404 Brain Not Found
Index
Archives
Rechercher
Liens
Newsletter
A propos
Contact
Shopping
RSS & Co
5e année, 1671 articles, 6428 commentaires

S'inscrire à la newsletter 404*

En bref : les dépêches

imageCrétin / Transsexuel une fois:
(05/07/2007) Scoop de nos amis belges, le roi s'est cassé le col de l'utérus. Si si si (via nos amis de l'excellent rue89).

imageMédias / Une dans la nuque:
(29/06/2007) En 2008, ça va sentir le vestiaire de pentathlon du côté de la Chine et pour l'occasion, RSF propose un logo fort approprié. On attend encore l'approbation des boissons gazeuses qui sponsorisent l'événement.

imagePrésidentielle / Espionnage:
(11/04/2007) C'est officiel : De Robien n'a vraiment pas la moindre idée de ce qu'il peut encore bien faire à l'UDF. Ou bien c'est une taupe. Sinon, on ne voit pas.

imageSanté / Miracle usurpé:
(11/04/2007) "Un homme sans oreilles retrouve l'ouïe". Ca n'a rien d'une nouveauté: en 2002, Loana avait bien sorti un livre. Et sans cerveau.

imageIrak / iBlindage:
(10/04/2007) Sauvez un GI : envoyez vos iPods à l'armée américaine!

Flux RSS de 404
: 404 Brain Not Found Articles + Les Brèves

image404 directement dans votre aggrégateur

My Yahoo!
Google
Netvibes
Bloglines
Newsgator
Feedlounge
Newsalloy
Rojo
My AOL
Medias > Les dossiers 404 : Métrobus, des barbouilleurs au politiquement correct

Trois ans après les opérations anti-pub et alors qu'elle commence à se mêler de politique, retour sur Métrobus, la filiale bien pratique de Publicis.

imagePuisque 404 affiche plus de mille cinq cents articles au compteur et que fatalement, de temps en temps, on finit par parler du même sujet, les dossiers 404 seront la synthèse des informations qui ont été traitées autour d'une thématique particulière.

Ce premier dossier traite de la publicité, et particulièrement celle qu'on trouve dans le métro, et pas uniquement aux heures de pointe.

C'est que la semaine dernière, Métrobus, filiale de Publicis qui gère les espaces pub des transports en commun de Paris et Marseille (entre autres) a décidé de ne pas afficher une publicité de Télérama sur laquelle on pouvait lire : "Dimanche 15 janvier, Vivement Dimanche. Nicolas Sarkozy devrait faire attention. C'est déjà la 3e fois qu'il invite Michel Drucker dans son émission".

Le fait que Publicis soit à l'origine de l'ensemble des campagnes de communication de Sarkozy est sans doute un pur hasard dans cette affaire. (article 404 du 29 septembre 2006)

Mais les antécédents de Métrobus avec la publicité remontent à plus loin (et on ne compte pas le fameux épisode des publicités pour le salon gay "rainbow attitude", jugées trop contraires aux bonnes moeurs pour être affichées sur les quais du métro).

Il faut en fait remonter en décembre 2003. A ce moment-là, des équipes de "barbouilleurs", armés de pots de peinture et de marqueurs, envahissent les couloirs du métro en bande pour y exprimer leur ras-le-bol de la publicité qui pollue l'espace public. La préfecture de Paris dépêche des CRS pour protéger les pubs qui doivent donner envie d'acheter aux galeries Lafayette pour Noël.

Métrobus crie au scandale et demande aux activistes un peu d'indulgence pour ces panneaux qui permettent, dit-elle, aux voyageurs de se déplacer moins cher. Un rapide coup d'oeil aux chiffres de l'entreprise permet de se rendre compte que, sur près de 3 milliards d'euros de revenus en 2003, seule une centaine de millions provient des reversements de Métrobus. Soit environ 4 centimes d'euros par billet vendu. Loin de la manne providentielle décrite par la filiale de Publicis (article 404 du 5 décembre 2003).

Plus de 800 affiches ont été barbouillées en une soirée, et Métrobus réclame compensation. 62 interpellés sont alors menacés d'une amende totale de près d'un million d'euros. A la vue des tarifs affichés sur le catalogue de Métrobus, cette somme ne représente pas moins qu'une campagne de pub géante sur plus de 2300 panneaux de 4 mètres par 3. Tout ça pour rembourser des dégradations de publicités qui sont par ailleurs déjà financées par les annonceurs sous la forme d'une sur-prime payée en amont (article 404 du 8 mars 2004).

A cette requête fantaisiste de Métrobus (près de dix-huit mille euros par accusé), le tribunal accordera finalement une compensation totale de douze mille euros, soit 193 euros par accusé, 90 fois moins que ce que l'accusation exigeait. L'avocat de Métrobus ne peut néanmoins s'empêcher de jubiler : "C'est une victoire puisque la justice a condamné ceux qui ont dégradé et l'ont reconnu. La décision du tribunal montre que, quelle que soit la cause défendue par ces militants, personne n'a le droit de se faire justice soi-même" (article 404 du 29 avril 2004).

Une victoire tellement éclatante que la filiale de Publicis se doit de la faire adouber par l'opinion publique. Sondage après sondage, la RATP aligne des chiffres qu'elle veut sans appel : oui, les Français adorent la publicité. En transport ou dans la rue, elle rend la vie plus gaie, plus colorée, moins ennuyeuse. Publicis est aux anges, Métrobus aussi. On en fait même un communiqué de presse pour l'occasion, alors même que ces sondages sont formulés avec une bonne foi qui confère plus à un interrogatoire communiste qu'à une démonstration scientifique (article 404 du 11 mars 2004).

Quelques mois après les derniers barbouillages d'affiches, la vie publicitaire a repris son cours. Les affiches restent immaculées et dans la station Victor Hugo, les vers du poète sont remplacés par un portrait de Laetitia Casta qui supplie d'aller faire son shopping du côté de la gare Saint-Lazare (article 404 du 7 avril 2004).

La semaine dernière, Métrobus a interdit une publicité de Télérama qui se moquait de Sarkozy et de Drucker. Chacun choisit son camp.


Medias > On ne se moquera pas de Sarkozy dans le métro

La RATP tient beaucoup à la publicité. Et à quelques mois de la présidentielle, encore plus à ménager ses arrières.

imageS'il est une chose avec laquelle on ne plaisante pas à la RATP, c'est la publicité. Parce qu'elle le jure devant tous ses dieux, la publicité, c'est ce qui permet au métro de Paris de rouler sans facturer des sommes indécentes à ses usagers (voir cet article pour juger du bien-fondé de cette affirmation).

Alors la RATP, d'habitude, sur la publicité, elle n'est pas trop regardante. Laetitia Casta s'affiche en vertical et en horizontal depuis des années dans les couloirs, les quais regorgent d'appels à découvrir comment les nains zoophiles ont pris la greffe de nouveaux implants mammaires sur la personne de Loana dans l'entrevue de la semaine.

Mais quand Télérama veut s'afficher dans les couloirs du métro pour lancer sa nouvelle formule, là, à la RATP, on trouve que trop, c'est trop. A l'instar de l'année dernière, lorsqu'elle avait refusé de voir deux homosexuels s'afficher dans ses emplacements publicitaires (source), la société Métrobus a choisi de ne pas afficher des affiches jugées trop "tendancieuses".

Sur les affiches en question, on peut lire : "Dimanche 15 janvier, Vivement Dimanche. Nicolas Sarkozy devrait faire attention. C'est déjà la 3e fois qu'il invite Michel Drucker dans son émission" (source Le Blog Médias).

Côté Métrobus, on revendique la nécessaire neutralité politique pour expliquer cette interdiction de s'afficher dans le métro. Côté Télérama, on comprend "le rejet de l'affiche, tout en affirmant que l'objet de la campagne n'était pas d’être politique mais de « réaffirmer le rôle critique de Télérama »" (cité dans Le Blog Médias).

Mais quelles que soient les raisons du refus, pas de souci à se faire pour Métrobus, filiale de Publicis : ils sont en fait totalement d'accord avec Télérama, et ils le disent eux-mêmes, " Avec un taux de couverture de la population de plus de 15 ans des agglomérations qui se situe aux alentours des 90 % sur 7 jours, et ce quelle que soit l'agglomération étudiée, c’est l'intensité de la répétition qui fait la différence"... Comme Sarkozy chez Drucker, finalement.


Medias > L'eskimo est has-been

Après les skieurs au Sahara, l'industrie automobile continue les exportations.

imageLa civilisation continue d'avancer à grands pas. Après avoir sorti les 4X4 des mains de l'armée et des montagnards transportant leurs bûches, l'industrie automobile frappe de nouveau. Et pousse le bouchon (d'essence) encore un peu plus loin.

Comme s'il ne suffisait pas d'avoir lâché des skieurs (ah, mon petit Luc ...) sur des pistes du Sahara qui n'avaient franchement rien demandé, voilà maintenant qu'on franchit un nouveau pas dans l'invasion motrice en propulsant le blaireau motorisé... au pôle nord. Rien que ça.

Ainsi, dans sa nouvelle réclame, Range Rover adresse un fort sympathique message à l'humanité (site). La scène : un trentenaire dynamique, rebelle mais bien coiffé, parcourt la banquise à fond de 5e, sans doute pour se rendre au bureau trier ses e-mails.

Là, il croise le chemin de Bob l'Inuit, bon vieil Inuit sur son traîneau à chiens. L'Inuit, cet attardé, n'a pas le chauffage sur son traîneau. Et ses chiens ne dépassent pas les 20km/h, ce qui est ridicule sur le périph'.

Le trentenaire fait signe à l'Inuit de monter à bord. Ce dernier refuse puis cède. Ils s'en vont tous deux dans le soleil couchant, heureux d'avoir le chauffage et les testicules qui vibrent au rythme du gros moteur.

Ils s'éloignent et la banquise raisonne encore de grosses traces de pneus du trentenaire frustré. Le pot laisse des marques de pollution sur la neige immaculée du pôle nord. On s'en fout, ça ne se verra pas longtemps, la banquise, elle fond de toute façon. Et le trentenaire se sera bien moqué de ces cons d'Eskimaux qui n'ont même pas de Range Rover.

Et demain, derrière sa cravate aux motifs improbables, il pourra tranquillement aller arpenter les bouchons du périph' avec son 33 tonnes, certain que derrière ses e-mails et son bureau sordide, c'est un peu de Jean-Louis Etienne qui sommeille en lui. La banquise oui. Mais avec le chauffage. On n'est pas des sauvages. Hein ?


Medias > Would blog for food

La nouvelle économie a inventé l'argent virtuel. Mais apparemment, le supermarché du coin n'a pas encore intégré cette notion.

imagePromis, après ça, on ne parle plus de la pub dans ces colonnes, mais puisque Linda s'interroge dans un commentaire sur les finances de 404 Brain Not Found et sur l'avancée de l'achat de la Porsche indispensable à la bonne tenue de ce blog, il est temps de faire la lumière sur tous les fonds qui alimentent ce site.

En 4 ans et 1401 entrées, ce blog s'est transformé progressivement en indécente machine à cash, à savoir :

- 25 euros issus de la vente de t-shirts (subtile transition pour signaler que plein de nouveaux modèles sont disponibles ici)

- 100 dollars issus des pubs Google (environ 80 euros) avant de se faire expulser du programme et perdre le reste (une cinquantaine de dollars)

- 55 euros issus de dons directs via Paypal

- 14 euros du côté du nouveau fournisseur de bandeaux de pub.

Soit un total exorbitant de 174 euros en 4 ans, ou encore 12 centimes d'euros par entrée publiée, voire même 3,9 centimes d'euro par commentaire déposé. D'un point de vue taux horaire, en considérant une moyenne (brutale, certes, mais moyenne quand même) de 30 minutes par article, recherche comprise, on aboutit au tarif quasi syndical de 24 centimes d'euros de l'heure soit un salaire mensuel de... 39 euros par mois.

Alors Linda, pas de souci, la Porsche ne pollue pas (encore) les rues de Paris. Mais on approche. Plus que 670 000 entrées à rédiger et on pourra aller brûler de la gomme avenue Foch. En respectant les rythmes de publication actuels, on devrait être bon en l'an 24 339. C'est parti.


Medias > Sarkozy racole dans le porno

Ceux qui croient déjà voir Sarkozy partout ne sont pas au bout de leurs peines. Bientôt, l'UMP sponsorisera le Journal du Hard.

imageOn savait déjà qu'à l'UMP, ils avaient un réalisme certain quand il s'agissait de vendre de la lessive promouvoir leurs idées politiques. Trois semaines en arrière, à peine les premières voitures prenaient-elles feu que n'importe quelle recherche Google portant sur les mots "racaille", "voiture brûlée" ou autres "violences urbaines" appelait une publicité qui proposait de soutenir le petit Nicolas dans son combat contre le banditisme.

Bien que le procédé soit d'un goût douteux, on pouvait à la limite concéder.

Mais là, on ne s'explique pas pourquoi l'UMP apparaît en première position quand on cherche le mot "PORN" dans MSN Search (la preuve). Apparemment, le moteur de Microsoft n'a pas vu la Vierge (pouf pouf) puisque juste sous le parti de Sarkozy, on trouve du porno, du vrai cette fois-ci : Porn Annuaire Sex est suivi du Temple de la vidéo et du Sexe Hardcore et d'autres Maximal Porn. Seul, en toute première position de cette page, l'UMP est bel et bien le seul site à la luxure plus qu'approximative.

Quant à l'explication de ce phénomène, on hésite encore entre un coup de génie (et de bon goût) de plus de l'agence de pub de l'UMP ou d'un discret soutien de Nicolas à la politique d'abstinence de son ami George.

(info pêchée par Sachim, merci à lui)


Medias > Poulet - moules - frites

Si Philippe Bouvard était devenu publicitaire, on mangerait beaucoup plus de sandwiches en France.

imageVia les blogs Inside the USA et A l'heure américaine, une de ces petites initiatives qui font avancer le monde à grands pas.

Dans un jeu de mots que n'auraient pas reniés les philosophes des "Grosses têtes", la chaîne de sandwiches Subway a lancé aux US une campagne de pub sur le thème "France and chicken, somehow it just goes together" (traduire par : France et poule - mouillée - sont deux choses qui vont naturellement ensemble).

Quand les entreprises de restauration rapide se mettent en tête d'oeuvrer pour la compréhension entre les peuples, rien ne les arrête. En espérant que Léon de Bruxelles ne sorte pas un plat spécial "Nouvelle Orléans" sur le thème "Spécial moules sportives, récoltées dans un stade". - Merci à un lecteur anonyme pour l'information.


Medias > L’imper fiction au masculin

Et si une simple pile pouvait changer le monde ? C’est en tout cas ce que veulent nous faire croire les ex-collègues de Raffarin.

imageCe message s’adresse principalement aux hommes, mais femme, soit libre de parcourir ces lignes afin d’appréhender au mieux les bouleversements de fond dont sont victimes tes homologues du sexe opposé.

Car oui, le milieu masculin est en pleine mutation. Le monde change pour les chromosomes XY, la révolution est en marche.

Pour ceux qui ne seraient pas sortis de chez eux ces dernières semaines ou pire, qui n’auraient pas eu la décence d’allumer leur téléviseur, rappel des faits :

Il se trouve que depuis quelques jours, l’homme moderne est mis face à la plus grande évolution de ces dernières années. Voir pourquoi pas de ce siècle. Une révolution pour laquelle il sera, on nous le promet très sérieusement, prêt à tout. Prêt à sacrifier père et mère ? Prêt à renier ses convictions ? Prêt à écouter l’intégrale des duos de Serge Lama à la star académie ? A tout, on vous dit.

Et quelle est donc cette lame de fond, ce tsunami générationnel dont on nous gave les yeux et les oreilles ? Ce bouleversement qui donnera à la naissance du Christ l’importance de la distribution des paniers garnis à la kermesse du Puy en Velay ?

Croyez le ou non, ce coup de pied fondamental dans le nid de la société masculine s’appelle M3Power (site web). M3Power promet des jours meilleurs à l’espèce humaine. Gillette nous l’affirme sans complexes : la plus grande révolution, pour laquelle vous serez prêts à tout. Yurk.

M3Power, c’est comme un rasoir, sauf que dans le manche, il y a une pile qui fait se dresser les méchants poils avant que la lame ne passe. Comme ça, le poil, hop, décapité. La Marie Antoinette de la barbe en somme. Oh, et puis le nouveau rasoir, il a aussi un nom de voiture de sport pour néo-beaufs et un design qui ferait fureur au salon du tuning 2005. Si ça, ça ne mérite pas le titre de révolution, c’est à n’y plus rien comprendre en révolutions.

Alors femme, si tu trouves ton homme un peu chamboulé dans les semaines qui viennent, ne te fait pas de souci. C’est probablement simplement qu’il vient de te vendre à des proxénètes russes pour suivre les commandements édictés par Gillette, pour profiter lui aussi de la révolution pour laquelle vous serez prêts à tout.

Quant à moi vous m’excuserez, faut que j’aille interner un ou deux publicitaires en pleine crise de mégalomanie avant qu’ils nous vendent un petit suisse comme une œuvre d’art.


Medias > Grosse fatigue

Notre premier ministre le prouve, un publicitaire stressé n’est pas beau à voir. Brain Not Found Veille au grain.

imagePar ce message, je souhaite sincèrement rassurer les publicitaires et leur permettre ainsi de passer de joyeuses et surtout sereines fêtes de fin d’année. A commencer par nos amis de Ferrero Rocher.

Chers publicitaires de Ferrero Rocher, pour calmer votre angoisse existentielle, je tiens à vous rassurer publiquement. Aussi ahurissant que ça puisse paraître, je vous le confirme, j’en suis l’incarnation, oui, on peut passer un très bon Noël sans ferrero rocher. Moi même, personnellement, j’ai passé de délicieuses fêtes sans qu’une de vos cochonneries hyper caloriques ne m’approche à moins de 10 mètres. J’ai même fait un détour au supermarché, c’est dire. Et oui, je suis encore vivant. Etonnant, non ?

Sur ces bonnes paroles, vous m’excuserez, faut que j’y aille, je dois aussi aller remercier les experts de Barbara Gould qui ont perdu leur temps à choisir les Grimpfuk d’afrique noire parmi 26,000 ingrédients pour ses propriétés 67% plus exffoxilifiantes. Alors, à qui ont dit merci ?


Medias > Angoisse en 4 par 3

Quand le publicitaire se fait des soucis, il sort des phrases bizarres. Suffit de voir Raffarin pour s’en assurer.

imageFrançais, sache le, tu ennuies le publicitaire. Parce que le publicitaire, il serait bien mieux a ronfler dans son bureau que de se faire rouspéter par des directeurs du marketing dopés. Parce que le directeur marketing, il trouve que les pubs, tout le monde s’en fout. Et il a raison, le directeur marketing.

Selon un récent sondage, 55% des français sont indifférents à la publicité. Pire même, ils sont 67% à la trouver ennuyeuse (ce qui nous fait quand même 12% de français qui sont fascinés par ce qui est ennuyeux, au passage).

Bref, la pub est nulle, ennuie le passager du transport en commun ce qui, à son tour, agace le directeur marketing qui s’énerve sur le publicitaire parce qu’il ne peut décemment pas aller casser la gueule à tous ces abrutis qui prennent le métro et qui n’achètent même pas son aspirateur.

Alors le publicitaire frustré, il se réunit avec d’autres comme lui et il dit des phrases que lui seul comprend:

En ces périodes où les clients sont inquiets, l’efficacité est le critère prépondérant mais il est très difficile d’isoler le rôle de la publicité dans un contexte complexe et multifactoriel (...) il y a une dérive sur le marché liée aux impératifs de vente pure

Après, les publicitaires, ils applaudissent tous. Ou bien ils sortent des pubs comme ça. Au choix.


Medias > Le stupide très stupide

Pour nous vendre les tuyaux par lesquels passe l’image, on nous vend d’abord les images. Mais pas n’importe lesquelles

imageDans la série de la pub nulle de la semaine, après un vote à l’unanimité mais néanmoins très serré d’une voix, c’est une série de panneaux et non une pub seule qui est récompensée.

Il faut savoir qu’avec rentrée rime non seulement avec “t’voir ta gueule dans la cour de récré” mais surtout “télé”. Parce qu’en télé, apparemment, c’est en septembre qu’on choisit sur quel réseau on va se gaver cathodiquement.

Alors du coup, les murs sont remplis de nouvelles offres pour TPS, Noos, Maligne DSL et autres tuyaux de distribution de contenu. Et toutes ces pub ont une chose en commun: Elles mettent en bien en avant de leur bouquet la petite TF6, mélange immonde, comme son nom l’indique de TF1 et de M6.

Et TF6, qu’est ce que c’est ? Une chaîne de films ? De séries ? De reportages ? De musique ? Que neni, bandes de déphasés cathodiphobes. TF6, c’est la “télé très télé”. C’est la télé pire que la télé, la télé qui n'a pour seule ambition que d’être de la télé. Pas informative, pas culturelle, non surtout pas. C’est la télé très télé.

Si TF6 était un produit alimentaire, ce serait “la bouffe qui remplit”. Ce serait le coupe faim qui ne coupe pas la faim mais qui serait écoeurant quand même. Ce serait à la télévision ce qu’est la perfusion à la gastronomie. La même finalité, mais débile.

Donc, pour avoir choisi de mettre en avant une chaîne avec un slogan aussi crétin, ils sont 3 vainqueurs cette semaine. Quant à moi, vous m’excuserez, faut que j’y aille, c’est le moment de la vente de mon temps de cerveau.


Medias > Colloscopie publicitaire

Le problème du pubeur n’est pas le message, mais son support. Ou du moins c’est ce qu’on croyait.

imageRévélée par la canard de cette semaine, une formidable initiative publicitaire destinée, si possible, à polluer encore plus l’espace visuel des espaces post troglodytiques dans lesquels l’être urbain évolue.

Après avoir rempli le métro, la rue, les routes, les toilettes et tout autre espace vierge de plus de 50 centimètres carrés, le publicitaire pense maintenant que les gobelets de distributeurs de boisson seraient un support admirable à la promotion des serviettes hygiéniques.

Et le publicitaire ne s’arrête pas là puisqu’il pense aussi à publiciser le nourriture, des Cookies en forme de logo nike, des steaks SFR et autres fantasmagories culinaires. Et pourquoi pas, pendant qu’on est dans la chaîne alimentaire, des fonds de toilettes au couleur de la Cogema ?

Et tant qu’à imaginer n’importe quoi, pourquoi pas nous vendre aussi des vêtements avec des noms de marques directement dessus, tiens. Genre de vêtements qu’on payerait plus cher juste pour le plaisir d’avoir l’air d’un panneau de pub ambulant. Faudrait voir à pas déconner, non plus.

Quant à moi, vous m’excusez, faut que j’y aille, parait que l’entrainement pour les soldes , cette partouze consumériste, ont commencé. Premier cours, comment être le premier au rayon télévisions à l’ouverture du mammouth local.


Medias > Etam agochi

Si on se demandait encore pourquoi les publicitaires ne devraient pas faire de politique, on sait maintenant pourquoi.

imageParce que l'âme du publicitaire est un insondable gouffre mêlant dans le stupre les fantasmes de la nation, c'est la rubrique de "la pub bon goût de la semaine". Et en cette rentré des classes, notre premier vainqueur n'est autre que la marque Etam qui se distingue une fois de plus par une véritable approche esthétique du mauvais goût.

Leur dernière campagne d'affichage, sous titrée "le monde est à nous" placarde sur les murs 3 nymphes mal coiffées, assises sur un chameau (sic) au milieu d'un champ (re-sic) et en culotte soutien gorge. Gasp.

Dans un savant mélange provocato-social du meilleur cachet, Etam parvient en une photo à reléguer définitivement la femme au rang de porte manteau gonflable, à donner son avis sur l'actualité du proche orient (tous à poil) et surtout, à faire passer le sympathique message qu'avec des soutiens gorge à 19,99 euros, le monde entier (comprendre là où il y a du soleil) avec leurs si primitifs dromadaires sont à nos pieds.

Vacances, prostitution, mauvaise coiffure et géopolitique en une seule photo, on ne peut que s'esbaudir. Et tout ça pour vendre un soutien gorge en plus. Bravo.

Quant à moi vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait qu'à Kaboul, on diffuse des photos d'Afghanes en Bourka qui s'exhibent sur une 205 kid.


Medias > Bumper Sticker

Alors que les tagueurs des pubs du métro parisien sont retourné groover à la plage, voilà qu'un ministre s'y met. Seguela se retourne dans publicis.

imageCa ressemble vaguement à un mauvais remake des tagueur de la ligne 2. Du site mainte fois fermé "stopub". STOP PUB sur ma boite aux lettres, une bonne vraie position de rebelle, stop pub parce que marre de gagner des voitures, marre d'être le dernier parmi les gagnants, marre de gratter des pastilles dorées qui en mettent plein ma moquette en bois, marre du mois du slip chez carrefour, de la fête du slip chez Auchan et de la semaine à consommer avec modération chez Leroy Merlin.

Stop Pub pour dire non aux 40 kilos de papier qui atterrissent chaque année dans les foyers français, 40 kilos de photos de strings en été, de nains trônant crânement sur de misérables bûches hyper-caloriques en hiver, de prêts à taux révolutionnaires que personne ne pourra payer, de cartes printemps, boum boum, pif paf.

Stop pub, sur ma boite aux lettre. Stop Pub, les syndicats de facteurs protestent, trop heureux d'inonder des boites aux lettres qui n'ont rien demandé de promos pour la dernière liposuccion alors même qu'ils ne laisseront qu'un avis de passage à la grand mère qui pourtant attendait son colis chez elle, tout ça parce qu'elle habite au deuxième étage, cette conne.

Le ministère de l'environnement distribue des petits autocollants "stop pub". Il prévoit dores et déjà un succès limité. J'ai pas de boite aux lettres ... Je le colle sur ma concierge ? Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'y aille, je dois aller rappeler au ministère de l'environnement que ça fait longtemps qu'on n'a pas le droit de déposer de pub dans une boite aux lettres sur laquelle est mentionnée "Pas de publicité".


Medias > Pub Brother is watching you (acte 4)

La RATP demande près d'un million d'euros mais ne se demande apparemment pas pourquoi elle les demande. Ou alors, elle cache bien son jeu, la coquine.

imageIls voulaient près d'un million d'euros, ils en ont eu douze mille. Ils en avaient traîné plus de 60 au tribunal, neuf ont été condamnés. Condamnés pour avoir dégradé l'espace publicitaire du métro, ces longs rubans qui nous pressent de commander le catalogue Joué Club qui est gratuit et vachement bien avec des vrais photos de jouets et d'enfants qui ont l'air content dedans.

Ils voulaient près d'un million d'euros pour des attentats à coup de marqueur, pour avoir dit non à la pollution visuelle. Pour avoir refusé d'être forcé de gober sans arrêt le prix des ampoules chez carrefour, le prix des slips au bon marché et le prix du bonheur sur commande à la redoute.

Ils voulaient près d'un million d'euros pour punir les militants anti-pub d'avoir donné leur avis sur l'envahissement publicitaire de la capitale. Ils n'ont presque rien eu.

L'avocat de la RATP / Métrobus souligne néanmoins sa victoire dans libération: "C'est une victoire puisque la justice a condamné ceux qui ont dégradé et l'ont reconnu. La décision du tribunal montre que, quelle que soit la cause défendue par ces militants, personne n'a le droit de se faire justice soi-même.".

Lorsque l'on signifie à la RATP que trop du pub tue la pub et surtout énerve, la RATP répond que vous comprenez mon brave, c'est grâce à ça que le métro et les bus ne font pas faillite. Quand on rappelle à la RATP que la pub ne représente que 3% de son budget total, moins que ses seuls intérêts bancaires annuels, la RATP ... ne répond plus. Effectivement, faire justice soi même est sale. Ne pas faire justice du tout ?

Article de Libération et du figaro, ce dernier ayant au passage perdu 3 accusés qui passent miraculeusement de 62 officiellement à 59 dans les colonnes de l'officiel du gouvernement. Bravo.


Medias > Publicité mensongère

Il est des jours où les publicitaires n'hésitent pas à s'engager politiquement. Entre aller voir les prostituées et faire des à propos douteux, on se dit qu'ils feraient mieux de rester là où ils sont.

imageA gauche, on parle d'Irak. Une pleine page. En photo, un enfant blessé porté par son père. Il a la figure en sang. C'est le dernier attentat en date, une voiture piégée qui a sauté dans le centre de Falluja, quelques dizaines de morts, principalement des civils. On parle aussi des otages occidentaux détenus par des groupes rebelles dont personne n'a jamais entendu parler et qui assassinent leurs prisonniers après les avoir abondamment filmé, à genoux, comme un dernier au revoir à des familles impuissantes.

Sur la page de droite, les gros titres parlent de Guantanamo, de la zone de non droit, de ces 600 personnes détenues là, sans que leur famille ne puissent savoir le sort qui leur est réservé. On parle des interrogatoires qu'ils subissent chaque jour depuis plus de deux ans, de leurs cellules grillagées, on parle de la légalité de cet enfermement, de la tautologie qu'est la notion de "combattant ennemi". On se demande si la cour suprême des Etats-Unis va leur accorder le droit à un avocat et si on peut vraiment tout faire au nom d'une hypothétique protection.

Sur la page de droite, la moitié inférieure est remplie de rouge, et sur ce rouge, des lettres blanches écrivent "LA LIBERTE N'OUBLIE PERSONNE". Sous cette phrase, on apprend que le Kit Wanadoo Wi-Fi est à 49 euros.

On ne pourra que s'esbaudir devant un tel à-propos, un subtil mélange entre actualité et publicité. Le message est passé, la liberté, oui, c'est simple comme un kit Wi-Fi, disponible dans toutes les agences France Telecom, plus de renseignements au 1014 pour connaître l'agence la plus proche de votre domicile.

Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'y aille, j'ai fait une commande de kits de connexion à envoyer aux détenus qui pourrissent à Guantanamo et aux otages d'Irak qui passent leur journée sans savoir s'il verront demain et qui voudraient peut être juste embrasser leurs femmes et enfants une dernière fois. Au moins. (Note: Libé du 22 Avril 2004, pages 6 et 7.)


Medias > Voiture-lutte

Alors que le printemps fait fleurir les radars, les constructeurs automobiles ne savent plus quoi faire pour convaincre le consommateur de s'endetter sur 30 ans pour faire le malin sur le périph. La preuve.

imageQu'on se le dise, le publicitaire n'a plus le moral (lire ici - Libération). Non pas qu'il ai mal vécu les petites poussées artistico-murales des anti-pubs, non, ça, il s'en fout. Mais voilà, il commence lui aussi à trouver que les pubs sont laides, agressent et globalement ne participent pas à l'élévation du niveau intellectuel de l'humanité. Pour autant de clairvoyance, on ne peut que le féliciter, le publicitaire (même s'il prétend quand même qu'il "pense que plutôt que d'offrir des espaces réservés aux antipub, la RATP ferait mieux de réagir en expliquant que sans la pub les usagers paieraient leur ticket plus cher", ce qui est une sombre ânerie, voir ici).

Mais autant il est vrai que les publicités qui nous vantent les yaourts qui aident le transit intestinal sont consternantes, autant il est un domaine qui continue à faire la joie des créatifs de tous poils. Et ce domaine, c'est la voiture. L'homme, selon les constructeurs automobiles, ressemblera bientôt à ça ...

Déjà petit, il n'aura de cesse que de vouloir grandir pour sentir ses attributs masculins vibrer au rythme de la Mercedes de papa. Pour son futur, il ne voudra pas devenir cosmonaute. Ni médecin. Ni avocat. Quant il sera grand, il voudra pouvoir marcher dans la rue et mettre sa langue dans la bouche de filles qu'il ne connaît pas. Quant il sera grand, il voudra des sensations fortes, il voudra la liberté, il voudra le luxe, il sera prêt à travailler pour ça, faire un boulot qui ne l'intéresse pas. Il saura qu'il n'a pas le choix. Il travaillera uniquement pour l'avoir, pour elle seulement, ce sera son unique but, sa lubie. C'est son morceau de tôle à moteur. C'est sa voiture, c'est sa virilité, son aspirateur à gonzesses, son identité, sa raison de vivre.

Ce message sponsorisé est par Audi (qui nous dit qu'on ne pourra jamais lâcher notre boulot avilissant parce que le dernière Audi, l'est trop belle), par Mercedes (affirmant que le but de la vie n'est pas d'aimer son métier mais de faire du 280 sur l'autoroute), par Seat qui nous fait croire qu'acheter une voiture espagnole permet de se balader dans la rue et de violer n'importe quelle représentant du sexe féminin de moins de 55 kilos en toute impunité et par Renault qui nous dit que tenter d'assassiner sa femme, c'est pas très grave parce que si elle est vraiment intelligente, elle prendra la Laguna.

Alors toi, petit publicitaire qui avait l'air bien alarmé par la pitoyable qualité des spots pour les flans, rassures-toi. Il vaut apparemment encore mieux quand les créatifs ne réfléchissent pas. Parce que quand ils s'y mettent, ça sent la testostérone à plein nez. Et la testostérone avec une voiture entre les mains, ça pue.


Medias > Méthode Coué

Quand on veut convaincre l'être humain qu'il adore voir de la pub, on fait de la pub pour la pub. Mais pas seulement, on fait des sondages aussi. Et si on aime pas, en tôle.

imageSur la ligne 2 du métro parisien, les affiches de pub sont redevenues des affiches de pub. Toutes aussi belles et originales qu'un habitant du loft au réveil, elles ont recommencé à nous vanter les bienfaits de l'eau qui rend intelligent, des baskets qui rendent beau et des voyages à l'étranger qui permettent d'échapper au métro et à ses omniprésentes affiches de pub.

Sur la ligne 2 du métro, la contestation s'en est allée. Les seins étalés sur les affiches incitant à acheter Entrevue sont désormais inviolés, les ampoules les moins chères de France envahissent le champ visuel sans humour si ce n'est celui de nous faire croire que notre vie sera meilleure si on peut s'éclairer à 99 centimes au lieu des 1 euros 20 chez ce salaud de concurrent.

Plus de message cryptiques sur la ligne 2. Plus de saccage des affiches, les procès de métrobus ont eu raison des défaiseurs de pub. Casta s'étale sur les stations, le bon marché continue avec ses opérations super promo qui rendent une paire de chaussette enfin accessible à qui gagne 27 fois le SMIC. Le trajet de métro est devenu ce qu'il avait toujours été, un déplacement dans un long spot publicitaire.

Libération publie cette brève, dans son édition de lundi: "les francais ne sont pas antipub". Et d'expliquer que contrairement à ce que voulaient nous faire croire les terroristes armés de marqueurs noirs, les français aiment de plus en plus être gavé de messages publicitaires.

La preuve ? Un sondage réalisé par Ipsos et CB news (CB de Chrisitan Blachas, ex-Culture Pub, publicitaire et vendeur de pub) qui nous dit la chose suivante: "Le score moyen d'agréments positifs (pourcentage d'interviewés déclarant aimer le spot, l'affiche etc. qu'on leur soumet), qui était de 63% en 1990, a atteint 68% en 2003."

Que les pubs soient globalement de meilleure qualité en 2003 qu'en 1990 où un pseudo scientifique nous vendait une lessive "Le Chat" avec la conviction d'un chercheur sur le cancer en installant une machine à laver au milieu de son jardin, soit.

Mais quelque chose me dit que les interviewés, on ne leur à pas fait faire un tour sur le périphérique pour leur faire profiter des fabuleuses enseignes néon de 30 mètres de haut qui vantent le "Chauffage Grofilex" ou les "Cuisines Mabalpo, Moins cher, plus mieux" et qui donnent à cette région de Paris un vague air d'enfer urbain. On ne leur à pas montré les pubs criardes du "Grand passage, le passage obligé à Boulogne, que c'est hyper top pour faire ses courses". On ne leur à pas demandé ce qu'ils pensaient du jaune affreux des affiches entrevue, du bleu criard des abominations carrefour.

Les pubs qu'on leur a montré, étaient probablement belles. L'insulte visuelle de leur installation à chaque carrefour, chaque feu rouge, chaque abri bus, chaque station de métro, chaque émission télé, chaque pissotière de bar, ça, on ne leur a probablement pas posé la question.

Et bonne nouvelle, plus on met de pub, plus il faut en mettre. Parce que bombardé de "Omo", "Ariel", "Vizir", "Calgon", "Skip" et autres délires lessiviers, ce con de consommateur, il ne sait plus quoi acheter. Alors on lui en remet une couche, juste au cas où. Quant aux sondages anti-pub, il serait peut être temps d'arrêter de se battre sur des chiffres qui ne veulent rien dire et de poser les vrais questions. "Aimez vous les panneaux au bord du périphériques, les enseignes néon quand vous rentrez dans Paris, les accroches racoleuses des publicités d'entrevue?" d'autant quant on apprend qu'à Paris, un affichage sur deux est tout simplement … illégal.

Quant à la station Victor Hugo, ils ont supprimé l'affiche qui portait les poèmes de l'écrivain. Un appel à la RATP, un appel à Métrobus, un appel à la responsable de la ligne 2. Personne ne savait qu'il y avait un panneau avec les poèmes de Victor Hugo. Mais tout le monde savait qu'à la place, il allait y avoir de la pub. Yahou.


Medias > Pub Brother is Watching you (acte 3)

Ils ont été 2,300 à donner leur avis sur la pub et ils ne sont pas d'accord avec Métrobus. Ca va en faire du monde au tribunal.

imageLoin de douter de l'incommensurable bonne foi de Metrobus, filiale underground du très magnifique Publicis, un sondage dont les résultats sont parus hier viennent légèrement à l'encontre des maigres résultats du sondage BVA/Metrobus. Selon le premier sondage, il apparaissait en effet que - je cite - "73 % des Franciliens sondés estiment que le trajet est plus agréable et moins monotone avec la publicité sur le réseau", que "63 % des Franciliens sondés reconnaissent que la publicité est nécessaire au financement des transports publics" (lire ici pour s'en convaincre) et que "75 % des Franciliens n’approuvent pas les actions visant à barbouiller les affiches". Ce sondage avait été réalisé auprès de 800 franciliens représentatifs (on ne saura pas de quoi) entre le 14 et le 26 février par BVA (voir ce communiqué de presse RATP).

Et hier, Expression publique m'avertit que les résultats provisoires de "l'autre sondage" sur la pub dans le métro sont publiés. Voilà ce que ça donne avec 2,300 avis exprimés, soit 3 fois plus que chez BVA mais bien sûr, moins représentatifs...

Donc, ils sont 42% à ne pas aimer la pub, 61% trouvent qu'elle est trop présente, elle est manipulatrice (76%), trop racoleuse (67%) et agaçante (56%). Pire, ils sont 60% à juger que la publicité tient une place trop importante dans notre société. Quant au mouvement anti-pub, ils sont 50% a en avoir entendu parler, et ils sont 45% à ne rien voir de négatif là dedans. Ils sont même 39% à considérer le "barbouillage d'affiches" (poésie quand tu nous tient) comme un acte citoyen.

Bref, ils sont à 52% du coté des anti-pubs, à 10% du coté des partisans de la pub, et à 37% ni pour l'un, ni pour l'autre. Le sondage en entier est par là, chez Expression publique. On a du mal à retrouver nos petits du sondage metrobus/BVA de fin février. Ou bien les franciliens retournent leur veste plus vite que Juppé, ou bien y'a quelque chose qui m'échappe. Qui a dit désinformation au fond de la salle ? Tu sors. (crédit photo Chryde)


Medias > Pub Brother is watching you (suite)

Alors que la RATP appelle à l'expression publique, Metrobus appelle au pugilat. Retour sur l'affaire des affiches du métro.

image"A l’occasion du débat qui s’est instauré depuis quelques mois autour de la publicité, débat qui dépasse de beaucoup l’entreprise, la RATP a décidé de réagir en ouvrant des lieux d’expression publique dans le métro." C'est en substance le communiqué de presse de la régie autonome des transports parisiens en réaction aux campagnes de "recouvrement des espaces publicitaires" comme on les appelle poétiquement.

L'initiative est sympathique et conviviale mais ne doit pas cacher une autre réalité, celle des poursuites judiciaires bien réelles intentées contre 62 recouvreurs d'affiches. Sans reparler des aspects économiques de la vente de publicité dans le métro (déjà évoqués ici), observons en silence afin de ne pas les effrayer, les revendications outragées de Metrobus.

Métrobus demande, en réparation des dégradations subies, 980,000 euros de dommages aux 62 interpellés. 980,000 euros (6,42 millions de francs pour ceux qui sont restés coincés en 2002), c'est donc 15,806 euros par accusé, soit 18 mois de SMIC chacun ou encore le prix d'une Renault scénic.

Il convient de noter que du coté de métrobus, la détérioration des affiches n'est pas nouvelle et que "les poseurs sont tenus par contrat de remplir tous les matins un relevé concernant la qualité de l’affichage en place et de signaler à la centrale de pose de Métrobus toute détérioration éventuelle. Une repose est alors effectuée dès le lendemain." (voir cette page. En fait, la prestation de "nettoyage" est déjà largement prise en compte puisque comme le précisent leurs conditions générales de vente (pdf), les annonceurs sont tenus de fournir 30% d'affiches supplémentaires pour l'entretien (soit un panneau sur trois remplacé durant la campagne).

Alors, que représentent les 980,000 euros puisque les frais de remplacement sont dores et déjà pris en compte dans les tarifs de Metrobus ? 980,000 euros, c'est le prix sans réduction, de l'affichage de 2,311 panneaux de pub de 4 mètres par 3 dans le métro ou encore de 9,800 affiches sur des abris bus durant une semaine (voir fiche de tarifs en PDF, pages 4 et 6).

Mais encore une fois, les usagers du transport parisien ne peuvent qu'être heureux de la sévérité de Metrobus. On nous le répète à l'envie ... Ils sont 73% à estimer que le trajet est plus agréable avec la pub, 63% pensent que la publicité est nécessaire au financement et surtout, ils ne sont que 25% a approuver les actions des tagueurs de pub. Le détail du sondage BVA/Metrobus (l'intitulé des questions posées par exemple) est introuvable. Il ne figure pas non plus sur le site de BVA qui reprend pourtant, le détail de tous les autres sondages.

Alors, pour donner son avis à la RATP, un tour sur Expression publique. Et dormir en paix car Metrobus inaugure cette semaine, "500 emplacements publicitaires grands formats" afin de "maximiser l’impact des campagnes de pub" en touchant "en 2 semaines plus de 4 750 000 personnes avec une moyenne de répétition de contacts de près de 16 fois". Usager des transports en commun, réjouis toi, Metrobus fait tout pour que tu ne t'ennuies pas.


Medias > Le Prolo Chic remplacera-t-il le Porno Chic ?

Pour vendre des sacs à main en cuir véritable, le club de bowling d'Arras sera-t-il le prochain porte drapeau du luxe à la Française ?

imageUn vent de bonté souffle sur la France. Après un Michel Edouard Leclerc qui veut à tout prix sauver le pouvoir d'achat des français, voilà qu'une vénérable institution financière et qu'un vendeur de steaks s'y mettent aussi. L'heure est venue de penser à ceux qui gagnent le moins, à ceux qui sont autant touchés par la dernière BMW que l'abbé Pierre par la sortie des nouvelles Nike air pump wave montées sur ressorts en silicone, accessoire excessivement indispensable pour se rendre à son cours de flûte dominical, ça va sans dire (même si tous les spécialistes s'accordent à dire qu'avec une paire de baskets jaune, l'abbé Pierre pourrait facilement reconquérir son statut d'homme le plus populaire de France au Judoka préféré de Bernadette et Lorie). Mais bref, revenons en à nos moutons, il est temps que le pauvre mette la main au porte monnaie, y'a pas de raison non plus.

Ca a commencé avec le crédit municipal de Paris qui affiche dans le métro parisien que oui, même si on n'a pas d'argent, ce n'est pas une raison pour se priver d'aller faire les soldes chez Laetitia Casta. Et de démontrer son message par moult exemples édifiants qui fait regretter que le prix Pulitzer n'aille pas à un publicitaire. "En panne momentanée de liquide pendant la cruciale période de début de solde et de migration saisonnière vers le département jupettes de chez Zara, Virginie a tout de même pu s'offrir le pantalon qu'elle avait repérée cet hiver en mettant sa montre familiale en gage". Avec le crédit municipal, on peut enfin rester dans la course a la consommation même si on est déjà cofidis jusqu'au cou.

Et alors qu'on pense que la pub du crédit municipal n'est qu'un incident de bon goût de plus, voilà que le vendeur de côtes de boeuf hippopotamesque placarde en pleines vacances d'hiver les murs du métro parisien de ce message édifiant: "Privé de vacances au ski ? l'hippo offre un menu enfant moitié prix", ou quelque chose s'en approchant. Alors toi, enfant de monsieur pauvre, oui, toi, ne soit pas jaloux de tes camarades qui partent s'engluer sur les autoroutes des alpes dans le kangoo familial. Non, car si ton papa est un père digne de ce nom, il t'emmènera forcement déguster un succulent menu trappeur à l'hippo qui borde l'autoroute A10.

Bref, RMIstes, RMAstes, chômeurs, chômeuses, dites-le vous, en cette fin d'hiver, les publicitaires en ont après vos économies. Le prolétaire sera-t-il l'avenir de la France ? En tout cas, il est bien parti pour devenir celui des publicitaires. Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'y aille, les restos du coeurs font happy hour entre 18 et 20 heures. C'est tellement Jet set.


Medias > Caddie to heaven

En canonisant Michel Édouard Leclerc aux cotés de mère Térésa, la publicité prendrait-elle les saints pour les mamelles de la communication ?

imageEn d'autres époques éclairées, les supermarchés nous promettaient une vie meilleure. Avec Carrefour, je positivais alors qu'Auchan me certifiait que si j'allais acheter mes boites de cassoulet 3kg chez eux, ma vie serait bien moins austère et bien plus ... Auchan. Et alors que les fayots cuisaient dans la joie et la bonne humeur, Leclerc me culpabilisait en me prétendant que si j'allais faire les courses chez Intermarché, mes sacs plastiques finiraient dans l'estomac d'innocents dauphins du coté de Plougoumelec, auto-proclamée capitale ecologico - dolphino - friendly pour l'année 2000.

Mais voilà, les temps changent. Les supermarchés aussi. Michel Édouard Leclerc et ses amis de chez Carrefour ont été recrutés par Raël et ont enfin saisi le véritable sens de leur activité marchande ... être les messies des temps modernes, ceux qui viennent au secours des valeurs universelles qui font que le monde moderne est quand même largement plus confortable à vivre qu'à l'époque de l'homme des cavernes, temps funeste où le Néandertalien ne connaissait même pas le confort Vivre-Elec. Le con.

Carrefour lance l'offensive en affirmant "Arrêtons de consommer plus, pour consommer mieux". Le slogan est flanqué d'une image de la terre, centrée sur ... l'Afrique, laissant planer un air de révolution bolchevique du coté du rayon soupes en sachet. Oui, ami cassoulet-ophile, il est temps de prendre le taureau par les cornes. Il est temps d'affirmer que tu refuses les excès de la société moderne en allant acheter ton paquet de couches au rayon "fertilité" du carrefour local. Le carrefour-ophile parcourra alors les allées de son hypermarché local, tel le Che Guevara du rayon accessoire automobiles avant d'aller financer ses achats au taux magique de 18% grâce à sa carte boum boum cofidis.

Leclerc ne pouvait pas rester en plan. Lui, il fait local. "Les Français ont perdu 1% de leur pouvoir d'achat en 2003. Pourtant, la loi continue de nous interdire de vendre encore moins cher. Jusqu'à quand ?" (pub a voir ici). On est ému de voir Michel Édouard s'occuper du bien être de ses concitoyens au point d'aller afficher sur tous les murs de France son désaccord avec une loi qui tente de préserver le fragile équilibre producteur / distributeur. Parce que quand on paye son kilo de viande de boeuf au prix d'une savonnette, il faut forcement qu'il y ait quelqu'un qui paye.

Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'y aille, j'apprends à l'instant que Jacques Chirac, Tony Blair, George W. Bush et le pape Jean-Paul II sont tous dans la course pour le Nobel de la paix 2004. Et Jean-Pascal pour le Nobel de Physique Quantique ?


Medias > Y'a pas marqué Christian Clavier là

Ou comment on nous fait croire qu'un empereur légèrement mort peut résoudre les problèmes macro-économiques à l'approche des éléctions

imageDans le monde du 27 janvier, page 24 (vous saurez tout, c’est un blogue scientifique ici), un aimable établissement nous propose son aide pour payer notre retraite de dans 70 ans. Ca tombe bien, c’est d'actualité en ces temps de fin de canicule et de coupe budgétaires histoire de financer les cours de droit des experts du lyonnais. Non pas que je sois super préoccupé par ma retraite mais il est des publicités qui ne laissent pas indifférent. C’est comme ça. Celle là, en l’occurrence, brille par son détachement des règles humoristiques communément admises dans nos société occidentales où il faut bien le dire, faire un bide, c’est la honte.

Alors que là, peur de rien. La pub en question balafre la page du monde en caractère 78 : «Ne faites pas comme Napoléon, préparez vous une retraite au chaud». Un subtil mélange d’humour (Napoléon, la retraite de Russie, des millions de morts et tout, ah ah ah hum), un zeste d’actualité (il neige ma brave dame, et puis qu’est ce qu’il est beau ce Christian Clavier dans son pantalon moulant et son chapeau de travers, ouh) et un annonceur connu pour sa capacité à gérer la banque centrale européenne puisqu’il s’agit de rien de moins que La Poste.

En dehors d’avoir une lecture un peu particulière de l’histoire («1812, Napoléon découvre les joies de la retraite quelque part vers Berezina» dixit la commerciale annonce), on peut se poser deux trois questions sur l'inspiration du message …

D'abord, l'agence de pub. Je veux dire, normalement, ces gens ont une réputation à défendre, je veux bien que ce soit la crise des budgets mais quoi, ils ont Jean Roucas dans le staff de rédaction ou quoi ? Eh, Jeannot, c'est quoi le budget de la Poste ? 17 millions d'euros ? OK, j'te laisse une demi-heure pour nous pondre un truc populo à la con et tu nous rejoins au Baby foot, OK ?

Et puis à l'autre bout, y'a le mec qui va aller à la poste pour financer sa retraite … 50 ans plus tard, le voilà à faire la queue à l'unique guichet d'une des deux poste encore ouverte à Paris. Numéro 413, Numéro 414, Numéro 415, Numééérooo 415 !!
- Oui, bonjour, je viens chercher ma retraite de novembre …
- Vous avez votre livret jaune? vous la voulez en carnet de 10 ou en carnet de 20 ? simples ou avec notre nouvelle Marianne Evelyne Thomas ? (oui, y'a pas de raison que dans 50 ans les français aient meilleur goût que maintenant)

Y'a personne qui vérifie les pubs à la poste ou quoi ? Allo ? Parce que là, il est urgent de se réveiller vieux. Il se passe des trucs dans ton dos quand tu fais ta sieste dans le local où on range les balais. Quant à moi, vous m'excuserez, je cherche le prochain slogan d'un célèbre employeur asiatique dans l'almanach Vermot. J'hésite encore entre "Nike au Tison, promo chez Decathlon" ou "Mike au Tyson, promo chez sonotone".


Medias > Pub Brother is watching you

imageIl y a une semaine, devant la gare Montparnasse, ça a peut être l'air de rien, mais on avait envoyé des CRS protéger des ... panneaux de pub. L'affrontement était inévitable entre ceux qui pour la troisième fois voulaient faire parler les bombes de peinture et ceux qui font plus volontiers parler les bombes lacrymogène. En vrai, d'affrontement, point de trace puisque tout le monde s'est rendu dans la joie et la bonne humeur avant de finir au maquedo. Il n'en reste pas moins que c'est flippant de voir des molosses, casques vissés sur la tête et matraques au poing défendre des affiches collées dans le métro pour nous faire bouffer du brocoli à Noël.

Et comme si cet Orweillien épisode ne suffisait pas, Metrobus, la régie de la RATP décide de poursuivre "Stopub", initiateur de ce mouvement (qui au passage, juridiquement, n'a rien d'illégal puisque tagguer les pubs ne revient pas à détériorer l'espace public, eh non ...). Bref, Metrobus saisit le tribunal pour que l'hebergeur collaboratif Ouvaton donne l'adresse de ces satanés webmasters de Stopub, ce qu'ils ne sont en théorie pas censés faire (donner le nom, suivez un peu)

Hop, tribunal, Ouvaton est prié de donner l'adresse du Che Guevara du 4 par 3, et le Figaro de s'épancher sur la sauvagerie de toutes ces attaques contre la beauté de l'espace publique parisien.

[...] Car lors de la récente opération, «seulement» 800 panneaux ont fait les frais des graffitis antipub. Les CRS ont en effet cherché à limiter les dégâts que la poignée de contestataires entendaient commettre «dans la joie et la non-violence», selon leur propre expression. Mais les raids du mois d'octobre et du début novembre ont atteint leur but et endommagé bien plus d'affiches que cela. Aussi Gérard Unger, le PDG de Métrobus, a-t-il multiplié les interventions médiatiques afin de rappeler que sa société «reverse 77% de ses recettes à la RATP, permettant à cette dernière d'investir et d'entretenir le matériel à disposition des usagers». En clair, ce que Métrobus dénonce ici c'est la dégradation du bien et de l'espace public au service du contribuable. [...] (la suite sur Le Figaro et autre chose sur Le monde)

On ne peut bien entendu aucunement douter de l'énorme importance stratégique de Gérard Unger dans la capacité de la RATP à fournir un service à tous ses usagers au meilleur prix. Sans la pub de M. Unger, aucun doute que l'on paierai assez rapidement son ticket de métro une quinzaine d'euros et adieu stations propres et personnel aimable.

Un petit tour du coté des comptes de la RATP et voilà ce qu'on trouve: La RATP dégage un chiffre d'affaire de 2,9 Milliards d'euros par an* (ça, c'est le tickets, la pub via Metrobus etc...) Metrobus (qui viend donc les espaces pub) dégage un chiffre d'affaire de 132 millions d'euros par an. Elle en reverse 77% à la RATP soit 101 millions d'euros.
Soit à peu près 3% du chiffre d'affaire du transporteur parisien (qui pour info, collecte plus de 115 millions d'euros par an juste en interêts bancaires ...)

92% du chiffre d'affaire, l'usager le paye chaque mois pour aller au boulot. 3% du chiffre d'affaire, c'est le prix pour de la pub d'un bout à l'autre de la voie, de centaines de panneaux par jour, dans les stations, les rames, les abribus, les bus, les tramways, les entrées de stations, les escaliers, les couloirs, les ascenseurs, les plans de métro.

Alors on va demander un peu de calme à Monsieur Unger qui décidément, pour un nain économique, fait beaucoup de pollution et de bruit. Merci pour nous. Quant à moi, vous m'excuserez, fait que j'y aille, c'est l'heure où mon employeur m'oblige a regarder une heure de pub avant de partir en week-end. Il parait que ça paye le papier toilette.

*voir ici (pdf), là (pdf) et encore là (pdf) pour les comptes de la RATP et voir ce superbe screenshot (jpg) des résultats 2002 de Metrobus et enfin, image du début volée à chryde


Medias > Casta en Short à République

Monsieur Chryde était là, quand les "casseurs de pub" ont défiguré les affiches du coté de république (si j'ai bien tout compris). Mon seul regret ... ne pas avoir été là. Mais faut-il mettre d'autres slogans sur la pub, remplacer Casta par Castro, par des "marre de la pub", "la pub rend con" et autres revendications ? A-t-on le droit d'imposer ses points de vue à des voyageurs qui n'ont rien demandé ? Est-il utile de remplacer des slogans par des slogans ? Eux qui se baladent avec leurs pots de peinture à la main, leurs marqueurs qui coulent, pourquoi se croient-ils permis d'afficher leurs messages en 4 par 3 ?
C'est sans doute que la pub, elle non plus, n'a demandé l'avis de personne avant d'aller d'installer dans les moindres recoins de notre existence. Personne n'a jamais demandé si ça dérangeait de voir Laetitia Casta faire la guignole depuis 2 ans dans toutes les stations de Paris. Personne n'a jamais pris la peine de se demander si ces pubs importunaient quelqu'un.
Alors la pub, comme après une orgie où on en aurait trop gobé, on la vomit. Et quand on régurgite, c'est fondamentalement la même chose qui ressort, sauf que c'est moins beau à voir.
Les casseurs de pub seraient-ils les estomacs les plus fragiles du pays ? Combien les autres supporteront-ils de plus, avant, à leur tour, de choper une intoxication publicitaire ?


Medias > Si j'ai bien tout compris (où l'on reparle de la pub)

On ne va pas se la refaire dans ce sens là. De la pub, y'en a plein, partout, plein les télés, les murs, les radios, les voitures, les toilettes, bref, autant le dire, échapper à la pub est devenu aussi sportif que de ressortir intellectuellement sain d'une émission de Mireille Dumas. Ca, quelque part, on savait. Mais, est-on en droit de se demander qu'est ce qui fait courir la pub. Pourquoi se sent on obligé de mettre des affiches pour le dernier CD des L5 à quelque centimètres au dessus des urinoirs pour hommes ? Pourquoi penser détergent dés que la Carmen de Bizet ? Et pourquoi le riz taureau ailé ?
Parce que tout ça fait vivre une économie, tout ça nourri des Ernest, des Mike, des Jipé, des Frédos, des Aifix, tout ça les entretien, eux et leurs petites familles.

- Ernest, lui, c'est le patron d'une grande boîte, il vend des préservatifs en gore-tex. Après avoir fait son trou (pouf pouf) dans le marché du piercing de la rotule, il s'est lancé dans le préservatif en gore tex parce "ça a fait un boom aux U-Aisse, tou comprendre ?". Lui, il dépense de l'argent pour la pub parce que c'est sûr, quand ils sauront que les préservatifs en gore-tex, c'est bien, ils en achèteront, ces boeufs. Du coup, il appelle Mike, qui bosse pour "Pratt, Lyliam & Gopper", fameuse agence de pub de l'ouest parisien. Il appelle Mike parce qu'au nouvel an de l'année dernière, Mike lui a envoyé un bonzaï qui parle.

- Mike, c'est un "direucom" chez "Pratt, Lyliam & Grossepeur", fameuse agence de pub de l'ouest Parisien. Lui, ça fait un moment qu'il gagne plein d'argent à faire des pubs pour ce boulet d'Ernest. Il lui vend pleins de concepts incompréhensibles (plus c'est obscur, plus c'est cher baby). C'est grâce à lui que le piercing de la rotule est devenu à la mode (en tout cas, c'est ce qu'il dit).

- Jipé, c'est un "responsable artistique" chez "Pratt, Lyliam et Jambonbeurre", fameuse agence de pub de l'ouest parisien. Pour l'instant, il ne gagne même pas le SMIC mais un jour, c'est sur, il deviendra "direucom" comme Mike. Lui, il met sur papier les idées de Mike. La plupart du temps, il ne comprends pas ce que Mike veut dire et vu que Mike non plus il ne sait pas, il fini par faire n'importe quoi. Et ça lui va bien, ça prends moins de temps.

- Frédo, il a une agence de placement de pub. Son boulôt à lui, c'est de bluffer les Ernests avec des mots hyper compliqués, des OPQ, des ODV, des OD bas, des PRL, RQL, PQR, PUM et autres PMU. C'est lui qui dit à Ernest "ta pub, faut qu'on la mette là et là et ici et ailleurs". Frédo, il aime bien Mike, ensemble, ils se font toujours de bons restos en se foutant de Ernest (même si, comme dit Frédo, c'est quand même lui qui nous fait vivre".

- Aifix, lui, il a une agence d'affichage. Dauphin, ou baleine, quelque chose comme ça. Son boulot à lui, c'est d'aller voir la France d'en bas (comme il dit) pour aller négocier des murs où il pourra mettre les affiches que Frédo lui donne. Généralement, il aime bien négocier avec les vieux, vu qu'ils comprennent rien à l'euro, c'est plus simple de faire de la marge (bord de périph est un plus bien sur).

- Antoine, lui va tous les jours au boulôt. Il rêve maintenant de pouvoir s'offrir une nouvelle capote en Gore Tex, il trouve que ça fait tellement classe sur le mannequin de l'affiche. Du coup, il va essayer de bosser un peu plus, c'est que c'est pas donné tout ça. Il emmène son pote George dans sa voiture. George, il en a marre des pubs. Lui, contrairement à Ernest, Mike, Jipé, Frédo et Aifix, la pub, ça lui rapporte rien. On lui a même pas demandé son avis avant d'installer un énorme panneau en face de chez lui. Il pense à cette période où la nouvelle économie lui promettait pleins de trucs gratuits s'il était d'accord pour recevoir de la pub. La nouvelle économie, elle a coulé, la pub, il la voit encore, et il a plus droit à rien de gratuit. Et il comprend pas pourquoi son seul choix est de subir ce qui fait vivre Ernest, Mike, Jipé, Frédo et Aifix.


Medias > Résistance liquide

Devant lui, 130 mètres de vide. 130 mètres plus bas, les hommes ressemblaient à des fourmis, des cafards, pullulant aux heures de pointes, envahissant les starbucks et stands à hot dogs lorsque midi résonnait. Devant lui, 130 mètres de vide. Il n'avait pas le vertige. 130 mètres plus bas, les hommes n'avaient pas de visage, ils ressemblaient tous à des points noirs, pixels désordonnés, indisciplinés, chacun suivant sa direction, chacun poursuivant son but. Devant lui, 130 mètres de vide. Debout derrière sa fenêtre, mains croisées dans le dos, il se demande comment ce chaos peut vivre ensemble, comment les pixels peuvent se rencontrer sans jamais se percuter, sans jamais exploser l'un au contact de l'autre.

Debout derrière sa fenêtre, il poursuit son rêve. Il rêve d'un monde ou tous les pixels iraient dans le même sens, un monde simple, un monde dans lequel il pourrait tout modéliser. Lui, il a son but, persuadé qu'il est supérieur aux buts de tous ces pixels qui s'agitent, en bas, dans la rue. Comment ne le serait-il pas ? Comment ne pourrait-il pas tout avoir compris, lui ? Lui dont le nom apparaît dans les journaux, lui dont le salaire excède celui d'un millier de pixels réunis. Si on lui donne tout ça, c'est qu'il est supérieur, merde.

Lui, le désordre, ça l'énerve. Lui, il en est déjà à sa 18e femme de ménage. Lui, il déteste les imprévus. Lui, il veut qu'un plus un égale toujours à deux. Lui, il est l'avocat de ceux qui veulent toujours gagner plus, lui, il est le défenseur du marché libre, lui, il sait qu'on peut tout acheter. Alors forcement, y'a des trucs, c'est plus fort que lui, ça l'énerve. Quand il voit ces crétins indisciplinés qui ne regardent pas les spots de pub, ça le rend malade. Avec tout le joli argent qu'il paye pour ça, la moindre des corrections, ce serait quand même que vous les bouffiez, les lessives X, les laves vaisselle Y, la bière qui fait maigrir, le cassoulet anti flatulence.

Lui, il aimerait bien mettre un procès à tous ceux qui ruinent son ordre établi. Ceux qui ne regardent pas la pub rompent le contrat qui les lient avec leur chaînes de télé. Ceux qui enregistrent les émission et qui passent la pub en accéléré sont des voleurs. La pause pipi ? Il tolère 30 secondes, pas une de plus. Quant à la peine de mort pour ceux qui ne paient pas pour les CDs qu'il produit, il y pense sincèrement.

Il imagine un monde segmenté, fragmenté, plein de pubs qu'on serait obligé de regarder, plein de produits qu'on serait obligé d'acheter, plein de chiffre d'affaire, plein de marges sur coût variable, d'occasions de voir. Il imagine un monde dans lequel le seul jugement qui compte est celui de l'argent, un monde auquel je veux désobéir. C'est décidé, demain, je rentre dans la résistance. Bière ou thé à volonté devant la télé, histoire de passer les pauses pubs à uriner.

Son petit nom à lui, c'est Jamie Kellner, et il est président de Turner Broadcasting. Et l'excellent article a été péché par le lutin excité, Chryde, devant qui l'on s'incline pour cette pêche miraculeuse. En intégralité également, l'interview de Kellner sur le futur de la télévision. Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'aille aux toilettes, je viens de voir une pop-up apparaître sur mon écran.


Medias > Bilan d'une journée ordinaire

La radio se met en marche. Il est l'heure de se réveiller. "Avec Carrefour, je positive" donne le signal de départ, je décolle de mon lit, douche, café, i-télévision. Sur le petit écran matinal, on me vante, entre la maison de Cantat et le sport, les mérites du jus d'orange qui réveille mon matin, de la lessive qui enlèvera les taches de jus d'orange et du matelas qui permet de mieux dormir. Je zappe, Euronews me propose maintenant la compil best of des eighties, suivi de la météo sponsorisée par Moulinex.

Je sors de chez moi, partout s'étalent les sigles d'entreprises. BNP Paribas, Société Générale, La Poste. Dans la vitrine de la droguerie du coin, on me demande depuis quand je n'ai pas désinfecté les tuyaux de mon évier, moi qui comme un abruti ne savait pas que mes canalisations risquaient de tomber malade. Ligne 9, des hordes de travailleurs pressés se bousculent dans la station. Une pièce de théâtre à ma gauche, des vacances en corse à ma droite, le couloir est un long spot de pub, l'access prime-time de l'usager des transports en commun. L'ADSL chez Wanadoo à 19 Euros (pour les trois premiers mois sous réserve d'un engagement de 23 ans, hors achat du Pack modem à 239 euros, hors frais d'installation de 89 euros, hors frais de mise en service de 34 euros, de traitement de dossier de 13 euros, de traitement de frais de 9 euros), chez 9 télécom à 18 euros (sous réserve de prise conjointe de la présélection 9 télécom, soit un coût total de l'abonnement de 98 euros par mois), 17 euros chez Free (hors indisponibilité).

Le buzzer retentit, je monte dans la rame. Au plafond du wagon, on m'invite, au choix, à aller au salon de la voiture d'occasion où bien d'acheter le dernier téléstar, celui dans lequel on apprend que Bertrand Cantat serait en fait l'enfant caché d'une relation incestueuse entre Mireille Mathieu et Napoléon. Devant moi, on lit métro, on lit 20 minutes, un lit les pubs. Arrivé à destination, même punition, cerné de pubs jusqu'à la sortie. Micro Discount, Numéro spécial Marie Claire, centre commercial le passage, mes vacances dans les Ardennes (mais bien sûr ...), le Yop vitalité, Pal recommandé par des éleveurs de champions label rouge élevés en plein air avec des chaussures Eram, 99 francs prix maximum hors abonnement de 12 mois sans frais à 2,25% TEG sous réserve d'acceptation de mon dossier par Lustucru qui transmettra.

J'ouvre mon PC designed for Microsoft(R) Windows(R) 2000 professional, Yahoo! me propose la carte Egg pour faire un crédit même pas cher à 3% (hors 7% d'assurance obligatoire, 9% de frais de traitement, et 12% de frais de courtage), Yahoo! me propose un appareil photo numérique, un caméscope, un DVD, un grille pain, une cafetière, un micro ondes et la météo.

En me levant, ce matin, je ne m'attendais pas à ça. Avoir mon espace visuel, auditif pollué par des marchands de lessive, par une économie souterraine dont je ne profiterai jamais. Je leur donne mon temps, ma lecture, mon attention. Malgré moi. Je n'ai pas le choix. Pas le choix que de pouvoir lire sans arrêt les promos, les soldes, les affaires, les c'est beau, les c'est mieux. Des publicitaires vendent des idées pour capter mon attention, pour m'agresser encore plus. Des vendeurs d'espace font de l'argent avec leurs murs, avec mon paysage. Et moi, seul au milieu de la ville, je ne peux plus trouver un endroit où je ne vois pas de marque. Je ne peux plus trouver un endroit où je ne verrai pas de Darty, Auchan, Boulanger, Habitat, Ikea, Charal, Téléloisir. Et si je commençais à demander de l'argent pour regarder vos pubs ? Et si, simplement, je prenais les pubs pour ce qu'elles sont ... de la pollution ?

Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'aille coller des stickers "MARRE DE LA PUB" dans le métro. Ca fait (trop) longtemps qu'on ne les voit plus.


Medias > Groquik, ils nous ont encore volé notre âme !!

Culture Pub est formel, le gros business du moment, c'est les 6-12 ans. La ménagère de moins de 50 ans n'etait plus assez affriolante. On l'imaginait déjà avec sa ribambelle de mômes indisciplinés lutter telle la David face au Goliath du carrefour, au Belzébuth du Mammouth, prête à tout pour sauver le budget du ménage, carte "boum boum" à la main, luttant, bigoudis fermement vissés dans une choucroute aussi sexy qu'un nu de Pascal Sevran contre la dépense inutile. Non, définitivement, la ménagère de moins de 50 ans ne faisait plus fantasmer les pubeurs.

Ils ont alors bien essayé avec les Ados (trop de boutons), les vieux (trop de canicule), les minorités (trop minoritaires) pour finalement se rabattre, faute d'imagination, sur les plus innocents des consommateurs, les petits, les mômes, les mégots. Ceux qui ont entre 6 et 12 ans, ceux là même qui sèment la terreur au rayon Corn-flakes de chez Leader Price parce qu'y a pas les céréales Groquik comme dans la pub, avec le vrai lance frisbee qui tue dans la cour de recrée. Bref, quand il plane dans le rayon confiserie, le mégot est lent (pouf pouf). Et c'est justement ce qui fascine nos amis de la pub.

Le pubeur a en effet compris que le pré-teen est prêt à faire bouffer n'importe quoi à ses parents, à hurler "806" jusqu'à ce qu'on lui achète un monospace moche, à ne manger plus que des kiri en forme de fantôme (sauf bien sur si on le colle chez Mac Do), bref, à devenir le terroriste du caca nerveux. Et qu'en plus, l'enfant gavé de Nike, de Didas et de Cherios, non seulement saoulera ses parents, mais continuera aussi (le con) a acheter les mêmes marques toute sa vie. En ciblant leurs enfants, la pub fait maintenant le cauchemar de ses anciennes idoles, les ménagères de moins de 50 ans. Et quand on sait que la publicité s'insinue doucement à l'école, on ne peut qu'en déduire que non, publicité et éthique ne seront jamais cote à cote dans un dictionnaire.

Sur le même sujet, un article du monde diplomatique, vieux mais toujours d'actualité, un exemple de régulation intelligente au Canada et toujours casseurs de pub et le grand frère ricain, ad-busters. Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'aille brûler ma télé (oui je sais, encore une fois).


Medias > Culture Propagande (oups, Pub)

"Ce soir, la météo vous est présentée par le ministère de l'intérieur. Le ministère de l'intérieur, y'a pas mieux pour les gens qu'ont peur". Zapping. M6 est fier de vous présenter "Le Grand test de QI, en partenariat avec le ministère de l'éducation. Grâce au ministère de l'éducation, vous deviendrez vachement moins cons". Marre de la télé. Un coup d'oeil sur le journal. Entre la page culture et la page sport, une pleine feuille de pub. "Le ministère du travail vous présente sa réforme des retraites. AVEC CONFIANCE !!" Trois pages avant, une autre pub, pour le ministère de l'éducation cette fois: "Chers profs, mes amis, je vous ai COMPRIS".
Pas encore à la télé, déja dans les journaux, pour la deuxième fois en deux semaines, le gouvernement français (et son publicitaire de premier ministre) s'est payé des pleines pages de nos principaux quotidiens nationaux pour se faire de la pub. Pour faire adhérer la population.
Ces pages de pub, forcément partisanes diluent un message subjectif dans des journaux à priori critiques. Passées pour le moins inaperçues, ces pages signent l'avènement de ce qui existe depuis longtemps chez l'oncle Bush, à savoir la publicité politique.
La France régule depuis longtemps strictement ses droits aux espaces publicitaires. Pas de pub pour les cigarettes (santé publique). Pas de pubs pour les films en salle (égalité des chances pour chacun des films, quelque soit leur budget). Pas de pub pour la grande distribution en télé (pour faire vivre les quotidiens régionaux et la radio). Pas de pub pour les livres (égalité des chances pour les auteurs).
Qui a octroyé le droit au gouvernement de faire de la pub pour ses réformes ? Qui a dit qu'on avait le droit de se payer des pages de pub au milieu de journaux censés contrebalancer le pouvoir politique. Demain, Matignon achètera-t-il des pages de l'huma ? Histoire, comme le lessiviers de base de faire pression sur une rédaction qui vit en grande partie grâce aux fonds des annonceurs ? Le livre du futur-ex ministre de l'éducation relève du même problème.
Le gouvernement deviendrait-il le Coca du paysage politique. C'est en tout cas ce que pense le CSA qui invite TF1, France 2 et 3 à parler d'un peu d'autre chose que du gouvernement. De la reconstruction de l'Irak, du Maroc, de l'Afghanistan, de la Corée du Nord par exemple. Mais bon, y'a que 40 minutes et y'a le foot. On peut pas tout faire non plus.


Medias > Mes murs ont la parole

Ligne 6. Une affiche pour le BHV, le très parisien supermarché chic des outils pour bricolage qui font pas des ampoules aux mains. L'affiche balance son ineptie publiciste : "Vous avez un mois pour ré-inventer votre nid douillet" . Suivi de "... Et les 20 prochaines années pour tout rembourser" rajouté à la main, en dessous. Au stylo, même pas agressif. Ca fait rire.
Tout comme cette affiche qui a fait le tour express des boîtes mail des parisiens, coincés dans les stations de RER en attente d'un improbable conducteur non gréviste qu'ils étaient. Le commentaire acide, presque citoyen remplace doucement le bon vieux tag "le 93 est dans la place" .
Les exemples se multiplient. Le phénomène n'est certes pas nouveau mais le message l'est. Point de parti politique, point d'idéologie extrémiste. De simple affichettes "MARRE DE LA PUB" collées sur l'ensemble des panneaux de pub d'une station. Des autocollants tout droit issus de la journée sans télé 2002 fleurissent à l'arrière des panneaux de signalisation.
La lessive perdrait-elle doucement le monopole des murs de la capitale ?


Medias > Haute (in)fidélité

Mamour .... Maamooouuur ..... Écureuil travailleur rentre chez lui après sa dure journée de labeur. Il rentre chez lui, la mine manifestement réjouie d'avoir gagné quelques noisettes pour faire vivre le couple. Chapeau Jean Moulin fièrement enfoncé sur le crâne, écureuil travailleur pose son sac dans l'entrée et imagine déjà serrer sa douce femelle dans ses bras, enrobés qu'ils seront par le doux fumet d'un rôti de noisettes,
C'est connu, l'écureuil est fleur bleu.
Pendant ce temps là, sa femelle, écureuil lascive, est au première étage, partageant son lit d'écureuil avec son écureuil d'amant. Dans une position que la morale réprouve encore dans plusieurs pays, écureuil lascive profite donc à bloc de l'absence de son homme. Apparemment, s'envoyer en l'air pendant que son écureuil de mari se tue à collecter des noisettes par monts et par vaux ne semble par déranger plus que ça écureuil lascive.
C'est connu, l'écureuil est ingrat.
Suite de la comptine pour petits enfants. Panique dans la chambre, écureuil travailleur est rentré. Écureuil amant enfile rapidement sa fourrure, sort par la fenêtre et, au lieu de se barrer sans préavis, préfère faire venir deux écureuils déménageurs avec une armoire. L'armoire est installée dans la chambre. Écureuil amant se cache dedans au lieu de rentrer tranquillement chez lui.
C'est connu, l'écureuil est con.
Dénouement de la fable. Écureuil travailleur rentre dans sa chambre, sa lascive épouse l'attend, l'amant est dans le placard. La femme adresse un sourire traître au mari, l'amant se marre derrière sa porte de placard, le mari ne remarque même pas le nouveau meuble qui vient de rentrer dans la pièce. La morale de l'histoire ? Les écureuil sont fleur bleu ? Non. Les écureuils sont infidèles ? Non. Ingrats ? Non. Stupides ? Même pas. La morale de cette histoire, c'est que quand on a besoin d'un prêt bancaire, on a besoin de la réponse tout de suite.
C'est connu, les publicitaires nous prennent pour des cons.
En dehors de ce pathétique attentat au bon goût télévisuel, on ne peut d'empêcher de remarquer que l'infidélité devient une valeur à la mode. Ce matin, dans le métro, une affiche pour le philosophique magazine "Bien être" disait en substance J'ai envie d'un 5 à 7, et pas pour prendre le thé. Les exemples se multiplient, rangeant les amants et maîtresses au rang de "Must have fashion accessory". Clinton, prochain icône du savoir vivre à la française ?


Medias > Nouvelle grille

Générique météo. Midas vous présente la météo. Midas, 3 pneus achetés, un pneu offert, c'est bien pour quand c'est l'hiver. Aujourd'hui, il fera beau sur la majorité du pays. Quelques brumes persistante à l'est, qui se leveront en fin de matinée pour donner place à un beau soleil. Du coté des températures, une forte baisse qui donnera un 7 à Paris, 14 à Toulouse, 9 à Dijon et des givrées matinales à Marseille, pensez à vos damarts. Tout de suite, retour à la guerre du golfe après la page sport. C'était la météo avec Midas, Midas, des pneus à vivre.
Générique sport. A fond la forme avec Decathlon, au bout de moi même. Le grand prix du brésil a été écourté pour cause d'accidents. Finalement, c'est la voiture de sécurité qui à gagné le Grand Prix. Son conducteur, Ravier Dos Santos, s'est estimé ému et surpris. Il a tenu à remercier son sponsor, la Boucherie Gouartez. Mercedes marque ses premiers points en classe A, élue voiture de l'année par un jury de gens. Tout de suite, la guerre en Irak. C'était la page sport, avec Decathlon, j'y vais à fond.
Générique Pub. Avec les casinos du groupe Hachoir, votre pognon sera le notre. Générique fin de Pub.
8h30, Générique News. Tout de suite, l'édition spéciale Irak, avec E-solutions de E-béaim, résolvez vos E-merdes. Bonjour, l'armée est entrée à Baghdad ce matin à 6h15. Nous retrouvons tout de suite et en direct notre envoyé spécial, Lagaff'. "Alors Lagaff', que peut on dire de l'offensive à l'heure actuelle ? - Ben, les forces armées américaines sont entrées à Baghdad ce matin à 6h15 (il mime un militaire avec son fusil puis pête). - Merci Lagaff'. On nous dit également qu'un des palais de Saddam Hussein aurait été conquis et qu'un drapeau américain aurait flotté dessus. Avez vous des éléments là dessus Lagaff' ? - Eh bien je l'apprends en même temps que vous. C'est assez difficile à dire, je suis sur un toit d'hotel, il y a de la fumée, on ne voit pas grand chose. Mais c'est vrai que ce n'est pas impossible. Si vous les dites ... Poil à la ... - Merci Lagaff' pour être intervenu dans ces conditions difficiles. Tout de suite, la bourse de Jean-Pierre Gaillard, avec Prozax, Prozax, j'en prends un Max, suivi du résultat des courses avec Kanterbrau, Kanterbrau, il vous en faut. Générique de fin de news, Avec E-Béaim, vous ne serez plus dans la E-Merde.
Kanterbau ... Prozax ... Decathlon ... Monsieur Mougeotte ... Hachoir ... Monsieur Mougeotte ... Mid... Monsieur Mougeotte ... Reveillez vous, la conférence va commencer... Hein ? Quoi ? Monsieur Mougeotte, vous vous êtes endormi. Faut y aller, c'est aujourd'hui qu'on présente la nouvelle grille de LCI ...


Medias > Touche pas à ma vue

Hier, dans le journal de 20 heures, entre reportages importés des US, plaques de pétrole et niaiseries franchouillardes, un petit sujet, placé là sans doute parce qu'il y avait rien d'autre à mettre, parlait de pollution visuelle. Pollution visuelle, le mot semblait nouveau et hyper innovant pour le reporter de France 2, expatrié pour l'occasion en pleine banlieue, à la recherche d'une zone commerciale sordide.
Et zone commerciale sordide il y avait. D'enormes enseignes néon, Monsieur Meuble, Cuir center, Halle aux chaussures, aux vetements, Foire du slip et compétition d'andouillettes mayonnaise s'affichaient dans un délire vertical, à qui poserait l'enseigne la plus haute et a priori la plus laide.
Un représentant de l'association de défense "Paysage de France" pointe du doigt les panneaux et demande ce qu'on a fait pour mériter ces horreurs post apocalyptique des années 70. Sur le terrain, à coté du défenseur de l'espace aérien, un militant de "Act pub" ou un truc dans ce gout la affirme lui que non, tout ça est pas si mal que ça et que les gens sont bien content de voir quelques petits panneaux "Usine Center" de 10 metres par 12 parce que ça leur permet de s'orienter en batifollant gaiement parmi les entrepots.
Le reportage continue sur du vécu, des "vrais gens" (il en faut une dose, comme dans les tests de lessive). La "france d'en bas" du jour habite à Paris, une barre d'immeuble, le long du periph. Et depuis peu, l'immeuble en face du sien vient de placer une enseigne lumineuse verte gigantesque en plein milieu de son axe visuel. Elle voyait Paris, elle voit désormais l'arrière de Fujifilm.
Même si les paysages de France ne sont pas la priorité géopolitique du jour, ça fait plaisir de voir que des gens s'en préoccupent. Pour à l'avenir, eviter des trucs comme ca.


Medias > Autocollants, stickers et 4X3

Ca colle tout seul et j'ai l'impression que ça fleurit dans le métro. J'en ai vu deux hier. Encore un "Marre de la Pub". Celui là, j'aime. L'autre, sur une porte de métro, nous disait "Partageons les Richesses, pas la misère". Je suis plus dubitatif sur celui là. L'intention est sans doute bonne, le verbe l'est moins.
Mais surtout, et j'ai l'impression que c'est une nouveauté, il semble que les affiches citoyennes prennent un peu plus de place ces temps-ci sur les quais du ver de terre métallique. Bref résumé des faits. Ca commence par la station Victor Hugo, où, après la rénovation, on a laissé un panneau publicitaire occupé exclusivement par des poêmes de l'auteur. Merci pour la culture, il était temps. Ensuite, c'était le concours des affiches de la sécurité routière, dont les principaux lauréats figuraient dans certaines stations. Merci pour la sécurité, mais ça aurait sans doute été plus pertinent de les coller sur le periph. Pour finir, c'est cette affiche, la france en 4 par 3, style carte météo, -6 à Paris, -3 dans le nord. Et ce slogan, "Ce n'est pas la température, c'est le nombre de morts".
Parfois, ca fait juste du bien de voir les murs utilisés pour autre chose que pour vendre "la plus grande invention depuis la découverte de la lessive".
Pour les affiches candidates au concours de la sécurité routière, c'est ici, pour l'affiche gagnante, c'est par là.


Medias > Je suis pas un coeur de cible (et c'est pas moi qui le dit)

Dimanche après midi, le métro, ligne une. Encore une fois, sans vraiment l'avoir demandé, nous subissons l'interminable défilement des pubs dans le couloir. Moins 10% chez casto, les prix noël chez mamouth, deux valises pour le prix d'une si tu achète trois boites de chocolats Laetitia Casta et que tu trouves moins cher ailleurs dans un rayon de 30km, hors offres promotionelles.
Soudain, au milieu d'une affiche gigantesque, un petit autocolant modeste, rectangulaire, posé là comme un timbre sur une déclaration d'impots. Et ce petit autocollant modeste, il dit simplement "MARRE DE LA PUB". Marre de la pub ? La Pub ? Finalement, pourquoi serait-il acquis que nous ayons à subir en permanence les messages que l'on veut nous imposer, nous transformer en êtres statistiques, en exposition et en "occasions de voir". En ODV, en taux de répétition, en taux de lecture, en taux de transformation.
Pourquoi est-ce que le fait de payer mon ticket de metro ne me donnerait-il pas le droit à quelques instants de repos visuel, de paix consummériste ? Pourquoi est-ce que payer 10 euros ma place de ciné ne me donne-t-il pas le droit de ne pas me taper le message de la dernière promotion sur la location des shampouineuses au monoprix du coin ?
Assez curieusement, il me semble que le dernier bastion de resistance au gavage publicitaire soit la télé, sur Arte et les chaines de cinéma payantes. Par un miracle quelconque, cette oasis a trouvé répit en dehors du giron du démon Séguéliste. Et ça fait bizarre. On s'attend à voir de la pub, à entendre à la fin de la Liste de Shindler que la rediffusion était sponsorisée par Otis ou que Darty était heureux d'être le partenaire officiel de Blade Runner ...
Regarder Arte, c'est un peu comme être à Venise. Venise où d'un seul coup, on redécouvre a quoi ressemble une ville sans voiture, sans bruits ou le seul accidents qui peut arriver en traversant la rue est de marcher dans une flaque. Et une journée sans pub, ce serait comment ? D'un seul coup, j'ai envie d'en avoir aussi, moi, des stickers MARRE DE LA PUB et d'aller les coller partout où j'en voie ...


Medias > Bilan, compte de résultat

Bilan de ma journée sans achat 2002 (du samedi 23 Novembre): Levé 11 heures, rien pour le petit dejeuner, sorti pour acheter des toasts chez Franprix, rentre avec 1 paquet de Toasts, du jus d'orange et un Yop. 5 euros 35 dépensés, je m'en sors pas trop mal.
Après le petit dejeuner, passage par le palais de Tokyo et son annexe du centre de création contemporaine. Entrée au Musée, 3 euros. Rencontre avec les oeuvres de Louise Bourgeois, allumée Franco-New Yorkaise de 90 ans. On nous propose de remplir sur une feuille nos réponses à plusieurs questions et de les déposer dans une urne. Les réponses seront, nous dit-on, envoyée à Louise herself. Ca ressemble vaguement au Friday 5 tout ça. Sortie du palais de Tokyo, il est plus de 17 heures, la faim gronde.
Arrêt au stand chez Bert's, on ingurgite des sandwichs et on partage la perfection du Cheese Cake. 17 euros à deux.
Sur le chemin du retour, arrêt a un kiosque. Tentative de célébration de cette journée sans achats par une tentative d'acquisition du magazine "Casseurs de Pub". Le vendeur de journaux nous dit qu'il ne sait pas ce que c'est mais est curieux, nous ne sommes pas les premiers à le lui demander. On lui explique que c'est pour fêter la journée sans achats 2002. Il se retourne vers sa femme, leve les yeux. Yourné sanse achat ? Et avic quoi jé vé vivre moi ? On finit par repartir avec Technikart sous le bras.
Retour appartement, bilan des dépenses en ce samedi de non capitalisme:
21,35 euros dépensés a manger, lire et voir. L'illusion du samedi à zero euros s'est envolée dés mon reveil. Mais finalement, je m'en sors pas trop mal.


Medias > Sans vouloir insister

Suite à mon post d'hier sur la "journée sans achats 2002", j'ai commencé à me poser quelques unes de ces questions qui font que l'être humain est passé allegrement et sans heurts du stade de bête poilue marchant à quatre pattes dans les prés le lundi au soleil au stade de philosophe accompli, curieux de son conscient, inconscient, subconscient, compte en banque. Et ce n'est certainement pas Jean Pierre Pernod qui me contredira. Amen.

Bref, je me questionnais, disais-je, sur un des sponsors de la journée sans achats 2002, représenté par le collectif de "Résistance à l'agression publicitaire". Agression publicitaire ? N'ayant été que rarement agressé par le bibendum michelin ou aspergé de Mr Propre par un grand chauve légerement homo, mon esprit cependant brillant n'arrivait pas à comprendre la signification exacte d'"aggression publicitaire". Affuté tel le Demis Roussos au réveil, je ne pouvait me contenter de rester sur une telle expectative. Donc, mode recherche, investigation, thèse, anti-thèse, synthol: Sommes nous vraiment victime d'agressions publicitaires ??

Chapitre 1: La pub est-elle évitable ?

Certes oui. A condition de vivre reclus dans une cave en regardant en boucle le DVD collector du manège enchanté version 1981. Bon, maintenant, pour peu que l'on prenne le risque de vivre un minimum à la lumière du jour, plutôt pas. Afin de rendre ce texte d'une brillante clarté un brin plus interactif, posez vous la question. En tournant la tête autour de vous et en regardant ce qui vous entoure, combien de publicités, de slogans ou de marques pouvez vous voir de vos petits yeux dans lesquels tremblotte une petite lueur d'incomprehension bien légitime ? Conclusion: Non, la pub n'est plus évitable. Mais, petits êtres humains qui tremblez déjà de peur au fond de vos campagnes, ne vous effarouchez pas trop vite, le mal n'est pas encore fait.

Chapitre 2: La pub est elle partout ?

Bien sur que non. Il suffit de regarder encore une fois autour de vous pour vous rendre compte qu'il reste encore moulte place pour maints messages propagandesques du type "Ne lavez pas votre linge sale en public mais plutôt chez vous et qui plus est, pas avec la lessive X, un peu de savoir vivre je vous prie". Beaucoup d'espaces urbains sont encore inexploités. Une publicité Synthol sur les boucliers de CRS serait par exemple du meilleur effet, de même qu'un message promotionel pour le bigdil serait d'un bon gout certain placardé sur les murs de l'académie française. La pub n'est donc pas partout, il suffit de se rendre à une manif d'académiciens pour s'en rendre compte.

Chapitre 3: La pub fait elle de nous des crétins ?

Bien sur que non. La pertinence même des messages de publicité, leur bien fondé, leur bon sens et leur énorme portée philosophique nous laisse même présager que la publicité a contribué pour une large part à notre éveil intelectuel. Ne pas regarder de publicité a une facheuse tendance à produire des armées de crétins goitreux exophthalmiques (aussi surnommés crétins des alpes). Car enfin, il suffit de nous replonger dans un passé proche (l'âge de pierre) pour nous rendre compte que sans pub, les autochtones n'étaient pas hyper eveillés aux choses de la vie. Alors que ces primates d'une iditiotie pathologique passaient le plus clair de leur temps à essayer d'allumer des feux, nous brillons aujourd'hui dans notre intelligence grâce au briquet jetable BIC (tm) qui nous permet d'allumer des bombes en un temps record.

Conclusion: La pub, c'est bien

Contrairement à ce que voudraient nous faire croire ces anarchistes du mouvement de résistance à l'agression publicitaire, je dis non, la pub ne nous agresse pas, elle fait de nous des être meilleurs, des êtres avec une tenue de route exemplaire car, comme le disait si bien Marie-Josée Perec lorsqu'elle vendait des pneus "C'est pas tout mais faut qu'j'y vais. Il est où le terminal 3 ?". Quant à moi, excusez moi, mais faut que j'aille aux cabinets, on vient d'y installer un nouveau bloc cuvette qui sent l'air des alpes.


Medias > Neurone sous Coke (Light)

Ca fait deux semaines que je bois un coca light tous les midis. Or, le conglomérat industriel "Coca Cola Co" organise un jeu pour les gens comme moi (c'est à dire les djeuns cool qui boivent du coca light au soleil en montrant leurs enormes muscles tout en transpirant légèrement et en jetant des regards lubriques aux secrétaires de direction à lunettes moches qui fantasment comme des malades). Bref, le but du jeu est de découvrir sous 10 languettes différentes le mot "TITRE" afin de se composer sa propre compil selon un catalogue que Coke Inc. se fera un plaisir d'envoyer chez moi-pas-plus-d'un-envoi-par-foyer-merci. Donc, ça fait deux semaines que j'observe attentivement mes canettes afin de pouvoir, enfin une fois dans ma vie, gagner à un jeu-à-la-con. Et manque de bol, je tombe toujours sur le mot "PERDU" à la place du mot "TITRE". Resultats des courses, zero titre sur 10, pas de compil en vue.
Ce qui m'amène à ma question existentielle. Qui joue à ces trucs là de toute façon ? "Gagne ton veritable autographe de Pokemon grâce à Nesquik", "Les courgettes t'offrent une folle nuit d'amour avec Tomb raider" et autres se succèdent sur les boissons, chips et à peu près tout ce qui existe de commestible dans ce monde. Et pourtant, je connais personne, non personne qui joue à ces trucs là. Si quelqu'un a du vécu dans la profession ...