404 Brain Not Found
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5e année, 1671 articles, 6343 commentaires

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En bref : les dépêches

imageCrétin / Transsexuel une fois:
(05/07/2007) Scoop de nos amis belges, le roi s'est cassé le col de l'utérus. Si si si (via nos amis de l'excellent rue89).

imageMédias / Une dans la nuque:
(29/06/2007) En 2008, ça va sentir le vestiaire de pentathlon du côté de la Chine et pour l'occasion, RSF propose un logo fort approprié. On attend encore l'approbation des boissons gazeuses qui sponsorisent l'événement.

imagePrésidentielle / Espionnage:
(11/04/2007) C'est officiel : De Robien n'a vraiment pas la moindre idée de ce qu'il peut encore bien faire à l'UDF. Ou bien c'est une taupe. Sinon, on ne voit pas.

imageSanté / Miracle usurpé:
(11/04/2007) "Un homme sans oreilles retrouve l'ouïe". Ca n'a rien d'une nouveauté: en 2002, Loana avait bien sorti un livre. Et sans cerveau.

imageIrak / iBlindage:
(10/04/2007) Sauvez un GI : envoyez vos iPods à l'armée américaine!

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Medias > Ceci n'est pas du journalisme

Entre un journaliste et un animateur de l'ORTF, il y a généralement un monde, la preuve (non, cet article ne parle PAS de Pujadas)

imageDans la vie, il y a des sujets sur lesquels on aimerait jamais n'avoir à user les touches de son clavier. Et Paris Hilton tient une bonne place dans ceux-là. Mais si, pour une fois, on évoque la blonde au QI de fruit de mer dans cette colonne, ce n'est pas tant pour elle-même que pour une journaliste de MSNBC, Mika Brzezinski, qui refuse à l'antenne de couvrir la sortie de prison de la star de la chanson de cinéma de porno.

C'est qu'en plus de couvrir le (non) événement, MSNBC souhaitait que le titre fasse l'ouverture du journal. Rien que ça. Un peu comme si Pujadas choisissait d'ouvrir le 20 heures par un accident de vélo ou que PPDA lançait son JT par un résultat de foot. Impensable (cough).

La vidéo de Mika Brzezinski tentant de brûler son conducteur d'émission (www) a fait le tour du web, vue plus de 2 millions de fois sur YouTube. Devant l'ampleur de l'événement, MSNBC a choisi de faire, 4 jours plus tard, un retour sur la chose avec la journaliste en question (www). Avec une seule phrase de conclusion de la part du présentateur : "Vous avez pris position. Le monde des journalistes a entendu votre position... et ils vous remercient". On n'aurait pas dit mieux, c'était juste un petit moment de bonheur dans les médias.


Medias > Secret Story : l'écologie, secret qui n'est pas prêt de sortir

Ça faisait un moment qu'on s'en doutait, la télé-réalité se moque un brin des téléspectateurs. Maintenant, et c'est plus inquiétant, elle a choisi sa prochaine victime : la planète.

imageÇa n'aura pas échappé aux plus sagaces (ou désespérés, c'est au choix) observateurs du paysage audiovisuel français, TF1 se lance de nouveau dans les programmes de grande qualité avec "Secret Story", qu'on aurait avantageusement pu sous-titrer "On va arriver à vous faire croire que c'est intéressant".

Laissons néanmoins de côté l'interrogation légitime quant à l'intérêt de voir s'ébrouer une quinzaine de barmans et de coiffeuses qui doivent à tout prix cacher aux autres un secret de haute volée - parmi vous se cache le fils, naturel en plus, du genou d'Henri Leconte - et observons la maison de toutes les audiences. La production l'affirme à qui veut l'entendre : elle est écologique. Oui. Écologique, on vous dit. Verte. Responsable. Renouvelable. Sans OGM ni CFC. É-co-lo-gique, quoi. Parce que chez TF1, on veut le bien de la planète.

Alors, du coup, les matériaux sont recyclables, la moquette en vieux pneu tressé et pour un peu, on oublierait presque qu'il y a tellement d'ampoules 800 watts là-dedans que le simple fait de filmer la douche d'un candidat consomme autant d'électricité que Montbelliard en 12 ans (hors période de tentative de sécession de la Franche Comté, bien entendu). Mais on apprécie le geste écologique, c'était bien d'y penser.

Mais alors grand Dieu, pourquoi, oui, pourquoi, alors qu'on était presque ému par les efforts adolescents de la première chaîne pour sauver la planète du désastre, pourquoi a-t-il fallu que la production fasse arriver les candidats en Hummer, probablement la seule voiture sur le marché à pouvoir se vanter de polluer plus qu'un 33 tonnes ?? Personne ne les a prévenus qu'en plus de rendre pathétique tout ce qu'elle touche, cette voiture est aussi le plus abominable aspirateur à gasoil fabriqué par la main de l'homme ? Personne ne s'est senti perturbé qu'on déplace dans Paris (oui, dans Paris) des célébrités inconnues dans un véhicule que seuls des militaires avaient le mauvais goût de trouver utile ?

Pour la prochaine (parce que si l'émission est suffisamment mauvaise, il est largement possible qu'il y ait une suite), on inviterait bien TF1 à réfléchir deux fois plus à leur politique écologique. En plus, deux minutes de réflexion au lieu d'une, ça doit se caler dans un planning 2008, non ?


Medias > Viacom se lance dans la guerre préventive

L'opérateur de médias américain poursuit YouTube pour 1 milliard de dollars et lance la guerre préventive saison 2007.

image"Il est évident que YouTube et Google continuent à récolter les fruits de nos efforts et détruisent une valeur énorme par la même occasion". Ainsi parlait Viacom (MTV, VH1, Comedy Central) pour justifier son procès à 1 milliard de dollars contre YouTube (source BBC). Un milliard de dollars pour dédommager Viacom des 160 000 clips illégaux hébergés sur YouTube et qui ont été vus au total 1,5 milliard de fois.

Le hic, c'est que selon les experts du secteur, le manque à gagner pour Viacom se situerait réellement quelque part aux environs de... 30 millions de dollars (source DailyNews). C'est-à-dire 33 fois moins que ce qui est réclamé par Viacom.

Bon, ceci dit, passe encore. Michael Flatley avait bien demandé 100 millions de dollars de dédommagement parce qu'une de ses fans l'accusait de harcèlement sexuel pour... 34 millions de dollars (lire sur 404). Alors les montants crétins, on commençait à s'habituer.

Mais ce qui fait avancer Viacom, ce n'est pas seulement l'argent (non non non, promis juré). C'est aussi le fait que les internautes puissent s'échanger des vidéos en privé. Sans que les avocats puissent le voir (via Boing Boing) : "Viacom says that YouTube contributes to copyright infringement by allowing users to have private videos, because those videos might infringe on copyright."

Voilà qui est d'une logique sans faille : on pénalise "au cas où". Mais à bien y regarder, ce ne serait pas une première : on taxe bien les supports vierges en France "au cas où" ils serviraient à la copie de contenus piratés. Prochaine étape : la guerre préventive. Ah non, déjà fait aussi. 'Sont forts ces juristes.


Medias > Poutine, 3 cadavres et une légion d'honneur

Bonne nouvelle : la légion d'honneur n'est pas une arme mortelle. Mauvaise nouvelle : on la donne vraiment à n'importe qui.

imageParfois, le calendrier fait magnifiquement les choses. Quelques jours avant les adieux de Chirac à la politique, un journaliste russe chutait malencontreusement du cinquième étage de son immeuble et rejoignait ainsi une liste de plus en plus longue d'investigateurs à la santé décidément fragile. Il laissait aussi en plan une enquête en cours sur les ventes d'armes du Kremlin au Proche-Orient (www).

Quel rapport entre Chirac et des journalistes qui tombent comme des mouches du côté de chez Poutine? La réponse tient en deux mots : légion d'honneur. Parce que voilà, en septembre 2006, Chirac a décoré en toute discrétion le président russe de la plus haute distinction française. "En privé" selon le porte-parole de l'Élysée, façon aimable de dire qu'il ne fallait pas que ça se sache. Et pour cause, pas un seul journaliste français n'était invité (www et vidéo).

Quatre jours après qu'Ivan Safronov, journaliste respecté et père de famille, soit allé rejoindre sa confrère Anna Politkovskaya (assassinée de 4 balles dans son immeuble) et l'opposant Alexander Litvinenko (irradié au polonium) au cimetière des opposants de Poutine, RSF apprenait la décision du conseil d'état de maintenir la légion d'honneur du président russe (www).

Motif invoqué par le conseil d'état rapporté par le Monde : "[RSF] n'était pas concerné par la décoration" et cette dernière "ne portait pas atteinte par elle-même à la liberté de la presse" (www). Voilà une explication qui a le mérite d'être claire. Et finalement, c'est vrai : on n'a jamais vu un pin's au bout d'un ruban jeter un journaliste par la fenêtre. La prochaine fois, il faudra penser au polonium du mérite, ou un truc dans le genre. Le message sera plus clair.


Medias > La Miss 2007 sera Miss... amputée!

Le comité Miss France avait créé la controverse en élisant une malentendante première dauphine en 2006. Endemol compte bien profiter de la tendance.

imageCa a été le carton d'audience surprise de l'année 2006 aux Pays-Bas. Une émission de télé-réalité comme seuls nos amis hollandais, chantres du bon goût cathodique, savent en inventer. Et Geneviève de Fontenay en picore déjà son chapeau de rage : les droits télé de l'élection de Miss Ability ont déjà été rachetés pour la France (source Times).

Miss Ability, c'est comme Miss France, au détail près que le handicap doit cette fois-ci être bien visible pour pouvoir y participer. Une jambe, un bras en moins, une petite paraplégie, ou pourquoi pas une petite polio. Histoire que le téléspectateur puisse enfin mater cette jambe de bois pour la bonne cause.

Miss Ability serait-il un plaidoyer pour l'intégration des unijambistes? Les producteurs en sont convaincus. Et ils l'affirment très poétiquement dans leurs communiqués de presse et la présentation de leur émission (début de citation) : "Avez-vous jamais sifflé une femme en chaise roulante? Maté les seins d'une aveugle? Si la réponse est non, préparez-vous à changer" (site de la production).

La baseline se passe de commentaires. En France, c'est Endemol qui a racheté les droits (source C21 Media). Ce qui se passe également de commentaires. Bientôt sur les petits écrans français, donc. Et sans doute très rapidement aussi au Cambodge.


Medias > Langage corporel

Porter un T-shirt ne changera peut-être pas le cours de l'histoire. Mais ça a le mérite de faire rire.

imageCertains se souviendront peut-être de l'affaire Raed Jarrar, qu'on avait empêché de prendre l'avion pour la simple raison qu'il portait un T-shirt portant une inscription arabe qui avait autant de contenu terroriste qu'un épisode de "Joséphine ange gardien" (lire plus sur 404 à ce sujet).

La contre-offensive a été lancée par les geeks à travers une ligne de T-shirts aux messages subversifs codés en binaire (site). Ainsi, on pourra tenter de prendre son avion en revêtant fièrement son T-shirt "Je suis un terroriste", "Fuck America", "Fuck Cheney" ou un plus sobre "bomb", l'objectif étant de se faire photographier au moment du passage de la douane (site).

Pendant qu'on est dans les T-shirts, quelques modèles en plus, toujours aux US : "De toute façon, je n'utilisais pas mes libertés civiles" (ici), "Enervez un conservateur, pensez par vous-même" (lien) ou encore "Impeachment, it's not just for blowjobs anymore" (lien). Et pendant ce temps-là, l'UMP distribue des tongs.


Medias > Lancement de France24, un espoir pour l'information ?

Voulue par Chirac, la CNN à la française voit le jour ce soir et affiche des ambitions fortes... mais parfois un brin curieuses.

imageDepuis que les chaînes de télévision abondent sur, au choix, la TNT, le câble, le satellite ou l'ADSL, le paysage audiovisuel français nous avait habitués à pondre régulièrement une nouvelle horreur. S'il ne fallait citer que la TNT, les seuls noms de NRJ12, NT1, W9 ou Direct8 suffisent à comprendre le vide médiatique dans lequel les ondes s'engouffrent dès lors qu'on crée une nouvelle grille de programmes.

Et cependant, ce soir (18h, sur Internet) et demain (sur les bons vieux postes de télévision) arrive France24, la CNN à la française. Probablement une fort bonne nouvelle pour l'image de la France à l'étranger, représentée uniquement à ce jour par la très pauvre TV5 monde qui inonde le globe de téléfilms de seconde zone au sous-titrage approximatif.

France24 sera gratuite, accessible aussi bien sur le web que sur la télévision, bilingue, aura des journalistes en France mais aussi un réseau significatif de correspondants à l'étranger et promet une information poussée, bien plus en tout cas que sur les moroses JT que le service public et les chaînes privées servent entre l'entrée et le dessert pour encourager à ne pas rater les pubs avant Julie Lescault. On ne peut donc qu'applaudir des deux télécommandes en souhaitant que l'ambition se réalise bel et bien.

Petit hic cependant, dans son dossier de presse et par trois fois, France24 répète sa mission première : "Montrer aux téléspectateurs et internautes du monde entier tout ce qu'ils ne sont pas censés voir, savoir ou comprendre sur tous les sujets de l'actualité internationale".


Sans douter un instant de la bonne volonté des journalistes et surtout de l'agence de communication de France24, on aimerait quand même bien connaître ce qui détermine ce que les gens sont "censés voir, savoir" et surtout "censés comprendre".

Verbiage mis à part, bonne route à France24, en espérant que la chaîne contribue à remplir un tant soit peu le vide incommensurable qu'a laissé s'installer la direction de l'information de France Télévision dans ses journaux du soir (le 853e reportage sur l'ouverture des commerces le dimanche à l'approche des fêtes devrait être diffusé sous peu).

France24 sera visible à partir de ce soir sur le site France24.com.


Medias > Les dossiers 404 : Métrobus, des barbouilleurs au politiquement correct

Trois ans après les opérations anti-pub et alors qu'elle commence à se mêler de politique, retour sur Métrobus, la filiale bien pratique de Publicis.

imagePuisque 404 affiche plus de mille cinq cents articles au compteur et que fatalement, de temps en temps, on finit par parler du même sujet, les dossiers 404 seront la synthèse des informations qui ont été traitées autour d'une thématique particulière.

Ce premier dossier traite de la publicité, et particulièrement celle qu'on trouve dans le métro, et pas uniquement aux heures de pointe.

C'est que la semaine dernière, Métrobus, filiale de Publicis qui gère les espaces pub des transports en commun de Paris et Marseille (entre autres) a décidé de ne pas afficher une publicité de Télérama sur laquelle on pouvait lire : "Dimanche 15 janvier, Vivement Dimanche. Nicolas Sarkozy devrait faire attention. C'est déjà la 3e fois qu'il invite Michel Drucker dans son émission".

Le fait que Publicis soit à l'origine de l'ensemble des campagnes de communication de Sarkozy est sans doute un pur hasard dans cette affaire. (article 404 du 29 septembre 2006)

Mais les antécédents de Métrobus avec la publicité remontent à plus loin (et on ne compte pas le fameux épisode des publicités pour le salon gay "rainbow attitude", jugées trop contraires aux bonnes moeurs pour être affichées sur les quais du métro).

Il faut en fait remonter en décembre 2003. A ce moment-là, des équipes de "barbouilleurs", armés de pots de peinture et de marqueurs, envahissent les couloirs du métro en bande pour y exprimer leur ras-le-bol de la publicité qui pollue l'espace public. La préfecture de Paris dépêche des CRS pour protéger les pubs qui doivent donner envie d'acheter aux galeries Lafayette pour Noël.

Métrobus crie au scandale et demande aux activistes un peu d'indulgence pour ces panneaux qui permettent, dit-elle, aux voyageurs de se déplacer moins cher. Un rapide coup d'oeil aux chiffres de l'entreprise permet de se rendre compte que, sur près de 3 milliards d'euros de revenus en 2003, seule une centaine de millions provient des reversements de Métrobus. Soit environ 4 centimes d'euros par billet vendu. Loin de la manne providentielle décrite par la filiale de Publicis (article 404 du 5 décembre 2003).

Plus de 800 affiches ont été barbouillées en une soirée, et Métrobus réclame compensation. 62 interpellés sont alors menacés d'une amende totale de près d'un million d'euros. A la vue des tarifs affichés sur le catalogue de Métrobus, cette somme ne représente pas moins qu'une campagne de pub géante sur plus de 2300 panneaux de 4 mètres par 3. Tout ça pour rembourser des dégradations de publicités qui sont par ailleurs déjà financées par les annonceurs sous la forme d'une sur-prime payée en amont (article 404 du 8 mars 2004).

A cette requête fantaisiste de Métrobus (près de dix-huit mille euros par accusé), le tribunal accordera finalement une compensation totale de douze mille euros, soit 193 euros par accusé, 90 fois moins que ce que l'accusation exigeait. L'avocat de Métrobus ne peut néanmoins s'empêcher de jubiler : "C'est une victoire puisque la justice a condamné ceux qui ont dégradé et l'ont reconnu. La décision du tribunal montre que, quelle que soit la cause défendue par ces militants, personne n'a le droit de se faire justice soi-même" (article 404 du 29 avril 2004).

Une victoire tellement éclatante que la filiale de Publicis se doit de la faire adouber par l'opinion publique. Sondage après sondage, la RATP aligne des chiffres qu'elle veut sans appel : oui, les Français adorent la publicité. En transport ou dans la rue, elle rend la vie plus gaie, plus colorée, moins ennuyeuse. Publicis est aux anges, Métrobus aussi. On en fait même un communiqué de presse pour l'occasion, alors même que ces sondages sont formulés avec une bonne foi qui confère plus à un interrogatoire communiste qu'à une démonstration scientifique (article 404 du 11 mars 2004).

Quelques mois après les derniers barbouillages d'affiches, la vie publicitaire a repris son cours. Les affiches restent immaculées et dans la station Victor Hugo, les vers du poète sont remplacés par un portrait de Laetitia Casta qui supplie d'aller faire son shopping du côté de la gare Saint-Lazare (article 404 du 7 avril 2004).

La semaine dernière, Métrobus a interdit une publicité de Télérama qui se moquait de Sarkozy et de Drucker. Chacun choisit son camp.


Medias > On ne se moquera pas de Sarkozy dans le métro

La RATP tient beaucoup à la publicité. Et à quelques mois de la présidentielle, encore plus à ménager ses arrières.

imageS'il est une chose avec laquelle on ne plaisante pas à la RATP, c'est la publicité. Parce qu'elle le jure devant tous ses dieux, la publicité, c'est ce qui permet au métro de Paris de rouler sans facturer des sommes indécentes à ses usagers (voir cet article pour juger du bien-fondé de cette affirmation).

Alors la RATP, d'habitude, sur la publicité, elle n'est pas trop regardante. Laetitia Casta s'affiche en vertical et en horizontal depuis des années dans les couloirs, les quais regorgent d'appels à découvrir comment les nains zoophiles ont pris la greffe de nouveaux implants mammaires sur la personne de Loana dans l'entrevue de la semaine.

Mais quand Télérama veut s'afficher dans les couloirs du métro pour lancer sa nouvelle formule, là, à la RATP, on trouve que trop, c'est trop. A l'instar de l'année dernière, lorsqu'elle avait refusé de voir deux homosexuels s'afficher dans ses emplacements publicitaires (source), la société Métrobus a choisi de ne pas afficher des affiches jugées trop "tendancieuses".

Sur les affiches en question, on peut lire : "Dimanche 15 janvier, Vivement Dimanche. Nicolas Sarkozy devrait faire attention. C'est déjà la 3e fois qu'il invite Michel Drucker dans son émission" (source Le Blog Médias).

Côté Métrobus, on revendique la nécessaire neutralité politique pour expliquer cette interdiction de s'afficher dans le métro. Côté Télérama, on comprend "le rejet de l'affiche, tout en affirmant que l'objet de la campagne n'était pas d’être politique mais de « réaffirmer le rôle critique de Télérama »" (cité dans Le Blog Médias).

Mais quelles que soient les raisons du refus, pas de souci à se faire pour Métrobus, filiale de Publicis : ils sont en fait totalement d'accord avec Télérama, et ils le disent eux-mêmes, " Avec un taux de couverture de la population de plus de 15 ans des agglomérations qui se situe aux alentours des 90 % sur 7 jours, et ce quelle que soit l'agglomération étudiée, c’est l'intensité de la répétition qui fait la différence"... Comme Sarkozy chez Drucker, finalement.


Medias > Entre ces pubs se cache un programme de télévision : saurez-vous le retrouver ?

Septembre 2006 : TF1 lance la publicité en direct, sans se rendre compte que c'est déjà ce qu'elle faisait depuis longtemps.

imageCa n'a peut-être l'air de rien, mais outre avoir banalisé le fait de vendre de la soupe musicale pendant des spots de pub de 3h animés par un vrai présentateur grec, la Star Academy innove encore plus dans l'art d'utiliser au mieux le temps de cerveau disponible des spectateurs de la première chaîne.

Ainsi, le 5 septembre, TF1 a lancé la première série de spots de publicité en direct de l'histoire de la télévision française. Et ça continue chaque semaine depuis (source Les Echos).

Animé par un acteur en mal d'euros ou une troupe d'improvisation sur mesure, ces message publicitaires nouvelle génération sont pensés arme ultime à "restaurer le fameux lien émotionnel (...) entre le consommateur et la marque". Parce que chez TF1, on s'est rendu compte que le téléspectateur, à force de l'assommer de paquets de soupe sans phosphates et de lessives au brocoli (ou l'inverse), il n'avait même pas l'obligeance de retenir les réclames. Voire même pire, il en profitait pour aller aux toilettes.

Ainsi, le fait de voir un comédien jouer la publicité en direct doit plus donner envie de manger du chewing gum qu'un spot classique, avec des comédiens pas en direct.

Alors, la publicité en direct, une nouveauté dans le PAF ? Pas si sûr : la preuve, Jean-Pierre Pernault le fait depuis des années dans son 13h. C'est juste qu'il n'est pas payé pour ça. Ou alors, on nous ment, c'est à voir.

Et pendant qu'on parle de télévision de qualité, UFC-Que choisir s'étonne de ne voir lors des émissions pour les plus jeunes que des publicités sur des produits surchargés de gras et de sucre. Et que les petits enfants qui regardent la télévision sont systématiquement obèses aussi. Faudrait dire au syndicat de la carotte d'investir plus de 100 000 euros pour 30 secondes de Bruno Salomone pour promouvoir les légumes qui donnent les fesses roses. Ils sont mauvais, ces producteurs de légumes (source Libération).


Medias > Newsweek et la couverture qui arrange

Tout ce qu'on ne dit pas n'existe pas. C'est en tout cas ce que semble penser Newsweek, qui arrange ses informations comme il peut.

imageIl en est peu qui peuvent se vanter de ce titre, mais Newsweek est un des rares magazines d'information à connaître une diffusion vraiment mondiale. USA, Europe, Asie, Amérique du Sud. Il n'est encore que l'Afrique qui n'ait pas son édition à elle.

En général, ce qui change d'une édition à l'autre de Newsweek, outre quelques détails éditoriaux, c'est la pub. On n'ira pas vendre un séjour chez Wallmart à des Allemands, pas plus que des camemberts au lait cru à des lecteurs du Wisconsin. Et on ne s'en plaindra pas.

Reste que dans son édition à sortir le 2 octobre, Newsweek change son fusil d'épaule. Et tellement radicalement qu'on aimerait bien savoir pourquoi, si on n'avait pas peur de déjà connaître la réponse :

- Edition Asie, couverture : "Perdre l'Afghanistan, cinq ans après l'invasion, les talibans sont de retour et laissent le champ libre à Al-Qaeda"

- Edition Europe, couverture : "Perdre l'Afghanistan, cinq ans après l'invasion, les talibans sont de retour et laissent le champ libre à Al-Qaeda"

- Edition Amérique du Sud, couverture : "Perdre l'Afghanistan, cinq ans après l'invasion, les talibans sont de retour et laissent le champ libre à Al-Qaeda"

- Edition USA, couverture : "Annie Leibovitz, ma vie en photos".

Voilà qui a le mérite d'être clair. L'article en question est repris par Truthout, qui retranscrit le dossier en question.


Medias > Quand le journaliste devient dealer de drogue

Les journalistes sont ils devenus des criminels en puissance ? Les services secrets le pensent, les rédactions s'y préparent.

imageQuand Greg Palast a commencé son reportage pour aller photographier un camp de (toujours) réfugiés de Katrina, il ne se doutait pas que ça allait l'emmener droit dans les griffes de la sécurité intérieure américaine, au nom de la défense contre le terrorisme. Quand il visite le camp, le journaliste s'étonne de voir les ex-habitants de la Nouvelle-Orléans parqués dans des logements de fortune à deux pas d'une cheminée d'une des plus grosses raffineries du pays. Il prend des photos de la chose, des 73 000 réfugiés qui sont encore là et de l'usine qui sert de décor à cette désolation urbaine (source Greg Palast, Journalism and Film).

Mauvaise pioche : Greg Palast est maintenant accusé d'avoir mis en péril un bâtiment critique pour la sécurité nationale (qu'on peut pourtant voir tranquillement en long, en large et en travers sur Google Maps, Google Earth et Google Fais-moi-un-café). Malgré le procès en cours contre Greg Palast et le producteur du reportage, le segment a été diffusé sur DemocracyNow, soulignant le désoeuvrement dans les foules déplacées par Katrina (1re partie et 2e partie du reportage sur DemocracyNow!).

Alors, réelle mise en péril d'une installation critique pour la nation (une raffinerie de pétrole) ou entrave délibérée à la liberté de presse ? En tout cas, certains prennent les devants : le New York Observer dévoile cette semaine que les journalistes du New York Times suivent des formations sur la meilleure façon de brouiller les pistes pour protéger leurs sources des investigations de la sécurité américaine : utiliser des téléphone "jetables", des notes "effaçables", se "comporter comme un dealer de drogue" - dans le texte (source New York Observer). Quelqu'un a dit "bienvenue en URSS" ?

On en profite pour signaler trois saines lectures sur le même sujet : d'abord, "Black List" de Kristina Borjesson qui décrit 15 exemples célèbres d'affaires dans lesquelles des journalistes ont été intimidés, menacés, mis à l'écart pour avoir voulu sortir des affaires qui n'arrangeaient personne. Ensuite, le site Project Censored (merci à Yves pour le lien) qui recense toutes ces informations qui n'ont jamais atteint la une des journaux (on se demande pourquoi) et enfin, Media Crisis de Peter Watkins, auteur de "The War Game" en 1966 qui imaginait, sous la forme d'un reportage d'anticipation, l'impact d'une attaque nucléaire sur la Grande-Bretagne. Histoire de comprendre que derrière les WMD, les MMAV (Mass Medias AudioVisuals) sont autrement moins impressionnants mais d'autant plus puissants. Aux dernières nouvelles, Jean-Pierre Pernaut n'aurait pas encore été inquiété.


Medias > Pub en stock

Des T-shirts pas idiots, des journaux qui vont mal et des trucs à gagner, la semaine commence rude sur 404.

imageUne fois n'est pas coutume, section copinage dans 404. Pour commencer, à partir de cette semaine et pendant quelque temps, 404 offre son espace pub à olowshop.com, boutique en ligne de T-shirts qui, outre être jolis, n'en portent pas moins de messages un brin plus profonds que leur homologues de grande surface. A conseiller à ceux qui veulent se balader avec autre chose sur le dos qu'une déclaration d'amour enflammée à des paires de baskets fabriquées en Chine.

Bonne route aussi à Parisist qui entame sa deuxième année avec de nouveaux commandants à bord, une rédaction bilingue et plein de contenus drôles.

Par ailleurs, on signale, avec regret, que l'hebdomadaire "Le Tigre" suspend sa parution après son 17e numéro, la faute à des finances s'apparentant vaguement à celles d'un pays en voie de développement. La parution devrait reprendre, on l'espère, d'ici la fin de l'année, c'est tout le mal qu'on souhaite à une presse qui connaît une année déjà assez difficile (suivez notre regard).

Enfin, pour finir, dans la colonne de droite, si le coeur vous en dit, vous pouvez répondre à un sondage sur vos habitudes numériques, histoire de risquer de gagner des trucs qui font rêver les gens qui aiment les gadgets. On vous aura prévenu...


Medias > CBS prié de ne pas diffuser "Survivor"

Certains disent que la télévision est un reflet de la société. A en juger par les nouvelles émissions de CBS, on va espérer que non.

imageDans le cadre de ses efforts pour faire un monde meilleur, le paysage audiovisuel américain tient à apporter sa pierre à l'édifice, parce qu'après tout, il n'y a pas de raison. Ainsi, la prochaine édition de l'émission philosophique "Survivor" (intitulée Koh-Lanta sous nos latitudes) doit voir s'affronter quatres équipes divisées par... race. Latinos contre asiatiques contre noirs contre blancs (source My Way, "NYC Officials Want New 'Survivor' Pulled").

CBS, qui diffuse l'émission, se défend face à ses détracteurs en affirmant que la chaîne a toujours "répondu à ses critiques à travers l'écran". Si l'émission est maintenue, on peut déjà imaginer les épreuves qui attendent les candidats : les latinos survivront-ils à une traversée de 12 heures sur un radeau fait de sacs plastique en hommage à leurs amis exilés de Cuba ? Les asiatiques vont-ils (vraiment) manger leur chien de compagnie ? Les noirs sauront-ils se servir de leur (immense) organe pour se sortir de cette situation périlleuse ? Les blancs vont-ils trouver le moyen d'échapper aux épreuves en soudoyant la production ?

La ville de New York a officiellement demandé l'arrêt de l'émission, déclarant "The idea of having a battle of the races is preposterous, (...) How could anybody be so desperate for ratings ?". On ne va pas se permettre de répondre à cette question, alors que Cauet signé pour une nouvelle saison sur TF1.


Medias > Les Américains parlent aux Canadiens. Et inversement.

Quand les Canadiens vont aux US poser des questions aux Américains, c'est forcément facile. Mais surtout très rigolo.

imageS'il est une caractéristique que l'on aime attribuer aux Américains, c'est leur parfois faible niveau scolaire. En particulier lorsqu'il s'agit de regarder en dehors des (grandes) frontières de leur pays. Il n'en fallait pas moins pour que le Canadien Rick Mercer fasse une spéciale fort justement intitulée "Talking to Americans".

C'est à voir sur uTube, en cinq parties de 10 minutes, c'est à réserver à ceux qui parlent anglais, c'est aussi drôle que facile et donc bien entendu, totalement indispensable, ou pas. Les liens sont ici (partie 1, partie 2, partie 3, partie 4 et partie 5), le tout pêché sur le toujours excellent Boing Boing.


Medias > 404 fait de la pub (et n'est même pas payé)

Parce qu'il n'y a pas que la Star Academy sur Terre, petit tour (incomplet) du reste.

imageHistoire de bien commencer le week-end et de faire du plurimédia (comme ils disent chez Libé), un tour des choses qu'on peut lire ou voir pour faire plus que passer le temps :

- Côté Web, probablement le blog le plus rigolo de la semaine, Shelley the Republican nous explique (et sérieusement en plus) pourquoi utiliser autre chose que Windows est le 8e péché capital : Linux a été fabriqué par des hackers européens et chinois qui veulent saboter les USA, Apple est une invention communiste et le tout est non seulement un danger pour l'économie mondiale mais aussi un cancer. Et ce n'est pas pour rien que Ben Laden utilise Linux. D'abord. Le reste est par ici, avec les 473 commentaires (à l'heure où on publie). Merci à Hellsdark pour le lien.

- Côté édition, le Monty Pythonesque Terry Jones (dont 404 avait déjà - mal - traduit un texte) sort un livre, "Ma Guerre contre la "guerre au terrorisme" ". Selon les traducteurs / préfaciers du livre, "ce livre regroupe une quarantaine de ses textes parus dans la presse anglaise. Maître du non-sens, l'ancien Monty Python décrypte les dessous de la guerre en Irak, et signe un livre essentiel sur la manipulation et le mensonge officiel, références sérieuses à l'appui. Il ne s'agit pas ici d'analyse politique, mais de bon sens et d'humanisme entêté, où la colère côtoie le fou-rire." A lire d'urgence donc. Merci à Marie-Blanche et Damien Guillaume qui, outre avoir traduit l'ouvrage, ont livré leurs commentaires personnels à 404.

- Coté vidéo, histoire de passer un week-end méditatif, on pourra jeter deux yeux à Koyaanisqatsi, pas vraiment une nouveauté puisque le film est sorti en 1983 mais toujours furieusement d'actualité. Pour se le procurer, un (très) bon vidéo club fera parfaitement l'affaire mais ces derniers étant chose rare, on aurait pu vous suggérer l'aller le télécharger sur internet mais on s'en garderait bien, rapport au fait qu'on n'a pas envie de se fâcher avec monsieur DDDV qui a l'air très à cheval sur ces choses là.

- Coté presse pour finir, un mot sur un (presque) nouvel hebdo, "le tigre" (site web) qui a non seulement l'outrecuidance de sortir exclusivement en format papier mais en plus d'être de qualité, et drôle. 2,5 euros chaque semaine, c'est toujours ça que TF1 n'aura pas de votre temps de cerveau. Et pour se convaincre de la chose, le #3 est en ligne, en PDF et gratuit.


Medias > Ben Laden inside

Attention, ce blog, comme 98% des médias mondiaux, est dans les mains de Ben Laden. On vous aura prévenu.

imageCa fait maintenant une bonne semaine que les uns après les autres, les généraux américains demandent la démission de Donald Rumsfeld. Une démission sans doute pour célébrer l'étonnant succès de la guerre en Irak (et un magnifique tableau de chasse de plus de 34,000 civils - source Iraq Body Count).

Mais Rumsfeld ne veut pas démissionner. Et pour cause. C'est que les généraux (et les médias qui les relayent) sont tout simplement... manipulés par Ben Laden. 'Suffisait d'y penser (article).

Et quand il suffit d'y penser, 'faut bien dire ce qui est, Cal Thomas se pose là (article). Et soumet à la sagacité de ses lecteurs une fort bonne question : quand on regarde Zacarias Moussaoui, on voit que même devant la peine de mort, il ne faiblit pas dans sa volonté de détruire les US. Alors pourquoi les US devraient-ils remettre en question leur volonté de détruire de libérer l'Irak ? Pourquoi a-t-on même le droit de se poser la question ?

Pour Carl Thomas, une petite suggestion de réponse : parce que Moussaoui est un fanatique, probablement croisé d'un esprit un peu simpliste même pas capable de réussir ce pour quoi il avait été programmé (dites "Bush" 10 fois sans respirer) ? Parce que ce n'est pas parce qu'on lutte contre des dictatures qu'il faut faire la même chose en face (dites "Guantanamo" dix fois de suite sans rire) ?

Enfin bon, nous, on suggère, on suggère, hein. Mais après tout, c'est qu'on doit être manipulés par Zarqawi. Et Ben Laden. Et Zawahiri aussi. On ne voit pas d'autres explications. Et pour ceux qui veulent échapper à la manipulation des médias par les forces terroristes, c'est par là. Et ça sent le fuel.

Note : d'ailleurs, Ben Laden contrôle tellement les médias qu'il est même parvenu, le fourbe, à refiler sa nièce à des magazines de charme (ici et ) et à des talk shows insipides (ici). C'est dire.


Medias > L'eskimo est has-been

Après les skieurs au Sahara, l'industrie automobile continue les exportations.

imageLa civilisation continue d'avancer à grands pas. Après avoir sorti les 4X4 des mains de l'armée et des montagnards transportant leurs bûches, l'industrie automobile frappe de nouveau. Et pousse le bouchon (d'essence) encore un peu plus loin.

Comme s'il ne suffisait pas d'avoir lâché des skieurs (ah, mon petit Luc ...) sur des pistes du Sahara qui n'avaient franchement rien demandé, voilà maintenant qu'on franchit un nouveau pas dans l'invasion motrice en propulsant le blaireau motorisé... au pôle nord. Rien que ça.

Ainsi, dans sa nouvelle réclame, Range Rover adresse un fort sympathique message à l'humanité (site). La scène : un trentenaire dynamique, rebelle mais bien coiffé, parcourt la banquise à fond de 5e, sans doute pour se rendre au bureau trier ses e-mails.

Là, il croise le chemin de Bob l'Inuit, bon vieil Inuit sur son traîneau à chiens. L'Inuit, cet attardé, n'a pas le chauffage sur son traîneau. Et ses chiens ne dépassent pas les 20km/h, ce qui est ridicule sur le périph'.

Le trentenaire fait signe à l'Inuit de monter à bord. Ce dernier refuse puis cède. Ils s'en vont tous deux dans le soleil couchant, heureux d'avoir le chauffage et les testicules qui vibrent au rythme du gros moteur.

Ils s'éloignent et la banquise raisonne encore de grosses traces de pneus du trentenaire frustré. Le pot laisse des marques de pollution sur la neige immaculée du pôle nord. On s'en fout, ça ne se verra pas longtemps, la banquise, elle fond de toute façon. Et le trentenaire se sera bien moqué de ces cons d'Eskimaux qui n'ont même pas de Range Rover.

Et demain, derrière sa cravate aux motifs improbables, il pourra tranquillement aller arpenter les bouchons du périph' avec son 33 tonnes, certain que derrière ses e-mails et son bureau sordide, c'est un peu de Jean-Louis Etienne qui sommeille en lui. La banquise oui. Mais avec le chauffage. On n'est pas des sauvages. Hein ?


Medias > Téléachat de 20 heures

Parfois, le temps de cerveau disponible partait aux toilettes pendant la pub. Il fallait agir.

imageLe problème de la télévision, c'est qu'entre la pub, il y a des émissions. Dieu merci, de l'autre côté de l'Atlantique, on réfléchit dur pour que cette situation ne dure pas, la preuve :

"We are already seeing an erosion of the 'editorial wall' in network newsrooms, particularly for morning news and newsmagazines, I think you'll find that this type of activity will continue to take place, and other forms of product integration will find their way into news divisions as well" (source The Hollywood reporter).

Les placements publicitaires font donc doucement leur chemin dans les rédactions d'informations, histoire de finir de massacrer une profession qui lutte déjà pour maintenir une once de semblant d'indépendance.

Bientôt donc, sur TF1, quand on parlera de formule 1, on ne dira que du bien des marques de voitures françaises, on fera des dossiers spéciaux sur les vacances à la Bourboule parce que c'est une station super chouette qui a obtenu le drapeau vert de la plage sans marée noire trois ans de suite, on passera une couche sur le fabuleux concert (et l'album, vous avez acheté l'album) de Céline Dion et on fera des sujets sur les yaourts zéro pourcent indispensables pour pas avoir l'air d'une morue à la Bourboule (qui vient d'obtenir son drapeau vert).

...Ah non, ça, c'est déjà fait.

En fait, quand les placements publicitaires arriveront dans les informations, la seule différence, c'est que les marques vont être obligées de payer pour la pub. Le business est un monde sans pitié.


Medias > Turkménistan sur Seine

Soucieux de la reconversion de ses salariés, TF1 n'hésite pas à former ses journalistes à devenir des commerciaux en puissance. Chouette.

imageC'est bien connu, quand on parle de contrats financiers, il n'est pas bon de laisser l'éthique se mettre en travers du chemin. Ainsi, quand Bouygues veut vendre des installations télévisuelles dans cette grande démocratie qu'est le Turkménistan (rapport Amnesty International - PDF), le groupe n'hésite pas à mobiliser sa chaîne - et les journalistes qui vont avec - pour faire une émission à la gloire du dictateur en place.

Enregistrée en 1996 et animée par un Jean-Claude Narcy lassé de commenter les dernières commémorations du centenaire de la reprise de la pêche à la palourde dans le chenal de Bretagne, l'émission n'est jamais diffusée en France mais fait quand même du bruit (article Acrimed).

Et cet exemple d'extraordinaire transparence et d'objectivité journalistique sont relatés dans un livre sorti début mars, livre qui a donné à Télérama et au Nouvel Obs l'occasion de ressortir cette sympathique affaire des tiroirs.

Le vrai journal de Canal+ avait aussi fait un sujet dessus. Apparemment prévu pour être diffusé ce week-end, il semble que le reportage a été purement exclu de la grille de l'émission. Motif invoqué ? Aucun. Bien entendu, les mauvaises langues diront qu'il faut y voir un juste retour de bâton du rapprochement des bouquets Canalsat (Canal+) et TPS (TF1). Mais sur 404, on n'est pas comme ça : on ne se permettrait pas de remettre l'objectivité journalistique de Canal+ en cause. Après tout, dans ce reportage, on ne parlait même pas de Bernadette Chirac, non ?

A l'unanimité de une voix, TF1 et Canal+ obtiennent donc conjointement le Pujadas d'or de la semaine, célébrant par là la quintessence du (double) conflit d'intérêt entre journalisme et affaires. Bravo à eux.


Medias > Gerratophile

Le problème de certains comiques, c'est qu'ils disent des choses ridicules pour faire rire, alors qu'ils les pensent vraiment.

imagePuisque c'est une obsession nationale (comprenez ma brave dame, avec cette vache folle du poulet, on ne sait plus de quoi se bâfrer), l'émission Campus de ce vendredi était dédiée aux arts de la table.

Sur la plateau, un BHL plus esthétique que jamais, des chefs, des critiques, des écrivains comestibles et un comique imbuvable en la personne de Laurent Gerra. Interviewé depuis la salle du restaurant où il vient de s'empiffrer, on interroge le futur obèse sur son opinion sur la gastronomie française. Réponse d'un Gerra qui a visiblement appuyé sur le digestif (retranscription approximative, émission non stockée en ligne) :

"C'est superbe. Mais il est inadmissible de taxer les restaurateurs comme ça, de leur voler leur l'argent. A l'entrée de Dijon, la capitale de la gastronomie, il y a un Mac Do qui paye 5,5% de TVA. Pour vendre du Mac Do. Alors que les restaurateurs qui représentent le savoir-vivre français sont beaucoup trop taxés. Et ça me fait rire qu'on reçoive des leçons de l'Europe et d'Angela Merkel là-dessus. Et alors surtout des Allemands qui, je crois..."

A ce stade, Guillaume Durand a le bon goût de stopper le presque comique dans sa lancée lyrique sur les maux européens et ces salauds de Teutons. Reste qu'on ne sait pas ce que ce "surtout des Allemands" cache. Surtout ces Allemands à qui on a foutu une bonne branlée pendant deux guerres mondiales de suite ? Surtout de ces Allemands qui s'y connaissent autant en bouffe que Gaymard en immobilier ?

La réponse est dans la tête du plus poujadiste des comiques français.


Medias > Would blog for food

La nouvelle économie a inventé l'argent virtuel. Mais apparemment, le supermarché du coin n'a pas encore intégré cette notion.

imagePromis, après ça, on ne parle plus de la pub dans ces colonnes, mais puisque Linda s'interroge dans un commentaire sur les finances de 404 Brain Not Found et sur l'avancée de l'achat de la Porsche indispensable à la bonne tenue de ce blog, il est temps de faire la lumière sur tous les fonds qui alimentent ce site.

En 4 ans et 1401 entrées, ce blog s'est transformé progressivement en indécente machine à cash, à savoir :

- 25 euros issus de la vente de t-shirts (subtile transition pour signaler que plein de nouveaux modèles sont disponibles ici)

- 100 dollars issus des pubs Google (environ 80 euros) avant de se faire expulser du programme et perdre le reste (une cinquantaine de dollars)

- 55 euros issus de dons directs via Paypal

- 14 euros du côté du nouveau fournisseur de bandeaux de pub.

Soit un total exorbitant de 174 euros en 4 ans, ou encore 12 centimes d'euros par entrée publiée, voire même 3,9 centimes d'euro par commentaire déposé. D'un point de vue taux horaire, en considérant une moyenne (brutale, certes, mais moyenne quand même) de 30 minutes par article, recherche comprise, on aboutit au tarif quasi syndical de 24 centimes d'euros de l'heure soit un salaire mensuel de... 39 euros par mois.

Alors Linda, pas de souci, la Porsche ne pollue pas (encore) les rues de Paris. Mais on approche. Plus que 670 000 entrées à rédiger et on pourra aller brûler de la gomme avenue Foch. En respectant les rythmes de publication actuels, on devrait être bon en l'an 24 339. C'est parti.


Medias > Météo Rance

Mieux que les prévisions à deux ou cinq jours, les constatations à un mois.

imageQuelques temps en arrière, on célébrait à grandes pompes l'achat par les services de météo France de quelques très gros ordinateurs capables de calculer très vite si on allait pouvoir danser sous les sunlights des tropiques le week-end prochain ou pas.

Les années sont passées et on est heureux d'apprendre que Météo France a fait bon usage de ses gadgets et que de prévisions à 2 jours, on est passé au premier service météo mondial capable de donner le temps à posteriori.

Parce que c'est officiel, après un mois de températures négatives et un gros flux froid qui arrive du pôle nord, Météo France est enfin capable d'affirmer que cet hiver sera "plus froid que la normale" (Le Figaro). Hum.

Alors, puisqu'on ne peut pas les retenir plus longtemps, 404 Brain Not Found ets heureux de vous livrer ce scoop: Météo France serait sur le point d'annoncer que l'été 2003 sera particulièrement chaud. Météorologue, un métier à risque, une passion.

(et toujours bon à voir, le site DU fan d'Evelyne Dhéliat, parce que oui, il en fallait un)


Medias > France Deux - Information Zéro

France deux, c'est un peu comme le loft en fait. Sans salle CSA.

imageOn le sait, le politicien est un petit être subtil. Subtil et cachottier. Pas facile, du coup, de savoir si la campagne présidentielle avait officiellement commencé ou pas. Pour ceux qui avaient un doute, France 2 a une réponse toute faite. Non, le 20 heures d'antenne deux ne révélait pas que Juppé quittait la vie politique (c'est pas que ça démangeait pas mais bon, on a une éthique nous, môssieur). Non, le 20 heures de TF1 ne révélait pas que Sarkozy avait le pouvoir de réfléchir même en se rasant et le tout sans se couper. Non, le journal de France 3 ne couvrait pas la fête de la rillettes organisée par la section PCF de la Ferté sur Bourre. Non, rien de tout ça.

Pour s'assurer que la campagne avait bien démarré, il suffisait de jeter un oeil au sommaire du JT du 20 Janvier. Vu qu'on était un vendredi, c'était au tour de la sémillante Béatrice Schönberg de dire n'importe quoi avant Patrick Sébastien. Et qu'avait-on au menu des actualités de l'ORTF ? De la politique ? De l'international ? Du grand reportage ? De l'économie ? Du la guerre, du sang, des morts, des scandales ? De la réflexion de fond, du journalisme engagé ?

Que nenni mon brave, on est sur France deux quand même, on se respecte un peu.

Alors au programme, ce sera insécurité (et laquelle), faits divers (et lesquels) et chiens écrasés (Tequels, les cons).

On commencera donc avec un petit sujet sur les assise du Var, histoire de se mettre en bouche. Le pompier qui mettait le feu à la foret a été déclaré coupable, oh oh oh. Puis, un accident de car à cause d'un empaffé de chauffeur qui a cru de bon ton d'avoir une crise cardiaque en pleine ligne droite sans même avoir la délicatesse de tuer un ou deux adolescents au passage (tout se perd).

Ensuite, un petit tour du coté de la belgique où le type qui avait volé l'ambulance et écrasé une jeune fille dans la foulée a été extradé vers la France. Puis, zoom sur la violence scolaire avec ce professeur d'anglais qui s'est pris un coup de tête, un détour par le Bas-Rhin pour le procès des parent du petit Nicolas, lequel, sans doute pour faire concurrence à son nouvel ami Gregory, avait jugé malin de se faire tuer par sa propre famille à coups de cuillère en bois, juste histoire de prouver que ses cons de parents aussi pouvaient aussi être créatifs en plus de stupides.

Puis, toujours dans l'ordre, on sort du fait divers pour rentrer dans le débat économique de haut niveau avec les restaurateurs qui ne sont pas content qu'on ne leur baisse pas leur TVA et qui menacent du coup de ne pas voter De Villiers en 2007. Ce premier sujet de fond passé, on passe du coté de Seb où c'est tellement bien qu'on menace de fermer 3 usines puis vers les Alpes, vu qu'il y a danger d'avalanches et que ça ennuie vraiment les 3 déjantés qui font du ski par moins trente.

Il est 20 heures passé de 19 minutes et 59 secondes, soit 21 minutes après le début du journal, quand on parle enfin de l'étranger pour dire en 3 minutes 47 secondes qu'on se les gèle en Russie, qu'une otage américaine est détenue en Irak et que le Mali se réunissent tous ceux qui n'ont pas comme seul projet de société de s'acheter le prochain 4X4 BMW.

Mais trop de réflexion tuant la réflexion, on retourne rapidement à ce qui préoccupe - vraiment - le français entre le camembert et le liégeois au chocolat: Les portables filent ils mal à la tête, faut ils sauver Willy dans la tamise, les tricolores triompheront-ils au patinage artistique et enfin, Chouchou et Loulou sont ils aussi exaspérants au théâtre qu'à la télévision.

Donc, pour résumer, le fond du journal de France 2 du 20 janvier a été:

Procès, accident de la route, accident de la route, insécurité, procès, impôts, chômage, commentaires sur la météo météo pendant 23 minutes. Puis étranger pendant 4 minutes (quand même) puis Santé, fait divers, Sport et croûte théatrâle pendant les 9 minutes restantes.

Soit la formidable proportion de 10% de temps consacré au infos et 90% à libérer de l'espace de cerveau. On félicite le petit David pour sa contribution à l'élévation globale du niveau des informations.


Medias > Bac option M6

Contrairement à TF1, M6 ne vend pas du temps de cerveau disponible, elle oeuvre pour le bienfait de l'humanité.

imageIl est des jours, on ne sait pas trop pourquoi, où, ô miracle, TF1 décide de passer une bonne émission. Autre chose que Femme flic, Femme juge, Femme policier, Femme contractuelle, Femme nounou, Femme à barbe ou autre androïde laveur de cabinets. Et Dieu merci, pour ces soirs-là, il reste M6.

Parce que sur M6, c'est le vice-président du directoire qui le dit, on aime bien "suivre des gens en recherche de l'épanouissement personnel" (interview dans le Parisien du 16/01/06). Mais, se demandent Bataille et Fontaine, outrés que M6 ait aussi eu l'idée de suivre des gens, qu'entend-on donc sur M6 quand on parle "d'épanouissement personnel" ?

"Epanouissement personnel", sur M6, ça se dit "C'est du propre" (pour apprendre à faire le ménage), "Super Nany" (pour apprendre à mater ses gosses), "Nouveau look pour nouvelle vie" (pour apprendre que ce qui compte vraiment, c'est la taille des seins) et autres "En voilà des manières" (pour apprendre à ne pas vomir à table).

A la suite de toutes ces informations de grande valeur, le spectateur pourra, bien tranquillement, se taper le 879e épisode de "Renée, femme espion et dame pipi" dans un appartement bien propre, avec des enfants bien rangés, une bonne paire de seins et des coudes pas sur la table.

Merci M6 de veiller à "l'épanouissement personnel" des Français. Devant une telle volonté de service public, on leur refilerait bien notre part de redevance. Comme ça, cadeau. Et surtout parce qu'on aime bien les gros seins.


Medias > Sarkozy racole dans le porno

Ceux qui croient déjà voir Sarkozy partout ne sont pas au bout de leurs peines. Bientôt, l'UMP sponsorisera le Journal du Hard.

imageOn savait déjà qu'à l'UMP, ils avaient un réalisme certain quand il s'agissait de vendre de la lessive promouvoir leurs idées politiques. Trois semaines en arrière, à peine les premières voitures prenaient-elles feu que n'importe quelle recherche Google portant sur les mots "racaille", "voiture brûlée" ou autres "violences urbaines" appelait une publicité qui proposait de soutenir le petit Nicolas dans son combat contre le banditisme.

Bien que le procédé soit d'un goût douteux, on pouvait à la limite concéder.

Mais là, on ne s'explique pas pourquoi l'UMP apparaît en première position quand on cherche le mot "PORN" dans MSN Search (la preuve). Apparemment, le moteur de Microsoft n'a pas vu la Vierge (pouf pouf) puisque juste sous le parti de Sarkozy, on trouve du porno, du vrai cette fois-ci : Porn Annuaire Sex est suivi du Temple de la vidéo et du Sexe Hardcore et d'autres Maximal Porn. Seul, en toute première position de cette page, l'UMP est bel et bien le seul site à la luxure plus qu'approximative.

Quant à l'explication de ce phénomène, on hésite encore entre un coup de génie (et de bon goût) de plus de l'agence de pub de l'UMP ou d'un discret soutien de Nicolas à la politique d'abstinence de son ami George.

(info pêchée par Sachim, merci à lui)


Medias > Photo de (pas) classe

Où on découvre à Condoleezza Rice une passion pour les déguisements : après Barbarella, Darth Vader.

imageC'est bien connu, la presse en veut aux républicains. Et à l'équipe de George Bush en particulier. Parce que bon, hein, ils pourraient quand même tous faire leur boulot un peu plus dignement comme le fait si bien Fox News, modèle d'indépendance et de journalisme éthique.

Donc, le scandale du jour qui fait hurler tous les conservateurs, c'est la photo de Condoleezza Rice qui a été publiée par USA Today cette semaine. Un malheureux coup de Photoshop et hop, voilà Condi (pour les intimes) transformée en Darth Vader politique, infâme créature démoniaque assoiffée de pouvoir.

Parce que c'est connu, Condoleezza Rice est une femme douce et pleine de bonté naturelle (et qui mange bio en plus).

Au centre du débat, les yeux de Condi, qui ont été rendus plus blancs pour, selon les conservateurs, la rendre "démoniaque" (sic). Pour USA Today, c'est juste un processus normal de traitement des photos qui a (un peu) dérapé.

La photo retouchée a été supprimée du site web de USA Today, remplacée par l'original avec un mot d'excuse de la rédaction (source: article USA Today, "Rice won't rule out U.S. troops in Iraq in 10 years").

La photo modifiée est toujours visible ici (Michelle Malkin), la photo originale là (AP).

La conclusion de cette brillante affaire de parano collective ? Que ce soit avec ou sans retouche, soit Condoleezza a effectivement un lien de parenté avec Darth Vader (apparemment, Brain Not Found n'est pas le seul à le penser), soit le photographe de presse est un petit être cruel (et rigolo à la fois). Rayez la mention inutile (la deuxième thèse serait soutenue par quelques exemple récents : Lang qui fait un bras d'honneur - Photo AFP -, Fabius qui fait son oeuf dans un coin - Photo AFP - et Sarkozy qui fait son timide premier de la classe - Photo TF1 -).


Medias > Les restes du lundi

L'information, c'est aussi comme les légumes, ça peut venir en vrac.

imageC'est pas parce que c'est lundi que le monde n'est pas en forme, la preuve du côté de l'Atlantique où on n'a pas le temps de se recoiffer entre deux ouragans :

- Cindy Sheehan, la mère du soldat mort en Irak et qui protestait devant le ranch de Bush a finalement été arrêtée par la police alors qu'elle voulait tranquillement discuter le bout de gras (comme on dit dans le nord) avec l'ami George (comme on dit en Floride).

- Dans les années 70, les agents du FBI étaient payés pour aller voir des films pornos.

- Quand ils n'étaient pas en train de regarder des films que la morale catholique réprouve, les agents du FBI aimaient bien aussi les ragots people.

- Enfin, pendant qu'on est dans les people, Barbra Streisand se bat contre le réchauffement de la planète. Officiellement, la couche d'ozone n'a pas encore réagi, mais on croit savoir qu'elle s'en fout un brin.


Medias > Petit écran, gros masos

Il y a pire que le sondage politique en France : le sondage télé.

imageLe Français est un maso qui s'ignore. Si. La preuve, ce sondage publié hier par Télérama sur la relation passionnelle qu'entretiennent les Français avec la télévision.

Parce que bon, 53% de personnes insatisfaites de la télévision, ça, on arrive à comprendre. Mais qu'en même temps, le temps moyen devant la télévision par jour soit 3h24, soit presque la moitié du temps qu'on ne passe pas au lit ou devant un bureau, ça, on l'explique moins.

Mais on cherche.

Comme on cherche encore à comprendre pourquoi la chaîne qui "correspond le plus aux attentes" soit aussi la chaîne généraliste... euh... la moins regardée. Et c'est (bingo), Arte.

Devant tant de questions dont la profondeur philosophique n'aura pas échappé aux plus éveillés des lecteurs, Brain Not Found ne peut qu'en conclure que le Français, au fond de son petit coeur de rebelle, en fait, il déteste très fort Julie Lescault. Et qu'il ne regarde que par pure bonté pour Véronique Genest.

...ou bien qu'il a honte.

Sur cette question transcendantale, vous m'excuserez, faut que j'y aille, on m'informe que Jean-Pierre Pernaut, à la vue de ce sondage, aurait eu cette exclamation napoléonienne : "les cons".


Medias > Positive attitude, le retour

Katrina commence à ressembler de plus en plus à une stagiaire de la Maison Blanche. Ou un premier ministre français, c'est au choix.

imageDeux gérants d'une maison de retraite de Louisiane qui n'avaient pas fait évacuer leurs pensionnaires sont poursuivis aujourd'hui pour homicide par négligence (Newsday, "34 deaths a crime, state says"). Ils avaient pourtant été prévenus que Katrina arrivait et n'ont pas pris les mesures nécessaires.

A la fois, si les US commencent à poursuivre en justice tous ceux qui savaient que la tempête allait avoir lieu et qui n'ont rien fait, il faut commencer à se faire un peu de souci du côté de la Maison Blanche. Du coup, George Bush prend les devants et plaide coupable (Mail & Guardian, "Bush: Katrina failings were my fault") le jour même où on découvre 45 morts dans un hôpital où les secours ont tardé à arriver (BBC, "45 found dead in flooded hospital").

Pendant ce temps, la cote de popularité de George commence à devenir aussi fascinante que celle de Raffarin puisqu'il est descendu aujourd'hui avec brio sous la barre des 40% (Bloomberg, "Bush's Approval Rating Is Lowest of His Presidency"). Plus que 18 points et il rejoint Jean-Pierre au panthéon des responsables politiques dont la cote de popularité est la démonstration même qu'en politique, on n'a jamais vraiment touché le fond (la preuve).


Medias > Poulet - moules - frites

Si Philippe Bouvard était devenu publicitaire, on mangerait beaucoup plus de sandwiches en France.

imageVia les blogs Inside the USA et A l'heure américaine, une de ces petites initiatives qui font avancer le monde à grands pas.

Dans un jeu de mots que n'auraient pas reniés les philosophes des "Grosses têtes", la chaîne de sandwiches Subway a lancé aux US une campagne de pub sur le thème "France and chicken, somehow it just goes together" (traduire par : France et poule - mouillée - sont deux choses qui vont naturellement ensemble).

Quand les entreprises de restauration rapide se mettent en tête d'oeuvrer pour la compréhension entre les peuples, rien ne les arrête. En espérant que Léon de Bruxelles ne sorte pas un plat spécial "Nouvelle Orléans" sur le thème "Spécial moules sportives, récoltées dans un stade". - Merci à un lecteur anonyme pour l'information.


Medias > On a marché dans la bullshit

Et si finalement, le bullshit était un engrais comme un autre ?

imageLe sein de Janet, à son époque, avait fait beaucoup de bruit. Pas littéralement s'entend. Mais l'exposition du téton pendant la finale du Superbowl avait ému toute l'Amérique (pour ceux qui n'ont pas eu le malheur, à l'époque, de voir le téton en question, Brain Not Found en a gardé une petite reproduction en stock, c'est cadeau).

Le 4 août, Robert Novak (journaliste conservateur CNN) a failli remettre le couvert. Enfin presque. Parce que pas de téton cette fois, mais le mot "bullshit" prononcé en plein dans le poste de télévision. Sans prévenir en plus. Pas un message d'avertissement pour dire "attention, je vais prononcer le mot bullshit, éloignez vos enfants de la télé".

Du coup, l'Amérique s'offusque. Parce que bullshit, c'est quand même affreux comme mot. The Smoking Gun a mis en ligne les plaintes reçues par le FCC au sujet de cette affaire. On peut y lire, entre autres (traduction 404) :

"(...) que se serait-il passé si les enfants de mes voisins avaient été chez moi pendant la diffusion de cette émission ? Encore pire, si j'avais regardé l'émission avec mon amie enceinte ? Le précieux enfant à naître aurait été définitivement abîmé par l'écoute de ce mot. Et ce serait arrivé sous mon toit." (original ici)

"(...) Merci de sanctionner M. Novak pour la perte de valeurs familiales qu'il a provoquée" (original ici)

"(...) Entendre ce mot m'a profondément choqué et mes enfants ont été corrompus. Ils prononcent maintenant sans arrêt le mot en "b" et je ne les contrôle plus" (original ici)

"(...) Je veux des excuses de CNN et de Robert Novak. Il est une disgrâce pour le journalisme et pour la nation toute entière" (original ici)

Pour information, aux US, avant d'atteindre l'âge de 13 ans, un enfant aura vu à la télévision plus de 100 000 scènes de violence et 8000 meurtres (et 1 téton s'il regarde le Superbowl). C'est 21 scènes de violence et 1,7 meurtres par jour (source). Mais on n'y dit ni "fuck", ni "bullshit". C'est important pour la morale.

Et sur ces paroles d'une vulgarité à donner envie à Bataille et Fontaine de recruter Brain Not Found, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait que le nouveau-né aurait dit "bullshit" en s'apercevant qu'on avait flouté le téton de sa mère (qui elle, Dieu merci, ne regarde pas CNN).


Medias > 37,2 le soir (à 20 heures)

Il est étonnant que le journal de 20 heures ne soit pas encore sponsorisé par Darty, on adore y parler de météo.

imageMine de rien, avec le temps à faire poiler un Irlandais qu'on a eu cet été, on a échappé à de grands moments de télévision. Parce qu'on était quand même salement bien partis avec la canicule.

C'était début juillet, le thermomètre avait eu l'indécence de dépasser les trente degrés, la sudation allait bon train et Pujadas s'alarmait plus que jamais au volant du JT de France 2 (qui tient à rappeler, pour mémoire, que non, Juppé n'a pas quitté la vie politique).

Et Pujadas, il aime pas quand il fait chaud. Alors il nous lance, comme ça, alors qu'on n'est même pas échauffés, une série de sujets sur la canicule qui devrait pas tarder à venir (même qu'on est passé au stade de la pré-alerte, c'est dire).

On commence par un sujet sur les élèves d'une école de Bordeaux qui ont vachement de mal à se concentrer en cours. C'est qu'il n'a pas suffisamment fait chaud pour qu'il se passe quelque chose d'intéressant dans les maisons de retraite. Donc, on se rabat sur les moins de 12 ans. Et qu'apprend-on de bouversant ? Que quand il fait chaud, le petit blond préférerait être à la piscine plutôt que de mariner dans une étuve de classe. Si.

Après, puisqu'il faut du vieux quand même, on rappelle, force images de séniles à l'appui, qu'il faut boire beaucoup, de l'eau de préférence. On en profite pour rappeler que quand il fait chaud, la clim', c'est vachement bien. Pour un peu, on se demanderait si France 2 n'a pas conclu un accord diabolique avec Castorama.

Ensuite vient le reportage sur la fillette morte. Un arrêt cardiaque. Affreux. Comme la canicule est le buzzword du jour et que toute l'équipe du JT veut battre le record du monde de caniculage de journal, on apprend que la crise cardiaque pourrait bien être due aux températures... ou pas. Non ?

On continue avec une fillette qui s'est noyée dans la rivière. Et que tout cela ne serait jamais arrivé si elle ne s'était baignée pour échapper... à la canicule.

Canicule, on en profite pour l'apprendre, qui déclenche des orages, orages qui peuvent être dangereux pour les enfants cardiaques qui ne sont pas concentrés en classe et qui tentent d'échapper à la canicule en se baignant dans des rivières sans savoir nager.

Enfin, on conclut par une page internationale pour apprendre qu'en Italie, c'est la canicule aussi (et que la canicule, contrairement au nuage de Tchernobyl qui avait, lui, du savoir-vivre, ne s'arrête pas aux frontières).

Brain Not Found regrette amèrement de ne pas avoir organisé de méchoui scandinave pour célébrer les premiers jours de l'année où le thermomètre a dépassé les 30 degrés à Paris. C'était 10 minutes assurées pendant le 20h et la gloire pour 5 générations de Brain Not Found.

Et sur ces paroles d'un potentiel calorifère navrant, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait que cet automne, météo France craint de la pluie. On n'est plus à l'abri nulle part.


Medias > Intoxication élémentaire

C'est pas tout, ces températures raisonnables. Mais à défaut de canicule, faut bien trouver quelque chose à se raconter...

imageCe qui est pénible avec la météo, c'est que ça change tout le temps et qu'on ne peut rien prévoir. La preuve, alors que les rédactions avaient de quoi remplir juillet et août rien qu'avec des sujets sur la canicule, voilà qu'il se met à ne faire même pas trop chaud cet été. Un vrai scandale.

Et à la place, en plus, on est obligé de se taper une bonne vieille sécheresse.

Or on sait fort bien que la sécheresse est largement moins télégénique que la canicule. Parce que bon, faut dire ce qui est, dans les maisons de retraite, l'irrigation des champs de colza, on s'en fout à décrocher le portait de De Gaulle d'au-dessus de la cheminée.

Cet été, on doit donc parler de l'irrigation du colza plutôt que de l'irrigation du vieux et c'est moins vendeur.

Alors du coup, quand on a un sujet 3e âge, on le tient fermement, histoire qu'il ne s'échappe pas.

Et là, c'est une vieille dame de 70 ans bien tassés qui appelle le 15 parce qu'elle vomit. Pas de panique au SAMU, on l'invite à contacter le médecin de garde. Sauf que le médecin de garde est parti en vacances à la Bourboule et que du coup, son intervention est moins efficace. Ce qui doit arriver arrive, lorsque les secours finissent par arriver, la septuagénaire est beaucoup moins vivante qu'avant.

Sans vouloir remettre en cause le pathos de l'événement, on peut se demander s'il est bien raisonnable que le raté du SAMU fasse la une des JT de 13h et de 20h deux jours de suite sur TF1, Antenne 2 et FR3 à la fois. Mais bon, à la fois, on ne va pas se mentir, ça fait un sujet de discussion idéal au bar du camping. Alors que les attentats en Irak, moins.

Et sur ces paroles d'un secourisme digne d'Adriana Karembeu, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait que Sarkozy veut déjà lancer un grand plan national d'aide aux septuagénaires qui vomissent. Ca promet.


Medias > Décoration d'intérieur

Entre les feux de forêts et les murs qui ne tiennent pas debout, 'manquait plus que Sarkozy pour achever les pompiers.

imageLes pompiers, c'est un peu comme les facteurs. Ce sont des gens qui font croire qu'ils ont un vrai travail alors qu'en fait, chacun sait que le plus clair de leur activité consiste à harceler le troisième pour fourguer des calendriers avec des photos de chats d'une qualité graphique digne des plus sombres heures du design est-allemand des années 70.

Néanmoins, la comparaison entre le préposé des PTT et le pompier s'arrête là. Parce que le pompier, contrairement à son collègue fonctionnaire, est généralement bénévole. Or, qu'on Nobélise Lara Fabian si je m'abuse, mais on a rarement vu un facteur distribuer des prospectus publicitaires par bonté d'âme.

Non, le pompier, il est gentil parce qu'il se réveille pour pas un rond au milieu de la nuit dans l'espoir d'aller éteindre un feu alors qu'il sait au fond de lui-même qu'il va, comme tous les week-end, aller sortir quelques restes d'une 106 qui a tâté du platane au sortir du Dixie's.

Le pompier, c'est un gars bien, qui fait pompier par passion, parce que faut dire ce qui est, pompier, c'est un peu le complément excitant à la vie de menuisier.

Le pompier, il prend des risques en étant pompier. C'est comme ça, il le sait, sinon il serait pas pompier. S'étonner qu'un pompier prenne des risques, c'est aussi stupide que de s'étonner qu'un marin du Vendée globe aime le bateau.

Alors, que Steeve Estatof écrive un livre sur le sujet, mais pourquoi est-ce que trois pompiers morts en se prenant un mur dans la tête se font-ils remettre la légion d'honneur à titre posthume par le ministre de l'intérieur du nom de la France ? Pourquoi font-ils la une des JT depuis 3 jours ?

Sur cette question igor-et-grichkienne, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait qu'un ministre de l'intérieur se fait une pub indécente sur des faits divers moroses.

(France 3, "Les pompiers de Tannay morts en service décorés" et Nouvel Obs, "Les trois pompiers morts dans un incendie cités à l'ordre de la Nation ")


Medias > Grosse actualité

Parfois, il vaut mieux se taire et passer pour un con que l'ouvrir et ne laisser aucun doute là-dessus. Même pas peur.

imageC'est bien connu, le week-end, il ne se passe pas grand-chose sur Terre. Alors histoire d'avoir quand même quelque chose à rédiger, aujourd'hui, Brain Not Found va chercher ses informations là où elles se trouvent, à savoir l'hebdomadaire "Haut Anjou" du vendredi 6 mai 2005.

Dans cette dantesque publication, on apprend, et en couverture en plus, que Miss France défilait pour le 1er mai à l'isle Briand, prouvant si besoin était le total manque de respect de Madame de Fontenay pour la fête du travail.

A côté de ça, dans le canton de Craon, la fête du premier mai n'a pas été l'occasion d'une vile exploitation des classes laborieuses. Non. Parce que, pour paraphraser l'hebdomadaire, "Tout le canton de Craon a vécu la nuit du 1er mai au rythme du chant des Mouillotins". Oui.

Est-ce la faute du succès inattendu (il faut le dire) du chant des Mouillotins, mais il semble qu'en ce lendemain de 1er mai, le Rallye du Muguet ait eu un succès plutôt approximatif puisqu'en tout et pour tout, ce sont onze équipes qui se sont engagées pour pédaler de Meslay à Jublains via Biais.

En s'éloignant de Château Gontier vers Grez Meslay, on aurait vu Nicolas Sarkozy se foutre ouvertement du président de la république, même si on a constaté un grand soleil lors de la traditionnelle randonnée du 1er mai.

Enfin, à Renazé, on apprenait avec émotion que le préfet avait tranché et que le mutant, qui s'installera sur le site de l'actuel garage du rond point, couvrirait la surface de 697m², ce qui n'est pas rien, faut bien le dire.

Sur ces paroles d'un régionalisme à exciter Philippe de Villiers, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait que dans ce texte s'est cachée une information nationale. Sauras-tu retrouver laquelle, lecteur mon amour ?


Medias > Chaîne en chaleur

Aussi dingue que ça puisse paraître, il semble que l'été approchant, il se mette à faire chaud.

imageAux Etats-Unis, ils ont un système vachement élaboré, qui s'appelle "Terror Watch". Terror Watch, c'est un genre de baromètre qui donne la température du risque terroriste. Vert, tout va bien, on peut marcher tranquille dans la rue. A partir de orange, voire rouge, faut commencer à faire un peu attention, il peut tomber des objets assez inappropriés du ciel. Pour ceux qui sont daltoniens, on a même rajouté des mots. Ca va de "low" à "severe" (sans passer par la case "inexistant" par ailleurs). (Explications sur le site de la Maison Blanche).

En France, on a un peu la même chose. Mais vu qu'on n'a pas de terroristes et qu'il faut bien s'occuper quand même, on a mis en place les niveaux d'alertes à la canicule. En France, on ne rigole pas avec la chaleur. La preuve, aujourd'hui, on est passé en alerte "niveau 2" (Le Nouvel Obs, "Pré-alerte à la canicule dans le Rhône, le Vaucluse et le Territoire de Belfort"). Petit rappel à l'intention de ceux qui n'ont pas de poster de Nathalie Rihouet chez eux.

Quand il fait