on fait de la pub pour la pub. Mais pas seulement, on fait des sondages aussi. Et si on aime pas, en tôle.
Sur la ligne 2 du métro parisien, les affiches de pub sont redevenues des affiches de pub. Toutes aussi belles et originales qu'un habitant du loft au réveil, elles ont recommencé à nous vanter les bienfaits de l'eau qui rend intelligent, des baskets qui rendent beau et des voyages à l'étranger qui permettent d'échapper au métro et à ses omniprésentes affiches de pub.
Sur la ligne 2 du métro, la contestation s'en est allée. Les seins étalés sur les affiches incitant à acheter Entrevue sont désormais inviolés, les ampoules les moins chères de France envahissent le champ visuel sans humour si ce n'est celui de nous faire croire que notre vie sera meilleure si on peut s'éclairer à 99 centimes au lieu des 1 euros 20 chez ce salaud de concurrent.
Plus de message cryptiques sur la ligne 2. Plus de saccage des affiches, les procès de métrobus ont eu raison des défaiseurs de pub. Casta s'étale sur les stations, le bon marché continue avec ses opérations super promo qui rendent une paire de chaussette enfin accessible à qui gagne 27 fois le SMIC. Le trajet de métro est devenu ce qu'il avait toujours été, un déplacement dans un long spot publicitaire.
Libération publie cette brève, dans son édition de lundi: "les francais ne sont pas antipub". Et d'expliquer que contrairement à ce que voulaient nous faire croire les terroristes armés de marqueurs noirs, les français aiment de plus en plus être gavé de messages publicitaires.
La preuve ? Un sondage réalisé par Ipsos et CB news (CB de Chrisitan Blachas, ex-Culture Pub, publicitaire et vendeur de pub) qui nous dit la chose suivante: "Le score moyen d'agréments positifs (pourcentage d'interviewés déclarant aimer le spot, l'affiche etc. qu'on leur soumet), qui était de 63% en 1990, a atteint 68% en 2003."
Que les pubs soient globalement de meilleure qualité en 2003 qu'en 1990 où un pseudo scientifique nous vendait une lessive "Le Chat" avec la conviction d'un chercheur sur le cancer en installant une machine à laver au milieu de son jardin, soit.
Mais quelque chose me dit que les interviewés, on ne leur à pas fait faire un tour sur le périphérique pour leur faire profiter des fabuleuses enseignes néon de 30 mètres de haut qui vantent le "Chauffage Grofilex" ou les "Cuisines Mabalpo, Moins cher, plus mieux" et qui donnent à cette région de Paris un vague air d'enfer urbain. On ne leur à pas montré les pubs criardes du "Grand passage, le passage obligé à Boulogne, que c'est hyper top pour faire ses courses". On ne leur à pas demandé ce qu'ils pensaient du jaune affreux des affiches entrevue, du bleu criard des abominations carrefour.
Les pubs qu'on leur a montré, étaient probablement belles. L'insulte visuelle de leur installation à chaque carrefour, chaque feu rouge, chaque abri bus, chaque station de métro, chaque émission télé, chaque pissotière de bar, ça, on ne leur a probablement pas posé la question.
Et bonne nouvelle, plus on met de pub, plus il faut en mettre. Parce que bombardé de "Omo", "Ariel", "Vizir", "Calgon", "Skip" et autres délires lessiviers, ce con de consommateur, il ne sait plus quoi acheter. Alors on lui en remet une couche, juste au cas où. Quant aux sondages anti-pub, il serait peut être temps d'arrêter de se battre sur des chiffres qui ne veulent rien dire et de poser les vrais questions. "Aimez vous les panneaux au bord du périphériques, les enseignes néon quand vous rentrez dans Paris, les accroches racoleuses des publicités d'entrevue?" d'autant quant on apprend qu'à Paris, un affichage sur deux est tout simplement … illégal.
Quant à la station Victor Hugo, ils ont supprimé l'affiche qui portait les poèmes de l'écrivain. Un appel à la RATP, un appel à Métrobus, un appel à la responsable de la ligne 2. Personne ne savait qu'il y avait un panneau avec les poèmes de Victor Hugo. Mais tout le monde savait qu'à la place, il allait y avoir de la pub. Yahou.
Les reality shows qui sentent le foin et le purin existent déjà depuis longtemps. Certes, ça ne copule pas dans les piscines mais ça fume de la mousse …
C'est la nouveauté du moment. Après les copulations subaquatiques de posts-adolescents dont le QI n'atteint pas deux chiffres, après les brames des ex-futures stars chanteuses du rayon fromage du mammouth régional, après les expositions mammaires des opérations séductions, les faux millionnaires et vrais abrutis, TF1 et Canal+, la main dans la main, ont décidé que le prochain sujet de conversation autour de l'andouillette purée du restaurant inter-entreprise serait "la campagne" (pour mémoire, la campagne, c'est ce truc bizarre qu'on trouve autour des villes et dans lequel il n'y a même pas une Fnac).
Bref, on l'aura compris, nos télés vont dégouliner de bouse fraîche et de fromage moisi, où l'inverse, le tout servi par un improbable maître de cérémonie qui n'aura pas oublié de chausser ses bottes en caoutchouc histoire concurrencer Lagaff dans le concours de flatulences d'access prime-time.
Mais voilà la télé réalité champêtre est sans aucun doute le concept le moins innovant à la télé depuis Intervilles, ses vachettes et son nationalisme de clocher. "Histoires naturelles" fait déjà depuis des années le déplacement à la campagne, celle ignorée des politiciens habitués à tâter la croupe bovine porte de versailles. Celle qui paît tranquillement en écoutant pousser l'herbe et en attendant l'ouverture du bistrot.
Lundi matin, sur "histoires naturelles", un plan fixe, un paysan que l'on appellera "le paysan" pour la sobriété olympienne du récit, un journaliste (appelé journaliste pour les mêmes raisons que sus-citées) et une cagette (et deux saucisses frites pour la 12).
Au pied de "le paysan", donc, la cagette, moitié pleine de mousse. Alors comme ça, vous ramassez la mousse demande le journaliste. Bah ça, pour sûr répond la paysan, je ramasse la mousse depuis 40 ans. Sous les pieds de "le paysan" vient d'apparaître le texte: "Le paysan – Ramasseur de mousse".
Le paysan ramasse donc la mousse. On ne sait pas pourquoi, mais il ramasse la mousse. On peut imaginer que ça l'éclate de ramasser la mousse. On ne voit pas vraiment pourquoi il ramasserait la mousse sinon. A moins d'avoir fait une descente d'acide en écoutant les stones, on ne voit pas vraiment d'autre explication. L'acide étant suffisamment rare dans la basse Drôme, on suppose que ça l'éclate de ramasser la mousse, point.
Mais voilà, on est sur TF1 et le journaliste, qui décidément, n'en peut plus d'investiguer sur le ramassage de la mousse, insiste sur le profond mal être du paysan qui lui apparemment ne pense qu'à aller rejoindre Marcel au bistrot. Alors, le ramassage de mousse, pas trop dur, les lombaires et tout, il s'en sort "le paysan" ? Et le journaliste de questionner le paysan sans cesse sur la difficulté du ramasseur de mousse.
Jusqu'au moment clé de l'émission. Le journaliste parvient à lui faire cracher le morceau. Alors, "le paysan", depuis la politique agricole et tout ces machins décidés à Bruxelles, comment se porte le ramassage de mousse. Et "le paysan" de répondre "Oh ben vous savez, depuis que les autres paysans, ils mettent leurs champs en jachère, j'suis obligé d'aller dans les bois pour ramasser la mousse. Et alors, vu que les bois sont à l'état, faut que je paye un droit de passage". Générique de fin, on terminera donc sur l'inénarrable tristesse du paysan qui doit payer des impôts pour ramasser la mousse.
Finalement, histoires naturelles, c'est un peu "la ferme des célébrités" dans laquelle on aurait mis que des Jean-Pierre Pernod et des Ernest-Antoine. Quant à vous, les ronds de cuir de la nomenclatura Européenne, à-ton envie de crier, n'entendez vous pas le cri du ramasseur de mousse dans vos cauchemars de puissants de ce monde ? Elle est pas belle, la télé, à 4heures du matin ?
Quand le télé se met a réfléchir sur la télé, ça ne peut être que violent. La preuve.
TIVO, c'est le nom du dernier cauchemar des publicitaires. Pilotime quand on est chez Canal, ces petits boîtiers permettent le faux direct mais ouvrent surtout la possibilité de tranquillement éviter les pubs pendant les fascinantes retransmissions d'évènements fondamentaux tels que la remise du nouveaux Larousse au super finaliste Poitou-Charentes de question pour un champion ou les imbécillités sénilisantes de Pascal Sevran.
Bref, en vrac, les patrons de chaînes à haute valeur philosophique, les publicitaires et les annonceurs ne sont pas content du tout (et c'est pas lui qui les contredira). Mais le grand prix de la clairvoyance revient sans nul doute à un "Senior TV executive" qui, refusant d'être nommé, à tout de même lâché deux points ouvrez les guillemets: "The creative side of commercial TV business has been drummed out of us by negotiators and auditors. They've turned it into a boring, number oriented game" (Le coté créatif de la télévision commerciale nous a été enlevé par les négociateurs et les auditeurs. Ils l'ont transformé en un jeu ennuyeux et orienté vers les chiffres).
On ne voit pas du tout de quoi il parle (ceux qui ont dit TF1 et M6 au fond de la salle, vous sortez, et deux heures de Drucker chacun pour la peine). La semaine sans télé 2004, c'est du 3 au 9 mai et c'est plus d'information par là chez Casseurs de pub.
L'inconnu est il la nouvelle star des journaux people ? La publication d'e-mails remplacera-t-elle les photos du prince Charles en string ?
"You have made me c*m a few times, not as good as the real thing". Ou l'histoire du mail qui aurait dû rester personnel. Elle est en Australie, il est à Londres, elle est en copie d'une blague par mail, elle lui répond un message salace dans lequel elle insulte un ou deux clients au passage. Elle clique sur "send" et avant de se rendre compte qu'elle avait choisi "Reply to All". L'histoire aurait pu (du?) s'arrêter sur cette bourde.
C'est sans compter sur la trentaine de destinataires du mail qui se font un devoir de transférer l'envoi à la presse, prouvant si besoin est qu'on descend encore d'un niveau vers le plus bas fond du tabloïdisme puisqu'on s'intéresse maintenant aux préférences sexuelles de gens qu'on ne connaît même plus. La presse s'empare de l'affaire, prouvant de son coté que oui, il y a de la place a remplir dans les colonnes des journaux. Elle devient connue, il devient célèbre, elle revient d'Australie, les journalistes sont à l'aéroport, ça ne fait pas rire l'employeur du monsieur qui du coup, risque d'être mis à la porte ou en tout cas de rester pour les 10 prochaines années le "copain de la cochonne".
Ca ressemble furieusement à la pathétique histoire de David Hirschman et prouve parfaitement, si on en doutait encore que oui, il se passe vraiment des trucs graves sur terre. Via Embruns, blogue de qualité s'il en est. Le mail en entier est ici, l'article de fond avec la photo de la victime est là.
Ils ont été 2,300 à donner leur avis sur la pub et ils ne sont pas d'accord avec Métrobus. Ca va en faire du monde au tribunal.
Loin de douter de l'incommensurable bonne foi de Metrobus, filiale underground du très magnifique Publicis, un sondage dont les résultats sont parus hier viennent légèrement à l'encontre des maigres résultats du sondage BVA/Metrobus. Selon le premier sondage, il apparaissait en effet que - je cite - "73 % des Franciliens sondés estiment que le trajet est plus agréable et moins monotone avec la publicité sur le réseau", que "63 % des Franciliens sondés reconnaissent que la publicité est nécessaire au financement des transports publics" (lire ici pour s'en convaincre) et que "75 % des Franciliens n’approuvent pas les actions visant à barbouiller les affiches". Ce sondage avait été réalisé auprès de 800 franciliens représentatifs (on ne saura pas de quoi) entre le 14 et le 26 février par BVA (voir ce communiqué de presse RATP).
Et hier, Expression publique m'avertit que les résultats provisoires de "l'autre sondage" sur la pub dans le métro sont publiés. Voilà ce que ça donne avec 2,300 avis exprimés, soit 3 fois plus que chez BVA mais bien sûr, moins représentatifs...
Donc, ils sont 42% à ne pas aimer la pub, 61% trouvent qu'elle est trop présente, elle est manipulatrice (76%), trop racoleuse (67%) et agaçante (56%). Pire, ils sont 60% à juger que la publicité tient une place trop importante dans notre société. Quant au mouvement anti-pub, ils sont 50% a en avoir entendu parler, et ils sont 45% à ne rien voir de négatif là dedans. Ils sont même 39% à considérer le "barbouillage d'affiches" (poésie quand tu nous tient) comme un acte citoyen.
Bref, ils sont à 52% du coté des anti-pubs, à 10% du coté des partisans de la pub, et à 37% ni pour l'un, ni pour l'autre. Le sondage en entier est par là, chez Expression publique. On a du mal à retrouver nos petits du sondage metrobus/BVA de fin février. Ou bien les franciliens retournent leur veste plus vite que Juppé, ou bien y'a quelque chose qui m'échappe. Qui a dit désinformation au fond de la salle ? Tu sors. (crédit photo Chryde)
David Pujadas revient au 20 heures et fait souffler un vent nouveau sur la rédaction. Le retour des grandes fictions sur le service public ?
David "Jeanne d'Arc" Pujadas a fait son grand retour à la grand messe des faits divers sur France 2. Après deux semaines de congés payés durant lesquelles la France a pu se morfondre devant une Béatrice Schönberg de moins en moins réveillée, David est de retour aux affaires. Et il confie l'intense pression à laquelle il est soumis. "Je n'ai pas le droit à l'erreur" confie-t-il au Nouvel Obs, avant de rajouter "J'étais surtout concentré sur ma prestation journalistique, la somme de travail que suppose cette fonction et la rigueur qu'elle exige. Or, ce métier-là implique que l'on entraîne et anime une équipe. Les journalistes ont besoin qu'on leur fixe un cap, qu'on les écoute et qu'on leur manifeste de la considération».
De la confusion fréquente entre les mots "journaliste" et "présentateur bien coiffé". En tout cas, pour son retour à l'écran, David a clairement fixé le cap. On ne se focalisera plus sur les news de proximité qui fascinent tout bon lecteur du Dauphiné libéré mais sur de vrais sujets politiques, internationaux et même interplanétaires. Demain, il annoncera la découvertes de sites archéologiques sur Mars, Vendredi l'arrivée de Besancenot à la tête du MEDEF et lundi prochain, la découverte d'un neurone dans le cerveau d'un membre du FN. Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'y aille, Pujadas vient de m'annoncer que Chirac vient de se pacser avec Lorie.
Alors que la RATP appelle à l'expression publique, Metrobus appelle au pugilat. Retour sur l'affaire des affiches du métro.
"A l’occasion du débat qui s’est instauré depuis quelques mois autour de la publicité, débat qui dépasse de beaucoup l’entreprise, la RATP a décidé de réagir en ouvrant des lieux d’expression publique dans le métro." C'est en substance le communiqué de presse de la régie autonome des transports parisiens en réaction aux campagnes de "recouvrement des espaces publicitaires" comme on les appelle poétiquement.
L'initiative est sympathique et conviviale mais ne doit pas cacher une autre réalité, celle des poursuites judiciaires bien réelles intentées contre 62 recouvreurs d'affiches. Sans reparler des aspects économiques de la vente de publicité dans le métro (déjà évoqués ici), observons en silence afin de ne pas les effrayer, les revendications outragées de Metrobus.
Métrobus demande, en réparation des dégradations subies, 980,000 euros de dommages aux 62 interpellés. 980,000 euros (6,42 millions de francs pour ceux qui sont restés coincés en 2002), c'est donc 15,806 euros par accusé, soit 18 mois de SMIC chacun ou encore le prix d'une Renault scénic.
Il convient de noter que du coté de métrobus, la détérioration des affiches n'est pas nouvelle et que "les poseurs sont tenus par contrat de remplir tous les matins un relevé concernant la qualité de l’affichage en place et de signaler à la centrale de pose de Métrobus toute détérioration éventuelle. Une repose est alors effectuée dès le lendemain." (voir cette page. En fait, la prestation de "nettoyage" est déjà largement prise en compte puisque comme le précisent leurs conditions générales de vente (pdf), les annonceurs sont tenus de fournir 30% d'affiches supplémentaires pour l'entretien (soit un panneau sur trois remplacé durant la campagne).
Alors, que représentent les 980,000 euros puisque les frais de remplacement sont dores et déjà pris en compte dans les tarifs de Metrobus ? 980,000 euros, c'est le prix sans réduction, de l'affichage de 2,311 panneaux de pub de 4 mètres par 3 dans le métro ou encore de 9,800 affiches sur des abris bus durant une semaine (voir fiche de tarifs en PDF, pages 4 et 6).
Mais encore une fois, les usagers du transport parisien ne peuvent qu'être heureux de la sévérité de Metrobus. On nous le répète à l'envie ... Ils sont 73% à estimer que le trajet est plus agréable avec la pub, 63% pensent que la publicité est nécessaire au financement et surtout, ils ne sont que 25% a approuver les actions des tagueurs de pub. Le détail du sondage BVA/Metrobus (l'intitulé des questions posées par exemple) est introuvable. Il ne figure pas non plus sur le site de BVA qui reprend pourtant, le détail de tous les autres sondages.
Alors, pour donner son avis à la RATP, un tour sur Expression publique. Et dormir en paix car Metrobus inaugure cette semaine, "500 emplacements publicitaires grands formats" afin de "maximiser l’impact des campagnes de pub" en touchant "en 2 semaines plus de 4 750 000 personnes avec une moyenne de répétition de contacts de près de 16 fois". Usager des transports en commun, réjouis toi, Metrobus fait tout pour que tu ne t'ennuies pas.
Pour vendre des sacs à main en cuir véritable, le club de bowling d'Arras sera-t-il le prochain porte drapeau du luxe à la Française ?
Un vent de bonté souffle sur la France. Après un Michel Edouard Leclerc qui veut à tout prix sauver le pouvoir d'achat des français, voilà qu'une vénérable institution financière et qu'un vendeur de steaks s'y mettent aussi. L'heure est venue de penser à ceux qui gagnent le moins, à ceux qui sont autant touchés par la dernière BMW que l'abbé Pierre par la sortie des nouvelles Nike air pump wave montées sur ressorts en silicone, accessoire excessivement indispensable pour se rendre à son cours de flûte dominical, ça va sans dire (même si tous les spécialistes s'accordent à dire qu'avec une paire de baskets jaune, l'abbé Pierre pourrait facilement reconquérir son statut d'homme le plus populaire de France au Judoka préféré de Bernadette et Lorie). Mais bref, revenons en à nos moutons, il est temps que le pauvre mette la main au porte monnaie, y'a pas de raison non plus.
Ca a commencé avec le crédit municipal de Paris qui affiche dans le métro parisien que oui, même si on n'a pas d'argent, ce n'est pas une raison pour se priver d'aller faire les soldes chez Laetitia Casta. Et de démontrer son message par moult exemples édifiants qui fait regretter que le prix Pulitzer n'aille pas à un publicitaire. "En panne momentanée de liquide pendant la cruciale période de début de solde et de migration saisonnière vers le département jupettes de chez Zara, Virginie a tout de même pu s'offrir le pantalon qu'elle avait repérée cet hiver en mettant sa montre familiale en gage". Avec le crédit municipal, on peut enfin rester dans la course a la consommation même si on est déjà cofidis jusqu'au cou.
Et alors qu'on pense que la pub du crédit municipal n'est qu'un incident de bon goût de plus, voilà que le vendeur de côtes de boeuf hippopotamesque placarde en pleines vacances d'hiver les murs du métro parisien de ce message édifiant: "Privé de vacances au ski ? l'hippo offre un menu enfant moitié prix", ou quelque chose s'en approchant. Alors toi, enfant de monsieur pauvre, oui, toi, ne soit pas jaloux de tes camarades qui partent s'engluer sur les autoroutes des alpes dans le kangoo familial. Non, car si ton papa est un père digne de ce nom, il t'emmènera forcement déguster un succulent menu trappeur à l'hippo qui borde l'autoroute A10.
Bref, RMIstes, RMAstes, chômeurs, chômeuses, dites-le vous, en cette fin d'hiver, les publicitaires en ont après vos économies. Le prolétaire sera-t-il l'avenir de la France ? En tout cas, il est bien parti pour devenir celui des publicitaires. Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'y aille, les restos du coeurs font happy hour entre 18 et 20 heures. C'est tellement Jet set.
Que ceux qui doutaient de la théorie de la relativité restreinte se ravisent. Comme digne successeur d'Albert Einstein, le journal de France 2 se pose là.
Jeu de 13 heures. Quand Béatrice Schönberg annonce en ouverture du 13 heures de France deux "Un reportage sur cet effroyable drame" ce samedi, a quoi fait elle référence ? (une seule réponse possible).
1- Un massacre dans un camp de réfugiés en Ouganda qui fait plus de 200 morts, indistinctement hommes, femmes et enfants, tués par le feu avant d'être achevé à coups de lame rouillée ?
2- L'enlisement du processus de paix en Palestine, les attentats en Israël, les kamikazes et les morts civils des deux cotés du joli mur de Berlin Gaza ?
3- L'alerte orange de météo France qui dit que attention, il va neiger et que rien ne sert de partir, il faut saler à point ?
4- La petite Agathe qui vient pourrir les vacances de ses parents en allant faire mumuse dans les mécanismes d'un tapis roulant d'un station de ski quelconque ?
Pas sûr ? Alors voilà un indice. L'évènement s'est passé il y a maintenant une semaine et pourtant, le journal de France deux y consacrera ses 10 premières minutes avec grand reporter sur le terrain, investigation de fond, recherche des coupables. On emploiera le mot "Drame" 7 fois en 10 minutes.
Si tu as répondu "la petite Agathe", tu as gagné. Ou bien tu es très brillant, ou bien tu as regardé le 13 heures de France 2 (auquel cas je te conseille de faire autre chose de ton samedi), ou encore tu es Béatrice Schönberg (auquel cas je te conseille d'apprendre à lire un prompteur). Dans les reportages attenants au "Drame de Val-Cenis" comme on l'appelle maintenant, on aura droit à l'interview de tous les êtres humains de la station capables d'aligner trois mots donner son avis, surtout s'il n'en a pas. On aura droit aussi aux avocats des parents qui veulent poursuivre tour à tour les pisteurs, les remontées mécaniques, la station et qui surtout, ne "veulent pas s'arrêter là" en poursuivant également le constructeur du remonte pente et les installateurs. Il faut que des têtes tombent disent-ils. Je sais pas si ça a quelque chose à voir, mais oui, en Ouganda, des têtes tombent. A coups de machette.
En canonisant Michel Édouard Leclerc aux cotés de mère Térésa, la publicité prendrait-elle les saints pour les mamelles de la communication ?
En d'autres époques éclairées, les supermarchés nous promettaient une vie meilleure. Avec Carrefour, je positivais alors qu'Auchan me certifiait que si j'allais acheter mes boites de cassoulet 3kg chez eux, ma vie serait bien moins austère et bien plus ... Auchan. Et alors que les fayots cuisaient dans la joie et la bonne humeur, Leclerc me culpabilisait en me prétendant que si j'allais faire les courses chez Intermarché, mes sacs plastiques finiraient dans l'estomac d'innocents dauphins du coté de Plougoumelec, auto-proclamée capitale ecologico - dolphino - friendly pour l'année 2000.
Mais voilà, les temps changent. Les supermarchés aussi. Michel Édouard Leclerc et ses amis de chez Carrefour ont été recrutés par Raël et ont enfin saisi le véritable sens de leur activité marchande ... être les messies des temps modernes, ceux qui viennent au secours des valeurs universelles qui font que le monde moderne est quand même largement plus confortable à vivre qu'à l'époque de l'homme des cavernes, temps funeste où le Néandertalien ne connaissait même pas le confort Vivre-Elec. Le con.
Carrefour lance l'offensive en affirmant "Arrêtons de consommer plus, pour consommer mieux". Le slogan est flanqué d'une image de la terre, centrée sur ... l'Afrique, laissant planer un air de révolution bolchevique du coté du rayon soupes en sachet. Oui, ami cassoulet-ophile, il est temps de prendre le taureau par les cornes. Il est temps d'affirmer que tu refuses les excès de la société moderne en allant acheter ton paquet de couches au rayon "fertilité" du carrefour local. Le carrefour-ophile parcourra alors les allées de son hypermarché local, tel le Che Guevara du rayon accessoire automobiles avant d'aller financer ses achats au taux magique de 18% grâce à sa carte boum boum cofidis.
Leclerc ne pouvait pas rester en plan. Lui, il fait local. "Les Français ont perdu 1% de leur pouvoir d'achat en 2003. Pourtant, la loi continue de nous interdire de vendre encore moins cher. Jusqu'à quand ?" (pub a voir ici). On est ému de voir Michel Édouard s'occuper du bien être de ses concitoyens au point d'aller afficher sur tous les murs de France son désaccord avec une loi qui tente de préserver le fragile équilibre producteur / distributeur. Parce que quand on paye son kilo de viande de boeuf au prix d'une savonnette, il faut forcement qu'il y ait quelqu'un qui paye.
Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'y aille, j'apprends à l'instant que Jacques Chirac, Tony Blair, George W. Bush et le pape Jean-Paul II sont tous dans la course pour le Nobel de la paix 2004. Et Jean-Pascal pour le Nobel de Physique Quantique ?
Ou comment un sein même pas catholique arrive à mettre tout le monde à genoux.
Presque une semaine depuis le super bowl et l'histoire du téton télévisuel de désenfle décidément pas. Après avoir fait son méa-culpa écrit puis envoyé aux chaînes des excuses en technicolor, Janet se voit maintenant interdite de la cérémonie des Grammys où elle devait remettre le prix "Luther Vandross". De plus, la chaîne CBS a décidé de transmettre le show en faux direct afin que "rien de douteux n'arrive à l'écran". Le procédé n'est pas nouveau, mais cette fois-ci, au lieu du décalage habituel de 5 secondes, c'est un décalage de 5 minutes qui est envisagé.
Du coté du Drudge Report, on apprend que CBS qui s'est offusqué bien vite de l'affaire, aurait en fait été au courant des intentions de la soeur de l'ami des enfants.
Les associations de familles de victimes de Janet n'hésitent pas de leur coté sur la métaphore ... A l'objection "Si vous êtes pas content, vous n'avez qu'à changer de chaîne", voilà ce que répond Pete Winn de Family focus ... "Your argument is like saying, If you don't like cigarette smoke, don't breathe.". (votre argument revient à dire "Si vous n'aimez pas la fumée, ne respirez pas"). Sauf que la télé, à la différence de l'air, on n'en a pas besoin pour vivre. Mais ça, c'est un concept qui parait vaguement échapper à tout bon éleveur d'enfant outre atlantique.
Bon, et puis parce que c'est devenu la première recherche Internet dans le monde et le mot le plus recherché de tous les temps, même devant le 11 septembre lorsque celui-ci à eu lieu, un lien vers une des photos de la scène en question (en hommage à tous ceux qui arrivent ici en tapant "Sein de Janet" dans Google depuis deux jours). C'est vrai qu'on frôle le porno du samedi soir sur canal ... (via Human Target pour le lien du drudge report)
Dans l'hypocrisie la plus générale, Janet est blâmée pour en avoir sorti plus que le petit écran ne pouvait en supporter. Les américains malades de leur propre télé ?
"You see a naked booby on TV today," she said. "So what will you see 10 years from now if no one speaks out?" ("On voit un sein à la télévision aujourd'hui", affirme-t-elle, "et qu'y verrons nous dans 10 ans si personne ne dit rien?"). Chantelle Riches, mère de 24 ans, a été horrifiée quand elle et sa famille ont vu le sein de Janet Jackson pendant la mi-temps du Superbowl. Et on la comprend. Voir cet étalage de chair et de luxure alors qu'on rôtait tranquillement sa bière, y'a de quoi en renverser ses doritos. Janet, MTV, CBS, la NFL, Justin Timberlake, on n'en pouvait plus de s'excuser après avoir donné la vision ce sein que décidément, on se saurait vraiment pas voir.
"What will you see 10 years from now?" demande Chantelle ... Elle a raison, si ça continue, dans 10 ans ... un jeune verra avant le jour de sa majorité, plus de 200,000 actes violents dont 16,000 meurtres. Dans 10 ans, chaque heure passée devant le petit écran donnera le loisir de se repaître en moyenne de 6 actes violents. Si Janet continue à s'exhiber, les parents démissionneront de leur rôle de parents en laissant chaque année leur marmots passer 1.023 heures devant la boite à images alors qu'ils passent dans la même année moins de 900 heures à l'école.
"What will you see 10 years from now?" demande Chantelle ... Dans 10 ans, elle regardera encore le superbowl, et ses mioches auront mangé 20,000 pubs chaque année. Chantelle, quand elle aura 65 ans, elle aura vu 2 million de spots à la télé. Les enfants de Chantelle ne feront pas partie de ces 25% de jeunes américains qui savent où a été signée la constitution (Philadelphie). Par contre, il y a fort à parier que les enfants de Chantelle feront partie de ces 75% qui savent que 90210 est le code postal de Beverly Hills.
"What will you see 10 years from now?" demande Chantelle ... Elle va écrire au député et à l'équivalent du CSA local, pour se plaindre et répéter à qui veut bien l'entendre son dégoût de la chose mammaire. Chantelle, en moyenne, communique chaque semaine avec ses enfants durant 38 minutes. Et regarde la télé 28 heures. Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'y aille, y'a une rediffusion de Jean-Paul le millionnaire, l'épisode dans lequel on voit le genou de Melissa. La France en est encore émoustillée. Pour voir les statistiques utilisées ci-dessus qui ne datent pas de 2014 mais de 2000 et de 2003, c'est ici via Turn Off TV et ici, via KFF.
Le figaro serait infiltré par les forces obscures de féministes révolutionnaires. Brain Not Found a des preuves
Parfois, la vie est faite de petits bonheurs. Trouver un billet de 50 francs dans sa poche alors que la banque ne les accepte plus par exemple. Avoir envie d'un mentos et en trouver un sous le siège de la voiture avec son lot de miasmes collé dessus. Aller sur le site du Figaro et se rendre compte que le journal est piraté en profondeur par les forces révolutionnaires du MLF qui a apparament pris possession des archives de l'honorable établissement journalistique.
La preuve en images ici et du coté de cet article qui on s'en rendra compte, n'est autre qu'un manuel à l'usage des feministes castratrices. Sur ces bonnes paroles, vous m'excuserez, faut que j'y aille, le week-end commence (longueur : court)
Ou comment on nous fait croire qu'un empereur légèrement mort peut résoudre les problèmes macro-économiques à l'approche des éléctions
Dans le monde du 27 janvier, page 24 (vous saurez tout, c’est un blogue scientifique ici), un aimable établissement nous propose son aide pour payer notre retraite de dans 70 ans. Ca tombe bien, c’est d'actualité en ces temps de fin de canicule et de coupe budgétaires histoire de financer les cours de droit des experts du lyonnais. Non pas que je sois super préoccupé par ma retraite mais il est des publicités qui ne laissent pas indifférent. C’est comme ça. Celle là, en l’occurrence, brille par son détachement des règles humoristiques communément admises dans nos société occidentales où il faut bien le dire, faire un bide, c’est la honte.
Alors que là, peur de rien. La pub en question balafre la page du monde en caractère 78 : «Ne faites pas comme Napoléon, préparez vous une retraite au chaud». Un subtil mélange d’humour (Napoléon, la retraite de Russie, des millions de morts et tout, ah ah ah hum), un zeste d’actualité (il neige ma brave dame, et puis qu’est ce qu’il est beau ce Christian Clavier dans son pantalon moulant et son chapeau de travers, ouh) et un annonceur connu pour sa capacité à gérer la banque centrale européenne puisqu’il s’agit de rien de moins que La Poste.
En dehors d’avoir une lecture un peu particulière de l’histoire («1812, Napoléon découvre les joies de la retraite quelque part vers Berezina» dixit la commerciale annonce), on peut se poser deux trois questions sur l'inspiration du message …
D'abord, l'agence de pub. Je veux dire, normalement, ces gens ont une réputation à défendre, je veux bien que ce soit la crise des budgets mais quoi, ils ont Jean Roucas dans le staff de rédaction ou quoi ? Eh, Jeannot, c'est quoi le budget de la Poste ? 17 millions d'euros ? OK, j'te laisse une demi-heure pour nous pondre un truc populo à la con et tu nous rejoins au Baby foot, OK ?
Et puis à l'autre bout, y'a le mec qui va aller à la poste pour financer sa retraite … 50 ans plus tard, le voilà à faire la queue à l'unique guichet d'une des deux poste encore ouverte à Paris. Numéro 413, Numéro 414, Numéro 415, Numééérooo 415 !!
- Oui, bonjour, je viens chercher ma retraite de novembre …
- Vous avez votre livret jaune? vous la voulez en carnet de 10 ou en carnet de 20 ? simples ou avec notre nouvelle Marianne Evelyne Thomas ? (oui, y'a pas de raison que dans 50 ans les français aient meilleur goût que maintenant)
Y'a personne qui vérifie les pubs à la poste ou quoi ? Allo ? Parce que là, il est urgent de se réveiller vieux. Il se passe des trucs dans ton dos quand tu fais ta sieste dans le local où on range les balais. Quant à moi, vous m'excuserez, je cherche le prochain slogan d'un célèbre employeur asiatique dans l'almanach Vermot. J'hésite encore entre "Nike au Tison, promo chez Decathlon" ou "Mike au Tyson, promo chez sonotone".
Le 20 heures serait-il la preuve de la validité de la théorie de la relativité restreinte ?
Vandel en a fait la preuve, le traitement des infos devient de plus en plus n'importe quoi. Dans le télévisuel magazine "Arrêt sur image", il nous démontre que le traitement du crash des avions de ces derniers temps suit une logique dans laquelle le temps d'antenne accordé est inversement proportionnel à l'éloignement géographique des victimes par rapport au siège de TF1. Bref, un crash d'avion normal, un avion à la con avec plein de gens qui n'ont même pas le bon goût de parler français, ça fait en tout et pour tout un cumul d'une quinzaine de minutes au JT, toutes chaînes confondues. Moins si les les morts sont de l'hémisphère sud parce que il faut garder de la place pour le foot, faut pas déconner non plus, on a nos priorités.
Par contre, un charter qui transporte Josiane et Jean-pépé, on en gave plus de 10 heures de news dans la semaine. En veux-tu en voilà. On fait un reportage sur l'avion, la compagnie, les charters, le club de vacance, le voyagiste, les repas dans les charters, les agents de voyages, le conducteur du bus, les boissons dans les charters, l'équipe de secours, les assistants de l'équipe de secours, les pilotes du robot télécommandé qui vient récupérer les boites noires, le mec qui sait lire les boites noires, le mec qui fait le café du mec qui sait lire les boites noires (avec du lait sans sucre), les familles des victimes, les toilettes dans les charters, les voisins des victimes, les animaux de compagnie des victimes et ceux des des familles des victimes. Bref, on vomit de la pellicule, manque plus que la ligne de T-Shirts "Moi aussi je connais une victime du vol Flash Air".
Et d'un seul coup, parce qu'on nous a gavé le cerveau avec ces morts sur qui on crachait probablement une semaine plus tôt, chacun se doit de poser ses fesses à la messe. Tout les villages de France situés à mois de 50 kilomètres d'une victime du vol se réunissent pour un dernier adieu à la famille truc, au époux bidules, si c'est pas horrible une fin comme ça ma brave dame, fauchés en pleine vacances alors qu'ils avaient même pas fait développer leurs photos. Chacun verse sa larme parce que Béatrice Schönberg, elle est tellement émouvante quant elle parle de kiki, le chien de Simone qui est tellement seul maintenant. Et les politiciens se montrent aux funérailles de "Dédé la crapotte", qui pour une fois n'était pas parti faire du tourisme sexuel en Thaïlande. Il aurait dû.
Et au journal du soir, on ne manquera pas de s'offusquer de ces touristes allemands et anglais qui osent, vous m'entendez bien, qui osent continuer leurs vacances normalement alors que tant de nos sympathiques et riants compatriotes sont morts. Pour aussi peu de respect de la part de nos voisins outre manche et outre Rhin, on sent que notre Pujadas National, il irait bien mettre un scud sur le camp de vacances. Mais on est entre gens civilisés. On attendra la fin du deuil et de la demi-heure "picon-bière à 1 balle" au bar du cimetière de Fongicide-sur-Auxois. En Egypte, on a érigé un monument aux morts, ces non-héros, alors que les réacteurs de l'avion étaient encore chauds. Et pour ma part, vous m'excuserez, on m'a demandé d'écrire la nécrologie de Stéphane dit "la mouillette", boucher à Quimper, joueur de boules émérite et passager du vol Flash Air, on le met au Panthéon ce Week-end.
Le français fantasmerait-il plutôt sur les pervenches que sur les blouses blanches ?
En janvier, en dehors des factures annuelles, assurance, entretien du chauffe eau et de la concierge, le premier mois de l’année nous balance généralement un autre marronnier. Le calcul des meilleurs audiences télé des 12 mois précédents éclaire la royaliste galette comme les bêtisiers de décembre font dégouliner la bûche de noël surgelée.
Mais qu’avons nous donc regardé en 2003, devant quelles inepties cathodiques avons nous sacrifié notre temps ? Quelles sont les performances ont justifié les brâmades dissonantes des ados déphasés de la tare académie ? Qu’est ce qui fait fantasmer le PAF et bouillir Lelay ? (pouf pouf).
S’il fallait résumer l’année en 3 mots, ce serait « Ta mère au poste ! » et puis oui, je sais que ça fait 4. Sur 100 des meilleures audiences (sans compter les divertissements de 20 heures de PPD, Pujadas, Chazal et autres amuseurs bien coiffés), on compte 1 grand prix, 1 match de rugby, 5 matchs de foot, 10 cochonneries du genre du grand jeu du code de la route, 17 films, 18 téléfilms et … 42 séries policières bien franchouillardes. Des Navarros, Cordiers juge et flics, Frank Keller à la pelle, des scénarios balèzes dans des commissariats bien rangés où il manque jamais une ampoule.
Et puis … C’est quoi le problème avec les spectateurs de TF1 ? Un souci du coté présence maternelle, besoin d’être maté par sa moitié ? Les femmes avec un gourdin et des menottes sont les grandes gagnantes de l’année. «Julie Lescault» bat à la corde «une femme d’honneur», «Diane Femme flic» et «Femmes de loi». Si on ajoute à ça l’insupportable «Joséphine Ange Gardien», on frise la pathologie masochiste. Manquerait plus qu’un retour de «Marie Pervenche» et on aurait le grand chelem feminin des corps de justice repressive en prime-time.
Et puisqu’il n’y a pas de raison qu’il n’y ait que la police qui en profite, TF1 envisage de lancer «Rébecca, Légionnaire», «Yvette greluche parachutiste», «Pauline pompier du feu qui brûle» et «Nicolas président de la république». Des heures de délire télévisuel en perspective. Quant à moi, vous m’excuserez, je dois retourner sur le tournage de «Chérie, j’ai rétréci la culture», un film financé à 100% par le service public.
Dimanche, Béatrice Schönberg était lyrique. Béatrice qui ? Schönberg, celle qui remplit le siège vacant de Pujadas quand celui-ci est parti en week-end pêcher la loutre du coté de Mireille-la-bourée alors les assoiffés de la veille finissent encore de vomir leur excès de picon bière dans la brume matinale. Celle qui présente le 20 heures de France 2, journaliste élevée au bon grain, à lire docilement les textes qui défilent sur le prompteur, sans jamais perdre son sourire mi-triste qui semble nous dire "je vous comprends, je suis avec vous qui souffrez de voir les cultures de mimosa ravagées par le gel d'avant saison".
Bref, dimanche, pour annoncer la capture de Saddam, Béatrice Schönberg n'en pouvait plus de s'extasier devant la méchanceté du plus méchant de tous les méchants que tous les méchants ont connu depuis que les méchants existent sur terre. Na. Et de lancer les reportages avec autant de pragmatisme et d'honneté intellectuelle que Julien Courbet lance la pub.
"... voyons comment s'est passée l'arrestation de Saddam Hussein, Saddam Hussein qui, faut il le rappeler, massacrait allègrement les opposants au régime en les pendant à des poteaux électriques. Un reportage de ...". Pas peu fière, Béatrice veut quand même s'assurer que le français ne confonde pas Saddam et Sarkozy. Elle lance le reportage suivant: "un retour sur les 30 années d'un des pires tirans de l'histoire moderne dont le règne a été marqué par la mort, la désolation et la peur. Un reportage de ...". Bon, et puis, Béatrice, elle trouve aussi que finalement, le français n'est pas seulement un peu lent, il est aussi crétin. Elle en remet donc une couche: "... sur le procès de Saddam Hussein, procès qui ne manquera pas de faire état de la jouissance qu'à éprouvé l'ex-dictateur en mangeant les cadavres kurdes qu'il avait gazé quelques heures auparavant. Un reportage de ...".
J'ai pas osé regarder la suite. J'ai intégré que Saddam etait pas quelqu'un de bien mais j'ai eu peur qu'elle devienne grossière. J'ai surtout eu l'impression que France 2 avait oublié d'être une chaîne d'information pour devenir le mutant d'une union improbable entre l'ORTF et Fox News. On a toujours su que Saddam Hussein n'était pas fréquentable (photo de 76 avec Chirac et photo de 88 avec Rumsfeld himself), pas la peine de s'exciter comme ça. Quant à moi, vous m'excuserez, une journaliste de voilà m'a contacté pour me dire qu'il avait des clichés de Béatrice Schönberg et Saddam ensembles à la plage du Touquet en 95.
Il y a une semaine, devant la gare Montparnasse, ça a peut être l'air de rien, mais on avait envoyé des CRS protéger des ... panneaux de pub. L'affrontement était inévitable entre ceux qui pour la troisième fois voulaient faire parler les bombes de peinture et ceux qui font plus volontiers parler les bombes lacrymogène. En vrai, d'affrontement, point de trace puisque tout le monde s'est rendu dans la joie et la bonne humeur avant de finir au maquedo. Il n'en reste pas moins que c'est flippant de voir des molosses, casques vissés sur la tête et matraques au poing défendre des affiches collées dans le métro pour nous faire bouffer du brocoli à Noël.
Et comme si cet Orweillien épisode ne suffisait pas, Metrobus, la régie de la RATP décide de poursuivre "Stopub", initiateur de ce mouvement (qui au passage, juridiquement, n'a rien d'illégal puisque tagguer les pubs ne revient pas à détériorer l'espace public, eh non ...). Bref, Metrobus saisit le tribunal pour que l'hebergeur collaboratif Ouvaton donne l'adresse de ces satanés webmasters de Stopub, ce qu'ils ne sont en théorie pas censés faire (donner le nom, suivez un peu)
Hop, tribunal, Ouvaton est prié de donner l'adresse du Che Guevara du 4 par 3, et le Figaro de s'épancher sur la sauvagerie de toutes ces attaques contre la beauté de l'espace publique parisien.
[...] Car lors de la récente opération, «seulement» 800 panneaux ont fait les frais des graffitis antipub. Les CRS ont en effet cherché à limiter les dégâts que la poignée de contestataires entendaient commettre «dans la joie et la non-violence», selon leur propre expression. Mais les raids du mois d'octobre et du début novembre ont atteint leur but et endommagé bien plus d'affiches que cela. Aussi Gérard Unger, le PDG de Métrobus, a-t-il multiplié les interventions médiatiques afin de rappeler que sa société «reverse 77% de ses recettes à la RATP, permettant à cette dernière d'investir et d'entretenir le matériel à disposition des usagers». En clair, ce que Métrobus dénonce ici c'est la dégradation du bien et de l'espace public au service du contribuable. [...] (la suite sur Le Figaro et autre chose sur Le monde)
On ne peut bien entendu aucunement douter de l'énorme importance stratégique de Gérard Unger dans la capacité de la RATP à fournir un service à tous ses usagers au meilleur prix. Sans la pub de M. Unger, aucun doute que l'on paierai assez rapidement son ticket de métro une quinzaine d'euros et adieu stations propres et personnel aimable.
Un petit tour du coté des comptes de la RATP et voilà ce qu'on trouve: La RATP dégage un chiffre d'affaire de 2,9 Milliards d'euros par an* (ça, c'est le tickets, la pub via Metrobus etc...) Metrobus (qui viend donc les espaces pub) dégage un chiffre d'affaire de 132 millions d'euros par an. Elle en reverse 77% à la RATP soit 101 millions d'euros.
Soit à peu près 3% du chiffre d'affaire du transporteur parisien (qui pour info, collecte plus de 115 millions d'euros par an juste en interêts bancaires ...)
92% du chiffre d'affaire, l'usager le paye chaque mois pour aller au boulot. 3% du chiffre d'affaire, c'est le prix pour de la pub d'un bout à l'autre de la voie, de centaines de panneaux par jour, dans les stations, les rames, les abribus, les bus, les tramways, les entrées de stations, les escaliers, les couloirs, les ascenseurs, les plans de métro.
Alors on va demander un peu de calme à Monsieur Unger qui décidément, pour un nain économique, fait beaucoup de pollution et de bruit. Merci pour nous. Quant à moi, vous m'excuserez, fait que j'y aille, c'est l'heure où mon employeur m'oblige a regarder une heure de pub avant de partir en week-end. Il parait que ça paye le papier toilette.
*voir ici (pdf), là (pdf) et encore là (pdf) pour les comptes de la RATP et voir ce superbe screenshot (jpg) des résultats 2002 de Metrobus et enfin, image du début volée à chryde
Alors j'ai dit: "Tu vois Jean Pierre, si tu veux vraiment faire péter le compteur avec Combien ça coûte, prends exemple sur moi. Je veux dire, Brain Not Found réuni tous les jours des hordes de fans en chaleur, prêt à tout sacrifier pour un flirt avec moi, je ferai n'importe quoi, pour un flirt, avec moi. Mais suis moi bien Jean Pierre, écoute moi bien et les portes du succès et de l'audimat seront bien faciles à pousser dés lors que l'on a les clefs de la grande école du monde, ce n'est pas facile de t'y faire entrer mais je vais quand même essayer. Bref, écoute moi bien Jean Pierre et bientôt, la moumoute de Foucault deviendra le paillasson sur lequel tu essuiera chaque jour tes souliers crottées de pudibonderie et d'esprit de clocher à force d'arroser la France de ton indifférence de gendre idéal et de reportages sur la culture du chou fleur dans le marais berrichon."
Alors j'ai dit "Jean Pierre, crois moi, c'est VSD qui le dit. Arrête de flinguer les contrôleurs des impôts. Ca fait plus frémir les ovaires de ta ménagère de moins de 50 ans. Tu veux vendre des écrans publicitaires qui vantent le chewing gum qui fait lever le soleil ? Fais toi LePen. Fais toi Sellière. Ils sont tous les deux les personnages les plus détestés des français (apparemment, Jean Edouard du Loft était hors concours). Tu peux pas ? Ton patron veut pas les froisser ? Fais toi Hollande (l'autre pays du fromage), fais toi Raffarin (l'autre pays du prozac), fais toi Besancenot (France d'en bas) et Ferry (France d'en haut). Tu peux pas non plus ? Raffarin est déjà squatté par Chazal ? Hollande apprend la communication avec les baleines ? Le vélo de Besancenot a déraillé et Ferry est détenu à la Sorbonne ? En fait, je crois que t'as raison Jean Pierre, laisse l'information à Arte et le divertissement glauque là où il est. T'as qu'à continuer à inviter Michelle Bernier et nous faire frémir avec des quizz désopilants du genre "Mimi Matie est il le vrai nom de Mimi Matie". Quant à moi, Jean Pierre, tu m'excusera mais faut que j'y aille parce que quand un Pernod rit, car 7 volumes d'eau.