Après 6 ans de bons et loyaux services, 404 s'arrête là, définitivement, ou pas.
D'abord à cause de plein d'autres projets chouettes. Un autre blog d'abord, bienbienbien, avec 3 compères et une nouvelle énergie. Et puis une nouvelle boîte aussi, des choses excitantes, des baskets contre des cravates, des caméras contre du Powerpoint, des idées contre, tout simplement contre.
Des envies différentes aussi.
Et puis cette campagne épuisante, ce bruit qui ne faisait que grandir chaque jour. Les blogs qui parlaient des médias qui parlaient des blogs qui parlaient des médias qui parlaient des blogs.
Des candidats ridicules sur Second Life, d'autres absurdes qui créaient leur websphère rien qu'à eux. Des bloggueurs qui croyaient détenir des secrets d'état et qu'on aurait dû remercier de ne pas faire imploser le monde tel que nous le connaissons à coup de révélations fracassantes sur Blogspot.
Tsunami de verbiage.
Le moment de passer à autre chose, sûrement, en remerciant tous ceux qui ont lu, commenté, aimé ou détesté 404.
La suite, c'est là. Et c'est pas pareil. Mais quand même.
En dehors d'être esthétiquement moche, manger 66 hot dogs de suite est passablement crétin. Mais est-ce que ça mérite un prix Nobel pour autant ?
Depuis que l'homme a inventé le sport, d'autres hommes se sont évertués à créer d'autres sports, ridicules ceux-là. Par exemple, la course peut légitimement être considérée comme un sport. La course automobile, on se demande. Aller faire les beaufs de luxe en fonçant comme des gorets dans les villages africains à l'occasion d'un raid pseudo-aventurier mais franchement motorisé, on peut décemment considérer que le sport n'a pas grand-chose à voir là-dedans. Le ridicule, par contre, oui.
Et s'il est un sport (cough) qui abat toutes les fontières du ridicule, c'est bien celui dont la plus prestigieuse (re-cough) compétition s'est déroulée le 4 juillet sur la côte est des États-Unis : le manger de hot-dog. Un principe simple, se bâfrer d'un maximum de pain-saucisse en 10 minutes, sans vomir sur les juges. À la face de la moitié de l'humanité qui n'a ni de quoi se nourrir ou s'hydrater décemment, oui, mais sur les juges, non.
Seul hic dans cette antre du bon goût : le tenant du titre n'est pas un obèse camarade de l'oncle Sam mais un chétif Japonais qui rapporte depuis 8 ans maintenant le titre au pays. Au nez et à la barbe pleine de miettes d'Américains déconfits.
Mais 2007 est l'année de la revanche. Diffusée sur ESPN en direct (vidéo ici), la compétition enflamme les commentateurs de la chaîne. En parlant de leur compétiteur national, Joey Chestnut, l'envolée lyrique n'est jamais loin (morceaux choisis) : "Ce serait le plus grand moment du sport américain si Chestnut pouvait rapporter le trophée chez nous", "Un courage incroyable de la part de Chestnut, cet homme a probablement changé le cours de l'histoire dans notre pays", "Chestnut est un véritable héros américain", "en ce 4 juillet, nous ne sommes pas loin de George Washington lorsqu'il a commencé à affronter les Anglais", "si vous tapez 'héros' dans Google demain, vous trouverez Neil Amstrong et Joey Chestnut".
Tout ceci, à propos d'un type dont le seul talent est de pouvoir manger 66 hot dogs de suite sans vomir.
Mais la meilleure est à venir lorsque, dans un accès de fébrilité patriotique, le présentateur lance : "Tout le monde, oui, tout le monde libre a les yeux fixés sur cet homme". Tout le monde libre devrait avoir les yeux fixés sur une compétition de hot-dogs ? A elle seule, cette phrase pourrait presque excuser 4 ans de résistance irakienne.
En tout cas, Joey Chestnut a rapporté la "Mustard Belt" au pays, devenant l'homme au monde capable de manger le plus de saucisses dans du pain en 10 minutes. La gloire tient finalement à peu de choses. Le ridicule aussi.
Entre un journaliste et un animateur de l'ORTF, il y a généralement un monde, la preuve (non, cet article ne parle PAS de Pujadas)
Dans la vie, il y a des sujets sur lesquels on aimerait jamais n'avoir à user les touches de son clavier. Et Paris Hilton tient une bonne place dans ceux-là. Mais si, pour une fois, on évoque la blonde au QI de fruit de mer dans cette colonne, ce n'est pas tant pour elle-même que pour une journaliste de MSNBC, Mika Brzezinski, qui refuse à l'antenne de couvrir la sortie de prison de la star de la chanson de cinéma de porno.
C'est qu'en plus de couvrir le (non) événement, MSNBC souhaitait que le titre fasse l'ouverture du journal. Rien que ça. Un peu comme si Pujadas choisissait d'ouvrir le 20 heures par un accident de vélo ou que PPDA lançait son JT par un résultat de foot. Impensable (cough).
La vidéo de Mika Brzezinski tentant de brûler son conducteur d'émission (www) a fait le tour du web, vue plus de 2 millions de fois sur YouTube. Devant l'ampleur de l'événement, MSNBC a choisi de faire, 4 jours plus tard, un retour sur la chose avec la journaliste en question (www). Avec une seule phrase de conclusion de la part du présentateur : "Vous avez pris position. Le monde des journalistes a entendu votre position... et ils vous remercient". On n'aurait pas dit mieux, c'était juste un petit moment de bonheur dans les médias.
Ça faisait un moment qu'on s'en doutait, la télé-réalité se moque un brin des téléspectateurs. Maintenant, et c'est plus inquiétant, elle a choisi sa prochaine victime : la planète.
Ça n'aura pas échappé aux plus sagaces (ou désespérés, c'est au choix) observateurs du paysage audiovisuel français, TF1 se lance de nouveau dans les programmes de grande qualité avec "Secret Story", qu'on aurait avantageusement pu sous-titrer "On va arriver à vous faire croire que c'est intéressant".
Laissons néanmoins de côté l'interrogation légitime quant à l'intérêt de voir s'ébrouer une quinzaine de barmans et de coiffeuses qui doivent à tout prix cacher aux autres un secret de haute volée - parmi vous se cache le fils, naturel en plus, du genou d'Henri Leconte - et observons la maison de toutes les audiences. La production l'affirme à qui veut l'entendre : elle est écologique. Oui. Écologique, on vous dit. Verte. Responsable. Renouvelable. Sans OGM ni CFC. É-co-lo-gique, quoi. Parce que chez TF1, on veut le bien de la planète.
Alors, du coup, les matériaux sont recyclables, la moquette en vieux pneu tressé et pour un peu, on oublierait presque qu'il y a tellement d'ampoules 800 watts là-dedans que le simple fait de filmer la douche d'un candidat consomme autant d'électricité que Montbelliard en 12 ans (hors période de tentative de sécession de la Franche Comté, bien entendu). Mais on apprécie le geste écologique, c'était bien d'y penser.
Mais alors grand Dieu, pourquoi, oui, pourquoi, alors qu'on était presque ému par les efforts adolescents de la première chaîne pour sauver la planète du désastre, pourquoi a-t-il fallu que la production fasse arriver les candidats en Hummer, probablement la seule voiture sur le marché à pouvoir se vanter de polluer plus qu'un 33 tonnes ?? Personne ne les a prévenus qu'en plus de rendre pathétique tout ce qu'elle touche, cette voiture est aussi le plus abominable aspirateur à gasoil fabriqué par la main de l'homme ? Personne ne s'est senti perturbé qu'on déplace dans Paris (oui, dans Paris) des célébrités inconnues dans un véhicule que seuls des militaires avaient le mauvais goût de trouver utile ?
Pour la prochaine (parce que si l'émission est suffisamment mauvaise, il est largement possible qu'il y ait une suite), on inviterait bien TF1 à réfléchir deux fois plus à leur politique écologique. En plus, deux minutes de réflexion au lieu d'une, ça doit se caler dans un planning 2008, non ?
Le second tour passé, il est temps de se remettre à l'ouvrage... Plus que jamais.
Le lecteur affûté l'aura noté, 404 est resté silencieux ces dernières semaines. Non que 404 soit mort, non qu'il n'y ait rien eu à dire.
Si 404 s'est mis, délibérément, en mode pause, c'est que le bruit autour de la campagne était déjà largement suffisant. De l'Humanité au Figaro, du Canard à Charlie, de Versac à Lemeur, de RTL à Europe 2, ce qui devait être dit l'a été, et chacun avait largement les cartes en main pour faire son choix en toute conscience. 404 n'avait plus son rôle à jouer dans ce grand raout médiatique.
L'élection passée, 404 revient.
Parce que 404 veut justement parler de ce dont on ne parle normalement pas. Aborder des sujets, informations, débats qui ne trouvent pas leur place dans le cercle médiatique habituel, trop squatté par les résultats du foot, la longueur du yacht de Sarkozy et l'acné d'Eve Angeli. Parce que plutôt qu'être un média de plus, les blogs n'ont de sens que s'ils sont un média différent.
Combien de ceux créés à l'aube de la campagne présidentielle continueront, le deuxième tour passé, à scruter la vie politique, à recenser les promesses non tenues, les libertés supprimées, les abus, la corruption, la pollution ou l'indice UV au cap d'Agde ? Probablement très peu. Après leur cuite virtuelle du dimanche soir, que restera-t-il des militants de second life ?
404 revient. On monte d'autres projets, aussi. Et accessoirement, on change de carrière pour aller bosser avec des gens très chouettes qui partagent la conviction que le web n'a de sens que si on met des contenus de qualité dessus.
Tout ça cumulé explique pourquoi 404 faisait le mort. Mais pour faire semblant, seulement.
Sarkozy avait promis de la transparence dans les résultats de son ministère. Et selon certains magistrats français, les chiffres sont effectivement devenus tellement transparents qu'on n'arrive plus à les lire.
En cette semaine de premier tour, 404 est plus calme que d'habitude, pour cause de suractivité dans d'autres domaines (on arrive, on arrive). Mais on ne peut s'empêcher de coller un lien vers le livre "Ruptures", du vice-président au tribunal de Paris et président de la 12e Chambre correctionnelle Serge Portelli.
Programmé pour sortir avant la campagne présidentielle, le livre a finalement été rejeté par les éditions Michalon, pour cause de "pressions" selon l'auteur, de qualité médiocre selon l'éditeur (source). Les adeptes de complots apprécieront sans doute par ailleurs le fait que Yves Michalon soit dans la vie un ami de Sarkozy.
Le livre, diffusé faute d'éditeur sous licence Creative Commons, dresse un portait des (vrais?) résultats de la politique de Nicolas Sarkozy au ministère de l'intérieur, des dérives possibles et de celles qui ont déjà eu lieu. Avec cette citation reprise de Churchill en guise d'introduction : "Je ne crois aux statistiques que lorsque je les ai moi-même falsifiées". À emporter sous le coude, dans l'isoloir, donc.
Livre en PDF (102 pages), en Creative Commons, livre en ligne sur Betapolitique.
Histoire de faire devant son ordinateur comme devant sa télé, la campagne de ces derniers jours en images qui bougent. Et sur Internet en plus.
Puisque, comme disait en son temps Pompidou ou quelqu'un d'autre, l'ORTF est l'avenir de l'humanité, il était grand temps de faire un détour par les dernières vidéos de campagne présidentielle qui circulent sur le web. Et qui dit vidéo, dit people, et inversement (ou pas).
Ça commence avec un soutien de poids (cough) pour Ségolène Royal en la personne d'un BHL même pas entartré qui espère très fort que sa candidate soit au second tour (vidéo iTélé). Et tant qu'on est dans le people haut de gamme, Dominique Farrugia soutient de son côté (re-cough) Nicolas Sarkozy. Même s'il n'ose pas trop le dire. Enfin un peu quand même. Mais en fait non. Enfin bref (vidéo La Télé Libre). Enfin, et puisque ce sont les rois du showbiz, un autre tour à l'UMP nous apprend en vrac que Sarkozy a copié le programme politique de Steevy (trop déliiiire), que, ô surprise, François Sarkozy soutient son frère et qu'enfin, Alain Prost a "une certaine vision non seulement des choses mais des difficultés qu'on a mais qu'on peut avoir si on ne change pas". Et le contraire, non? Tout un programme. Les preuves ici (NS TV).
Dans les soutiens de Sarkozy, on compte aussi Claude Goasguen qui, piégé par les YesMen pour LeLab.tv, trouve que ce serait super chouette hyper top d'envoyer des Airbus A380 chargés de glaçons pour reformer la banquise. Et sérieusement en plus (vidéo LeLab.tv).
Sinon, en vrac sur les écrans, Rachida Dati se verrait bien future ministre, dans le texte - sic - "de la rénovation urbaine à coup de Kärcher" (vidéo LaTéléLibre), Le Pen se verrait bien démocrate (vidéo Canal+) et Sarkozy qui n'aime pas qu'on dise du mal de lui se verrait bien faire le ménage à l'ORTF (Vidéo France 5).
Pour finir, un coup de coeur spécial pour la spectaculaire télé-génie de Gérard Schivardi (vidéo G. Schivardi) et pour la question brillante d'avant-gardisme politique d'un bloggueur aux sauteries du mardi à l'UMP (vidéo DM).
Comme disait un acteur pas encore mort, "Il ne faut jamais oublier que la télévision n'est qu'un appareil électroménager". C'est fait.
On se demandait pourquoi Sarkozy voulait pister les délinquants au berceau : on a enfin la réponse.
A l'époque, on avait trouvé ça scandaleux, en tout cas franchement ridicule : Sarkozy, dans sa loi de prévention de la délinquance, voulait détecter les syndromes de la délinquance chez les enfants à partir de... 3 ans. Si. Parce qu'un enfant agité en crèche avait, selon le candidat à la présidentielle, de plus grandes chances que les autres de (rayez les mentions inutiles) brûler une vieille, détrousser une voiture ou cracher dans des dahlias.
Depuis, maternelles, collèges, lycées et organismes chargés du versement des prestations familiales doivent communiquer au maire des "données nominatives utiles" (source, en particulier Article 9).
Derrière ce besoin de recenser au plus tôt les fauteurs de trouble et autres rebelles à l'autorité se cache une philosophie bien étrange du candidat à la présidentielle et dévoilée cette semaine par le magazine "Philosophie" : lors d'un entretien avec le philosophe Michel Onfray, Sarkozy expose son point de vue (on s'assoit pour lire ça, merci). Dans le texte, dixit Nicolas Sarkozy (source) :
"Je ne suis pas d'accord avec vous. J'inclinerais, pour ma part, à penser qu'on naît pédophile, et c'est d'ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie. Il y a 1 200 ou 1 300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n'est pas parce que leurs parents s'en sont mal occupés! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable. Prenez les fumeurs : certains développent un cancer, d'autres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire. Les circonstances ne font pas tout, la part de l'inné est immense."
Voilà qui clair : les pédophiles naissent pédophiles, les délinquants naissent délinquants. Autant les choper au berceau pour éviter qu'ils fassent du mal. Pour ceux qui ne naissent ni pédophiles, ni délinquants, s'ils ne sont pas génétiquement inadaptés au système, on verra ce qu'on peut en faire.
Finalement dans 1984, Orwell s'était trompé.
De 23 ans.
Dans la vie, il y a ceux qui ne savent pas le nombre de sous-marins nucléaires. Et ceux qui s'en servent sans rien dire.
On l'a suffisamment répété lors de la (double) affaire des sous-marins nucléaires, le futur président de la république française sera aussi chef des armées, ce qui n'est pas rien considérant le nombre de soldats qui mugissent dans nos campagnes par les temps qui courent. Pour autant, prendre la relève de Chirac ne semble pas, a priori, d'une complexité insurmontable. Parce qu'à part avoir bâti un porte-avion qui craint l'eau et tenté en vain de se débarrasser du porte-amiante Clémenceau, on ne connaît pas de grand fait militaire au futur ex-président. Mieux, s'opposant à la guerre en Irak, il serait même presque passé pour un alter-mondialiste à pancarte.
Mais Chirac est-il pour autant un pacifiste aussi convaincu qu'il veut le laisser croire?
Pas vraiment si l'on regarde du côté du Jerusalem Post qui dévoile qu'en mars 2006, soit 4 mois avant l'invasion du Liban par Israël, Chirac aurait contacté Sharon pour le presser, au passage, d'en profiter pour envahir la Syrie et en renverser le gouvernement. Et de promettre, le cas échéant, le plein support de l'armée française dans cette opération (source, merci à Sophie).
Et il ne s'arrête pas là. Après avoir exhorté hier les candidats à ne pas considérer "les crédits de la défense nationale [comme] la variable d'ajustement de notre politique budgétaire" (comprendre "s'il faut du budget pour l'éducation nationale, c'est pas du côté des chars Leclercs qu'il faut chercher") (source), il vient d'autoriser les avions français à aller bombarder de l'Afghan (source).
Du coup, c'est jour de joie chez Dassault : les Rafales français viennent de larguer leurs premières (vraies) bombes. On est très fier de cette réussite technologique (rendez-vous compte, un avion de chasse à 45 millions d'euros qui est capable de lâcher - enfin - une bombe de 500 kilos, 31 ans après le lancement du projet, 20 ans après son premier vol, c'est vrai que ça en impose).
Du côté de Chirac, on n'en est plus à une contradiction près, lui qui avait reçu le prix "ig-nobel" [ig-noble] en 1996 pour avoir commémoré les 50 ans des bombes atomiques de Hiroshima et Nagasaki à coups d'essais nucléaires dans le Pacifique. Quant aux Afghans, ils seront sans doute très contents de se prendre du napalm high tech sur le cuir chevelu. Pour faire la promotion de Dassault. Ça s'appelle du marketing.
Une question, beaucoup de possibilités et beaucoup de réponses : l'heure est venue de dévoiler les gagnants du concours 404 / Olowshop.
Le concours 404 / Olowshop, c'est fini, avec un peu de temps pour trier (et vérifier) les réponses données avant la fin du chronomètre. Et puisqu'il faut passer par là, que rien n'est gratuit dans la vie et tout et tout, voici les résultats des Bushisms qui remportent un T-shirt Olowshop.
4e, Édouard M. grâce à un Bushism que n'aurait pas renié un Monty Python dans ses grandes heures, puisque la phrase ne veut - strictement - rien dire. C'était au cours du 2e débat des présidentielles de 2000, lorsque George a lâché un tonitruant : "I mean, there needs to be a wholesale effort against racial profiling, which is illiterate children." Aucun rapport entre le début et la fin de la phrase, du grand doubleuvé (source PBS).
3e, Julien J. qui rapporte cette brillante confession du président le plus influent au monde : "I'm also not very analytical. You know I don't spend a lot of time thinking about myself, about why I do things." ("Je n'analyse pas beaucoup. Vous savez, je ne réfléchis pas beaucoup à propos de moi, à propos de la raison pour laquelle je fais des choses"). Voilà qui est (très) clair (source About.com).
2e, Olivier démontre toute la force politique de George; "See, free nations are peaceful nations. Free nations don't attack each other. Free nations don't develop weapons of mass destruction.". Enfin, sauf les États-Unis quoi. Raffarin, qui avait déposé le concept du Yes qui needs the No to win the Yes against the No aurait demandé des royalties à la Maison blanche (source Slate).
Enfin, premier, Stephan qui en une petite citation résume le personnage : "I'm the master of low expectations". On n'aurait pas dit mieux nous-mêmes (source Whitehouse.gov).
Édouard, Julien, Olivier & Stephan remportent chacun un T-shirt Olowshop de leur choix. Bravo à eux et merci à Olowshop (avec qui 404 devrait sortir, sans trop tarder, un T-shirt en édition spéciale). Et entretemps, ça c'est cadeau pour ceux qui n'en peuvent - vraiment - plus.
Accuser de crime de guerre quelqu'un qui n'est pas censé avoir fait de guerre devrait poser un problème de logique. Mais en fait, non.
Attention lecteur, cet article peut provoquer une remise en cause des principes fondamentaux de la logique. Cette semaine, celui qu'on surnomme "le taliban australien", David Hicks , a été officiellement accusé de "crime de guerre" par l'administration américaine (source Chicago Tribune). Détenu par l'armée américaine depuis 2001, en grande partie à Guantanamo, Hicks fait partie de ceux qui sont qualifiés par l'administration Bush de "unlawful enemy combatant" (combattant ennemi illégal) dans le but avoué de leur nier les droits de la convention de Genève qui protège les prisonniers de guerre.
Depuis son arrestation, Hicks, son avocat, la Croix Rouge et même des militaires de la prison de Guantanamo confirment que le prisonnier Hicks a été maltraité, probablement torturé, isolé du monde extérieur pendant des mois entiers, drogué et battu. Ce qui ne semble pas poser de gros dilemme moral à l'armée de l'auto-proclamée première démocratie du monde.
En effet ('faut suivre), quand on accuse de crime de guerre un combattant qui, officiellement, n'a jamais fait la guerre, et qu'on lui refuse la protection des prisonniers de guerre (bien qu'on l'accuse de crimes de guerre) et que, par ailleurs, on le traite contrairement aux droits de l'homme alors qu'on fait justement la guerre contre des gens qui ne font pas la guerre pour défendre des droits de l'homme qu'on ne respecte pas, on n'est pas à une contradiction près.
D'autant qu'officiellement, Hicks n'aurait même pas commis de "crime" au sens propre du terme : "The U.S. administration has not alleged Hicks engaged in any actual acts of terrorism, nor that he killed any U.S. or Coalition soldier while engaged in fighting at Konduz.". Sic.
Plus d'informations sur les conditions de détention des plus de 400 prisonniers de Guantanamo bay sur Wikipedia et la réplique en 3D de la cellule de Hicks par Amnesty International.
Pour lancer la nouvelle version de 404, nos amis de Olowshop vous offrent des T-shirts. Lais vous n'avez que jusqu'à dimanche.
Petit rappel de dernière minute pour les retardataires : histoire de célébrer dignement sa 5e version en 6 ans d'existence, 404 Brain Not Found vous fait gagner des T-shirts chouettes et engagés avec nos amis de Olowshop.com. Et sur 404, on a nos têtes... Alors, pour fêter cette nouvelle version, il était logique de ne pas passer à côté de notre préféré, George W. Bush :
1/ Rendez-vous chez Olowshop (www.olowshop.com) et choisissez votre T-shirt préféré.
2/ Naviguez sur le Net pour trouver votre Bushisme* préféré (et gardez bien son URL)
3/ Envoyez un mail à CONCOURS (AT) 404BRAIN.NET précisant votre nom, prénom ou pseudo, votre Bushism, son URL et votre T-shirt préféré.
Vous avez jusqu'au 25 mars, minuit (sous contrôle d'un non-huissier).
Et non, participer au concours ne vous inscrit pas de force sur des mailing lists bizarres, ne vous force pas à acheter des produits moins chers, à changer d'opérateur mobile ou de voter pour "Chasse pêche nature tradition et intégrisme". Non, jouer vous permet juste d'avoir une chance de gagner. Et c'est déjà pas mal.
(*) Extrait de Wikipedia : "Un bushisme est une expression désignant un mot ou une phrase incorrecte que le Président des États-Unis George W. Bush dit en public et de manière involontaire. Ces erreurs sont bien souvent comiques, car elles sont mises en parallèle avec le sérieux de sa fonction."
Les USA veulent les terroristes morts ou vifs. Mais même morts, 'faut qu'ils puissent faire de la pub quand même.
La très décriée prison de Guantanamo (le goulag de la plus grande démocratie du monde) se montre finalement d'une efficacité redoutable. Bien plus, même, que les Américains ne voulaient le croire. Après y avoir enfermé, sans autre forme de procès (on ne va pas s'embarrasser de formalités), plus de 600 "combattants ennemis", ils ont finalement trouvé leur bête noire, le cerveau de tout : Khalid Sheikh Mohammed (à défaut de Bin Laden, ça devrait pouvoir le faire).
Arrêté en 2003 et soumis depuis à de constants interrogatoires, le Pakistano-Koweïtien a fini par avouer. Tout. Tout tout tout (source Breitbart).
D'abord, il confesse être l'homme derrière les attentats du 11 septembre 2001. Rien que ça. Et de "A à Z" selon ses propres termes. Et comme si ça ne suffisait pas, il continue de soulager sa conscience. Il confesse également avoir orchestré la décapitation du journaliste Daniel Pearl en 2002. Toujours en 2002, il serait tout autant responsable d'attentats au Kenya et de la tentative d'abattre en vol un avion de tourisme israélien avec un lance-roquettes. Il serait également responsable des attentats de Bali la même année, 202 morts.
Mais il ne s'arrête pas là. Il aurait également tenté des attentats contre la Sears Tower (Chicago), l'Empire State Building (New York), Wall Street (New York), des centrales nucléaires, des ambassades américaines en Asie et Australie, des navires de guerre américains, une compagnie pétrolière, le canal de Panama, l'aéroport d'Heathrow et Big Ben. Et vu que ça ne suffit pas, il aurait aussi tenté d'assassiner Jimmy Carter, Bill Clinton et participé aux attentats contre Jean-Paul II et Pervez Musharraf.
Parlons d'un hyperactif.
Sauf que, petit hic, il confesse aussi avoir préparé un attentat contre la "Plaza Bank" de Seattle. Banque qui, comme on peut le lire sur leur site (www), a été fondée en... 2006. Soit 3 ans après l'arrestation de Khalid Sheikh Mohammed. Et ce n'est pas le seul raté dans l'histoire de celui qui déclare être le centre névralgique de la quasi intégralité du terrorisme mondial de ces 15 dernières années (source Atlantic Free Press).
A la période de ses interrogatoires, Khalid Sheikh Mohammed est présenté comme parlant très bien anglais, flirtant dès qu'il peut, louant même un hélicoptère pour impressionner une dentiste qu'il voulait séduire (sic). Lors de sa confession, les juges trouvent un homme qui prononce mal et fait difficilement des phrases en anglais. D'autant que Khalid Sheikh Mohammed avait été, en 2002, reporté... mort (et son cadavre identifié par sa femme).
A la fois, après l'homme le plus recherché au monde qui échappe à toute l'armée américaine sur une mobylette, on n'était pas à une incohérence près.
Le passé est-il un gros mot dans la campagne actuelle? Pas si l'on prend soin de ne pas s'inclure dedans.
Où que l'on cherche dans les discours de Sarkozy ou de Ségolène, c'est "avenir", "futur", "après", "demain", "destin", "prochain" ou encore "suivant" qui tiennent le haut du pavé de la redondance verbale. Mais pour autant que la projection dans le futur puisse être un passe-temps rigolo, il faudrait peut-être voir à ne pas complètement oublier le passé non plus. Ainsi, on pourra se délecter de Nicolas Sarkozy qui affirme, sans rire en plus, et sur le site officiel de sa campagne (source Sarkozy.fr) :
"[Je ne serai pas le candidat] qui volera aux Français le débat dont ils ont été privés en 2002 et qui a eu de lourdes conséquences sur le fonctionnement de notre démocratie, car les vrais problèmes n'ont pas été évoqués lors du deuxième tour de la présidentielle de 2002."
Cough. "De lourdes conséquences sur le fonctionnement de notre démocratie"? Juste pour savoir, il n'a pas été numéro 2 du gouvernement en quasi-permanence entre 2002 et 2007, Sarkozy? Il n'était pas concerné par "le fonctionnement de notre démocratie" à l'époque, le garçon?
Le candidat de l'UMP serait-il en proie à un Alzheimer précoce? Probablement pas. En fait, ce serait plutôt juste pour un sens formidable pour la formule à double sens. Preuve en est le contraste fantastique entre ses déclarations à la jeunesse dimanche dernier durant lesquelles il recyclait à son compte la phrase d'un pape mort ("N'ayez pas peur!", source Sarkozy.fr) et ce cliché (www - merci Human Target), pris devant le siège national de l'UMP (et pas devant le siège de campagne, amis de Flu) lors de la manifestation des salariés d'Alcatel devant leurs bureaux, situés dans la même rue.
C'est vrai qu'on l'imagine bien, d'un seul coup, la France d'après.
-- MISE A JOUR --
- pseALU ajoute : Cette photo date de la manif spontanée des salariés parisiens lors de l'annonce mi-février. Lors de la manif européenne de vendredi dernier, le déploiement de forces était beaucoup plus gros. Nous n'avons même pas pu aller devant notre siège (lien).
L'opérateur de médias américain poursuit YouTube pour 1 milliard de dollars et lance la guerre préventive saison 2007.
"Il est évident que YouTube et Google continuent à récolter les fruits de nos efforts et détruisent une valeur énorme par la même occasion". Ainsi parlait Viacom (MTV, VH1, Comedy Central) pour justifier son procès à 1 milliard de dollars contre YouTube (source BBC). Un milliard de dollars pour dédommager Viacom des 160 000 clips illégaux hébergés sur YouTube et qui ont été vus au total 1,5 milliard de fois.
Le hic, c'est que selon les experts du secteur, le manque à gagner pour Viacom se situerait réellement quelque part aux environs de... 30 millions de dollars (source DailyNews). C'est-à-dire 33 fois moins que ce qui est réclamé par Viacom.
Bon, ceci dit, passe encore. Michael Flatley avait bien demandé 100 millions de dollars de dédommagement parce qu'une de ses fans l'accusait de harcèlement sexuel pour... 34 millions de dollars (lire sur 404). Alors les montants crétins, on commençait à s'habituer.
Mais ce qui fait avancer Viacom, ce n'est pas seulement l'argent (non non non, promis juré). C'est aussi le fait que les internautes puissent s'échanger des vidéos en privé. Sans que les avocats puissent le voir (via Boing Boing) : "Viacom says that YouTube contributes to copyright infringement by allowing users to have private videos, because those videos might infringe on copyright."
Voilà qui est d'une logique sans faille : on pénalise "au cas où". Mais à bien y regarder, ce ne serait pas une première : on taxe bien les supports vierges en France "au cas où" ils serviraient à la copie de contenus piratés. Prochaine étape : la guerre préventive. Ah non, déjà fait aussi. 'Sont forts ces juristes.
Bonne nouvelle : la légion d'honneur n'est pas une arme mortelle. Mauvaise nouvelle : on la donne vraiment à n'importe qui.
Parfois, le calendrier fait magnifiquement les choses. Quelques jours avant les adieux de Chirac à la politique, un journaliste russe chutait malencontreusement du cinquième étage de son immeuble et rejoignait ainsi une liste de plus en plus longue d'investigateurs à la santé décidément fragile. Il laissait aussi en plan une enquête en cours sur les ventes d'armes du Kremlin au Proche-Orient (www).
Quel rapport entre Chirac et des journalistes qui tombent comme des mouches du côté de chez Poutine? La réponse tient en deux mots : légion d'honneur. Parce que voilà, en septembre 2006, Chirac a décoré en toute discrétion le président russe de la plus haute distinction française. "En privé" selon le porte-parole de l'Élysée, façon aimable de dire qu'il ne fallait pas que ça se sache. Et pour cause, pas un seul journaliste français n'était invité (www et vidéo).
Quatre jours après qu'Ivan Safronov, journaliste respecté et père de famille, soit allé rejoindre sa confrère Anna Politkovskaya (assassinée de 4 balles dans son immeuble) et l'opposant Alexander Litvinenko (irradié au polonium) au cimetière des opposants de Poutine, RSF apprenait la décision du conseil d'état de maintenir la légion d'honneur du président russe (www).
Motif invoqué par le conseil d'état rapporté par le Monde : "[RSF] n'était pas concerné par la décoration" et cette dernière "ne portait pas atteinte par elle-même à la liberté de la presse" (www). Voilà une explication qui a le mérite d'être claire. Et finalement, c'est vrai : on n'a jamais vu un pin's au bout d'un ruban jeter un journaliste par la fenêtre. La prochaine fois, il faudra penser au polonium du mérite, ou un truc dans le genre. Le message sera plus clair.
La claque du gouvernement contre le happy slapping frappe fort. Et rate sa cible.
Après quelques semaines de pause et un bon petit lifting, 404 est de retour, dans un monde un peu moins libre que celui qu'il a quitté il y a quelques semaines. Parce que depuis est passée une loi qui interdit à quiconque n'est pas journaliste professionnel de filmer des actes de violence, que ceux-ci soient commis par des civils ou, au hasard, par des forces de l'ordre.
Prévue pour faire obstacle au terrorisme moderne (cough) que représente le "happy slapping" (dans le texte, mettre une claque dans la joie), la loi condamne jusqu'à cinq ans de prison le fait de filmer un acte de violence, si on n'a pas sa carte de presse. Reporters Sans Frontières s'inquiète (rsf.org), les Américains rigolent un peu (dailymotion.com) et le Figaro temporise (lefigaro.fr).
Selon le journal, "seuls les faits de violence grave sont concernés, les actes de torture et de barbarie ou les atteintes sexuelles". Autant pour le "happy slapping" donc, on avait mal compris, la loi lutte en fait contre le "happy torturing". Et puisqu'on n'est pas à une incohérence près, l'auteur de l'amendement, Philippe Houillon (UMP), tente de se justifier (20minutes.fr) en expliquant que "juger de l'intention est très difficile. Celui qui filme expressément une scène de violence et qui connaît le garnement qui a commis l'agression peut être poursuivi. Ce n'est pas le même cas qu'un badaud qui se trouve par hasard sur le lieu de l'agression et qui filme la scène pour ensuite transmettre la vidéo à la police. A priori, dans ce cas, il n'y aura pas de poursuite". Sauf qu'il faut transmettre la vidéo à la police. Sinon, "c'est un élément à charge contre le filmeur. Encore plus s'il la diffuse sur le Net".
Bref, la loi sur le happy slapping qui doit sanctionner à la fois "garnements", tortionnaires et violeurs (sauf si on a filmé sans faire vraiment exprès et qu'on refile le tout à la police - ou qu'on est journaliste) est aussi obscure que l'acte qu'elle doit sanctionner. Côté gouvernement, du coup, on refile le bébé aux juges qui devront faire la "très difficile" distinction entre information et incitation. Ce qui fait dire à RSF (leblogmedias.com) que "se défausser sur la jurisprudence d'un texte législatif mal bordé et potentiellement liberticide n'est pas une démarche très saine au sein d'une démocratie". On n'aurait pas mieux dit.
Et comble du fin, histoire de rester dans le bon goût entre amis, l'amendement a été passé à la date anniversaire du passage à tabac de Rodney King par des policiers de Los Angeles, et dont la diffusion de la vidéo amateur avait déclenché les émeutes de 1992 (wikipedia.org). Pas mieux, bravo.
Il en va des pauses comme du sel : point trop n'en faut, disait le philosophe. Et Dieu qu'il était clairvoyant.
Si tout se passe bien (c'est-à-dire, par exemple, si Francis Lalanne ne commet pas un nouvel opus de ses mélopées tant chéries du Top 50 de notre jeunesse d'ici là), le 404 nouveau devrait revenir sur vos écrans dès la semaine prochaine.
En attendant, vous avez toujours, pour les plus téméraires d'entre vous, la possibilité de lire quelques billets signés 404 sur MSN. Rapport à une certaine campagne électorale. Depuis lundi dernier, un billet par jour pour parler de l'élection 2007 sur Internet, c'est par là. Et on ne saurait par ailleurs que trop conseiller de jeter aussi un oeil au blog politique de Flu (www).
Pour la suite de 404, en revanche, encore quelques jours de patience, on est de nouveau avec vous très vite...
Les abonnés à la newsletter seront avertis par mail, les autres... ben, non (mais ils peuvent toujours s'inscrire ici si le coeur leur en dit). A la semaine prochaine, sur 404, donc.
404, en pause ces derniers jours, revient très vite après une cure de Botox.
Le lecteur sagace l'aura noté, 404 est en légère pause ces derniers jours. Non qu'il n'y ait rien à dire, non que les 28 communiqués quotidiens de l'UMP et du PS ne donnent pas assez de matière. Non, si 404 est en sommeil, c'est qu'une nouvelle version se prépare pour une mise en ligne très bientôt.
Patientage étant mère de bravitude, retour dans quelques jours, tout beau, tout neuf, plus lisible, éventuellement plus joli et avec quelques nouveautés.
En attendant, et parce que ça aurait été dommage de passer ça sous silence, dans le grand fatras de la campagne présidentielle : Patrick Balkany (UMP) doit un quart de millions d'euros à la justice pour avoir détourné les fonds de sa ville pendant plusieurs années. Comme tout le monde, il ne sait pas trop ce qui va se passer dans les mois à venir. Et contrairement à ceux qui ont pris des PV, il ne compte pas attendre passivement une improbable amnistie. Il demande donc au ministère des finances, comme la loi (et le conseil municipal de Levallois Perret) l'y autorise, d'effacer purement et simplement sa dette envers la justice et les impôts. A titre grâcieux. Réponse de Breton à suivre, on attend ça avec impatience (Le Monde, merci à JB).
Les candidats à la campagne présidentielle l'ont bien compris : un débat avec un charcutier de l'Aveyron sera toujours moins compliqué que face à un opposant politique.
TF1, chaîne de divertissements (qui, doit-on le rappeler, a pour principale mission de libérer du temps de cerveau pour le vendre à Coca-Cola), a réussi le pari de s'imposer comme le rendez-vous clé de ce début de campagne présidentielle. Avec un ambitieux objectif : renouer le dialogue entre la ménagère de moins de cinquante ans et une classe politique, qui, dit-on, ne connait pas grand-chose des problèmes d'hypercholestérolémie dans le bas-Rhin. La conne.
Ainsi, pendant deux ou trois heures, ceux qui se présentent pour devenir chefs du pays doivent se plier au divertissant exercice de répondre aux questions toujours très pointues et sagaces d'auditeurs en manque de reconnaissance. Ainsi, on aura pu débattre autour de ce village de la Drome qui comptait, il y a deux ans encore, trois médecins et qui n'en compte désormais plus qu'une paire. Ainsi que du cas de cet unijambiste qui, lui, n'en compte pas une paire mais qui se demande pourquoi le prix des lunettes à double foyer a augmenté plus vite que le prix du Big Mac. Et surtout des programmes des candidats sur l'épineux sujet de la hausse du prix du charbon à barbecue.
Et, parce qu'il faut reconnaître aux hommes (et femmes) politiques français un minimum de compétences, les candidats savent s'adapter au niveau du débat. Conséquence logique, les réponses sont à la hauteur des questions : désolantes. L'un promet à un jeune qui s'est fait insulter par la police d'en discuter pendant le pot de l'amitié qui suit l'émission. L'autre tapote amicalement l'épaule d'un handicapé moteur pas trop content de son sort. L'habitant de la Drome s'est fait garantir un nouveau médecin, l'unijambiste une réduction d'impôt sur les lunettes à double foyer. Quant à la hausse du charbon, elle est, d'avis unanime, un péril qui met en danger l'intégrité même de la démocratie.
Personne ne remet en cause le financement des mesures, le droit ou l'impact de ce clientélisme sur la collectivité. Personne ne creuse, ne rebondit. Personne ne réagit, et ça tombe plutôt bien : le public n'a pas été invité pour ça.
Les journalistes sont aux abonnés absents, on fait de la politique-réalité et la démagogie s'en donne à coeur joie. Le tout devant 9 millions de téléspectateurs. Les analystes, chroniqueurs, opposants sont priés de rester dans les coulisses. Et de tenter de jeter un oeil critique sur des propositions vides de sens dans les journaux du lendemain matin.
Pour Royal, l'émission était "un moment de bonheur", pour l'UMP, les audiences "une bonne nouvelle" (source TF1). On n'en doute pas une seule seconde...
Certes, sortir Windows Vista n'a pas dû être chose facile. Mais il faut laisser les gens tranquilles, maintenant...
On le rappelle pour ceux qui sortent d'un coma prolongé ou pour les autres qui tout simplement s'en moquent comme de savoir si c'est un contrôle fiscal qui a vraiment poussé André Glucksman a rejoindre le clan Sarkozy, Windows Vista est sorti la semaine dernière. Windows Vista, c'est le système d'exploitation qui devait sortir en 2002, mais qui, à ce moment-là, a été malheureusement remplacé par Windows 2000 qui devait lui-même sortir en 2000 sauf que la place était prise par Windows 98. Compris?
On parle donc beaucoup de Vista et s'il est une chose qui frappe, plus que le système lui-même, c'est le manque de modestie pathologique dont les responsables de la communication de Microsoft semblent avoir été frappés.
Ca commence à grands renforts de publicités qui comparent, sans rire, le lancement de Vista à la conquête spatiale et aux premiers pas de l'homme sur la lune. Si. Et puis, c'est le responsable de la recherche en France qui affirme, dans les échos, que Vista est "probablement la chose la plus complexe jamais construite de l'histoire de l'humanité". Rien que ça. De l'histoire de l'humanité donc. Mathématiciens, chercheurs, philosophes, faites-vous du souci, Socrate, Platon, Curie, Vinci, Archimède, Einstein, merci d'avoir joué avec nous, mais vous êtes ridicules à côté de ça : un logiciel qui... fonctionne sans planter et qui sait imprimer, accrochez-vous, aussi bien en mode portrait que paysage. C'est vrai que ça ne souffre même pas la comparaison.
Petit complexe de supériorité passager chez le géant de Redmond? Pas si sûr. Vexé de ne pas vendre suffisamment de ses consoles dans le continent asiatique, les services marketing de la marque ont lancé une opération spéciale, sous la forme d'un site Internet afin de comprendre ce qui ne plaît pas dans la Xbox. Le nom de ce site : WhatswrongwithU, lire What's wrong with you (source Journal du gamer, merci Etienne). Sauf que What's Wrong with You peut fort aisément se lire comme "qu'est ce qui cloche chez vous". Et le message prend rapidement un tout autre sens : Vous n'achetez pas de Xbox, mais qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez vous???
C'est vrai que dit comme ça, ça donne sacrément envie de courir chez son revendeur choisir entre l'édition familiale basique, familiale basique N, familiale premium, intégrale, professionnelle, professionnelle N ou entreprise du système d'exploitation vraiment simple (certaines fonctionnalités sont disponibles uniquement dans certaines éditions de Windows Vista et peuvent exiger du matériel avancé ou supplémentaire). Vivement la sortie du pack Office 2007 en 2011 qu'on puisse (enfin) continuer à se faire insulter par les services marketing de Microsoft.
Le pétrolier est un optimiste de nature : alors que tout le monde voit le réchauffement climatique comme une catastrophe, lui y voit une extraordinaire opportunité.
S'il est une petite entreprise qui ne connaît pas la crise, c'est celle du pétrole. En tout cas, et en dépit de toutes les prévisions, les majors de l'essence et du gaz mettent les bouchées double pour s'assurer qu'on ne fera jamais la diète au moment de passer à la pompe.
D'abord, le pétrolier Shell négocie avec le régime iranien la construction d'un pipeline donnant accès aux réserves de gaz locales pour la modique somme de 4,3 milliards de dollars (source The Age). De quoi financer quelques semaines de recherches sur la meilleure façon de vaporiser ses voisins à coups d'armes nucléaires. Les Etats-Unis envisagent de prendre des mesures de sanctions contre Shell, mais tout en prenant grand soin que lesdites mesures de rétorsion ne fassent pas trop augmenter le prix à la pompe non plus. Une tape sur les doigts devrait suffire.
Ensuite, et preuve qu'ils ne manquent ni d'imagination, ni de second degré, les groupes pétroliers ont trouvé une nouvelle source de matières premières : la région arctique. L'endroit renfermerait près d'un quart des réserves pétrolières encore existantes sur Terre. Coup de chance, grâce au réchauffement climatique, l'océan arctique devrait devenir navigable dès 2040 ou 2050 (source Think Progress). Autant dire qu'Exxon, Total, Shell et les autres surveillent le mercure avec attention : chaque degré gagné, c'est un grand pas en avant vers du pétrole tout neuf. Pourvu qu'il en reste assez ailleurs pour pouvoir faire fondre toute cette satanée glace.
Moralité de l'histoire : consommer du carburant aujourd'hui, c'est s'assurer qu'on en aura demain. Certes, plus beaucoup de vie sur Terre pour conduire des voitures, mais du pétrole, oui, beaucoup. Pour que les générations futures puissent cuire en profitant de tout le confort moderne, tous à vos Hummers! Il est encore temps de dégeler l'Arctique (et puis ça fait plaisir à Exxon, merci pour eux).
Alors que les considérations écologiques envahissent le paysage économique et social, Apple défend plus que jamais sa devise : "think different".
Ca n'aura pas échappé à qui a eu le loisir d'observer la grande Arche de la Défense sur les coups de 20 heures ce soir, Microsoft a lancé son nouveau système d'exploitation Vista aujourd'hui. Et en grandes pompes parce que oui, ça valait bien un feu d'artifice (source PC impact).
Fi des polémiques sur les tarifs du logiciel, deux fois plus élevés en Europe qu'aux US (source Clubic), fi également des très légères ressemblances avec Mac OS X (source NYT, voir la vidéo Vista, de David Pogue, dans la rubrique Technologie). Ce soir, c'est la fête de Microsoft...
...et une bonne occasion de parler un brin d'Apple.
Parce que la marque d'ordinateurs la plus hype de l'univers, si on lui reconnaît des réussites esthétiques, affiche aussi un bilan écologique sans appel. Des dix principales marques d'électronique grand public auditées par Greenpeace, Apple arrive... bon dernier, et loin derrière les autres en prime (rapport PDF). Une occasion que n'a pas manquée le groupe écolo pour créer une campagne web joliment intitulée : "I love my Apple, I just wish it came in green" (GreenMyApple.com).
Près de 40 000 e-mails réclamant des mesures à Steeve Jobs n'ont pour l'instant pas suscité la moindre réaction du côté de Cupertino. Sur son site, Apple vend désormais un iPod nano rouge, au profit de la lutte contre le Sida, sous le slogan "Un bon son. Une bonne cause" (www). Ce serait dommage de s'arrêter en si bon chemin.
L'industrie du disque se lamente et découvre que le futur serait plus chouette si tout devenait pire... pour le consommateur.
Est-ce l'effet campagne présidentielle ou autre chose, il n'en reste pas moins que ça faisait au moins depuis la si peu regrettée disparition des L5 qu'on n'avait pas autant entendu parler de Pascal Nègre.
Et comme une vieille rengaine, il est bien entendu interrogé sur le sort des DRM. Et sur l'avertissement que la Commission Européenne vient d'adresser à un Apple qui ne veut pas qu'on écoute les musiques de son magasin sur autre chose que sur un iPod.
Bref, quand il faut parler du piratage musical, Pascal Nègre se pose là autant que Loïc Lemeur quand il faut parler de Nicolas Sarkozy des blogs. Mais cette fois-là, pour être sûr que tout le monde comprenne, Pascal Nègre a la main lourde sur la métaphore : "Je ne sais pas si vous avez une voiture, mais si vous avez une voiture, elle roule soit à l'essence, soit au gazole; eh bien votre moteur n'est pas interopérable. Vous ne pouvez pas mettre du gazole dans un moteur à essence." ou encore "Le mec qui achète une PlayStation ne va pas acheter des jeux Nintendo. C'est la même chose pour la musique."
Alors Ratiatum a lancé un petit jeu : "Toi aussi aide Pascal Nègre à trouver une métaphore sur les DRM" (www).
Proposition de 404, histoire d'aider Pascal : "Quand vous achetez un CD EMI à la Fnac, vous ne pouvez pas le lire dans une chaine laser Sony achetée chez Darty. C'est normal, votre CD n'est pas interopérable". Si? Ah bon...
La liste des gens refusés ou carrément enfermés pour avoir pris l'avion s'allonge encore et fait du voyage aérien une des activités les plus dangereuses de la décennie.

Ca faisait un moment que le n'importe quoi aérien n'avait pas de nouveau frappé ceux qui ont pour projet insensé de se rendre vers les Etats-Unis ou la Grande Bretagne. Parce que oui, prendre l'avion peut parfois être un projet risqué, non à cause des terroristes mais à cause de la paranoïa ambiante qui veut que Kevin, 5 ans, soit potentiellement un intégriste affublé d'une incompréhensible haine des gratte-ciel.
Pour rappel, parce que la pâte dentifrice n'est pas la seule chose qui est désormais interdite dans un avion, la liste des activités interdites est par là sur 404 et plus en bas de cet article.
Dernier en date, le délit de sale T-shirt. Certes, on savait déjà que les T-shirts écrits en arabe étaient malvenus, mais cette fois-ci, c'est bien d'un T-shirt écrit en Anglais dont il s'agit. Et Dieu sait si dans les aéroports, on sait lire l'anglais.
Le crime : une inscription "Terroriste mondial #1" sous un portrait de George Bush (source Yahoo / Reuters). On comprend la compagnie aérienne.
C'est vrai qu'un T-shirt comme ça, c'est quand même sacrément effrayant. On imagine que les indices concordent, les services secrets se sont passés le mot : la prochaine vague d'attentats sera perpétrée par des gens pas vraiment discrets, le prochain groupe d'extrémistes sera arrêté grâce à un screening poussé du niveau de subversion des vêtements des passagers. Parce que le subversif est potentiellement dangereux et qu'on ne laisse plus rentrer le potentiellement dangereux dans un avion.
En plus de ça, il faut également rajouter aux activités prohibées : se moquer du président de la sécurité aérienne (source CNN, merci à hm63), être homosexuel et s'embrasser à bord (source The New Yorker, merci à Michel V.) et enfin, rentrer de vacances trop bronzé (source The Independent, merci à Toenail). Enfin, merci à Juliette, Ludovic, Sophie et Alan Smithee pour l'info.
Sécurité aérienne sur 404 :
- Aéronautique : la liste des activités interdites s'allonge encore
- Un vol détourné : les hamsters, nouvelle arme de destruction massive ?
- No Fly List : empêcher tout le monde de voler... sauf les terroristes
- Y a-t-il un terroriste dans l'avion ?
- Alerte au sac à vomi
Le journaliste politique cherche le secret d'état. Le bloggueur cherche la petite phrase inutile.
Dans le Parisien de ce lundi, on pouvait lire les quelques phrases suivantes : "Nous sommes en train d'inventer la démocratie directe, et une campagne comme la présidentielle ne peut plus se dérouler sans nous", "il y a vraiment de quoi déstabiliser certains candidats", "(...) oblige les candidats à faire preuve d'une probité sans faille", "ça fait peur à certains", "de comptes à rendre à personne" (source).
De quoi parle-t-on ? Des (cough) blogs, bien sûr.
Parce que c'est bien connu, les blogs sont les gardiens de la démocratie. Avant, les campagnes étaient moins transparentes, la langue de bois était légion et les politiques faisait des promesses qu'ils ne tiendraient jamais. Maintenant, un téléphone portable à la main, le bloggueur veille, filme tout, cherche la petite phrase maladroite, la colle sur Youtube, analyse la forme sans avoir le temps de se pencher sur le fond. Et selon lui, la démocratie avance.
Le blog est vraiment devenu le gardien de la liberté. 'Suffit de voir le nombre de scandales d'état qui ont éclaté grâce à Typepad et Dailymotion... Par exemple, euh. Euh. Euh. Ah oui, en effet... (et non, une vidéo de Ségolène qui parle des profs lors d'un meeting interne au PS ne qualifie pas dans la catégorie Watergate, pas plus que les nombreux remixes en musique des déclarations de Sarkozy)
A peine quelques heures après le décès de l'abbé Pierre, les communiqués pleuvent. Avec un bien pour le PS et l'UDF, un passable pour l'UMP.
Les services de presse des deux principaux candidats ont eu leur dose travail ce lundi. Pour l'annonce de la (non) candidature de Nicolas Hulot, ils avaient prévu d'avance (oui, le pacte écologique est nôtre), autant, pour l'abbé Pierre, c'était un peu risqué de trop anticiper. Bilan des courses, un 18 sur 20 pour le service de presse de Ségolène qui bombardait son premier communiqué dès 9h21 ce matin.
Dans le texte : "Je m'engage à ce que les exigences qu'il a portées débouchent enfin sur des actes concrets et notamment par des réquisitions des logements vacants spéculatifs et par la construction d'un nombre suffisant de logements sociaux."
Appropriation du combat de l'abbé Pierre, collage d'un morceau de programme entre les lignes, du travail soigné, propre, un beau communiqué de candidat.
Côté UMP, en revanche, on concède difficilement un 12 sur 20, avec un message qui arrive (tardivement) à 12h27, longtemps après la bataille.
Dans le texte, signé Sarkozy : "L'abbé Pierre était la voix de l'insurrection et de l'interpellation. C'était un homme de combat. Entre le fatalisme et le cynisme, sa foi et son immense charisme nous ont entraînés sur les chemins de la bonté et de l'action (...) Son combat peut se résumer à un message plus actuel que jamais : celui de la dignité."
Pas d'appropriation du message de l'abbé, pas un seul morceau de programme de Sarko dans le texte. Un communiqué apparemment rédigé dans l'urgence après un week-end festif. Petite mention passable pour l'UMP, après la mort du longtemps préféré des Français, on fait un petit effort, on est à 3 mois de la présidentielle quand même.
Mention spéciale à l'UDF avec un Bayrou qui n'hésite pas sur la camaraderie : "Des milliers et des milliers d'hommes sans espoir ont pu se reprendre en main, se remettre debout en refusant tout appel à l'assistance. Ils sont debout parce que ce petit homme-là en soutane, avec ce caractère indomptable, a voulu leur tendre la main". Le petit homme appréciera.
La totalité des communiqués de presse de ceux qui ont dégainé le plus vite sont recensés ici.
La première réunion officielle entre l'UMP et les bloggueurs a donné le coup d'envoi de la campagne sur Internet. Conclusion : les pizzas étaient tout juste passables.
Les blogs sont-ils, comme on nous le jure depuis qu'on a fini de digérer la dinde de fin d'année, vraiment l'avenir de la campagne politique? Pour s'en assurer, pas de meilleur endroit où se rendre ce mardi soir que la conférence bloggueur organisée par le staff de la campagne en ligne de l'UMP. A quoi ressemble une réunion de bloggueurs qui parle de politique? Réponse, sans images.
Première constatation, le staff de Sarkozy s'est démené. Construire de toutes pièces un siège de campagne flambant neuf et couvert des tuiles à la moquette de slogans en faveur du chef de l'UMP en même pas deux jours (pour mémoire, l'élection du candidat a eu lieu dimanche), beaucoup de Parisiens englués dans les travaux en retard donneraient des fortunes pour connaître le nom de l'entrepreneur coupable de ce petit miracle.
Seconde constatation, durant la conférence, rien de très nouveau. Le Meur répète une bonne vingtaine de fois que certes, sur le site de Sarkozy, commentaires et questions sont "triés" mais que sur son blog perso, ça fait 3 ans et demi qu'il ne modère pas ses commentaires. Dans la salle, tout le monde s'en fout poliment. La distribution de pizzas, arrivées par coursier, dispersera vite les bonnes âmes qui écoutent encore. Un responsable de campagne de l'UMP prend le micro pour demander aux invités de ne pas coller du fromage fondu sur la moquette. Elle est toute neuve et (dans le texte), il en va de l'image des bloggueurs. On est prévenus. Sur chaque mur que compte la pièce, la home page de Sarkozy.fr (www) diffuse, en continu, le compte à rebours jusqu'au premier tour... en millisecondes.
Loïc Le Meur continue au micro et raconte l'avènement de la NSTV (Nicolas Sarkozy TV, dont les quatre lettres rappellent furieusement les temps assez peu regrettés de l'ORTF). La conférence a commencé depuis moins d'une heure et déjà, ceux qui l'écoutent doivent se compter sur les doigts d'un doigt, le reste de l'assistance fait ce que les bloggueurs savent le mieux faire : parler entre eux.
De fait, plus des trois quarts des chaises sont vides. Au fond de la salle, les bloggueurs se sont réunis en groupe, papotent, se prennent en photo, parlent buzz, se promettent des liens, s'interviewent, se vidéocastent mutuellement dans un gigantesque égo-trip que ni l'élection 2007, ni la deuxième tournée de pizzas ne semble pouvoir perturber. Une équipe de France 2 papillonne, cherchant désespérément à donner du sens à leurs images, le tout amusant prodigieusement l'équipe de campagne encore sur place.
Les invités bloggueurs de ce mardi soir étaient-ils particulièrement dispersés, heureux de se revoir après des mois d'absence, ou bien faut-il y voir un symbole de la (vraie) implication des blogs dans la campagne? Reste qu'au moment de passer aux questions sur le programme politique du candidat Sarkozy, personne n'écoute vraiment, on se marre trop au fond de la salle.
En sortant, un petit coup d'oeil sous la magistrale cage d'escalier de l'entrée dévoile un gigantesque portrait de Sarkozy qui semble surveiller, du haut de ses probables deux mètres, la porte d'entrée et la rue. Portrait qui en dit sans doute bien plus sur la campagne que les gesticulations de l'étage d'au-dessus. Et s'il était temps de parler politique? (illustration empruntée à Thomas Clément)
A défaut d'avoir quelque chose à dire dans la campagne, le web a au moins une qualité : de bons commerciaux.
On le rappelle pour ceux qui n'auraient pas allumé une télévision, une radio ou ouvert un journal ces derniers quinze jours : la campagne électorale, c'est sur Internet. Oui oui oui, sur Internet. Parce que, c'est bien connu, Internet, 'y a que ça de vrai. La preuve, Sarkozy a fait un podcast. Et s'est même enjoint les éclairés conseils du Madelin du Web, Loic Le Meur.
Bon, que la majorité des votants français se fiche des blogs comme de savoir qui de Sedan ou Rethel emporte les intercommunales de waterpolo semble avoir un peu échappé au débat. Tout comme le fait que chez les bloggueurs et lecteurs de blogs, ceux qui n'ont même pas encore l'âge de regarder Dragon Ball soient largement surreprésentés. Non, ce qui importe, c'est que "d'après Médiamétrie, il y a huit millions de lecteurs des blogs en France. C'est plus que la presse écrite!". Oooh (Le Meur, in Le Figaro).
Alors, un seul mot d'ordre, tous à fond pour surfer la vague digitale comme autant de Kelly Slater sur des teraoctets de bon goût numérique.
Du coup, Sarkozy podcaste (www), recrute Le Meur (www), commente les blogs (www), se fait siffler (www), Ségolène fait son blog (www), Bayrou ne parle plus que par modems interposés (www), le FN s'incruste dans Second Life (www) et De Villers se fait hacker son site (www).
Dernière fantaisie en date, le PS installe un QG de campagne dans les mondes virtuels (www). Et Royal d'y rendre une (virtuelle également) visite ou, comme dans la vraie vie, son avatar est (presque) bien habillé (www, screenshots ici).
Derrière l'angoissante question "mais comment font nos futurs dirigeants pour avoir autant de temps pour faire les pitres sur Internet" se pose la non moins lancinante interrogation suivante : les futurs candidats ont-ils bien compris que la principale caractéristique des blogs est quand même de faire beaucoup de bruit pour rien? Quelqu'un a-t-il déjà changé de bord politique en lisant le blog de Loic Le Meur ? Et franchement, réalisent-ils bien que se mettre les avatars de Second Life dans la poche, c'est rigolo mais que les bulletins de vote en kilo-octets pèsent autant dans l'élection qu'un livre d'Alexandre Jardin dans la littérature française?
Plus de news demain, 404 étant ce soir invité au QG de campagne de l'UMP pour une réunion spéciale "bloggueurs". On en rit d'avance. Quant à ceux qui n'ont pas le haut débit, ils peuvent toujours aller voter Pompidou, pour voir.
Concours et mauvais jeux de mots ne font pas toujours bon ménage. La preuve.
Bon, certes, chaque pays se traîne son lot de télé - radio - presse poubelle (et oui, Cauet est parvenu à faire les trois d'un coup, plus un hamburger), mais les Etats-Unis ont toujours eu un train d'avance sur le sujet. Seulement d'avance d'ailleurs, tant il semble que le PAF soit enclin à copier à la vitesse d'une Mégane au régulateur de vitesse bloqué toute initiative pathétique en provenance de l'étranger.
Cette semaine, c'est une radio californienne qui décroche le Guy Montagné du bon goût et du calembour niais en organisant le concours "Hold your Wee for a Wii" (en français, "retiens ton Pipi pour une Wii"). Le but est, comme son nom l'indique, de boire un maximum d'eau sans aller aux toilettes, la plus large panse remportant la nouvelle console de jeu Nintendo.
Seul hic, boire trop d'eau est mauvais pour la santé, tout autant d'ailleurs que de se retenir trop longtemps d'aller aux toilettes. Résultat : Jennifer, 28 ans, mère de trois enfants, est morte en rentrant à son domicile après le concours (source AAP / Yahoo). KDND 107.9, organisatrice du concours, porte désormais bien son surnom : "The End" (www). Quant aux enfants de Jennifer, ils pourront toujours se consoler en créant un avatar de leur mère sur leur Nintendo...
Et toujours outre Atlantique, un autre concours commence maintenant doucement : "Qui veut devenir président en 2008 ?" Pour celui-là, pas besoin de se retenir d'aller aux toilettes, mais simplement de récolter au moins 100 millions de dollars pour commencer à jouer... "The 2008 race will be the longest and most expensive election in American history," warned Federal Election Commissioner Michael Toner. "We're heading into the first $1 billion election." (source New York Daily News). Ah, la démocratie ouverte à tous...
Le paradis, c'est comme les avantages acquis. Pas besoin de croire en Dieu pour y avoir droit.
Le Monde des religions de janvier publie un sondage, repris par Le Monde afin que nous puissions enfin comprendre pourquoi la très grande majorité des Français, tout en se disant catholique, va aussi souvent à la messe que Loana dans une bibliothèque (source Le Monde).
On y apprend que 51% des Français se déclarent catholiques alors que seuls 4% se déclarent musulmans et 1% juifs. Ce qui devrait faire réfléchir un brin du côté du Puy du Fou où on voudrait défricher de la mosquée. Mais là n'est pas le sujet.
Si l'on regarde de plus près la définition de "catholique", on trouve à peu près la chose suivante : "On appelle catholicisme l'ensemble des dogmes, institutions et préceptes de l'Eglise catholique romaine" (www), Eglise catholique romaine qui est "la branche principale du christianisme" (www) et que "Le christianisme est une religion monothéiste issue du judaïsme au Ier siècle. La foi des chrétiens voit en Jésus, le Christ, le fils de Dieu, d'où leur nom" (www). En résumé, "catholicisme" égale, à quelque chose près, "foi en Jésus, le Christ, fils de Dieu".
Or, que nous indique le sondage ? 52% des catholiques seulement croient en l'existence "certaine" ou "probable" de Dieu. Bref, ils sont 48% de catholiques non catholiques. Pire, près de deux fidèles sur trois ne croient même plus en la virginité de Marie. Tout fout le camp. Et comme si ce n'était pas suffisant, les catholiques (si si, les catholiques) ne sont plus que 33% à croire au diable.
Par contre, ils sont toujours 3 sur 4 à croire dur comme fer que, sans Dieu, sans Vierge, sans Diable et sans aller à la messe, la bien aimable religion catholique leur garantit une vie après la mort.
Benoît XVI a du travail.
Egalement, sur 404 :
- L'homme ne descend pas du singe mais Hitler de Darwin
- Entre Audi et BMW, le pape ne sait pas trancher
- Jésus, cet insubmersible
A l'UMP, c'est basique, ne pas choisir Sarko, c'est un peu choisir Le Pen.
Chaque semaine sa rumeur de campagne et ses calculs statistiques d'une fiabilité à toute épreuve. Depuis lundi, c'est la semaine Le Pen. Le Pen qui se voit déjà en haut de l'affiche, en dix fois plus gros que n'importe qui son nom s'étalait et machin chose. Parce que Le Pen surfe encore sur la vague d'avril 2002 où, poussé par l'incroyable performance combinée d'un Jospin et d'un Chirac particulièrement en forme, le Front National s'est retrouvé au second tour des présidentielles.
"Comme en 2002, je vais probablement être au deuxième tour de l’élection. Mais à la différence de 2002, je peux en 2007 gagner cette élection, car je serai probablement opposé à la candidate de gauche, ce qui offrira au moins aux électeurs le choix entre deux options radicalement différentes" a déclaré, guilleret, le président du FN lors de ses voeux à la presse.
Depuis, la déclaration ne cesse de rebondir dans les états majors de campagne, et dans celui de l'UMP en particulier. Et l'acharnement dont fait preuve la droite à ressasser les propos de Le Pen laisserait presque à penser que la menace frontiste est un cheval de bataille largement pratique pour faire taire, une bonne fois pour toutes, la dissidence.
Ainsi, à Villepin, Bernard Accoyer passe un message sans ambiguïté, brandissant la menace de "la machine à perdre" et d'un "21 avril à l'envers, qui laisserait la candidate socialiste Ségolène Royal affronter Jean-Marie Le Pen au second tour" (source La Tribune).
Côté Michèle Alliot-Marie, un possible retrait de sa candidature est de plus en plus évoqué pour éviter, devinez quoi... un duel Royal - Le Pen au second tour. Et même le mari de la ministre de la défense s'y met: "il ne faut pas se cacher derrière petit doigt, il y a un risque, ce risque fait partie de la réflexion" (source Nouvel Obs).
Le Pen qui rendrait service à Sarkozy? Certes, le président du FN considère qu'un électeur du FN n'est rien d'autre qu'un électeur de l'UMP qui s'est fait cambrioler deux fois (dans le texte), mais à ce point? "Pourquoi je ménage Nicolas Sarkozy? Parce que j'aurai besoin de ses voix au deuxième tour!" (source France Matin).
Trêve de calculs politiciens, certains l'ont bien compris : en fin de course, le vrai débat autour de l'élection présidentielle se situe véritablement ailleurs. On parle enfin programme...
Les présidentielles sur 404 :
- L'UMP ne veut plus nourrir ceux qui ne votent pas Nicolas
- La poisse poursuit Sarkozy
- Primaires déprimantes
Un seul candidat égale forcément pas d'opposition, non ? En tout cas, à l'UMP, on voudrait que ce soit le cas.
Qu'on se le dise, dans les équipes de l'UMP, campagne interne (qui doit se solder ce dimanche par l'élection à 100% des voix du seul candidat encore debout, Nicolas Sarkozy) ou pas, on fait attention aux notes de frais. Ou en tout cas avec qui on partage le gâteau.
C'est en substance ce que vient de souligner Edouard Balladur, histoire de remettre en place ceux qui ne sont pas d'accord avec le chef de la majorité. Parce que oui, grosse surprise, il reste des non-Sarkozystes à l'UMP (source Libération).
Sur RTL, celui qui avait failli devenir président de la République à son époque donne son avis sur les opposants de Sarkozy : "Les uns disent je ne voterai pas pour lui ; l'autre dit, je m'abstiendrai. Le troisième, je viendrai déjeuner mais je ne voterai pas (...) C'est désespérant (...) il est temps que chacun se ressaisisse et qu'on cesse de donner ce spectacle ridicule." (sourceReuters / Le Monde, merci à Marie pour l'information)
Vu qu'il n'y a qu'un seul candidat engagé dans la course, le message est clair, les opposants ne sont plus les bienvenus. Et surtout pas pour profiter de la cantine de l'UMP. Celui qui veut manger devra voter Sarkozy. On espère que le message est clair.
Les religions sont comme les vers luisants : pour briller, il leur faut de l'obscurité, disait Schopenhauer. Il est donc urgent d'éteindre la lumière.
"L'Eglise accepte le progrès partout où elle ne peut plus l'empêcher" disait Helge Krog. Apparemment, pour ce qui est de la théorie de l'évolution, la religion n'a pas encore baissé les bras. Les porteurs de la théorie de l'intelligent design, en tout cas, continuent à se battre pour que leur credo soit enseigné à l'école. Et surtout pour que la théorie de l'évolution soit considérée par les enseignants comme une hypothèse parmi tant d'autres (source Political Cortex).
Pour rappel, la théorie de l'intelligent design considère que l'évolution n'est pas le résultat de la sélection naturelle mais de l'influence d'une "force intelligente" (www). Force intelligente qui se matérialise, selon l'endroit, par un barbu qui vit dans les nuages, un gros chauve qui passe sa journée les jambes croisées avec un sourire de bienheureux ou encore un type qu'on n'a pas le droit de dessiner dans les journaux danois. C'est au choix.
Bien que poussée par la Maison Blanche, la remise en cause de la théorie de Darwin à l'école au profit, entre autres, de l'intelligent design a été mise hors la loi par un tribunal de Pennsylvanie en décembre 2005. Il en fallait plus pour décourager les porteurs de la création biblique, qui n'en finissent plus depuis de remettre en cause la crédibilité du juge Jones, auteur de la décision (source World Net Daily).
Et puisqu'il s'agit de mettre définitivement Darwin à la page, le "Coral Ridge Ministries" (www), groupement catholique, n'a pas hésité à faire dans l'ultra raccourci. En produisant le pseudo-documentaire "L'héritage mortel de Darwin" (www) ils se mettent en tête de convaincre le monde entier que, tenez-vous bien, si Hitler a pu exister et la Shoah avoir lieu, c'est un peu la faute de Darwin quand même. Si si, de Darwin.
Dixit le producteur de l'émission, Darwin = eugénisme (gasp) = Hitler (source World Net Daily). On n'aurait pas pu faire plus court. Darwin appréciera.
Mais si remettre en cause la théorie de l'évolution peut sembler de l'ordre du fanatiquement concevable, l'extrémisme religieux ne compte pas s'arrêter en si bon chemin et remet en cause des phénomènes qu'on étudiait déjà en CM2 à l'époque de l'homme de Néanderthal. Ainsi, si le Grand Canyon existe, apprend-on dans un livre approuvé par le service national des parcs américains et du Grand Canyon, ce n'est pas à cause de la lente érosion qu'a provoquée la rivière Colorado qui coule en son centre. Non, c'est (dans le texte) "une perspective biblique qui s'accorde parfaitement avec les événements du déluge et de l'arche de Noé" (source Inside Bay Area).
En tout cas, les ennemis de Darwin sauront apprécier à sa juste valeur cette initiative du zoo d'Adélaïde, Australie, qui a décidé d'enfermer pendant un mois, des humains en cage, histoire d'étudier la meilleure façon d'aménager l'espace... des singes (source Yahoo! / Reuters).
Les prochaines missions spatiales auront en tout cas du souci à se faire lorsque les ingénieurs seront forcés de calculer leurs vols en considérant que la Terre est plate et que le soleil tourne autour.
Précédemment sur 404 :
- Parthénogenèse du poulpe
Le téléchargement, c'est du vol. Certes. Mais demander 750 dollars de dédommagement par chanson, comment la justice appelle-t-elle cela?
Ils sont nombreux, les amoureux de musique, à s'offusquer des prix auxquels sont vendus les CD en magasin. Généralement entre quinze et trente euros la dizaine de chansons. Avec un chouette emballage impossible à ouvrir sans se ruiner les phalanges ou la santé intellectuelle, certes, mais cher quand même.
En fait, ce que l'acheteur ignore, c'est qu'en ne lui vendant son CD qu'une vingtaine d'euros, les maisons de disque lui font une énorme fleur. C'est en tout cas ce qu'a voulu faire croire, en ce début d'année 2007, la RIAA, gendarme américain de toutes les ventes de musique, des accords de Stravinsky aux bramades pré-accouplement de M. Pokora.
Parce que voilà, en jouant sur les mots (et en appliquant de la manière la plus stricte la loi américaine), la RIAA a laissé croire que chaque téléchargement illégal coûtait à l'industrie musicale la modique somme de 750 dollars. Et que chaque single téléchargé pouvait conduire à une condamnation de 150 000 dollars. Rien que ça. Alors, lorsque la RIAA a décidé d'attaquer en justice un site de téléchargement russe pour vente illégale de plus de 11 millions de chansons, nombreux ont été ceux qui ont fait la calcul et ont abouti au même résultat: un procès de 1,65 trillion de dollars (source The Inquirer).
La RIAA nie le fait (source IT Week), mais l'information a déjà fait le tour du web. Et a surtout attiré l'attention sur la disproportion entre les dommages demandés (750 dollars par titre) et les sommes réellement perdues par l'industrie du disque, qui restait totalement opaque sur le vrai coût d'une chanson au prix de gros. Une indiscrétion dans l'industrie a révélé que le coût d'un single sur le marché de gros, le revenu pour les maisons de disque en somme, se situait aux environs de 70 cents. 0,7 dollars. Soit un millième du dédommagement demandé par l'industrie du disque (source Slashdot).
En dehors d'être comique, cette disproportion met à mal la RIAA qui pourrait bien voir ses sanctions considérées comme injustes et contraire à la constitution américaine, puisque les dommages devraient se situer quelque part entre 3 et 7 dollars par chanson, loin des 750 demandés (source Arstechnica). Il n'en fallait pas plus pour que des goodies d'un genre nouveau, au symbole du gendarme des droits musicaux américains, ne refassent surface sur Internet (voir ici, chez Gizmodo).
Apparemment, pour Sarkozy, le réveillon n'a pas encore fait passer la malédiction "décembre 2006".
Après l'expatriation de Johnny, le redressement fiscal de Doc Gyneco et les ambitions géo-stratégiques du philosophe Sevran, on pensait qu'il ne pouvait probablement plus rien arriver à Sarkozy. Apparemment, le chef de l'UMP a quand même décidé de commencer 2007 comme il a fini 2006, tentant de remettre au goût du jour la maxime de son nouvel ami Raffarin "la route est droite mais la pente est raide (et tout et tout)".
D'abord, parce qu'on sait que c'est extrêmement fiable, un sondage donnerait Ségolène Royal vainqueur au second tour dans le cas d'un duel avec Sarkozy (source Le Monde). Ca, à la limite, on veut bien le concevoir. Mais là, c'est ses ouailles mêmes qui se retournent contre lui. Des habitants de Neuilly, riante cité assez mal reconnue pour son esprit rebelle, ont ouvert un blog en faveur d'Alliot-Marie. Si. Un coup de poignard dans le dos, on vous dit. Les responsables n'ont pas laissé d'adresse, probablement terrifiés à l'idée de voir la police débarquer en rollers et VTT dans leur rue (Neuilly avec Alliot Marie, pêché via Kandidatür).
Ensuite, c'est Marianne qui explique qu'en plus de MAM, Sarkozy pourrait bien avoir une écharde de la taille d'un baobab en fin de croissance dans le pied en la personne de Chirac lui-même. Selon Maurice Szafran, le président serait décidé à couper à la tronçonneuse l'herbe sous le pied à son ministre de l'intérieur, et tant pis si quelqu'un y laisse une jambe (source Marianne).
Comme si ça ne suffisait pas, le nom (et presque le logo) de l'UMP ont été recyclés en Belgique par un parti qui considère Sarkozy comme "un homme d'exception". Seul hic, l'UMP Belgique (puisque c'est son nom, avec un point com) a été fondée par un des leaders de l'extrême-droite locale (source resistance.be). Alors du coup, l'UMP Belgique (avec un point be) n'est pas contente. Forcément. L'UMP (avec un point org) non plus. Quant à l'UMP (avec un point fr), ils s'en foutent. Ils sont anti-Sarko. Compris?
Et avec tout ça, pas moyen de se détendre non plus. Le candidat UMP aurait annulé un déplacement en Suisse, l'affaire Johnny commençant à passablement fatiguer les concitoyens outre Léman (source 20 minutes). Avec tout ça, 'manquerait plus que Le Pen se déclare de centre-droite. Ah, tiens, ça aussi (source MSN / AFP)?
Episodes précédents sur 404:
- Sarkozy n'a pas de chance avec ses people.
- Primaires déprimantes.
- Big Brother Awards 2007 : la course est lancée.
Si on doit une chose à Litvinenko, c'est au moins d'avoir remis le polonium 210 au goût du jour.
Avant l'affaire Litvinenko, il était aussi connu qu'un Star Académicien avant le passage de Nikos, et, comme ce dernier, on en retrouve des traces un peu partout : c'est le polonium 210. Cette semaine, le LA Times revient sur la substance qui a tué l'espion russe et achève doucement celui qu'on soupçonne d'être le meurtrier.
Produit à une centaine de grammes par an, le polonium 210 est globalement aussi inutile à la société qu'un manuel d'éthique dans les locaux du KGB. Sauf pour éliminer les indésirables, s'entend. Un grain de polonium de la taille d'un grain de sel est largement suffisant pour condamner quelqu'un à mort. Un gramme de la substance pourrait potentiellement tuer 50 millions de personnes et en rendre au moins autant malades.
L'effet produit par la substance, lorsqu'elle est ingérée, est des plus charmants, dixit Peter Zimmerman dans le LA Times : "C'est comme si les organes internes recevaient un grave coup de soleil et se mettaient à peler". S'ensuivent "nausées, hémorragies internes et énorme douleur".
Suite de ce charmant programme sur l'article du LA Times (source + Bugmenot) où l'on apprend, entre autres, que, le hasard faisant fichtrement bien les choses, la très grande majorité des 100 grammes de polonium produits dans le monde chaque année le sont en... Russie.
Bon, après, ça peut arriver à tout le monde d'en égarer un peu... ou d'en acheter sur Internet (source Le Figaro)
L'affaire Litvinenko sur 404 :
- L'enquête Litvinenko passe du polonium au mercure
- Bons baisers (enrichis au polonium) de Moscou
Histoire de bien commencer l'année, retour sur les cinq billets les plus lus en 2006 sur 404.
Vu que c'est un peu le moment où on fait ce genre de choses, 404 vous souhaite une bonne année 2007, et puisque c'est l'heure des bilans, retour en arrière sur l'année 2006 avec les cinq billets les plus lus de 404 (à défaut de savoir où vos yeux se posent, le classement se base sur les entrées - individuelles - les plus lues) :
5 - "Racaille des neiges", où il est question d'un ministre de l'intérieur, de ses vacances au ski et d'une petite obsession sécuritaire : "Les skieurs doivent contrôler leur vitesse et leur trajectoire, on ne peut accepter que les gens se comportent comme des voyous sur les pistes". Tant il est vrai que le combat contre ces inconscients de touristes qui osent affronter une piste rouge sans leur troisième étoile est une vraie cause nationale. C'est également le billet qui vaudra à 404 d'être exclu manu militari, le lendemain de sa publication, du programme "Google ad-sense".
4 - "UMP ? Prêt ? Exclu", où suite au billet cité juste avant celui-là (suivez, un peu), 404 s'est retrouvé exclu en quatrième vitesse du programme publicitaire de Google.
3 - "11 septembre : les vidéos du Pentagone en ligne", où le Pentagone diffuse, pour faire taire les rumeurs, les fameuses vidéos de l'avion qui s'est écrasé sur le Pentagone, enregistrements manquants qui avaient alimenté tous les fantasmes depuis le 11 septembre. Seul hic, les vidéos, d'une qualité digne d'un clip filmé au téléphone portable, montrent tout... sauf un avion. De l'art de la communication.
2 - "Qui veut son bloggeur ?" où l'on parle des bloggeurs à vendre, en tout cas ceux qui sont allés au bout de la démarche et se sont collés une étiquette de prix sur le front ('y a pas marqué "éthique", là). Depuis, les blogs-reporters (sic) ont cessé leur activité, apparemment, 600 euros par jour l'attaché de presse, c'était plus que ce que Skip avait envie de payer pour assurer 200 visiteurs uniques sur le blog de la foire du slip de Conflans.
1 - "La pute du désert" arrive en tête de 2006, lorsque France Soir décide de donner son (toujours pointu) avis sur les deux morts africains du Paris-Dakar de l'année (dixit France soir, on ne peut pas s'empêcher de la remettre tellement c'est "esprit Dakar") : "toujours plus de prévention, préparer à l'avance la gestion d'une foule importante (et imprévisible, comme toujours en Afrique) (...) Le drame de samedi, lui, s'inscrit dans une logique toute différente (...) il s'agit tout simplement d'un banal mais tragique accident de la route (...) Pour résumer : dans la vie, les gens meurent. Dakar ou pas. On apprécie d'ailleurs la virulence avec laquelle certains s'émeuvent de ce drame. Les mêmes sans doute qui regardent l'Afrique se mourir de la tragédie du SIDA". On peut aller vomir, maintenant.
On savait les opposants à Poutine de santé fragile, les voilà en plus prêts à se tuer entre eux.
L'enquête autour de l'assassinat, en novembre, de l'ancien espion russe opposant à Vladimir Poutine, Alexander Litvinenko, avance (lire ici le début des événements). Ou en tout cas, à défaut d'avancer, les autorités russes tentent de la faire rebondir.
Pour la police de Moscou, un suspect se détache maintenant du lot en la personne de Leonid Nevzlin, ex-cadre dirigeant de la compagnie Youkos, opposant à Poutine, recherché en Russie et exilé en Israël. Nevzlin est également un proche de Mikhail Khodorkovsky, ancien patron de Youkos, lui aussi opposant de Poutine et récemment condamné à 8 ans de prison en Sibérie. Pas de lien clair entre Litvinenko et Nevzlin, pas plus que de motif au crime, mais une énigmatique référence des autorités russes à du mercure qu'aurait utilisé le suspect pour un meurtre au début des années 2000 (source Breitbart / AFP).
De l'autre côté, on recherche deux espions du KGB qui ont été vus avec Litvinenko le jour de son empoisonnement au polonium 210, qui sont introuvables depuis leur retour en Russie et qui seraient actuellement traités pour exposition au polonium 210.
Entre la piste des opposants qui s'entretuent sans raison et celle des espions russes qui transpirent le polonium, c'est vrai qu'il est difficile de se faire une conviction, tant il serait absurde d'oser imaginer que le pouvoir russe élimine des opposants (ceux qui ont dit Anna Politkovskaya, vous sortez). C'est pas de la faute de Vladimir si dans l'opposition, ils ont la santé fragile (et qu'ils ne résistent pas aux balles).
Le comité Miss France avait créé la controverse en élisant une malentendante première dauphine en 2006. Endemol compte bien profiter de la tendance.
Ca a été le carton d'audience surprise de l'année 2006 aux Pays-Bas. Une émission de télé-réalité comme seuls nos amis hollandais, chantres du bon goût cathodique, savent en inventer. Et Geneviève de Fontenay en picore déjà son chapeau de rage : les droits télé de l'élection de Miss Ability ont déjà été rachetés pour la France (source Times).
Miss Ability, c'est comme Miss France, au détail près que le handicap doit cette fois-ci être bien visible pour pouvoir y participer. Une jambe, un bras en moins, une petite paraplégie, ou pourquoi pas une petite polio. Histoire que le téléspectateur puisse enfin mater cette jambe de bois pour la bonne cause.
Miss Ability serait-il un plaidoyer pour l'intégration des unijambistes? Les producteurs en sont convaincus. Et ils l'affirment très poétiquement dans leurs communiqués de presse et la présentation de leur émission (début de citation) : "Avez-vous jamais sifflé une femme en chaise roulante? Maté les seins d'une aveugle? Si la réponse est non, préparez-vous à changer" (site de la production).
La baseline se passe de commentaires. En France, c'est Endemol qui a racheté les droits (source C21 Media). Ce qui se passe également de commentaires. Bientôt sur les petits écrans français, donc. Et sans doute très rapidement aussi au Cambodge.
Finalement, depuis George Bush, les activités sportives auront fait plus de mal aux républicains que les terroristes.
Les républicains, contrairement à ce que pourrait faire croire leur obsession dans la guerre contre la terreur, aiment vivre dans le danger. Et bien souvent, ils le paient le prix fort. Cette fois, la malédiction a frappé le plus fort d'entre eux, Schwarzenegger lui-même.
Suite à un accident de ski pendant ses vacances, le gouverneur de Californie a dû passer en salle de chirurgie pour se faire reconstruire le fémur. Occasion qu'a d'ailleurs prise le LA Times pour noter que le gouvernator, généralement très discret sur ses déplacements, passait décidément beaucoup de temps en vacances (source LA Times).
Côté accidents ménagers, on se rappellera que la droite avait déjà été largement frappée par des drames en tous genres, à commencer avec un Dick Cheney qui avait tendance à confondre ses camarades de chasse avec des sangliers (source MSNBC). Le champion républicain restant néanmoins incontestablement George Bush lui-même puisqu'il aligne un accident de vélo en 2005 au cours duquel il a blessé un policier du G8 (source CNN), un accident de vélo tout seul en 2004 (source BBC), un accident de segway en 2003 (source BBC et About.com) et un accident de bretzel en 2002 (source l'Expansion). La barre est haute.
Parce qu'il n'y a pas de trêve de Noël pour les dictateurs, quelques nouvelles des pays où il ne fait pas bon aller aux urnes.
- A Cuba, après plus de six mois d'absence et une rumeur venue tout droit des États-Unis de cancer en phase terminale (source Time / CNN), c'est officiel, le "Lider Maximo" va mieux. En tout cas, selon un médecin qui a rencontré le barbu aux discours fleuves (source Canoë / AP). Ce dernier serait même, dit-on, plus prêt que jamais à se remettre au travail. Cette information est bien entendu à mettre au conditionnel, mais il est néanmoins fort probable que Castro survive plus longtemps que quiconque oserait sous-entendre qu'il est malade.
- Au Turkmenistan, le despote névrotique Niazov (lire ici et là) est mort. Sans même une petite rumeur de cancer. Des élections sont prévues en avril, les États-Unis se déclarent prêt à "commencer une nouvelle ère dans les relations [bilatérales]", les Russes s'en foutent très officiellement (source Novosti) et Bouygues, grand ami de Niazov (lire ici), croise les doigts pour que le suivant soit aussi mégalo que le précédent. L'opposition turkmène, exilée, n'a toujours pas le droit de rentrer au pays.
- En Irak, la condamnation de Saddam Hussein à la pendaison a été confirmée. Les paris sont ouverts sur la date de la petite sauterie, mais le Premier Ministre en poste aurait une préférence pour une potence avant la fin de l'année, ce qui laisse quatre jours (source Guardian). Les États-Unis sont contents (source MyWay / AP), les Irakiens ont peur que ça n'aggrave le chaos actuel dans le pays (source Reuters) et les chaînes de télé négocient les droits.
Bref, moche fin d'année 2006 pour les dictateurs, surtout si on ajoute à tout ça l'embargo que subit actuellement Kim Jong Il sur les iPods, les écrans plasma et le cognac Henessy (source BBC). Des années d'oppression et de tyrannie justifient bien une aussi extrême mesure de rétorsion.
C'est décidé, 2007 sera l'année de l'environnement pour Bush. Enfin, selon sa conception de la chose...
C'est une grande nouvelle pour tous ceux qui se sentent un brin concernés par le réchauffement climatique. Une grande nouvelle mais surtout un changement de politique aussi inattendu que soudain : l'administration Bush et le chef de la Maison blanche lui-même ont décidé d'agir, de manière pragmatique et constructive.
Ceux qui avaient rejeté le traité de Kyoto en 2001 et qui, en 2006 encore, déclaraient qu'il n'y avait aucun lien prouvé entre l'activité humaine et l'augmentation brutale des températures ces 20 dernières années, ceux qui en septembre encore faisaient de leur mieux pour faire disparaître les rapports compromettants (source TP) ont retourné leur veste, sans aucun doute touchés par la grâce de Noël.
Et quand ils parlent de mesures, les membres de l'administration Bush n'y vont pas par le dos de la cuillère : ils proposent en effet de "déclarer les ours blancs espèce menacée".
Oui oui, rien que ça.
Parce qu'après "un examen de toutes les données disponibles", il semble que "la banquise dont dépend les ours polaires diminue". Avant d'ajouter, histoire d'être bien sûrs que tout le monde a compris "Bien sûr, si la banquise fond, c'est que les températures sont plus élevées" (source Reuters).
Des mesures pour limiter l'émission de gaz à effet de serre, réduire la consommation automobile ou la pollution industrielle, par contre, non. Mais maintenant que l'ours polaire est officiellement en difficulté, ça devrait aller mieux. Hulot, Bové et leurs croisades écologisantes n'ont qu'à bien se tenir : la semaine prochaine, à défaut de protocole de Kyoto, le classement en espèce en voie de disparition du ragondin à dos argenté devrait aider à résoudre le problème des forages pétroliers dans les réserves pétrolières de l'Alaska.
Porter un T-shirt ne changera peut-être pas le cours de l'histoire. Mais ça a le mérite de faire rire.
Certains se souviendront peut-être de l'affaire Raed Jarrar, qu'on avait empêché de prendre l'avion pour la simple raison qu'il portait un T-shirt portant une inscription arabe qui avait autant de contenu terroriste qu'un épisode de "Joséphine ange gardien" (lire plus sur 404 à ce sujet).
La contre-offensive a été lancée par les geeks à travers une ligne de T-shirts aux messages subversifs codés en binaire (site). Ainsi, on pourra tenter de prendre son avion en revêtant fièrement son T-shirt "Je suis un terroriste", "Fuck America", "Fuck Cheney" ou un plus sobre "bomb", l'objectif étant de se faire photographier au moment du passage de la douane (site).
Pendant qu'on est dans les T-shirts, quelques modèles en plus, toujours aux US : "De toute façon, je n'utilisais pas mes libertés civiles" (ici), "Enervez un conservateur, pensez par vous-même" (lien) ou encore "Impeachment, it's not just for blowjobs anymore" (lien). Et pendant ce temps-là, l'UMP distribue des tongs.
Que subissent chaque année les amis de la famille Bush? Pour le savoir, ouvrez l'enveloppe.
Parce que parfois, sur 404, on n'hésite pas à sortir de l'info qui fait mal, du gros scoop qui tache, accroche-toi, lecteur, ce qui suit risque de mettre en doute la quintessence même de ton univers, de ton vécu, de tout ce que tu croyais acquis depuis toutes ces années...
En 1970, alors que le front de libération du Québec prenait des otages, que les Russes atterrissaient sur Vénus, que le World Trade Center finissait sa construction et que Colombey pleurait son bal tragique, en 1970, George W. Bush fumait... des cigarettes.
Oui, des cigarettes, ma brave dame...
Bon, on l'accorde, rien de scandaleux là dedans, pas de scoop, ni même quoi que ce soit d'intéressant... mais juste un vil prétexte pour exhumer cette magnifique photo de famille de tout le clan Bush. C'est déjà suffisant en soi et c'est un peu Noël avant l'heure, de la part de "tous les George Bush".
L'UMP a-t-elle des people qui lui ressemblent ?
Mauvais début de mois pour Nicolas Sarkozy. Outre sa décriée présence (et conférence) à la sauterie du Web3, ce sont maintenant ses people qui lui claquent dans les doigts les uns après les autres.
Supporter annoncé de l'UMP, Doc Gynéco d'abord récolte plus d'un demi-million d'euros d'amende pour avoir un brin fraudé le fisc. Puis c'est au tour de Pascal Sevran, relais de l'UMP auprès des maisons de retraite, qui se prend la permanente dans le tapis en confondant le 7e tome (c'est écrit très gros, 3e âge oblige) de sa biographie avec une analyse de géopolitique qui propose, comme remède à la misère africaine, de stériliser les noirs (source Libération)...
Et comme si ça ne suffisait pas, le plus populaire des troubadours de l'UMP, Johnny lui-même, déçu de ne pas s'être fait naturaliser Belge, menace de s'exiler en Suisse pour ne plus avoir à payer ses impôts en France (source 20 minutes). Le VRP optique 2000.
Bref, avec deux fraudeurs fiscaux et un eugéniste aux conceptions géopolitiques néanderthaliennes dans ses rangs, l'UMP a un petit problème people. Côté 404, on aurait bien une solution à proposer...
Comme toutes les grandes entreprises, Bouygues veille précieusement à son éthique... dès lors qu'elle n'empêche pas de gagner de l'argent.
C'est un peu le marronnier chaque année, les entreprises sortent une brochure de leur fameux "code éthique", histoire d'inculquer quelques règles de vie à leurs employés. Il y a celles qui privilégient l'écologie à outrance en s'engageant à recycler les gobelets en papier de la cafeteria du 7e pour construire un futur meilleur pour les 78 générations à venir, celles qui feraient tout pour leur client en s'engageant à ne jamais lui vendre quelque chose dont il n'a pas vraiment besoin (si) et il y a le groupe Bouygues.
Parce que dans le groupe Bouygues plus qu'ailleurs, l'éthique, on le sait, c'est important, et ça tient en 10 articles.
Ainsi, au premier article, le groupe s'engage à "une application rigoureuse des lois, règlements et normes internes", tant on sait le groupe irréprochable sur ce point. La récente condamnation de Bouygues télécom à 58 millions d'euros d'amende, aux côtés de ses deux concurrents Orange et SFR pour entente et "avoir restreint le jeu de la concurrence" n'a d'ailleurs probablement rien à voir avec ça (source ZDNet) .
Dans son second article, le groupe appelle au respect des droits de l'homme, pour ses collaborateurs. Mais vraiment que pour ses collaborateurs. Les habitants du Turkménistan, dictature dénoncée par la quasi totalité des ONG (source Wikipedia), ne rentrent en revanche pas dans le code éthique de l'entreprise. Pour faire affaire avec Niazov, le despote local, le groupe Bouygues n'a en effet pas hésité à faire voyager la crème des présentateurs télé français pour animer quelques messages propagandesques bien sentis (source Acrimed) .
Dans son troisième article, le groupe appelle à respecter "honnêteté, équité et transparence", aussi bien vis-à-vis des clients que des actionnaires et partenaires. Expliquant sans doute pourquoi le reportage sur les relations du groupe avec Niazov a été déprogrammé en dernière minute de la grille de programme de Canal+, pour cause de fusion TPS (groupe TF1) et Canalsat (groupe Canal+) (source Acrimed).
Enfin, parce qu'on garde le plus drôle pour la fin, le groupe inscrit dans son code éthique la "neutralité politique de l'entreprise, notamment en évitant (sic) de contribuer au financement de la vie politique". Quand on aura fini de rire, on appréciera à sa juste valeur l'utilisation du verbe "éviter". Après tout, ce n'est pas parce que Martin Bouygues a été témoin du mariage de Sarkozy (source Wikipedia) que le groupe a été mis en cause dans l'affaire des marchés publics d'Ile de France (source Wikipedia) et que l'impartialité de TF1 a même été mise en doute par Bayrou (source 20 Minutes) qu'il faudrait se permettre de douter.
Les salariés du groupe sont prévenus.
Pour le FN, le concept est clair : on peut remettre en question l'Holocauste, mais pas la bonne foi de Gollnisch.
Bruno Gollnisch a de la suite dans les idées. Ainsi, en octobre 2004, alors qu'il faisait scandale en affirmant que (citation, entre autres joyeusetés du même acabit) "Je ne remets pas en cause l’existence des camps de concentration, mais, sur le nombre de morts, les historiens pourraient en discuter. Quant à l'existence des chambres à gaz, il appartient aux historiens de se déterminer", il s'offusquait qu'on ne puisse évoquer ce sujet sans en passer par les tribunaux (citation, encore) : "Le débat sur les chambres à gaz appartient aux historiens. Cinquante ans après, il me semble que ce débat pourrait être libre. Il pourrait y avoir une confrontation, autrement que par tribunaux interposés ou procès d'intentions de part et d'autre" (source Wikipedia.org).
Faisant preuve d'une magnifique constance, le procès qu'il a intenté à 7 présidents de partis politiques du Rhône-Alpes qui avaient co-signé un texte de dénonciation de ses propos se jouait la semaine dernière (source libération). On devrait pouvoir débattre des camps de concentration sans tribunaux ou procès d'intention, mais commenter les propos de Gollnisch, non.
On apprend à ce sujet que sur les sept partis signataires du texte, deux se sont rétractés, à savoir l'UDF et l'UMP. Leur explication officielle : ils avaient signé le texte mais n'avaient en aucun cas participé à sa rédaction. Une belle preuve de courage politique, donc. Tant il est vrai que ce serait dommage de voir tous ces beaux électeurs potentiels s'offusquer d'une (vraie) prise de position.
Après le sac à vomi tueur et le manuscrit d'Harry Potter piégé, la parano fait son chemin dans les avions de ligne.
La paranoïa dans les transports aériens continue de plus belle et la liste des choses qu'il ne faudrait pas, en théorie, faire dans l'avion s'allonge (pour le reste de la liste, voir ici).
D'abord, il ne faut plus s'embrasser de manière trop provocante ou avoir l'outrecuidance de se vautrer sur les genoux de sa compagne pour faire un somme. Non, tant il est connu que les terroristes aiment se faire des petits câlins avant de jouer aux kamikazes des temps modernes. Le couple a été mis en cause pour "association de malfaiteurs". Quand même (source AFP, merci à Nyko d'avoir signalé l'information).
Ensuite, faute de se faire des câlins, il ne faut pas être ballonné non plus. En tout cas, si on l'est, il ne vaut mieux pas essayer de cacher honteusement ses odeurs. Ainsi, un avion d'American Airlines a été dérouté puis évacué lorsqu'une de ses passagères a préféré craquer des allumettes en vol plutôt que de faire profiter à son entourage de ses soucis de digestion. La femme en question n'a pas été poursuivie, chose suffisamment rare en ces jours de n'importe quoi aéronautique pour être signalé (source Reuters).
Ca fait maintenant treize (mauvaises) raisons de rester sagement accroché à son siège à déglutir la dernière croûte d'Adam Sandler dans l'avion plutôt que de jouer la carte de l'originalité pour faire rire ses compagnons de voyage (les 11 autres raisons sont ici).
Voulue par Chirac, la CNN à la française voit le jour ce soir et affiche des ambitions fortes... mais parfois un brin curieuses.
Depuis que les chaînes de télévision abondent sur, au choix, la TNT, le câble, le satellite ou l'ADSL, le paysage audiovisuel français nous avait habitués à pondre régulièrement une nouvelle horreur. S'il ne fallait citer que la TNT, les seuls noms de NRJ12, NT1, W9 ou Direct8 suffisent à comprendre le vide médiatique dans lequel les ondes s'engouffrent dès lors qu'on crée une nouvelle grille de programmes.
Et cependant, ce soir (18h, sur Internet) et demain (sur les bons vieux postes de télévision) arrive France24, la CNN à la française. Probablement une fort bonne nouvelle pour l'image de la France à l'étranger, représentée uniquement à ce jour par la très pauvre TV5 monde qui inonde le globe de téléfilms de seconde zone au sous-titrage approximatif.
France24 sera gratuite, accessible aussi bien sur le web que sur la télévision, bilingue, aura des journalistes en France mais aussi un réseau significatif de correspondants à l'étranger et promet une information poussée, bien plus en tout cas que sur les moroses JT que le service public et les chaînes privées servent entre l'entrée et le dessert pour encourager à ne pas rater les pubs avant Julie Lescault. On ne peut donc qu'applaudir des deux télécommandes en souhaitant que l'ambition se réalise bel et bien.
Petit hic cependant, dans son dossier de presse et par trois fois, France24 répète sa mission première : "Montrer aux téléspectateurs et internautes du monde entier tout ce qu'ils ne sont pas censés voir, savoir ou comprendre sur tous les sujets de l'actualité internationale".
Sans douter un instant de la bonne volonté des journalistes et surtout de l'agence de communication de France24, on aimerait quand même bien connaître ce qui détermine ce que les gens sont "censés voir, savoir" et surtout "censés comprendre".
Verbiage mis à part, bonne route à France24, en espérant que la chaîne contribue à remplir un tant soit peu le vide incommensurable qu'a laissé s'installer la direction de l'information de France Télévision dans ses journaux du soir (le 853e reportage sur l'ouverture des commerces le dimanche à l'approche des fêtes devrait être diffusé sous peu).
France24 sera visible à partir de ce soir sur le site France24.com.
Comme George Bush, Vladimir Poutine combine à merveille sagesse populaire et politique : les mensonges les plus gros sont aussi les plus crédibles. Ou presque.
Parfois, le hasard, ce petit joueur, s'amuserait presque à nous faire prendre d'exemplaires démocraties pour de totalitaires pays exportateurs de gaz. Pour preuve, lorsqu'Anna Politkovskaya est abattue de quatre balles dans la tête, nombreux sont ceux qui, dans une hâte peu raisonnable, font un lien entre son opposition au gouvernement de Vladimir Poutine et son bête accident.
De même, lorsque l'espion russe Litvinenko meurt empoisonné, qu'un ex-ministre de Poutine (et détracteur du gouvernement) ainsi que le confident européen de Litvinenko frôlent tous deux la mort de près, victimes eux aussi du Polonium 210, certains esprits chafouins s'insurgent devant les méthodes moyen-âgeuses d'un coupable tout désigné : le KGB.
Mais resaisissons-nous et n'accusons pas le gouvernement russe hâtivement : si les autorités du pays disent qu'elles n'ont rien à voir avec des empoisonnements, c'est finalement peut-être vrai. Et peut-être que la journaliste a reçu quatre balles dans la tête par des voleurs de sacs à main. Après tout, ce n'est quand même pas la faute de Poutine si ses opposants politiques ne résistent que très mal aux balles et aux injections radioactives.
D'ailleurs, pour prouver sa bonne foi, le gouvernement de Poutine déborde d'une imagination si fertile qu'elle reléguerait les efforts politiques de Seguela au rang de vague amusement pour présentateur de Direct 8. Ainsi, il déclare aujourd'hui qu'aucun suspect mis en cause dans les empoisonnements ne pourra être extradé de Russie. Ni interrogé directement par les enquêteurs britanniques d'ailleurs (source Moscow times).
Pour continuer de convaincre, les autorités refusent également de laisser témoigner un officier du FSB qui déclare avoir des informations cruciales pour l'enquête. Ce n'est pas que le gouvernement ne veut pas, mais l'officier en question est malheureusement indisponible, enfermé dans une prison de l'Oural pour avoir "révélé des secrets d'état".
Enfin, finalement, une seule agence de presse (RIA Novosti, dans cet article) note que la thèse de l'empoisonnement est peu crédible et que l'espion russe est mort (rayez les mentions inutiles) 1/ en faisant de la contrebande de Polonium, 2/ tué par son ami Berezovsky ou encore 3/ en fabriquant une bombe radioactive pour des terroristes tchetchènes (sic).
Le fait que l'agence RIA Novosti soit reconnue comme (très) proche du Kremlin (voir par exemple cet article de RSF) n'a sans doute rien à voir là dedans.
Ajoutons à ça que la Russie s'est très officiellement plainte que les autorités anglaises ne soient pas parvenues à faire taire Litvienko dans les dernières heures de sa vie (source DNA), si, avec tout ça, on n'est pas vraiment convaincu que l'administration Poutine n'a rien à voir avec tous ces meurtres et tentatives de meurtres, c'est à n'y rien comprendre...
Une fois n'est pas coutume, 404 se met en pause et revient, frais et fringuant, dans quelques jours.
Il est des pays dans lesquels Internet n'a pas encore le droit de cité. Il est des pays où le téléphone portable n'existe pas. Il est des pays qui, pour plein de mauvaises (et parfois - rarement - de bonnes) raisons, échappent encore au progrès. Au progrès dans tous les sens du terme.
Il est des pays magnifiques confrontés à des difficultés hideuses. Il est des pays qui se foutent de savoir si Ségolène, DSK ou Fabius seront choisis par le PS pour l'élection (tiens, qu'est-ce donc ?) de début 2007.
C'est dans un de ces pays que 404 sera dans les 3 prochaines semaines.
Reprise de 404 le 1er décembre donc, peut-être un peu avant. En attendant, plein de bons liens dans la colonne de gauche, et ailleurs, plein d'archives et de projets en cours, plein de goodies à acheter dans la boutique pour un Noël joyeux.
Comme disait l'autre, tout de suite, la suite et à bientôt sur 404.
En manque d'ennemis ? Le mieux est encore de les aider à devenir suffisamment menaçants...
Définitivement désespérés de démontrer que l'Irak représentait un danger imminent avant la seconde guerre du Golfe, le gouvernement américain a rendu disponible sur un site Internet dédié de nombreuses archives jusque là confidentielles du gouvernement de Saddam Hussein.
Dans l'espoir, sans doute, qu'un internaute arrive (enfin) à démontrer que oui, l'Irak pouvait bien anéantir toute trace de civilisation sur terre en moins de temps qu'il n'en faut pour regarder les écrans publicitaires du Superbowl.
Sauf qu'en publiant ces documents, les Etats-Unis ont rendu public des documents sur les recherches nucléaires irakiennes, documents qui, selon le NY Times, constituent tout simplement un mode d'emploi pour apprenti constructeur de bombe atomique (source NY Times).
L'agence internationale d'énergie atomique se dit choquée, les officiels ont mis le site hors ligne en attendant de passer en revue les documents en question. De son côté, Kim Jong Il doit probablement dire un grand merci : ils n'étaient pas certains de ce qui avait raté dans le premier essai : promis, le second sera bien mieux.
(merci à Jérémie pour l'information)
Alors que s'ouvre la conférence annuelle sur le climat, c'est officiel : comme le nuage de Tchernobyl à son époque, le réchauffement climatique ne touchera pas les Etats-Unis.
"Nous sommes tous réunis ce matin au nom de l'humanité, car nous sommes tous conscients que le changement climatique devient rapidement une des menaces les plus graves que l'humanité aura jamais à affronter". C'est ainsi que le vice-président kenyan a ouvert aujourd'hui, à Nairobi, la conférence annuelle sur le climat de l'ONU (source ABC News).
En Afrique, continent le plus à risque, 70 millions de personnes pourraient être touchées, et près de 40% des habitats naturels pourraient devenir tout simplement... invivables (source Alertnet, Reuters).
Au Groenland, on perd chaque année 170 kilomètres cube (soit un cube de 5,5 kilomètres de long, de large et de profondeur - merci Maxwell) de glace alors que seulement 58 se reforment suite à des chutes de neige.
Au global, les températures constatées à l'échelle mondiale n'ont jamais été aussi élevées depuis plus de... douze mille ans (source Forbes).
Chiffres et déclarations alarmantes se succèdent. Les personnalités les plus improbables (aujourd'hui Rupert Murdoch, s'il ne fallait citer que lui - source Sydney Morning Herald) rejoignent la cause du réchauffement planétaire. On en fait des films, des reportages, des colloques, conférences, livres, études. Le gouvernement anglais déclare le climat comme priorité numéro 1. Tout le monde change.
Tout le monde, ou presque. Car un petit village gaulois résiste (toujours) à l'envahisseur.
Quand on l'interroge pour savoir si la pression de Tony Blair pourrait avoir fait évoluer la position américaine sur le réchauffement climatique, Harlan Watson, représentant de l'administration Bush, est aussi clair que possible (source Nola.com / Associated Press) :
"Je n'ai eu aucune indication sur un changement quelconque de notre position. Et il n'y en aura probablement aucun au cours de cette présidence" (illustrant par ailleurs à merveille un dicton qui dit qu'il n'y a qu'une certaine catégorie de population qui s'interdit formellement de changer d'avis).
Depuis la mise en place du protocole de Kyoto, en comparaison avec les chiffres de 1990, les émissions en Allemagne ont baissé de 17%, celles de l'Angleterre de 14%, celles de la France de 1%. Celles des Etats-Unis ont augmenté de 16%.
C'est vrai que ça serait dommage d'abandonner maintenant un si bel effort pour finir d'achever l'environnement.
Après New York et le Pentagone, Al Qaeda va-t-il migrer vers la côte ouest pour éviter le froid ?
FBI, experts du Pentagone, services secrets et autres officiers militaires sont d'accord pour le dire : plus les élections américaines approchent, plus une communication d'Al Qaeda est possible. Mais en fait, en même temps, on n'en sait rien, faute de preuves ou d'indices réels sur la crédibilité de cette menace (dans le texte).
Mais on pourra dire ce qu'on voudra, les faits sont là : alors qu'ils déposaient deux ou trois vidéos par mois jusqu'à maintenant, en octobre, une misérable vidéo. Ben Laden est en retard. Congés maladie, RTT accumulés ou besoin de terroriser le monde entier en n'envoyant exprès pas de message ? Les experts sont partagés, mais les preuves sont indiscutables : Al Qaeda est en retard. Oui (source MSNBC).
Et s'il n'y avait que ça : on prévoit aussi, possiblement éventuellement, des attaques sur des installations pétrolières en Arabie Saoudite, pour faire peut-être monter le prix du pétrole. Selon les services secrets, les opérations pourraient être menées en camion ou bateau suicide, mais rien n'est sûr (source The Money Times).
Et pendant qu'on y est, c'est officiel, la dernière cible du réseau terroriste international vient juste d'être identifiée : rien de moins que Brad Pitt et Angelina Jolie, qui ont fait déplacer des agents britanniques jusqu'en Inde ou le couple tourne actuellement la vie de Daniel Pearl (source 7 Days).
Il est temps de réagir. Aujourd'hui Pitt et Jolie, et demain, c'est Christian Clavier qu'on baillonne. Que fait la police ? Les services, secrets, on sait, ils fantasment... mais la police ?
(pour les maniaques que ça fascine, le thême astral -si si- de Ben Laden est en ligne. Aah, ces stars...)
A force d'organiser des élections pour savoir qui va pouvoir se présenter aux élections, l'homme politique va-t-il finir par être en campagne à plein temps ?
S'il est une chose que la droite et la gauche française partagent en cette fin d'année 2006, c'est un goût immodéré pour le grand écart linguistique, la sublimation de la phrase assassine qui transforme le compliment en coup de poignard entre les omoplates. Et c'est la droite qui ouvre le feu avec un Chirac qui prouve à merveille que oui, on peut dire dans la même journée tout et son contraire avec le sourire et la nonchalance du bienheureux :
Ainsi, dans le Figaro, le chef de l'état déclare soutenir totalement son premier ministre et son ministre de l'intérieur, et va même jusqu'à "rendre hommage" à leur action, dans une déclaration qui sent vaguement le posthume quand même (source France 3). Mais chassez le naturel, il revient au galop, disent les éleveurs ardéchois. Alors, dans le même entretien, Chirac ne peut s'empêcher de mettre un petit taquet derrière le crâne du chef de l'UMP sous la forme délicate de "Ce qui compte pour moi, c'est qu'un ministre assume pleinement et totalement ses fonctions ministérielles" (source Nouvel Obs). Autant pour le ministre de l'intérieur, chef de parti, en pleine campagne pendant que les bus brûlent, donc.
Mais autant elle n'a pas le monopole du coeur, la droite n'a pas non plus le monopole des petits meurtres entre amis.
Côté PS, donc, dans un extraordinaire élan d'optimisme, chaque candidat sent que ça y est, c'est sûr et certain, son heure est arrivée.
DSK sentait, il y a deux semaines, un frémissement. La semaine dernière, c'était devenu un tremblement. Et cette semaine, c'est un mouvement (source Le Figaro). Rien que ça.
Pour Fabius, bon dernier pour l'instant, c'est le moment du lyrisme victorieux : "la lumière est en train d'apparaître" lâche-t-il (source Nouvel Obs). Son projet, il le dit, est "le seul capable de faire gagner les socialistes en 2007" (source Le Monde). Il sent "un vaste rassemblement" autour de lui (pour le candidat le plus mal placé, bravo) (source Boursier.com) et il continue dans le plagiat de son ancien chef : "aucun socialiste n'a le monopole du peuple" (source Nouvel Obs). Le peuple le remercie.
Du côté de Ségolène, on voudrait que se terminent au plus vite ces formalités et on appelle les militants à l'élire au premier tour, que ce soit fait une bonne fois pour toutes, merde à la fin (source Le Figaro).
Et puisque c'est la mode, même les verts s'y mettent en refusant la candidature d'un de leurs trois candidats principaux, Noël Mamère (source TF1/LCI).
Ah, et d'ici 2007, si on pouvait trouver cinq minutes pour parler de programme et d'avenir de la France, on vous en remercie tous d'avance.
On ne rigole pas avec la sécurité aérienne. Si vous n'êtes pas un terroriste, vous n'avez probablement rien à faire dans un avion.
Pour protéger l'espace aérien, le gouvernement américain n'est pas allé de main morte dans l'utilisation des nouvelles technologies. Ainsi, chaque passager empruntant une ligne à l'intérieur ou à destination des Etats-Unis se voit passé à travers un filtre impitoyable : la "No Fly List". Liste noire des passagers interdits d'avion (Oussama Ben Laden y figure quand même sous deux orthographes différentes), son utilisation semble poser plus de problèmes aux voyageurs qu'aux terroristes.
Et pour cause, CBS s'est procuré un exemplaire de cette liste et voilà ce qu'ils y ont trouvé, parmi les 44 000 interdits de vols et les 75 000 individus à soumettre à des contrôles supplémentaires (article) :
- Les 14 terroristes du 11 septembre, qu'on suppose être morts avec leurs victimes, il y a plus de 5 ans.
- Zaccarias Moussaoui (en prison à vie dans le Colorado)
- Saddam Hussein (en procès quelque part en Irak)
- François Genoud, sympathisant nazi mort depuis 10 ans
- Robert Johnson, Gary Smith et John Williams (probablement quelques-uns des noms les plus communs outre-Atlantique)
- Nabih Berri (chef du parlement libanais)
- ...et Evo Morales (président de Bolivie)
Au FBI, on ne s'étonne pas vraiment de la fantaisie de cette liste qui doit théoriquement empêcher les terroristes de prendre l'avion. L'explication est même très simple. "Au début, nous ne savions pas quelles étaient les contraintes pour cette liste. On connaissait les terroristes. Mais il y a probablement eu une incompréhension sur la définition d'un terroriste".
Quant aux vrais terroristes, ils ne figurent pas sur la liste noire de l'aviation : le FBI ne veut pas que les aéroports étrangers aient accès à ce type d'informations. La "No Fly List" se contente donc tranquillement d'empêcher les morts, les prisonniers, les gens avec un nom trop commun et le président de Bolivie de prendre l'avion. Mais surtout pas les vrais terroristes. Histoire qu'ils ne sachent pas qu'on sait qu'ils savent qu'on sait qu'ils sont des terroristes. Ce serait dommage.
En 2006, Sarkozy gagnait un Orwell d'honneur pour l'ensemble de son oeuvre. En revanche, la concurrence s'annonce rude en 2007.
C'est désormais une tradition bien ancrée : en cette fin d'année, les Big Brother Awards nouveaux se préparent. Durant la fin d'année 2006, les internautes sont invités à faire connaitre leur sélection des plus représentatifs "élèves de la société de surveillance" (communiqué).
Début 2006, Nicolas Sarkozy recevait un prix spécial "pour l'ensemble de son oeuvre" (lien). Pour avoir milité en 2005 pour l'extension de la vidéo-surveillance, prôné l'obligation des fournisseurs d'accès Internet et des opérateurs télécom de conserver les données de connexion de leurs clients, et la possibilité pour la police d'accéder aux fichiers des compagnies aériennes.
Et le ministre de l'intérieur français semble avoir fait des émules. Ainsi, pour se battre contre les "terroristes qui coordonnent leurs plans cachés dans l'anonymat d'Internet et les prédateurs sexuels violents qui grouillent dans les sites de chat", le directeur du FBI proposait cette semaine que les données de connexion des internautes soient désormais conservées, tant que jugé nécessaire par la police (lien).
Mais on ne peut pas gagner tout le temps non plus. Ainsi, à Washington, on vient d'installer une cinquantaine de caméras vidéos dans tous les lieux de forte criminalité. Résultat, 11 échanges de coups de feu (dont 4 meurtres) dans un seul week-end. Apparemment, les assassins se moquent des caméras de surveillance. Et les policiers également : "The cameras, which focus on public space only, are "passively monitored" by the Metropolitan Police Department, meaning that officers generally do not watch the camera feeds in real time." (source).
Une expérimentation qui devrait donner des ailes à Visiowave, filiale de TF1 qui se spécialise sur une double promesse : signaler automatiquement à la police les individus aux comportements "déviants" et... diffuser de la pub en même temps (lien). En prison, on a plein de temps de cerveau disponible, parait-il.
Le réchauffement climatique n'est pas une réalité scientifique. La preuve, hier matin, à Vierzon, on avait un peu froid à l'arrêt de bus.
Dans une vérité qui dérange, Al Gore fait une analyse de la couverture médiatique du phénomène du réchauffement climatique. Chiffres à l'appui. Ainsi, il montre que sur les 694 derniers rapports scientifiques consacrés à ce sujet, toutes publications confondues, pas un seul ne remet en question le phénomène. Pas un scientifique qui ne nie l'évidence, pas plus que le fait que celle-ci soit la conséquence directe de l'activité humaine. Aucun.
Dans la même période de temps, la couverture presse présente un visage un brin différent. Sur les articles sortis, près de la moitié (43% pour être précis) mettent sérieusement en cause la validité du réchauffement climatique. Les chiffres sont tellement gros qu'on aurait presque du mal à y croire.
Jusqu'à hier, lorsque Matt Drudge (Drudge Report, le site d'information qui a fait éclater le scandale Lewinsky) se décide à parler à sa façon du - prétendu - réchauffement climatique.
En gros titre, on pouvait y lire : "Septembre 2006 : Température aux US 0,7 degrés EN DESSOUS de la moyenne du 20e siècle..." (emphase d'origine).
Think Progress n'a pas manqué le point et relève les efforts désespérés (dans le texte) de Drudge pour mettre le réchauffement climatique en doute (article Think Progress) :
"D'abord, c'est totalement hors de propos : le réchauffement climatique ne veut pas dire qu'il n'y aura plus jamais un mois ou une journée froide quelque part sur le globe. Au total, septembre 2006 a été le 4e plus chaud jamais enregistré. D'autre part, Drudge met de côté un fait crucial présent dans le rapport qu'il cite : la période janvier - septembre 2006 a été globalement la plus chaude jamais enregistrée." (traduction 404)
Ou comment faire d'un rapport qui souligne le réchauffement climatique un étendard de ceux qui pensent qu'il est urgent d'attendre qu'il fasse 45 degrés l'hiver pour commencer à se poser des questions. Ah, la magie de la lecture sélective.
A l'heure où le procès des Clandestini Corsi s'achève, des doutes planent encore sur leurs vraies motivations.
Hier, la décision du tribunal a été rendue dans l'affaire Clandestini Corsi, du nom du groupe armé corse aux sept attentats (Brain Not Found évoquait le sujet en 2004). S'il est une chose qui est restée persistante lors des attentats puis du procès, c'est l'idée que le groupe ne soit motivé en tout premier lieu que par des motifs racistes. Motivations saluées par Jean-Marie Le Pen, de passage en Corse le semaine dernière (source LCI.fr).
Cependant, fin 2004, au milieu des attentats, dans sa première conférence de presse, le groupe avait insisté sur sa (en tout cas prétendue) mission première "ralentir le trafic de drogue" et n'être "ni nationaliste, ni raciste" (source Nouvel Obs / AP).
C'est également ce dont veut témoigner Lionel, apparemment proche d'un des membres du groupe (par mail, à 404) :
"Un pan entier de l'affaire des Clandestini Corsi, groupe dit terroriste et raciste dont le procès s'est fini hier, a été mis dans l'ombre par les médias. La motivation principale de ces jeunes, que l'on dit tous racistes (je n'exclus pas que 2 ou 3 membres du groupe le soient), a été de lutter contre le trafic de drogue en Corse. Or, aucun n'article n'a mentionné ce fait, ou a tenté de faire passer ça comme une "fausse excuse". Pour avoir côtoyé une des personnes actuellement incarcérée, je peux affirmer que cette raison, qui semble être une marionnette pour les médias, est réellement tangible, et vérifiée.
Aucun article ne relate les attentats qui ont visé des Corses, et se focalisent tous sur les attentats visant la communauté maghrébine. Or, des biens corses ont bel et bien été cibles d'attentats, ce qui prouve que la motivation première n'était pas la xénophobie, mais une chasse aux dealers".
La justice a tranché, en faveur des réquisitions du parquet qui demandait deux circonstances aggravantes : racisme et terrorisme. Les membres de Clandestini Corsi ont été condamnés à 6 mois à 8 ans de prison (source LCI).
En plus d'être une organisation terroriste, Al-Qaeda serait-elle devenue un prétexte bien pratique à s'incruster partout ?
Ce qui est formidable quand on parle du réseau Al-Qaeda, ce n'est pas tant l'opacité du mouvement que le potentiel de créativité qu'il inspire dans les nombreux départements de sécurité intérieure ou extérieure américains.
Ainsi, à la fin des années 70, à son origine, Al-Qaeda a été d'abord ouvertement financé par la CIA pour contrer l'offensive russe en Afghanistan. Un succès puisqu'en 1989, l'Union soviétique se retirait du pays pour laisser le champ libre aux talibans, supportés par l'équipe de Ben Laden.
Puis, les attentats du 11 septembre. Al-Qaeda, resté sous le tapis diplomatique durant plus de 10 ans, resurgissait dans le spectre américain. Et Ben Laden de devenir l'ennemi numéro un du monde occidental, alors même qu'à la fin des années 90 (c'est le patron de la CIA qui le dévoile), le chef de l'organisation terroriste s'est retrouvé à portée de fusil américain plus d'une dizaine de fois, sans que personne n'ose appuyer sur la détente.
Au moment de trouver une raison pour déclencher la seconde guerre du Golfe, les armes de destruction massive ne suffisant pas à une opinion publique sur la réserve, Al-Qaeda rentre soudainement dans le tableau. L'Irak devient soudainement un camp d'entraînement pour les fidèles de Ben Laden.
En septembre 2006, l'administration Bush finira par reconnaître qu'il n'y a jamais eu de lien avéré entre Saddam et Ben Laden et que tout cela n'était que rumeurs prises un peu trop au sérieux (article BBC). Mais même confronté à l'évidence, il y a des réflexes qui sont difficiles à perdre : ainsi, 4 jours après que son président ait publiquement annoncé l'inverse, Dick Cheney réaffirmait les liens entre Al-Qaeda et l'Irak à qui voulait bien l'entendre (article Financial Times).
La piste irakienne écartée, il était urgent de trouver une nouvelle occupation à Ben Laden, histoire qu'on n'oublie pas trop vite que le terrorisme est une menace toujours aussi vivace que 5 ans en arrière.
Ainsi, le 2 octobre, on apprenait que l'unité anti-terroriste du FBI craignait fort qu'il y ait des liens entre Al-Qaeda et (roulements de tambour) la mafia. Et ce malgré "aucune preuve directe" (articles Washington Times et Associated content).
Le FBI craint en effet que les bandes mafieuses, prêtes à tout pour faire un peu d'argent, se mettent à vendre des têtes nucléaires à des terroristes islamistes en quête de faire exploser on ne sait quel centre ville.
Bien sûr, cela demande investigation, pour l'instant, aucune preuve tangible ne s'est encore présentée. Mais sait-on jamais, à défaut d'une hypothèse géo-politique fiable, ça aura au moins gardé Ben Laden en haut de l'affiche médiatique quelques jours de plus. Et puis ça ferait un scénario formidable pour la saison 47 de la série 24h. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme, non ?
Ca ne déplairait pas à un Giscardien : sur 404, on cultive le changement dans la continuité. Mais on change.
Puisque la Corée du Nord fait encore attendre sa deuxième surprise nucléaire et que Sevran a enfin fait son coming-out sarkozyste, quelques mots sur les quelques nouveautés qui ponctuent la vie de 404 en ce moment.
D'abord, la partie "sans commentaires" sous la une de 404 a été remplacée par une section "Télex" qui reprend des dépêches d'agence ou des blogs, sans aucun autre traitement qu'un copier / coller, traduction ou autre ré-écriture du titre. Les images passent dans la colonne de droite, juste au-dessus des brèves.
404 ouvre aussi ses dossiers et fait un tour dans le passé. Par thématique, un regard sur ce qui a été écrit sur le site, sur l'évolution des affaires, leur traitement, les informations contradictoires et celles qui auraient mérité de l'être. Le premier dossier, consacré à la pub et à la régie Métrobus, est en ligne (colonne de gauche), les autres suivent doucement.
La boutique 404 est toujours ouverte, les modèles évoluent doucement (près de 50 objets / designs différents, pour avoir le choix dans les emplettes utiles).
Vous êtes plus d'un millier d'abonnés à la mailing list 404. La diffusion reprend très vite, promis. Pour ceux qui ne sont pas encore inscrits, c'est par là, pour les autres, encore quelques jours et les envois repartent.
Un brin électoraliste, le film d'Al Gore n'en est pas moins une mine de questions qu'on aurait préféré ne jamais avoir à se poser.
Les amoureux des baignades d'été vont être heureux : l'environnement se réchauffe et on pourra bientôt aller faire des brasses au Touquet en plein mois de janvier. Pour les autres, plus réalistes ou moins tournés vers l'humidité maritime, c'est également un fait : le réchauffement climatique s'accélère et ce qui se profile devant l'humanité pourrait bien être un peu moche à voir.
C'est le message que porte Al Gore dans "une vérité qui dérange", conférence filmée de l'ancien futur président de la république (comme il s'appelle lui-même).
Loin des effets spéciaux hollywoodiens ou des effets un brin racoleurs de l'ami Moore, Gore explique les choses. Et les explique bien. Il ne prend pas son auditoire pour une junte d'imbéciles heureux à qui on doit montrer des gens qui transpirent pour faire comprendre que le climat fout le camp. Non, il démontre, élabore, argumente et, surtout, termine sa présentation par des solutions concrètes pour faire avancer les choses. Oui, la crise climatique est en marche. Oui, le réchauffement climatique est une réalité. Oui, on peut vraiment y changer quelque chose.
En particulier, en relais au film, on peut trouver des informations sur climatecrisis.net (et son excellente version française - c'est assez rare pour le signaler - criseclimatique.fr).
"C'est le premier film catastrophe dont les responsables et les victimes sont dans la salle" dira Arthus Bertrand au sujet du film. Que ça ne reste qu'un film dépendra de chacun.
Kim Jong Il est un grand diplomate. En quelques secondes, il arrive à mettre toute la communauté internationale d'accord.
Depuis longtemps, le monde est séparé entre deux catégories de pays : ceux qui ont la bombe nucléaire et ceux qui ne l'ont pas. On pourrait ajouter à ça les pays dont tout le monde croit qu'ils ont la bombe nucléaire mais en fait non, mais ce sont des cas particuliers qu'on s'empresse d'envahir.
Le monde, donc, se sépare entre les pays qui font très peur, et ceux qui font un peu peur. Or, parce qu'ils ont la bombe nucléaire, les pays qui font très peur, on se met en tête qu'ils sont très raisonnables et que leurs bombes nucléaires, elles ne sont là que pour la décoration. Les pays qui ne font pas vraiment peur se contentent de regarder et d'être sympas avec les pays qui font très peur.
Sauf que voilà, on a depuis hier un nouveau pays qui fait très peur (source The Hindu). Et que celui-là, même avec une force de persuasion extraordinaire, on aurait du mal à se dire qu'il est gouverné par des gens raisonnables.
Se pose alors très vite la question de la poule et de l'oeuf. La Corée du Nord s'équipe-t-elle de l'arme nucléaire pour faire face à tous ces autres pays qui possèdent eux-mêmes l'arme nucléaire ? Ou bien la Corée du Nord justifie-t-elle à elle seule le fait que le reste du monde investisse des milliards de dollars à faire fabriquer des bombes qu'on ne voit jamais exploser ?
Martin Amis débutait ainsi son essai "les monstres d'Einstein" : "Je suis né le 25 août 1949 : quatre jours plus tard, les Russes réalisaient avec succès leur premier essai nucléaire et la dissuasion était en place. J'ai donc eu quatre jours insouciants et c'est déjà plus que mes cadets auront jamais eu".
Grâce à Kim Jong Il, une situation qui n'était pas près de changer le devient encore moins.
Même si elle est sortie du communisme, la Russie de Poutine ne voudrait pas qu'on confonde liberté des marchés avec liberté tout court.
Deux balles près du coeur. Une balle dans l'épaule. Une quatrième directement dans la tête. Anna Politkovskaya rentrait chez elle samedi après-midi, des sacs de courses dans les bras, le tueur attendait la journaliste dans son immeuble et l'a abattue à bout portant.
Anna Politkovskaya est morte, deux balles dans le torse, une balle dans l'épaule, une quatrième dans la tête. Anna Politkovskaya était journaliste, critiquait ouvertement le Kremlin, la guerre en Tchétchénie.
Anna Politkovskaya a été abattue à bout portant, dans sa cage d'escalier, le jour même de l'anniversaire de Vladimir Poutine. Les voisins n'ont rien entendu, le tueur avait un silencieux sur son arme. Elle a été découverte, dix minutes plus tard, enregistrée sous le numéro de dossier 376196. Meurtre avec préméditation.
Pour le Conseil européen des droits de l'homme, elle était "un des symboles majeurs de la lutte pour le respect des droits de l'homme en Russie". Quatre balles à bout portant plus tard, elle est devenue un avertissement aux journalistes russes et autres activistes des droits de l'homme.
Le Kremlin, une des principales cibles d'Anna Politkovskaya, n'a pas souhaité réagir. 'Faut pas déranger Vladimir quand il gouverne.
Plus à lire sur le sujet sur Mosnews.com, sur le Kommersant, Time et enfin sur Libération. Anna Politkovskaya est la 56e journaliste tuée en 2006.
Chaque administration a son scandale sexuel. Cette fois, c'est dans l'équipe de Bush qu'on se prend à trop aimer les stagiaires.
On peut concéder une chose à l'administration Clinton : quand elle faisait dans le scandale sexuel, elle y mettait (un peu) de glamour. Une stagiaire, un président, un cigare, une tache, des conversations érotiques enregistrées, des détails. Pour un peu, ça aurait presque été rigolo à suivre. Alors que dans l'administration Bush, on ne peut pas dire qu'on fasse dans le léger : un sénateur qui se tripote pendant les séances de vote en échangeant des propos que la morale réprouve avec des garçons dont l'âge n'est pas de faire les malins sur les forums de rencontres, c'est lourd à porter.
D'autant que pour sa défense, Mark Foley déclare avoir été violé jeune par un membre du clergé (source AP), en profite pour faire son coming out et, fin du fin, déclare n'avoir échangé des propos indécents avec des adolescents que lorsqu'il était ivre. Parce que oui, il avait aussi un problème avec l'alcool.
L'observateur avisé notera que, violé par un curé, pédophile, ivrogne et gay, ça commence à faire beaucoup pour un républicain. Pour sa défense, Foley affirme qu'il n'écrivait aux jeunes garçons que lorsqu'il était ivre. Et qu'il ne buvait pas pendant le travail. Sauf qu'il se trouve qu'il envoyait quand même des messages à ses jeunes conquêtes pendant les séances de vote au sénat (allez comprendre).
D'autant plus embarrassant pour le camp républicain que ses agissements étaient connus de longue date par ses petits collègues qui se sont bien gardés d'avertir qui que ce soit. Et que Foley avait assis sa carrière politique sur la sévérité contre la pédophilie et les abus sexuels sur les enfants (source Wikipedia).
Tout est parti d'un blog à l'origine douteuse (en tout cas selon Radar). Bush s'est déclaré "dégoûté" des agissements de ses ouailles, d'autant que le scandale arrive (par hasard ?) à trois jours de l'élection sénatoriale dont les démocrates semblent doucement prendre le contrôle (source Reuters).
Chez Fox, on se débrouille comme on peut... à défaut de pouvoir soutenir le très républicain mauvais canard de Foley, on a choisi de modifier un peu la réalité : en plein scandale, Foley devient soudainement... démocrate (source insideCable). Tout est question d'image, après tout.
Les terroristes sont partout. Et disponibles dans toutes les bonnes animaleries, pour moins de 5 euros.
Ca devient presque le feuilleton de la rentrée : ce week-end, on a découvert une nouvelle façon de clouer un avion au sol. Rappel des épisodes précédents, et de ce qu'il ne faut pas faire si on veut assurer un atterrissage à son aéroport d'arrivée plutôt que dans un aérodrome perdu du Dakota (rappel et mise à jour de la liste) :
Ne pas sourire dans l'avion (les musiciens syriens), aller aux toilettes plusieurs fois de suite (deux Indiens détenus peu après le 11 septembre), changer de siège et utiliser un téléphone mobile (vol Amsterdam-Bombay), porter des vêtements trop épais (vol Malaga-Manchester), porter le voile (détentions à JFK), porter un T-shirt avec des mots arabes (Raed Jarrar), parler une langue qui ressemble de près ou de loin à l'arabe (les deux asiatiques du vol Malaga-Manchester), écrire sur les sacs à vomi (vol Londres-Le Caire), porter des baskets lumineuses (vol Londres-Paris-Djibouti) ou encore emporter avec soi des manuscrits du dernier Harry Potter (vol New York-Londres).
A cette liste, il faut maintenant ajouter le fait de lâcher des hamsters dans l'appareil. Certes, pas grand chose à voir avec le grand terrorisme, mais puisque le rongeur aime mastiquer du câble, l'appareil est cloué au sol jusqu'à ce qu'on retrouve la boule de poils aux grandes dents (source Sunday Times).
Et puisqu'on est dans les rongeurs, on en profite pour signaler une grande avancée dans l'histoire de l'humanité : le premier procès pour maltraitance de hamsters (source Local 6). Les laboratoires tremblent déjà. A qui va-t-on faire des piqûres de cosmétiques dans les yeux, maintenant ?
Trois ans après les opérations anti-pub et alors qu'elle commence à se mêler de politique, retour sur Métrobus, la filiale bien pratique de Publicis.
Puisque 404 affiche plus de mille cinq cents articles au compteur et que fatalement, de temps en temps, on finit par parler du même sujet, les dossiers 404 seront la synthèse des informations qui ont été traitées autour d'une thématique particulière.
Ce premier dossier traite de la publicité, et particulièrement celle qu'on trouve dans le métro, et pas uniquement aux heures de pointe.
C'est que la semaine dernière, Métrobus, filiale de Publicis qui gère les espaces pub des transports en commun de Paris et Marseille (entre autres) a décidé de ne pas afficher une publicité de Télérama sur laquelle on pouvait lire : "Dimanche 15 janvier, Vivement Dimanche. Nicolas Sarkozy devrait faire attention. C'est déjà la 3e fois qu'il invite Michel Drucker dans son émission".
Le fait que Publicis soit à l'origine de l'ensemble des campagnes de communication de Sarkozy est sans doute un pur hasard dans cette affaire. (article 404 du 29 septembre 2006)
Mais les antécédents de Métrobus avec la publicité remontent à plus loin (et on ne compte pas le fameux épisode des publicités pour le salon gay "rainbow attitude", jugées trop contraires aux bonnes moeurs pour être affichées sur les quais du métro).
Il faut en fait remonter en décembre 2003. A ce moment-là, des équipes de "barbouilleurs", armés de pots de peinture et de marqueurs, envahissent les couloirs du métro en bande pour y exprimer leur ras-le-bol de la publicité qui pollue l'espace public. La préfecture de Paris dépêche des CRS pour protéger les pubs qui doivent donner envie d'acheter aux galeries Lafayette pour Noël.
Métrobus crie au scandale et demande aux activistes un peu d'indulgence pour ces panneaux qui permettent, dit-elle, aux voyageurs de se déplacer moins cher. Un rapide coup d'oeil aux chiffres de l'entreprise permet de se rendre compte que, sur près de 3 milliards d'euros de revenus en 2003, seule une centaine de millions provient des reversements de Métrobus. Soit environ 4 centimes d'euros par billet vendu. Loin de la manne providentielle décrite par la filiale de Publicis (article 404 du 5 décembre 2003).
Plus de 800 affiches ont été barbouillées en une soirée, et Métrobus réclame compensation. 62 interpellés sont alors menacés d'une amende totale de près d'un million d'euros. A la vue des tarifs affichés sur le catalogue de Métrobus, cette somme ne représente pas moins qu'une campagne de pub géante sur plus de 2300 panneaux de 4 mètres par 3. Tout ça pour rembourser des dégradations de publicités qui sont par ailleurs déjà financées par les annonceurs sous la forme d'une sur-prime payée en amont (article 404 du 8 mars 2004).
A cette requête fantaisiste de Métrobus (près de dix-huit mille euros par accusé), le tribunal accordera finalement une compensation totale de douze mille euros, soit 193 euros par accusé, 90 fois moins que ce que l'accusation exigeait. L'avocat de Métrobus ne peut néanmoins s'empêcher de jubiler : "C'est une victoire puisque la justice a condamné ceux qui ont dégradé et l'ont reconnu. La décision du tribunal montre que, quelle que soit la cause défendue par ces militants, personne n'a le droit de se faire justice soi-même" (article 404 du 29 avril 2004).
Une victoire tellement éclatante que la filiale de Publicis se doit de la faire adouber par l'opinion publique. Sondage après sondage, la RATP aligne des chiffres qu'elle veut sans appel : oui, les Français adorent la publicité. En transport ou dans la rue, elle rend la vie plus gaie, plus colorée, moins ennuyeuse. Publicis est aux anges, Métrobus aussi. On en fait même un communiqué de presse pour l'occasion, alors même que ces sondages sont formulés avec une bonne foi qui confère plus à un interrogatoire communiste qu'à une démonstration scientifique (article 404 du 11 mars 2004).
Quelques mois après les derniers barbouillages d'affiches, la vie publicitaire a repris son cours. Les affiches restent immaculées et dans la station Victor Hugo, les vers du poète sont remplacés par un portrait de Laetitia Casta qui supplie d'aller faire son shopping du côté de la gare Saint-Lazare (article 404 du 7 avril 2004).
La semaine dernière, Métrobus a interdit une publicité de Télérama qui se moquait de Sarkozy et de Drucker. Chacun choisit son camp.
La RATP tient beaucoup à la publicité. Et à quelques mois de la présidentielle, encore plus à ménager ses arrières.
S'il est une chose avec laquelle on ne plaisante pas à la RATP, c'est la publicité. Parce qu'elle le jure devant tous ses dieux, la publicité, c'est ce qui permet au métro de Paris de rouler sans facturer des sommes indécentes à ses usagers (voir cet article pour juger du bien-fondé de cette affirmation).
Alors la RATP, d'habitude, sur la publicité, elle n'est pas trop regardante. Laetitia Casta s'affiche en vertical et en horizontal depuis des années dans les couloirs, les quais regorgent d'appels à découvrir comment les nains zoophiles ont pris la greffe de nouveaux implants mammaires sur la personne de Loana dans l'entrevue de la semaine.
Mais quand Télérama veut s'afficher dans les couloirs du métro pour lancer sa nouvelle formule, là, à la RATP, on trouve que trop, c'est trop. A l'instar de l'année dernière, lorsqu'elle avait refusé de voir deux homosexuels s'afficher dans ses emplacements publicitaires (source), la société Métrobus a choisi de ne pas afficher des affiches jugées trop "tendancieuses".
Sur les affiches en question, on peut lire : "Dimanche 15 janvier, Vivement Dimanche. Nicolas Sarkozy devrait faire attention. C'est déjà la 3e fois qu'il invite Michel Drucker dans son émission" (source Le Blog Médias).
Côté Métrobus, on revendique la nécessaire neutralité politique pour expliquer cette interdiction de s'afficher dans le métro. Côté Télérama, on comprend "le rejet de l'affiche, tout en affirmant que l'objet de la campagne n'était pas d’être politique mais de « réaffirmer le rôle critique de Télérama »" (cité dans Le Blog Médias).
Mais quelles que soient les raisons du refus, pas de souci à se faire pour Métrobus, filiale de Publicis : ils sont en fait totalement d'accord avec Télérama, et ils le disent eux-mêmes, " Avec un taux de couverture de la population de plus de 15 ans des agglomérations qui se situe aux alentours des 90 % sur 7 jours, et ce quelle que soit l'agglomération étudiée, c’est l'intensité de la répétition qui fait la différence"... Comme Sarkozy chez Drucker, finalement.
Septembre 2006 : TF1 lance la publicité en direct, sans se rendre compte que c'est déjà ce qu'elle faisait depuis longtemps.
Ca n'a peut-être l'air de rien, mais outre avoir banalisé le fait de vendre de la soupe musicale pendant des spots de pub de 3h animés par un vrai présentateur grec, la Star Academy innove encore plus dans l'art d'utiliser au mieux le temps de cerveau disponible des spectateurs de la première chaîne.
Ainsi, le 5 septembre, TF1 a lancé la première série de spots de publicité en direct de l'histoire de la télévision française. Et ça continue chaque semaine depuis (source Les Echos).
Animé par un acteur en mal d'euros ou une troupe d'improvisation sur mesure, ces message publicitaires nouvelle génération sont pensés arme ultime à "restaurer le fameux lien émotionnel (...) entre le consommateur et la marque". Parce que chez TF1, on s'est rendu compte que le téléspectateur, à force de l'assommer de paquets de soupe sans phosphates et de lessives au brocoli (ou l'inverse), il n'avait même pas l'obligeance de retenir les réclames. Voire même pire, il en profitait pour aller aux toilettes.
Ainsi, le fait de voir un comédien jouer la publicité en direct doit plus donner envie de manger du chewing gum qu'un spot classique, avec des comédiens pas en direct.
Alors, la publicité en direct, une nouveauté dans le PAF ? Pas si sûr : la preuve, Jean-Pierre Pernault le fait depuis des années dans son 13h. C'est juste qu'il n'est pas payé pour ça. Ou alors, on nous ment, c'est à voir.
Et pendant qu'on parle de télévision de qualité, UFC-Que choisir s'étonne de ne voir lors des émissions pour les plus jeunes que des publicités sur des produits surchargés de gras et de sucre. Et que les petits enfants qui regardent la télévision sont systématiquement obèses aussi. Faudrait dire au syndicat de la carotte d'investir plus de 100 000 euros pour 30 secondes de Bruno Salomone pour promouvoir les légumes qui donnent les fesses roses. Ils sont mauvais, ces producteurs de légumes (source Libération).
Tout ce qu'on ne dit pas n'existe pas. C'est en tout cas ce que semble penser Newsweek, qui arrange ses informations comme il peut.
Il en est peu qui peuvent se vanter de ce titre, mais Newsweek est un des rares magazines d'information à connaître une diffusion vraiment mondiale. USA, Europe, Asie, Amérique du Sud. Il n'est encore que l'Afrique qui n'ait pas son édition à elle.
En général, ce qui change d'une édition à l'autre de Newsweek, outre quelques détails éditoriaux, c'est la pub. On n'ira pas vendre un séjour chez Wallmart à des Allemands, pas plus que des camemberts au lait cru à des lecteurs du Wisconsin. Et on ne s'en plaindra pas.
Reste que dans son édition à sortir le 2 octobre, Newsweek change son fusil d'épaule. Et tellement radicalement qu'on aimerait bien savoir pourquoi, si on n'avait pas peur de déjà connaître la réponse :
- Edition Asie, couverture : "Perdre l'Afghanistan, cinq ans après l'invasion, les talibans sont de retour et laissent le champ libre à Al-Qaeda"
- Edition Europe, couverture : "Perdre l'Afghanistan, cinq ans après l'invasion, les talibans sont de retour et laissent le champ libre à Al-Qaeda"
- Edition Amérique du Sud, couverture : "Perdre l'Afghanistan, cinq ans après l'invasion, les talibans sont de retour et laissent le champ libre à Al-Qaeda"
- Edition USA, couverture : "Annie Leibovitz, ma vie en photos".
Voilà qui a le mérite d'être clair. L'article en question est repris par Truthout, qui retranscrit le dossier en question.
Les journalistes sont ils devenus des criminels en puissance ? Les services secrets le pensent, les rédactions s'y préparent.
Quand Greg Palast a commencé son reportage pour aller photographier un camp de (toujours) réfugiés de Katrina, il ne se doutait pas que ça allait l'emmener droit dans les griffes de la sécurité intérieure américaine, au nom de la défense contre le terrorisme. Quand il visite le camp, le journaliste s'étonne de voir les ex-habitants de la Nouvelle-Orléans parqués dans des logements de fortune à deux pas d'une cheminée d'une des plus grosses raffineries du pays. Il prend des photos de la chose, des 73 000 réfugiés qui sont encore là et de l'usine qui sert de décor à cette désolation urbaine (source Greg Palast, Journalism and Film).
Mauvaise pioche : Greg Palast est maintenant accusé d'avoir mis en péril un bâtiment critique pour la sécurité nationale (qu'on peut pourtant voir tranquillement en long, en large et en travers sur Google Maps, Google Earth et Google Fais-moi-un-café). Malgré le procès en cours contre Greg Palast et le producteur du reportage, le segment a été diffusé sur DemocracyNow, soulignant le désoeuvrement dans les foules déplacées par Katrina (1re partie et 2e partie du reportage sur DemocracyNow!).
Alors, réelle mise en péril d'une installation critique pour la nation (une raffinerie de pétrole) ou entrave délibérée à la liberté de presse ? En tout cas, certains prennent les devants : le New York Observer dévoile cette semaine que les journalistes du New York Times suivent des formations sur la meilleure façon de brouiller les pistes pour protéger leurs sources des investigations de la sécurité américaine : utiliser des téléphone "jetables", des notes "effaçables", se "comporter comme un dealer de drogue" - dans le texte (source New York Observer). Quelqu'un a dit "bienvenue en URSS" ?
On en profite pour signaler trois saines lectures sur le même sujet : d'abord, "Black List" de Kristina Borjesson qui décrit 15 exemples célèbres d'affaires dans lesquelles des journalistes ont été intimidés, menacés, mis à l'écart pour avoir voulu sortir des affaires qui n'arrangeaient personne. Ensuite, le site Project Censored (merci à Yves pour le lien) qui recense toutes ces informations qui n'ont jamais atteint la une des journaux (on se demande pourquoi) et enfin, Media Crisis de Peter Watkins, auteur de "The War Game" en 1966 qui imaginait, sous la forme d'un reportage d'anticipation, l'impact d'une attaque nucléaire sur la Grande-Bretagne. Histoire de comprendre que derrière les WMD, les MMAV (Mass Medias AudioVisuals) sont autrement moins impressionnants mais d'autant plus puissants. Aux dernières nouvelles, Jean-Pierre Pernaut n'aurait pas encore été inquiété.
L'armée n'est plus ce qu'elle était : les militaires ne tiennent plus l'alcool.
Quelque temps en arrière, un imminent philosophe contemporain se demandait pourquoi, quand on voyait des militaires armés dans le métro, on se sentait d'un seul coup largement angoissé. Et ce alors même que la mission des gens en kaki, à défaut d'éviter les attentats, était de montrer que rien ne pouvait décemment nous arriver.
Dans la nature des choses, normalement, ce qui protège rassure. Et ce qui rassure fait se sentir en confiance. Comment donc fait le militaire pour échapper à cette règle de la logique ?
C'est ce que les gendarmes de Laon ont failli découvrir hier soir, alors que leur caserne était assiégée pendant plus de 2h par une troupe de parachutistes particulièrement humidifiée qui confondait les rues de la ville avec une piste de karting (source Le Monde, merci à Ludovic).
Alors, bien sûr, il y a des militaires qui font bien leur travail, certains qui le paient cher même. Mais pour autant, il y en a d'autres qui comme leurs homologues de Laon font un peu peur quand même. Surtout quand on sait ce qu'ils ont (avaient) sous la main.
Des T-shirts pas idiots, des journaux qui vont mal et des trucs à gagner, la semaine commence rude sur 404.
Une fois n'est pas coutume, section copinage dans 404. Pour commencer, à partir de cette semaine et pendant quelque temps, 404 offre son espace pub à olowshop.com, boutique en ligne de T-shirts qui, outre être jolis, n'en portent pas moins de messages un brin plus profonds que leur homologues de grande surface. A conseiller à ceux qui veulent se balader avec autre chose sur le dos qu'une déclaration d'amour enflammée à des paires de baskets fabriquées en Chine.
Bonne route aussi à Parisist qui entame sa deuxième année avec de nouveaux commandants à bord, une rédaction bilingue et plein de contenus drôles.
Par ailleurs, on signale, avec regret, que l'hebdomadaire "Le Tigre" suspend sa parution après son 17e numéro, la faute à des finances s'apparentant vaguement à celles d'un pays en voie de développement. La parution devrait reprendre, on l'espère, d'ici la fin de l'année, c'est tout le mal qu'on souhaite à une presse qui connaît une année déjà assez difficile (suivez notre regard).
Enfin, pour finir, dans la colonne de droite, si le coeur vous en dit, vous pouvez répondre à un sondage sur vos habitudes numériques, histoire de risquer de gagner des trucs qui font rêver les gens qui aiment les gadgets. On vous aura prévenu...
Avant d'être pape, Ratzinger était Allemand. Alors forcément, quand ça parle de voitures...
Quand le pape se déplace, c'est déjà un événement en soi. Alors quand il se déplace dans sa Germanie natale, c'est un peu comme Jean-Paul II à Cracovie ou Loana en plaine Saint-Denis : un grand raout de fierté nationale, pas au niveau d'une finale de Coupe du monde de balle au pied mais pas loin.
Alors, comme ses homologues qui ont les neurones dans les chaussures à crampons, le pape attire les sponsors. Oui.
En l'occurrence, BMW et Audi se battent à coups de portière pour savoir sans quelle auto le saint séant aura la pontificale obligeance de se poser. Audi ? BMW ? Même les sous papes (pouf pouf) ne savent à quel saint (pouf pouf) se vouer (source Le Monde).
L'Eglise, dans sa mansuétude, a tranché. Pour l'aller, ce sera BMW classe 7 (environ 100 000 euros) et pour le retour une Audi A8 (entre 74 000 et 125 000 euros selon la configuration). Quant à la papamobile, c'est Mercedes qui fournit (et, curieusement, le véhicule ne figure pas au catalogue de la marque).
Bref, deux voitures qui coûtent au minimum 75 ans de SMIC chacune et une troisième faite sur (sainte) mesure, voilà qui est appliquer à la lettre la maxime si chère aux saintes écritures : "heureux les pauvres". Ces derniers apprécieront.
[edit: il fallait bien sur lire "7,5 ans de SMIC", et non "75 ans de SMIC"]
5 ans après le 11 septembre 2001, les conspirateurs conspirent, Al-Qaeda communique et le reste du monde s'interroge.
Puisque c'est aujourd'hui l'anniversaire des attentats sur le World Trade Center, le Pentagone et le vol 93, quelques articles et vidéos pour faire, une fois de plus, un point sur la question.
- Democracy Now! rediffuse sa couverture des attentats, le 11 septembre 2001, depuis leurs studios à quelques pas du World Trade Center. Ils profitent également de l'occasion pour débattre avec les auteurs du documentaire "Loose Change" (partie 1, partie 2), (re)fondateurs de la théorie du complot sauce Moore.
- ABC se lance dans la fiction sur le sujet, avec des gentils très gentils entourés d'incompétents très incompétents qui se battent contre des méchants très méchants. La bande-annonce est visible ici, ça explose dans tous les sens, les terroristes ont des accents ridicules, des gros téléphones moches et l'entrée du FBI est vraiment très propre. Normal, quoi.
- Fox News se demande si avoir tué Ben Laden avant le 11 septembre aurait fait une différence. Les experts sont formels : probablement pas. Ou peut-être que si en fait. Vous voyez, le problème, c'est que vu que ce n'est pas arrivé, on ne peut pas vraiment savoir (ici, sur Fox).
- Pendant qu'on en parle, sur MSNBC, l'ancien patron de la CIA dévoile qu'entre mai 98 et mai 99, les USA ont eu à une dizaine de reprises la possibilité d'éliminer le grand barbu, mais que personne n'a osé le faire (ici, sur MSNBC).
- Associated Press note que le monde a bien changé après ce jour où "Le Monde" titrait "Nous sommes tous Américains". Le plus enthousiaste de tous est encore le nouveau président irakien qui exprime "the gratitude of the people of Iraq for the people of America and for your leadership" (source AP).
- Histoire de ne pas être en reste, Al Qaeda diffuse de nouvelles vidéos commémorant, à leur poétique façon, l'anniversaire (source MyWayNews).
- Enfin, Alternet se demande si, des fois, il n'y aurait pas eu des bombes posées à l'intérieur du World Trade Center même avant les attaques (source) et, par la même occasion, ce qui se serait passé si les tours n'étaient jamais tombées (source). Comment aurait été le monde si ce matin de septembre 2001 n'avait pas pris des allures d'un mauvais "Independence Day" à la sauce Will Smith ? Probablement différent. Probablement pas.
Les fabricants de chaussures sont des irresponsables. Ou les douaniers un peu parano, c'est à voir.
L'info est envoyée par Ludovic, la psychose continue de plus belle dans les aéroports. Cette semaine, ce sont 140 passagers de Roissy qui ont été "fouillés à 100%", bagages en cabine, en soute et palpations corporelles comprises dans le package. La raison à cette alerte : un des passagers du vol Londres-Paris-Djibouti a été surpris avec des fils électriques dans ses chaussures.
Seul souci de l'histoire, les chaussures sont des chaussures parfaitement normales, si ce n'est que le fabricant a eu le mauvais goût d'y inclure un dispositif pour faire de la lumière quand on marche (si si, des gens achètent vraiment des chaussures avec des ampoules dedans). En tout cas, une chose de plus à rajouter à la (maintenant très longue) liste des choses presque normales qu'il ne faut plus faire quand on va prendre l'avion.
Et à défaut de trouver des terroristes, ces mesures de sécurité ont au moins un effet direct : à force de voir des poseurs de bombes nucléaires / chimiques / bactériologiques / kamikazes / chanteurs de disco (rayez les mentions utiles) partout, c'est officiel : les gens se sentent de moins en moins en sécurité (source CBS). CQFD.
Note : pas de source sur l'article du dessus, TF1.fr n'ayant pas encore découvert le système du lien permanent dans ses brèves.
Parfois, certains dénoncent l'entreprise zone de non droit. Et d'autres le souhaitent.
En février 2005, une partie du personnel de l'aéroport de Roissy clouait les avions au sol pour protester contre la mise à pied d'un des leurs. L'agent de piste en question avait pris la malheureuse initiative de retirer un escalier d'avion alors qu'une hôtesse se trouvait dessus, projetant cette dernière dans une chute qui devait lui être suffisamment fatale.
Un peu plus d'un an plus tard, l'agent est mis en examen pour homicide involontaire. Ce qui, étant donné les circonstances, pourrait paraître plutôt dans la logique des choses même pour le plus star-académicien des juristes. Mais voilà, s'il ne fait pas de doute sur son implication dans le décès un brin prématuré de l'hôtesse, l'agent conteste néanmoins toujours son licenciement de l'aéroport.
C'est que chez Air France, on trouve que tuer des hôtesses, même sans faire exprès, c'est quand même un peu grave. Et a licencié son employé pour "faute lourde". L'agent de piste, lui, conteste son licenciement, qu'il juge "sans cause réelle et sérieuse" (source AFP / Le Monde). La famille de l'hôtesse appréciera.
Quant aux autres, ils seront ravis d'apprendre que oui, en 2006, on peut tuer quelqu'un dans le cadre de sa profession et prétendre bien faire son travail. Après tout, les militaires le font bien chaque jour.
"There's no thing as a free lunch" qu'ils disaient. Et ça n'a jamais été aussi vrai que dans le New Hampshire.
Dans le New Hampshire, on tient très fort à la propriété privée. En tout cas, c'est comme ça que le voit le juge de Somersworth, 11 417 habitants. Et selon lui, la propriété privée va loin. Très loin. C'est ce qu'ont eu le bonheur de découvrir Giles et David, 24 et 27 ans, qui, en rentrant dans leur foyer en juin dernier, ont fait un arrêt par les poubelles du primeur local, déjà fermé (source Steamboat Pilot).
Un tour dans les poubelles pour y récupérer des fruits jetés par le supermarché. Dénoncés par un voisin, ils seront arrêtés, mis en garde à vue et accusés de vol, bien que le magasin ait retiré sa plainte très tôt.
C'est que le juge persiste et signe : on ne vole pas dans les poubelles, pas à Somersworth, New Hampshire. Bilan : six mois ferme pour chacun des deux jeunes gens. On ne rigole pas avec les déchets des autres.
Note de terminologie: on profite de cette histoire pour faire un petit rappel : oui, pour d'obscures raisons (allez comprendre), 404 n'adhère pas particulièrement à la ligne politique de l'administration Bush. Oui, 404 se fait un plaisir de relever les informations qui peuvent paraître choquantes. En revanche, non, 404 n'est en aucun cas anti-américain. Il ne faut pas tout confondre. On peut tout de même (et Dieu merci) encore critiquer Chirac et De Villepin, Royal et Bayrou sans être anti-français passible d'écartèlement sur la place publique, non ? Promis, pour ceux qui trouvent qu'on dit trop de mal de la politique américaine ici, on prépare un papier sur les merveilleux paysages du Yosemite.
Parfois, quand ils n'ont rien à dire, les gens se taisent. Et parfois, ils chantent.
A croire que ça devient la mode en ces temps d'extrême profondeur du débat politique : les grands chanteurs doivent se faire voir à côté des futurs présidents, histoire de se ménager une place pour chanter l'hymne national à la finale d'une quelconque coupe.
En France, on a les improbables Johnny (ex-rebelle reconverti en vendeur de lunettes) et Doc Gyneco (ex-drogué reconverti en animateur de Vidéo-gag) qui ont tous les deux rejoint l'apôtre du droit et de la morale. Aux US, on apprend aujourd'hui que c'est Janet Jackson (ancienne soeur-de qui montre ses seins pour faire de l'audience) qui soutient Hillary Clinton histoire de prouver au monde que oui, une femme peut elle aussi être présidente (source AFP). On appréciera la finesse symbolique de l'acte.
Puisque ça a l'air parti pour durer et que chez 404, on aime bien participer à la chose publique, quelques suggestions pour les candidats qui sont encore en mal de chanteur...
Il semble qu'Annie Cordy soit encore disponible pour tout candidat qui souhaiterait s'approprier le profondément engagé "Tata Yoyo" (on ne dénonce personne mais on regarde quand même du côté de l'île de Ré), Herbert Léonard serait également dans les starting blocks avec son tube intercontinental "Puissance et Gloire" (encore une fois, on ne voudrait pas prendre les devants mais on pourrait chercher du côté des verticalement défavorisés), et enfin Corynne Charby pourrait faire l'affaire avec une "Boule de Flipper" qui ravirait sans nul doute ceux qui sont au centre, au gouvernement sans l'être, dans la majorité sans en avoir l'air.
A moins que le présidentiable en puissance, lâché par des intermittents décidément trop ingrats, ne décide de prendre lui-même les choses en main puisqu'à la fin, on n'est jamais mieux servi que par soi-même. Et il semblerait que ce soit un tuyau qu'on ne se refile qu'entre Bernards (ici et encore là). Si avec ça, le jeune (cet éternel ingrat) ne croit plus en la politique, c'est vraiment à désespérer.
C'est court et bref, c'est (une partie) du stock des liens qu'on n'a pas pu traiter ces derniers jours, ce sont les restes de la semaine passée.
- Johnny réussit la conversion du siècle en prenant sa carte à l'UMP en même temps que Laetitia et David (source RTL). On appréciera que le chanteur qui voulait quitter la France pour la Belgique réponde au mot près au motto du parti de Nicolas Sarkozy : la France, on l'aime ou on la quitte. Diners Room étudie les tenants et aboutissants du dernier authentique rebelle de France au parti le plus policier du pays (Diners Room, "un rebelle à l'UMP").
- Avis aux pays qui souhaiteraient pour une raison quelconque balancer un ou deux missiles inter-continentaux sur les Etats-Unis : faites-le un jour de brouillard. Apparemment, le bouclier anti-missile préfère bosser les jours de grand soleil (source Reuters).
- Etats-Unis encore, après la pluie de films sur le 11 septembre, le World Trade Center, le vol United qui s'est écrasé dans un champ, place à la politique fiction avec le premier film sur l'assassinat de George Bush. Sans commentaires (source Reuters).
- Etats-Unis toujours avec un Rumsfeld qui ne s'arrête plus : cette fois-ci, ce sont les médias qui sont irresponsables, puisqu'ils passent plus de temps à parler de ce qui ne va pas en Irak plutôt que de blinder les journaux avec des images de petits Irakiens heureux et de GIs héroïques. De la subtile frontière entre la propagande et l'information, cher Donald (source Associated Press).
- Les services secrets américains disent qu'ils étaient sur le point de faire exploser en vol des dizaines d'avions. Les services secrets anglais disent que c'est n'importe quoi. L'enquête sur les futurs terroristes anglais avance et montre qu'en politique, tout est affaire de communication (source New York Times).
- Enfin, un tour du côté de la Belgique ou le ministre président de la Flandre n'y va pas par le dos du couvercle de la marmite à moules-frites : "apparemment les francophones ne sont pas en état intellectuel d'apprendre le néerlandais", "La Belgique est née d'un accident de l'histoire" (source Libération). Et ca ne fait pas plaisir à tout le monde... (source Libération encore, 3 jours plus tard), merci à OliFant pour l'info.
Avant, pour se divertir dans l'avion, on regardait des films; maintenant, on espionne ses voisins.
Raed Jarrar est un Californien. Mais pas un Californien comme les autres. D'abord, il est activiste pour la paix dans le Proche et Moyen-Orient. Et surtout, il est d'origine irakienne, et livré intégralement avec tous les signes distinctifs qui vont avec. En gros, on le confond assez rarement avec Björn Borg.
Mi-août, Raed rentrait d'une conférence en Jordanie quand son escale à JFK a pris un tournant un brin imprévu. Alors qu'il attendait son avion en salle d'embarquement, la sécurité de l'aéroport lui a sommé d'enlever son T-shirt. Et d'en mettre un autre à la place. Explication officielle de la sécurité de JFK : les autres passagers se sont plaints de voyager avec un non-Suédois qui portait un T-shirt avec des inscriptions arabes qu'on ne comprenait pas (source Blog Raed in the middle) :
"you can't wear a T-shirt with Arabic script and come to an airport. It is like wearing a T-shirt that reads "I am a robber" and going to a bank"
Cet incident continue à faire grandir la liste des choses qu'il n'est plus bienvenu de faire dans l'avion, celles qui peuvent vous faire éjecter de votre vol en moins de temps qu'il n'en faut à Villepin pour baisser dans les sondages, celles qui peuvent même vous conduire en prison. Alternet a fait le compte :
Ne pas sourire dans l'avion (les musiciens syriens), aller aux toilettes plusieurs fois de suite (deux Indiens détenus peu après le 11 septembre), changer de siège et utiliser un téléphone mobile (vol Amsterdam-Bombay), porter des vêtements trop épais (vol Malaga-Manchester), porter le voile (détentions à JFK), porter un T-shirt avec des mots arabes (Raed Jarrar) et enfin, parler une langue qui ressemble de près ou de loin à l'arabe (les deux asiatiques du vol Malaga-Manchester).
Pour les fans d'aviation militaire, il suffira donc de bouder dans l'avion, un voile sur la tête, un T-shirt inscrit en arabe sur le torse et avoir une petite tourista pour voir des F16 de près... et des barreaux d'encore plus près. Avis aux amateurs.
Pour son retour en politique, Jospin innove : il lance la "politique-réalité". Avec un petit air d'auto-critique soviétique. Quand même.
S'il est une chose que Lionel Jospin partage avec un troubadour hollandais dont le prénom commence par Dave, c'est une faculté à faire des come-backs incessants, alors même que la ménagère de moins de 50 ans l'avait déjà tranquillement enterré dans la pile des "Ici Paris" au fond du garage.
Pour fêter son 78e retour en politique, Lionel Jospin, qui doit s'ennuyer ferme à l'île de Ré, a décidé de s'adresser à ses camarades socialistes, eux-mêmes en pleine digestion de petits fours et de discours de Jean-Paul Huchon.
Et pour une fois, Lionel revient sur les causes de son retrait (définitif, on n'invente rien) de la vie politique (source le Figaro) :
"Vous avez vu beaucoup d'armées mener une deuxième bataille avec un général vaincu ? J'ai pensé que si je prenais sur moi, symboliquement, physiquement et tristement, le choc de cette défaite, alors, peut-être, vos chances en étaient augmentées dans la bataille des législatives, et non affaiblies."
Et d'ajouter :
"Vous pouvez agir pendant cinq ans, faire des choses formidables et c'est sur un mot que vous êtes jugé !"
Bref, si Lionel s'est retiré (définitivement, si si) de la vie politique, c'est pour laisser toutes ses chances au PS. Et parce que les électeurs n'ont rien compris. C'est émouvant. A tel point que, toujours selon le Figaro, "Martine Aubry pleure, Bertrand Delanoë n'en est pas loin. Strauss-kahniens et fabiusiens arrêtent de ricaner, comme sonnés par cet exercice inattendu de politique-réalité."
C'est tellement touchant qu'on en oublierait presque les 60 millions d'habitants qu'on aimerait bien gouverner à partir de 2007. La politique serait tellement plus simple, sans électeurs. (crédit photo mainblanche @ flickr)
Rumsfeld le promet : l'Irak, c'est chouette, c'est juste que les touristes n'ont rien compris.
S'il est un pays qui truste les informations en ce début de semaine, c'est l'Irak. Malheureusement, parler d'Irak revient souvent à ajouter "attentat", "bombe" et "mort" dans la même phrase. On pourra aussi tenter une variante avec "fusillade", mais le fond reste le même.
Et quand bien même le nouveau président affirmerait qu'on est encore loin de la guerre civile, les faits sont là. Pour ce week-end seulement, on dénombrait pas moins de 19 soldats tués, 40 civils et 40 rebelles, au sud de Bagdad. Bagdad où, le même week-end, un attentat faisait 11 morts.
A peu près 110 morts ces seules dernières 48 heures, presque un mort toutes les 20 minutes. Et des blessés à la pelle (sources BBC News et The Guardian).
On estime le bilan de ces quatre derniers mois à plus de 1000 morts dans le pays, mais on estime seulement, car tous semblent avoir été lassés de compter. Si l'on en croit Iraq Body Count, on serait quelque part entre quarante et quarante-cinq mille morts, à cette date.
Lundi, une bombe a fait 17 morts et 45 blessés en Afghanistan (source Times of India). Les chiffres irakiens ne sont pas encore arrivés.
Les bilans ne sont plus officiels, les morts se multiplient et Rumsfeld se fâche : si de plus en plus d'Américains se lèvent contre la gestion de la guerre en Irak, c'est parce qu'ils "manquent de perspective". Et qu'il ne faut surtout pas donner l'impression de se remettre en cause, au risque de"miner les efforts dans la longue guerre contre un ennemi déterminé" (source ABC News, The World News Daily Blog).
Tant il est vrai qu'à la vue du bilan actuel, toute remise en question serait dommage. Et salement superflue.
Certains disent que la télévision est un reflet de la société. A en juger par les nouvelles émissions de CBS, on va espérer que non.
Dans le cadre de ses efforts pour faire un monde meilleur, le paysage audiovisuel américain tient à apporter sa pierre à l'édifice, parce qu'après tout, il n'y a pas de raison. Ainsi, la prochaine édition de l'émission philosophique "Survivor" (intitulée Koh-Lanta sous nos latitudes) doit voir s'affronter quatres équipes divisées par... race. Latinos contre asiatiques contre noirs contre blancs (source My Way, "NYC Officials Want New 'Survivor' Pulled").
CBS, qui diffuse l'émission, se défend face à ses détracteurs en affirmant que la chaîne a toujours "répondu à ses critiques à travers l'écran". Si l'émission est maintenue, on peut déjà imaginer les épreuves qui attendent les candidats : les latinos survivront-ils à une traversée de 12 heures sur un radeau fait de sacs plastique en hommage à leurs amis exilés de Cuba ? Les asiatiques vont-ils (vraiment) manger leur chien de compagnie ? Les noirs sauront-ils se servir de leur (immense) organe pour se sortir de cette situation périlleuse ? Les blancs vont-ils trouver le moyen d'échapper aux épreuves en soudoyant la production ?
La ville de New York a officiellement demandé l'arrêt de l'émission, déclarant "The idea of having a battle of the races is preposterous, (...) How could anybody be so desperate for ratings ?". On ne va pas se permettre de répondre à cette question, alors que Cauet signé pour une nouvelle saison sur TF1.
L'administration Bush reconnaît ses erreurs au sujet de l'Irak. Mais ne voit vraiment pas le problème.
Pas d'armes de destruction massive en Irak, pas plus que de liens avec les attentats du 11 septembre, c'est ce que vient de reconnaître, très explicitement, l'administration Bush par la bouche de son "commander in chief".
Pour les armes de destruction massive, c'est Colin Powell qui s'y était collé en février 2003, prouvant au conseil de sécurité de l'ONU que l'Irak en avait, promis juré, photos, enregistrements et fioles d'anthrax en main (transcript complet).
Pour les liens entre Al-Qaeda et l'administration Hussein, c'était plutôt le dada de Dick Cheney qui, contrairement à ce qu'affirme aujourd'hui Bush, laissait lourdement sous-entendre que l'Irak était une base opérationnelle d'entraînement pour terroristes et que les équipes du 11 septembre s'étaient exercées là-bas (source Whitehouse.gov, "The Vice President Appears on NBC's Meet the Press" :
RUSSERT : The plane on the ground in Iraq used to train non-Iraqi hijackers. Do you still believe there is no evidence that Iraq was involved in September 11 ?
CHENEY : Well, what we now have that's developed since you and I last talked, Tim, of course, was that report that's been pretty well confirmed, that he (Mohammed Atta) did go to Prague and he did meet with a senior official of the Iraqi intelligence service in Czechoslovakia last April, several months before the attack.
Rien de très nouveau dans tout ça, l'histoire sent le marronnier récurrent depuis que la guerre en Irak a commencé. Mais ce qui est fascinant dans les réponses de Bush, c'est l'incapacité du chef d'état américain à formuler sa réponse. Il bafouille, hésite, élude maladroitement comme un collégien surpris par une interrogation alors qu'il n'aurait pas préparée.
La vidéo de la conférence de presse (ainsi que son transcript) est à voir sur le toujours excellent Democracy Now! ou sur le site de la Maison blanche. Pour un grand moment d'amusement géopolitique. Dommage qu'il y ait des morts. Ca pourrait presque être rigolo, sinon.
Parce que l'écologie fait vendre, Lexus présente le premier 4X4 qui pollue comme une voiture normale. Et ils appellent ça un progrès.
Les amoureux du 4x4 vont être contents. Grâce à Lexus, ils vont enfin pouvoir rouler dans leur voiture préférée avec la conscience tranquille. Parce que Lexus, qui n'est pas à une innovation près, vient de lancer son premier 4X4 à moteur hybride. Pour ceux qui n'ont pas suivi les magnifiques évolutions de l'automobile de 1923 à nos jours, les moteurs hybrides fonctionnent en partie à l'essence et en partie grâce à l'électricité qu'on a accumulée en roulant à l'essence. Bref, on consomme moins et pour un peu, on pourrait presque se sentir écolo au point de trier ses déchets et voter vert.
Jusqu'à maintenant, les technologies hybrides étaient réservées aux voitures dont on ne se servirait pas décemment pour aller écraser des enfants africains faire le Paris-Dakar. Les voitures, donc, polluaient moins que des voitures normales, et ça, l'environnement, il en était content. Un peu, mais content quand même.
Grâce à Lexus et son 4X4 hybride, on a produit la première voiture hybride qui pollue autant qu'une voiture normale. Moins qu'un 4X4, certes, mais autant qu'une voiture normale, sans moteur hybride.
Alors que les moteurs jouent un rôle prépondérant pour fournir cette puissance, ils permettent également de réduire la consommation d'essence et les niveaux d'émissions à des valeurs habituellement associées à des véhicules de segment inférieur. (source site Lexus)
Cette association offre au Lexus RX400h un grand silence de fonctionnement en ville grâce à la motorisation électrique tout en lui assurant une consommation de carburant étonnamment basse et des émissions polluantes réduites, comparables à celles d'une berline familiale. (source Publicité Magazine Lexus, Août 06')
On peut donc enfin acheter des moteurs écologiques tout en continuant à polluer. Parce que oui, il fait bon rouler en ville avec une voiture de deux tonnes. Et vu qu'on pollue autant que les autres, pourquoi se priver. C'est vrai, acheter un moteur hybride pour polluer moins, ça aurait été idiot. Des fois qu'on donne le bon exemple. En tout cas, Lexus a particulièrement bien choisi son slogan pour cette voiture : "Changez le monde sans changer la planète". C'est vrai, changer, ça serait des coups à ce que ça aille mieux. 'Faut se méfier.
En élisant l'acteur Ronald Reagan, les USA avaient-ils un coup d'avance sur les autres ?
C'est une question récurrente depuis (vérifions l'âge du bonhomme) un peu plus de 60 ans, et surtout depuis 2001 : George Walker Bush, 43e président des Etats-Unis d'Amérique, fils de George Herbert Walker Bush, 41e président des Etats-Unis d'Amérique, est-il un idiot ?
A défaut d'une réponse qui mette tout le monde d'accord, selon l'optimisme des uns et des autres, certains avancent l'explication que le président souffre simplement d'un problème d'expression orale. D'autres, qu'il est tout simplement un peu limité.
Quelle que soit la réponse, on pourra se délecter de cette milliardième vidéo de George dans ses plus grandes heures, vidéo repérée par et visible sur "Inside the USA" (voir en particulier le segment du Daily Show de Jon Stewart à propos de la visite de Bush en Allemagne).
Questions métaphysiques mises à part, et parce que président, c'est quand même un hobby sérieux, on apprend dans le Libé du jour qu'en vue de l'élection à venir, le Brésilien Lula affine son programme pour mettre toutes les chances de son côté : il se fait faire des injections de Botox pour avoir l'air plus jeune (source Libération). On comprend mieux le retournement de Chirac avec le retour de ses lunettes : 'paraît que c'est la mode du vintage.
Dans la guerre contre le terrorisme, la délation est-elle l'arme ultime... des terroristes ?
Puisqu'on a si bien commencé avec le sac à vomi terroriste, la névrose aérienne ne compte pas s'arrêter en si bonne voie. Rapporté par le Daily Mail, c'est un vol anglais qui a décollé d'Espagne avec plusieurs heures de retard après que les passagers aient jugé que deux d'entre eux avaient l'air louche. Les critères de reconnaissance sont dignes des plus grandes heures de la police scientifique :
"The trouble in Malaga flared last Wednesday as two British citizens in their 20s waited in the departure lounge to board the pre-dawn flight and were heard talking what passengers took to be Arabic. Worries spread after a female passenger said she had heard something that alarmed her."
(...)
"Passengers noticed that, despite the heat, the pair were wearing leather jackets and thick jumpers and were regularly checking their watches." (source : Daily Mail, "Mutiny as passengers refuse to fly until Asians are removed").
Les deux passagers anglais d'origine asiatique ont été descendus de l'avion par la police locale, l'avion fouillé, certains passagers en pleurs d'effroi rassurés par le personnel au sol. Le vol est finalement reparti vers sa destination, sans les deux passagers désormais considérés indésirables dans cet avion.
Ils sont repartis discrètement plus tard après avoir été innocentés de tout complot de faire exploser quoi que ce soit.
Donc, en dehors de ne pas transporter quoi que ce soit de liquide, pâteux, gazeux, inflammable, mangeable, mélangeable, il est désormais fortement recommandé de ne pas avoir froid en avion (T-shirts uniquement, merci), de ne pas parler une langue qu'on ne comprend pas (anglais uniquement, et en articulant clairement, merci) et de ne pas avoir l'air pas blanc. Ou pas beau.
Moches, bègues ou d'origine étrangère, vous êtes prévenus, soyez sympas avec vos voisins dans l'avion, la menace pour vous n'est plus (que) terroriste.
Dans une atmosphère de paranoïa généralisée, les terroristes ont trouvé une nouvelle arme : les sacs à vomissements.
Plus d'un mois après l'annonce d'US Airways de mettre de la publicité sur les sachets en papier élégamment surnommés "sacs de vomissements" dans leurs avions, les Anglais ont décidé de prendre les Américains de vitesse afin de tester la crédibilité du concept (Miami Herald, "Bagging on new revenues").
C'est ainsi qu'aujourd'hui, un avion au départ de Londres et à destination de l'Egypte a fait une escale imprévue en Italie après qu'un passager ait découvert un de ces sacs à vomi portant la subliminale prose "il y a une bombe à bord". Après la découverte, l'avion a été invité à atterrir le plus vite possible, accompagné par un F16 spécialement affrété pour le protéger (sans aucun doute dans le cas ou en plus de la bombe, les terroristes aient voulu directement attaquer l'avion par les airs, ou un truc dans le genre) (Nouvel Obs, "Alerte à la bombe dans un avion").
Pas de bombe à bord, les passagers sont saufs. Mais la bonne nouvelle est surtout pour US Airways : oui, les passagers lisent vraiment ce qui est marqué sur les sacs à vomi. Maintenant, s'il faut faire décoller un F16 à chaque nouvelle campagne de publicité, ça va faire cher le paquet de Cheerios.
Avec deux avions déroutés, escortés et vidés en moins d'une semaine, il semblerait en tout cas que les autorités aériennes se soient laissées gagner par la parano la plus totale dès qu'elle voit une paire de réacteurs. De là à dire que les terroristes ont atteint leur objectif ? Dans le mot "terroriste", aurait-on oublié qu'il y avait le mot "terreur" ?
Pour ne pas être en mal d'inspiration, George Bush a révisé sa politique étrangère cet été. En lisant du Camus.
Les mauvaises langues diront qu'on en parle beaucoup parce que ce n'est que trop rare : oui, cet été, George Bush a lu un livre. Bon, il faut le reconnaître, là n'est pas vraiment la chose étonnante, le président a déjà lu d'autres livres dans sa vie (ce qui fait apparemment tellement plaisir à ses conseillers qu'ils s'obstinent à publier sa liste de lecture à chaque fois qu'il a terminé un nouveau livre).
Non, ce qui fait parler cette fois-ci, c'est le choix du livre. Parce que George, quand il choisit un livre, il ne choisit pas n'importe quoi, mais plutôt de la grande littérature française (ceux qui ont pensé au roman de plage "Témoignage" sont invités à se relire l'intégrale d'Alexandre Jardin sur-le-champ). En l'occurence, "L'Etranger" de Camus. Rien que ça. Et puisque la lecture n'est pas totalement anodine quand on s'est auto-proclamé chef du monde libre, les analyses abondent. Il y a ceux comme le porte-parole de la Maison Blanche qui y voient un intérêt soudain du président pour "les origines de l'existentialisme français, Camus et Sartre" (Libération, "Bush pas étranger à Camus" - gasp). Il y en a d'autres qui, dans un relent d'optimisme béat, y voient une bienvenue ouverture supplémentaire du président sur le monde qui l'entoure (Slate, "Stranger not about killing Arabs").
Certains notent des similarités entre Doubleuvé et le personnage de Camus : "The main character, Meursault, spends much of his life as the young George Bush did, engaging in escapades that demonstrate little drive or motivation". Mais surtout, ce que personne n'a pu s'empêcher de relever, c'est que le personnage de Camus s'illustre par le meurtre gratuit d'un Arabe, un jour, sur une plage où il y avait un peu trop de soleil. Ce qui fait dire à certains que "With Iraq in chaos, the ceasefire in Lebanon hanging by a thread, and the US making noises about invading Iran, the last thing Bush should be doing is throwing gasoline on the fire. But once an oil man, always an oil man".
Sans rentrer dans la conspiration ou la faute de goût diplomatique, 404 trouve surtout super chouette qu'en ayant déclenché / participé / encouragé au moins trois guerres depuis le début de son mandat, il trouve encore le temps de se trouver du temps pour lire des romans. Ah, ces surdoués. Et leurs relations presse...
Lire également cette analyse comparée Bush vs. Camus au sujet de l'usage de la torture par les Etats-Unis (Slate, "Bush vs. Camus").
Quand les Canadiens vont aux US poser des questions aux Américains, c'est forcément facile. Mais surtout très rigolo.
S'il est une caractéristique que l'on aime attribuer aux Américains, c'est leur parfois faible niveau scolaire. En particulier lorsqu'il s'agit de regarder en dehors des (grandes) frontières de leur pays. Il n'en fallait pas moins pour que le Canadien Rick Mercer fasse une spéciale fort justement intitulée "Talking to Americans".
C'est à voir sur uTube, en cinq parties de 10 minutes, c'est à réserver à ceux qui parlent anglais, c'est aussi drôle que facile et donc bien entendu, totalement indispensable, ou pas. Les liens sont ici (partie 1, partie 2, partie 3, partie 4 et partie 5), le tout pêché sur le toujours excellent Boing Boing.
Pour faire revenir la paix au Liban, la France sort le grand jeu : un maire de ville sainte et la SPA.
Il est des esprits chagrins qui se désespèrent de la situation au Liban. Qu'ils se rassurent, tout va en s'améliorant. La preuve, la France prend les choses au sérieux. D'abord, le chef de l'état a envoyé deux fois (oui, deux fois) notre ministre des pays étrangers, Monsieur Douste-Blazy lui-même, faire un peu de ménage sur place. Et il faut lui reconnaître ça, Philippe, quand il ne gouverne pas la sainte ville de Lourdes, niveau politique internationale, il se pose là. Condoleezza n'a qu'à bien se tenir, Douste ne se laissera pas marcher sur les tongs.
Si Douste ne suffisait pas (on ne sait jamais), l'Europe dispose d'un joker, ô combien plus redoutable : Brigitte Bardot, amie des animaux (mais qui n'aime pas trop ceux qui se tiennent sur deux pattes et ne s'appellent pas Gérard depuis 17 générations) elle-même. Le 31 juillet, dans une lettre ouverte au ministre de la Défense israélien Amir Peretz, Brigitte Bardot dénonce un peu tout en vrac mais rejoint surtout la France dans sa condamnation ferme des frappes de Cana. 10 jours plus tôt, la même Brigitte hurlait à qui voulait bien l'entendre sa "honte d'être Française" et son désir d'immigrer en Suède, parce que là-bas, on est plus sympa dans... les élevages de visons à fourrure. Si. Faudrait savoir (sources : "Je réagis avec émotion, rien de plus, répond Brigitte Bardot à GIN" - GIN et "Brigitte Bardot a honte d’être Française" - Showbizz.net).
Et comme deux bonnes nouvelles ne viennent jamais seules, Israël a décidé de ne pas être en reste, déclarant aujourd'hui que si Tel-Aviv était touché par une roquette du Hezbollah, ils "anéantiraient" (rien que ça) "toutes les infrastructures du Liban" (source : "Liban: violents affrontements dans le sud, surenchère de menaces" - AFP). Tant il est vrai que réduire un pays à l'état de misère est effectivement un moyen universellement reconnu pour faire cesser tous les conflits et oeuvrer pour la paix des générations futures.
Bref, à ceux qui se font encore du souci pour le Moyen-Orient, qu'ils se rassurent. Avec Douste-Blazy, Bardot et des militaires bourrés d'hormones comme un coureur cycliste aux commandes, ça ne peut qu'aller mieux. Et puis si ça ne s'améliore pas, on pourra toujours envoyer Philippe Bouvard ou Laurent Gerra. S'il faut vraiment que tout ça devienne sérieux.
Note : pendant ce temps, certains se demandent si, pas hasard, le conflit Israël - Liban n'aurait pas un peu à voir avec des histoires de pétrole et d'un nouveau pipeline qui a ouvert une semaine avec le début du conflit. Des fois que (Energy bulletin, via One Point Zero).
Les conducteurs de Hummer ont enfin atteint leur but : être des fantasmes sexuels sur 4 roues.
Pour faire oublier le peu de mises à jour sur 404 ces derniers temps (surcharge de travail oblige, on y remédie peu à peu), un lien pour passer quelques petites minutes de bonheur.
On a déjà évoqué dans ces pages le formidable progrès humain que représente le Hummer, seul véhicule sur le marché capable de faire fantasmer à la fois des militaires et des vieux cadres dynamiques obsédés par le souci d'affirmer leur libido à coups de 25 litres aux cent.
Après ceux qui font des doigts aux Hummers, la révolte des gens qui ne roulent pas dans des voitures qui sont une insulte permanente aux maigres efforts que l'humanité tente de faire pour préserver l'environnement continue.
Maintenant, pour faire chic, on fait l'amour (tendre et sensuel, Igor) à son Hummer. Et dans la rue si possible. La preuve en vidéo est là, les explications ici, et en anglais dans le texte. Merci à Chryde, dénicheur de trucs.
Certains disent qu'il l'est, d'autres qu'il fait exprès : George Bush est-il (vraiment) idiot ?
Depuis qu'il a été élu président, le monde entier ne cesse de se poser la même et lancinante question : George W. Bush est-il (vraiment) un imbécile ? Mais voilà, déterminer avec certitude le QI de celui qui, selon ses propres termes, gouverne le monde libre (rien que ça) n'est pas chose aisée.
Pour commencer, qu'on le veuille ou non, on a du mal à croire qu'on puisse devenir président du premier pays du monde deux fois de suite par pur hasard (ceux qui ont dit Chirac, au fond de la salle, vous sortez et ferez trois Raffarin et deux Villepin à la place de la récré). Ensuite, il a su appliquer quasiment à la lettre l'ensemble de son agenda républicain, sans que tout le monde trouve grand-chose à y redire, mêlant parfaitement humour de bas étage et une redoutable efficacité politique.
Mais Dieu merci, George dissémine ça et là des indices qui réduisent considérablement le champ d'investigation de ceux qui tentent de prouver que le président américain aurait des capacités un brin limites à la vue de sa fiche de poste. Son inaptitude, par exemple, à prononcer plus de 7 phrases sans y coller un lapsus ou un contre-sens honteux. Ou encore son dénuement de tout sens physique, le faisant tour à tour tomber d'un segway, s'étouffer avec un bretzel ou encore se blesser à vélo.
Mais pour ceux qui n'arrivent pas à se décider, le président a jeté un pavé dans la mare lors du dernier sommet du G8, en Russie (relaté sur Alternet). Extraits de conversation hors caméra - mais avec le son - avec quelqu'un qui semble être le président chinois.
George, à Hu Jintao : "Je dois rentrer chez moi ce soir, je dois prendre l'avion et rentrer, j'ai quelque chose à faire ce soir. Ici, c'est un peu votre quartier, non ? Ca ne doit pas vous prendre longtemps pour rentrer chez vous, non ? Huit heures ? Moi aussi. La Russie est un grand pays et le vôtre (la Chine) est grand aussi."
George, à une troisième personne : "Ca lui prend 8 heures de rentrer en Chine. Huit heures. La Russie est un grand pays. Et la Chine aussi."
6 ans pour réaliser et s'émerveiller du fait que la Russie et la Chine sont de "grands" pays, la performance rendrait même le philosophe Steevie jaloux. A moins que George ait tout simplement voulu meubler, ne sachant vraiment pas quoi raconter au président chinois.
Le pire, c'est que des deux perspectives, on n'arrive même pas à savoir laquelle est la plus angoissante. Et ça, ça fait vraiment peur.
Retour de 404, sous un air de déjà vu météorologique.
Après quelques jours d'absence pour cause de déménagement et de connexion Internet à l'humeur moribonde, retour de 404 dès aujourd'hui. Avec les excuses de la maison pour ce retard. On en profite quand même pour signaler que comme toujours, la boutique est ouverte (ici) avec plein de jolis T-shirts pour profiter de la canicule, comme ils disent si bien sur l'ORTF France2. Et sur TF1 aussi, vu qu'on tient enfin un sujet de fond qui offre une transition rêvée pour parler de la hausse des prix en station balnéaire à l'approche de la transhumance du 15 août.
Pendant ce temps-là, vu qu'on peut toujours mieux faire, l'Irak a de nouveau battu son record. Entre le 1er janvier et le 17 juillet, on compte pas moins de 15 000 civils tués (source Le Figaro). Soit une moyenne de 76 morts par jour. Bush, de son côté, exhorte le gouvernement à faire rester les GIs jusqu'à ce que le boulot soit fini (source Charlotte Observer). Courage, il ne sont plus que 26 millions.
Depuis Bush et Raffarin, il semble que les grands de ce monde ne gouvernent que pour se faire détester. Pur hasard ?
Le sagace observateur de l'actualité n'aura pas manqué de le noter de son oeil affûté : le premier ministre français n'est pas un modèle de popularité politique. Même pire, pour un peu, il passerait pour un incompétent notoire, dont la survie n'est assurée que par un président qui ne veut plus le lâcher. Tout comme son prédécesseur.
Alors que quelque temps en arrière, le rôle maître du premier ministre était celui de fusible, il semble qu'on s'acharne désormais à faire rester le plus longtemps possible ceux dont plus personne ne veut. Plus Raffarin et Villepin baissent, plus on leur accorde de confiance, de soutien. A tel point qu'on pourrait finir par se demander, si on était un tout petit peu de mauvaise foi, si l'impopularité ne serait pas devenue une clé du succès politique ?
Après tout, le premier pays du monde n'est-il pas gouverné par un président dont on doute même de la capacité à aligner sujet-verbe-complément sans se tromper sur chaque mot de plus de cinq lettres ? Par un type qui s'étouffe en mangeant un biscuit apéritif, qui tombe en vélo et est capable de dire "la plupart des Irakiens veulent vivre en paix dans un monde libre. Nous trouverons ces gens-là et les traînerons en justice" (Slate: "Bushism of the day, 27/10/03") ?
Si Villepin et Raffarin n'ont pas encore des livres entiers consacrés à leur délires verbaux, ils partagent quand même avec Bush une certaine conception de la politique : celle de gouverner en étant détestés par la vaste majorité de leurs concitoyens. Sans doute libérés de la pression des sondages, ils sont également devenus d'imparables machines à faire passer leurs mesures sans même se donner la peine de leur donner une forme politiquement correcte.
A Raffarin la réforme des retraites, de l'assurance maladie, de la décentralisation, à Villepin le CNE, le CPE, la privatisation d'EDF et autres dossiers dans lesquels un homme politique normalement constitué n'aurait jamais mis le début du pied. Ils partagent un point commun : ce n'est pas la rue qui gouverne. Et si ce n'est pas la rue, il faut croire que ce ne sont pas les sondages non plus.
Comme Bush, Villepin et Raffarin se sont trouvé être extraordinairement efficaces pour faire passer des réformes impopulaires. En se moquant de l'opinion publique. L'impopularité devenue arme politique absolue. Parce qu'elle permet de s'affranchir de l'avis de ses concitoyens. Et parce qu'en se concentrant sur les sondages catastrophiques du camp adverse, l'opposition oublie de faire ce pourquoi elle est là : proposer une autre voie, une alternative crédible.
En revanche, on a beau chercher, on ne s'explique toujours pas pourquoi François Hollande veut absolument être impopulaire même avant d'être au pouvoir. Ces génies politique...
Quand il s'agit d'écologie, les progrès ne viennent pas forcément de là où on croit : les US se rebellent et l'Europe patauge.
Vu qu'on fait des reportages dessus au journal de 20 heures, on doit pouvoir considérer que c'est officiel : il fait chaud. Oui ma bonne dame, au moins trois jours que la température dépasse trente degrés dans l'après-midi. Quel scandale. Pour un peu, on pourrait presque se croire en plein mois de juillet.
Et pendant qu'à Paris, Météo France prédit que la cuisson va être bonne, du côté de l'Europe, on s'active pour donner une chance aux générations futures de vivre sans climatisation et sans bottes.
Sauf que la réduction des gaz à effets de serre n'est pas chose simple. Loin de la mettre en place, onze des 25 gouvernements européens n'arrivent même pas à se mettre d'accord sur les objectifs (The Guardian : "UK among 11 to miss emission targets deadline").
Pour l'Europe, un seul but à viser : 6% de réduction d'ici 2012 (les Verts, eux, suggèrent que 9% serait le minimum). La France dit pourquoi pas mais on ne réduira que de 4%. Belgique, Danemark, Finlande, Italie, Espagne, Pays-Bas, entre autres, n'ont même pas daigné répondre. Appelons ça de la responsabilité collective (euh, l'autre là, il pollue plus que moi, alors 'y a pas de raison, je peux faire le crado aussi, hein m'sieur).
Mais pendant que l'Europe patauge dans l'ozone, la bonne nouvelle vient des Etats-Unis. Oui. Parce que contrairement à ce que souhaitait la Maison Blanche supportée par le lobby automobile et pétrolier, les cours suprêmes de 11 états ont déposé un recours devant leur grande soeur de Washington DC (The Car Connection : "Supreme Court Takes Up Emissions").
Pour elles, il s'agit de contester au gouvernement de Washington la mainmise exclusive (et spécialement laxiste) sur les quotas d'émissions de gaz à effet de serre. En d'autres termes, si le Massachusetts souhaite limiter la pollution chez lui, il doit être capable de le faire.
Ces recours, ainsi que leur audition par la cour suprême, est un revers majeur pour Bush, qui défend toujours (on se le rappelle, histoire de se divertir un brin, ça ne fait jamais de mal) que le réchauffement climatique est une réalité mais que rien ne prouve qu'il est amplifié par l'homme. Pouf pouf.
En tout état de cause, que l'effet de serre soit pris en compte d'un côté où de l'autre de l'Atlantique, peu importe. Evelyne Delhiat est formelle, il va faire chaud. On n'attend plus que le petit Nicolas se réveille et décide d'éliminer toute cette racaille de chaleur au Kärcher. Parce que c'est pas tout de faire mumuse avec l'effet de serre. 'Y a une élection en 2007. Et ça, pour les générations futures, c'est ce qui compte vraiment. Non ?
Les tribunaux de Guantanamo ont été déclarés illégaux, les prisonniers sont heureux, ils ne seront plus obligés de passer au tribunal pour rester en prison.
C'est un revers pour l'administration Bush : un peu plus de 4 ans après qu'on ait commencé à y ranger des combattants ennemis, la Cour suprême des Etats-Unis vient de déclarer les tribunaux de Guantanamo "illégaux". D'abord parce qu'ils sont militaires, mais surtout parce que les accusés n'ont pas été invités à assister à l'ensemble des audiences qui les concernaient (Court declares Guantanamo tribunals illegal, Reuters).
Devant un tel cataclysme politico-judiciaire, l'administration ne pouvait rester muette. C'est en la personne du commandant en chef qu'elle a souhaité répondre à la Cour suprême : on s'en fout.
"Today's decision does not in any way affect the ability of the president as commander in chief to detain enemy combatants. It goes only to the question of trial by military commission" (Ruling won't affect Guantanamo camp, Reuters)
La bonne nouvelle pour les prisonniers, c'est donc qu'ils n'auront pas droit à un procès dans un tribunal illégal. La mauvaise nouvelle, c'est qu'ils n'auront pas droit à un procès.
Parions que dans trois ou quatre ans, la Cour suprême aura enfin tranché la question des plateaux repas et d'ici 2015 sur la couleur des barbelés qui entourent la prison qui, depuis 2002, viole toutes les règles connues de droit international.
Moins d'un an avant la présidentielle, une question taraude tout le monde : finalement, qui n'est pas candidat cette fois-ci ?
Après Sarkozy, après Galouzeau, après Fabius, après Strauss Kahn, après Hollande, après Ségolène, après Chirac lui-même et comme si ça ne suffisait pas, Jospin entre dans la course (article Libération), suivi de près par Martine Aubry (article Nouvel Obs), dans la course ou plutôt dans la ronde des belles effarouchées qui pourraient éventuellement se présenter à la tête de la république bannière de France (80% en 2002, faut-il le rappeler ?).
C'est devenu comme une mode, avant les élections, il faut se faire désirer. Dé-si-rer. D'abord, il s'agit de dire que pourquoi pas, on serait bien candidat (pour passer le temps). Ensuite, que finalement non (on est trop bien pour ça). Puis, attendre que tout le monde en parle (si vous insistez, mais c'est bien pour vous faire plaisir). Constater que tout le monde s'en fout (saloperie de Coupe du monde). Et se présenter quand même ('y a pas de raison que les autres y aillent et pas moi).
Si Strauss Kahn n'a pas eu besoin de Coupe du monde pour constater que, dans son cas, on risque de rester au stade où tout le monde s'en fout, Sarkozy, lui, est bloqué dans la phase "si vous insistez, je veux bien dépanner".
L'objectif ? Outre faire les beaux devant la caméra (c'était ça ou présenter le Kéno avec le fils de Jacques Martin), il s'agit surtout de reculer au maximum le moment compliqué du débat d'idée. Voire même pourquoi pas l'éviter totalement, comme ça a été le cas en 2002. Eviter à tout prix de parler de programme, de bilans, de projet, de politique. Parce que ça, si on savait faire, ça se saurait.
Alors, on va continuer à s'amuser mollement entre candidats à la candidature. En attendant désespérément que quelqu'un ait une idée dont on pourrait débattre. Sinon, on va faire comme d'habitude. On va voter pour celui qui a la plus jolie cravate. C'est déjà ça.