Après 6 ans de bons et loyaux services, 404 s'arrête là, définitivement, ou pas.
D'abord à cause de plein d'autres projets chouettes. Un autre blog d'abord, bienbienbien, avec 3 compères et une nouvelle énergie. Et puis une nouvelle boîte aussi, des choses excitantes, des baskets contre des cravates, des caméras contre du Powerpoint, des idées contre, tout simplement contre.
Des envies différentes aussi.
Et puis cette campagne épuisante, ce bruit qui ne faisait que grandir chaque jour. Les blogs qui parlaient des médias qui parlaient des blogs qui parlaient des médias qui parlaient des blogs.
Des candidats ridicules sur Second Life, d'autres absurdes qui créaient leur websphère rien qu'à eux. Des bloggueurs qui croyaient détenir des secrets d'état et qu'on aurait dû remercier de ne pas faire imploser le monde tel que nous le connaissons à coup de révélations fracassantes sur Blogspot.
Tsunami de verbiage.
Le moment de passer à autre chose, sûrement, en remerciant tous ceux qui ont lu, commenté, aimé ou détesté 404.
La suite, c'est là. Et c'est pas pareil. Mais quand même.
En dehors d'être esthétiquement moche, manger 66 hot dogs de suite est passablement crétin. Mais est-ce que ça mérite un prix Nobel pour autant ?
Depuis que l'homme a inventé le sport, d'autres hommes se sont évertués à créer d'autres sports, ridicules ceux-là. Par exemple, la course peut légitimement être considérée comme un sport. La course automobile, on se demande. Aller faire les beaufs de luxe en fonçant comme des gorets dans les villages africains à l'occasion d'un raid pseudo-aventurier mais franchement motorisé, on peut décemment considérer que le sport n'a pas grand-chose à voir là-dedans. Le ridicule, par contre, oui.
Et s'il est un sport (cough) qui abat toutes les fontières du ridicule, c'est bien celui dont la plus prestigieuse (re-cough) compétition s'est déroulée le 4 juillet sur la côte est des États-Unis : le manger de hot-dog. Un principe simple, se bâfrer d'un maximum de pain-saucisse en 10 minutes, sans vomir sur les juges. À la face de la moitié de l'humanité qui n'a ni de quoi se nourrir ou s'hydrater décemment, oui, mais sur les juges, non.
Seul hic dans cette antre du bon goût : le tenant du titre n'est pas un obèse camarade de l'oncle Sam mais un chétif Japonais qui rapporte depuis 8 ans maintenant le titre au pays. Au nez et à la barbe pleine de miettes d'Américains déconfits.
Mais 2007 est l'année de la revanche. Diffusée sur ESPN en direct (vidéo ici), la compétition enflamme les commentateurs de la chaîne. En parlant de leur compétiteur national, Joey Chestnut, l'envolée lyrique n'est jamais loin (morceaux choisis) : "Ce serait le plus grand moment du sport américain si Chestnut pouvait rapporter le trophée chez nous", "Un courage incroyable de la part de Chestnut, cet homme a probablement changé le cours de l'histoire dans notre pays", "Chestnut est un véritable héros américain", "en ce 4 juillet, nous ne sommes pas loin de George Washington lorsqu'il a commencé à affronter les Anglais", "si vous tapez 'héros' dans Google demain, vous trouverez Neil Amstrong et Joey Chestnut".
Tout ceci, à propos d'un type dont le seul talent est de pouvoir manger 66 hot dogs de suite sans vomir.
Mais la meilleure est à venir lorsque, dans un accès de fébrilité patriotique, le présentateur lance : "Tout le monde, oui, tout le monde libre a les yeux fixés sur cet homme". Tout le monde libre devrait avoir les yeux fixés sur une compétition de hot-dogs ? A elle seule, cette phrase pourrait presque excuser 4 ans de résistance irakienne.
En tout cas, Joey Chestnut a rapporté la "Mustard Belt" au pays, devenant l'homme au monde capable de manger le plus de saucisses dans du pain en 10 minutes. La gloire tient finalement à peu de choses. Le ridicule aussi.
Entre un journaliste et un animateur de l'ORTF, il y a généralement un monde, la preuve (non, cet article ne parle PAS de Pujadas)
Dans la vie, il y a des sujets sur lesquels on aimerait jamais n'avoir à user les touches de son clavier. Et Paris Hilton tient une bonne place dans ceux-là. Mais si, pour une fois, on évoque la blonde au QI de fruit de mer dans cette colonne, ce n'est pas tant pour elle-même que pour une journaliste de MSNBC, Mika Brzezinski, qui refuse à l'antenne de couvrir la sortie de prison de la star de la chanson de cinéma de porno.
C'est qu'en plus de couvrir le (non) événement, MSNBC souhaitait que le titre fasse l'ouverture du journal. Rien que ça. Un peu comme si Pujadas choisissait d'ouvrir le 20 heures par un accident de vélo ou que PPDA lançait son JT par un résultat de foot. Impensable (cough).
La vidéo de Mika Brzezinski tentant de brûler son conducteur d'émission (www) a fait le tour du web, vue plus de 2 millions de fois sur YouTube. Devant l'ampleur de l'événement, MSNBC a choisi de faire, 4 jours plus tard, un retour sur la chose avec la journaliste en question (www). Avec une seule phrase de conclusion de la part du présentateur : "Vous avez pris position. Le monde des journalistes a entendu votre position... et ils vous remercient". On n'aurait pas dit mieux, c'était juste un petit moment de bonheur dans les médias.
Ça faisait un moment qu'on s'en doutait, la télé-réalité se moque un brin des téléspectateurs. Maintenant, et c'est plus inquiétant, elle a choisi sa prochaine victime : la planète.
Ça n'aura pas échappé aux plus sagaces (ou désespérés, c'est au choix) observateurs du paysage audiovisuel français, TF1 se lance de nouveau dans les programmes de grande qualité avec "Secret Story", qu'on aurait avantageusement pu sous-titrer "On va arriver à vous faire croire que c'est intéressant".
Laissons néanmoins de côté l'interrogation légitime quant à l'intérêt de voir s'ébrouer une quinzaine de barmans et de coiffeuses qui doivent à tout prix cacher aux autres un secret de haute volée - parmi vous se cache le fils, naturel en plus, du genou d'Henri Leconte - et observons la maison de toutes les audiences. La production l'affirme à qui veut l'entendre : elle est écologique. Oui. Écologique, on vous dit. Verte. Responsable. Renouvelable. Sans OGM ni CFC. É-co-lo-gique, quoi. Parce que chez TF1, on veut le bien de la planète.
Alors, du coup, les matériaux sont recyclables, la moquette en vieux pneu tressé et pour un peu, on oublierait presque qu'il y a tellement d'ampoules 800 watts là-dedans que le simple fait de filmer la douche d'un candidat consomme autant d'électricité que Montbelliard en 12 ans (hors période de tentative de sécession de la Franche Comté, bien entendu). Mais on apprécie le geste écologique, c'était bien d'y penser.
Mais alors grand Dieu, pourquoi, oui, pourquoi, alors qu'on était presque ému par les efforts adolescents de la première chaîne pour sauver la planète du désastre, pourquoi a-t-il fallu que la production fasse arriver les candidats en Hummer, probablement la seule voiture sur le marché à pouvoir se vanter de polluer plus qu'un 33 tonnes ?? Personne ne les a prévenus qu'en plus de rendre pathétique tout ce qu'elle touche, cette voiture est aussi le plus abominable aspirateur à gasoil fabriqué par la main de l'homme ? Personne ne s'est senti perturbé qu'on déplace dans Paris (oui, dans Paris) des célébrités inconnues dans un véhicule que seuls des militaires avaient le mauvais goût de trouver utile ?
Pour la prochaine (parce que si l'émission est suffisamment mauvaise, il est largement possible qu'il y ait une suite), on inviterait bien TF1 à réfléchir deux fois plus à leur politique écologique. En plus, deux minutes de réflexion au lieu d'une, ça doit se caler dans un planning 2008, non ?
Le second tour passé, il est temps de se remettre à l'ouvrage... Plus que jamais.
Le lecteur affûté l'aura noté, 404 est resté silencieux ces dernières semaines. Non que 404 soit mort, non qu'il n'y ait rien eu à dire.
Si 404 s'est mis, délibérément, en mode pause, c'est que le bruit autour de la campagne était déjà largement suffisant. De l'Humanité au Figaro, du Canard à Charlie, de Versac à Lemeur, de RTL à Europe 2, ce qui devait être dit l'a été, et chacun avait largement les cartes en main pour faire son choix en toute conscience. 404 n'avait plus son rôle à jouer dans ce grand raout médiatique.
L'élection passée, 404 revient.
Parce que 404 veut justement parler de ce dont on ne parle normalement pas. Aborder des sujets, informations, débats qui ne trouvent pas leur place dans le cercle médiatique habituel, trop squatté par les résultats du foot, la longueur du yacht de Sarkozy et l'acné d'Eve Angeli. Parce que plutôt qu'être un média de plus, les blogs n'ont de sens que s'ils sont un média différent.
Combien de ceux créés à l'aube de la campagne présidentielle continueront, le deuxième tour passé, à scruter la vie politique, à recenser les promesses non tenues, les libertés supprimées, les abus, la corruption, la pollution ou l'indice UV au cap d'Agde ? Probablement très peu. Après leur cuite virtuelle du dimanche soir, que restera-t-il des militants de second life ?
404 revient. On monte d'autres projets, aussi. Et accessoirement, on change de carrière pour aller bosser avec des gens très chouettes qui partagent la conviction que le web n'a de sens que si on met des contenus de qualité dessus.
Tout ça cumulé explique pourquoi 404 faisait le mort. Mais pour faire semblant, seulement.
Sarkozy avait promis de la transparence dans les résultats de son ministère. Et selon certains magistrats français, les chiffres sont effectivement devenus tellement transparents qu'on n'arrive plus à les lire.
En cette semaine de premier tour, 404 est plus calme que d'habitude, pour cause de suractivité dans d'autres domaines (on arrive, on arrive). Mais on ne peut s'empêcher de coller un lien vers le livre "Ruptures", du vice-président au tribunal de Paris et président de la 12e Chambre correctionnelle Serge Portelli.
Programmé pour sortir avant la campagne présidentielle, le livre a finalement été rejeté par les éditions Michalon, pour cause de "pressions" selon l'auteur, de qualité médiocre selon l'éditeur (source). Les adeptes de complots apprécieront sans doute par ailleurs le fait que Yves Michalon soit dans la vie un ami de Sarkozy.
Le livre, diffusé faute d'éditeur sous licence Creative Commons, dresse un portait des (vrais?) résultats de la politique de Nicolas Sarkozy au ministère de l'intérieur, des dérives possibles et de celles qui ont déjà eu lieu. Avec cette citation reprise de Churchill en guise d'introduction : "Je ne crois aux statistiques que lorsque je les ai moi-même falsifiées". À emporter sous le coude, dans l'isoloir, donc.
Livre en PDF (102 pages), en Creative Commons, livre en ligne sur Betapolitique.
Histoire de faire devant son ordinateur comme devant sa télé, la campagne de ces derniers jours en images qui bougent. Et sur Internet en plus.
Puisque, comme disait en son temps Pompidou ou quelqu'un d'autre, l'ORTF est l'avenir de l'humanité, il était grand temps de faire un détour par les dernières vidéos de campagne présidentielle qui circulent sur le web. Et qui dit vidéo, dit people, et inversement (ou pas).
Ça commence avec un soutien de poids (cough) pour Ségolène Royal en la personne d'un BHL même pas entartré qui espère très fort que sa candidate soit au second tour (vidéo iTélé). Et tant qu'on est dans le people haut de gamme, Dominique Farrugia soutient de son côté (re-cough) Nicolas Sarkozy. Même s'il n'ose pas trop le dire. Enfin un peu quand même. Mais en fait non. Enfin bref (vidéo La Télé Libre). Enfin, et puisque ce sont les rois du showbiz, un autre tour à l'UMP nous apprend en vrac que Sarkozy a copié le programme politique de Steevy (trop déliiiire), que, ô surprise, François Sarkozy soutient son frère et qu'enfin, Alain Prost a "une certaine vision non seulement des choses mais des difficultés qu'on a mais qu'on peut avoir si on ne change pas". Et le contraire, non? Tout un programme. Les preuves ici (NS TV).
Dans les soutiens de Sarkozy, on compte aussi Claude Goasguen qui, piégé par les YesMen pour LeLab.tv, trouve que ce serait super chouette hyper top d'envoyer des Airbus A380 chargés de glaçons pour reformer la banquise. Et sérieusement en plus (vidéo LeLab.tv).
Sinon, en vrac sur les écrans, Rachida Dati se verrait bien future ministre, dans le texte - sic - "de la rénovation urbaine à coup de Kärcher" (vidéo LaTéléLibre), Le Pen se verrait bien démocrate (vidéo Canal+) et Sarkozy qui n'aime pas qu'on dise du mal de lui se verrait bien faire le ménage à l'ORTF (Vidéo France 5).
Pour finir, un coup de coeur spécial pour la spectaculaire télé-génie de Gérard Schivardi (vidéo G. Schivardi) et pour la question brillante d'avant-gardisme politique d'un bloggueur aux sauteries du mardi à l'UMP (vidéo DM).
Comme disait un acteur pas encore mort, "Il ne faut jamais oublier que la télévision n'est qu'un appareil électroménager". C'est fait.
On se demandait pourquoi Sarkozy voulait pister les délinquants au berceau : on a enfin la réponse.
A l'époque, on avait trouvé ça scandaleux, en tout cas franchement ridicule : Sarkozy, dans sa loi de prévention de la délinquance, voulait détecter les syndromes de la délinquance chez les enfants à partir de... 3 ans. Si. Parce qu'un enfant agité en crèche avait, selon le candidat à la présidentielle, de plus grandes chances que les autres de (rayez les mentions inutiles) brûler une vieille, détrousser une voiture ou cracher dans des dahlias.
Depuis, maternelles, collèges, lycées et organismes chargés du versement des prestations familiales doivent communiquer au maire des "données nominatives utiles" (source, en particulier Article 9).
Derrière ce besoin de recenser au plus tôt les fauteurs de trouble et autres rebelles à l'autorité se cache une philosophie bien étrange du candidat à la présidentielle et dévoilée cette semaine par le magazine "Philosophie" : lors d'un entretien avec le philosophe Michel Onfray, Sarkozy expose son point de vue (on s'assoit pour lire ça, merci). Dans le texte, dixit Nicolas Sarkozy (source) :
"Je ne suis pas d'accord avec vous. J'inclinerais, pour ma part, à penser qu'on naît pédophile, et c'est d'ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie. Il y a 1 200 ou 1 300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n'est pas parce que leurs parents s'en sont mal occupés! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable. Prenez les fumeurs : certains développent un cancer, d'autres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire. Les circonstances ne font pas tout, la part de l'inné est immense."
Voilà qui clair : les pédophiles naissent pédophiles, les délinquants naissent délinquants. Autant les choper au berceau pour éviter qu'ils fassent du mal. Pour ceux qui ne naissent ni pédophiles, ni délinquants, s'ils ne sont pas génétiquement inadaptés au système, on verra ce qu'on peut en faire.
Finalement dans 1984, Orwell s'était trompé.
De 23 ans.
Dans la vie, il y a ceux qui ne savent pas le nombre de sous-marins nucléaires. Et ceux qui s'en servent sans rien dire.
On l'a suffisamment répété lors de la (double) affaire des sous-marins nucléaires, le futur président de la république française sera aussi chef des armées, ce qui n'est pas rien considérant le nombre de soldats qui mugissent dans nos campagnes par les temps qui courent. Pour autant, prendre la relève de Chirac ne semble pas, a priori, d'une complexité insurmontable. Parce qu'à part avoir bâti un porte-avion qui craint l'eau et tenté en vain de se débarrasser du porte-amiante Clémenceau, on ne connaît pas de grand fait militaire au futur ex-président. Mieux, s'opposant à la guerre en Irak, il serait même presque passé pour un alter-mondialiste à pancarte.
Mais Chirac est-il pour autant un pacifiste aussi convaincu qu'il veut le laisser croire?
Pas vraiment si l'on regarde du côté du Jerusalem Post qui dévoile qu'en mars 2006, soit 4 mois avant l'invasion du Liban par Israël, Chirac aurait contacté Sharon pour le presser, au passage, d'en profiter pour envahir la Syrie et en renverser le gouvernement. Et de promettre, le cas échéant, le plein support de l'armée française dans cette opération (source, merci à Sophie).
Et il ne s'arrête pas là. Après avoir exhorté hier les candidats à ne pas considérer "les crédits de la défense nationale [comme] la variable d'ajustement de notre politique budgétaire" (comprendre "s'il faut du budget pour l'éducation nationale, c'est pas du côté des chars Leclercs qu'il faut chercher") (source), il vient d'autoriser les avions français à aller bombarder de l'Afghan (source).
Du coup, c'est jour de joie chez Dassault : les Rafales français viennent de larguer leurs premières (vraies) bombes. On est très fier de cette réussite technologique (rendez-vous compte, un avion de chasse à 45 millions d'euros qui est capable de lâcher - enfin - une bombe de 500 kilos, 31 ans après le lancement du projet, 20 ans après son premier vol, c'est vrai que ça en impose).
Du côté de Chirac, on n'en est plus à une contradiction près, lui qui avait reçu le prix "ig-nobel" [ig-noble] en 1996 pour avoir commémoré les 50 ans des bombes atomiques de Hiroshima et Nagasaki à coups d'essais nucléaires dans le Pacifique. Quant aux Afghans, ils seront sans doute très contents de se prendre du napalm high tech sur le cuir chevelu. Pour faire la promotion de Dassault. Ça s'appelle du marketing.
Une question, beaucoup de possibilités et beaucoup de réponses : l'heure est venue de dévoiler les gagnants du concours 404 / Olowshop.
Le concours 404 / Olowshop, c'est fini, avec un peu de temps pour trier (et vérifier) les réponses données avant la fin du chronomètre. Et puisqu'il faut passer par là, que rien n'est gratuit dans la vie et tout et tout, voici les résultats des Bushisms qui remportent un T-shirt Olowshop.
4e, Édouard M. grâce à un Bushism que n'aurait pas renié un Monty Python dans ses grandes heures, puisque la phrase ne veut - strictement - rien dire. C'était au cours du 2e débat des présidentielles de 2000, lorsque George a lâché un tonitruant : "I mean, there needs to be a wholesale effort against racial profiling, which is illiterate children." Aucun rapport entre le début et la fin de la phrase, du grand doubleuvé (source PBS).
3e, Julien J. qui rapporte cette brillante confession du président le plus influent au monde : "I'm also not very analytical. You know I don't spend a lot of time thinking about myself, about why I do things." ("Je n'analyse pas beaucoup. Vous savez, je ne réfléchis pas beaucoup à propos de moi, à propos de la raison pour laquelle je fais des choses"). Voilà qui est (très) clair (source About.com).
2e, Olivier démontre toute la force politique de George; "See, free nations are peaceful nations. Free nations don't attack each other. Free nations don't develop weapons of mass destruction.". Enfin, sauf les États-Unis quoi. Raffarin, qui avait déposé le concept du Yes qui needs the No to win the Yes against the No aurait demandé des royalties à la Maison blanche (source Slate).
Enfin, premier, Stephan qui en une petite citation résume le personnage : "I'm the master of low expectations". On n'aurait pas dit mieux nous-mêmes (source Whitehouse.gov).
Édouard, Julien, Olivier & Stephan remportent chacun un T-shirt Olowshop de leur choix. Bravo à eux et merci à Olowshop (avec qui 404 devrait sortir, sans trop tarder, un T-shirt en édition spéciale). Et entretemps, ça c'est cadeau pour ceux qui n'en peuvent - vraiment - plus.
Accuser de crime de guerre quelqu'un qui n'est pas censé avoir fait de guerre devrait poser un problème de logique. Mais en fait, non.
Attention lecteur, cet article peut provoquer une remise en cause des principes fondamentaux de la logique. Cette semaine, celui qu'on surnomme "le taliban australien", David Hicks , a été officiellement accusé de "crime de guerre" par l'administration américaine (source Chicago Tribune). Détenu par l'armée américaine depuis 2001, en grande partie à Guantanamo, Hicks fait partie de ceux qui sont qualifiés par l'administration Bush de "unlawful enemy combatant" (combattant ennemi illégal) dans le but avoué de leur nier les droits de la convention de Genève qui protège les prisonniers de guerre.
Depuis son arrestation, Hicks, son avocat, la Croix Rouge et même des militaires de la prison de Guantanamo confirment que le prisonnier Hicks a été maltraité, probablement torturé, isolé du monde extérieur pendant des mois entiers, drogué et battu. Ce qui ne semble pas poser de gros dilemme moral à l'armée de l'auto-proclamée première démocratie du monde.
En effet ('faut suivre), quand on accuse de crime de guerre un combattant qui, officiellement, n'a jamais fait la guerre, et qu'on lui refuse la protection des prisonniers de guerre (bien qu'on l'accuse de crimes de guerre) et que, par ailleurs, on le traite contrairement aux droits de l'homme alors qu'on fait justement la guerre contre des gens qui ne font pas la guerre pour défendre des droits de l'homme qu'on ne respecte pas, on n'est pas à une contradiction près.
D'autant qu'officiellement, Hicks n'aurait même pas commis de "crime" au sens propre du terme : "The U.S. administration has not alleged Hicks engaged in any actual acts of terrorism, nor that he killed any U.S. or Coalition soldier while engaged in fighting at Konduz.". Sic.
Plus d'informations sur les conditions de détention des plus de 400 prisonniers de Guantanamo bay sur Wikipedia et la réplique en 3D de la cellule de Hicks par Amnesty International.
Pour lancer la nouvelle version de 404, nos amis de Olowshop vous offrent des T-shirts. Lais vous n'avez que jusqu'à dimanche.
Petit rappel de dernière minute pour les retardataires : histoire de célébrer dignement sa 5e version en 6 ans d'existence, 404 Brain Not Found vous fait gagner des T-shirts chouettes et engagés avec nos amis de Olowshop.com. Et sur 404, on a nos têtes... Alors, pour fêter cette nouvelle version, il était logique de ne pas passer à côté de notre préféré, George W. Bush :
1/ Rendez-vous chez Olowshop (www.olowshop.com) et choisissez votre T-shirt préféré.
2/ Naviguez sur le Net pour trouver votre Bushisme* préféré (et gardez bien son URL)
3/ Envoyez un mail à CONCOURS (AT) 404BRAIN.NET précisant votre nom, prénom ou pseudo, votre Bushism, son URL et votre T-shirt préféré.
Vous avez jusqu'au 25 mars, minuit (sous contrôle d'un non-huissier).
Et non, participer au concours ne vous inscrit pas de force sur des mailing lists bizarres, ne vous force pas à acheter des produits moins chers, à changer d'opérateur mobile ou de voter pour "Chasse pêche nature tradition et intégrisme". Non, jouer vous permet juste d'avoir une chance de gagner. Et c'est déjà pas mal.
(*) Extrait de Wikipedia : "Un bushisme est une expression désignant un mot ou une phrase incorrecte que le Président des États-Unis George W. Bush dit en public et de manière involontaire. Ces erreurs sont bien souvent comiques, car elles sont mises en parallèle avec le sérieux de sa fonction."
Les USA veulent les terroristes morts ou vifs. Mais même morts, 'faut qu'ils puissent faire de la pub quand même.
La très décriée prison de Guantanamo (le goulag de la plus grande démocratie du monde) se montre finalement d'une efficacité redoutable. Bien plus, même, que les Américains ne voulaient le croire. Après y avoir enfermé, sans autre forme de procès (on ne va pas s'embarrasser de formalités), plus de 600 "combattants ennemis", ils ont finalement trouvé leur bête noire, le cerveau de tout : Khalid Sheikh Mohammed (à défaut de Bin Laden, ça devrait pouvoir le faire).
Arrêté en 2003 et soumis depuis à de constants interrogatoires, le Pakistano-Koweïtien a fini par avouer. Tout. Tout tout tout (source Breitbart).
D'abord, il confesse être l'homme derrière les attentats du 11 septembre 2001. Rien que ça. Et de "A à Z" selon ses propres termes. Et comme si ça ne suffisait pas, il continue de soulager sa conscience. Il confesse également avoir orchestré la décapitation du journaliste Daniel Pearl en 2002. Toujours en 2002, il serait tout autant responsable d'attentats au Kenya et de la tentative d'abattre en vol un avion de tourisme israélien avec un lance-roquettes. Il serait également responsable des attentats de Bali la même année, 202 morts.
Mais il ne s'arrête pas là. Il aurait également tenté des attentats contre la Sears Tower (Chicago), l'Empire State Building (New York), Wall Street (New York), des centrales nucléaires, des ambassades américaines en Asie et Australie, des navires de guerre américains, une compagnie pétrolière, le canal de Panama, l'aéroport d'Heathrow et Big Ben. Et vu que ça ne suffit pas, il aurait aussi tenté d'assassiner Jimmy Carter, Bill Clinton et participé aux attentats contre Jean-Paul II et Pervez Musharraf.
Parlons d'un hyperactif.
Sauf que, petit hic, il confesse aussi avoir préparé un attentat contre la "Plaza Bank" de Seattle. Banque qui, comme on peut le lire sur leur site (www), a été fondée en... 2006. Soit 3 ans après l'arrestation de Khalid Sheikh Mohammed. Et ce n'est pas le seul raté dans l'histoire de celui qui déclare être le centre névralgique de la quasi intégralité du terrorisme mondial de ces 15 dernières années (source Atlantic Free Press).
A la période de ses interrogatoires, Khalid Sheikh Mohammed est présenté comme parlant très bien anglais, flirtant dès qu'il peut, louant même un hélicoptère pour impressionner une dentiste qu'il voulait séduire (sic). Lors de sa confession, les juges trouvent un homme qui prononce mal et fait difficilement des phrases en anglais. D'autant que Khalid Sheikh Mohammed avait été, en 2002, reporté... mort (et son cadavre identifié par sa femme).
A la fois, après l'homme le plus recherché au monde qui échappe à toute l'armée américaine sur une mobylette, on n'était pas à une incohérence près.
Le passé est-il un gros mot dans la campagne actuelle? Pas si l'on prend soin de ne pas s'inclure dedans.
Où que l'on cherche dans les discours de Sarkozy ou de Ségolène, c'est "avenir", "futur", "après", "demain", "destin", "prochain" ou encore "suivant" qui tiennent le haut du pavé de la redondance verbale. Mais pour autant que la projection dans le futur puisse être un passe-temps rigolo, il faudrait peut-être voir à ne pas complètement oublier le passé non plus. Ainsi, on pourra se délecter de Nicolas Sarkozy qui affirme, sans rire en plus, et sur le site officiel de sa campagne (source Sarkozy.fr) :
"[Je ne serai pas le candidat] qui volera aux Français le débat dont ils ont été privés en 2002 et qui a eu de lourdes conséquences sur le fonctionnement de notre démocratie, car les vrais problèmes n'ont pas été évoqués lors du deuxième tour de la présidentielle de 2002."
Cough. "De lourdes conséquences sur le fonctionnement de notre démocratie"? Juste pour savoir, il n'a pas été numéro 2 du gouvernement en quasi-permanence entre 2002 et 2007, Sarkozy? Il n'était pas concerné par "le fonctionnement de notre démocratie" à l'époque, le garçon?
Le candidat de l'UMP serait-il en proie à un Alzheimer précoce? Probablement pas. En fait, ce serait plutôt juste pour un sens formidable pour la formule à double sens. Preuve en est le contraste fantastique entre ses déclarations à la jeunesse dimanche dernier durant lesquelles il recyclait à son compte la phrase d'un pape mort ("N'ayez pas peur!", source Sarkozy.fr) et ce cliché (www - merci Human Target), pris devant le siège national de l'UMP (et pas devant le siège de campagne, amis de Flu) lors de la manifestation des salariés d'Alcatel devant leurs bureaux, situés dans la même rue.
C'est vrai qu'on l'imagine bien, d'un seul coup, la France d'après.
-- MISE A JOUR --
- pseALU ajoute : Cette photo date de la manif spontanée des salariés parisiens lors de l'annonce mi-février. Lors de la manif européenne de vendredi dernier, le déploiement de forces était beaucoup plus gros. Nous n'avons même pas pu aller devant notre siège (lien).
L'opérateur de médias américain poursuit YouTube pour 1 milliard de dollars et lance la guerre préventive saison 2007.
"Il est évident que YouTube et Google continuent à récolter les fruits de nos efforts et détruisent une valeur énorme par la même occasion". Ainsi parlait Viacom (MTV, VH1, Comedy Central) pour justifier son procès à 1 milliard de dollars contre YouTube (source BBC). Un milliard de dollars pour dédommager Viacom des 160 000 clips illégaux hébergés sur YouTube et qui ont été vus au total 1,5 milliard de fois.
Le hic, c'est que selon les experts du secteur, le manque à gagner pour Viacom se situerait réellement quelque part aux environs de... 30 millions de dollars (source DailyNews). C'est-à-dire 33 fois moins que ce qui est réclamé par Viacom.
Bon, ceci dit, passe encore. Michael Flatley avait bien demandé 100 millions de dollars de dédommagement parce qu'une de ses fans l'accusait de harcèlement sexuel pour... 34 millions de dollars (lire sur 404). Alors les montants crétins, on commençait à s'habituer.
Mais ce qui fait avancer Viacom, ce n'est pas seulement l'argent (non non non, promis juré). C'est aussi le fait que les internautes puissent s'échanger des vidéos en privé. Sans que les avocats puissent le voir (via Boing Boing) : "Viacom says that YouTube contributes to copyright infringement by allowing users to have private videos, because those videos might infringe on copyright."
Voilà qui est d'une logique sans faille : on pénalise "au cas où". Mais à bien y regarder, ce ne serait pas une première : on taxe bien les supports vierges en France "au cas où" ils serviraient à la copie de contenus piratés. Prochaine étape : la guerre préventive. Ah non, déjà fait aussi. 'Sont forts ces juristes.
Bonne nouvelle : la légion d'honneur n'est pas une arme mortelle. Mauvaise nouvelle : on la donne vraiment à n'importe qui.
Parfois, le calendrier fait magnifiquement les choses. Quelques jours avant les adieux de Chirac à la politique, un journaliste russe chutait malencontreusement du cinquième étage de son immeuble et rejoignait ainsi une liste de plus en plus longue d'investigateurs à la santé décidément fragile. Il laissait aussi en plan une enquête en cours sur les ventes d'armes du Kremlin au Proche-Orient (www).
Quel rapport entre Chirac et des journalistes qui tombent comme des mouches du côté de chez Poutine? La réponse tient en deux mots : légion d'honneur. Parce que voilà, en septembre 2006, Chirac a décoré en toute discrétion le président russe de la plus haute distinction française. "En privé" selon le porte-parole de l'Élysée, façon aimable de dire qu'il ne fallait pas que ça se sache. Et pour cause, pas un seul journaliste français n'était invité (www et vidéo).
Quatre jours après qu'Ivan Safronov, journaliste respecté et père de famille, soit allé rejoindre sa confrère Anna Politkovskaya (assassinée de 4 balles dans son immeuble) et l'opposant Alexander Litvinenko (irradié au polonium) au cimetière des opposants de Poutine, RSF apprenait la décision du conseil d'état de maintenir la légion d'honneur du président russe (www).
Motif invoqué par le conseil d'état rapporté par le Monde : "[RSF] n'était pas concerné par la décoration" et cette dernière "ne portait pas atteinte par elle-même à la liberté de la presse" (www). Voilà une explication qui a le mérite d'être claire. Et finalement, c'est vrai : on n'a jamais vu un pin's au bout d'un ruban jeter un journaliste par la fenêtre. La prochaine fois, il faudra penser au polonium du mérite, ou un truc dans le genre. Le message sera plus clair.
La claque du gouvernement contre le happy slapping frappe fort. Et rate sa cible.
Après quelques semaines de pause et un bon petit lifting, 404 est de retour, dans un monde un peu moins libre que celui qu'il a quitté il y a quelques semaines. Parce que depuis est passée une loi qui interdit à quiconque n'est pas journaliste professionnel de filmer des actes de violence, que ceux-ci soient commis par des civils ou, au hasard, par des forces de l'ordre.
Prévue pour faire obstacle au terrorisme moderne (cough) que représente le "happy slapping" (dans le texte, mettre une claque dans la joie), la loi condamne jusqu'à cinq ans de prison le fait de filmer un acte de violence, si on n'a pas sa carte de presse. Reporters Sans Frontières s'inquiète (rsf.org), les Américains rigolent un peu (dailymotion.com) et le Figaro temporise (lefigaro.fr).
Selon le journal, "seuls les faits de violence grave sont concernés, les actes de torture et de barbarie ou les atteintes sexuelles". Autant pour le "happy slapping" donc, on avait mal compris, la loi lutte en fait contre le "happy torturing". Et puisqu'on n'est pas à une incohérence près, l'auteur de l'amendement, Philippe Houillon (UMP), tente de se justifier (20minutes.fr) en expliquant que "juger de l'intention est très difficile. Celui qui filme expressément une scène de violence et qui connaît le garnement qui a commis l'agression peut être poursuivi. Ce n'est pas le même cas qu'un badaud qui se trouve par hasard sur le lieu de l'agression et qui filme la scène pour ensuite transmettre la vidéo à la police. A priori, dans ce cas, il n'y aura pas de poursuite". Sauf qu'il faut transmettre la vidéo à la police. Sinon, "c'est un élément à charge contre le filmeur. Encore plus s'il la diffuse sur le Net".
Bref, la loi sur le happy slapping qui doit sanctionner à la fois "garnements", tortionnaires et violeurs (sauf si on a filmé sans faire vraiment exprès et qu'on refile le tout à la police - ou qu'on est journaliste) est aussi obscure que l'acte qu'elle doit sanctionner. Côté gouvernement, du coup, on refile le bébé aux juges qui devront faire la "très difficile" distinction entre information et incitation. Ce qui fait dire à RSF (leblogmedias.com) que "se défausser sur la jurisprudence d'un texte législatif mal bordé et potentiellement liberticide n'est pas une démarche très saine au sein d'une démocratie". On n'aurait pas mieux dit.
Et comble du fin, histoire de rester dans le bon goût entre amis, l'amendement a été passé à la date anniversaire du passage à tabac de Rodney King par des policiers de Los Angeles, et dont la diffusion de la vidéo amateur avait déclenché les émeutes de 1992 (wikipedia.org). Pas mieux, bravo.
Il en va des pauses comme du sel : point trop n'en faut, disait le philosophe. Et Dieu qu'il était clairvoyant.
Si tout se passe bien (c'est-à-dire, par exemple, si Francis Lalanne ne commet pas un nouvel opus de ses mélopées tant chéries du Top 50 de notre jeunesse d'ici là), le 404 nouveau devrait revenir sur vos écrans dès la semaine prochaine.
En attendant, vous avez toujours, pour les plus téméraires d'entre vous, la possibilité de lire quelques billets signés 404 sur MSN. Rapport à une certaine campagne électorale. Depuis lundi dernier, un billet par jour pour parler de l'élection 2007 sur Internet, c'est par là. Et on ne saurait par ailleurs que trop conseiller de jeter aussi un oeil au blog politique de Flu (www).
Pour la suite de 404, en revanche, encore quelques jours de patience, on est de nouveau avec vous très vite...
Les abonnés à la newsletter seront avertis par mail, les autres... ben, non (mais ils peuvent toujours s'inscrire ici si le coeur leur en dit). A la semaine prochaine, sur 404, donc.
404, en pause ces derniers jours, revient très vite après une cure de Botox.
Le lecteur sagace l'aura noté, 404 est en légère pause ces derniers jours. Non qu'il n'y ait rien à dire, non que les 28 communiqués quotidiens de l'UMP et du PS ne donnent pas assez de matière. Non, si 404 est en sommeil, c'est qu'une nouvelle version se prépare pour une mise en ligne très bientôt.
Patientage étant mère de bravitude, retour dans quelques jours, tout beau, tout neuf, plus lisible, éventuellement plus joli et avec quelques nouveautés.
En attendant, et parce que ça aurait été dommage de passer ça sous silence, dans le grand fatras de la campagne présidentielle : Patrick Balkany (UMP) doit un quart de millions d'euros à la justice pour avoir détourné les fonds de sa ville pendant plusieurs années. Comme tout le monde, il ne sait pas trop ce qui va se passer dans les mois à venir. Et contrairement à ceux qui ont pris des PV, il ne compte pas attendre passivement une improbable amnistie. Il demande donc au ministère des finances, comme la loi (et le conseil municipal de Levallois Perret) l'y autorise, d'effacer purement et simplement sa dette envers la justice et les impôts. A titre grâcieux. Réponse de Breton à suivre, on attend ça avec impatience (Le Monde, merci à JB).
Les candidats à la campagne présidentielle l'ont bien compris : un débat avec un charcutier de l'Aveyron sera toujours moins compliqué que face à un opposant politique.
TF1, chaîne de divertissements (qui, doit-on le rappeler, a pour principale mission de libérer du temps de cerveau pour le vendre à Coca-Cola), a réussi le pari de s'imposer comme le rendez-vous clé de ce début de campagne présidentielle. Avec un ambitieux objectif : renouer le dialogue entre la ménagère de moins de cinquante ans et une classe politique, qui, dit-on, ne connait pas grand-chose des problèmes d'hypercholestérolémie dans le bas-Rhin. La conne.
Ainsi, pendant deux ou trois heures, ceux qui se présentent pour devenir chefs du pays doivent se plier au divertissant exercice de répondre aux questions toujours très pointues et sagaces d'auditeurs en manque de reconnaissance. Ainsi, on aura pu débattre autour de ce village de la Drome qui comptait, il y a deux ans encore, trois médecins et qui n'en compte désormais plus qu'une paire. Ainsi que du cas de cet unijambiste qui, lui, n'en compte pas une paire mais qui se demande pourquoi le prix des lunettes à double foyer a augmenté plus vite que le prix du Big Mac. Et surtout des programmes des candidats sur l'épineux sujet de la hausse du prix du charbon à barbecue.
Et, parce qu'il faut reconnaître aux hommes (et femmes) politiques français un minimum de compétences, les candidats savent s'adapter au niveau du débat. Conséquence logique, les réponses sont à la hauteur des questions : désolantes. L'un promet à un jeune qui s'est fait insulter par la police d'en discuter pendant le pot de l'amitié qui suit l'émission. L'autre tapote amicalement l'épaule d'un handicapé moteur pas trop content de son sort. L'habitant de la Drome s'est fait garantir un nouveau médecin, l'unijambiste une réduction d'impôt sur les lunettes à double foyer. Quant à la hausse du charbon, elle est, d'avis unanime, un péril qui met en danger l'intégrité même de la démocratie.
Personne ne remet en cause le financement des mesures, le droit ou l'impact de ce clientélisme sur la collectivité. Personne ne creuse, ne rebondit. Personne ne réagit, et ça tombe plutôt bien : le public n'a pas été invité pour ça.
Les journalistes sont aux abonnés absents, on fait de la politique-réalité et la démagogie s'en donne à coeur joie. Le tout devant 9 millions de téléspectateurs. Les analystes, chroniqueurs, opposants sont priés de rester dans les coulisses. Et de tenter de jeter un oeil critique sur des propositions vides de sens dans les journaux du lendemain matin.
Pour Royal, l'émission était "un moment de bonheur", pour l'UMP, les audiences "une bonne nouvelle" (source TF1). On n'en doute pas une seule seconde...
Certes, sortir Windows Vista n'a pas dû être chose facile. Mais il faut laisser les gens tranquilles, maintenant...
On le rappelle pour ceux qui sortent d'un coma prolongé ou pour les autres qui tout simplement s'en moquent comme de savoir si c'est un contrôle fiscal qui a vraiment poussé André Glucksman a rejoindre le clan Sarkozy, Windows Vista est sorti la semaine dernière. Windows Vista, c'est le système d'exploitation qui devait sortir en 2002, mais qui, à ce moment-là, a été malheureusement remplacé par Windows 2000 qui devait lui-même sortir en 2000 sauf que la place était prise par Windows 98. Compris?
On parle donc beaucoup de Vista et s'il est une chose qui frappe, plus que le système lui-même, c'est le manque de modestie pathologique dont les responsables de la communication de Microsoft semblent avoir été frappés.
Ca commence à grands renforts de publicités qui comparent, sans rire, le lancement de Vista à la conquête spatiale et aux premiers pas de l'homme sur la lune. Si. Et puis, c'est le responsable de la recherche en France qui affirme, dans les échos, que Vista est "probablement la chose la plus complexe jamais construite de l'histoire de l'humanité". Rien que ça. De l'histoire de l'humanité donc. Mathématiciens, chercheurs, philosophes, faites-vous du souci, Socrate, Platon, Curie, Vinci, Archimède, Einstein, merci d'avoir joué avec nous, mais vous êtes ridicules à côté de ça : un logiciel qui... fonctionne sans planter et qui sait imprimer, accrochez-vous, aussi bien en mode portrait que paysage. C'est vrai que ça ne souffre même pas la comparaison.
Petit complexe de supériorité passager chez le géant de Redmond? Pas si sûr. Vexé de ne pas vendre suffisamment de ses consoles dans le continent asiatique, les services marketing de la marque ont lancé une opération spéciale, sous la forme d'un site Internet afin de comprendre ce qui ne plaît pas dans la Xbox. Le nom de ce site : WhatswrongwithU, lire What's wrong with you (source Journal du gamer, merci Etienne). Sauf que What's Wrong with You peut fort aisément se lire comme "qu'est ce qui cloche chez vous". Et le message prend rapidement un tout autre sens : Vous n'achetez pas de Xbox, mais qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez vous???
C'est vrai que dit comme ça, ça donne sacrément envie de courir chez son revendeur choisir entre l'édition familiale basique, familiale basique N, familiale premium, intégrale, professionnelle, professionnelle N ou entreprise du système d'exploitation vraiment simple (certaines fonctionnalités sont disponibles uniquement dans certaines éditions de Windows Vista et peuvent exiger du matériel avancé ou supplémentaire). Vivement la sortie du pack Office 2007 en 2011 qu'on puisse (enfin) continuer à se faire insulter par les services marketing de Microsoft.
Le pétrolier est un optimiste de nature : alors que tout le monde voit le réchauffement climatique comme une catastrophe, lui y voit une extraordinaire opportunité.
S'il est une petite entreprise qui ne connaît pas la crise, c'est celle du pétrole. En tout cas, et en dépit de toutes les prévisions, les majors de l'essence et du gaz mettent les bouchées double pour s'assurer qu'on ne fera jamais la diète au moment de passer à la pompe.
D'abord, le pétrolier Shell négocie avec le régime iranien la construction d'un pipeline donnant accès aux réserves de gaz locales pour la modique somme de 4,3 milliards de dollars (source The Age). De quoi financer quelques semaines de recherches sur la meilleure façon de vaporiser ses voisins à coups d'armes nucléaires. Les Etats-Unis envisagent de prendre des mesures de sanctions contre Shell, mais tout en prenant grand soin que lesdites mesures de rétorsion ne fassent pas trop augmenter le prix à la pompe non plus. Une tape sur les doigts devrait suffire.
Ensuite, et preuve qu'ils ne manquent ni d'imagination, ni de second degré, les groupes pétroliers ont trouvé une nouvelle source de matières premières : la région arctique. L'endroit renfermerait près d'un quart des réserves pétrolières encore existantes sur Terre. Coup de chance, grâce au réchauffement climatique, l'océan arctique devrait devenir navigable dès 2040 ou 2050 (source Think Progress). Autant dire qu'Exxon, Total, Shell et les autres surveillent le mercure avec attention : chaque degré gagné, c'est un grand pas en avant vers du pétrole tout neuf. Pourvu qu'il en reste assez ailleurs pour pouvoir faire fondre toute cette satanée glace.
Moralité de l'histoire : consommer du carburant aujourd'hui, c'est s'assurer qu'on en aura demain. Certes, plus beaucoup de vie sur Terre pour conduire des voitures, mais du pétrole, oui, beaucoup. Pour que les générations futures puissent cuire en profitant de tout le confort moderne, tous à vos Hummers! Il est encore temps de dégeler l'Arctique (et puis ça fait plaisir à Exxon, merci pour eux).
Alors que les considérations écologiques envahissent le paysage économique et social, Apple défend plus que jamais sa devise : "think different".
Ca n'aura pas échappé à qui a eu le loisir d'observer la grande Arche de la Défense sur les coups de 20 heures ce soir, Microsoft a lancé son nouveau système d'exploitation Vista aujourd'hui. Et en grandes pompes parce que oui, ça valait bien un feu d'artifice (source PC impact).
Fi des polémiques sur les tarifs du logiciel, deux fois plus élevés en Europe qu'aux US (source Clubic), fi également des très légères ressemblances avec Mac OS X (source NYT, voir la vidéo Vista, de David Pogue, dans la rubrique Technologie). Ce soir, c'est la fête de Microsoft...
...et une bonne occasion de parler un brin d'Apple.
Parce que la marque d'ordinateurs la plus hype de l'univers, si on lui reconnaît des réussites esthétiques, affiche aussi un bilan écologique sans appel. Des dix principales marques d'électronique grand public auditées par Greenpeace, Apple arrive... bon dernier, et loin derrière les autres en prime (rapport PDF). Une occasion que n'a pas manquée le groupe écolo pour créer une campagne web joliment intitulée : "I love my Apple, I just wish it came in green" (GreenMyApple.com).
Près de 40 000 e-mails réclamant des mesures à Steeve Jobs n'ont pour l'instant pas suscité la moindre réaction du côté de Cupertino. Sur son site, Apple vend désormais un iPod nano rouge, au profit de la lutte contre le Sida, sous le slogan "Un bon son. Une bonne cause" (www). Ce serait dommage de s'arrêter en si bon chemin.
L'industrie du disque se lamente et découvre que le futur serait plus chouette si tout devenait pire... pour le consommateur.
Est-ce l'effet campagne présidentielle ou autre chose, il n'en reste pas moins que ça faisait au moins depuis la si peu regrettée disparition des L5 qu'on n'avait pas autant entendu parler de Pascal Nègre.
Et comme une vieille rengaine, il est bien entendu interrogé sur le sort des DRM. Et sur l'avertissement que la Commission Européenne vient d'adresser à un Apple qui ne veut pas qu'on écoute les musiques de son magasin sur autre chose que sur un iPod.
Bref, quand il faut parler du piratage musical, Pascal Nègre se pose là autant que Loïc Lemeur quand il faut parler de Nicolas Sarkozy des blogs. Mais cette fois-là, pour être sûr que tout le monde comprenne, Pascal Nègre a la main lourde sur la métaphore : "Je ne sais pas si vous avez une voiture, mais si vous avez une voiture, elle roule soit à l'essence, soit au gazole; eh bien votre moteur n'est pas interopérable. Vous ne pouvez pas mettre du gazole dans un moteur à essence." ou encore "Le mec qui achète une PlayStation ne va pas acheter des jeux Nintendo. C'est la même chose pour la musique."
Alors Ratiatum a lancé un petit jeu : "Toi aussi aide Pascal Nègre à trouver une métaphore sur les DRM" (www).
Proposition de 404, histoire d'aider Pascal : "Quand vous achetez un CD EMI à la Fnac, vous ne pouvez pas le lire dans une chaine laser Sony achetée chez Darty. C'est normal, votre CD n'est pas interopérable". Si? Ah bon...
La liste des gens refusés ou carrément enfermés pour avoir pris l'avion s'allonge encore et fait du voyage aérien une des activités les plus dangereuses de la décennie.

Ca faisait un moment que le n'importe quoi aérien n'avait pas de nouveau frappé ceux qui ont pour projet insensé de se rendre vers les Etats-Unis ou la Grande Bretagne. Parce que oui, prendre l'avion peut parfois être un projet risqué, non à cause des terroristes mais à cause de la paranoïa ambiante qui veut que Kevin, 5 ans, soit potentiellement un intégriste affublé d'une incompréhensible haine des gratte-ciel.
Pour rappel, parce que la pâte dentifrice n'est pas la seule chose qui est désormais interdite dans un avion, la liste des activités interdites est par là sur 404 et plus en bas de cet article.
Dernier en date, le délit de sale T-shirt. Certes, on savait déjà que les T-shirts écrits en arabe étaient malvenus, mais cette fois-ci, c'est bien d'un T-shirt écrit en Anglais dont il s'agit. Et Dieu sait si dans les aéroports, on sait lire l'anglais.
Le crime : une inscription "Terroriste mondial #1" sous un portrait de George Bush (source Yahoo / Reuters). On comprend la compagnie aérienne.
C'est vrai qu'un T-shirt comme ça, c'est quand même sacrément effrayant. On imagine que les indices concordent, les services secrets se sont passés le mot : la prochaine vague d'attentats sera perpétrée par des gens pas vraiment discrets, le prochain groupe d'extrémistes sera arrêté grâce à un screening poussé du niveau de subversion des vêtements des passagers. Parce que le subversif est potentiellement dangereux et qu'on ne laisse plus rentrer le potentiellement dangereux dans un avion.
En plus de ça, il faut également rajouter aux activités prohibées : se moquer du président de la sécurité aérienne (source CNN, merci à hm63), être homosexuel et s'embrasser à bord (source The New Yorker, merci à Michel V.) et enfin, rentrer de vacances trop bronzé (source The Independent, merci à Toenail). Enfin, merci à Juliette, Ludovic, Sophie et Alan Smithee pour l'info.
Sécurité aérienne sur 404 :
- Aéronautique : la liste des activités interdites s'allonge encore
- Un vol détourné : les hamsters, nouvelle arme de destruction massive ?
- No Fly List : empêcher tout le monde de voler... sauf les terroristes
- Y a-t-il un terroriste dans l'avion ?
- Alerte au sac à vomi
Le journaliste politique cherche le secret d'état. Le bloggueur cherche la petite phrase inutile.
Dans le Parisien de ce lundi, on pouvait lire les quelques phrases suivantes : "Nous sommes en train d'inventer la démocratie directe, et une campagne comme la présidentielle ne peut plus se dérouler sans nous", "il y a vraiment de quoi déstabiliser certains candidats", "(...) oblige les candidats à faire preuve d'une probité sans faille", "ça fait peur à certains", "de comptes à rendre à personne" (source).
De quoi parle-t-on ? Des (cough) blogs, bien sûr.
Parce que c'est bien connu, les blogs sont les gardiens de la démocratie. Avant, les campagnes étaient moins transparentes, la langue de bois était légion et les politiques faisait des promesses qu'ils ne tiendraient jamais. Maintenant, un téléphone portable à la main, le bloggueur veille, filme tout, cherche la petite phrase maladroite, la colle sur Youtube, analyse la forme sans avoir le temps de se pencher sur le fond. Et selon lui, la démocratie avance.
Le blog est vraiment devenu le gardien de la liberté. 'Suffit de voir le nombre de scandales d'état qui ont éclaté grâce à Typepad et Dailymotion... Par exemple, euh. Euh. Euh. Ah oui, en effet... (et non, une vidéo de Ségolène qui parle des profs lors d'un meeting interne au PS ne qualifie pas dans la catégorie Watergate, pas plus que les nombreux remixes en musique des déclarations de Sarkozy)
A peine quelques heures après le décès de l'abbé Pierre, les communiqués pleuvent. Avec un bien pour le PS et l'UDF, un passable pour l'UMP.
Les services de presse des deux principaux candidats ont eu leur dose travail ce lundi. Pour l'annonce de la (non) candidature de Nicolas Hulot, ils avaient prévu d'avance (oui, le pacte écologique est nôtre), autant, pour l'abbé Pierre, c'était un peu risqué de trop anticiper. Bilan des courses, un 18 sur 20 pour le service de presse de Ségolène qui bombardait son premier communiqué dès 9h21 ce matin.
Dans le texte : "Je m'engage à ce que les exigences qu'il a portées débouchent enfin sur des actes concrets et notamment par des réquisitions des logements vacants spéculatifs et par la construction d'un nombre suffisant de logements sociaux."
Appropriation du combat de l'abbé Pierre, collage d'un morceau de programme entre les lignes, du travail soigné, propre, un beau communiqué de candidat.
Côté UMP, en revanche, on concède difficilement un 12 sur 20, avec un message qui arrive (tardivement) à 12h27, longtemps après la bataille.
Dans le texte, signé Sarkozy : "L'abbé Pierre était la voix de l'insurrection et de l'interpellation. C'était un homme de combat. Entre le fatalisme et le cynisme, sa foi et son immense charisme nous ont entraînés sur les chemins de la bonté et de l'action (...) Son combat peut se résumer à un message plus actuel que jamais : celui de la dignité."
Pas d'appropriation du message de l'abbé, pas un seul morceau de programme de Sarko dans le texte. Un communiqué apparemment rédigé dans l'urgence après un week-end festif. Petite mention passable pour l'UMP, après la mort du longtemps préféré des Français, on fait un petit effort, on est à 3 mois de la présidentielle quand même.
Mention spéciale à l'UDF avec un Bayrou qui n'hésite pas sur la camaraderie : "Des milliers et des milliers d'hommes sans espoir ont pu se reprendre en main, se remettre debout en refusant tout appel à l'assistance. Ils sont debout parce que ce petit homme-là en soutane, avec ce caractère indomptable, a voulu leur tendre la main". Le petit homme appréciera.
La totalité des communiqués de presse de ceux qui ont dégainé le plus vite sont recensés ici.
La première réunion officielle entre l'UMP et les bloggueurs a donné le coup d'envoi de la campagne sur Internet. Conclusion : les pizzas étaient tout juste passables.
Les blogs sont-ils, comme on nous le jure depuis qu'on a fini de digérer la dinde de fin d'année, vraiment l'avenir de la campagne politique? Pour s'en assurer, pas de meilleur endroit où se rendre ce mardi soir que la conférence bloggueur organisée par le staff de la campagne en ligne de l'UMP. A quoi ressemble une réunion de bloggueurs qui parle de politique? Réponse, sans images.
Première constatation, le staff de Sarkozy s'est démené. Construire de toutes pièces un siège de campagne flambant neuf et couvert des tuiles à la moquette de slogans en faveur du chef de l'UMP en même pas deux jours (pour mémoire, l'élection du candidat a eu lieu dimanche), beaucoup de Parisiens englués dans les travaux en retard donneraient des fortunes pour connaître le nom de l'entrepreneur coupable de ce petit miracle.
Seconde constatation, durant la conférence, rien de très nouveau. Le Meur répète une bonne vingtaine de fois que certes, sur le site de Sarkozy, commentaires et questions sont "triés" mais que sur son blog perso, ça fait 3 ans et demi qu'il ne modère pas ses commentaires. Dans la salle, tout le monde s'en fout poliment. La distribution de pizzas, arrivées par coursier, dispersera vite les bonnes âmes qui écoutent encore. Un responsable de campagne de l'UMP prend le micro pour demander aux invités de ne pas coller du fromage fondu sur la moquette. Elle est toute neuve et (dans le texte), il en va de l'image des bloggueurs. On est prévenus. Sur chaque mur que compte la pièce, la home page de Sarkozy.fr (www) diffuse, en continu, le compte à rebours jusqu'au premier tour... en millisecondes.
Loïc Le Meur continue au micro et raconte l'avènement de la NSTV (Nicolas Sarkozy TV, dont les quatre lettres rappellent furieusement les temps assez peu regrettés de l'ORTF). La conférence a commencé depuis moins d'une heure et déjà, ceux qui l'écoutent doivent se compter sur les doigts d'un doigt, le reste de l'assistance fait ce que les bloggueurs savent le mieux faire : parler entre eux.
De fait, plus des trois quarts des chaises sont vides. Au fond de la salle, les bloggueurs se sont réunis en groupe, papotent, se prennent en photo, parlent buzz, se promettent des liens, s'interviewent, se vidéocastent mutuellement dans un gigantesque égo-trip que ni l'élection 2007, ni la deuxième tournée de pizzas ne semble pouvoir perturber. Une équipe de France 2 papillonne, cherchant désespérément à donner du sens à leurs images, le tout amusant prodigieusement l'équipe de campagne encore sur place.
Les invités bloggueurs de ce mardi soir étaient-ils particulièrement dispersés, heureux de se revoir après des mois d'absence, ou bien faut-il y voir un symbole de la (vraie) implication des blogs dans la campagne? Reste qu'au moment de passer aux questions sur le programme politique du candidat Sarkozy, personne n'écoute vraiment, on se marre trop au fond de la salle.
En sortant, un petit coup d'oeil sous la magistrale cage d'escalier de l'entrée dévoile un gigantesque portrait de Sarkozy qui semble surveiller, du haut de ses probables deux mètres, la porte d'entrée et la rue. Portrait qui en dit sans doute bien plus sur la campagne que les gesticulations de l'étage d'au-dessus. Et s'il était temps de parler politique? (illustration empruntée à Thomas Clément)
A défaut d'avoir quelque chose à dire dans la campagne, le web a au moins une qualité : de bons commerciaux.
On le rappelle pour ceux qui n'auraient pas allumé une télévision, une radio ou ouvert un journal ces derniers quinze jours : la campagne électorale, c'est sur Internet. Oui oui oui, sur Internet. Parce que, c'est bien connu, Internet, 'y a que ça de vrai. La preuve, Sarkozy a fait un podcast. Et s'est même enjoint les éclairés conseils du Madelin du Web, Loic Le Meur.
Bon, que la majorité des votants français se fiche des blogs comme de savoir qui de Sedan ou Rethel emporte les intercommunales de waterpolo semble avoir un peu échappé au débat. Tout comme le fait que chez les bloggueurs et lecteurs de blogs, ceux qui n'ont même pas encore l'âge de regarder Dragon Ball soient largement surreprésentés. Non, ce qui importe, c'est que "d'après Médiamétrie, il y a huit millions de lecteurs des blogs en France. C'est plus que la presse écrite!". Oooh (Le Meur, in Le Figaro).
Alors, un seul mot d'ordre, tous à fond pour surfer la vague digitale comme autant de Kelly Slater sur des teraoctets de bon goût numérique.
Du coup, Sarkozy podcaste (www), recrute Le Meur (www), commente les blogs (www), se fait siffler (www), Ségolène fait son blog (www), Bayrou ne parle plus que par modems interposés (www), le FN s'incruste dans Second Life (www) et De Villers se fait hacker son site (www).
Dernière fantaisie en date, le PS installe un QG de campagne dans les mondes virtuels (www). Et Royal d'y rendre une (virtuelle également) visite ou, comme dans la vraie vie, son avatar est (presque) bien habillé (www, screenshots ici).
Derrière l'angoissante question "mais comment font nos futurs dirigeants pour avoir autant de temps pour faire les pitres sur Internet" se pose la non moins lancinante interrogation suivante : les futurs candidats ont-ils bien compris que la principale caractéristique des blogs est quand même de faire beaucoup de bruit pour rien? Quelqu'un a-t-il déjà changé de bord politique en lisant le blog de Loic Le Meur ? Et franchement, réalisent-ils bien que se mettre les avatars de Second Life dans la poche, c'est rigolo mais que les bulletins de vote en kilo-octets pèsent autant dans l'élection qu'un livre d'Alexandre Jardin dans la littérature française?
Plus de news demain, 404 étant ce soir invité au QG de campagne de l'UMP pour une réunion spéciale "bloggueurs". On en rit d'avance. Quant à ceux qui n'ont pas le haut débit, ils peuvent toujours aller voter Pompidou, pour voir.
Concours et mauvais jeux de mots ne font pas toujours bon ménage. La preuve.
Bon, certes, chaque pays se traîne son lot de télé - radio - presse poubelle (et oui, Cauet est parvenu à faire les trois d'un coup, plus un hamburger), mais les Etats-Unis ont toujours eu un train d'avance sur le sujet. Seulement d'avance d'ailleurs, tant il semble que le PAF soit enclin à copier à la vitesse d'une Mégane au régulateur de vitesse bloqué toute initiative pathétique en provenance de l'étranger.
Cette semaine, c'est une radio californienne qui décroche le Guy Montagné du bon goût et du calembour niais en organisant le concours "Hold your Wee for a Wii" (en français, "retiens ton Pipi pour une Wii"). Le but est, comme son nom l'indique, de boire un maximum d'eau sans aller aux toilettes, la plus large panse remportant la nouvelle console de jeu Nintendo.
Seul hic, boire trop d'eau est mauvais pour la santé, tout autant d'ailleurs que de se retenir trop longtemps d'aller aux toilettes. Résultat : Jennifer, 28 ans, mère de trois enfants, est morte en rentrant à son domicile après le concours (source AAP / Yahoo). KDND 107.9, organisatrice du concours, porte désormais bien son surnom : "The End" (www). Quant aux enfants de Jennifer, ils pourront toujours se consoler en créant un avatar de leur mère sur leur Nintendo...
Et toujours outre Atlantique, un autre concours commence maintenant doucement : "Qui veut devenir président en 2008 ?" Pour celui-là, pas besoin de se retenir d'aller aux toilettes, mais simplement de récolter au moins 100 millions de dollars pour commencer à jouer... "The 2008 race will be the longest and most expensive election in American history," warned Federal Election Commissioner Michael Toner. "We're heading into the first $1 billion election." (source New York Daily News). Ah, la démocratie ouverte à tous...
Le paradis, c'est comme les avantages acquis. Pas besoin de croire en Dieu pour y avoir droit.
Le Monde des religions de janvier publie un sondage, repris par Le Monde afin que nous puissions enfin comprendre pourquoi la très grande majorité des Français, tout en se disant catholique, va aussi souvent à la messe que Loana dans une bibliothèque (source Le Monde).
On y apprend que 51% des Français se déclarent catholiques alors que seuls 4% se déclarent musulmans et 1% juifs. Ce qui devrait faire réfléchir un brin du côté du Puy du Fou où on voudrait défricher de la mosquée. Mais là n'est pas le sujet.
Si l'on regarde de plus près la définition de "catholique", on trouve à peu près la chose suivante : "On appelle catholicisme l'ensemble des dogmes, institutions et préceptes de l'Eglise catholique romaine" (www), Eglise catholique romaine qui est "la branche principale du christianisme" (www) et que "Le christianisme est une religion monothéiste issue du judaïsme au Ier siècle. La foi des chrétiens voit en Jésus, le Christ, le fils de Dieu, d'où leur nom" (www). En résumé, "catholicisme" égale, à quelque chose près, "foi en Jésus, le Christ, fils de Dieu".
Or, que nous indique le sondage ? 52% des catholiques seulement croient en l'existence "certaine" ou "probable" de Dieu. Bref, ils sont 48% de catholiques non catholiques. Pire, près de deux fidèles sur trois ne croient même plus en la virginité de Marie. Tout fout le camp. Et comme si ce n'était pas suffisant, les catholiques (si si, les catholiques) ne sont plus que 33% à croire au diable.
Par contre, ils sont toujours 3 sur 4 à croire dur comme fer que, sans Dieu, sans Vierge, sans Diable et sans aller à la messe, la bien aimable religion catholique leur garantit une vie après la mort.
Benoît XVI a du travail.
Egalement, sur 404 :
- L'homme ne descend pas du singe mais Hitler de Darwin
- Entre Audi et BMW, le pape ne sait pas trancher
- Jésus, cet insubmersible
A l'UMP, c'est basique, ne pas choisir Sarko, c'est un peu choisir Le Pen.
Chaque semaine sa rumeur de campagne et ses calculs statistiques d'une fiabilité à toute épreuve. Depuis lundi, c'est la semaine Le Pen. Le Pen qui se voit déjà en haut de l'affiche, en dix fois plus gros que n'importe qui son nom s'étalait et machin chose. Parce que Le Pen surfe encore sur la vague d'avril 2002 où, poussé par l'incroyable performance combinée d'un Jospin et d'un Chirac particulièrement en forme, le Front National s'est retrouvé au second tour des présidentielles.
"Comme en 2002, je vais probablement être au deuxième tour de l’élection. Mais à la différence de 2002, je peux en 2007 gagner cette élection, car je serai probablement opposé à la candidate de gauche, ce qui offrira au moins aux électeurs le choix entre deux options radicalement différentes" a déclaré, guilleret, le président du FN lors de ses voeux à la presse.
Depuis, la déclaration ne cesse de rebondir dans les états majors de campagne, et dans celui de l'UMP en particulier. Et l'acharnement dont fait preuve la droite à ressasser les propos de Le Pen laisserait presque à penser que la menace frontiste est un cheval de bataille largement pratique pour faire taire, une bonne fois pour toutes, la dissidence.
Ainsi, à Villepin, Bernard Accoyer passe un message sans ambiguïté, brandissant la menace de "la machine à perdre" et d'un "21 avril à l'envers, qui laisserait la candidate socialiste Ségolène Royal affronter Jean-Marie Le Pen au second tour" (source La Tribune).
Côté Michèle Alliot-Marie, un possible retrait de sa candidature est de plus en plus évoqué pour éviter, devinez quoi... un duel Royal - Le Pen au second tour. Et même le mari de la ministre de la défense s'y met: "il ne faut pas se cacher derrière petit doigt, il y a un risque, ce risque fait partie de la réflexion" (source Nouvel Obs).
Le Pen qui rendrait service à Sarkozy? Certes, le président du FN considère qu'un électeur du FN n'est rien d'autre qu'un électeur de l'UMP qui s'est fait cambrioler deux fois (dans le texte), mais à ce point? "Pourquoi je ménage Nicolas Sarkozy? Parce que j'aurai besoin de ses voix au deuxième tour!" (source France Matin).
Trêve de calculs politiciens, certains l'ont bien compris : en fin de course, le vrai débat autour de l'élection présidentielle se situe véritablement ailleurs. On parle enfin programme...
Les présidentielles sur 404 :
- L'UMP ne veut plus nourrir ceux qui ne votent pas Nicolas
- La poisse poursuit Sarkozy
- Primaires déprimantes
Un seul candidat égale forcément pas d'opposition, non ? En tout cas, à l'UMP, on voudrait que ce soit le cas.
Qu'on se le dise, dans les équipes de l'UMP, campagne interne (qui doit se solder ce dimanche par l'élection à 100% des voix du seul candidat encore debout, Nicolas Sarkozy) ou pas, on fait attention aux notes de frais. Ou en tout cas avec qui on partage le gâteau.
C'est en substance ce que vient de souligner Edouard Balladur, histoire de remettre en place ceux qui ne sont pas d'accord avec le chef de la majorité. Parce que oui, grosse surprise, il reste des non-Sarkozystes à l'UMP (source Libération).
Sur RTL, celui qui avait failli devenir président de la République à son époque donne son avis sur les opposants de Sarkozy : "Les uns disent je ne voterai pas pour lui ; l'autre dit, je m'abstiendrai. Le troisième, je viendrai déjeuner mais je ne voterai pas (...) C'est désespérant (...) il est temps que chacun se ressaisisse et qu'on cesse de donner ce spectacle ridicule." (sourceReuters / Le Monde, merci à Marie pour l'information)
Vu qu'il n'y a qu'un seul candidat engagé dans la course, le message est clair, les opposants ne sont plus les bienvenus. Et surtout pas pour profiter de la cantine de l'UMP. Celui qui veut manger devra voter Sarkozy. On espère que le message est clair.
Les religions sont comme les vers luisants : pour briller, il leur faut de l'obscurité, disait Schopenhauer. Il est donc urgent d'éteindre la lumière.
"L'Eglise accepte le progrès partout où elle ne peut plus l'empêcher" disait Helge Krog. Apparemment, pour ce qui est de la théorie de l'évolution, la religion n'a pas encore baissé les bras. Les porteurs de la théorie de l'intelligent design, en tout cas, continuent à se battre pour que leur credo soit enseigné à l'école. Et surtout pour que la théorie de l'évolution soit considérée par les enseignants comme une hypothèse parmi tant d'autres (source Political Cortex).
Pour rappel, la théorie de l'intelligent design considère que l'évolution n'est pas le résultat de la sélection naturelle mais de l'influence d'une "force intelligente" (www). Force intelligente qui se matérialise, selon l'endroit, par un barbu qui vit dans les nuages, un gros chauve qui passe sa journée les jambes croisées avec un sourire de bienheureux ou encore un type qu'on n'a pas le droit de dessiner dans les journaux danois. C'est au choix.
Bien que poussée par la Maison Blanche, la remise en cause de la théorie de Darwin à l'école au profit, entre autres, de l'intelligent design a été mise hors la loi par un tribunal de Pennsylvanie en décembre 2005. Il en fallait plus pour décourager les porteurs de la création biblique, qui n'en finissent plus depuis de remettre en cause la crédibilité du juge Jones, auteur de la décision (source World Net Daily).
Et puisqu'il s'agit de mettre définitivement Darwin à la page, le "Coral Ridge Ministries" (www), groupement catholique, n'a pas hésité à faire dans l'ultra raccourci. En produisant le pseudo-documentaire "L'héritage mortel de Darwin" (www) ils se mettent en tête de convaincre le monde entier que, tenez-vous bien, si Hitler a pu exister et la Shoah avoir lieu, c'est un peu la faute de Darwin quand même. Si si, de Darwin.
Dixit le producteur de l'émission, Darwin = eugénisme (gasp) = Hitler (source World Net Daily). On n'aurait pas pu faire plus court. Darwin appréciera.
Mais si remettre en cause la théorie de l'évolution peut sembler de l'ordre du fanatiquement concevable, l'extrémisme religieux ne compte pas s'arrêter en si bon chemin et remet en cause des phénomènes qu'on étudiait