404 Brain Not Found
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5e année, 1671 articles, 6343 commentaires

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En bref : les dépêches

imageCrétin / Transsexuel une fois:
(05/07/2007) Scoop de nos amis belges, le roi s'est cassé le col de l'utérus. Si si si (via nos amis de l'excellent rue89).

imageMédias / Une dans la nuque:
(29/06/2007) En 2008, ça va sentir le vestiaire de pentathlon du côté de la Chine et pour l'occasion, RSF propose un logo fort approprié. On attend encore l'approbation des boissons gazeuses qui sponsorisent l'événement.

imagePrésidentielle / Espionnage:
(11/04/2007) C'est officiel : De Robien n'a vraiment pas la moindre idée de ce qu'il peut encore bien faire à l'UDF. Ou bien c'est une taupe. Sinon, on ne voit pas.

imageSanté / Miracle usurpé:
(11/04/2007) "Un homme sans oreilles retrouve l'ouïe". Ca n'a rien d'une nouveauté: en 2002, Loana avait bien sorti un livre. Et sans cerveau.

imageIrak / iBlindage:
(10/04/2007) Sauvez un GI : envoyez vos iPods à l'armée américaine!

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Politique > Merci de déposer vos vidéos au commissariat

La claque du gouvernement contre le happy slapping frappe fort. Et rate sa cible.

imageAprès quelques semaines de pause et un bon petit lifting, 404 est de retour, dans un monde un peu moins libre que celui qu'il a quitté il y a quelques semaines. Parce que depuis est passée une loi qui interdit à quiconque n'est pas journaliste professionnel de filmer des actes de violence, que ceux-ci soient commis par des civils ou, au hasard, par des forces de l'ordre.

Prévue pour faire obstacle au terrorisme moderne (cough) que représente le "happy slapping" (dans le texte, mettre une claque dans la joie), la loi condamne jusqu'à cinq ans de prison le fait de filmer un acte de violence, si on n'a pas sa carte de presse. Reporters Sans Frontières s'inquiète (rsf.org), les Américains rigolent un peu (dailymotion.com) et le Figaro temporise (lefigaro.fr).

Selon le journal, "seuls les faits de violence grave sont concernés, les actes de torture et de barbarie ou les atteintes sexuelles". Autant pour le "happy slapping" donc, on avait mal compris, la loi lutte en fait contre le "happy torturing". Et puisqu'on n'est pas à une incohérence près, l'auteur de l'amendement, Philippe Houillon (UMP), tente de se justifier (20minutes.fr) en expliquant que "juger de l'intention est très difficile. Celui qui filme expressément une scène de violence et qui connaît le garnement qui a commis l'agression peut être poursuivi. Ce n'est pas le même cas qu'un badaud qui se trouve par hasard sur le lieu de l'agression et qui filme la scène pour ensuite transmettre la vidéo à la police. A priori, dans ce cas, il n'y aura pas de poursuite". Sauf qu'il faut transmettre la vidéo à la police. Sinon, "c'est un élément à charge contre le filmeur. Encore plus s'il la diffuse sur le Net".

Bref, la loi sur le happy slapping qui doit sanctionner à la fois "garnements", tortionnaires et violeurs (sauf si on a filmé sans faire vraiment exprès et qu'on refile le tout à la police - ou qu'on est journaliste) est aussi obscure que l'acte qu'elle doit sanctionner. Côté gouvernement, du coup, on refile le bébé aux juges qui devront faire la "très difficile" distinction entre information et incitation. Ce qui fait dire à RSF (leblogmedias.com) que "se défausser sur la jurisprudence d'un texte législatif mal bordé et potentiellement liberticide n'est pas une démarche très saine au sein d'une démocratie". On n'aurait pas mieux dit.

Et comble du fin, histoire de rester dans le bon goût entre amis, l'amendement a été passé à la date anniversaire du passage à tabac de Rodney King par des policiers de Los Angeles, et dont la diffusion de la vidéo amateur avait déclenché les émeutes de 1992 (wikipedia.org). Pas mieux, bravo.


Politique > Tout de suite, la suite

404, en pause ces derniers jours, revient très vite après une cure de Botox.

imageLe lecteur sagace l'aura noté, 404 est en légère pause ces derniers jours. Non qu'il n'y ait rien à dire, non que les 28 communiqués quotidiens de l'UMP et du PS ne donnent pas assez de matière. Non, si 404 est en sommeil, c'est qu'une nouvelle version se prépare pour une mise en ligne très bientôt.

Patientage étant mère de bravitude, retour dans quelques jours, tout beau, tout neuf, plus lisible, éventuellement plus joli et avec quelques nouveautés.

En attendant, et parce que ça aurait été dommage de passer ça sous silence, dans le grand fatras de la campagne présidentielle : Patrick Balkany (UMP) doit un quart de millions d'euros à la justice pour avoir détourné les fonds de sa ville pendant plusieurs années. Comme tout le monde, il ne sait pas trop ce qui va se passer dans les mois à venir. Et contrairement à ceux qui ont pris des PV, il ne compte pas attendre passivement une improbable amnistie. Il demande donc au ministère des finances, comme la loi (et le conseil municipal de Levallois Perret) l'y autorise, d'effacer purement et simplement sa dette envers la justice et les impôts. A titre grâcieux. Réponse de Breton à suivre, on attend ça avec impatience (Le Monde, merci à JB).


Politique > Polonium, le coup de soleil de l'intérieur

Si on doit une chose à Litvinenko, c'est au moins d'avoir remis le polonium 210 au goût du jour.

imageAvant l'affaire Litvinenko, il était aussi connu qu'un Star Académicien avant le passage de Nikos, et, comme ce dernier, on en retrouve des traces un peu partout : c'est le polonium 210. Cette semaine, le LA Times revient sur la substance qui a tué l'espion russe et achève doucement celui qu'on soupçonne d'être le meurtrier.

Produit à une centaine de grammes par an, le polonium 210 est globalement aussi inutile à la société qu'un manuel d'éthique dans les locaux du KGB. Sauf pour éliminer les indésirables, s'entend. Un grain de polonium de la taille d'un grain de sel est largement suffisant pour condamner quelqu'un à mort. Un gramme de la substance pourrait potentiellement tuer 50 millions de personnes et en rendre au moins autant malades.

L'effet produit par la substance, lorsqu'elle est ingérée, est des plus charmants, dixit Peter Zimmerman dans le LA Times : "C'est comme si les organes internes recevaient un grave coup de soleil et se mettaient à peler". S'ensuivent "nausées, hémorragies internes et énorme douleur".

Suite de ce charmant programme sur l'article du LA Times (source + Bugmenot) où l'on apprend, entre autres, que, le hasard faisant fichtrement bien les choses, la très grande majorité des 100 grammes de polonium produits dans le monde chaque année le sont en... Russie.

Bon, après, ça peut arriver à tout le monde d'en égarer un peu... ou d'en acheter sur Internet (source Le Figaro)

L'affaire Litvinenko sur 404 :
- L'enquête Litvinenko passe du polonium au mercure
- Bons baisers (enrichis au polonium) de Moscou


Politique > L'enquête Litvinenko passe du polonium au mercure

On savait les opposants à Poutine de santé fragile, les voilà en plus prêts à se tuer entre eux.

imageL'enquête autour de l'assassinat, en novembre, de l'ancien espion russe opposant à Vladimir Poutine, Alexander Litvinenko, avance (lire ici le début des événements). Ou en tout cas, à défaut d'avancer, les autorités russes tentent de la faire rebondir.

Pour la police de Moscou, un suspect se détache maintenant du lot en la personne de Leonid Nevzlin, ex-cadre dirigeant de la compagnie Youkos, opposant à Poutine, recherché en Russie et exilé en Israël. Nevzlin est également un proche de Mikhail Khodorkovsky, ancien patron de Youkos, lui aussi opposant de Poutine et récemment condamné à 8 ans de prison en Sibérie. Pas de lien clair entre Litvinenko et Nevzlin, pas plus que de motif au crime, mais une énigmatique référence des autorités russes à du mercure qu'aurait utilisé le suspect pour un meurtre au début des années 2000 (source Breitbart / AFP).

De l'autre côté, on recherche deux espions du KGB qui ont été vus avec Litvinenko le jour de son empoisonnement au polonium 210, qui sont introuvables depuis leur retour en Russie et qui seraient actuellement traités pour exposition au polonium 210.

Entre la piste des opposants qui s'entretuent sans raison et celle des espions russes qui transpirent le polonium, c'est vrai qu'il est difficile de se faire une conviction, tant il serait absurde d'oser imaginer que le pouvoir russe élimine des opposants (ceux qui ont dit Anna Politkovskaya, vous sortez). C'est pas de la faute de Vladimir si dans l'opposition, ils ont la santé fragile (et qu'ils ne résistent pas aux balles).


Politique > Schwarzenegger dommage collatéral

Finalement, depuis George Bush, les activités sportives auront fait plus de mal aux républicains que les terroristes.

imageLes républicains, contrairement à ce que pourrait faire croire leur obsession dans la guerre contre la terreur, aiment vivre dans le danger. Et bien souvent, ils le paient le prix fort. Cette fois, la malédiction a frappé le plus fort d'entre eux, Schwarzenegger lui-même.

Suite à un accident de ski pendant ses vacances, le gouverneur de Californie a dû passer en salle de chirurgie pour se faire reconstruire le fémur. Occasion qu'a d'ailleurs prise le LA Times pour noter que le gouvernator, généralement très discret sur ses déplacements, passait décidément beaucoup de temps en vacances (source LA Times).

Côté accidents ménagers, on se rappellera que la droite avait déjà été largement frappée par des drames en tous genres, à commencer avec un Dick Cheney qui avait tendance à confondre ses camarades de chasse avec des sangliers (source MSNBC). Le champion républicain restant néanmoins incontestablement George Bush lui-même puisqu'il aligne un accident de vélo en 2005 au cours duquel il a blessé un policier du G8 (source CNN), un accident de vélo tout seul en 2004 (source BBC), un accident de segway en 2003 (source BBC et About.com) et un accident de bretzel en 2002 (source l'Expansion). La barre est haute.


Politique > Astro Dictateur : en 2006, cachez-vous

Parce qu'il n'y a pas de trêve de Noël pour les dictateurs, quelques nouvelles des pays où il ne fait pas bon aller aux urnes.

image- A Cuba, après plus de six mois d'absence et une rumeur venue tout droit des États-Unis de cancer en phase terminale (source Time / CNN), c'est officiel, le "Lider Maximo" va mieux. En tout cas, selon un médecin qui a rencontré le barbu aux discours fleuves (source Canoë / AP). Ce dernier serait même, dit-on, plus prêt que jamais à se remettre au travail. Cette information est bien entendu à mettre au conditionnel, mais il est néanmoins fort probable que Castro survive plus longtemps que quiconque oserait sous-entendre qu'il est malade.

- Au Turkmenistan, le despote névrotique Niazov (lire ici et ) est mort. Sans même une petite rumeur de cancer. Des élections sont prévues en avril, les États-Unis se déclarent prêt à "commencer une nouvelle ère dans les relations [bilatérales]", les Russes s'en foutent très officiellement (source Novosti) et Bouygues, grand ami de Niazov (lire ici), croise les doigts pour que le suivant soit aussi mégalo que le précédent. L'opposition turkmène, exilée, n'a toujours pas le droit de rentrer au pays.

- En Irak, la condamnation de Saddam Hussein à la pendaison a été confirmée. Les paris sont ouverts sur la date de la petite sauterie, mais le Premier Ministre en poste aurait une préférence pour une potence avant la fin de l'année, ce qui laisse quatre jours (source Guardian). Les États-Unis sont contents (source MyWay / AP), les Irakiens ont peur que ça n'aggrave le chaos actuel dans le pays (source Reuters) et les chaînes de télé négocient les droits.

Bref, moche fin d'année 2006 pour les dictateurs, surtout si on ajoute à tout ça l'embargo que subit actuellement Kim Jong Il sur les iPods, les écrans plasma et le cognac Henessy (source BBC). Des années d'oppression et de tyrannie justifient bien une aussi extrême mesure de rétorsion.


Politique > Révisionnisme : courage, fuyons!

Pour le FN, le concept est clair : on peut remettre en question l'Holocauste, mais pas la bonne foi de Gollnisch.

imageBruno Gollnisch a de la suite dans les idées. Ainsi, en octobre 2004, alors qu'il faisait scandale en affirmant que (citation, entre autres joyeusetés du même acabit) "Je ne remets pas en cause l’existence des camps de concentration, mais, sur le nombre de morts, les historiens pourraient en discuter. Quant à l'existence des chambres à gaz, il appartient aux historiens de se déterminer", il s'offusquait qu'on ne puisse évoquer ce sujet sans en passer par les tribunaux (citation, encore) : "Le débat sur les chambres à gaz appartient aux historiens. Cinquante ans après, il me semble que ce débat pourrait être libre. Il pourrait y avoir une confrontation, autrement que par tribunaux interposés ou procès d'intentions de part et d'autre" (source Wikipedia.org).

Faisant preuve d'une magnifique constance, le procès qu'il a intenté à 7 présidents de partis politiques du Rhône-Alpes qui avaient co-signé un texte de dénonciation de ses propos se jouait la semaine dernière (source libération). On devrait pouvoir débattre des camps de concentration sans tribunaux ou procès d'intention, mais commenter les propos de Gollnisch, non.

On apprend à ce sujet que sur les sept partis signataires du texte, deux se sont rétractés, à savoir l'UDF et l'UMP. Leur explication officielle : ils avaient signé le texte mais n'avaient en aucun cas participé à sa rédaction. Une belle preuve de courage politique, donc. Tant il est vrai que ce serait dommage de voir tous ces beaux électeurs potentiels s'offusquer d'une (vraie) prise de position.


Politique > Bons baisers (enrichis au Polonium) de Moscou

Comme George Bush, Vladimir Poutine combine à merveille sagesse populaire et politique : les mensonges les plus gros sont aussi les plus crédibles. Ou presque.

imageParfois, le hasard, ce petit joueur, s'amuserait presque à nous faire prendre d'exemplaires démocraties pour de totalitaires pays exportateurs de gaz. Pour preuve, lorsqu'Anna Politkovskaya est abattue de quatre balles dans la tête, nombreux sont ceux qui, dans une hâte peu raisonnable, font un lien entre son opposition au gouvernement de Vladimir Poutine et son bête accident.

De même, lorsque l'espion russe Litvinenko meurt empoisonné, qu'un ex-ministre de Poutine (et détracteur du gouvernement) ainsi que le confident européen de Litvinenko frôlent tous deux la mort de près, victimes eux aussi du Polonium 210, certains esprits chafouins s'insurgent devant les méthodes moyen-âgeuses d'un coupable tout désigné : le KGB.

Mais resaisissons-nous et n'accusons pas le gouvernement russe hâtivement : si les autorités du pays disent qu'elles n'ont rien à voir avec des empoisonnements, c'est finalement peut-être vrai. Et peut-être que la journaliste a reçu quatre balles dans la tête par des voleurs de sacs à main. Après tout, ce n'est quand même pas la faute de Poutine si ses opposants politiques ne résistent que très mal aux balles et aux injections radioactives.

D'ailleurs, pour prouver sa bonne foi, le gouvernement de Poutine déborde d'une imagination si fertile qu'elle reléguerait les efforts politiques de Seguela au rang de vague amusement pour présentateur de Direct 8. Ainsi, il déclare aujourd'hui qu'aucun suspect mis en cause dans les empoisonnements ne pourra être extradé de Russie. Ni interrogé directement par les enquêteurs britanniques d'ailleurs (source Moscow times).


Pour continuer de convaincre, les autorités refusent également de laisser témoigner un officier du FSB qui déclare avoir des informations cruciales pour l'enquête. Ce n'est pas que le gouvernement ne veut pas, mais l'officier en question est malheureusement indisponible, enfermé dans une prison de l'Oural pour avoir "révélé des secrets d'état".

Enfin, finalement, une seule agence de presse (RIA Novosti, dans cet article) note que la thèse de l'empoisonnement est peu crédible et que l'espion russe est mort (rayez les mentions inutiles) 1/ en faisant de la contrebande de Polonium, 2/ tué par son ami Berezovsky ou encore 3/ en fabriquant une bombe radioactive pour des terroristes tchetchènes (sic).

Le fait que l'agence RIA Novosti soit reconnue comme (très) proche du Kremlin (voir par exemple cet article de RSF) n'a sans doute rien à voir là dedans.

Ajoutons à ça que la Russie s'est très officiellement plainte que les autorités anglaises ne soient pas parvenues à faire taire Litvienko dans les dernières heures de sa vie (source DNA), si, avec tout ça, on n'est pas vraiment convaincu que l'administration Poutine n'a rien à voir avec tous ces meurtres et tentatives de meurtres, c'est à n'y rien comprendre...


Politique > Big Brother Awards 2007 : la course est lancée

En 2006, Sarkozy gagnait un Orwell d'honneur pour l'ensemble de son oeuvre. En revanche, la concurrence s'annonce rude en 2007.

imageC'est désormais une tradition bien ancrée : en cette fin d'année, les Big Brother Awards nouveaux se préparent. Durant la fin d'année 2006, les internautes sont invités à faire connaitre leur sélection des plus représentatifs "élèves de la société de surveillance" (communiqué).

Début 2006, Nicolas Sarkozy recevait un prix spécial "pour l'ensemble de son oeuvre" (lien). Pour avoir milité en 2005 pour l'extension de la vidéo-surveillance, prôné l'obligation des fournisseurs d'accès Internet et des opérateurs télécom de conserver les données de connexion de leurs clients, et la possibilité pour la police d'accéder aux fichiers des compagnies aériennes.

Et le ministre de l'intérieur français semble avoir fait des émules. Ainsi, pour se battre contre les "terroristes qui coordonnent leurs plans cachés dans l'anonymat d'Internet et les prédateurs sexuels violents qui grouillent dans les sites de chat", le directeur du FBI proposait cette semaine que les données de connexion des internautes soient désormais conservées, tant que jugé nécessaire par la police (lien).

Mais on ne peut pas gagner tout le temps non plus. Ainsi, à Washington, on vient d'installer une cinquantaine de caméras vidéos dans tous les lieux de forte criminalité. Résultat, 11 échanges de coups de feu (dont 4 meurtres) dans un seul week-end. Apparemment, les assassins se moquent des caméras de surveillance. Et les policiers également : "The cameras, which focus on public space only, are "passively monitored" by the Metropolitan Police Department, meaning that officers generally do not watch the camera feeds in real time." (source).

Une expérimentation qui devrait donner des ailes à Visiowave, filiale de TF1 qui se spécialise sur une double promesse : signaler automatiquement à la police les individus aux comportements "déviants" et... diffuser de la pub en même temps (lien). En prison, on a plein de temps de cerveau disponible, parait-il.


Politique > Corée du Nord : Kim Jong Il remet le nucléaire à la mode

Kim Jong Il est un grand diplomate. En quelques secondes, il arrive à mettre toute la communauté internationale d'accord.

imageDepuis longtemps, le monde est séparé entre deux catégories de pays : ceux qui ont la bombe nucléaire et ceux qui ne l'ont pas. On pourrait ajouter à ça les pays dont tout le monde croit qu'ils ont la bombe nucléaire mais en fait non, mais ce sont des cas particuliers qu'on s'empresse d'envahir.

Le monde, donc, se sépare entre les pays qui font très peur, et ceux qui font un peu peur. Or, parce qu'ils ont la bombe nucléaire, les pays qui font très peur, on se met en tête qu'ils sont très raisonnables et que leurs bombes nucléaires, elles ne sont là que pour la décoration. Les pays qui ne font pas vraiment peur se contentent de regarder et d'être sympas avec les pays qui font très peur.

Sauf que voilà, on a depuis hier un nouveau pays qui fait très peur (source The Hindu). Et que celui-là, même avec une force de persuasion extraordinaire, on aurait du mal à se dire qu'il est gouverné par des gens raisonnables.

Se pose alors très vite la question de la poule et de l'oeuf. La Corée du Nord s'équipe-t-elle de l'arme nucléaire pour faire face à tous ces autres pays qui possèdent eux-mêmes l'arme nucléaire ? Ou bien la Corée du Nord justifie-t-elle à elle seule le fait que le reste du monde investisse des milliards de dollars à faire fabriquer des bombes qu'on ne voit jamais exploser ?

Martin Amis débutait ainsi son essai "les monstres d'Einstein" : "Je suis né le 25 août 1949 : quatre jours plus tard, les Russes réalisaient avec succès leur premier essai nucléaire et la dissuasion était en place. J'ai donc eu quatre jours insouciants et c'est déjà plus que mes cadets auront jamais eu".

Grâce à Kim Jong Il, une situation qui n'était pas près de changer le devient encore moins.


Politique > Anna Politkovskaya assassinée, 56 journalistes tués en 2006

Même si elle est sortie du communisme, la Russie de Poutine ne voudrait pas qu'on confonde liberté des marchés avec liberté tout court.

imageDeux balles près du coeur. Une balle dans l'épaule. Une quatrième directement dans la tête. Anna Politkovskaya rentrait chez elle samedi après-midi, des sacs de courses dans les bras, le tueur attendait la journaliste dans son immeuble et l'a abattue à bout portant.

Anna Politkovskaya est morte, deux balles dans le torse, une balle dans l'épaule, une quatrième dans la tête. Anna Politkovskaya était journaliste, critiquait ouvertement le Kremlin, la guerre en Tchétchénie.

Anna Politkovskaya a été abattue à bout portant, dans sa cage d'escalier, le jour même de l'anniversaire de Vladimir Poutine. Les voisins n'ont rien entendu, le tueur avait un silencieux sur son arme. Elle a été découverte, dix minutes plus tard, enregistrée sous le numéro de dossier 376196. Meurtre avec préméditation.

Pour le Conseil européen des droits de l'homme, elle était "un des symboles majeurs de la lutte pour le respect des droits de l'homme en Russie". Quatre balles à bout portant plus tard, elle est devenue un avertissement aux journalistes russes et autres activistes des droits de l'homme.

Le Kremlin, une des principales cibles d'Anna Politkovskaya, n'a pas souhaité réagir. 'Faut pas déranger Vladimir quand il gouverne.

Plus à lire sur le sujet sur Mosnews.com, sur le Kommersant, Time et enfin sur Libération. Anna Politkovskaya est la 56e journaliste tuée en 2006.


Politique > Foley : le scandale sexuel qui fait trembler Bush

Chaque administration a son scandale sexuel. Cette fois, c'est dans l'équipe de Bush qu'on se prend à trop aimer les stagiaires.

imageOn peut concéder une chose à l'administration Clinton : quand elle faisait dans le scandale sexuel, elle y mettait (un peu) de glamour. Une stagiaire, un président, un cigare, une tache, des conversations érotiques enregistrées, des détails. Pour un peu, ça aurait presque été rigolo à suivre. Alors que dans l'administration Bush, on ne peut pas dire qu'on fasse dans le léger : un sénateur qui se tripote pendant les séances de vote en échangeant des propos que la morale réprouve avec des garçons dont l'âge n'est pas de faire les malins sur les forums de rencontres, c'est lourd à porter.

D'autant que pour sa défense, Mark Foley déclare avoir été violé jeune par un membre du clergé (source AP), en profite pour faire son coming out et, fin du fin, déclare n'avoir échangé des propos indécents avec des adolescents que lorsqu'il était ivre. Parce que oui, il avait aussi un problème avec l'alcool.

L'observateur avisé notera que, violé par un curé, pédophile, ivrogne et gay, ça commence à faire beaucoup pour un républicain. Pour sa défense, Foley affirme qu'il n'écrivait aux jeunes garçons que lorsqu'il était ivre. Et qu'il ne buvait pas pendant le travail. Sauf qu'il se trouve qu'il envoyait quand même des messages à ses jeunes conquêtes pendant les séances de vote au sénat (allez comprendre).

D'autant plus embarrassant pour le camp républicain que ses agissements étaient connus de longue date par ses petits collègues qui se sont bien gardés d'avertir qui que ce soit. Et que Foley avait assis sa carrière politique sur la sévérité contre la pédophilie et les abus sexuels sur les enfants (source Wikipedia).

Tout est parti d'un blog à l'origine douteuse (en tout cas selon Radar). Bush s'est déclaré "dégoûté" des agissements de ses ouailles, d'autant que le scandale arrive (par hasard ?) à trois jours de l'élection sénatoriale dont les démocrates semblent doucement prendre le contrôle (source Reuters).

Chez Fox, on se débrouille comme on peut... à défaut de pouvoir soutenir le très républicain mauvais canard de Foley, on a choisi de modifier un peu la réalité : en plein scandale, Foley devient soudainement... démocrate (source insideCable). Tout est question d'image, après tout.


Politique > Basket volantes (ou presque)

Les fabricants de chaussures sont des irresponsables. Ou les douaniers un peu parano, c'est à voir.

imageL'info est envoyée par Ludovic, la psychose continue de plus belle dans les aéroports. Cette semaine, ce sont 140 passagers de Roissy qui ont été "fouillés à 100%", bagages en cabine, en soute et palpations corporelles comprises dans le package. La raison à cette alerte : un des passagers du vol Londres-Paris-Djibouti a été surpris avec des fils électriques dans ses chaussures.

Seul souci de l'histoire, les chaussures sont des chaussures parfaitement normales, si ce n'est que le fabricant a eu le mauvais goût d'y inclure un dispositif pour faire de la lumière quand on marche (si si, des gens achètent vraiment des chaussures avec des ampoules dedans). En tout cas, une chose de plus à rajouter à la (maintenant très longue) liste des choses presque normales qu'il ne faut plus faire quand on va prendre l'avion.

Et à défaut de trouver des terroristes, ces mesures de sécurité ont au moins un effet direct : à force de voir des poseurs de bombes nucléaires / chimiques / bactériologiques / kamikazes / chanteurs de disco (rayez les mentions utiles) partout, c'est officiel : les gens se sentent de moins en moins en sécurité (source CBS). CQFD.

Note : pas de source sur l'article du dessus, TF1.fr n'ayant pas encore découvert le système du lien permanent dans ses brèves.


Politique > Karaoké politique

Parfois, quand ils n'ont rien à dire, les gens se taisent. Et parfois, ils chantent.

imageA croire que ça devient la mode en ces temps d'extrême profondeur du débat politique : les grands chanteurs doivent se faire voir à côté des futurs présidents, histoire de se ménager une place pour chanter l'hymne national à la finale d'une quelconque coupe.

En France, on a les improbables Johnny (ex-rebelle reconverti en vendeur de lunettes) et Doc Gyneco (ex-drogué reconverti en animateur de Vidéo-gag) qui ont tous les deux rejoint l'apôtre du droit et de la morale. Aux US, on apprend aujourd'hui que c'est Janet Jackson (ancienne soeur-de qui montre ses seins pour faire de l'audience) qui soutient Hillary Clinton histoire de prouver au monde que oui, une femme peut elle aussi être présidente (source AFP). On appréciera la finesse symbolique de l'acte.

Puisque ça a l'air parti pour durer et que chez 404, on aime bien participer à la chose publique, quelques suggestions pour les candidats qui sont encore en mal de chanteur...

Il semble qu'Annie Cordy soit encore disponible pour tout candidat qui souhaiterait s'approprier le profondément engagé "Tata Yoyo" (on ne dénonce personne mais on regarde quand même du côté de l'île de Ré), Herbert Léonard serait également dans les starting blocks avec son tube intercontinental "Puissance et Gloire" (encore une fois, on ne voudrait pas prendre les devants mais on pourrait chercher du côté des verticalement défavorisés), et enfin Corynne Charby pourrait faire l'affaire avec une "Boule de Flipper" qui ravirait sans nul doute ceux qui sont au centre, au gouvernement sans l'être, dans la majorité sans en avoir l'air.

A moins que le présidentiable en puissance, lâché par des intermittents décidément trop ingrats, ne décide de prendre lui-même les choses en main puisqu'à la fin, on n'est jamais mieux servi que par soi-même. Et il semblerait que ce soit un tuyau qu'on ne se refile qu'entre Bernards (ici et encore ). Si avec ça, le jeune (cet éternel ingrat) ne croit plus en la politique, c'est vraiment à désespérer.


Politique > Lula sous Botox et Bush sous observation

En élisant l'acteur Ronald Reagan, les USA avaient-ils un coup d'avance sur les autres ?

imageC'est une question récurrente depuis (vérifions l'âge du bonhomme) un peu plus de 60 ans, et surtout depuis 2001 : George Walker Bush, 43e président des Etats-Unis d'Amérique, fils de George Herbert Walker Bush, 41e président des Etats-Unis d'Amérique, est-il un idiot ?

A défaut d'une réponse qui mette tout le monde d'accord, selon l'optimisme des uns et des autres, certains avancent l'explication que le président souffre simplement d'un problème d'expression orale. D'autres, qu'il est tout simplement un peu limité.

Quelle que soit la réponse, on pourra se délecter de cette milliardième vidéo de George dans ses plus grandes heures, vidéo repérée par et visible sur "Inside the USA" (voir en particulier le segment du Daily Show de Jon Stewart à propos de la visite de Bush en Allemagne).

Questions métaphysiques mises à part, et parce que président, c'est quand même un hobby sérieux, on apprend dans le Libé du jour qu'en vue de l'élection à venir, le Brésilien Lula affine son programme pour mettre toutes les chances de son côté : il se fait faire des injections de Botox pour avoir l'air plus jeune (source Libération). On comprend mieux le retournement de Chirac avec le retour de ses lunettes : 'paraît que c'est la mode du vintage.


Politique > Y a-t-il un délateur dans l'avion ?

Dans la guerre contre le terrorisme, la délation est-elle l'arme ultime... des terroristes ?

imagePuisqu'on a si bien commencé avec le sac à vomi terroriste, la névrose aérienne ne compte pas s'arrêter en si bonne voie. Rapporté par le Daily Mail, c'est un vol anglais qui a décollé d'Espagne avec plusieurs heures de retard après que les passagers aient jugé que deux d'entre eux avaient l'air louche. Les critères de reconnaissance sont dignes des plus grandes heures de la police scientifique :

"The trouble in Malaga flared last Wednesday as two British citizens in their 20s waited in the departure lounge to board the pre-dawn flight and were heard talking what passengers took to be Arabic. Worries spread after a female passenger said she had heard something that alarmed her."
(...)
"Passengers noticed that, despite the heat, the pair were wearing leather jackets and thick jumpers and were regularly checking their watches." (source : Daily Mail, "Mutiny as passengers refuse to fly until Asians are removed").

Les deux passagers anglais d'origine asiatique ont été descendus de l'avion par la police locale, l'avion fouillé, certains passagers en pleurs d'effroi rassurés par le personnel au sol. Le vol est finalement reparti vers sa destination, sans les deux passagers désormais considérés indésirables dans cet avion.

Ils sont repartis discrètement plus tard après avoir été innocentés de tout complot de faire exploser quoi que ce soit.

Donc, en dehors de ne pas transporter quoi que ce soit de liquide, pâteux, gazeux, inflammable, mangeable, mélangeable, il est désormais fortement recommandé de ne pas avoir froid en avion (T-shirts uniquement, merci), de ne pas parler une langue qu'on ne comprend pas (anglais uniquement, et en articulant clairement, merci) et de ne pas avoir l'air pas blanc. Ou pas beau.

Moches, bègues ou d'origine étrangère, vous êtes prévenus, soyez sympas avec vos voisins dans l'avion, la menace pour vous n'est plus (que) terroriste.


Politique > George 1 - intelligence 0

Certains disent qu'il l'est, d'autres qu'il fait exprès : George Bush est-il (vraiment) idiot ?

imageDepuis qu'il a été élu président, le monde entier ne cesse de se poser la même et lancinante question : George W. Bush est-il (vraiment) un imbécile ? Mais voilà, déterminer avec certitude le QI de celui qui, selon ses propres termes, gouverne le monde libre (rien que ça) n'est pas chose aisée.

Pour commencer, qu'on le veuille ou non, on a du mal à croire qu'on puisse devenir président du premier pays du monde deux fois de suite par pur hasard (ceux qui ont dit Chirac, au fond de la salle, vous sortez et ferez trois Raffarin et deux Villepin à la place de la récré). Ensuite, il a su appliquer quasiment à la lettre l'ensemble de son agenda républicain, sans que tout le monde trouve grand-chose à y redire, mêlant parfaitement humour de bas étage et une redoutable efficacité politique.

Mais Dieu merci, George dissémine ça et là des indices qui réduisent considérablement le champ d'investigation de ceux qui tentent de prouver que le président américain aurait des capacités un brin limites à la vue de sa fiche de poste. Son inaptitude, par exemple, à prononcer plus de 7 phrases sans y coller un lapsus ou un contre-sens honteux. Ou encore son dénuement de tout sens physique, le faisant tour à tour tomber d'un segway, s'étouffer avec un bretzel ou encore se blesser à vélo.


Mais pour ceux qui n'arrivent pas à se décider, le président a jeté un pavé dans la mare lors du dernier sommet du G8, en Russie (relaté sur Alternet). Extraits de conversation hors caméra - mais avec le son - avec quelqu'un qui semble être le président chinois.

George, à Hu Jintao : "Je dois rentrer chez moi ce soir, je dois prendre l'avion et rentrer, j'ai quelque chose à faire ce soir. Ici, c'est un peu votre quartier, non ? Ca ne doit pas vous prendre longtemps pour rentrer chez vous, non ? Huit heures ? Moi aussi. La Russie est un grand pays et le vôtre (la Chine) est grand aussi."

George, à une troisième personne : "Ca lui prend 8 heures de rentrer en Chine. Huit heures. La Russie est un grand pays. Et la Chine aussi."

6 ans pour réaliser et s'émerveiller du fait que la Russie et la Chine sont de "grands" pays, la performance rendrait même le philosophe Steevie jaloux. A moins que George ait tout simplement voulu meubler, ne sachant vraiment pas quoi raconter au président chinois.

Le pire, c'est que des deux perspectives, on n'arrive même pas à savoir laquelle est la plus angoissante. Et ça, ça fait vraiment peur.


Politique > L'ère des loosers politique est arrivée

Depuis Bush et Raffarin, il semble que les grands de ce monde ne gouvernent que pour se faire détester. Pur hasard ?

imageLe sagace observateur de l'actualité n'aura pas manqué de le noter de son oeil affûté : le premier ministre français n'est pas un modèle de popularité politique. Même pire, pour un peu, il passerait pour un incompétent notoire, dont la survie n'est assurée que par un président qui ne veut plus le lâcher. Tout comme son prédécesseur.

Alors que quelque temps en arrière, le rôle maître du premier ministre était celui de fusible, il semble qu'on s'acharne désormais à faire rester le plus longtemps possible ceux dont plus personne ne veut. Plus Raffarin et Villepin baissent, plus on leur accorde de confiance, de soutien. A tel point qu'on pourrait finir par se demander, si on était un tout petit peu de mauvaise foi, si l'impopularité ne serait pas devenue une clé du succès politique ?

Après tout, le premier pays du monde n'est-il pas gouverné par un président dont on doute même de la capacité à aligner sujet-verbe-complément sans se tromper sur chaque mot de plus de cinq lettres ? Par un type qui s'étouffe en mangeant un biscuit apéritif, qui tombe en vélo et est capable de dire "la plupart des Irakiens veulent vivre en paix dans un monde libre. Nous trouverons ces gens-là et les traînerons en justice" (Slate: "Bushism of the day, 27/10/03") ?


Si Villepin et Raffarin n'ont pas encore des livres entiers consacrés à leur délires verbaux, ils partagent quand même avec Bush une certaine conception de la politique : celle de gouverner en étant détestés par la vaste majorité de leurs concitoyens. Sans doute libérés de la pression des sondages, ils sont également devenus d'imparables machines à faire passer leurs mesures sans même se donner la peine de leur donner une forme politiquement correcte.

A Raffarin la réforme des retraites, de l'assurance maladie, de la décentralisation, à Villepin le CNE, le CPE, la privatisation d'EDF et autres dossiers dans lesquels un homme politique normalement constitué n'aurait jamais mis le début du pied. Ils partagent un point commun : ce n'est pas la rue qui gouverne. Et si ce n'est pas la rue, il faut croire que ce ne sont pas les sondages non plus.

Comme Bush, Villepin et Raffarin se sont trouvé être extraordinairement efficaces pour faire passer des réformes impopulaires. En se moquant de l'opinion publique. L'impopularité devenue arme politique absolue. Parce qu'elle permet de s'affranchir de l'avis de ses concitoyens. Et parce qu'en se concentrant sur les sondages catastrophiques du camp adverse, l'opposition oublie de faire ce pourquoi elle est là : proposer une autre voie, une alternative crédible.

En revanche, on a beau chercher, on ne s'explique toujours pas pourquoi François Hollande veut absolument être impopulaire même avant d'être au pouvoir. Ces génies politique...


Politique > Les candidats à la candidature se clonent entre eux

Moins d'un an avant la présidentielle, une question taraude tout le monde : finalement, qui n'est pas candidat cette fois-ci ?

imageAprès Sarkozy, après Galouzeau, après Fabius, après Strauss Kahn, après Hollande, après Ségolène, après Chirac lui-même et comme si ça ne suffisait pas, Jospin entre dans la course (article Libération), suivi de près par Martine Aubry (article Nouvel Obs), dans la course ou plutôt dans la ronde des belles effarouchées qui pourraient éventuellement se présenter à la tête de la république bannière de France (80% en 2002, faut-il le rappeler ?).

C'est devenu comme une mode, avant les élections, il faut se faire désirer. Dé-si-rer. D'abord, il s'agit de dire que pourquoi pas, on serait bien candidat (pour passer le temps). Ensuite, que finalement non (on est trop bien pour ça). Puis, attendre que tout le monde en parle (si vous insistez, mais c'est bien pour vous faire plaisir). Constater que tout le monde s'en fout (saloperie de Coupe du monde). Et se présenter quand même ('y a pas de raison que les autres y aillent et pas moi).

Si Strauss Kahn n'a pas eu besoin de Coupe du monde pour constater que, dans son cas, on risque de rester au stade où tout le monde s'en fout, Sarkozy, lui, est bloqué dans la phase "si vous insistez, je veux bien dépanner".

L'objectif ? Outre faire les beaux devant la caméra (c'était ça ou présenter le Kéno avec le fils de Jacques Martin), il s'agit surtout de reculer au maximum le moment compliqué du débat d'idée. Voire même pourquoi pas l'éviter totalement, comme ça a été le cas en 2002. Eviter à tout prix de parler de programme, de bilans, de projet, de politique. Parce que ça, si on savait faire, ça se saurait.

Alors, on va continuer à s'amuser mollement entre candidats à la candidature. En attendant désespérément que quelqu'un ait une idée dont on pourrait débattre. Sinon, on va faire comme d'habitude. On va voter pour celui qui a la plus jolie cravate. C'est déjà ça.


Politique > C'est la chute finaaale !

Chirac et Villepin au plus bas dans les sondages font la sourde oreille. Et persistent et signent.

imageOn ne pensait plus que ce soit encore possible, mais si, c'est bien vrai : la cote de confiance d'un homme politique peut donc bien descendre en dessous de 20% sans que les institutions s'effondrent ou que Lara Fabian ne sorte un nouveau disque. Si. Vrai de vrai. La preuve, les deux plus hauts personnages de l'état continuent à faire leur Marie-Jo Perrec en tentant de démontrer qu'il est toujours possible de faire pire.

Chirac perd 2 points de popularité pour atteindre 16% de Français qui lui font "plutôt"ou "tout à fait confiance". Villepin essaye de faire aussi mal mais reste au score honorable de 17% d'opinions favorables. Dans une compétition aussi serrée, l'expérience finit par faire la différence.

Pour résumer, 8 Français sur 10 ne font plus confiance à leurs deux dirigeants principaux. 81% pour être précis. Environ 12 millions des 62 qui composent la France croient encore dans les décisions de leur roi. Pour Chirac, rien d'alertant. C'est juste que 80% de la population n'a rien compris (comme d'habitude).

Il choisit donc de persister et signer (27.06, France 2) : "Mon obsession, c'est de poursuivre l'action. C'est de ne pas débrayer, car je sais que nous n'avons pas les moyens d'abandonner le terrain. Je sais qu'une majorité qui ne poursuit pas son action jusqu'à son terme est une majorité qui sera sanctionnée."

Tant il est vrai qu'il serait dommage de "débrayer". Avec un peu de bol, d'ici la fin de l'année, on aura inauguré les scores de sondage négatifs. Rien que pour ça, ça vaudrait presque le coup de rester...


Politique > C'est arrivé près de chez nous

Bonne nouvelle, Sarkozy décide d'être clément. Mauvaise nouvelle : il ne sait pas ce que veut dire ce mot.

imageComme annoncé, Sarkozy a fait preuve de compréhension envers les enfants de familles en situation irrégulière. Il n'a que dépêché des policiers appréhender deux enfants de 3 et 6 ans en pleine classe, dans leur école maternelle et les bouter hors de France illico presto (article).

Dieu merci, notre sinistre de l'intérieur a su faire preuve de retenue. On imagine mal ce qui se serait passé s'il avait prôné la fermeté plutôt que la clémence contre les poupons issus d'utérus non made in France.

L'exécution une balle dans la nuque des garçons pour célébrer leur 7e anniversaire ? La tête dans un sac plastique jusqu'à étouffement pour les filles ? L'écartèlement sur place publique pour ceux dont on n'est pas sûr ? Non, franchement, on ne peut qu'applaudir la clémence du locataire de Beauveau.

C'est vrai, d'abord, qu'est-ce qu'ils viennent faire là, tous ces réfugiés ? 'Peuvent pas rester chez eux, non ? C'est à croire qu'ils se passent le mot. Comme ces réfugiés qui, en 1948, arrivaient à Marseille depuis la Hongrie pour fuir l'Armée rouge qui avait rejoint Budapest. Ils venaient chercher un peu de sécurité. Et un endroit pour élever leur famille.

Parmi ceux là, Pal Nagy-Bocsay Sarkozy, père de celui qui allait, 60 ans plus tard, envoyer des policiers dans une maternelle pour expulser deux enfants kurdes de 3 et 6 ans de France. Ils apprécieront l'ironie, quand ils seront grands. Et d'ici là, ils comprendront tranquillement qu'en France, on tient à nos droits de l'homme. Et qu'on y tient même tellement qu'on ne veut pas les partager avec les autres, surtout si ce sont des étrangers. 'N'avaient qu'à pas naître ailleurs, ces cons.

(On appréciera, par ailleurs, la formidable - et involontaire - ironie de cet article. Presque mignon.)


Politique > Sauvez Guy Drut !

La justice avait condamné Guy Drut. Mais fort heureusement, le bon sens a quand même droit de cité dans notre démocratie.

imageQui a dit deux poids deux mesures dans le système judiciaire ? Certainement pas Guy Drut qui, amnistié fort à temps, pourra continuer à siéger au Comité olympique en échappant à sa condamnation de 15 mois de prison avec sursis pour emploi fictif (article RTL).

Guy Drut se déclare fort soulagé que l'affaire qui lui a causé "beaucoup de soucis par rapport au Comité international olympique" (sic) passe aux oubliettes de la justice. C'est vrai que pour que Guy Drut continue à siéger au CIO, on serait prêt à mettre beaucoup sur la table. Perdre un ancien sportif français dans de si nobles instances, personne ne pouvait se le permettre. Perdre Guy Drut au CIO, c'était un peu comme perdre Jacques Ballutin aux Grosses Têtes, comme perdre Indra au Top 50. Non, franchement, ça méritait bien une amnistie. Et puis on ne voudrait pas que le valeureux Guy Drut se retrouve dans la panade pour une bête histoire de détournement de l'argent de l'état, lui qui sautait si bien les haies sur 110 mètres.

Alors on comprend bien l'amnistie. Et on comprend mal pourquoi le juge Halphen, cet éternel aigri, qualifie l'amnistie comme n'étant "pas de nature à restaurer la confiance dans la politique, la justice et la démocratie". Cher Eric, quand on parle de Guy Drut, on ne parle pas de n'importe qui. On parle du mec qui saute des barrières en courant et qui siège au CIO. Quand même. Alors justice et démocratie, on se gardera ces futiles concepts pour des ouailles moins prestigieuses.

Finalement, dans cette histoire, la seule réaction saine et digne a été comme toujours celle de Dominique De Villepin, qui, sans sourciller (et même sans rire), a affirmé à la presse qu'il ne "voyait aucune raison de polémiquer autour d'un grand champion". On n'aurait pas dit mieux.


Politique > Panic room à Washington

En Europe, le plombier polonais fait peur à cause du chômage. Aux USA, c'est à cause de ses velléités terroristes.

image"Remain calm. Await further instructions. Do not leave the building.". Tout comme l'argent appelle l'argent, apparemment, la paranoïa appelle le paranoïaque. Et très fort en plus. Ainsi, vendredi dernier 26 Mai, on a pu le vérifier du côté de Washington où le Capitole, quelques autres bâtiments administratifs et les écoles publiques de la ville ont été fermées pendant plus de quatre heures.

La raison ? Un membre du Congrès originaire du New Jersey a cru entendre une fusillade dans une aile du Congrès ayant une vague relation souterraine avec la Maison blanche (Article Washington Post).

Bilan ? Des policiers dans tous les coins, des bâtiments fouillés "centimètre par centimètre", évacués, des e-mails d'alertes, des patrouilles, des malaises dus à l'anxiété.

La cause ? Des travaux dans une salle du 3e étage du Rayburn House, sans aucun doute dus à un employé trop zélé à afficher une photo de Toby le chien au mur de son open space. Mais il faut comprendre le gars du New Jersey : perceuse et fusil d'assaut font tellement le même bruit qu'on finit bien souvent par ne plus s'y retrouver. Ne reste plus qu'à passer une loi interdisant le port de perceuse. Comme ça, à l'avenir, les bruits moches, on saura (enfin) qu'on a à faire à des fusils. C'est vrai que c'est plus rassurant.


Politique > Politique sur la ligne verte

Si le politicien travaille, c'est surtout en pensant aux jeunes générations. Toute la question étant de déterminer le degré de cuisson.

imageIl semblerait que l'ex-premier ministre (ceux qui ont pensé "De Villepin" sont invités à prendre une dose de Prozac) italien ait fait des émules de l'autre côté de l'Atlantique. C'est en effet à Toronto que des inconnus ont pris possession des affichages digitaux du métro pour y afficher leur conviction que oui, le premier ministre canadien aime les enfants, mais uniquement s'ils sont bien cuits ; "Stephen Harper Eats Babies" (article CTV).

Après Berlusconi et ses communistes qui, trouvant les enfants assez peu digestes, préféraient les faire "bouillir pour servir d'engrais" (source), les paris sont ouverts sur la prochaine façon d'utiliser les rejetons dans la politique. Une piste : Clearwater, ce ne serait pas vraiment la faute de Galouzeau mais de son indiscipliné fils, qui, on le sait, traîne derrière lui des antécédents délinquants.


Politique > 118 007, vous avez demandé les écoutes téléphoniques

Tout se dégrade : avant, l'espion était un être glamour. Maintenant, il bosse aux PPT.

imageDans un essai rhétorique digne des plus grandes heures d'Ardisson (dis, sucer, c'est tromper ?), George Bush tente une nouvelle fois de résoudre un problème en changeant le titre. Après les prisonniers de guerre devenus des "combattant ennemis" (pour faire ce qu'on veut avec, c'est mieux), voici venu le temps du "ce ne sont pas des écoutes téléphoniques... c'est de l'espionnage".

Tout ça parce qu'USA Today a eu le malheur de révéler que la NSA (leur DST à eux) écoute tranquillement les conversations des citoyens américains, sans que personne n'en soit prévenu, au nom de la sécurité du territoire et de la lutte contre les terroristes qui s'enfuient en mobylette sur les routes à grande vitesse d'Afghanistan (article Reuters, "Bush denies spying infringes on privacy").

Pourquoi "espionnage" et pas "écoutes téléphoniques" ? Le choix n'est pas innocent. L'espionnage fleure bon l'agent secret rasé de près, toujours bien coiffé et repassé, magnétophone high tech sur la table de nuit et plantureuse femme-pot-de-fleur lascivement allongée sur un dessus de lit en satin. Alors que "écoute téléphonique" sent plutôt l'agent raté recalé à écouter des bandes vides de sens au fond d'une cave mal éclairée, à fantasmer sur la liste de courses de Pam Mockster, Ohio, qui a une fois de plus oublié le Cheezwizz au K-mart, la conne.

L'espion est glamour. L'espion n'est pas pervert. L'espion ne cherche pas à faire du commérage. L'espion ne fait pas de surveillance. L'espion ne fait pas de politique. L'espion poursuit un but plus noble, plus haut. L'espion se bat avec pugnacité pour faire tomber le vilain, qui du coeur de sa fausse île du pacifique, complote à la destruction du monde à grand coups de lasers intersidéraux. L'espion n'écoute pas Pam Mockster. D'abord, parce qu'il n'en a rien à faire de Pam Mockster. Et surtout, parce qu'il a plus glamour a coté de lui, sur son couvre lit en satin.

On comprends dés lors mieux pourquoi, sans complexes (et sans rire), George peut affirmer que l'espionnage des communications téléphoniques des américains ne viole en aucun cas la vie privée. Tout simplement parce que l'espion n'a rien à faire des conversations qui ne concernent pas la destruction du monde. CQFD.

La politique, quand c'est simple, c'est à la fois beau et presque désarmant. Et devant les chances de succès de la démarche, De Villepin aurait décidé d'appliquer la même méthode en France: L'affaire Clearstream a été révelée par Julie Lescaut, qui aurait rédigé un faux rapport sous la demande des Cordiers (juge et flic), alors que Navarro faisait une thalasso avec Jospehine (ange gardien). Tant il est vrai qu'un peu de people ne fait jamais de mal.


Politique > Nature très morte

Et si l'art n'était qu'une autre façon de décorer ses murs ? C'est en tout cas le rêve du FN.

imageOn connaissait déja le penchant naturel du FN à faire du mécénat, pour peu que les artistes aient le bon goût de ne peindre / dessiner / photographier que de grands caucasiens, le char Leclerc étant un plus apprécié. Mais maintenant, grâce à Ivy, on découvre aussi que les fans du borgne ont une préférence pour les aquarelles de champs de coquelicots (qui, c'est bien connu, annoncent le retour des beaux jours) et pour les gouaches des Champs Elysées (qui, c'est bien connu, annoncent le retour des lances missiles mi-juillet).

Dans le cadre de son collectif d'artistes expatriés à Paris, Ivy (site) diffuse en effet une newsletter à ses membres, dont une comportait en signature : "PETITION against Sarkozy's latest conneries : Médecins du Monde mobilise against the new directive which aims to trap sans papiers in an ambulance, on the operating bloc, and violates the inalienable right of those in France to gain medical care if their health is in danger, whatever their status."

Un des membres du collectif s'insurge : ""PETITION against Sarkozy's latest conneries" ??? Vos opinions politiques, on s'en fiche ! Si vous utilisez un site consacré à l'art pour faire de la politique, ce n'est pas honnête. Médecins du monde est une organisation d'extrême-gauche qui encourage à la consommation de drogue, j'exige de ne plus jamais recevoir de sollicitations de cette organisation."

Une recherche Google plus loin, on s'aperçoit que l'offusqué en question n'est autre que le... conseiller pour la culture du Front National (oui, il y en a un). Conseiller culturel qui prouve par là même son incommensurable connaissance du monde artistique.

C'est vrai que mêler art et politique, c'est moche. Surtout pour promouvoir des vendeurs de hachisch comme Médecins du monde. A la prochaine FIAC, concours de la meilleure aquarelle de champ de lavande. Comme ça, tous les borgnes de France seront heureux. Tiens, il vient comme une envie de brûler des livres. Ah non, déjà fait.

(merci à Ivy pour l'information et la retranscription de l'échange)


Politique > UMP, mot clé et raté

A force de faire de la pub de partout, ça devait arriver, l'UMP a fini par viser juste.

imageSignalé à 404 par Bertrand, le "générateur de langue de bois" (site) pour aider le présidentiable dans sa quête de la phrase qui ne veut rien dire et du mot qui élude (excellente question, je vous remercie de me l'avoir posée).

A noter surtout, à côté du générateur, la sempiternelle pub Google. Et dans ces pubs Google, en tête de liste, à côté de la phrase "Parlez comme un énarque !", un lien vers l'UMP invitant l'internaute à débattre avec Nicolas Sarkozy (image ici).

L'UMP à côté du générateur de langue de bois : le moins qu'on puisse dire, c'est que l'agence publicitaire mandatée par Sarkozy (qui aura bientôt racheté l'ensemble des mots figurant dans le Larousse 2006 pour envahir l'espace numérique) ne manque pas d'à-propos.

On continue dans la politique avec la dernière trouvaille qui montre que les blogs, oui, ça change tout (c'est dingue) : Karl Zéro présente sur son blog l'interview normale pendant laquelle l'invité se fait démaquiller (ici). Le principe: comme une interview, mais pendant que l'invité se fait démaquiller. Outre le caractère follement excitant de la chose, on peut enfin le dire : pas de doute, les blogs, parfois, ça ré-invente vraiment les médias. En pire.

Par ailleurs, et sans aucun rapport, une petite note pour signaler à ceux qui n'ont pas peur de se lever le matin que 404 sera demain à 6h et quelque sur Europe 1 dans le cadre d'une émission dont le nom nous échappe (foutu Kreutzfeld).


Politique > Votons enfants

C'est pas tout d'avoir envie de voter. 'Faut aussi trouver des sujets.

imageDepuis que l'UMP a découvert le vote, ils n'arrêtent plus de voter. Le candidat à la présidentielle ? On vote. Le candidat à la mairie de Paris ? On vote. Le maintien de la touche "potage tomate" dans la machine Selecta de la permanence du XVIe ? On vote. Bref, on aime bien voter.

Alors cette semaine, le vote de l'UMP, c'est (et on cite) "le renouvellement statutaire des instances locales". Histoire de décider, parce que les statuts l'obligent, qui va être le prochain à proposer au vote le remplacement de la touche "Macchiato", celle juste au-dessus du potage tomate.

Et qui dit vote dit candidats, et dans la 15e circonscription de Paris, ça ne déconne pas. Morceaux choisis (les fautes d'orthographe sont d'origine) :

"J'attire votre attention sur ma candidature comme déléguer de la 15 ème circonscription de Paris (...) Dans notre permanence, nous devons amplifier les réunions, le dialogue constructive, pour avancer dans le même but, ouvrir à tous nos porte et avoir sur paris une vie meilleur et pleine de bonheurs de passent bien sur par le dialogue, mais aussi des actes (...)et à faire évoluer les mentalités, dans notre circonspection" (on ne le fait pas dire).

"Je suis actuellement Conducteur de chien de recherche d'explosifs au sein de la Police Nationale, ma bataille est de battre la gauche à Paris. Et puis viendra le moment de remplacer les incompétents, je vise la mairie de Paris 75004 en qualité de conseiller municipal, une place en commission de sécurité" (chassez la nature ...)

"Tant sur le plan parisien que national, combattant sans répis la gauche socialo-communiste (...) VOTEZ BIEN - VOTEZ FAIN" (déconne quand tu nous tient)

"Ma jeunesse et mon transexualisme me donne la force du combat. Roger J*****, dit la baronne".

Ca se passe de commentaires. La permanence UMP du XVIe n'est pas près de savoir si on doit remplacer la touche potage tomate par Bouillon de poule. Les déclarations de candidature sont ici (La Baronne - pdf et les autres - pdf)


Politique > Intention de permis de tuer

Les crimes, c'est comme les cadeaux : c'est l'intention qui compte.

imageDe collégien à suppôt d'Al Qaeda, il n'y a qu'un pas. C'est en tout cas la conviction de la police de South Jersey lorsqu'elle arrête quatre adolescents âgés de 15 à 18 ans. Leur crime ? Avoir peut-être eu l'intention de tuer des gens. Les preuves ? C'est l'administration du collège où ils étudient qui le dit.

Sauf que les quatre étudiants n'ont même pas une arme. Et qu'on ne met pas les gens en prison pour rien et sans preuve (toi aussi, insère ta blague ici).

Donc, histoire de ne pas lâcher une si belle affaire, c'est "terrorisme" qui sera retenu comme chef d'accusation contre les quatre adolescents. Rien que ça. Pour avoir eu "l'intention" de tuer, les quatre jeunes risquent maintenant des peines minimum de 30 ans de prison. A la fois, ça leur apprendra d'avoir des intentions à ces petits dégénérés, tiens (Article Daily Record).

Bienvenue dans Minority report le New Jersey.


Politique > Une mauvaise lecture = 12 jours de prison

Après la présomption de culpabilité, l'armée invente la présomption de pages blanches : vous êtes dans l'annuaire, vous êtes potentiellement coupable.

imageUne petite erreur d'identité en Irak (satanées listes de terroristes, avec leurs origines, on croirait qu'ils ont tous le même nom) et un journaliste de l'institut de rapport sur les guerres et la paix se retrouve enfermé pendant deux semaines, baladé d'une prison à l'autre, interrogé, isolé, maltraité. 12 jours et deux voyages en avion plus tard, il est relâché avec pour seule explication une petite erreur dans la liste des personnes les plus recherchées en Irak (oups).

Pour reprendre un des commentaires de l'article paru sur Alternet et écrit par le journaliste en question (article), ce n'est pas une raison pour ne pas soutenir l'action militaire en Irak. Chaque jour, au péril de leur vie, les soldats font tout leur possible pour préserver l'Occident de ces salauds de journalistes étrangers qui n'ont qu'un seul but dans la vie, vous coller leur crayon papier dans l'oeil. Alors, pour un relâché à cause d'une bête erreur d'identité, pensons à ces autres qui ne ressortent pas de prison. 'Sont pas prêts de réécrire des articles sur la guerre civile. Bien fait.


Politique > 3 ans plus tard

Mea culpa des démocrates. Quand ils ont voté pour la guerre, ils croyaient vraiment que Bush était président.

imageQuasiment 3 ans jour pour jour après le début de la guerre en Irak (le retour de la revanche du fils), ça faisait longtemps qu'on n'avait pas autant parlé de la guerre que ces derniers jours aux Etats-Unis.

C'est John Kerry qui commence et qui ne peut plus faire deux pas dehors sans que les manifestants anti-guerre ne le mettent sur un pied d'égalité parfait avec Bush, lui et tous les démocrates qui ont voté pour la guerre et qui, élections obligent, disent maintenant qu'on leur a menti, qu'ils ne savaient pas et que c'est la dernière fois qu'ils votent sans aller consulter Elisabeth Tessier avant (source The Harvard Crimson).

Toute cette bonne foi agace bien entendu et c'est George Clooney qui, en plus d'exciter tout ce que cette Terre compte d'individus dotés de deux chromosomes X, s'énerve le premier : "Ca me rend dingue d'entendre tous ces démocrates dire "on ne savait pas, on nous a induits en erreur". Ca me donne envie de dire "allez vous faire foutre, vous n'avez pas été induits en erreur, vous aviez peur d'avoir l'air de mauvais patriotes"" (source NY Daily News).

Pour rester dans les perdants, c'est aussi le retour d'Al Gore (encore vivant) qui, de son côté, préfère prévenir : c'est toute la démocratie américaine qui est en danger. Et en particulier à cause du Patriot Act. 4 ans après que la loi soit rentrée en vigueur, Al Gore a parlé une petite demie heure, ce qui fait officiellement du candidat à la présidence le type le moins efficace au monde pour préparer un discours (source Palm Beach Daily News).

Chez George, pendant ce temps, on cultive l'optimisme et on continue sur la lancée, même si on continue courageusement à défier les lois de la statistique sur la possibilité pour un président en exercice de se rapprocher du zéro absolu dans les sondages (source Reuters).

Mais se battre contre l'opposition, contre son propre parti, contre les sondages et contre son propre chef commence à laisser ses marques : le staff de la Maison Blanche commence à en avoir sérieusement ras-le-bol. Parce qu'en plus de leurs longues semaines de travail, certains doivent même s'y coller le week-end pour accompagner Bush dans ses balades à vélo (source Washington Post). Parce que bon, c'est vrai qu'un président qui se blesse sur un segway ou en mangeant un bretzel, depuis qu'on lui a enlevé ses roues de tricycle, on tremble à Washington.


Politique > Gavage humain

Bonne nouvelle, Abou Ghraib va fermer. Mauvaise nouvelle, ça ne change rien. Sauf le nom.

imageC'est officiel, le camp de détention d'Abou Ghraib devrait bientôt fermer ses portes (L'express). La prison où on aimait bien faire mumuse avec les prisonniers va donc disparaître dans les limbes de l'histoire des épisodes sordides de la guerre et du comportement militaire.

Disparaître oui, mais uniquement pour être remplacée par une autre qu'on dit plus moderne mais surtout plus vendeuse : "Camp Cropper". Pas prison, pas centre de détention. "Camp". Comme dans "Summer Camp", dans "Base Camp", "Camp Fire". Plein de choses qui sentent bon le feu de bois et la camaraderie virile d'une palanquée de boy-scouts autour d'une flambée de chipolatas.

Abou Ghraib, vide, sera rendue aux Irakiens. Les prisonniers seront transférés à "Camp Cropper", au milieu de la base militaire américaine, dont on devine que le secret défense devrait éloigner les curieux. Tous dans le nouveau camp, les militaires deviendront des Gentils Organisateurs (qui veut jouer à question pour une électrocution?), les prisonniers des Gentils Membres (j'ai trouvé un morceau de bras, c'est à qui ??).

Pendant ce temps, dans l'autre "Camp" de Guantanamo, on attache les prisonniers à des chaises et on leur enfonce des tubes dans l'estomac via la bouche pour les nourrir de force. Pour ne pas qu'ils se laissent mourir dans leur grève de la faim. Pour qu'on puisse continuer à les interroger. Pour qu'on puisse les garder enfermés (extraits traduits du rapport d'Amnesty International sur la question, original ici en anglais, traduction 404).

"Les détenus de Guantanamo participant à la grève de la faim ont été placés en isolation, attachés à des chaises, soumis à des méthodes de gavage douloureuses et privés de leurs éléments de confort tels qu'une couverture ou des livres (...) Le Koweïtien Fawzi al-Odah a raconté à son avocat que le 11 janvier, il a cessé sa grève de la faim après avoir été gavé à l'aide d'un large tube à bout métallique alors qu'il était attaché. Il a également raconté que le jour précédent, il a entendu les cris d'un autre prisonnier qu'on gavait de la même manière dans la chambre voisine. Il a aussi entendu le docteur dire au prisonnier : "Je dois le faire, je dois vous faire mal. (...) Les avocats d'autres détenus ont affirmé à Amnesty International que les grévistes de la faim ont été placés en isolation dans des chambres froides, attachés à des chaises et ont été délibérément gavés de trop de nourriture, leur causant des douleurs extrêmes et dans certains cas des diarrhées. Certains des détenus ont été soumis à ce traitement plusieurs fois par jour. Fawzi al-Odah a déclaré que certains des prisonniers étaient obligés de s'uriner ou de se déféquer dessus car ils étaient laissés attachés à leurs chaises. Certains ont vomi du sang."

Les médecins du monde entier sont choqués. Et même l'ONU fait pour une fois entendre sa voix en demandant aux Etats-Unis la fermeture immédiate et définitive du camp de détention américain.

Pour mémoire, les prisonniers de Guantanamo font la grève de la faim parce qu'ils demandent :

- Que les droits internationaux des détenus soient respectés
- Qu'ils aient droit à un vrai procès
- Qu'ils soient relâchés s'ils ne sont pas reconnus coupables
- Que des organisations internationales puissent leur rendre visite.

Apparemment, dans certaines grandes démocraties de ce monde, ça a l'air d'être beaucoup demander. Plus de lecture sur le sujet ici (The Independant) et là (Reuters).


Politique > Villepin touché par le Chikungunya ?

Le politique veut être proche des problèmes du peuple. Raffarin est devenu chômeur, Villepin deviendra-t-il malade ?

imageDans un souci d'immersion totale dans la réalité et à défaut d'avoir pu se mettre au chômage lui-même pour se mettre à la place des nouveaux locataires de l'ANPE, il semblerait que durant son voyage à la Réunion, Dominique de Villepin eut été touché par le - now world-famous - virus de la Chikungunya.

C'est en tout cas ce que des sources proches du voyage du premier ministre ont indiqué à Brain Not Found. Ou du moins en tout cas qu'une partie de l'accompagnement du premier ministre serait rentrée en largement moins bonne forme qu'au départ. Sans pouvoir totalement garantir néanmoins que la maladie aurait également touché De Villepin.

En tout cas, un souci d'immersion qui fait plaisir a voir. On attend encore que, dans cette plongée vers la réalité, Sarkozy aille faire un tour du côté de Sangatte où les migrants continuent à s'accumuler dans des conditions qui feraient honte à un pays du tiers-monde.


Politique > Le Pujadas d'or de la semaine

Pujadas a compris la leçon : maintenant, il ne s'informe plus qu'avec Google.

imageBonne nouvelle, les gens. C'est Google qui le disait hier. Depuis 40 minutes, Joëlle Aubron est libre. Malade, certes, mais libre. Et l'article est affirmatif, ses proches sont heureux. Ils n'en reviennent pas.

Ils n'en reviennent pas plus que Google qui, faute d'avoir indexé correctement un article de Libé, se gourre et célèbre la mort de l'activiste d'action directe en publiant dans une de ses news France un article qui date de... juin 2004 (la preuve ici).

A l'unanimité de une voix, Google obtient donc le Pujadas d'or de la semaine, célébrant par là la quintessence de l'approximation journalistique. Bravo à eux. Et merci à Etienne pour l'information.


Politique > Union pour la Majorité Prévisible

A l'UMP, pour les élections primaires, on ne vous dit pas pour qui voter. Juste qu'on connaît déjà les résultats.

imageC'est un peu l'information de l'année (du mois ? de la semaine ? de l'heure ?), les primaires de l'UMP pour désigner le candidat officiel de 2007 ont déjà eu lieu. Et les médias, dans leur crasse incompétence, ont tout raté.

La preuve, elle est (de temps à autre) dans la colonne gauche de ce blog, sous la bannière "réclame" et en capture d'écran ici : Nicolas Sarkozy est officiellement le candidat à la présidentielle de l'UMP.

Sinon, on ne voit vraiment pas comment un parti qui affirme "il n'y a pas de candidat obligé. Celui ou celle qui voudra nous représenter devra porter une alternative, montrer sa capacité à rassembler toute notre famille politique" pourrait payer des publicités aussi... non obligées pour UN des quelques candidats (même pas encore déclarés) à l'investiture. Non, on ne voit vraiment pas.


Politique > L'avenir immobilier de Guantanamo

Fini l'artisanat, le centre de contre-terrorisme fait du zèle, 'va falloir torturer à la chaîne.

imageC'est pas parce qu'on a une légère tendance à la paranoïa que personne ne nous en veut. C'est en tout cas ce que les petits gars du Centre Américain de Contre-Terrorisme (CiTiiiiou Bauer ?) doivent se dire. Parce qu'à force de voir des terroristes partout, ils se retrouvent avec une liste de 325 000 suspects dont ils ne savent pas trop quoi faire, si ce n'est dire qu'ils sont tous hyper suspects de terrorisme et qu'ils peuvent s'estimer heureux que la place manque du côté de Guantanamo en ce moment.

La partie mignonne de l'histoire est que selon plusieurs estimations, les vrais suspects ne seraient que 200 000, les autres ayant été ajoutés à la liste pour cause d'orthographe qui ressemble (eh, oh, doucement, j'ai que deux doigts) (source).

Les 125 000 qui se retrouvent fichés terroristes et qui risquent de croupir un petit moment en prison s'il leur prend l'envie d'aller faire les soldes à New York voudront bien excuser le centre de contre-terrorisme pour ce petit contretemps. Et puis après tout, ils ne sont pas seuls. Il y en a plein comme eux qui sont enfermés loin de tout droit de l'homme du côté de Cuba, dans le camp de vacances de Dick Cheney.

La technique de regroupement par les noms est déjà une technique marketing éprouvée quand il s'agit de vendre de la margarine qui soigne le cholestérol. Pour gérer la justice d'un pays, ça ne s'était jamais vu. L'innovation, c'est chouette.


Politique > Racaille des neiges

Avant, il y avait le crétin des alpes. Maintenant, le voyou sur ski. On n'arrête pas l'insécurité.

imageLe problème, quand on a la délinquance en fond de commerce, c'est que le sujet n'est pas inépuisable. Après s'être attaqué aux délinquants routiers, aux délinquants des banlieues, aux délinquants pyromanes qui allument des feux de forêt, aux délinquants récidivistes et aux Corses, Sarkozy commençait à être un peu à sec.

Alors il a fallu trouver d'autres délinquants, ceux qui font trembler et voter UMP. C'est chose faite puisque le nouveau cheval de bataille du ministre de l'intérieur n'est rien de moins que (excusez du peu) l'insécurité sur les pistes de ski (source). Parce que oui, les pistes de ski sont dangereuses, mortelles parfois. Elles sont le nouveau repère de l'anarchie, une zone de non droit ou règnent en maîtres chaos et stupre, une zone d'insécurité latente où chaque skieur n'est qu'un mort en devenir.

Pensez, en moyenne 50 morts par hiver, pour plus de 10 millions de skieurs. On frôle le génocide. Et même pas un radar. Pas un policier pour contrôler la vitesse. Pas un flash, pas un PV, rien. A croire qu'on s'en sortirait en laissant les gens s'amuser comme des sauvages, faire du ski ou du surf sans règles, sans panneaux de limitation. Comme s'il était juste de laisser la montagne comme une zone d'amusement dans laquelle on pourrait faire du sport et admirer le paysage sans se préoccuper des réalités dramatiques de ce bas monde.

Non. Ca suffit, il était temps de dire STOP.

Sarkozy a donc profité de ce week-end et des vacances hivernales pour déclarer "la guerre aux voyous des neiges", dixit le sinistre de l'intérieur : "On ne peut accepter les comportements irresponsables. Les skieurs doivent contrôler leur vitesse et leur trajectoire, on ne peut accepter que les gens se comportent comme des voyous sur les pistes" (source).

Et contre le vacancier qui enfreint les panneaux de signalisation en skiant, c'est "tolérance zéro", comme partout, comme toujours. Plus le droit d'aller à gauche si on dit que c'est à droite, plus de hors piste, attention, virage limité à 47 km/h, interdit de sauter, de prendre la bosse, de s'arrêter dans la piste, d'aller dans la poudreuse, de mander un jambon-beurre au soleil.

Et demain, des pistes avec des radars, des flashs, des policiers en arme ? Pour vaincre la délinquance sur les pistes de ski, 'faudrait au moins ça. Des Flash Ball pour les pisteurs. Des juges de proximité. Des PV. De la comparution immédiate. Faire la peau aux voyous, où qu'ils soient. Mettre fin à tous ceux qui ne suivent pas les indications, qui ne respectent pas les règles... LA règle.

Mercredi, Sarkozy va jouer au tennis. Jeudi, un amendement sur la vitesse maximale autorisée pour le service, 11