La claque du gouvernement contre le happy slapping frappe fort. Et rate sa cible.
Après quelques semaines de pause et un bon petit lifting, 404 est de retour, dans un monde un peu moins libre que celui qu'il a quitté il y a quelques semaines. Parce que depuis est passée une loi qui interdit à quiconque n'est pas journaliste professionnel de filmer des actes de violence, que ceux-ci soient commis par des civils ou, au hasard, par des forces de l'ordre.
Prévue pour faire obstacle au terrorisme moderne (cough) que représente le "happy slapping" (dans le texte, mettre une claque dans la joie), la loi condamne jusqu'à cinq ans de prison le fait de filmer un acte de violence, si on n'a pas sa carte de presse. Reporters Sans Frontières s'inquiète (rsf.org), les Américains rigolent un peu (dailymotion.com) et le Figaro temporise (lefigaro.fr).
Selon le journal, "seuls les faits de violence grave sont concernés, les actes de torture et de barbarie ou les atteintes sexuelles". Autant pour le "happy slapping" donc, on avait mal compris, la loi lutte en fait contre le "happy torturing". Et puisqu'on n'est pas à une incohérence près, l'auteur de l'amendement, Philippe Houillon (UMP), tente de se justifier (20minutes.fr) en expliquant que "juger de l'intention est très difficile. Celui qui filme expressément une scène de violence et qui connaît le garnement qui a commis l'agression peut être poursuivi. Ce n'est pas le même cas qu'un badaud qui se trouve par hasard sur le lieu de l'agression et qui filme la scène pour ensuite transmettre la vidéo à la police. A priori, dans ce cas, il n'y aura pas de poursuite". Sauf qu'il faut transmettre la vidéo à la police. Sinon, "c'est un élément à charge contre le filmeur. Encore plus s'il la diffuse sur le Net".
Bref, la loi sur le happy slapping qui doit sanctionner à la fois "garnements", tortionnaires et violeurs (sauf si on a filmé sans faire vraiment exprès et qu'on refile le tout à la police - ou qu'on est journaliste) est aussi obscure que l'acte qu'elle doit sanctionner. Côté gouvernement, du coup, on refile le bébé aux juges qui devront faire la "très difficile" distinction entre information et incitation. Ce qui fait dire à RSF (leblogmedias.com) que "se défausser sur la jurisprudence d'un texte législatif mal bordé et potentiellement liberticide n'est pas une démarche très saine au sein d'une démocratie". On n'aurait pas mieux dit.
Et comble du fin, histoire de rester dans le bon goût entre amis, l'amendement a été passé à la date anniversaire du passage à tabac de Rodney King par des policiers de Los Angeles, et dont la diffusion de la vidéo amateur avait déclenché les émeutes de 1992 (wikipedia.org). Pas mieux, bravo.
404, en pause ces derniers jours, revient très vite après une cure de Botox.
Le lecteur sagace l'aura noté, 404 est en légère pause ces derniers jours. Non qu'il n'y ait rien à dire, non que les 28 communiqués quotidiens de l'UMP et du PS ne donnent pas assez de matière. Non, si 404 est en sommeil, c'est qu'une nouvelle version se prépare pour une mise en ligne très bientôt.
Patientage étant mère de bravitude, retour dans quelques jours, tout beau, tout neuf, plus lisible, éventuellement plus joli et avec quelques nouveautés.
En attendant, et parce que ça aurait été dommage de passer ça sous silence, dans le grand fatras de la campagne présidentielle : Patrick Balkany (UMP) doit un quart de millions d'euros à la justice pour avoir détourné les fonds de sa ville pendant plusieurs années. Comme tout le monde, il ne sait pas trop ce qui va se passer dans les mois à venir. Et contrairement à ceux qui ont pris des PV, il ne compte pas attendre passivement une improbable amnistie. Il demande donc au ministère des finances, comme la loi (et le conseil municipal de Levallois Perret) l'y autorise, d'effacer purement et simplement sa dette envers la justice et les impôts. A titre grâcieux. Réponse de Breton à suivre, on attend ça avec impatience (Le Monde, merci à JB).
Si on doit une chose à Litvinenko, c'est au moins d'avoir remis le polonium 210 au goût du jour.
Avant l'affaire Litvinenko, il était aussi connu qu'un Star Académicien avant le passage de Nikos, et, comme ce dernier, on en retrouve des traces un peu partout : c'est le polonium 210. Cette semaine, le LA Times revient sur la substance qui a tué l'espion russe et achève doucement celui qu'on soupçonne d'être le meurtrier.
Produit à une centaine de grammes par an, le polonium 210 est globalement aussi inutile à la société qu'un manuel d'éthique dans les locaux du KGB. Sauf pour éliminer les indésirables, s'entend. Un grain de polonium de la taille d'un grain de sel est largement suffisant pour condamner quelqu'un à mort. Un gramme de la substance pourrait potentiellement tuer 50 millions de personnes et en rendre au moins autant malades.
L'effet produit par la substance, lorsqu'elle est ingérée, est des plus charmants, dixit Peter Zimmerman dans le LA Times : "C'est comme si les organes internes recevaient un grave coup de soleil et se mettaient à peler". S'ensuivent "nausées, hémorragies internes et énorme douleur".
Suite de ce charmant programme sur l'article du LA Times (source + Bugmenot) où l'on apprend, entre autres, que, le hasard faisant fichtrement bien les choses, la très grande majorité des 100 grammes de polonium produits dans le monde chaque année le sont en... Russie.
Bon, après, ça peut arriver à tout le monde d'en égarer un peu... ou d'en acheter sur Internet (source Le Figaro)
L'affaire Litvinenko sur 404 :
- L'enquête Litvinenko passe du polonium au mercure
- Bons baisers (enrichis au polonium) de Moscou
On savait les opposants à Poutine de santé fragile, les voilà en plus prêts à se tuer entre eux.
L'enquête autour de l'assassinat, en novembre, de l'ancien espion russe opposant à Vladimir Poutine, Alexander Litvinenko, avance (lire ici le début des événements). Ou en tout cas, à défaut d'avancer, les autorités russes tentent de la faire rebondir.
Pour la police de Moscou, un suspect se détache maintenant du lot en la personne de Leonid Nevzlin, ex-cadre dirigeant de la compagnie Youkos, opposant à Poutine, recherché en Russie et exilé en Israël. Nevzlin est également un proche de Mikhail Khodorkovsky, ancien patron de Youkos, lui aussi opposant de Poutine et récemment condamné à 8 ans de prison en Sibérie. Pas de lien clair entre Litvinenko et Nevzlin, pas plus que de motif au crime, mais une énigmatique référence des autorités russes à du mercure qu'aurait utilisé le suspect pour un meurtre au début des années 2000 (source Breitbart / AFP).
De l'autre côté, on recherche deux espions du KGB qui ont été vus avec Litvinenko le jour de son empoisonnement au polonium 210, qui sont introuvables depuis leur retour en Russie et qui seraient actuellement traités pour exposition au polonium 210.
Entre la piste des opposants qui s'entretuent sans raison et celle des espions russes qui transpirent le polonium, c'est vrai qu'il est difficile de se faire une conviction, tant il serait absurde d'oser imaginer que le pouvoir russe élimine des opposants (ceux qui ont dit Anna Politkovskaya, vous sortez). C'est pas de la faute de Vladimir si dans l'opposition, ils ont la santé fragile (et qu'ils ne résistent pas aux balles).
Finalement, depuis George Bush, les activités sportives auront fait plus de mal aux républicains que les terroristes.
Les républicains, contrairement à ce que pourrait faire croire leur obsession dans la guerre contre la terreur, aiment vivre dans le danger. Et bien souvent, ils le paient le prix fort. Cette fois, la malédiction a frappé le plus fort d'entre eux, Schwarzenegger lui-même.
Suite à un accident de ski pendant ses vacances, le gouverneur de Californie a dû passer en salle de chirurgie pour se faire reconstruire le fémur. Occasion qu'a d'ailleurs prise le LA Times pour noter que le gouvernator, généralement très discret sur ses déplacements, passait décidément beaucoup de temps en vacances (source LA Times).
Côté accidents ménagers, on se rappellera que la droite avait déjà été largement frappée par des drames en tous genres, à commencer avec un Dick Cheney qui avait tendance à confondre ses camarades de chasse avec des sangliers (source MSNBC). Le champion républicain restant néanmoins incontestablement George Bush lui-même puisqu'il aligne un accident de vélo en 2005 au cours duquel il a blessé un policier du G8 (source CNN), un accident de vélo tout seul en 2004 (source BBC), un accident de segway en 2003 (source BBC et About.com) et un accident de bretzel en 2002 (source l'Expansion). La barre est haute.
Parce qu'il n'y a pas de trêve de Noël pour les dictateurs, quelques nouvelles des pays où il ne fait pas bon aller aux urnes.
- A Cuba, après plus de six mois d'absence et une rumeur venue tout droit des États-Unis de cancer en phase terminale (source Time / CNN), c'est officiel, le "Lider Maximo" va mieux. En tout cas, selon un médecin qui a rencontré le barbu aux discours fleuves (source Canoë / AP). Ce dernier serait même, dit-on, plus prêt que jamais à se remettre au travail. Cette information est bien entendu à mettre au conditionnel, mais il est néanmoins fort probable que Castro survive plus longtemps que quiconque oserait sous-entendre qu'il est malade.
- Au Turkmenistan, le despote névrotique Niazov (lire ici et là) est mort. Sans même une petite rumeur de cancer. Des élections sont prévues en avril, les États-Unis se déclarent prêt à "commencer une nouvelle ère dans les relations [bilatérales]", les Russes s'en foutent très officiellement (source Novosti) et Bouygues, grand ami de Niazov (lire ici), croise les doigts pour que le suivant soit aussi mégalo que le précédent. L'opposition turkmène, exilée, n'a toujours pas le droit de rentrer au pays.
- En Irak, la condamnation de Saddam Hussein à la pendaison a été confirmée. Les paris sont ouverts sur la date de la petite sauterie, mais le Premier Ministre en poste aurait une préférence pour une potence avant la fin de l'année, ce qui laisse quatre jours (source Guardian). Les États-Unis sont contents (source MyWay / AP), les Irakiens ont peur que ça n'aggrave le chaos actuel dans le pays (source Reuters) et les chaînes de télé négocient les droits.
Bref, moche fin d'année 2006 pour les dictateurs, surtout si on ajoute à tout ça l'embargo que subit actuellement Kim Jong Il sur les iPods, les écrans plasma et le cognac Henessy (source BBC). Des années d'oppression et de tyrannie justifient bien une aussi extrême mesure de rétorsion.
Pour le FN, le concept est clair : on peut remettre en question l'Holocauste, mais pas la bonne foi de Gollnisch.
Bruno Gollnisch a de la suite dans les idées. Ainsi, en octobre 2004, alors qu'il faisait scandale en affirmant que (citation, entre autres joyeusetés du même acabit) "Je ne remets pas en cause l’existence des camps de concentration, mais, sur le nombre de morts, les historiens pourraient en discuter. Quant à l'existence des chambres à gaz, il appartient aux historiens de se déterminer", il s'offusquait qu'on ne puisse évoquer ce sujet sans en passer par les tribunaux (citation, encore) : "Le débat sur les chambres à gaz appartient aux historiens. Cinquante ans après, il me semble que ce débat pourrait être libre. Il pourrait y avoir une confrontation, autrement que par tribunaux interposés ou procès d'intentions de part et d'autre" (source Wikipedia.org).
Faisant preuve d'une magnifique constance, le procès qu'il a intenté à 7 présidents de partis politiques du Rhône-Alpes qui avaient co-signé un texte de dénonciation de ses propos se jouait la semaine dernière (source libération). On devrait pouvoir débattre des camps de concentration sans tribunaux ou procès d'intention, mais commenter les propos de Gollnisch, non.
On apprend à ce sujet que sur les sept partis signataires du texte, deux se sont rétractés, à savoir l'UDF et l'UMP. Leur explication officielle : ils avaient signé le texte mais n'avaient en aucun cas participé à sa rédaction. Une belle preuve de courage politique, donc. Tant il est vrai que ce serait dommage de voir tous ces beaux électeurs potentiels s'offusquer d'une (vraie) prise de position.
Comme George Bush, Vladimir Poutine combine à merveille sagesse populaire et politique : les mensonges les plus gros sont aussi les plus crédibles. Ou presque.
Parfois, le hasard, ce petit joueur, s'amuserait presque à nous faire prendre d'exemplaires démocraties pour de totalitaires pays exportateurs de gaz. Pour preuve, lorsqu'Anna Politkovskaya est abattue de quatre balles dans la tête, nombreux sont ceux qui, dans une hâte peu raisonnable, font un lien entre son opposition au gouvernement de Vladimir Poutine et son bête accident.
De même, lorsque l'espion russe Litvinenko meurt empoisonné, qu'un ex-ministre de Poutine (et détracteur du gouvernement) ainsi que le confident européen de Litvinenko frôlent tous deux la mort de près, victimes eux aussi du Polonium 210, certains esprits chafouins s'insurgent devant les méthodes moyen-âgeuses d'un coupable tout désigné : le KGB.
Mais resaisissons-nous et n'accusons pas le gouvernement russe hâtivement : si les autorités du pays disent qu'elles n'ont rien à voir avec des empoisonnements, c'est finalement peut-être vrai. Et peut-être que la journaliste a reçu quatre balles dans la tête par des voleurs de sacs à main. Après tout, ce n'est quand même pas la faute de Poutine si ses opposants politiques ne résistent que très mal aux balles et aux injections radioactives.
D'ailleurs, pour prouver sa bonne foi, le gouvernement de Poutine déborde d'une imagination si fertile qu'elle reléguerait les efforts politiques de Seguela au rang de vague amusement pour présentateur de Direct 8. Ainsi, il déclare aujourd'hui qu'aucun suspect mis en cause dans les empoisonnements ne pourra être extradé de Russie. Ni interrogé directement par les enquêteurs britanniques d'ailleurs (source Moscow times).
Pour continuer de convaincre, les autorités refusent également de laisser témoigner un officier du FSB qui déclare avoir des informations cruciales pour l'enquête. Ce n'est pas que le gouvernement ne veut pas, mais l'officier en question est malheureusement indisponible, enfermé dans une prison de l'Oural pour avoir "révélé des secrets d'état".
Enfin, finalement, une seule agence de presse (RIA Novosti, dans cet article) note que la thèse de l'empoisonnement est peu crédible et que l'espion russe est mort (rayez les mentions inutiles) 1/ en faisant de la contrebande de Polonium, 2/ tué par son ami Berezovsky ou encore 3/ en fabriquant une bombe radioactive pour des terroristes tchetchènes (sic).
Le fait que l'agence RIA Novosti soit reconnue comme (très) proche du Kremlin (voir par exemple cet article de RSF) n'a sans doute rien à voir là dedans.
Ajoutons à ça que la Russie s'est très officiellement plainte que les autorités anglaises ne soient pas parvenues à faire taire Litvienko dans les dernières heures de sa vie (source DNA), si, avec tout ça, on n'est pas vraiment convaincu que l'administration Poutine n'a rien à voir avec tous ces meurtres et tentatives de meurtres, c'est à n'y rien comprendre...
En 2006, Sarkozy gagnait un Orwell d'honneur pour l'ensemble de son oeuvre. En revanche, la concurrence s'annonce rude en 2007.
C'est désormais une tradition bien ancrée : en cette fin d'année, les Big Brother Awards nouveaux se préparent. Durant la fin d'année 2006, les internautes sont invités à faire connaitre leur sélection des plus représentatifs "élèves de la société de surveillance" (communiqué).
Début 2006, Nicolas Sarkozy recevait un prix spécial "pour l'ensemble de son oeuvre" (lien). Pour avoir milité en 2005 pour l'extension de la vidéo-surveillance, prôné l'obligation des fournisseurs d'accès Internet et des opérateurs télécom de conserver les données de connexion de leurs clients, et la possibilité pour la police d'accéder aux fichiers des compagnies aériennes.
Et le ministre de l'intérieur français semble avoir fait des émules. Ainsi, pour se battre contre les "terroristes qui coordonnent leurs plans cachés dans l'anonymat d'Internet et les prédateurs sexuels violents qui grouillent dans les sites de chat", le directeur du FBI proposait cette semaine que les données de connexion des internautes soient désormais conservées, tant que jugé nécessaire par la police (lien).
Mais on ne peut pas gagner tout le temps non plus. Ainsi, à Washington, on vient d'installer une cinquantaine de caméras vidéos dans tous les lieux de forte criminalité. Résultat, 11 échanges de coups de feu (dont 4 meurtres) dans un seul week-end. Apparemment, les assassins se moquent des caméras de surveillance. Et les policiers également : "The cameras, which focus on public space only, are "passively monitored" by the Metropolitan Police Department, meaning that officers generally do not watch the camera feeds in real time." (source).
Une expérimentation qui devrait donner des ailes à Visiowave, filiale de TF1 qui se spécialise sur une double promesse : signaler automatiquement à la police les individus aux comportements "déviants" et... diffuser de la pub en même temps (lien). En prison, on a plein de temps de cerveau disponible, parait-il.
Kim Jong Il est un grand diplomate. En quelques secondes, il arrive à mettre toute la communauté internationale d'accord.
Depuis longtemps, le monde est séparé entre deux catégories de pays : ceux qui ont la bombe nucléaire et ceux qui ne l'ont pas. On pourrait ajouter à ça les pays dont tout le monde croit qu'ils ont la bombe nucléaire mais en fait non, mais ce sont des cas particuliers qu'on s'empresse d'envahir.
Le monde, donc, se sépare entre les pays qui font très peur, et ceux qui font un peu peur. Or, parce qu'ils ont la bombe nucléaire, les pays qui font très peur, on se met en tête qu'ils sont très raisonnables et que leurs bombes nucléaires, elles ne sont là que pour la décoration. Les pays qui ne font pas vraiment peur se contentent de regarder et d'être sympas avec les pays qui font très peur.
Sauf que voilà, on a depuis hier un nouveau pays qui fait très peur (source The Hindu). Et que celui-là, même avec une force de persuasion extraordinaire, on aurait du mal à se dire qu'il est gouverné par des gens raisonnables.
Se pose alors très vite la question de la poule et de l'oeuf. La Corée du Nord s'équipe-t-elle de l'arme nucléaire pour faire face à tous ces autres pays qui possèdent eux-mêmes l'arme nucléaire ? Ou bien la Corée du Nord justifie-t-elle à elle seule le fait que le reste du monde investisse des milliards de dollars à faire fabriquer des bombes qu'on ne voit jamais exploser ?
Martin Amis débutait ainsi son essai "les monstres d'Einstein" : "Je suis né le 25 août 1949 : quatre jours plus tard, les Russes réalisaient avec succès leur premier essai nucléaire et la dissuasion était en place. J'ai donc eu quatre jours insouciants et c'est déjà plus que mes cadets auront jamais eu".
Grâce à Kim Jong Il, une situation qui n'était pas près de changer le devient encore moins.
Même si elle est sortie du communisme, la Russie de Poutine ne voudrait pas qu'on confonde liberté des marchés avec liberté tout court.
Deux balles près du coeur. Une balle dans l'épaule. Une quatrième directement dans la tête. Anna Politkovskaya rentrait chez elle samedi après-midi, des sacs de courses dans les bras, le tueur attendait la journaliste dans son immeuble et l'a abattue à bout portant.
Anna Politkovskaya est morte, deux balles dans le torse, une balle dans l'épaule, une quatrième dans la tête. Anna Politkovskaya était journaliste, critiquait ouvertement le Kremlin, la guerre en Tchétchénie.
Anna Politkovskaya a été abattue à bout portant, dans sa cage d'escalier, le jour même de l'anniversaire de Vladimir Poutine. Les voisins n'ont rien entendu, le tueur avait un silencieux sur son arme. Elle a été découverte, dix minutes plus tard, enregistrée sous le numéro de dossier 376196. Meurtre avec préméditation.
Pour le Conseil européen des droits de l'homme, elle était "un des symboles majeurs de la lutte pour le respect des droits de l'homme en Russie". Quatre balles à bout portant plus tard, elle est devenue un avertissement aux journalistes russes et autres activistes des droits de l'homme.
Le Kremlin, une des principales cibles d'Anna Politkovskaya, n'a pas souhaité réagir. 'Faut pas déranger Vladimir quand il gouverne.
Plus à lire sur le sujet sur Mosnews.com, sur le Kommersant, Time et enfin sur Libération. Anna Politkovskaya est la 56e journaliste tuée en 2006.
Chaque administration a son scandale sexuel. Cette fois, c'est dans l'équipe de Bush qu'on se prend à trop aimer les stagiaires.
On peut concéder une chose à l'administration Clinton : quand elle faisait dans le scandale sexuel, elle y mettait (un peu) de glamour. Une stagiaire, un président, un cigare, une tache, des conversations érotiques enregistrées, des détails. Pour un peu, ça aurait presque été rigolo à suivre. Alors que dans l'administration Bush, on ne peut pas dire qu'on fasse dans le léger : un sénateur qui se tripote pendant les séances de vote en échangeant des propos que la morale réprouve avec des garçons dont l'âge n'est pas de faire les malins sur les forums de rencontres, c'est lourd à porter.
D'autant que pour sa défense, Mark Foley déclare avoir été violé jeune par un membre du clergé (source AP), en profite pour faire son coming out et, fin du fin, déclare n'avoir échangé des propos indécents avec des adolescents que lorsqu'il était ivre. Parce que oui, il avait aussi un problème avec l'alcool.
L'observateur avisé notera que, violé par un curé, pédophile, ivrogne et gay, ça commence à faire beaucoup pour un républicain. Pour sa défense, Foley affirme qu'il n'écrivait aux jeunes garçons que lorsqu'il était ivre. Et qu'il ne buvait pas pendant le travail. Sauf qu'il se trouve qu'il envoyait quand même des messages à ses jeunes conquêtes pendant les séances de vote au sénat (allez comprendre).
D'autant plus embarrassant pour le camp républicain que ses agissements étaient connus de longue date par ses petits collègues qui se sont bien gardés d'avertir qui que ce soit. Et que Foley avait assis sa carrière politique sur la sévérité contre la pédophilie et les abus sexuels sur les enfants (source Wikipedia).
Tout est parti d'un blog à l'origine douteuse (en tout cas selon Radar). Bush s'est déclaré "dégoûté" des agissements de ses ouailles, d'autant que le scandale arrive (par hasard ?) à trois jours de l'élection sénatoriale dont les démocrates semblent doucement prendre le contrôle (source Reuters).
Chez Fox, on se débrouille comme on peut... à défaut de pouvoir soutenir le très républicain mauvais canard de Foley, on a choisi de modifier un peu la réalité : en plein scandale, Foley devient soudainement... démocrate (source insideCable). Tout est question d'image, après tout.
Les fabricants de chaussures sont des irresponsables. Ou les douaniers un peu parano, c'est à voir.
L'info est envoyée par Ludovic, la psychose continue de plus belle dans les aéroports. Cette semaine, ce sont 140 passagers de Roissy qui ont été "fouillés à 100%", bagages en cabine, en soute et palpations corporelles comprises dans le package. La raison à cette alerte : un des passagers du vol Londres-Paris-Djibouti a été surpris avec des fils électriques dans ses chaussures.
Seul souci de l'histoire, les chaussures sont des chaussures parfaitement normales, si ce n'est que le fabricant a eu le mauvais goût d'y inclure un dispositif pour faire de la lumière quand on marche (si si, des gens achètent vraiment des chaussures avec des ampoules dedans). En tout cas, une chose de plus à rajouter à la (maintenant très longue) liste des choses presque normales qu'il ne faut plus faire quand on va prendre l'avion.
Et à défaut de trouver des terroristes, ces mesures de sécurité ont au moins un effet direct : à force de voir des poseurs de bombes nucléaires / chimiques / bactériologiques / kamikazes / chanteurs de disco (rayez les mentions utiles) partout, c'est officiel : les gens se sentent de moins en moins en sécurité (source CBS). CQFD.
Note : pas de source sur l'article du dessus, TF1.fr n'ayant pas encore découvert le système du lien permanent dans ses brèves.
Parfois, quand ils n'ont rien à dire, les gens se taisent. Et parfois, ils chantent.
A croire que ça devient la mode en ces temps d'extrême profondeur du débat politique : les grands chanteurs doivent se faire voir à côté des futurs présidents, histoire de se ménager une place pour chanter l'hymne national à la finale d'une quelconque coupe.
En France, on a les improbables Johnny (ex-rebelle reconverti en vendeur de lunettes) et Doc Gyneco (ex-drogué reconverti en animateur de Vidéo-gag) qui ont tous les deux rejoint l'apôtre du droit et de la morale. Aux US, on apprend aujourd'hui que c'est Janet Jackson (ancienne soeur-de qui montre ses seins pour faire de l'audience) qui soutient Hillary Clinton histoire de prouver au monde que oui, une femme peut elle aussi être présidente (source AFP). On appréciera la finesse symbolique de l'acte.
Puisque ça a l'air parti pour durer et que chez 404, on aime bien participer à la chose publique, quelques suggestions pour les candidats qui sont encore en mal de chanteur...
Il semble qu'Annie Cordy soit encore disponible pour tout candidat qui souhaiterait s'approprier le profondément engagé "Tata Yoyo" (on ne dénonce personne mais on regarde quand même du côté de l'île de Ré), Herbert Léonard serait également dans les starting blocks avec son tube intercontinental "Puissance et Gloire" (encore une fois, on ne voudrait pas prendre les devants mais on pourrait chercher du côté des verticalement défavorisés), et enfin Corynne Charby pourrait faire l'affaire avec une "Boule de Flipper" qui ravirait sans nul doute ceux qui sont au centre, au gouvernement sans l'être, dans la majorité sans en avoir l'air.
A moins que le présidentiable en puissance, lâché par des intermittents décidément trop ingrats, ne décide de prendre lui-même les choses en main puisqu'à la fin, on n'est jamais mieux servi que par soi-même. Et il semblerait que ce soit un tuyau qu'on ne se refile qu'entre Bernards (ici et encore là). Si avec ça, le jeune (cet éternel ingrat) ne croit plus en la politique, c'est vraiment à désespérer.
En élisant l'acteur Ronald Reagan, les USA avaient-ils un coup d'avance sur les autres ?
C'est une question récurrente depuis (vérifions l'âge du bonhomme) un peu plus de 60 ans, et surtout depuis 2001 : George Walker Bush, 43e président des Etats-Unis d'Amérique, fils de George Herbert Walker Bush, 41e président des Etats-Unis d'Amérique, est-il un idiot ?
A défaut d'une réponse qui mette tout le monde d'accord, selon l'optimisme des uns et des autres, certains avancent l'explication que le président souffre simplement d'un problème d'expression orale. D'autres, qu'il est tout simplement un peu limité.
Quelle que soit la réponse, on pourra se délecter de cette milliardième vidéo de George dans ses plus grandes heures, vidéo repérée par et visible sur "Inside the USA" (voir en particulier le segment du Daily Show de Jon Stewart à propos de la visite de Bush en Allemagne).
Questions métaphysiques mises à part, et parce que président, c'est quand même un hobby sérieux, on apprend dans le Libé du jour qu'en vue de l'élection à venir, le Brésilien Lula affine son programme pour mettre toutes les chances de son côté : il se fait faire des injections de Botox pour avoir l'air plus jeune (source Libération). On comprend mieux le retournement de Chirac avec le retour de ses lunettes : 'paraît que c'est la mode du vintage.
Dans la guerre contre le terrorisme, la délation est-elle l'arme ultime... des terroristes ?
Puisqu'on a si bien commencé avec le sac à vomi terroriste, la névrose aérienne ne compte pas s'arrêter en si bonne voie. Rapporté par le Daily Mail, c'est un vol anglais qui a décollé d'Espagne avec plusieurs heures de retard après que les passagers aient jugé que deux d'entre eux avaient l'air louche. Les critères de reconnaissance sont dignes des plus grandes heures de la police scientifique :
"The trouble in Malaga flared last Wednesday as two British citizens in their 20s waited in the departure lounge to board the pre-dawn flight and were heard talking what passengers took to be Arabic. Worries spread after a female passenger said she had heard something that alarmed her."
(...)
"Passengers noticed that, despite the heat, the pair were wearing leather jackets and thick jumpers and were regularly checking their watches." (source : Daily Mail, "Mutiny as passengers refuse to fly until Asians are removed").
Les deux passagers anglais d'origine asiatique ont été descendus de l'avion par la police locale, l'avion fouillé, certains passagers en pleurs d'effroi rassurés par le personnel au sol. Le vol est finalement reparti vers sa destination, sans les deux passagers désormais considérés indésirables dans cet avion.
Ils sont repartis discrètement plus tard après avoir été innocentés de tout complot de faire exploser quoi que ce soit.
Donc, en dehors de ne pas transporter quoi que ce soit de liquide, pâteux, gazeux, inflammable, mangeable, mélangeable, il est désormais fortement recommandé de ne pas avoir froid en avion (T-shirts uniquement, merci), de ne pas parler une langue qu'on ne comprend pas (anglais uniquement, et en articulant clairement, merci) et de ne pas avoir l'air pas blanc. Ou pas beau.
Moches, bègues ou d'origine étrangère, vous êtes prévenus, soyez sympas avec vos voisins dans l'avion, la menace pour vous n'est plus (que) terroriste.
Certains disent qu'il l'est, d'autres qu'il fait exprès : George Bush est-il (vraiment) idiot ?
Depuis qu'il a été élu président, le monde entier ne cesse de se poser la même et lancinante question : George W. Bush est-il (vraiment) un imbécile ? Mais voilà, déterminer avec certitude le QI de celui qui, selon ses propres termes, gouverne le monde libre (rien que ça) n'est pas chose aisée.
Pour commencer, qu'on le veuille ou non, on a du mal à croire qu'on puisse devenir président du premier pays du monde deux fois de suite par pur hasard (ceux qui ont dit Chirac, au fond de la salle, vous sortez et ferez trois Raffarin et deux Villepin à la place de la récré). Ensuite, il a su appliquer quasiment à la lettre l'ensemble de son agenda républicain, sans que tout le monde trouve grand-chose à y redire, mêlant parfaitement humour de bas étage et une redoutable efficacité politique.
Mais Dieu merci, George dissémine ça et là des indices qui réduisent considérablement le champ d'investigation de ceux qui tentent de prouver que le président américain aurait des capacités un brin limites à la vue de sa fiche de poste. Son inaptitude, par exemple, à prononcer plus de 7 phrases sans y coller un lapsus ou un contre-sens honteux. Ou encore son dénuement de tout sens physique, le faisant tour à tour tomber d'un segway, s'étouffer avec un bretzel ou encore se blesser à vélo.
Mais pour ceux qui n'arrivent pas à se décider, le président a jeté un pavé dans la mare lors du dernier sommet du G8, en Russie (relaté sur Alternet). Extraits de conversation hors caméra - mais avec le son - avec quelqu'un qui semble être le président chinois.
George, à Hu Jintao : "Je dois rentrer chez moi ce soir, je dois prendre l'avion et rentrer, j'ai quelque chose à faire ce soir. Ici, c'est un peu votre quartier, non ? Ca ne doit pas vous prendre longtemps pour rentrer chez vous, non ? Huit heures ? Moi aussi. La Russie est un grand pays et le vôtre (la Chine) est grand aussi."
George, à une troisième personne : "Ca lui prend 8 heures de rentrer en Chine. Huit heures. La Russie est un grand pays. Et la Chine aussi."
6 ans pour réaliser et s'émerveiller du fait que la Russie et la Chine sont de "grands" pays, la performance rendrait même le philosophe Steevie jaloux. A moins que George ait tout simplement voulu meubler, ne sachant vraiment pas quoi raconter au président chinois.
Le pire, c'est que des deux perspectives, on n'arrive même pas à savoir laquelle est la plus angoissante. Et ça, ça fait vraiment peur.
Depuis Bush et Raffarin, il semble que les grands de ce monde ne gouvernent que pour se faire détester. Pur hasard ?
Le sagace observateur de l'actualité n'aura pas manqué de le noter de son oeil affûté : le premier ministre français n'est pas un modèle de popularité politique. Même pire, pour un peu, il passerait pour un incompétent notoire, dont la survie n'est assurée que par un président qui ne veut plus le lâcher. Tout comme son prédécesseur.
Alors que quelque temps en arrière, le rôle maître du premier ministre était celui de fusible, il semble qu'on s'acharne désormais à faire rester le plus longtemps possible ceux dont plus personne ne veut. Plus Raffarin et Villepin baissent, plus on leur accorde de confiance, de soutien. A tel point qu'on pourrait finir par se demander, si on était un tout petit peu de mauvaise foi, si l'impopularité ne serait pas devenue une clé du succès politique ?
Après tout, le premier pays du monde n'est-il pas gouverné par un président dont on doute même de la capacité à aligner sujet-verbe-complément sans se tromper sur chaque mot de plus de cinq lettres ? Par un type qui s'étouffe en mangeant un biscuit apéritif, qui tombe en vélo et est capable de dire "la plupart des Irakiens veulent vivre en paix dans un monde libre. Nous trouverons ces gens-là et les traînerons en justice" (Slate: "Bushism of the day, 27/10/03") ?
Si Villepin et Raffarin n'ont pas encore des livres entiers consacrés à leur délires verbaux, ils partagent quand même avec Bush une certaine conception de la politique : celle de gouverner en étant détestés par la vaste majorité de leurs concitoyens. Sans doute libérés de la pression des sondages, ils sont également devenus d'imparables machines à faire passer leurs mesures sans même se donner la peine de leur donner une forme politiquement correcte.
A Raffarin la réforme des retraites, de l'assurance maladie, de la décentralisation, à Villepin le CNE, le CPE, la privatisation d'EDF et autres dossiers dans lesquels un homme politique normalement constitué n'aurait jamais mis le début du pied. Ils partagent un point commun : ce n'est pas la rue qui gouverne. Et si ce n'est pas la rue, il faut croire que ce ne sont pas les sondages non plus.
Comme Bush, Villepin et Raffarin se sont trouvé être extraordinairement efficaces pour faire passer des réformes impopulaires. En se moquant de l'opinion publique. L'impopularité devenue arme politique absolue. Parce qu'elle permet de s'affranchir de l'avis de ses concitoyens. Et parce qu'en se concentrant sur les sondages catastrophiques du camp adverse, l'opposition oublie de faire ce pourquoi elle est là : proposer une autre voie, une alternative crédible.
En revanche, on a beau chercher, on ne s'explique toujours pas pourquoi François Hollande veut absolument être impopulaire même avant d'être au pouvoir. Ces génies politique...
Moins d'un an avant la présidentielle, une question taraude tout le monde : finalement, qui n'est pas candidat cette fois-ci ?
Après Sarkozy, après Galouzeau, après Fabius, après Strauss Kahn, après Hollande, après Ségolène, après Chirac lui-même et comme si ça ne suffisait pas, Jospin entre dans la course (article Libération), suivi de près par Martine Aubry (article Nouvel Obs), dans la course ou plutôt dans la ronde des belles effarouchées qui pourraient éventuellement se présenter à la tête de la république bannière de France (80% en 2002, faut-il le rappeler ?).
C'est devenu comme une mode, avant les élections, il faut se faire désirer. Dé-si-rer. D'abord, il s'agit de dire que pourquoi pas, on serait bien candidat (pour passer le temps). Ensuite, que finalement non (on est trop bien pour ça). Puis, attendre que tout le monde en parle (si vous insistez, mais c'est bien pour vous faire plaisir). Constater que tout le monde s'en fout (saloperie de Coupe du monde). Et se présenter quand même ('y a pas de raison que les autres y aillent et pas moi).
Si Strauss Kahn n'a pas eu besoin de Coupe du monde pour constater que, dans son cas, on risque de rester au stade où tout le monde s'en fout, Sarkozy, lui, est bloqué dans la phase "si vous insistez, je veux bien dépanner".
L'objectif ? Outre faire les beaux devant la caméra (c'était ça ou présenter le Kéno avec le fils de Jacques Martin), il s'agit surtout de reculer au maximum le moment compliqué du débat d'idée. Voire même pourquoi pas l'éviter totalement, comme ça a été le cas en 2002. Eviter à tout prix de parler de programme, de bilans, de projet, de politique. Parce que ça, si on savait faire, ça se saurait.
Alors, on va continuer à s'amuser mollement entre candidats à la candidature. En attendant désespérément que quelqu'un ait une idée dont on pourrait débattre. Sinon, on va faire comme d'habitude. On va voter pour celui qui a la plus jolie cravate. C'est déjà ça.
Chirac et Villepin au plus bas dans les sondages font la sourde oreille. Et persistent et signent.
On ne pensait plus que ce soit encore possible, mais si, c'est bien vrai : la cote de confiance d'un homme politique peut donc bien descendre en dessous de 20% sans que les institutions s'effondrent ou que Lara Fabian ne sorte un nouveau disque. Si. Vrai de vrai. La preuve, les deux plus hauts personnages de l'état continuent à faire leur Marie-Jo Perrec en tentant de démontrer qu'il est toujours possible de faire pire.
Chirac perd 2 points de popularité pour atteindre 16% de Français qui lui font "plutôt"ou "tout à fait confiance". Villepin essaye de faire aussi mal mais reste au score honorable de 17% d'opinions favorables. Dans une compétition aussi serrée, l'expérience finit par faire la différence.
Pour résumer, 8 Français sur 10 ne font plus confiance à leurs deux dirigeants principaux. 81% pour être précis. Environ 12 millions des 62 qui composent la France croient encore dans les décisions de leur roi. Pour Chirac, rien d'alertant. C'est juste que 80% de la population n'a rien compris (comme d'habitude).
Il choisit donc de persister et signer (27.06, France 2) : "Mon obsession, c'est de poursuivre l'action. C'est de ne pas débrayer, car je sais que nous n'avons pas les moyens d'abandonner le terrain. Je sais qu'une majorité qui ne poursuit pas son action jusqu'à son terme est une majorité qui sera sanctionnée."
Tant il est vrai qu'il serait dommage de "débrayer". Avec un peu de bol, d'ici la fin de l'année, on aura inauguré les scores de sondage négatifs. Rien que pour ça, ça vaudrait presque le coup de rester...
Bonne nouvelle, Sarkozy décide d'être clément. Mauvaise nouvelle : il ne sait pas ce que veut dire ce mot.
Comme annoncé, Sarkozy a fait preuve de compréhension envers les enfants de familles en situation irrégulière. Il n'a que dépêché des policiers appréhender deux enfants de 3 et 6 ans en pleine classe, dans leur école maternelle et les bouter hors de France illico presto (article).
Dieu merci, notre sinistre de l'intérieur a su faire preuve de retenue. On imagine mal ce qui se serait passé s'il avait prôné la fermeté plutôt que la clémence contre les poupons issus d'utérus non made in France.
L'exécution une balle dans la nuque des garçons pour célébrer leur 7e anniversaire ? La tête dans un sac plastique jusqu'à étouffement pour les filles ? L'écartèlement sur place publique pour ceux dont on n'est pas sûr ? Non, franchement, on ne peut qu'applaudir la clémence du locataire de Beauveau.
C'est vrai, d'abord, qu'est-ce qu'ils viennent faire là, tous ces réfugiés ? 'Peuvent pas rester chez eux, non ? C'est à croire qu'ils se passent le mot. Comme ces réfugiés qui, en 1948, arrivaient à Marseille depuis la Hongrie pour fuir l'Armée rouge qui avait rejoint Budapest. Ils venaient chercher un peu de sécurité. Et un endroit pour élever leur famille.
Parmi ceux là, Pal Nagy-Bocsay Sarkozy, père de celui qui allait, 60 ans plus tard, envoyer des policiers dans une maternelle pour expulser deux enfants kurdes de 3 et 6 ans de France. Ils apprécieront l'ironie, quand ils seront grands. Et d'ici là, ils comprendront tranquillement qu'en France, on tient à nos droits de l'homme. Et qu'on y tient même tellement qu'on ne veut pas les partager avec les autres, surtout si ce sont des étrangers. 'N'avaient qu'à pas naître ailleurs, ces cons.
(On appréciera, par ailleurs, la formidable - et involontaire - ironie de cet article. Presque mignon.)
La justice avait condamné Guy Drut. Mais fort heureusement, le bon sens a quand même droit de cité dans notre démocratie.
Qui a dit deux poids deux mesures dans le système judiciaire ? Certainement pas Guy Drut qui, amnistié fort à temps, pourra continuer à siéger au Comité olympique en échappant à sa condamnation de 15 mois de prison avec sursis pour emploi fictif (article RTL).
Guy Drut se déclare fort soulagé que l'affaire qui lui a causé "beaucoup de soucis par rapport au Comité international olympique" (sic) passe aux oubliettes de la justice. C'est vrai que pour que Guy Drut continue à siéger au CIO, on serait prêt à mettre beaucoup sur la table. Perdre un ancien sportif français dans de si nobles instances, personne ne pouvait se le permettre. Perdre Guy Drut au CIO, c'était un peu comme perdre Jacques Ballutin aux Grosses Têtes, comme perdre Indra au Top 50. Non, franchement, ça méritait bien une amnistie. Et puis on ne voudrait pas que le valeureux Guy Drut se retrouve dans la panade pour une bête histoire de détournement de l'argent de l'état, lui qui sautait si bien les haies sur 110 mètres.
Alors on comprend bien l'amnistie. Et on comprend mal pourquoi le juge Halphen, cet éternel aigri, qualifie l'amnistie comme n'étant "pas de nature à restaurer la confiance dans la politique, la justice et la démocratie". Cher Eric, quand on parle de Guy Drut, on ne parle pas de n'importe qui. On parle du mec qui saute des barrières en courant et qui siège au CIO. Quand même. Alors justice et démocratie, on se gardera ces futiles concepts pour des ouailles moins prestigieuses.
Finalement, dans cette histoire, la seule réaction saine et digne a été comme toujours celle de Dominique De Villepin, qui, sans sourciller (et même sans rire), a affirmé à la presse qu'il ne "voyait aucune raison de polémiquer autour d'un grand champion". On n'aurait pas dit mieux.
En Europe, le plombier polonais fait peur à cause du chômage. Aux USA, c'est à cause de ses velléités terroristes.
"Remain calm. Await further instructions. Do not leave the building.". Tout comme l'argent appelle l'argent, apparemment, la paranoïa appelle le paranoïaque. Et très fort en plus. Ainsi, vendredi dernier 26 Mai, on a pu le vérifier du côté de Washington où le Capitole, quelques autres bâtiments administratifs et les écoles publiques de la ville ont été fermées pendant plus de quatre heures.
La raison ? Un membre du Congrès originaire du New Jersey a cru entendre une fusillade dans une aile du Congrès ayant une vague relation souterraine avec la Maison blanche (Article Washington Post).
Bilan ? Des policiers dans tous les coins, des bâtiments fouillés "centimètre par centimètre", évacués, des e-mails d'alertes, des patrouilles, des malaises dus à l'anxiété.
La cause ? Des travaux dans une salle du 3e étage du Rayburn House, sans aucun doute dus à un employé trop zélé à afficher une photo de Toby le chien au mur de son open space. Mais il faut comprendre le gars du New Jersey : perceuse et fusil d'assaut font tellement le même bruit qu'on finit bien souvent par ne plus s'y retrouver. Ne reste plus qu'à passer une loi interdisant le port de perceuse. Comme ça, à l'avenir, les bruits moches, on saura (enfin) qu'on a à faire à des fusils. C'est vrai que c'est plus rassurant.
Si le politicien travaille, c'est surtout en pensant aux jeunes générations. Toute la question étant de déterminer le degré de cuisson.
Il semblerait que l'ex-premier ministre (ceux qui ont pensé "De Villepin" sont invités à prendre une dose de Prozac) italien ait fait des émules de l'autre côté de l'Atlantique. C'est en effet à Toronto que des inconnus ont pris possession des affichages digitaux du métro pour y afficher leur conviction que oui, le premier ministre canadien aime les enfants, mais uniquement s'ils sont bien cuits ; "Stephen Harper Eats Babies" (article CTV).
Après Berlusconi et ses communistes qui, trouvant les enfants assez peu digestes, préféraient les faire "bouillir pour servir d'engrais" (source), les paris sont ouverts sur la prochaine façon d'utiliser les rejetons dans la politique. Une piste : Clearwater, ce ne serait pas vraiment la faute de Galouzeau mais de son indiscipliné fils, qui, on le sait, traîne derrière lui des antécédents délinquants.
Tout se dégrade : avant, l'espion était un être glamour. Maintenant, il bosse aux PPT.
Dans un essai rhétorique digne des plus grandes heures d'Ardisson (dis, sucer, c'est tromper ?), George Bush tente une nouvelle fois de résoudre un problème en changeant le titre. Après les prisonniers de guerre devenus des "combattant ennemis" (pour faire ce qu'on veut avec, c'est mieux), voici venu le temps du "ce ne sont pas des écoutes téléphoniques... c'est de l'espionnage".
Tout ça parce qu'USA Today a eu le malheur de révéler que la NSA (leur DST à eux) écoute tranquillement les conversations des citoyens américains, sans que personne n'en soit prévenu, au nom de la sécurité du territoire et de la lutte contre les terroristes qui s'enfuient en mobylette sur les routes à grande vitesse d'Afghanistan (article Reuters, "Bush denies spying infringes on privacy").
Pourquoi "espionnage" et pas "écoutes téléphoniques" ? Le choix n'est pas innocent. L'espionnage fleure bon l'agent secret rasé de près, toujours bien coiffé et repassé, magnétophone high tech sur la table de nuit et plantureuse femme-pot-de-fleur lascivement allongée sur un dessus de lit en satin. Alors que "écoute téléphonique" sent plutôt l'agent raté recalé à écouter des bandes vides de sens au fond d'une cave mal éclairée, à fantasmer sur la liste de courses de Pam Mockster, Ohio, qui a une fois de plus oublié le Cheezwizz au K-mart, la conne.
L'espion est glamour. L'espion n'est pas pervert. L'espion ne cherche pas à faire du commérage. L'espion ne fait pas de surveillance. L'espion ne fait pas de politique. L'espion poursuit un but plus noble, plus haut. L'espion se bat avec pugnacité pour faire tomber le vilain, qui du coeur de sa fausse île du pacifique, complote à la destruction du monde à grand coups de lasers intersidéraux. L'espion n'écoute pas Pam Mockster. D'abord, parce qu'il n'en a rien à faire de Pam Mockster. Et surtout, parce qu'il a plus glamour a coté de lui, sur son couvre lit en satin.
On comprends dés lors mieux pourquoi, sans complexes (et sans rire), George peut affirmer que l'espionnage des communications téléphoniques des américains ne viole en aucun cas la vie privée. Tout simplement parce que l'espion n'a rien à faire des conversations qui ne concernent pas la destruction du monde. CQFD.
La politique, quand c'est simple, c'est à la fois beau et presque désarmant. Et devant les chances de succès de la démarche, De Villepin aurait décidé d'appliquer la même méthode en France: L'affaire Clearstream a été révelée par Julie Lescaut, qui aurait rédigé un faux rapport sous la demande des Cordiers (juge et flic), alors que Navarro faisait une thalasso avec Jospehine (ange gardien). Tant il est vrai qu'un peu de people ne fait jamais de mal.
Et si l'art n'était qu'une autre façon de décorer ses murs ? C'est en tout cas le rêve du FN.
On connaissait déja le penchant naturel du FN à faire du mécénat, pour peu que les artistes aient le bon goût de ne peindre / dessiner / photographier que de grands caucasiens, le char Leclerc étant un plus apprécié. Mais maintenant, grâce à Ivy, on découvre aussi que les fans du borgne ont une préférence pour les aquarelles de champs de coquelicots (qui, c'est bien connu, annoncent le retour des beaux jours) et pour les gouaches des Champs Elysées (qui, c'est bien connu, annoncent le retour des lances missiles mi-juillet).
Dans le cadre de son collectif d'artistes expatriés à Paris, Ivy (site) diffuse en effet une newsletter à ses membres, dont une comportait en signature : "PETITION against Sarkozy's latest conneries : Médecins du Monde mobilise against the new directive which aims to trap sans papiers in an ambulance, on the operating bloc, and violates the inalienable right of those in France to gain medical care if their health is in danger, whatever their status."
Un des membres du collectif s'insurge : ""PETITION against Sarkozy's latest conneries" ??? Vos opinions politiques, on s'en fiche ! Si vous utilisez un site consacré à l'art pour faire de la politique, ce n'est pas honnête. Médecins du monde est une organisation d'extrême-gauche qui encourage à la consommation de drogue, j'exige de ne plus jamais recevoir de sollicitations de cette organisation."
Une recherche Google plus loin, on s'aperçoit que l'offusqué en question n'est autre que le... conseiller pour la culture du Front National (oui, il y en a un). Conseiller culturel qui prouve par là même son incommensurable connaissance du monde artistique.
C'est vrai que mêler art et politique, c'est moche. Surtout pour promouvoir des vendeurs de hachisch comme Médecins du monde. A la prochaine FIAC, concours de la meilleure aquarelle de champ de lavande. Comme ça, tous les borgnes de France seront heureux. Tiens, il vient comme une envie de brûler des livres. Ah non, déjà fait.
(merci à Ivy pour l'information et la retranscription de l'échange)
A force de faire de la pub de partout, ça devait arriver, l'UMP a fini par viser juste.
Signalé à 404 par Bertrand, le "générateur de langue de bois" (site) pour aider le présidentiable dans sa quête de la phrase qui ne veut rien dire et du mot qui élude (excellente question, je vous remercie de me l'avoir posée).
A noter surtout, à côté du générateur, la sempiternelle pub Google. Et dans ces pubs Google, en tête de liste, à côté de la phrase "Parlez comme un énarque !", un lien vers l'UMP invitant l'internaute à débattre avec Nicolas Sarkozy (image ici).
L'UMP à côté du générateur de langue de bois : le moins qu'on puisse dire, c'est que l'agence publicitaire mandatée par Sarkozy (qui aura bientôt racheté l'ensemble des mots figurant dans le Larousse 2006 pour envahir l'espace numérique) ne manque pas d'à-propos.
On continue dans la politique avec la dernière trouvaille qui montre que les blogs, oui, ça change tout (c'est dingue) : Karl Zéro présente sur son blog l'interview normale pendant laquelle l'invité se fait démaquiller (ici). Le principe: comme une interview, mais pendant que l'invité se fait démaquiller. Outre le caractère follement excitant de la chose, on peut enfin le dire : pas de doute, les blogs, parfois, ça ré-invente vraiment les médias. En pire.
Par ailleurs, et sans aucun rapport, une petite note pour signaler à ceux qui n'ont pas peur de se lever le matin que 404 sera demain à 6h et quelque sur Europe 1 dans le cadre d'une émission dont le nom nous échappe (foutu Kreutzfeld).
C'est pas tout d'avoir envie de voter. 'Faut aussi trouver des sujets.
Depuis que l'UMP a découvert le vote, ils n'arrêtent plus de voter. Le candidat à la présidentielle ? On vote. Le candidat à la mairie de Paris ? On vote. Le maintien de la touche "potage tomate" dans la machine Selecta de la permanence du XVIe ? On vote. Bref, on aime bien voter.
Alors cette semaine, le vote de l'UMP, c'est (et on cite) "le renouvellement statutaire des instances locales". Histoire de décider, parce que les statuts l'obligent, qui va être le prochain à proposer au vote le remplacement de la touche "Macchiato", celle juste au-dessus du potage tomate.
Et qui dit vote dit candidats, et dans la 15e circonscription de Paris, ça ne déconne pas. Morceaux choisis (les fautes d'orthographe sont d'origine) :
"J'attire votre attention sur ma candidature comme déléguer de la 15 ème circonscription de Paris (...) Dans notre permanence, nous devons amplifier les réunions, le dialogue constructive, pour avancer dans le même but, ouvrir à tous nos porte et avoir sur paris une vie meilleur et pleine de bonheurs de passent bien sur par le dialogue, mais aussi des actes (...)et à faire évoluer les mentalités, dans notre circonspection" (on ne le fait pas dire).
"Je suis actuellement Conducteur de chien de recherche d'explosifs au sein de la Police Nationale, ma bataille est de battre la gauche à Paris. Et puis viendra le moment de remplacer les incompétents, je vise la mairie de Paris 75004 en qualité de conseiller municipal, une place en commission de sécurité" (chassez la nature ...)
"Tant sur le plan parisien que national, combattant sans répis la gauche socialo-communiste (...) VOTEZ BIEN - VOTEZ FAIN" (déconne quand tu nous tient)
"Ma jeunesse et mon transexualisme me donne la force du combat. Roger J*****, dit la baronne".
Ca se passe de commentaires. La permanence UMP du XVIe n'est pas près de savoir si on doit remplacer la touche potage tomate par Bouillon de poule. Les déclarations de candidature sont ici (La Baronne - pdf et les autres - pdf)
Les crimes, c'est comme les cadeaux : c'est l'intention qui compte.
De collégien à suppôt d'Al Qaeda, il n'y a qu'un pas. C'est en tout cas la conviction de la police de South Jersey lorsqu'elle arrête quatre adolescents âgés de 15 à 18 ans. Leur crime ? Avoir peut-être eu l'intention de tuer des gens. Les preuves ? C'est l'administration du collège où ils étudient qui le dit.
Sauf que les quatre étudiants n'ont même pas une arme. Et qu'on ne met pas les gens en prison pour rien et sans preuve (toi aussi, insère ta blague ici).
Donc, histoire de ne pas lâcher une si belle affaire, c'est "terrorisme" qui sera retenu comme chef d'accusation contre les quatre adolescents. Rien que ça. Pour avoir eu "l'intention" de tuer, les quatre jeunes risquent maintenant des peines minimum de 30 ans de prison. A la fois, ça leur apprendra d'avoir des intentions à ces petits dégénérés, tiens (Article Daily Record).
Bienvenue dans Minority report le New Jersey.
Après la présomption de culpabilité, l'armée invente la présomption de pages blanches : vous êtes dans l'annuaire, vous êtes potentiellement coupable.
Une petite erreur d'identité en Irak (satanées listes de terroristes, avec leurs origines, on croirait qu'ils ont tous le même nom) et un journaliste de l'institut de rapport sur les guerres et la paix se retrouve enfermé pendant deux semaines, baladé d'une prison à l'autre, interrogé, isolé, maltraité. 12 jours et deux voyages en avion plus tard, il est relâché avec pour seule explication une petite erreur dans la liste des personnes les plus recherchées en Irak (oups).
Pour reprendre un des commentaires de l'article paru sur Alternet et écrit par le journaliste en question (article), ce n'est pas une raison pour ne pas soutenir l'action militaire en Irak. Chaque jour, au péril de leur vie, les soldats font tout leur possible pour préserver l'Occident de ces salauds de journalistes étrangers qui n'ont qu'un seul but dans la vie, vous coller leur crayon papier dans l'oeil. Alors, pour un relâché à cause d'une bête erreur d'identité, pensons à ces autres qui ne ressortent pas de prison. 'Sont pas prêts de réécrire des articles sur la guerre civile. Bien fait.
Mea culpa des démocrates. Quand ils ont voté pour la guerre, ils croyaient vraiment que Bush était président.
Quasiment 3 ans jour pour jour après le début de la guerre en Irak (le retour de la revanche du fils), ça faisait longtemps qu'on n'avait pas autant parlé de la guerre que ces derniers jours aux Etats-Unis.
C'est John Kerry qui commence et qui ne peut plus faire deux pas dehors sans que les manifestants anti-guerre ne le mettent sur un pied d'égalité parfait avec Bush, lui et tous les démocrates qui ont voté pour la guerre et qui, élections obligent, disent maintenant qu'on leur a menti, qu'ils ne savaient pas et que c'est la dernière fois qu'ils votent sans aller consulter Elisabeth Tessier avant (source The Harvard Crimson).
Toute cette bonne foi agace bien entendu et c'est George Clooney qui, en plus d'exciter tout ce que cette Terre compte d'individus dotés de deux chromosomes X, s'énerve le premier : "Ca me rend dingue d'entendre tous ces démocrates dire "on ne savait pas, on nous a induits en erreur". Ca me donne envie de dire "allez vous faire foutre, vous n'avez pas été induits en erreur, vous aviez peur d'avoir l'air de mauvais patriotes"" (source NY Daily News).
Pour rester dans les perdants, c'est aussi le retour d'Al Gore (encore vivant) qui, de son côté, préfère prévenir : c'est toute la démocratie américaine qui est en danger. Et en particulier à cause du Patriot Act. 4 ans après que la loi soit rentrée en vigueur, Al Gore a parlé une petite demie heure, ce qui fait officiellement du candidat à la présidence le type le moins efficace au monde pour préparer un discours (source Palm Beach Daily News).
Chez George, pendant ce temps, on cultive l'optimisme et on continue sur la lancée, même si on continue courageusement à défier les lois de la statistique sur la possibilité pour un président en exercice de se rapprocher du zéro absolu dans les sondages (source Reuters).
Mais se battre contre l'opposition, contre son propre parti, contre les sondages et contre son propre chef commence à laisser ses marques : le staff de la Maison Blanche commence à en avoir sérieusement ras-le-bol. Parce qu'en plus de leurs longues semaines de travail, certains doivent même s'y coller le week-end pour accompagner Bush dans ses balades à vélo (source Washington Post). Parce que bon, c'est vrai qu'un président qui se blesse sur un segway ou en mangeant un bretzel, depuis qu'on lui a enlevé ses roues de tricycle, on tremble à Washington.
Bonne nouvelle, Abou Ghraib va fermer. Mauvaise nouvelle, ça ne change rien. Sauf le nom.
C'est officiel, le camp de détention d'Abou Ghraib devrait bientôt fermer ses portes (L'express). La prison où on aimait bien faire mumuse avec les prisonniers va donc disparaître dans les limbes de l'histoire des épisodes sordides de la guerre et du comportement militaire.
Disparaître oui, mais uniquement pour être remplacée par une autre qu'on dit plus moderne mais surtout plus vendeuse : "Camp Cropper". Pas prison, pas centre de détention. "Camp". Comme dans "Summer Camp", dans "Base Camp", "Camp Fire". Plein de choses qui sentent bon le feu de bois et la camaraderie virile d'une palanquée de boy-scouts autour d'une flambée de chipolatas.
Abou Ghraib, vide, sera rendue aux Irakiens. Les prisonniers seront transférés à "Camp Cropper", au milieu de la base militaire américaine, dont on devine que le secret défense devrait éloigner les curieux. Tous dans le nouveau camp, les militaires deviendront des Gentils Organisateurs (qui veut jouer à question pour une électrocution?), les prisonniers des Gentils Membres (j'ai trouvé un morceau de bras, c'est à qui ??).
Pendant ce temps, dans l'autre "Camp" de Guantanamo, on attache les prisonniers à des chaises et on leur enfonce des tubes dans l'estomac via la bouche pour les nourrir de force. Pour ne pas qu'ils se laissent mourir dans leur grève de la faim. Pour qu'on puisse continuer à les interroger. Pour qu'on puisse les garder enfermés (extraits traduits du rapport d'Amnesty International sur la question, original ici en anglais, traduction 404).
"Les détenus de Guantanamo participant à la grève de la faim ont été placés en isolation, attachés à des chaises, soumis à des méthodes de gavage douloureuses et privés de leurs éléments de confort tels qu'une couverture ou des livres (...) Le Koweïtien Fawzi al-Odah a raconté à son avocat que le 11 janvier, il a cessé sa grève de la faim après avoir été gavé à l'aide d'un large tube à bout métallique alors qu'il était attaché. Il a également raconté que le jour précédent, il a entendu les cris d'un autre prisonnier qu'on gavait de la même manière dans la chambre voisine. Il a aussi entendu le docteur dire au prisonnier : "Je dois le faire, je dois vous faire mal. (...) Les avocats d'autres détenus ont affirmé à Amnesty International que les grévistes de la faim ont été placés en isolation dans des chambres froides, attachés à des chaises et ont été délibérément gavés de trop de nourriture, leur causant des douleurs extrêmes et dans certains cas des diarrhées. Certains des détenus ont été soumis à ce traitement plusieurs fois par jour. Fawzi al-Odah a déclaré que certains des prisonniers étaient obligés de s'uriner ou de se déféquer dessus car ils étaient laissés attachés à leurs chaises. Certains ont vomi du sang."
Les médecins du monde entier sont choqués. Et même l'ONU fait pour une fois entendre sa voix en demandant aux Etats-Unis la fermeture immédiate et définitive du camp de détention américain.
Pour mémoire, les prisonniers de Guantanamo font la grève de la faim parce qu'ils demandent :
- Que les droits internationaux des détenus soient respectés
- Qu'ils aient droit à un vrai procès
- Qu'ils soient relâchés s'ils ne sont pas reconnus coupables
- Que des organisations internationales puissent leur rendre visite.
Apparemment, dans certaines grandes démocraties de ce monde, ça a l'air d'être beaucoup demander. Plus de lecture sur le sujet ici (The Independant) et là (Reuters).
Le politique veut être proche des problèmes du peuple. Raffarin est devenu chômeur, Villepin deviendra-t-il malade ?
Dans un souci d'immersion totale dans la réalité et à défaut d'avoir pu se mettre au chômage lui-même pour se mettre à la place des nouveaux locataires de l'ANPE, il semblerait que durant son voyage à la Réunion, Dominique de Villepin eut été touché par le - now world-famous - virus de la Chikungunya.
C'est en tout cas ce que des sources proches du voyage du premier ministre ont indiqué à Brain Not Found. Ou du moins en tout cas qu'une partie de l'accompagnement du premier ministre serait rentrée en largement moins bonne forme qu'au départ. Sans pouvoir totalement garantir néanmoins que la maladie aurait également touché De Villepin.
En tout cas, un souci d'immersion qui fait plaisir a voir. On attend encore que, dans cette plongée vers la réalité, Sarkozy aille faire un tour du côté de Sangatte où les migrants continuent à s'accumuler dans des conditions qui feraient honte à un pays du tiers-monde.
Pujadas a compris la leçon : maintenant, il ne s'informe plus qu'avec Google.
Bonne nouvelle, les gens. C'est Google qui le disait hier. Depuis 40 minutes, Joëlle Aubron est libre. Malade, certes, mais libre. Et l'article est affirmatif, ses proches sont heureux. Ils n'en reviennent pas.
Ils n'en reviennent pas plus que Google qui, faute d'avoir indexé correctement un article de Libé, se gourre et célèbre la mort de l'activiste d'action directe en publiant dans une de ses news France un article qui date de... juin 2004 (la preuve ici).
A l'unanimité de une voix, Google obtient donc le Pujadas d'or de la semaine, célébrant par là la quintessence de l'approximation journalistique. Bravo à eux. Et merci à Etienne pour l'information.
A l'UMP, pour les élections primaires, on ne vous dit pas pour qui voter. Juste qu'on connaît déjà les résultats.
C'est un peu l'information de l'année (du mois ? de la semaine ? de l'heure ?), les primaires de l'UMP pour désigner le candidat officiel de 2007 ont déjà eu lieu. Et les médias, dans leur crasse incompétence, ont tout raté.
La preuve, elle est (de temps à autre) dans la colonne gauche de ce blog, sous la bannière "réclame" et en capture d'écran ici : Nicolas Sarkozy est officiellement le candidat à la présidentielle de l'UMP.
Sinon, on ne voit vraiment pas comment un parti qui affirme "il n'y a pas de candidat obligé. Celui ou celle qui voudra nous représenter devra porter une alternative, montrer sa capacité à rassembler toute notre famille politique" pourrait payer des publicités aussi... non obligées pour UN des quelques candidats (même pas encore déclarés) à l'investiture. Non, on ne voit vraiment pas.
Fini l'artisanat, le centre de contre-terrorisme fait du zèle, 'va falloir torturer à la chaîne.
C'est pas parce qu'on a une légère tendance à la paranoïa que personne ne nous en veut. C'est en tout cas ce que les petits gars du Centre Américain de Contre-Terrorisme (CiTiiiiou Bauer ?) doivent se dire. Parce qu'à force de voir des terroristes partout, ils se retrouvent avec une liste de 325 000 suspects dont ils ne savent pas trop quoi faire, si ce n'est dire qu'ils sont tous hyper suspects de terrorisme et qu'ils peuvent s'estimer heureux que la place manque du côté de Guantanamo en ce moment.
La partie mignonne de l'histoire est que selon plusieurs estimations, les vrais suspects ne seraient que 200 000, les autres ayant été ajoutés à la liste pour cause d'orthographe qui ressemble (eh, oh, doucement, j'ai que deux doigts) (source).
Les 125 000 qui se retrouvent fichés terroristes et qui risquent de croupir un petit moment en prison s'il leur prend l'envie d'aller faire les soldes à New York voudront bien excuser le centre de contre-terrorisme pour ce petit contretemps. Et puis après tout, ils ne sont pas seuls. Il y en a plein comme eux qui sont enfermés loin de tout droit de l'homme du côté de Cuba, dans le camp de vacances de Dick Cheney.
La technique de regroupement par les noms est déjà une technique marketing éprouvée quand il s'agit de vendre de la margarine qui soigne le cholestérol. Pour gérer la justice d'un pays, ça ne s'était jamais vu. L'innovation, c'est chouette.
Avant, il y avait le crétin des alpes. Maintenant, le voyou sur ski. On n'arrête pas l'insécurité.
Le problème, quand on a la délinquance en fond de commerce, c'est que le sujet n'est pas inépuisable. Après s'être attaqué aux délinquants routiers, aux délinquants des banlieues, aux délinquants pyromanes qui allument des feux de forêt, aux délinquants récidivistes et aux Corses, Sarkozy commençait à être un peu à sec.
Alors il a fallu trouver d'autres délinquants, ceux qui font trembler et voter UMP. C'est chose faite puisque le nouveau cheval de bataille du ministre de l'intérieur n'est rien de moins que (excusez du peu) l'insécurité sur les pistes de ski (source). Parce que oui, les pistes de ski sont dangereuses, mortelles parfois. Elles sont le nouveau repère de l'anarchie, une zone de non droit ou règnent en maîtres chaos et stupre, une zone d'insécurité latente où chaque skieur n'est qu'un mort en devenir.
Pensez, en moyenne 50 morts par hiver, pour plus de 10 millions de skieurs. On frôle le génocide. Et même pas un radar. Pas un policier pour contrôler la vitesse. Pas un flash, pas un PV, rien. A croire qu'on s'en sortirait en laissant les gens s'amuser comme des sauvages, faire du ski ou du surf sans règles, sans panneaux de limitation. Comme s'il était juste de laisser la montagne comme une zone d'amusement dans laquelle on pourrait faire du sport et admirer le paysage sans se préoccuper des réalités dramatiques de ce bas monde.
Non. Ca suffit, il était temps de dire STOP.
Sarkozy a donc profité de ce week-end et des vacances hivernales pour déclarer "la guerre aux voyous des neiges", dixit le sinistre de l'intérieur : "On ne peut accepter les comportements irresponsables. Les skieurs doivent contrôler leur vitesse et leur trajectoire, on ne peut accepter que les gens se comportent comme des voyous sur les pistes" (source).
Et contre le vacancier qui enfreint les panneaux de signalisation en skiant, c'est "tolérance zéro", comme partout, comme toujours. Plus le droit d'aller à gauche si on dit que c'est à droite, plus de hors piste, attention, virage limité à 47 km/h, interdit de sauter, de prendre la bosse, de s'arrêter dans la piste, d'aller dans la poudreuse, de mander un jambon-beurre au soleil.
Et demain, des pistes avec des radars, des flashs, des policiers en arme ? Pour vaincre la délinquance sur les pistes de ski, 'faudrait au moins ça. Des Flash Ball pour les pisteurs. Des juges de proximité. Des PV. De la comparution immédiate. Faire la peau aux voyous, où qu'ils soient. Mettre fin à tous ceux qui ne suivent pas les indications, qui ne respectent pas les règles... LA règle.
Mercredi, Sarkozy va jouer au tennis. Jeudi, un amendement sur la vitesse maximale autorisée pour le service, 110 km/h, pas plus, il est temps de mettre fin à la délinquance, d'éradiquer les voyous des courts, de supprimer ces anarchistes de la balle jaune.
Bienvenue dans un monde Sarkozy (lecteur, si tout se passe bien, tu constateras qu'un lien UMP s'est glissé dans la pub Google dans la colonne de gauche. 404 t'invite à cliquer dessus de toutes tes forces, histoire que 404 puisse continuer à gagner de l'argent sur le dos de l'UMP).
La force de Big Brother, c'est qu'il est partout et qu'on ne le voit jamais. Sauf sur TF1.
C'est bien connu, comme le dit le dicton poitevin (et on se permet de citer), "les remises de prix, c'est chouette". Et certes, comment ne pas acquiescer en choeur. Fort à propos donc, et pour la plus grande joie des habitants de Ruffec, ce vendredi, c'était la remise du Big Brother Awards France (BBAF pour les intimes).
Nominé dans deux catégories, le sinistre de l'intérieur est finalement reparti avec le prestigieux "Orwell pour l'ensemble de son oeuvre", un trophée qui vient couronner une carrière qui pourtant ne fait que débuter (enfin, si on en croit les sondages du Figaro) et qui récompense particulièrement le travail de ces dernières années pour passer la France au Kärcher, un vrai effort de tous les instants :
Diminution du pouvoir des juges, augmentation des pouvoirs de la police, vidéosurveillance, obligation des opérateurs telecom de garder toutes les données de communication de leurs clients, consultation des fichiers des déplacements aériens, appareils photographiques automatisés et mise en place, pour la première fois depuis plus de 50 ans, de l'état d'urgence dans le pays.
Pour avoir accompli tout ça sans susciter la moindre réaction de qui que ce soit et pour avoir ouvertement menti pendant les émeutes, Nicolas Sarkozy était aussi nominé pour "l'Orwell Novlang" qu'il a raté de peu cette année. Accroche-toi Nico (si tu nous écoutes - pouf pouf) : avec 2007 qui approche et une bonne petite campagne sur l'insécurité (bien entamée par ailleurs), tu peux réussir le Grand Chelem l'année prochaine. On croise les doigts pour toi (et on se prépare un visa pour le Canada, au cas où).
L'institut de sondage est un éternel satisfait. Il est toujours d'accord avec lui-même.
Après quelques années de disette pour cause de grand n'importe quoi en 2002, 2007 approche et les sondeurs reviennent. Et cette fois-ci, c'est promis, ils seront fiables ou ne seront pas. Précautions, on va tempérer le message, calculer les marges d'erreur, redresser, ajuster, fignoler, prendre en compte ce que les gens avouent et les votes inavouables, surveiller le Pen et Besancenot. Bref, les sondeurs ont appris la leçon...
Comme le prouvent ces deux titres de journaux datés du même jour. A notre gauche, Marianne et le CSA qui publient (repris par France 2) :
"Elysée 2007 : Ségolène Royal battrait Sarkozy, Ségolène Royal (PS) battrait Nicolas Sarkozy (UMP) au second tour de la présidentielle par 51% contre 49%."
A notre droite, le Figaro (repris lui par... TF1) s'enflamme et, avec son copain le BVA, prévoit exactement l'inverse :
"Sarkozy et Villepin battent Royal et Jospin : L'Observatoire «Le Figaro»-LCI-BVA donne, dans toutes les hypothèses, la droite gagnante au second tour de l'élection présidentielle."
On remercie très fort les instituts de sondage d'éclairer la France de leur lanterne bienveillante, sans laquelle, on le sait, la politique ne serait qu'obscure incompréhension.
L'Europe refuse la baisse de la TVA à la restauration: les allemands privés de légumes à volonté chez Flunch.
Aujourd'hui est un jour funeste pour le restaurateur: il boude. Fort. Parce que l'union Européenne, qui manque définitivement de savoir vivre, ne veut pas baisser la TVA du tartare frites.
Alors, le restaurateur, qui a l'esprit revanchard, veut mettre ses menaces à exécution:
D'abord, il ne va pas créer les 40 000 emplois qui auraient du découler de la TVA 5,5%. Sans préciser par ailleurs que le coût de la baisse de la TVA permettrait de financer 100 000 nouveaux postes dans la fonction publique (Libération).
Ensuite, il menace très fort de ne pas voter UMP en 2007. Alors, la majorité réagit. Breton relativise: "le dossier n'est pas clos" (Nouvel Obs), Dupont Aignan s'énerve "Ce n’est pas à l’Allemagne, ni à n’importe quel autre pays d’Europe ou d’ailleurs, de décider des affaires intérieures de la France." (Debout la république - sic), Fillon part en guerre "rien ne serait pire que capituler", Mariani est jaloux "On ne comprendrait pas qu'on n'arrive pas à obtenir ce que les socialistes ont obtenu à l'époque pour le bâtiment" et quand à Carayon, lui, il est triste parce qu'il n'a pas d'amis "On pourrait attendre d'elle un geste d'amitié sans lequel, l'Europe, une fois de plus, apparaîtra comme un frein et non comme un moteur à la création d'emplois".
Mais alors qu'on croyait déjà être tombé bien bas dans la reflexion de comptoir, c'est Jacques Myard ("un homme determiné et de confiance" - pouf pouf) qui enfonce le clou plus loin dans le mur du voisin pour avoir osé demander de "proclamer unilatéralement la souveraineté de la France" en réaction. Et on ne peut que le féliciter pour cette excellente idée. Et pour poursuivre sur la lancée, il également serait judicieux de demander le rétablissement de la monarchie si les pécheurs espagnols ne respectent pas leurs quotas de morues ainsi que le retour au pré-néolithique si Angela Merkel ne change pas de coupe de cheveux.
Reste une question en suspens: Jacques Myard aura-t-il du rab de cabillaud vendredi prochain au restaurant ?
On espère que la NSA n'a pas mis sur écoute Edwy Plenel, il risquerait d'y avoir de l'écho.
Et dire que certains prétendent que les Américains n'aiment pas les Français. Alors qu'ils partagent tellement de choses en commun. La preuve, à l'instar de François Mitterrand, George Bush s'est découvert, au cours de son mandat, une passion pour les écoutes téléphoniques.
Ca remonte à décembre dernier, lorsque Bush a admis avoir signé au moins une trentaine d'ordres d'écoute sur des citoyens américains pour pouvoir s'incruster dans leur communications internationales. Rien de bien grave, jusque là, puisque le Patriot act lui en donne le droit. Et George de se justifier : il a accordé à la NSA le droit d'intercepter toute communication internationale de gens ayant des connexions connues avec Al-Qaeda ou autres organisations terroristes liées (dans le texte) (source CNN).
Mais George, on le sait déjà, est un petit être humain à l'esprit large. Très large. Large comme sa définition de "ayant des connexions connues avec Al-Qaeda ou d'autres organisations terroristes liées".
Ainsi, on apprend aujourd'hui que George aurait mis sur écoute des journalistes de CNN (tiens, pas de Fox ?), dont Christiane Amanpour, journaliste vedette et responsable de la couverture de nombreux conflits, dont l'Irak. Le double hic pour Bush est que le mari d'Amanapour, Jamie Rubin, se trouve être démocrate, ex-membre du cabinet de Clinton et surtout responsable d'une partie de la campagne de John Kerry (source Alternet et Americablog).
De là à comparer Bush et Nixon, il n'y avait qu'un pas. Que, pourtant, personne n'a osé franchir, et pour une bonne raison (oui, c'est facile).
En attendant, on sera ravi de s'entendre répéter à l'envi que la NSA espionne des milliards de communications dans le monde mais que les seules pour lesquelles elle a besoin d'une autorisation sont les communications domestiques américaines. Le reste du monde vous remercie (source CNN).
Il n'y a pas que dans la population que les idées de Le Pen font leur chemin. Dans la droite aussi.
On se demande parfois comment un homme politique digne de ce nom peut avoir le temps de tout faire : gouverner, serrer des mains, se déplacer, gérer un parti, compter ses amis et ses ennemis et enfin, faire un programme pour 2007.
Bon, on sait que certains ont moins besoin de sommeil que d'autres (on se souviendra, émus, d'Hervé Gaymard et ses 21 heures de travail par jour). Mais comment font les autres, ceux qui ont besoin d'un minimum de repos histoire d'être en pleine forme pour se faire lécher les lacets par Claire Chazal ?
Réponse : ils recyclent. Et pour preuve, cette étude du Monde qui montre que depuis 2002, la droite devient écologique en recyclant à tour de bras les idées... du Front National (le Front National, pour les lecteurs qui auraient la mémoire sélective ou une allergie spécifique aux crétins à la démarche volatile, est un rassemblement de nostalgiques de la période où la France était blanche, les chemises kaki et les étoiles jaunes).
20 points, de l'immigration à la justice et la police, 20 points qui figurent en toutes lettres dans le programme du FN et qui ont été appliqués par la droite (article ici).
Voilà qui va faire plaisir à cette moitié de Français dont 404 parlait la semaine dernière et qui trouvent que décidément, on serait bien mieux si on restait entre fascistes.
Le détail de l'étude sur le Front National et les Français est ici (pdf).
Oui, il y a état d'urgence. A cause de la grippe aviaire, on risque d'être en rupture de dinde.
En ce jour de re-négociation d'une partie du Patriot Act aux US (le droit de fouiller les archives médicales, de placer des maisons sur écoute, de fouiller des maisons sans prévenir personne), on peut se rappeler qu'alors que la quasi intégralité du pays se bat dans les magasins à l'approche de Noël, la France est toujours en état d'urgence.
Si si. En état d'urgence.
Parce que là, en ce moment même, on ressent très fort l'urgence. L'urgence, c'est qu'en France, seul 39% des gens trouvent que les idées de Jean-Marie Le Pen sont "inacceptables". Que 24% sont "tout à fait" ou "plutôt" d'accord avec les idées du FN.
L'urgence, c'est un pays dans lequel deux habitants sur trois n'ont pas de problème pour affirmer qu'il "y a trop d'immigrés en France" et un sur deux à dire qu'on "ne se sent plus vraiment chez soi en France".
Oui, il y a urgence. Urgence de ne pas vouloir avoir pour une deuxième fois le borgne au second tour de l'élection présidentielle.
Sources : CNN, "Patriot Act's fate remains uncertain", Le Monde, "Les idées du Front national s'imposent dans l'opinion".
Quand le vert s'ennuie, le vert luit. Mais ne brille quand même pas.
Les verts sont généralement pleins d'humour. Pendant que leurs petits collègues qui ont un vrai travail se battent pour faire passer des lois pour gouverner le pays, eux, ils vont batifoler dans les prés pour faucher de la jonquille sous prétexte qu'elle est génétiquement modifiée (alors qu'on sait très bien que Raël n'est qu'un fumeur de moquette, ou de havane, on ne sait plus).
Bref, le vert, quand il n'est pas dans les choux, il passe son temps à élire des inconnus à sa tête, histoire d'être bien sûr de ne jamais gagner la moindre élection, parce que c'est des coups à avoir du boulot supplémentaire et de ne plus pouvoir aller brouter tranquillement ces champs de maïs dans lesquels l'herbe ne repousse pas.
Mais en cette déprimante saison grise, le vert n'a pas le moral. Il perd tout sens de la déconne et se met à vouloir élire du people à sa tête. C'est que le vert veut mettre toutes les chances de son côté: 'fait largement trop froid pour aller faire le crétin dans les radis.
Mais le vert est exigeant. Et perfectionniste. Et il apprend vite. Du coup, le vert se dit que pour tout homme politique qui se respecte, il faut que son candidat ait eu des problèmes avec la justice.
Du coup, le vert choisit José Bové comme candidat (source Nouvel Obs). Le jour même où le moustachu écope de 4 mois de prison pour être allé faire des récoltes à la main dans un champ qui n'était même pas à lui (source France 2).
En fait, même quand il déprime, le vert sait rester déconne. On ne sait pas si en octobre, le vert boit, mais une chose est sûre, pour faire ça, il devait au minimum être à moitié plein (pouf pouf).
Puisqu'on en reprend pour 3 mois, on se demande si ce n'est pas la démocratie qui est en état d'urgence.
Nicolas Sarkozy se veut "rassurant". Il crie à qui veut l'entendre non plus qu'il va débarrasser les cités des racailles ou passer la Courneuve au Kärcher, non, il se voulait rassurant en instaurant, pour 3 mois de plus (rien que ça), l'état d'urgence (Source Nouvel Obs).
L'état d'urgence, c'est cet état dans lequel la république se retrouve quand elle est menacée. C'est une arme d'autodéfense contre l'agression extérieure ou intérieure. C'est un état exceptionnel qui diminue les droits fondamentaux des citoyens et encourage l'état policier.
Alors, à l'heure où les affrontements en banlieue se calment, pourquoi vouloir prolonger (pour mémoire, pour 3 mois, rien que ça), l'état d'urgence ?
Parce que, dixit le petit Nicolas, il faut que le Français fasse la part des choses entre les libertés individuelles et les exigences de l'ordre public (dans le texte). Parce que c'est "sage et raisonnable" (sic). Parce que c'est, selon le sinistre de l'intérieur, la seule façon d'assurer que ces quartiers ne deviennent pas ceux "des bandes ou des extrémistes".
404 Brain Not Found tient à féliciter très fort le ministre de l'intérieur, dont l'extraordinaire action vaudra à tout le pays de rentrer en 2006 en "état d'urgence" pour pallier son incompétence à comprendre que, à la Courneuve ou ailleurs, l'ordre public, il est difficile à faire respecter par des gens qu'on laisse dans la misère et qu'en plus, on insulte.
Pour paraphraser le petit Nicolas, "l'heure de vérité a sonné et l'enjeu est considérable". Considérable, oui. Mais ce n'est pas tant de savoir si on peut rétablir l'ordre dans les cités. C'est surtout de se demander si on veut vraiment sacrifier les fondements de la république aux spasmes sécuritaires d'un ministre complexé par sa taille. Ca y ressemble.
Parfois, le monde n'est pas très rigolo. Heureusement que la politique est là pour nous divertir.
On ne va pas se mentir plus longtemps, la politique, c'est plutôt lourd et souvent beaucoup moins rigolo qu'un spectacle de Laurent Gerra (c'est dire si c'est chiant). Heureusement, pour divertir tout ce petit monde, un jour de franche déconne, Dieu inventa... le sondage.
Cette semaine, on pourra donc s'amuser avec le Figaro qui titre "Sondage : Villepin et Chirac en baisse" (ici) et le Nouvel Observateur qui titre exactement l'inverse, "Popularité en hausse pour MM. Chirac et de Villepin" (ici).
Pendant qu'on est dans l'humour politique, on pourra aussi se réjouir de l'autre côté de l'océan puisque, vu que leurs sondages ne sont pas drôles, les Américains ont choisi d'élire un président comique : "Bush Declares: 'We Do Not Torture'" (source AP @ Breitbart). Selon les informations de 404, Bush serait un vrai professionnel, il aurait été capable de dire ça sans rire. C'est beau, un artiste en action.
Enfin, toujours de l'autre côté de l'Atlantique, Schwarzenegger (le mauvais acteur élu Monsieur Univers puis gouverneur de Californie) serait sur le point de faire son dernier "Hasta la Vista Baby" (source Reuters). Il a, pour l'occasion, déclaré à la presse : "Demain, c'est le moment fatidique. C'est le 'Judgment Day'(dans le texte)". 404 tient à rappeler à Schwarzenegger que la dernière fois qu'on l'a vu dans un "Judgment Day", il finissait tout fondu après avoir plongé dans un bassin rempli de métal en fusion. Enfin, on dit ça...
Si George avait été invité chez Drucker, il aurait forcément, lui aussi, craqué devant les charmes de Lorie.
George Bush, ancien président de club de sport devenu président des Etats-Unis, et Jean-Pierre "positive attitude" Raffarin, ancien publicitaire devenu ancien premier ministre, ont plus de points communs qu'on voudrait bien le croire. Ou au moins un en tout cas : un inébranlable optimisme devant des sondages qui leur donnent une cote de popularité aussi élevée que l'est le talent musical de Steeve Estatof, c'est dire.
Pour preuve, il aura fallu que la cote de popularité de George atteigne des niveaux historiquement bas pour qu'il commence à s'alarmer : ses concitoyens ne sont plus que 39% à approuver son action, 31% à trouver leur pays dans un état acceptable et 28% à avoir confiance dans l'économie des Etats-Unis.
Alors que fait George quand il s'alarme d'avoir le taux de "job approval" le plus faible de tous les présidents américains depuis que le sondage existe ? Il engueule son équipe :
""Le président est mécontent en général et blâme son équipe" raconte une source proche de Bush. "Andy Card, le responsable du staff en a pris pour son grade. Karl (Rove) en a pris pour son grade. Même Cheney en a pris pour son grade. Et la presse en prend largement pour son grade."
Mais trop de remise en question tue la remise en question, comme on dit du côté de la place Beauvau. Du coup, vu qu'on ne peut pas taper sur tout le monde non plus, Bush a renouvelé sa confiance en une seule et unique personne :
Lui-même.
Si.
"Il est frustré. Il reste très confiant dans les décisions qu'il a prises. Mais c'est une personne qui voulait accomplir de grandes choses durant son second mandat. Vu son caractère, il ne peut pas être heureux de la façon dont les choses ont tourné."
Qu'on se rassure donc, le moral est bon du côté de la Maison Blanche. C'est juste que son pays est rempli de 180 millions d'abrutis qui n'ont rien compris. Pas plus que le reste du monde par ailleurs. La candeur, c'est formidable, ça reste attendrissant quelles que soient les circonstances. Ou pas (source : Article New York Daily News, "Bushies feeling the boss' wrath").
Les corbeaux sont inquiets, il va bientôt falloir recommencer à couper du journal pour ses envois anonymes.
L'industriel de l'imprimante, c'est un peu Harry. Un ami qui vous veut du bien. Et l'industriel de l'imprimante a constaté que ses utilisateurs souffraient le martyre avec leurs impressions. Entre ceux qui égaraient leurs documents, les confondaient avec ceux de leurs voisins ou simplement qui ne se souvenaient pas quand ils avaient écrit cette lettre d'insulte à leur voisin, l'utilisateur d'impression informatique était perdu.
Alors, parce que - on l'a déjà dit - l'industriel de l'imprimante est sympathique, il imprime sur chaque feuille, en plus de ce que l'utilisateur croit coucher sur papier, un code secret. Composé de tout petits points, invisibles sans appareillage spécifique (pour l'occasion, une lampe fluorescente et une bonne loupe ou un microscope), le code en question donne la date et l'heure de l'impression ainsi qu'un code unique à chaque imprimante (source: Nature, "Laser printer dot code revealed").
Selon EFF (Electronic Frontier Foundation, groupe de défense des libertés individuelles sur Internet, site Web) qui a décodé ces séries de points cachés, le FBI se servirait de ces codes non seulement pour tracer les faussaires (comme prévu initialement), mais aussi pour d'autres raisons moins avouables :
"The ACLU [American Civil Liberties Union] recently issued a report revealing that the FBI has amassed more than 1,100 pages of documents on the organization since 2001, as well as documents concerning other non-violent groups, including Greenpeace and United for Peace and Justice. In the current political climate, it's not hard to imagine the government using the ability to determine who may have printed what document for purposes other than identifying counterfeiters." (source: EFF, "Is Your Printer Spying On You?")
EFF révèle sur son site la technique pour décoder les petits points qui font mal aux yeux (EFF, "DocuColor Tracking Dot Decoding Guide") et une liste des imprimantes qui ne respectent pas des masses la vie privée de leurs utilisateurs (EFF, "List of Printers Which Do or Don't Print Tracking Dots").
Une bien belle initiative des Canon, HP, Xerox et autres, tellement soucieux que leurs utilisateurs n'égarent pas leurs précieux documents que ça en est presque émouvant.
Grande nouvelle, Jean-Marie Le Pen est passé à gauche. En tout cas, il utilise les méthodes communistes...
Bien que le salon de l'aviation soit fini depuis longtemps, ce week-end, on parlait avions charter au Bourget puisque ce n'était rien de moins que la fête Bleu Blanc Rouge, aussi connue sous le nom de sauterie annuelle du FN.
Entre démocrates qu'ils sont, les cadres du FN ont apparemment passé leur week-end à se demander pourquoi le nom de Jean-Marie n'apparaissait pas en grand sur l'affiche de l'événement. Et les esprits chafouins de se demander si la nomenclatura du parti ne voudrait pas sortir Capitaine Crochet avant les élections de 2007 (pas de raison qu'on ne se batte qu'à gauche pour aller faire le pitre à l'Elysée) (source Libération: "Au FN, Le Pen veut toujours les pleins pouvoirs").
Sans la certitude que son parti le soutienne dans deux ans, le chef des gens qui aiment pas les gens a décidé de créer sa propre organisation pour supporter sa candidature à l'effort (sic) présidentiel. Parce que quand ça marche pas en vrai, le plus simple est encore d'ignorer la réalité.
Alors, dans la même optique, 404 Brain Not Found aimerait suggérer à Jean-Marie (si tu lis ces lignes de ton oeil affûté, lis doucement, ça risque d'être un peu dense) de procéder de la même façon pour son poste de président : crée-toi un pays dans ton imagination, deviens-en président et fais-y ce que tu as envie (oui oui, tu pourras même y fermer les bibliothèques et les centres culturels, comme à Orange). Et en attendant, laisse les gens sérieux (il doit en rester quelque part) faire leur travail. La démocratie n'est pas un jouet.
Et vu qu'au royaume des borgnes, Le Pen a décidé d'être le chef, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait que le suffrage universel, ce serait vraiment bien sans tous ces cons qui votent.
Il est Orwell moins le quart, disait l'autre. Enfin, c'était il y a cinq minutes.
Sarkozy, décidément très en forme en ce moment, nous donne sa version de la liberté vue par ses yeux de (tout petit) big brother. En quelques citations fort bien léchées, ça donne ça (le lecteur attentif pourra s'amuser à les retrouver dans le livre du traître à la cause bolchevique George Orwell, c'est à croire que Sarkozy fait du copier-coller certains jours) :
"Nous avons décidé de considérablement augmenter les moyens du renseignement français (...) il faut être à l'écoute de tout, et si possible savoir tout." (Brain Not Found croit savoir que la voisine du 5e a une petite gastro cette semaine et que son chien ne fait pas dans le caniveau, si ça fascine la DST)
"La première liberté, c'est de pouvoir prendre le métro et le bus sans craindre pour sa vie." (sans vouloir chipoter, la première liberté ne serait-elle pas celle de pouvoir prendre le métro et le bus sans craindre pour sa vie sans devoir être pour autant suivi par 18 agents en civil et 27 caméras de surveillance ? Enfin c'est une idée...)
"Un certain nombre de terroristes passent par les cybercafés parce que l'anonymat y est garanti." (aussi surprenant que ça puisse paraître, il semblerait selon les dernières études qu'au moins 99,4% des utilisateurs de cybercafés ne seraient même pas des terroristes, les cons)
"Il n'est pas normal qu'un individu qui habite dans nos quartiers parte tout à coup quatre mois en Afghanistan, trois mois en Syrie." (voilà qui est bien vrai. Depuis quand laisse-t-on à ces sagouins de gens la liberté de voyager librement hors de France, hein ?)
Et avec ça, une petite dose de vidéo-surveillance en plus, quelques écoutes téléphoniques sur les mobiles. Le peuple de France peut dormir tranquille sur les deux (grandes) oreilles du (petit) Big Sarko (citations du sinistre de l'intérieur sur le Nouvel obs).
Et sur ces paroles à fasciner un veilleur de nuit de la DST (bonjour à toi, il n'y a pas de sous-métier), vous m'excuserez, faut que j'y aille, on m'informe que la gastro de la voisine du 5e s'empire depuis que la police est venue vérifier si elle prenait bien ses spasfons, a fortiori.
Sous ses airs de crooner, un rebelle en puissance se cache-t-il sous le premier ministre ?
Brain Not Found ne voudrait pas se mêler de ce qui ne le regarde pas, mais à la place des gens de Hewlett-Packard, on regarderait deux fois avant de traverser la rue. Parce que bon, licencier plus de 1000 personnes alors que rien ne le justifie vraiment, pourquoi pas, ça, chacun peut dormir avec.
Mais avoir à ses trousses un Villepin qui "hausse le ton" (dixit Le nouvel obs), quand on sait comment le fils du premier ministre règle ses différends avec ses petits camarades, on ne peut que craindre pour l'intégrité physique des chefs de HP.
Et comme si ça ne suffisait pas dans la confusion guerrière, Villepin déclarait aujourd'hui que l'économie française doit "se battre sans cesse et sur tous les fronts" (Reuters). Personne ne sait à l'heure actuelle s'il faut le prendre au sens littéraire et lancer une baston de rue générale.
Sur ces paroles d'un impact que n'aurait pas renié Chuck Norris, vous m'excuserez, faut que j'y aille, on attend une palette du "Kung fu pour les nuls" au siège de l'UMP.
Après le licencié, le prisonnier politique est le nouveau petit chouchou de la bourse.
Quand il s'agit de la Chine, on le sait, ça fait un moment que tout ce qu'il se compte d'êtres humains qui ont un truc à vendre s'assoient sur les droits de l'homme avec une bonne foi désarmante.
Pas si longtemps que ça en arrière, c'était Raffarin (Jean-Pierre, premier ministre français de 2002 à 2005, aujourd'hui oublié) qui était au pays où il ne fait pas bon être journaliste. Il déclarait alors en vrac que la France et la Chine nourrissaient la même vision du monde, que la levée de l'embargo sur les armes était une bonne chose et que ce n'était pas franchement la peine d'attendre que les droits de l'homme progressent pour recommencer à vendre des fusils et des balles à la Chine.
Et quand on sait la grande démocratie que c'est, on le comprend bien, Raffarin (Jean-Pierre, premier ministre français de 2002 à 2005, dépressif).
Cette semaine, point de premier ministre français, c'est Yahoo! qui décolle haut la main le trophée "je suis prêt à tout pour vendre ma lessive en Chine". Après avoir racheté le premier cybermarchand chinois et censuré au public chinois tout ce qu'internet comptait comme pages non communistes, Yahoo! vend maintenant les opposants politiques au régime.
C'est rapporté par Reporters Sans Frontières (communiqué de presse) et ça coûte 10 ans de sa vie au journaliste qui a envoyé l'e-mail qu'il ne fallait pas.
Alors, puisqu'on sort de la magnifique année de la Chine, qu'on a vendu plein d'Airbus et que les petits Chinois (quand ils auront fini de coudre des Nike, les cons) pourront bientôt acheter des slips Yahoo!, célébrons tous aujourd'hui les progrès des droits de l'homme en Chine ainsi que la rigueur éthique de Yahoo!. Ca fait plaisir à voir.
Et sur ces paroles d'une censure à faire pâlir de jalousie notre regrettée ORTF, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait qu'à la bourse, le lot de 12 prisonniers politiques chinois se vend 2% d'augmentation du prix de l'action.
Merci à Cykomyko et Sankookai pour l'information (z'étiez deux sur le coup les gars).
Le placebo, c'est un faux médicament. Le bulletin de santé, c'est une fausse ordonnance.
Chirac est toujours à l'hôpital malgré un état globalement très satisfaisant. En tout cas, ce sont les médecins qui le disent. Ou presque.
Parce que voilà, le président de l'ordre des médecins fait un peu la balance pour l'occasion. Et révèle, ô divine surprise, que les bulletins ne sont absolument pas rédigés par les médecins mais par les conseillers politiques du chef de l'Elysée.
C'est demain, dans "la croix", la source est ici.
Et pour finir sur une note médicale, Brain Not Found sera probablement de passage ce mercredi à Paris Carnet. Et sur ces paroles qui sentent l'éther, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait que pour faire rester les policiers à la Nouvelle Orléans, on leur offre des séjours gratuits à Las Vegas. Les victimes des 6 jours d'attente apprécieront.
Chez FO, on a sorti la ronéotypeuse, les élections de 2007 approchent à pas de géant.
Autant ne pas se mentir, cette année, on est en 2005. Et qui dit 2005 ne dit pas uniquement que c'est l'année qui a vu la victoire de la France dans des disciplines athlétiques dont on ne connaissait même pas le nom. Non. 2005, c'est aussi et surtout à même pas deux ans de l'élection présidentielle.
Et vu que même pas deux ans, c'est pas long dans la vie d'un homme politique, tout le monde commence à s'exciter à essayer de savoir qui va être chef à la place du chef (pour mémoire, le chef qui sera chef à la place du chef sera chef des gens habillés en kaki et qui ont de quoi faire exploser 18 fois le système solaire).
Côté socialiste, on envisagerait presque d'installer des détecteurs de métaux à l'université d'été tellement l'ambiance est conviviale. Et Julien Dray, jamais le dernier pour la déconne, apporte sa pierre au débat de fond en affirmant que "la présidentielle rend fous les hommes, surtout les hommes politiques". Et sans rire en plus (article AP).
C'est qu'au PS, ils ont un boulet qui s'appelle Fabius et qui ne voulait pas de plombiers polonais en France. A l'UMP aussi ils ont leur boulet. Un boulet qui a passé autant de temps au bureau qu'au tribunal ces derniers temps. Alain Juppé.
Sauf qu'à l'UMP, les boulets, on sait les ranger là où ils risquent le moins de faire leurs pénibles. Pour l'occasion, Juppé, on l'a rangé à 7000 kilomètres de Paris, chez les Canadiens qui ne méritaient vraiment pas ça. Mais même à 7000 kilomètres de Paris, le boulet peut nuire. On demande donc au boulet de bien réciter sa leçon et c'est chose faite puisque "Juppé au Québec n'entend pas se relancer dans la politique pour le moment" (article AFP).
C'est que le chef de l'UMP, quand il ne donne pas son avis sur tout ce qui vole, roule et nage (article AP), il ne veut pas qu'on mette du désordre dans son parti. Et en grand démocrate, il est prêt à mater toute tentative de rébellion. Et surtout, pour 2007, il se sent tout à fait prêt à faire "Echec et Mat" (article AP). S'il se contentait de faire "échec" tout court, Brain Not Found ne s'en porterait pas plus mal.
Voilà qui donne en tout cas l'orientation de la campagne à venir: des débats de fond (de culotte), beaucoup de petites vieilles agressées dans la rue avec, sans doute, un petit bonus "plombier polonais / terroriste turc" histoire de faire mode.
Vivement 2007.
Et sur ces paroles d'un impérialisme à faire baver n'importe quel député vendéen, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait que certains confondent Sarkozy et le Seigneur (Article Libération). Des intégristes... ça manquait.
Martine, avec sa plage, sa ferme et son marché était finalement une petite joueuse.
A une époque reculée, le jeune en manque de grand classique littéraire et désireux de parfaire une pratique du français châtié pouvait s'épancher sur les aventure de Martine. Martine était une aventurière et un caméléon capable de s'adapter à n'importe laquelle de ces turpitudes extrêmes dans lesquelles la vie sait parfois projeter l'individu moderne.
Ainsi, sans s'effaroucher le moins du monde, Martine partait coup sur coup à la plage, au marché, à la ville ou à la ferme. Et faisait preuve de cette ineffable flexibilité qui a ému nombre de ses contemporains.
Qu'on le veuille ou non, Martine a bel et bien disparu. Certes, il y eu Tintin pour tenter de remplir le siège vacant de l'aventurier. Mais le décès d'Hergé a quelque peu mis un frein à la carrière du reporter du Petit Vingtième.
La France était en manque de ce champion de la flexibilité, aussi à l'aise au volant d'une formule 1 que dans la traite des limousines, qui c'est bien connu, n'aiment pas se faire tripoter les pis par n'importe qui.
Puis est arrivé Sarkozy.
Si Sarkozy était publié en bibliothèque rose, il aurait battu à plat de couture Martine et le club de 5 réunis.
Sarkozy et Balladur, Sarkozy va au supermarché pour parler des prix, Sarkozy à la police, Sarkozy à la Courneuve, Sarkozy dans la caravane de l'UMP (sic). La liste est longue.
Et petit dernier de la collection, Sarkozy prend le Canadair. Sarkozy, posé entre deux pilotes, nous dit qu'il a même pas peur, casque de pilote sur les oreilles. Pour peu, on croirait Tom Cruise dans Top Gun, eût-il partagé avec le sémillant acteur nord-américain d'autres caractéristiques que la taille et l'amour pour les religions bizarres.
Bref, Sarkozy est partout, ne se repose jamais. Tel le lapin Duracell, il continue à jouer de son tambourin ridicule alors que les autres se reposent un peu. Reste à espérer que plutôt que Duracell, il donnera plutôt raison au slogan des piles Wonder puisque, c'est bien connu, les piles Wonder ne s'usent que si l'on s'en sert. Or là, le sinistre de l'intérieur, il sert beaucoup en ce moment.
Et sur ces paroles d'une électricité statique à décoiffer Desireless, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait que contrairement aux gens du voyage, la caravane de l'UMP (re-sic) arrive à se garer partout, elle. On ne comprend pas pourquoi.
Jésus était un grand désordonné. En 33 ans, il a généré 2000 années de désordre. Et on n'a pas encore fini de ranger.
L'intégrisme, c'est un peu comme la maladie d'Alzheimer: personne ne veut l'avoir et ceux qui l'ont ne sont plus en état de le savoir. Prenons par exemple un intégriste musulman.
L'intégriste musulman, il trouve que tout le monde devrait être musulman. Parce que les autres, ils sentent un peu mauvais du cerveau. L'intégriste musulman, il trouve aussi que ceux qui sont suffisamment idiots pour se tromper de Dieu, s'il leur arrivait un accident, il ne serait pas forcément triste, l'intégriste musulman. L'intégriste musulman, il trouve aussi que la femme, il aime bien quand elle est bien rangée. En fait, l'intégriste musulman, il croit que parce qu'il est intégriste, il a forcément raison. Parce que des fois, l'intégriste, faut dire ce qui est, est un grand naïf. Ou stupide, c'est selon.
L'intégriste catholique, lui, il est un peu comme l'intégriste musulman, mais catholique. Et généralement plus riche, surtout quand il habite dans le coin de la Maison Blanche. L'intégriste catholique, il pense que tout le monde ferait bien d'être catholique et que les autres, les pauvres, ça va aller mal pour eux dans ce monde ou le suivant, c'est selon. L'intégriste catholique, il pense que les intégristes musulmans, ils mettent un peu le désordre et que s'il leur arrivait un accident, il serait pas forcément triste non plus.
Tout comme son collègue musulman, l'intégriste catholique croit qu'il a forcément raison sur plein de questions existentielles. Ce qui prouve que tout comme celui qui croit en Allah, celui qui croit un peu trop fort en Dieu est un grand naïf. Ou stupide, c'est toujours selon.
L'intégriste catholique américain est pas trop content qu'on enseigne à l'école la théorie qui dit que non, l'homme n'a pas été créé à partir d'un morceau d'os et d'un peu de terre glaise. En fait, n'en déplaise à Darwin, l'intégriste catholique est convaincu que si les hommes ont deux bras et deux jambes (sauf aux abords des centrales nucléaires ukrainiennes), c'est grâce à son Dieu qui est vachement mieux que le tien de toute façon.
Du coup, l'intégriste catholique veut que dans tous les US, la théorie de l'évolution soit enseignée comme une "possibilité" au même titre que la théorie du "design intelligent" (qui affirme que l'homme est tellement compliqué que sa création est l'oeuvre d'une force supérieure). (Article du NY Times, "Bush Remarks Roil debate on Teaching Evolution").
Si avec ça on n'arrive pas à la paix entre les peuples et les confessions, c'est à n'y plus rien comprendre à la nature humaine.
Et bien que Brain Not Found n'ait pas encore tranché sur la provenance de la complexité anatomique du calamar, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait qu'on essaye de relancer la mode des croisades. Comment ça c'est déjà fait ?
(rectificatif: A la place de "catholique", il fallait lire "chrétien", le lecteur averti aura rectifié de lui-même, ou pas. Les coupables seront massacrés par l'inquisition en place publique)
Le micro-ondes, une invention tellement géniale que ça aurait été dommage de la laisser dans la cuisine.
Le four à micro-ondes, invention super bien sauf lorsqu'il s'agit de faire cuire un oeuf, souffrait depuis sa création d'un défaut majeur: on ne savait pas en produire de suffisamment grand pour faire cuire un cheval en entier.
C'est pourquoi on ne peut que se féliciter de ce grand progrès initié par le Pentagone: le four à micro-ondes d'extérieur.
Avec le four à micro-ondes d'extérieur, finie l'obligation de rester enfermé dans sa cuisine pour préparer le dîner pour tout le monde. Finie la corvée de nettoyage des éclaboussures sur les parois du four. Finis les poulets à découper avant de commencer la cuisson par ondes.
Grâce au four à micro-ondes d'extérieur, il suffit de transporter son antenne près d'un champ pour pouvoir cuire le boeuf sur place. Directement du producteur au consommateur. Un gain de temps appréciable pour toutes les ménagères. Et une viande bien fraîche certaine de ravir les hommes de la maison.
Pour être plus vendable, le four à micro-ondes a été affublé d'un petit nom, le "Active Denial System". Et curieusement, malgré ses applications culinaires évidentes, le Pentagone ne pense pas l'utiliser pour cuire des moutons sur pied, mais pour disperser les foules lors des manifestations.
En moins de 5 secondes, les personnes visées ressentent "de la chaleur et une douleur intolérable". En fait, elles cuisent de l'intérieur.
C'est une invention américaine, ça fait peur aux scientifiques (on ne voit vraiment pas pourquoi) et c'est prévu en 2006 pour l'Irak. Si avec ça, ils ne finissent pas par aimer la démocratie, les Irakiens, c'est à n'y rien comprendre. (News.com: "Riot control ray gun worries scientists")
Et sur ces paroles dignes de Cuisine TV, vous m'excuserez, parait qu'en 2007, ils ont prévu l'introduction du tourne-broche humain. Bon appétit bien sûr. (Merci à Mathieu pour l'info)
Apparemment, les envolées lyriques de Villepin font des émules. Mais n'est pas poète qui veut.
Le président pakistanais Perez Musharraf vous parle: "I urge you, my nation, to stand up and wage jihad against extremism and to stand up against those who spread hatred and chaos in the society," (The Times, "Musharraf calls for jihad against Islamic militants")
(Je vous demande, ma nation, de vous lever, de mener une guerre sainte contre l'extrémisme et de vous dresser contre ceux qui répandent la haine et le chaos dans la société).
Appeler à la guerre sainte, au jihad, contre les extrémistes religieux, ça mériterait facilement la place de réflexion la plus stupide de la semaine.
Malheureusement, la concurrence est rude cette semaine et le ministre des affaires étrangères chinois tient toujours le haut du pavé pour avoir affirmé que les armes, c'est pas pour faire peur mais plutôt pour faire ami avec les voisins. Bien sûr.
Sur ces paroles d'une poésie de M16, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait que certains esprits chagrins affirmeraient que Guantanamo est un camp de vacances, malgré tout le mal qu'on se donne à torturer sur place.
Et si rendre jaloux son voisin était le vrai sens de l'humanité ?
Ca sent la bonne petite crise diplomatique à plein nez. Parce que le pays du hamburger a critiqué le pays des nems. Via un Pentagone jamais avare de petits rapports sur l'état du monde. La boîte à cinq côtés a en effet publié son avis sur les forces militaires chinoises.
Et c'est dantesque. Entre 50 et 70 milliards de dollars par an pour acheter des bombes qui font boum, des tanks qui font vroum et des missiles qui font des orphelins. Du coup, forcément, les US font un peu la moue quand même. Parce que 50 à 70 milliards de dollars, ça fait quand même de la Chine le 3e plus gros budget militaire mondial.
3e, oui. Mais derrière qui ?
Comme par hasard, les médailles d'or et d'argent des pays qui dépensent de l'argent pour faire boum vont aux Etats-Unis et à la Russie. Et le budget militaire US atteint à lui seul un petit 400 milliards de dollars par an, soit entre 6 et 8 fois plus que la Chine.
Alors on se demande vraiment pourquoi les US tremblent. Parce qu'en plus, les chefs chinois, ils sont gentils comme tout. Si. C'est même eux qui le disent. Prépare-toi, lecteur adoré, c'est le passage déconne de la semaine, en live depuis Pekin (et c'est le ministre des affaires étrangères qui le dit) :
"(China is) developing in a peaceful way. (...) Not only is China not a threat to anyone, but we would also like to make friends with people in every country, work together and develop mutually beneficial cooperation in order to facilitate everyone's progress" (LA Times, "China Denounces U.S. Report on Military")
=> (La Chine se développe de façon pacifique. Non seulement la Chine n'est une menace pour personne, mais nous souhaitons de plus nous faire des amis dans chaque pays, travailler ensemble et développer des accords de coopération pour faciliter le progrès de tout le monde)
Que la Chine souhaite faire camarade avec tout le reste du monde, l'intention est sympathique. Ca en est presque naïvement mignon. Mais est-ce vraiment très utile de dépenser le PIB du Rwanda en trucs qui font boum, vroum, flip flap et des orphelins pour y arriver ? Parce qu'avec 70 milliards de dollars, il y a moyen de s'organiser une petite fête entre amis quand même.
Sur cette question d'une intensité nucléaire, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait qu'on va remettre un prix Nobel de la paix à Hu Jintao.
Après avoir mis 3 phases au plan canicule, le ministère de la santé continue à prouver qu'il ne déconne pas.
Au ministère de la santé, quand il commence à faire chaud, on ne rigole pas avec les vieux. Parce que le vieux, on le sait depuis maintenant deux ans, ça aime pas avoir chaud. Ou en tout cas, pas longtemps.
Alors le ministère de la santé, qui est sympathique, a demandé à tous les endroits qui stockent des vieux de mettre en place des "pièces rafraîchies" (excusez de la poésie, pourquoi pas des chambres froides pendant qu'on y est).
Mais le ministère de la santé est un petit ambitieux et ne s'arrête pas là. Il a en effet décidé de débloquer 26 millions d'euros pour "aider les établissements hébergeant des personnes âgées et les services de soins infirmiers à domicile à renforcer leurs effectifs en personnels dès le déclenchement d'un niveau de pré-alerte du plan national canicule". (source Communiqué du Ministère de la Santé)
26 millions d'euros, voilà qui est fort généreux, surtout mis en regard des 450 millions d'euros de dépenses publiques débloqués par le travail du lundi de Pentecôte (pour les maniaques, le détail de ce calcul inexact est dans la suite du texte).
Bien que la destination des 424 millions d'euros supplémentaires soit encore secrète, Brain Not Found suppose que le gouvernement s'apprête à relancer en douce l'industrie du brumisateur. Et à 2 euros 40 le brumisateur, 424 millions d'euros, ça fait quand même 177 millions de brumisateurs à distribuer aux Français, soit 3 brumisateurs par personne ou encore 6,4 brumisateurs par foyer. Si si. Des litres de brumisation en perspective. Des batailles de brumisateur dans les soirées, des apéros brumisateur, des brumisateur partys. Du brumisateur personnalisé, du iBrumisateur, du brumisateur Vuitton. Une orgie de brumisateurs. Si avec ça on ne passe pas l'été...
Alors bon peuple de France, prépare-toi pour la fête, si tout se passe bien, les caisses de brumisateurs devraient arriver sous peu dans ta boite aux lettres.
Et sur ces paroles d'une humidité cavesque, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait que Brain Not Found est le seul blog francophone à avoir pu caser 12 fois le mot brumisateur dans un seul paragraphe.
[détail du calcul pour les maniaques]
Les 450 millions de dépenses supplémentaires possibles sont basés sur 2 à 3 milliards d'euros de PIB générés par le travail du lundi de Pentecôte (source Libération), un PIB annuel de 1600 milliards d'euros (source idem) et des dépenses publiques de 288 milliards d'euros en 2005, soit 18% du PIB (source Budget de l'état 2005).
Tremble, petit Français. Les chasseurs sont colère et veulent dégommer autre chose que des moineaux.
Qu'on se le dise, à l'approche de la fête nationale, l'anarchie et le désordre sont à la limite d'envahir la France. Et si on se demande si le moment est venu de faire des réserves de sucre, de farine et d'eau minérale pétillante, ce n'est pour une fois pas la faute d'une menace terroriste ou calorifique qui pèserait sur la nation (la preuve, il faut 18 degrés à Paris).
Non, si on tremble aujourd'hui, c'est parce que les gens de "chasse - pêche - nature - traditions - intégrisme" sont tout fâchés. Dans son édito du moment, le brillant et courtois Jean Saint-Josse prévient en effet très sérieusement: si les nouvelles dates d'ouverture de la chasse ne conviennent pas et si les restaurateurs n'obtiennent pas la TVA à 5,5%, alors "on aura l'occasion de fêter en fanfare le 14 juillet, la prise de la Bastille ou la nuit du 4 août."
Et de finir son texte par un superbe "A bon entendeur, salut!". (texte "Ils n'ont rien compris!" sur le site du CNPT)
Jean, mon petit, promis, dès qu'on a séché nos larmes de rire, on fait semblant d'avoir peur. Et sur ces bonnes paroles, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait qu'on vient juste d'éviter une mutinerie d'hommes tronc.
Comme on disait à une certaine époque, à l'UMP, on n'a pas d'argent mais on a des idées. Ou des esclaves, c'est selon.
A l'UMP, on dit ce qu'on pense et on pense très fort ce qu'on dit. La preuve, depuis que Sarkozy est devenu chef de l'ancien club des amis de Chirac, on ne voit plus que lui partout. Sarkozy pour l'Europe, Sarkozy contre les juges, Sarkozy sur la religion, Sarkozy sur l'immigration, Sarkozy sur les services publics, Sarkozy sur les socialistes. Bref, Sarkozy 2, le retour.
Sarkozy serait-il une sorte de petit surhomme qui peut faire plein de trucs à la fois ? Une sorte de Steeve Austin des temps modernes, taille bionique en moins, Kärcher en kryptonite en plus ?
C'est ce qu'on pourrait être tenté de croire au regard du nouveau film de l'UMP dans le cadre des films de propagande "expression directe" qui passent sur le service public à des heures où les gens préfèrent généralement regarder des films à caractère plutôt pornographique.
Pour représenter "La France qui doit remercier ceux qui travaillent" (sic), non seulement, on ne voit que Sarko (merci pour les autres) mais en plus, on se rend compte sur les droits de la version internet que l'artiste est... Nicolas Sarkozy lui-même. L'auteur? Pareil. (Voir la capture d'écran).
Brain Not Found tire son chapeau à ce grand petit homme de Nicolas Sarkozy qui, entre une séance de nettoyage en quartier difficile, une réunion de ministère, une réunion de direction de son parti, trouve le temps de se poser devant son banc de montage pour faire sa propre vidéo de propagande.
Pas étonnant qu'il hurle à tout vent qu'il faut récompenser la France qui travaille.
(Pour ceux qui veulent voir la vidéo, c'est dispo sur cette page, Brain Not Found revient dimanche pour cause de déplacement à l'étranger)
Tony, ce n'est pas qu'un tigre qui est en toi. C'est surtout un bureau des stages très efficace.
La semaine dernière, on pouvait lire chez Chryde la complainte d'un stagiaire qui ne s'explique pas comment des entreprises peuvent employer des jeunes stagiaires à bac +3, 4 ou 8 en les payant 30% du SMIC (dans les jours de grande forme en plus).
Au risque de mettre le stagiaire sur la piste, Brain Not Found aimerait bien dire que c'est justement à cause des 30% de SMIC qu'il est embauché mais ici, on ne voudrait pas être responsable d'une tendance dépressive chez un jeune qui en veut et qui vient de rentrer dans le marché du travail en plus. Non non non.
Mais Brain Not Found est néanmoins forcé de noter que les complaintes du stagiaire français sont bien peu de choses comparées à ce qui attend le petit Euan. Euan part en effet aux Etats-Unis apprendre la vie (comprendre faire un stage). Déjà, Euan, c'est pas très simple à porter comme prénom, même quand on est Anglais. Mais en plus, Euan s'est décroché un stage au sein du parti républicain, le parti de George W.
Et pour finir, Euan est le fils de... Tony Blair. (article Reuters, Blair's son to intern with U.S. Republicans) En dehors de se demander si le petit aurait eu un petit coup de piston pour son stage, on peut surtout s'interroger sur son devenir personnel. Vu les procédures que Clinton a mis en place pour accueillir les stagiaires, on ne peut que souhaiter bonne chance au fils de Tony.
En espérant que la diplomatie s'en remettra. (lien: Mon esclave s'appelle stagiaire sur Heures Creuses).
Espérons qu'il n'y ait pas de guerre en France. On serait obligés d'exiler tous les journalistes en Suisse.
Dimanche dernier, les amateurs de voitures qui vont vite, font du bruit et gagner des Allemands ont été salement déçus. C'est qu'aucune des voitures qui avait des pneus Michelin n'a pu partir. Pas parce que Michelin avait oublié les pneus. Ni à cause d'une grève surprise à Clermont-Ferrand.
Non, si les voitures n'ont pas pu partir, c'est que Michelin trouvait les pneus un peu "lisses" et que du coup, le coureur de formule 1 risquait l'accident. Parce que bon, rouler à 320 Km/h dans un kart de 500 kilos, passe encore. Mais avec des pneus un peu "lisses", ça pourrait effectivement devenir dangereux.
On l'aura compris, cette semaine, c'est la semaine de la sécurité. Et comme c'est la semaine de la sécurité, on en profite pour rapatrier la dernière journaliste française en Irak. Elle n'avait rien demandé jusqu'à ce que les services secrets irakiens lui signifient qu'il serait plus prudent de mettre les voiles. (Article Radio Canada, "Le Mauff doit quitter l'Irak aujourd'hui")
Sauf que les Irakiens balancent et affirment avoir agi au nom de l'état français. L'état français qui demande aux journalistes de partir d'Irak, voilà de quoi s'esbaudir un bon petit coup.
C'est en fait que Chirac, il a un peu autre chose à faire que de régler des crises d'otages en ce moment. Il a De Villepin qui veut mettre une tarte à Sarko, Sarko qui veut régler son compte à Raffarin et Raffarin qui est rentré de vacances ivre mort et qui recommence déjà avec ses phrases dignes d'une spécial humour savoyard des "Grosses Têtes".
Bref, Chirac, claquer des bises à Villacoublay, il a autre chose à faire.
Du coup, on rapatrie du journaliste, on interdit (oups, déconseille vivement) les séjours en Irak qui ne sont pas destinés à acheter du pétrole et on s'asseoit sur la nécessaire information.
Maintenant que Florence Aubenas est rentrée, qu'Anne-Sophie Le Mauff a été rappelée, en Irak, il n'y a plus un seul journaliste français. Plus un. Nib. Nada. Personne pour témoigner sans avoir dépouillé des dépêches AFP. Personne pour interviewer, prendre des photos, filmer. Personne.
Ca va en faire du monde dans les rédactions pour couvrir la fête à la choucroute de Nancy, cet été. Heureusement que Jean-Pierre Pernod recrute. Paraît que son grand reportage sur la fin de l'industrie du sabot dans les Cévennes a cartonné.
Vivement la canicule.
En politique, tout le monde veut être chef. Sauf ceux qui trouvent juste que les sièges de l'assemblée sont hyper confortables.
En France, il y a la droite et la gauche. La droite, c'est les gens qui sont à droite. La gauche, c'est les gens qui sont à gauche. Entre la droite et la gauche, ils sont pas d'accord sur grand-chose, sauf sur une chose: ils veulent chacun être le chef de la France. Pour pouvoir après faire des vrais trucs de droite ou de gauche et pas faire que parler pour rien.
Et puis il y a ceux qui sont pas à gauche ni à droite (sauf que un peu à droite quand même).
Et le chef de ceux qui ne sont ni à gauche ni à droite, lui, il ne veut pas être le chef de qui que ce soit. Il veut juste rester ni à droite ni à gauche (sauf que un peu à droite quand même). Et qu'on le laisse tranquille squatter les bancs de l'assemblée parce que c'est confortable, climatisé l'été et chauffé l'hiver, ce qui n'est pas le cas, par exemple, de la gare du nord qui est, faut le dire, hyper mal isolée.
Le chef des ni à droite ni à gauche (mais un peu à droite quand même), des fois, on lui dit qu'il peut être chef d'un truc parce qu'il est sympa. Il peut être chef des voitures, des policiers ou des professeurs. Plein de trucs rigolos.
Sauf que le chef des ni à droite ni à gauche (mais un peu à droite quand même), il veut pas être chef de trucs qui servent à quelque chose. Alors quand un des gars qui est ni a droite ni à gauche (mais un peu à droite quand même) se voit confier le premier budget du pays pour être chef des professeurs, des bacheliers et des maternelles, son chef, il est pas content.
Du coup, le tout nouveau ministre de l'éducation, il vient de se faire suspendre du club des gens qui ne sont ni à droite ni à gauche (mais un peu à droite quand même) et qui décident de ne surtout rien faire dans la politique sauf de dire que la gauche c'est tout pourri et la droite pas mieux (mais un peu quand même). (article Nouvel Obs, "Gilles de Robien suspendu de l'exécutif de l'UDF")
Parce que bon, faut comprendre, être au pouvoir, c'est beaucoup d'ennuis, de stress et de déplacements. Et si on faisait de la politique pour faire aboutir ses idées, ça se saurait.
Alors n'allez surtout pas dire que Bayrou fait de la politique, il continue à faire croire à ses enfants qu'il est éleveur de chevaux. (Article Wikipedia, "François Bayrou")
Si seulement Terri avait su que pour mourir tranquille, il suffisait de passer par la cour suprême...
Avec une population carcérale qui n'a rien à envier à un pays communiste, l'Américain ne le sait que trop bien, en plus d'être pathétiquement mal élevé, le prisonnier coûte cher. Parce que non seulement le prisonnier est rarement là par hasard, mais en plus, comble de l'indélicatesse, il réclame à manger chaque jour que Dieu veut bien lui épargner. Et s'il n'y avait que la nourriture! C'est que l'enfermé chronique, il réclame aussi douche, soins et comble du comble, moult majordomes pour s'assurer qu'il ne quitte pas son lieu de villégiature avant que l'heure n'ait sonné (ou que la messe soit dite, c'est selon).
Bref, on l'aura compris, tout dollar investi sur un prisonnier n'est pas utilement dépensé à fabriquer un missile Tomahawk, et c'est tout de même salement dommage. Surtout quand on sait que les plus indélicats de ces délinquants en puissance ont le mauvais goût de se faire enfermer jusqu'à la fin de leurs jours, ce qui peut durer rudement longtemps, il faut le concéder.
Du coup, on ne pourra qu'applaudir des deux menottes la riche initiative de la cour suprême qui consistera à tenter de refaire passer un texte de loi qui avait pourtant déjà été jugé inconstitutionnel (et on se demande bien pourquoi).
Cette loi sur le retour prévoyait en effet que lors d'un procès, lorsqu'il y avait un doute entre la prison à vie et la peine de mort, on choisisse par défaut la sentence capitale parce que ça serait quand même salement dommage de risquer de garder des gens en vie. On imagine bien les substantielles économies de cette très humaine mesure. Et double avantage, après avoir été exécuté, le prisonnier, largement moins pénible, peut libérer sa cellule et la laisser à un de ses camarades futur gazé ou électrocuté (c'est au choix).
On attend avec impatience le prochain épisode dans lequel la cour suprême, dans un excès d'humanisme, ne manquera pas de définir la date de péremption d'un détenu (sans procès) de Guantanamo, date après laquelle on aura (enfin, a-t-on envie de dire) le droit de pendre du taliban.
Sur ces paroles d'une incarcérabilité à l'épreuve des balles, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait qu'on a récupéré un copain de Bush à l'intérieur.
[edit de dernière minute: L'article auquel il est fait référence se trouve ici, "Supreme Court to study reinstating death law" du International Herald Tribune]
La constitution, c'est comme une légende urbaine. Tout le monde connaît au moins quelqu'un qui connaît quelqu'un qui l'a lue.
Après quelques mois d'étripage intensif sur la future ex-constitution européenne, rappel des scores suite au vote populaire de dimanche dernier: parmi les 99,73% des Français qui n'ont pas lu la constitution, plus de la moitié se déclare contre. Et l'autre moitié, mais un peu moins, se déclare pour.
Parmi ces 99,73%, il reste quand même quelques irréductibles pour prétendre s'être vraiment paluché les 300 et quelques pages du traité. Alors qu'en fait, tout le monde sait qu'ils ont, comme les autres, passé leur week-end à lire le dernier Beigbeder dans un café de bord de Marne. Les sacripans.
(Le lecteur avisé en aura au passage profité pour noter l'efficacité de l'argument "moi, j'ai lu la constitution". En effet, dans un auditoire normal, il est raisonnablement improbable de rencontrer quelqu'un qui l'a vraiment lue. On peut donc raconter n'importe quoi en toute impunité.)
Donc, entre ceux qui ne l'ont pas lue et qui votent oui et ceux qui ne l'ont pas lue et qui votent non, le torchon brûle. Les premiers se disent qu'ils n'ont pas besoin de la lire, les autres qu'ils voudraient bien mais que c'est trop compliqué alors non.
Mais en fait, que Tatiana Golovin gagne Roland Garros si je m'abuse... On avait bien voté oui à Maastricht quelques années en arrière, non ? Et parmi la (courte) majorité qui avait voté oui en 1992, combien avaient lu les (modestes) 70 pages de ce passionnant traité ? (à lire ici en PDF pour ceux qui s'ennuient maintenant qu'ils ont lu 3 fois le projet de constitution qui ne sert plus à rien).
Bon, et puisqu'il faut passer à autre chose et que la constitution va vite ne plus faire vendre de paquets de lessive, retour aux sujets de fond puisque ça manquait cruellement dans ces pages. On apprend en effet, et avec un dépit difficile à dissimuler, que refusées au concert "Live Aid 2005", les Spice Girls ne vont peut-être finalement pas se reformer. De source officielle, Tony Blair n'a pas encore prévu de démissionner. (article du Mirror, "Not Gonnabe")
(pour un autre avis, on pourra lire l'avis du NY times, qui titre son article "French No Vote on European Constitution Rattles Continent")
Hier soir, au grand dam de la ménagère de moins de 50 ans, ils avaient déprogrammé Fogiel. Quelle honte.
Le point commun entre Fabius, Mélenchon, Dupont-Aignan, De Villiers, Le Pen, Buffet, Emmanuelli ? Hier soir, ils n'en pouvaient plus de célébrer la victoire, leur victoire. Hier soir, c'était un peu la revanche des éternels perdants, ceux qui n'avaient jamais connu jusqu'à présent l'ivresse de la victoire politique. Leur revanche a un prix, celle du travail commun de 25 pays, de leurs centaines de millions d'habitants. Bravo.
Hier soir, au siège d'Attac, on chantait comme des supporters de foot. On sautait sur place, on s'extasiait comme si on venait d'abolir la faim dans le monde. Chez Attac, on peut se réjouir. Il y a fort à parier que grâce au refus français, la mafia cessera de prostituer Anna la jeune Slovaque. Que le chauffeur routier polonais s'arrêtera miraculeusement à la frontière comme un nuage radioactif à une autre époque et que le droit à l'avortement sera reconnu partout en Europe. Attac qui réécrit la constitution, on en rêve...
Hier soir, au siège du PCF, on acclamait Marie-Georges Buffet, vainqueur d'un soir, grâce à qui le libéralisme va sans aucun doute faire un grand pas en arrière. Comme ses collègues du Non, Marie-Georges fustige le gouvernement, c'est la faute de Raffarin, Chirac démission, et pourquoi pas un coup d'état pendant qu'on y est. Marie-Georges Buffet à la tête de l'Europe, on en rêve...
Hier soir, au siège du FN, l'écervelé à l'oeil de verre était en transe et proposait, parce que c'est constructif, d'instaurer la proportionnelle en France, parce que hein, 'y a pas de raison non plus. Un peu plus de FN à l'assemblée, c'est vrai qu'on en rêve...
Sans que Pujadas n'en parle, depuis quelques semaines, une poignée d'irréductibles Belges traversait chaque jour la frontière pour se poster dans les gares françaises, longeant doucement les trains arrêtés avec de gigantesques banderoles. Sur ces banderoles, un message: "Français, on compte sur vous, ne nous cassez pas notre Europe".
Aujourd'hui, Anna, prostituée slovaque, doit se frotter les mains. A défaut d'une constitution qui ne parle pas sur 18 pages de la mafia slovène, on n'a pas de constitution du tout. Les fans de Fabius et Emmanuelli peuvent se réjouir aussi, c'est au prix de l'Europe que les deux vont faire triompher leur carrière personnelle.
Aujourd'hui, la France se réveille avec un Non et des projets d'avenir aussi démagogiques qu'un discours de Besancenot. Bravo, et comme le disaient en coeur Le Pen et De Villiers hier soir, "nous sommes fiers du peuple français". 'Y a de quoi.
Parce que le policier est un être humain avant tout, il aime faire la fête avec ses amis journalistes. Et on le comprend.
Se poser des questions philosophiques avec des réponses à 3 lettres n'est pas une exclusivité française, loin de là. Pour preuve, du côté de la Suisse, on enchaîne votation sur votation, on votationne sur des sujets fondamentaux (faut-il refaire le stade de Genève) et on votationne aussi pour des sujets sans apparente importance (doit-on laisser voter les immigrés).
Bref, en Suisse comme en France, on aime bien voter.
Le 5 juin, alors que le Français se remettra tout juste de sa cuite post constitution, le Suisse votera pour savoir s'il doit ouvrir ses frontières à ses camarades de l'espace Schengen. Et puisqu'on parle de frontière, on parle forcément immigration, insécurité, sac à main arraché et temps morose sur le lac Léman.
En Suisse comme en France donc, le politique aime bien faire peur.
Dans la votation en Suisse, chacun veut donner son avis. En l'occurrence, dans le cas de Schengen, puisqu'on parle d'ouvrir les frontières helvètes, ce sont les policiers qui disent ce qu'ils pensent. Et le policier est plutôt du côté du oui (la preuve en images).
En Suisse comme en France donc, quand il ne met pas des coups d'annuaire sur la tête, le policier est plutôt d'accord.
Sauf que pas tous les policiers. Certains ont choisi de dire non, et ce durant une conférence de presse bien planifiée, organisée, durant laquelle lesdits policiers ont manifesté que c'est pas parce que les policiers étaient d'accord qu'ils devaient être d'accord aussi. Certes. Sauf que pour l'occasion, les policiers qui ne veulent pas rentrer dans Schengen, ils étaient vêtus de cagoules histoire qu'on ne les reconnaisse pas.
En Suisse comme en Corse donc, on aime bien faire la fête et on n'hésite pas à se déguiser en extrémiste pour faire rire les journalistes.
Mais voilà que quelques jours après que les cagoulés helvètes aient dit non au oui (qui, faut-il le rappeler, a besoin du non pour faire gagner le oui contre le non), on se rend compte que les policiers n'en étaient pas (article de la RSR, "Les policiers cagoulés seraient des imposteurs").
Ce qui prouve au final qu'en Suisse comme en France, entre jouer au "ni oui ni non" et jouer au con, il est un pas que l'être humain, dans sa grande mansuétude, n'hésite surtout pas à franchir.
Merci à Evren, lecteur suisse de Brain Not Found, pour l'information.
Attention, à partir de ce jour, Brain Not Found ne parlera plus de constitution européenne
Attention lecteur, à partir de ce jour, Brain Not Found ne parlera plus de constitution européenne. Parce qu'il faut dire ce qui est, la constitution européenne me les hache menu, si vous avez l'extrême obligeance de me passer l'expression.
La constitution européenne, rappelons-le pour ceux qui sortent d'un coma prolongé pile poil aujourd'hui, c'est un texte un peu long, insipide à souhait, écrit par des gens très intelligents pour cadrer la vie de 300 millions de bonshommes à travers plein de pays qui, 60 ans auparavant, s'arrosaient tranquillement de napalm et vas-y que je t'envoie des soldats mugir dans tes campagnes.
Le problème, c'est que la constitution européenne, parce que c'est compliqué, personne n'y comprend rien et que du coup, comme quand on interprète la Bible, on finit par faire dire tout et n'importe quoi à chaque page du texte (pour rappel, à force d'interpréter la Bible, certains sont maintenant au Vatican, je ne suis pas certain que ce soit la direction que l'on souhaite prendre).
La constitution, elle parle de ça, pas de ça, le sort des ramasseurs de mousse tourangeaux ne figure pas dans le texte, c'est un scandale. Les caricatures vont bon train (quid des plombiers polonais qui se prostituent à 2 euros de l'heure ?).
Chacun y va de sa réduction, de son "je sais pas si tu as lu mais page 278, ils mentionnent clairement que les dispositions du traité instituant la Communauté européenne de l'énergie atomique applicable aux personnes ou entreprises au sens de l'article 196 dudit traité s'appliquent à des personnes ou entreprises lorsqu'elles sont établies sur les territoires visés à l'article 8 du présent protocole, c'est un véritable scandale, pour moi, tu vois, rien que ça, c'est un non définitif".
Un grand penseur de notre temps disait : "Chaque problème compliqué a une solution simple, et elle est forcément mauvaise". Non, la constitution n'est pas un texte simple. Non, une constitution n'est pas faite pour être un texte compréhensible par l'ensemble de la population. Et Dieu merci. Le contraire aurait été grave.
Alors d'ici le 28 mai, date où le calvaire rhétorique devrait enfin se calmer, Brain Not Found ne parlera pas de constitution européenne. Parce qu'à force de donner son avis sur des trucs qu'on ne comprend pas, on finit fatalement par devenir comme les gens d'Attac.
En espérant qu'après le 28 mai, on oubliera tous ces sondages et débats dignes d'une discussion post pastis au café des sports de Sauveterre de Rouergue et qu'on se souviendra que pendant que les Français comptent les virgules, des gens se font kidnapper en Afghanistan en faisant de l'humanitaire (Reuters), Bush et Blair ont officiellement menti pour déclencher une guerre (Alternet), la Corée du Nord est à deux doigts de faire péter un missile nucléaire (Scotmans News) et que 600 personnes sont retenues en prison sans procès et torturées depuis plus de 3 ans par la plus grande démocratie du monde (The Guardian).
Sur ces paroles, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait que les pêcheurs de palourde alsaciens ne sont pas d'accord sur l'article qui vise les modalités exceptionnelles accordées à l'île de Man (12 habitants).
Aujourd'hui, pour faire hype, point besoin d'aller groover en boîte. Parler de constitution suffit.
Officiellement, sur la question, la confrérie des amateurs d'andouillette n'a pas pris de position ferme. Sans doute afin d'éviter les divisions internes qui sont, c'est bien connu, mauvaises pour la digestion. Il n'en reste pas moins qu'on en parle entre andouilles, de la constitution européenne.
Et alors que les arguments du oui (si non c'est la mort) sont aussi puissants que les arguments du non (si oui, c'est la mort), le collectif Attac se distingue par une campagne de publicité du meilleur effet.
Sous un grand "non", on peut lire sur l'affiche le témoignage poignant comme une interview de Bataille et Fontaine d'Anna, jeune Slovaque et Européenne non convaincue (PDF de l'affiche en question).
"Chez moi, il y a 20% de chômage, alors je suis venue travailler ici dans un salon de massage. Mais je me suis retrouvée sur le trottoir, dans les mains de la mafia. L'Europe est une plaque tournante de la prostitution, pourtant la Constitution ne cherche pas à lutter contre. Alors, il faut voter non !"
On ne peut que féliciter Attac pour cette affiche de bon goût. Aucun cliché (Anna, Slovaque, massage), aucun amalgame débilisant (Slovaque, prostitution, mafia), aucun protectionnisme (chez moi, 20% de chômage alors je suis venue travailler en France). Bref, aucune démagogie.
Attac fait apparemment aussi partie des gens qui pensent que la constitution doit apporter une solution à tous les problèmes européens et que si en 20 pages, on ne parle pas des problèmes des conchyliculteurs polonais, le texte n'est pas valable.
Bref, dans le grand n'importe quoi ambiant du débat sur l'Europe, on ne peut que remercier Attac d'élever un peu le débat en prouvant que oui, certains jours, il vaut mieux fermer sa gueule et risquer de passer pour un con que l'ouvrir et ne laisser aucun doute là-dessus.
A la CIA, on ne voit pas pourquoi il n'y a que les terroristes qui auraient le droit de décapiter.
Dans la série des petits détails qui en disent long sur l'humanité, le brillant M Le Maudit a fait parvenir cette information pêchée dans la Tribune de Genève sur les instructions de la CIA quant à la capture de Ben Laden (pour mémoire, Ben Laden est l'abonné Carte Vermeille sciatique et barbu comme un ZZ Top qui a échappé à la première armée du monde sur une 103 XP il y a quelques années de ça).
On apprend donc que la CIA avait ordonné l'arrestation de Ben Laden à ses agents dès 2001. Mais pas n'importe comment. Parce qu'en plus du sens du détail, on a aussi le sens de la formule à la CIA.
L'agent Gary Schroen avait en effet eu pour instruction de ramener Oussama aux Etats-Unis, mais en pièces détachées si possible. A savoir "sa tête sur un lit de glace". Les autres dirigeants d'Al-Qaeda n'échappaient pas non plus aux velléités poétiques des services secrets américains, puisque instruction avait été donnée de les ramener... sur des pics.
Comme on peut s'y attendre, et parce qu'on ne devient pas agent secret pour rien, la réaction de l'intéressé tend à prouver que oui, c'est officiel, l'être humain peut survivre totalement dépourvu de neurones (citation) "Monsieur, ce sont les ordres les plus clairs que j'ai jamais reçus. Je peux certainement trouver des pics mais je ne sais pas ce que je vais faire pour la glace. Mais nous allons trouver quelque chose" (fin de citation). (article de la tribune de Genève, "La CIA voulait fin 2001 la tête de ben Laden dans une boîte")
Sur ces paroles d'un cannibalisme à dissuader de manger chez Flunch, vous m'excuserez, faut que j'y aille, paraît que le Texas veut interdire les cheerleaders. Parce que c'est indécent. C'est vrai qu'entre ça et une tête sur un pieu... (article TF1.fr, "Texas : les pom-pom girls priées de se rhabiller", merci à Ludovic pour l'information)
Une étudiante chinoise est accusée d'espionnage, ses amis de promotion se demandent bien pourquoi.
C'est une Chinoise de 22 ans. Elle est venue faire ses études en France. Elle est présentée comme la nouvelle Mata Hari, espionnant les secrets industriels de Valéo. Elle est en garde à vue.
Chez elle, on aurait retrouvé 6 ordinateurs surpuissants gavés de documents Valéo. Elle parlerait 5 langues couramment, aurait appris le français en 3 mois, elle serait même brillante, voire surdouée (article de Libération, "Une stagiaire trop curieuse chez Valeo").
Seulement, certains élèves de sa classe ne partagent pas cet avis. Pour avoir eu l'occasion de la fréquenter en cours et d'aller chez elle, Damien nous rapporte qu'elle "n'est absolument pas une génie en informatique (...). Elle ne parle ni arabe ni allemand, contrairement à ce qu'ils ont dit... Elle a un mode de vie très normal, et une image qui ne colle vraiment pas au statut d'espionne qu'on tente de lui donner..."
Il ajoute par ailleurs que "C'est possible qu'elle ait travaillé tard... ça arrive en stage, surtout quand on est étranger et qu'on galère un peu... C'est possible qu'elle ait emporté des documents... ça arrive aussi, parce que quand on est étudiant, on a des rapports à faire..."
Enfin, encore plus troublant, Damien affirme que la demoiselle ne possèderait que 2 ordinateurs (on lui en attribue 6) et qu'il ne voit pas "où elle pourrait en cacher davantage dans 12m²"
En conclusion, selon lui, dans l'école, ils sont une grande majorité à ne pas croire à la thèse de l'espionnage. Un petit emballement médiatique dans les règles de l'art ? (merci à Damien pour ces infos de l'intérieur)
Grâce à Jeb Bush, jamais l'est des Etats-Unis n'a été aussi près du Far West.
En Floride, comme dans tous les états des US, ils ont un gouverneur. Sauf qu'en Floride, ils ont un gouverneur de course en la personne de Jeb Bush, le frère de George, lui-même chef des gouverneurs.
En Floride, il n'ont pas qu'un gouverneur de course. Ils ont aussi le soleil. Et avec le soleil, son lot de retraités qui n'aiment pas la pluie. Or, le retraité qui n'aime pas la pluie, il a souvent une grosse maison avec des trucs qui valent de l'argent dedans. Parce que le retraité, il a travaillé toute sa vie pour pouvoir mourir dans sa maison au soleil avec plein de trucs chers dedans.
En Floride, ils ont aussi un paquet de gens moins riches, qui viennent de pays où les grosses maisons avec des trucs chers dedans, on ne sait pas vraiment ce que c'est, sauf celles qu'on a vu a la télé et qui font sacrément envie.
En Floride, du coup, les vieux riches ont peur que les jeunes pauvres viennent dans leur maison pour voler les trucs chers. Parce que les pauvres, à force de regarder la télé, ils ont eu envie d'avoir des trucs de riches.
En Floride, du coup, existe une loi qui autorise à tirer sur tout ce qui s'approche de trop près de sa maison. Par exemple, si un pauvre rentre chez un riche sans sonner avant, le riche a le droit de tuer le pauvre. C'est comme ça.
En Floride, grâce à leur gouverneur de course, ils ont depuis cette semaine une nouvelle loi. Elle autorise aussi de tirer sur les gens dans la rue dès qu'on se sent menacé. On n'a même plus besoin d'attendre d'être chez soi pour pouvoir tuer quelqu'un. Par exemple, si quelqu'un vient voler une voiture et que le propriétaire de la voiture se sent menacé, il a le droit de tuer le voleur de voiture.
En Floride, la National Rifle Association est super contente. On se demande bien pourquoi... (article Reuters, "Florida Governor Signs Deadly Force Law")
Faire des promesses stupides est une chose. Faire des choses stupides pour les remplir en est une autre.
C'est un peu comme Noël ou le lundi de Pentecôte (pouf pouf), c'est un rituel qui se renouvelle chaque année et qui voit les plus hautes instances politiques françaises s'asseoir sur les droits de l'homme pour aller vendre quelques avions et des centrales nucléaires.
On l'aura compris, Jean-Pierre "Positive Attitude" Raffarin est en Chine.
Alors quand Jean-Pierre "Positive Attitude" Raffarin négocie des Airbus, ça ne déconne pas. Parce que Jean-Pierre, on sent que son principal objectif dans la vie, c'est la paix et la démocratie dans le monde. Comme Lorie. Il le dit très bien lui-même par ailleurs: "l'objectif de son gouvernement de faire commercer avec la Chine un millier de PME françaises supplémentaires d'ici la fin de l'année" (Reuters).
Un bien bel objectif, bien ambitieux. Gandhi aurait été jaloux d'un visionnaire comme ça...
Mais, se demande-t-on à juste titre du côté de Marcillac-la-Croisille (où l'on produit le légendaire Marcillacois, 60 Francs Français Port compris, merci d'adresser les chèques à Jean Foix, boulanger) "faire travailler 1000 PME françaises avec la Chine, ça implique quoi exactement ?".
Ca implique de partager la "vision commune d'un monde multipolaire", de penser qu'il "n'y a aucune raison pour que le Conseil européen revienne sur sa décision de lever l'embargo sur les armes" et que les droits de l'homme, c'est finalement très secondaire puisque Jean-Pierre "Positive Attitude" Raffarin garde le sourire quand le Chinois affirme qu'il "n'y a "pas de lien mécanique" entre les droits de l'homme et la levée de l'embargo sur les armes".
Et ça implique aussi d'affirmer haut et fort que la France ne voit pas de problème à ce que la Chine balance des bombes sur Taiwan au cas où ces derniers auraient la malheureuse idée de demander leur indépendance.
Quand il faut faire travailler 1000 PME françaises et vendre trois avions, on sait y mettre les moyens, en France. C'est que Raffarin, son objectif chômage, il y tient... Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait que Kim Jong il veut passer le contrat du siècle avec la boulangerie Jean Foix de Marcillac la Croisille.
Apparemment, c’est pas seulement parce que Leila avait une coiffure ridicule qu’elle ressemble à Laura Bush.
Il fait du vélo en écoutant de la country sur son iPod. Son iPod, il se l'est fait offrir par ses filles, et depuis, il ne s'en sépare plus. Dès qu'il doit faire du sport, c'est un rituel immuable, hop, iPod sur l'oreille, ça l'aide à faire monter plus vite son rythme cardiaque.
Lui, c'est George Bush, président de les Etats-Unis de l'Amérique. Et l'histoire de George et son iPod, c'est un article dans le Herald Tribune de ce jour. C'est une histoire au moins aussi passionnante qu'un discours de Huchon après un dîner de choucroute et de mauvais vin blanc. On y apprend plein de choses fondamentales, que George a mangé trop de doughnuts en 2004, qu'il a 250 chansons dans son baladeur et qu'il a brûlé 1300 calories sur son vélo samedi dernier (le lecteur, à ce stade, ne manquera pas de laisser échapper une onomatopée d'émerveillement).
Mais le papier du Herald Tribune, intéressant comme un pronostic de tiercé, se distingue quand même par une brillante petite phrase (attention, citation) :
"(…) Bush, as a leader of the free world, does not take the time to download the music himself (…)" (Bush, en sa qualité de leader du monde libre, n'a pas le temps de télécharger de la musique lui-même).
On peut se demander qui a décidé de proclamer Bush "leader du monde libre". Un peu comme Michael Jackson s'est auto-proclamé "Peter Pan", Chirac prix Nobel de la Paix ou Loana surdouée (pour s'en convaincre, son chef d'œuvre "Miettes" est encore disponible dans toutes les bonnes charcuteries).
Bush leader du monde libre... Ne serait-il pas temps d'interdire aux journalistes du Herald Tribune de regarder la "Guerre des étoiles" en boucle pendant leurs heures de travail ? En même temps, on ne peut pas trop les blâmer non plus, Conan le Barbare est bien gouverneur de Californie...
Sur ces paroles d'une cinéphilie à faire fantasmer une pellicule frigide, vous m'excuserez, faut que j'y aille, paraît que Raffarin se pose en leader du monde qui a besoin du non pour dire oui au peut-être mais sans doute.
Parce qu'on parle de constitution, Jacques parle de pacte de stabilité. Parce que de toute façon, vu que personne ne comprend quoi que ce soit...
Si on regardait vraiment le journal de 20 heures (ce qui, Dieu merci, n'arrive pas souvent tellement on est concentré sur les résultats du Keno qui sont la seule raison valable pour laquelle on pourrait vouloir allumer son poste de télévision dans ces horaires incongrus), on croirait presque que les Français se foutent de l'Europe. Alors que non. S'il en est pour qui la grande nébuleuse de Maastricht est opaque, c'est pour nos chers élus.
Parce que mine de rien, l'Europe fait bien marrer la quasi totalité de la population française en ces temps de sinistrose qui ne vont pas sans percer un 17e ulcère dans l'estomac déjà hyper-ventilé de Jean-Pierre Gaillard.
Passons sur les sempiternels débats sur pourquoi le non, qui fait mal campagne, qui trompe qui en couverture de Paris Match et autres amusements politiques. Et attardons-nous plutôt sur celui qui a voulu un référendum auquel personne ne comprend rien, Jacques lui-même. Et Jacques, il trouve que l'Europe, c'est hyper chouette. Pas seulement parce qu'il pense qu'il faut voter oui à la constitution à laquelle personne ne comprend rien. Non, il trouve que l'Europe, c'est chouette parce que 7 ans après sa mise en place, il trouve que le pacte de stabilité est enfin "plus intelligent". Et pas seulement "plus intelligent" mais aussi "plus réaliste, plus pertinent et plus souple" (rien que ça, et le reste ici).
Il peut juste nous rappeler, Jacques, qui était président de la république française, en 97 ? C'est bien ce qui me semblait.
On le promet, le procès de Saddam sera hyper sécurisé. Pour lui tout du moins.
Saddam Hussein va être jugé en Irak pour les crimes commis sous son régime. Et pour l'occasion, on est prêt à prendre les mesures de sécurité adéquates. Un bâtiment entièrement refait pour l'occasion, en plein cœur de la "green zone" intouchable au centre de Bagdad, un sous-sol inviolable, un Saddam transporté directement dans la salle d'audience par un ascenseur ultra sécurisé. On lui construit même pour l'occasion, au milieu de la salle d'audience, une cage comme celle qu'on avait vu dans « le Silence des Agneaux » et qui abritait Hannibal Lecter, l'homme qui aimait les hommes (mais bien cuits).
Bref, on nous le promet, "The Americans and incoming Iraqi coalition government can't afford any slip-ups. By the time it's over, the courtroom will be the safest place in Iraq." (Ni les Américains ni le gouvernement de coalition irakien ne peuvent se permettre d'échec. Quand ce sera terminé, le tribunal sera l'endroit le plus sûr d'Irak) (voir l'article - The Sun).
Sauf qu'aujourd'hui, un juge du tribunal et son fils qui travaille également pour l'institution ont été tués par balle (article - The Guardian). Niveau sécurité, c'est vrai que c'est hyper canon. Apparemment, il n'y a encore que Saddam qu'on protège correctement là-bas.
Parce qu'on oublie trop vite, juste en dessous de chez nous, 'y a un gros continent avec plein de gens où il se passe des trucs pas très sympathiques.
« Changer la démographie [du pays] et la rendre plus saine en tuant, en brûlant les villages et les fermes, en terrorisant les populations, en confisquant les propriétés et en les poussant hors [du pays] ». On attribuerait facilement ces propos à un chef de guerre d'une autre époque. Le pays, c'est le Darfour. Et ces lignes seraient les instructions officielles du gouvernement du Soudan.
D'ores et déjà reconnu comme un génocide, les massacres continuent et tuent environ 10 000 personnes par mois. Alors que la région est fermée à tous les journalistes (Pujadas compris), le New York Times a reçu des photos et documents récupérés par les observateurs de l'union africaine, seule association à avoir encore le droit de mettre les pieds dans le coin (Edito du NY Times).
D'ores et déjà reconnu comme un génocide, ça veut dire qu'on ne fait rien en connaissance de cause. Ou presque rien. Parce que si, finalement, on agit pour le Darfour et le Soudan. On se bat pour organiser les jeux olympiques dans les 3 villes les plus riches du monde. Parce que voir un Africain courir, poursuivi par une machette ou un chronomètre, c'est quand même hyper chouette.
Si quelqu'un dans la salle a 800 euros sous la main, c'est sympa de participer, Hervé Gaymard veut s'acheter un ticket de métro.
Alors que l'affaire Gaymard n'est pas encore coulée dans le béton au fond de la Seine, sans vouloir angoisser, on est en droit de se poser des questions sur les compétences économiques de nos ministres des finances successifs.
Ca commence avec Gaymard qui se dit scandalisé du prix de son appartement (article). Pensez donc, 14 000 euros par mois pour un malheureux 600 mètres carrés dans un des quartiers les plus chers de Paris...
Que Gaymard ne se soit pas rendu compte que son logement coûte le prix d'une Laguna diesel par mois peut passer, on ne peut pas être ministre des finances et avoir la notion de l'argent non plus, faut pas pousser. Mais de là à ne pas se rendre compte que son appartement fait 600 mètres carrés et qu'il lui faut 15 minutes de marche pour passer de la cuisine au salon, on comprend moins. Faut croire que niveau géographie, il est pas très doué non plus, Gaymard.
Bon, Gaymard nul en math et en géographie, passe encore. Mais Strauss Kahn s'y met aussi. Lui, il se dit scandalisé (c'est une manie) parce que Gaymard habite dans un appartement dont le loyer est 10 fois le SMIC. (article)
Sans vouloir alerter Strauss Kahn, il est temps de reprendre contact avec la réalité. Parce qu'en France, même sous son ministère, le SMIC n'a jamais été de 1400 euros par mois. En fait, en 2005, le SMIC est à peine de 900 euros net, soit un peu plus de la moitié des chiffres annoncés par l'ex-ministre des finances. Yum.
Et puis enfin, c'est l'expansion qui s'y met en affirmant que 600 mètres carrés, certes, c'est beaucoup, mais que Gaymard le mérite bien vu qu'il travaille plus de 120 heures par semaine. (article) Petit rappel à nos amis de l'expansion:
120 heures par semaine, si Gaymard travaille 7 jours sur 7, ça fait modestement un peu plus de 17 heures au bureau par jour, sans un seul jour de repos. Si on compte une heure pour se rendre au bureau et en revenir (du 8e à Bercy, ça fait un bout) et deux heures pour aller à la messe le dimanche, ça fait 20 heures de travail par jour et donc un ministre surhomme qui reste productif en dormant 4 heures par nuit sans un seul jour de repos.
En résumé, dans l'affaire Gaymard, on a un ministre des finances physiquement surpuissant, mais nul en math et en géographie, qui se fait sermonner par un ex-ministre des finances qui se plante modestement de plus de 30% quand il évalue le salaire de base en France. Ca laisse rêveur.
Le tsunami a fait son temps, la république mobilise maintenant ses ministres pour savoir si le verglas doit être poursuivi en justice.
Ministre, c’est un job hyper important. Les deux qui ont ri, au fond, vous sortez. Ministre, disais-je, est un job hyper important. Parce que il y en a pas beaucoup d’abord. Et parce qu’ils ont des dossiers hyper compliqués à gérer. Des trucs critiques, qui impactent plein de gens. Comme par exemple assurer que les générations à venir pourront se soigner sans présenter une american express platinium à l’entrée de l’hôpital. Ou que les élèves du CP de Foissy sur Forges ne seront pas forcé de vivre leur retraite la tronche dans un congélateur pour cause de réchauffement climatique.
Tout ça, ce sont des trucs qui inquiètent beaucoup les ministres, qui ont donc des décisions très compliquées à prendre, très fatigantes et qui les stressent beaucoup (suffit de voir la Ioutchenkesque dégradation du chef des ministres pour s’en assurer).
Alors tous les ministres, ils n’ont pas le temps de s’occuper de savoir si Gérard, il a vraiment le droit de passer la tondeuse dimanche matin avant 10 heures ou encore si 7 légumes par jour, c’est vraiment bien raisonnable pour le transit.
Sauf De Robien. Parce que De Robien, il s’ennuie, le pauvre. Il s’est récupéré le job de ministre des trucs qui roulent alors forcement, vu qu’il aime pas les calendriers de camionneurs, ils se sent tous seul. Et du coup, il saute sur tout ce qui bouge. Rappel des faits.
Dans un village perdu, un autocar glisse sur une plaque de verglas et sort de la route. Ca arrive. Dommage certes, mais tant qu’il y aura des routes, il y aura des sorties de route. Heureusement, personne n’est mort, même pas le chauffeur. Sauf que le chauffeur, il a 70 ans et que 70 ans, tout le monde trouve que c’est trop vieux pour conduire un bus. Et qu’en plus, le chauffeur, il faisait ça pour filer un coup de main et que donc, ce jour là, il n’avait pas de contrat de travail.
De Robien, vu qu’il a une occasion de parler d’autre chose que de camions, pour une fois, il s’énerve très fort. En fait, l’accident, c’est plus la faute de la route qui est mauvaise mais surtout du chauffeur qui a dépassé la date de péremption et qui en plus, le criminel, travaillait sans papiers.
Du coup, De Robien, il est partout dans les journaux, la télévision, la radio, il se sent "très mobilisé" (Le nouvel obs), "très indigné" (France 2), demande "une double (sic) enquête administrative" (Reuters) et demande à ce que "des sanctions exemplaires" (Nouvel Obs) soient prises parce qu’il est vachement "indigné en tant que ministre des Transports mais aussi en tant que citoyen et père de famille " (France 2).
Il est au courant que la SNCF est en grève, De Robien ? Que les voitures polluent, que les crétins de la route qui font du 180 sur départementales savent bien où sont les radars fixes ? Que l’alcool au volant tue ? Que le Fret ferroviaire est ridiculement sous développé et que les camions polluent et tuent ? Il est au courant qu’il a un pays à gérer, notre ministre ?
Pour mémoire, on rappellera juste que les policiers chargés de l’enquête affirment depuis le début que le conducteur avait "parfaitement le droit de conduire (France 2), qu’il avait "régulièrement subi des visites médicales qui sont plus fréquentes à partir de 70 ans" (Nouvel Obs) et que selon la préfecture, "l'accident semble dû au brouillard et au verglas" (Reuters). Bien de quoi mobiliser un ou deux ministres à plein temps, en somme.
En voulant régler le compte de ceux qui avaient fraudé le programme pétrole contre nourriture, les US ne pensaient pas tomber sur eux mêmes.
“Although the financial beneficiaries were Iraqis and Jordanians, the fact remains that the US government participated in a major conspiracy that violated sanctions and enriched Saddam's cronies,” a former UN official said. “That is exactly what many in the US are now accusing other countries of having done. I think it's pretty ironic”.
(“Bien que les bénéficiaires financiers aient été jordaniens et irakiens, le fait est que le gouvernement des Etats-Unis a participé dans une conspiration majeure qui violait les sanctions et a enrichi les proches de Saddam” affirme un ancien officiel de l’ONU. “C’est exactement ce que beaucoup aux US accusent actuellement les autres d’avoir fait. Je pense que c’est assez ironique”)
Le Financial Times prouve que le gouvernement US a légitimement et largement fraudé le programme pétrole contre nourriture. Ca se passe de commentaires. (info via Alternet)
L’éducation, parfois, c’est comme France 3: Faut se taper les décrochages régionnaux
Une fois de plus, on bafoue les libertés. Et à l’école en plus. A se demander où va le monde si on ne peut même plus exploser le plafond de son crédit revolving tranquillement pendant les soldes. Aux Etats-Unis, de dangereux impies Géorgiens ont en effet obligé l’école de leurs enfants à supprimer des stickers soigneusement apposés sur chacun des livres de biologie et qui disaient en substance :
"This textbook contains material on evolution. Evolution is a theory, not a fact, regarding the origin of living things. The material should be approached with an open mind, studied carefully, and critically considered." (Ce livre contient des informations sur l’évolution. L’évolution est une théorie sur l’origine des choses vivantes et non un fait. Ces informations doivent donc être étudiées avec un esprit ouvert, soigneusement et de manière critique) (Article complet sur le sujet)
Mes amis, autant dire que la suppression de ces autocollants est problématique. Bientôt, les jeunes américains commenceront à douter qu’ils ont été sculptés par dieu dans une motte de terre. Et puis quoi encore ? Que leur femme n’est pas qu’une côte d’eux mêmes pendant qu’on y est. Fidèles, il est temps de se réveiller. Vous allez voir que si ça continue, on va nous faire croire que la terre n’est pas plate, que nous ne sommes pas au centre de l'univers et que la star academy produit des chanteurs. Il est temps de se réveiller ! Mais entre temps, vous m’excuserez, faut que j'y aille, j’ai deux ou trois impies à mettre au bûcher (Deux saignants et un bien cuit pour la 12).
Coucher avec une stagiaire, c’est mal. Déclencher une guerre, c’est pire. Mais tout est question de goûts.
En Mars 2003, on en était sûr. L’Irak développait un programme d’armes nucléaires, possédait des stocks d’armes chimiques, biologiques et pouvait frapper l’Europe en 45 minutes chrono. C’est même, souvenons nous, le seul prétexte valable qui ait été trouvé à la guerre. Une guerre préventive.
Deux ans plus tard, les missions de recherches ont été officiellement stoppées, les experts qui ont fouillé pendant deux ans n’ont rien trouvé. Des rumeurs disent même que l’équipe Bush serait « déçue » du peu de succès des Sherlock Holmes du Scud.
L’histoire s’arrêtera certainement là, les discours de Bush, Blair, le diaporama de Powell devant l’ONU, une fiole de gaz Irakien à la main seront probablement relégués aux archives d’une des plus extraordinaires manipulation médiatique depuis longtemps. (transcription du discours de Colin Powell à l’ONU le 5 février 2003)
Et pendant qu’on accroche la robe de Lewinsky au crochet de l’infamie présidentielle, on en profitera pour souhaiter un bon second mandat à Bush. Après tout, avoir déclenché une guerre par erreur, on ne voit vraiment pas le mal. (Voir article du Washington Post)
La diplomatie, c’est la négociation. Mais peut-on être diplomate avec soi même. George à l’air de le penser ...
Pour paraphraser Isaac Golberg, américain, critique et mort à la fois, La diplomatie, c'est faire et dire les plus vilaines choses de la manière la plus élégante. Et en matière d’élégance, il faut reconnaître ce qui est, il en est qui ne jouent pas dans la même classe que les autres.
Il est des champions de l’élégance, des Simon Templar de la distinction, ceux qui portent la classe affaire touch sur eux, de ces vrais diplomates, ceux qui négocient en se bâfrant de ferrero rochers sans jamais le moindre morceau de chocolat scotché sur une incisive.
Et d’autres non.
Par exemple, un certain George dont nous préserverons l'anonymat afin de ne pas révéler qu’il s’agit de Bush nous démontre avec brio que la bêtise est définitivement la dernière chose dont on ne touche jamais le fond.
On lui demande son avis sur la sécurité sociale ? Il répond qu’il "ne négociera pas avec lui même en public".
Les journalistes se demandent encore ce que ça veut dire, les diplomates sont atterrés et quant à moi, vous m’excuserez, faut que j’y aille, je n’écris pas avec moi même en public. (pour ceux qui auraient besoin de s’assurer qu’on peut être président de la république et classe à la fois, cette photo devrait finir de les convaincre
Parce qu'on ne peut pas à la fois diriger le monde et lire le dico, on ne dira rien cette fois-ci
On a beaucoup reproché à George Bush de faire d'innombrables fautes dans ses discours, à se demander s'il comprennait réellement ce qu'il disait. Les doutes ont enflés quand, pendant la campagne présidentielle, on l'a attrapé avec ce qui ressemble à s'y méprendre à une oreilette pendant un des débats avec John Kerry.
Mais s'il est capable de dire n'importe quoi tout en se faisant souffler ses réponses, le problème ne vient peut être pas de lui. Et sauf si c'est George lui même qui dessine les décors de ses conventions, c'est en tout cas ce que cette photo tend à prouver. A quand l'opération "Un Harrap's pour la Maison Blanche ?". Quant à moi, vous m'aixcuserai, faux qu'giaïlle, parait que George vient de finir la lecture de son deuxième livre.
Mentir est un péché capital. Après 8 secondes de reflexion, Bush aurait répondu "rien à faire". Et c'est tant mieux.
Pentagon and military officials directly involved in the debate say that such a secret propaganda program, for example, could include planting news stories in the foreign press or creating false documents and Web sites translated into Arabic as an effort to discredit and undermine the influence of mosques and religious schools that preach anti-American principles.
(Le pentagone et les officiers militaires directement impliqués dans le débat affirment qu'un programme de propagande pourrait, par exemple, consister à diffuser des informations à la presse étrangère ou créer de faux documents et sites internet traduits en arabe afin de discréditer et diminuer l'influence des mosquées et écoles religieuses qui prêchent l'anti-américanisme)
In the current debate, it is unclear how far along the other programs are or to what extent they are being carried out because of their largely classified nature.
(Dans le débat actuel, l'avancement des programmes [de propagande] en cours ou leur application actuelle n'est pas clair à cause de leur nature confidentielle)
Extrait de cet article du New York Times (login) dans lequel les militaires se demandent si c'est mal de diffuser de fausses informations dans les médias pour démoraliser les ennemis. Une histoire vieille comme le monde. Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait que Sarkozy est islamo-trotskyste (message démobilisateur à destination de 85% de l'UMP).
Après une longue année de labeur, on a tous le droit de péter un plomb. C’est juste dommage d’inviter la presse ce jour là.
C’est officiel, le gouvernement a craqué. Trop de pression, stress, pollution, chute de cheveux, démangeaisons, cheveux ternes, bref, comme on dit dans les milieux autorisés à sortir des phrases stupides, deux points ouvrez les guillemets “Le gouvernement a craqué”.
Parce que Raffarin, histoire de ne pas être en retard, il fait ses résolutions 2005 en 2004, et début décembre s’il vous plaît. Et Jean Pierre, aujourd’hui, il nous apprend, pour commencer, qu’il est inoxydable. C’est à dire, pour les moins réveilles, que Jean Pierre Raffarin ne rouille pas. On peut le laisser dehors quand il pleut, que dalle, pas la moindre tache de rouille sur le premier ministre. Un vrai plus produit ça.
Jean Pierre, coincé dans son époque Jacques Vabre, il croit aussi que “Borloo, c’est un créatif”. On attend toujours le spot de pub sur les nouveaux HLMs.
Alors, avec un premier ministre qui ne prend pas la rouille et un ministre qui se lance dans la pub, on comprend le membre du gouvernement qui a affirmé “Tout le monde a desserré le string”.
Si avec ça le peuple n’a pas confiance, c’est à n’y rien comprendre. Sur ces paroles dignes d’un sénateur sortant de rave, vous m’excuserez, faut que j’y aille, parait qu’il y a une session de lap dancing prévue au prochain conseil des ministres. (l’article du monde qui détaille les méfaits est par là).
La gloire, la vraie, est de rentrer dans le vocabulaire courant. L'important étant juste de savoir comment on y rentre.
Pour ceux qui sont à la recherche de la célébrité parfaite, il est une quintessence de la gloire dans l’inclusion dans le dictionnaire. Parce que devenir une définition à soi tout seul, c’est un vrai objectif. Alors qu’il était auparavant de bon ton de décéder avant d’atteindre le stade vocabulaire, aujourd’hui, la gloire va plus vite. Weblog est rentré dans le dictionnaire, Google est devenu un verbe et Douste Blazy n’échappe pas à la rançon du succès.
Pour s’en convaincre, il suffira de taper « Douste Balzy » dans le moteur de recherche Voilà et de constater que l’orthographe voisine du ministre des brumisateurs prouve qu’il est bel et bien devenu l’icône pop-trash qu’il revendique depuis si longtemps (image ici).
Ou bien ils sont vraiment déconne, chez Voilà, allez savoir.
Peuple, tremble dans ton fauteuil, les prochains à t’envoyer des missiles dans la tronche seront Iraniens. Et n’oublie pas de regarder Arthur samedi soir. Y’a Lorie qu’est invitée.
La nouvelle est tombée ce soir, lecteur fébrile, accroches-toi, tu vas voir, ça dépote, deux points ouvrez les guillemets: “Iran Making Missiles That Could Hit Europe”. Comme un vieux relent d’une époque où on voulait à tout prix envahir l’Irak et où on affirmait que Saddam pouvait faire péter toute l’europe en 45 minutes.
Sauf que les armes de destruction massives, on ne les a jamais trouvées et que finalement, ça tombe bien puisque tout le monde s’en fout.
Maintenant, c’est l’Iran qui peut semer peur et désolation du coté de Monflork la Crouille, avec ses missiles qui peuvent frapper l’Europe. Et vu que le Monflorcrouillen, les missiles, il s’en fout, on en remet une grosse couche:
“Safavi also said Iran's Shahid Karimi Industrial Group was pursuing nuclear and chemical warheads, but he gave few details. Last month Secretary of State Colin Powell suggested Iran was working to fit missiles with nuclear warheads but Iran says its atomic plants are solely for power generation. ”.
Pour mémoire, Colin Powell, c’est le mec qui agitait une fiole devant l’ONU en affirmant, diapos à l’appui, que c’était un gaz hyper mortel fabriqué dans des camions hyper élaborés pour semer la mort alors qu’on a jamais trouvé la moindre trace de ces produits en Irak et que les camions étaient des camions de ravitaillement d’eau.
Tout est dit.
Depuis bientôt 3 ans, 550 personnes sont détenues sans procès par la plus grande démocratie du monde. Et ça n'a pas l'air de vraiment poser de problèmes. Youpi.
Le New York Times revele aujourd'hui que la croix rouge à remis un rapport au gouvernement américain sur les actes de torture physique et psychologique qui auraient lieu à Guantanamo. Guantanamo, où, faut-il le préciser, quelques 550 personnes sont emprisonnées depuis plus de deux ans sans la moindre forme de procès.
Et dans ce cadre, on ne peut s'empêcher de citer un extrait de l'article, traduction libre en français, l'original peut être trouvé en cliquant sur la traduction (avec un mot de passe fourni si besoin par bugmenot).
"En février 2002, le président Bush à ordonné que les prisonniers de Guantanamo soient traités "humainement et, dans la mesure de la compatibilité avec les intérêts militaires, dans le cadre des conventions de Genève". Cette déclaration masquait un débat juridique permanent au sein de l'administration alors que les avocats du gouvernement écrivaient des series de mémorandums dont la plupart semblait justifier les traitements rudes et par la force.
Un mois après la déclaration de M. Bush, une équipe d'avocats de l'administration a approuvé la position du département de justice affirmant que le président avait de larges pouvoirs pour autoriser l'utilisation de la force contre les détenus. L'équipe juridique à conclu dans un mémorandum que M. Bush n'était soumis ni à la convention internationale contre la torture ni contre les lois anti-torture fédérales parce qu'il avait l'autorité de protéger la nation contre le terrorisme."
Bienvenue dans la civilisation.
Une de ces personnalités est affublée du complexe de Napoléon. Sauras-tu retrouver laquelle ?
Ce Dimanche, en allumant la télévision, certaines personnes ont cru voir un vrai truc de mégalo. Certains ont cru voir une tête sur grand écran, tellement satisfaite de sa propre personne qu'elle se vouvoierait elle même avec plaisir.
Oui, hier soir, il y avait les bandes annonces de Franck Riva sur France 2 (A moins que ce ne soit le meeting de l'UMP au bourget. Sarko et Delon, je confonds toujours)
C’est bien beau de remplacer Juppé. Mais faudrait peut être voir à pas mettre pire que lui derrière, non plus.
On se demandait pourquoi l’UMP s’empressait autant de remplacer Juppé. On a d’abord pensé que c’était en rapport avec ses petits problèmes de justice. Des petits problèmes de rien, quelques PVs impayés. Mais tout le monde, Pujadas compris, pensait que c’était mal de représenter le peuple si on était coupable devant la loi. Mais en fait, non.
Après, on a cru que c’était pour faire de la place au petit Nicolas, qui en avait super marre de faire le pitre à Bercy alors qu’il y a vachement plus de petits fours aux fêtes de l’UMP qu’aux réunions de ministres des finances. Mais en fait, pas non plus.
Et puis finalement, hier, on a compris pourquoi on voulait remplacer Juppé. Et c’est de la bouche du directeur de campagne du successeur de Juppé qu’on l’apprend. Le responsable de campagne de Hugues Martin, frais député UMP de Gironde, défend en effet son poulain. A ses détracteurs qui affirment que le fidèle adjoint de Juppé aurait un intellect pour le moins limité, Michel Duchène répond en effet
“Cette élection est une manière de répondre à ces détracteurs sur ses capacités intellectuelles et d’homme politique”
Rappelons à monsieur Duchène que l’humanité a cette bien belle caractéristique d’être, depuis ses débuts, remplie d’exemples de parfaits crétins au pouvoir. La preuve, a la Star Academy, on n’élit pas les plus intelligents non plus. Ca se saurait.
Sur ces paroles d’une profondeur abyssale, vous m’excuserez, faut que j’y aille, parait que Bouvard voudrait devenir premier sinistre.
Une ambassade, c’est un petit bout d’un pays dans un autre pays. L’administration Bush applique la règle à la lettre.
Contrairement à ce que la propagande soviétique (qui, rappelons le, mange régulièrement des enfants parce que ça contient plein de vitamines) veut bien nous faire croire, les industriels qui ont soutenu Bush en 2000 et 2004 ne l’ont pas fait pour les contrats, non.
En effet, c’est bien connu, l’industriel, l’argent, il s’en moque. Et on le comprend, tant il est vrai qu’il ne fait pas le bonheur (l’argent, pas l’industriel, merci pour les deux au fond qui suivent).
Mais l’industriel paye-t-il de sa poche les publicités de l’équipe de George uniquement pour le vil plaisir de voir le trou de la couche d’ozone s’agrandir un peu plus ? Non plus, car c’est bien connu, le trou dans la couche d’ozone, l’industriel, il s’en moque. Et on le comprend encore tant il est vrai qu’il ne se voit même pas (le trou dans la couche d’ozone, pas l’industriel).
Mais pourquoi donc l’industriel donnerait-il son maigre revenu à un président qui brille surtout par son humour ? Car l’industriel cherche à se reconvertir.
C’est ce que prouve une étude d’Associated Press sur les impacts des donations de campagne. Et on y apprend qu’au moins 24 des généreux donateurs de la campagne de 2000 en faveur de Bush ont été, excusez du peu, parachutés ambassadeurs des USA, principalement en Europe, parce que c’est bien connu, l’Europe à un talent certain pour les petits fours (et l’exclusivité mondiale des Ferrero Rochers).
Un bien joli placard qui donne l’ampleur de l’ambition de la politique étrangère du gouvernement en place. Chômeur en fin de droit, tu sais ce qu’il te reste à faire. A lieu d’embêter les gens de l’ANPE, mets toi y maintenant, et récolte 100,000 dollars a offrir au Schwarzy en 2008. Retraite assurée.
8 jours après l'éléction de Bush à la maison blanche, on constate avec surprise que rien n'a changé. Bilan en couleurs.
Une semaine après l'éléction de Bush pour 4 années de plus à la maison blanche, à l'heure où la bataille fait rage dans le dernier retranchement des rebelles Irakiens et où Arrafat n'en finit plus de mourir à Paris, bilan de la course à la maison blanche.
D'abord, Le Monde se demande où sont passés les votes des démocrates de Floride lorsque des divisions à forte majorité Kerry votent finalement Bush en masse. ABC News pense avoir la réponse et se demande pourquoi on remet les resultats en cause alors que le score est si large.
Ensuite, ce sont les republicains qui exultent en sortant une ligne de T-Shirts sympathiquement siglés "W is for Winner", et autres "Hey Hollywood, Fahrenheit this!". Très classe.
Enfin, découvert via Chryde, le site où les 49% d'américains qui ne voulaient plus de W présentent leurs excuses au reste du monde. Morceaux choisis:
- Sorry Everybody. Half of us are still cool and like that "Liberty" thing.
- We are really sorry. Love, the non millionaires of America.
- Dear rest of the world. The have been some troubles at home recently - as you may have heard. Do you think it would be alright if I crashed at your place for about 4 years (...) Can pay rent. Love.
- I'm Wicked Sorry. I'll make you all cookies !
- Sorry World. We deserve it. You don't.
- Et enfin I'm sorry. I don't even like oil.
Sur ces bonnes paroles, vous m'excuserez, désormais, ce blog ne parlera plus que de politique ardéchoise.
Bush ou Kerry, Kerry ou Bush, la maison blanche dit Bush, le reste du monde dit Kerry, les avocats disent Youpi.
Bush 249, Kerry 242, celui qui remporte l'Ohio gagne, Kerry dit que rien n'est perdu, la maison blanche dit que "Bush a gagné" et que "Kerry se fait des illusions", alors que 20% des bulletins n'ont pas encore été dépouillés. Pas formidablement professionnel tout ça. Ils sont au courant d'un truc ou quoi ??
Parce que ce soir, c'est élections ou "Vis Ma vie", petit manuel à ceux qui se demandent encore ou qu’cest qu’on y vote.
Pour paraphraser Arnold et Willy, il faut pour de tout pour faire un monde. Alors, pour ma grand mère qui se demande pourquoi la finale mondiale de question pour un champion du mardi a été déprogrammée pour parler d’une élection qui oppose Bush et le fromage des gastronomes en culotte courte, un bref rappel de l’actualité de ces 6 derniers mois s’impose. Et court en plus.
Dans un gros pays où on se rendait autrefois en Titanic, on doit élire le président. Ceux qui habitent le gros pays ont le choix entre un type qui a un nom de fromage pour enfants et un autre qui a réussi le difficile pari d’être l’homme le plus détesté du monde, juste derrière Raffarin (qui est hors catégorie).
Pour choisir entre les deux candidats, tout le monde vote dans les 50 états. Mais dans 45 d’entre eux, on n’a pas fait campagne parce qu’on est sûr de déjà savoir ce qu’ils votent. Alors eux, on s’en fout, ils votent mais ça n’intéresse personne en fait.
Dans 5 autres états, on n’est pas trop sûr de ce que les gens ils vont voter. Alors on leur met beaucoup de publicité à la télévision entre le spot pour Burger King et celui pour la lessive Bright. Tellement de publicité que ça coûte autant en 6 mois que a Coca Cola pendant presque 10 ans.
La publicité, elle est payée par des entreprises qui misent sur un candidat, pour avoir pleins de contrats en plus quand le candidat, il sera chef du monde. Si le marché intérieur est trop petit, les entreprises, elles s’en moquent parce qu’elles peuvent d’implanter à l’étranger dans des pays où ils ont tout cassé pour aller vendre des baskets au parents de ceux qui les produisent. C’est l’économie solidaire.
Ceux qui ont des votes qui comptent (et donc qui habitent dans les 5 états importants), ils sont vachement surveillés pour pas qu’ils votent pour le mauvais candidat. Alors chaque camp a mis des gens à l’entrée des bureaux de vote. Quand un votant arrive, y’a un type qui lui dit “t’es sûr que t’as le droit de voter ?”. Alors, y’a un avocat de l’autre camp qui lui dit “t’es pas obligé de répondre, va voter mon frère”. Alors, y’a un troisième type qui arrive et qui dit “Sauf que tu peux nous prouver que tu as vraiment le droit de voter d’abord”.
Alors vu qu’ils sont tous pas d’accord, ils vont devant un juge qui est déjà très en retard, rapport aux accidents de la route et tout et qui dit que on verra ça demain et que demain, l’élection elle est déjà finie.
Quant un électeur arrive a passer les avocats à l’entrée, il doit ensuite remplir plein de cases compliquées pour élire le président mais aussi voter pour les dates de la pêche au mérou ou la cylindrée de la voiture du Shérif. Alors, le mec qui vote, il doit se concentrer très fort sinon il risque de voter pour un mec qui s’appelle avec un nom de marque de frites surgelées.
Après, l’électeur, il appuie sur un bouton, et là, c’est le grand mystère parce que personne ne sait ce qui se passe, sauf qu’il y en a qui disent que c’est juste et d’autres que c’est faux, selon si l’électeur a voté pour eux ou pas.
Ensuite, vu qu’ils sont pas d’accord, ils appellent le juge qui n’a toujours pas que ça a faire, ils font pleins de procès et passent tous vachement de temps à parler de trucs pas nets à la télé.
Et puis enfin, le juge il dit que c’est machin ou truc qui a gagné parce que devenir président avec un nom de fromage fondu, c’est pas très raisonnable après tout, on a notre fierté nous.
Alors après, y’a un type qui est président, il dit merci à jésus mais pas trop à Allah parce que faut pas déconner non plus. Et après grand mère ? Après, on attend demain matin ... et on prie.dd
A force de battage, on en aurait fini par plaindre les rejetons des stars de la chanson. On oubliait un peu vite les politiques.
Du coté de Frives en Ourges, alors que la saison de la courge bat son plein en cette période de transhumance post Halloween, il est de bon ton de dire “Fait pas bon d’être le fils de”.
Et il semble qu’en ce moment, l’actualité donne raison aux imbibés de Frives en Ourges. Marronnier à la mode, les “fils de” remplissent en ce moment les grilles de télé, ouvrant à d’extraordinaires moments de solitude télévisuelle alors que le deuxième cousin germain de Serge Lama nous explique combien il est difficile de refaire sa vie avec une superstar de cet acabit dans la famille.
Bref, mais derrière les viles platitudes de géographie généalogique des stars du rayon fromage du Mammouth de Frives en Ourges (toujours là), penchons nous un instant sur cette espèce négligée des feux brûlants de la rampe des plateaux de Drucker: Les fils de politiques.
Quelques semaines en arrière, on a vu la liquidation des meubles de l’appartement parisien de Mitterrand que Danielle a bien voulu céder aux mécréants histoire de payer les pots cassés de papamadit, alias Jean-Christophe, fils de son père.
Horreur et débandade dans le monde politique, les meubles design de tonton exposés sur la place publique ... Pour venger cet affront, le PS rachètera toute la salle à manger. Na.
Et voilà qu’on apprend, cerise sur le gâteau, que le fils de la dame de fer dans un gant de fer flirte aussi avec la justice. Mark Thatcher est, en toute simplicité accusé d’avoir financé en partie un coup d’état en Guinée. Tout fout le camp.
En attendant de voir les deux “fils de” s’expliquer sur la plateau de “jour après jour” dans le cadre d’un émission spéciale sur “gâcher ses chances”, vous m’excuserez, faut que j’y aille, parait que le fils de 8 ans d’un des membres Linkups veut porter plainte pour atteinte à la dignité humaine. On le comprend.
A l’heure où on juge le militaire qui a fait une petite bavure en tirant 17 fois dans une écolière, ons e demande si les parodies de justice sont vraiment le seul lot des talibans à Guantanamo.
Evoqué plus tôt dans ces colonnes, l’assissinat en forme de perte collateralle d’une petite Palestienne de 13 ans continue à faire des vagues, mais quand même par trop parce que de l’autre coté de la mer, on dépense 3 milliards de dollars pour élire le PDG des états-unis alors faudrait voir à pas déconner non plus, on va pas jeter notre argent par la fenêtre non mais.
Donc, alors que la petite palestienne est déjà largement moins vivante après s’être pris 17 balles, l’armée israellienne lance une enquête sur les pratiques dans l’armée, enquête conduite bien entendu, c’est plein de bon sens, par un militaire. (rapporté par The Guardian)
L’enquête se fait d’abord un devoir d’éclairer sur les droits et devoir des gens en kaki qui ont des fusils plus rapides que leurs neurones. Et particulièrement lorsqu’ils se trouvent à un poste frontière. On apprend donc qu’un militaire a le droit de tirer sur une cible lorsque celle ci présente un danger immédiat. On tirera de préférence dans les jambes afin d’immobiliser la victime et on ne finira le travail qu’en cas d’absolue nécessité. Et encore.
On apprend ensuite les circonstances de la mort d’Iman. Iman était à plus de 100 mètres du poste de surveillance. Elle marchait sur le chemin de l’école, ses livres sur le dos. Elle a changé de chemin, elle est passé dans la zone interdite. Son père, professeur dans l’autre école ne sait toujours pas pourquoi.
A 100 mètres du poste de commandement, elle a reçu une première balle dans la jambe. Elle s’est retourné, choquée, a essayé de faire quelques pas dans la direction opposée, pui est tombée à terre. Son sac a dos est tombé, à coté d’elle. Le militaire a tiré dans le sac, les livres n’ont pas explosé.
Elle gisait, jambe probablement en sang, quand l’officier de faction s’est approché d’elle, sûr qu’elle ne présentait plus de risque, a passé son fusil en mode automatique et a tiré à 16 reprise, dans me ventre et 3 fois dans la tête, défigurant définitivement ce qu’il restait de l’enfant. Les militaires qui accompagnent l’officier sont sous le choc, certains décriront cette journée comme “la pire de leur vie”.
Le Major Général en charge de l’enquête a alors annoncé la fin de l’enquête, et rendu la sentence. Il pense que l’officier a respecté toutes les rêgles éthiques (sic) et qu’il doit néanmoins être suspendu pour “avoir perdu la confiance de son équipe” (sic repetita).
On applaudit de toutes se forces, histoire de ne pas aller vomir. Sur ces pensées déglutatoires, vous m’excuserez, faut que j’y aille, parait qu’on donne des cours de droit à l’armée. Y’a un stage à Guantanamo.
Parce qu'il n'y a pas de raison qu'on ne s'occupe que des buralistes, les viticulteurs reviennent à la charge. Et ont m'me pas eu à pousser fort.
Attention, fumer tue, tabagisme passif, quarante huit mille clopes dans le salon, demandez de l'aide à votre pharmacien, à consommer avec modération, boire ou conduire il faut choisir, nuit gravement à la vie et à la santé mentale, le cannabis rend nigaud et inapte à la récitation de la table de racine de 30, le sucre c'est mal parce que ça rend gros et qu'après, selon Marie-Claire de septembre, on devient la t'te de turc (hors union européenne bien sûr) dans la cour de récré.
Bref, vous ne pourrez pas dire qu'on ne vous a pas prévenu, fumer et boire et manger risque de vous coûter cher. Ou tout du moins, c'est ce que l'on croyait (et ce n'est pas l'agent de police qui a terminé sa cuite une balle dans la t'te qui dirait le contraire).
Parce qu'à l'heure ou un verre, ça ne va m'me plus et que les épanchements éthyliques d'ex-imbibés font briller les écrans de toutes les chaÓnes du PAF de sudation alcooliques, les méfaits de la bouteille ne semblent pas convaincre tout le monde.
A l'instar du locataire de Bercy qui fait la courbette à tous les buralistes du territoire (comprenez mon brave, si les gens arr'tent de s'intoxiquer, on fait comment pour vivre nous), les parlementaires de l'UMP ont fait un grand bond en arrière dans la théorie de l'évolution en votant pour un rétablissement du droit à la publicité "flatteuse" pour les vins.
Rouges, blancs, rosés pourront donc s'afficher dans les couloirs du métro, les abri-bus et autres lieux de villégiature publicitaire en vantant les mérites du rouge dont la cuisse fait penser à celle d'une précieuse nymphe qui serait allongée nue sur votre lit en attendant patiemment (et en silence, merci) que vous ayez fini votre verre de Chinon pour vous entraÓner dans une folle nuit de stupre.
Mais en attendant les folles prouesses horizontales de la sus-mentionnée nymphe (qui ne manquera pas d''tre blonde), vous pourrez toujours boire du Chinon et tranquillement vous éclater dans le prochain platane venu, doigts croisés pour que votre garde à l'hÙpital s'appelle Samantha plutÙt que Robert.
Douste n'est pas content du tout, parait que le vin se mélange mal avec le Prozac. Sur ces paroles bonnes à faire exploser un éthylomètre, vous m'excuserez, faut que j'y aille, je vais poser un projet de loi comme en Allemagne pour brider les voitures ... à 250 kilomètres heures.