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En bref : les dépêches

imageCrétin / Transsexuel une fois:
(05/07/2007) Scoop de nos amis belges, le roi s'est cassé le col de l'utérus. Si si si (via nos amis de l'excellent rue89).

imageMédias / Une dans la nuque:
(29/06/2007) En 2008, ça va sentir le vestiaire de pentathlon du côté de la Chine et pour l'occasion, RSF propose un logo fort approprié. On attend encore l'approbation des boissons gazeuses qui sponsorisent l'événement.

imagePrésidentielle / Espionnage:
(11/04/2007) C'est officiel : De Robien n'a vraiment pas la moindre idée de ce qu'il peut encore bien faire à l'UDF. Ou bien c'est une taupe. Sinon, on ne voit pas.

imageSanté / Miracle usurpé:
(11/04/2007) "Un homme sans oreilles retrouve l'ouïe". Ca n'a rien d'une nouveauté: en 2002, Loana avait bien sorti un livre. Et sans cerveau.

imageIrak / iBlindage:
(10/04/2007) Sauvez un GI : envoyez vos iPods à l'armée américaine!

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Guerres > David Hicks, criminel de guerre sans crime ni guerre

Accuser de crime de guerre quelqu'un qui n'est pas censé avoir fait de guerre devrait poser un problème de logique. Mais en fait, non.

imageAttention lecteur, cet article peut provoquer une remise en cause des principes fondamentaux de la logique. Cette semaine, celui qu'on surnomme "le taliban australien", David Hicks , a été officiellement accusé de "crime de guerre" par l'administration américaine (source Chicago Tribune). Détenu par l'armée américaine depuis 2001, en grande partie à Guantanamo, Hicks fait partie de ceux qui sont qualifiés par l'administration Bush de "unlawful enemy combatant" (combattant ennemi illégal) dans le but avoué de leur nier les droits de la convention de Genève qui protège les prisonniers de guerre.

Depuis son arrestation, Hicks, son avocat, la Croix Rouge et même des militaires de la prison de Guantanamo confirment que le prisonnier Hicks a été maltraité, probablement torturé, isolé du monde extérieur pendant des mois entiers, drogué et battu. Ce qui ne semble pas poser de gros dilemme moral à l'armée de l'auto-proclamée première démocratie du monde.

En effet ('faut suivre), quand on accuse de crime de guerre un combattant qui, officiellement, n'a jamais fait la guerre, et qu'on lui refuse la protection des prisonniers de guerre (bien qu'on l'accuse de crimes de guerre) et que, par ailleurs, on le traite contrairement aux droits de l'homme alors qu'on fait justement la guerre contre des gens qui ne font pas la guerre pour défendre des droits de l'homme qu'on ne respecte pas, on n'est pas à une contradiction près.

D'autant qu'officiellement, Hicks n'aurait même pas commis de "crime" au sens propre du terme : "The U.S. administration has not alleged Hicks engaged in any actual acts of terrorism, nor that he killed any U.S. or Coalition soldier while engaged in fighting at Konduz.". Sic.

Plus d'informations sur les conditions de détention des plus de 400 prisonniers de Guantanamo bay sur Wikipedia et la réplique en 3D de la cellule de Hicks par Amnesty International.


Guerres > L'armée US fait avouer les terroristes morts

Les USA veulent les terroristes morts ou vifs. Mais même morts, 'faut qu'ils puissent faire de la pub quand même.

imageLa très décriée prison de Guantanamo (le goulag de la plus grande démocratie du monde) se montre finalement d'une efficacité redoutable. Bien plus, même, que les Américains ne voulaient le croire. Après y avoir enfermé, sans autre forme de procès (on ne va pas s'embarrasser de formalités), plus de 600 "combattants ennemis", ils ont finalement trouvé leur bête noire, le cerveau de tout : Khalid Sheikh Mohammed (à défaut de Bin Laden, ça devrait pouvoir le faire).

Arrêté en 2003 et soumis depuis à de constants interrogatoires, le Pakistano-Koweïtien a fini par avouer. Tout. Tout tout tout (source Breitbart).

D'abord, il confesse être l'homme derrière les attentats du 11 septembre 2001. Rien que ça. Et de "A à Z" selon ses propres termes. Et comme si ça ne suffisait pas, il continue de soulager sa conscience. Il confesse également avoir orchestré la décapitation du journaliste Daniel Pearl en 2002. Toujours en 2002, il serait tout autant responsable d'attentats au Kenya et de la tentative d'abattre en vol un avion de tourisme israélien avec un lance-roquettes. Il serait également responsable des attentats de Bali la même année, 202 morts.

Mais il ne s'arrête pas là. Il aurait également tenté des attentats contre la Sears Tower (Chicago), l'Empire State Building (New York), Wall Street (New York), des centrales nucléaires, des ambassades américaines en Asie et Australie, des navires de guerre américains, une compagnie pétrolière, le canal de Panama, l'aéroport d'Heathrow et Big Ben. Et vu que ça ne suffit pas, il aurait aussi tenté d'assassiner Jimmy Carter, Bill Clinton et participé aux attentats contre Jean-Paul II et Pervez Musharraf.

Parlons d'un hyperactif.

Sauf que, petit hic, il confesse aussi avoir préparé un attentat contre la "Plaza Bank" de Seattle. Banque qui, comme on peut le lire sur leur site (www), a été fondée en... 2006. Soit 3 ans après l'arrestation de Khalid Sheikh Mohammed. Et ce n'est pas le seul raté dans l'histoire de celui qui déclare être le centre névralgique de la quasi intégralité du terrorisme mondial de ces 15 dernières années (source Atlantic Free Press).

A la période de ses interrogatoires, Khalid Sheikh Mohammed est présenté comme parlant très bien anglais, flirtant dès qu'il peut, louant même un hélicoptère pour impressionner une dentiste qu'il voulait séduire (sic). Lors de sa confession, les juges trouvent un homme qui prononce mal et fait difficilement des phrases en anglais. D'autant que Khalid Sheikh Mohammed avait été, en 2002, reporté... mort (et son cadavre identifié par sa femme).

A la fois, après l'homme le plus recherché au monde qui échappe à toute l'armée américaine sur une mobylette, on n'était pas à une incohérence près.


Guerres > Bombe atomique pour les nuls

En manque d'ennemis ? Le mieux est encore de les aider à devenir suffisamment menaçants...

imageDéfinitivement désespérés de démontrer que l'Irak représentait un danger imminent avant la seconde guerre du Golfe, le gouvernement américain a rendu disponible sur un site Internet dédié de nombreuses archives jusque là confidentielles du gouvernement de Saddam Hussein.

Dans l'espoir, sans doute, qu'un internaute arrive (enfin) à démontrer que oui, l'Irak pouvait bien anéantir toute trace de civilisation sur terre en moins de temps qu'il n'en faut pour regarder les écrans publicitaires du Superbowl.

Sauf qu'en publiant ces documents, les Etats-Unis ont rendu public des documents sur les recherches nucléaires irakiennes, documents qui, selon le NY Times, constituent tout simplement un mode d'emploi pour apprenti constructeur de bombe atomique (source NY Times).

L'agence internationale d'énergie atomique se dit choquée, les officiels ont mis le site hors ligne en attendant de passer en revue les documents en question. De son côté, Kim Jong Il doit probablement dire un grand merci : ils n'étaient pas certains de ce qui avait raté dans le premier essai : promis, le second sera bien mieux.

(merci à Jérémie pour l'information)


Guerres > Al-Qaeda aurait des liens avec la mafia. Ou peut-être pas.

En plus d'être une organisation terroriste, Al-Qaeda serait-elle devenue un prétexte bien pratique à s'incruster partout ?

imageCe qui est formidable quand on parle du réseau Al-Qaeda, ce n'est pas tant l'opacité du mouvement que le potentiel de créativité qu'il inspire dans les nombreux départements de sécurité intérieure ou extérieure américains.

Ainsi, à la fin des années 70, à son origine, Al-Qaeda a été d'abord ouvertement financé par la CIA pour contrer l'offensive russe en Afghanistan. Un succès puisqu'en 1989, l'Union soviétique se retirait du pays pour laisser le champ libre aux talibans, supportés par l'équipe de Ben Laden.

Puis, les attentats du 11 septembre. Al-Qaeda, resté sous le tapis diplomatique durant plus de 10 ans, resurgissait dans le spectre américain. Et Ben Laden de devenir l'ennemi numéro un du monde occidental, alors même qu'à la fin des années 90 (c'est le patron de la CIA qui le dévoile), le chef de l'organisation terroriste s'est retrouvé à portée de fusil américain plus d'une dizaine de fois, sans que personne n'ose appuyer sur la détente.

Au moment de trouver une raison pour déclencher la seconde guerre du Golfe, les armes de destruction massive ne suffisant pas à une opinion publique sur la réserve, Al-Qaeda rentre soudainement dans le tableau. L'Irak devient soudainement un camp d'entraînement pour les fidèles de Ben Laden.

En septembre 2006, l'administration Bush finira par reconnaître qu'il n'y a jamais eu de lien avéré entre Saddam et Ben Laden et que tout cela n'était que rumeurs prises un peu trop au sérieux (article BBC). Mais même confronté à l'évidence, il y a des réflexes qui sont difficiles à perdre : ainsi, 4 jours après que son président ait publiquement annoncé l'inverse, Dick Cheney réaffirmait les liens entre Al-Qaeda et l'Irak à qui voulait bien l'entendre (article Financial Times).

La piste irakienne écartée, il était urgent de trouver une nouvelle occupation à Ben Laden, histoire qu'on n'oublie pas trop vite que le terrorisme est une menace toujours aussi vivace que 5 ans en arrière.

Ainsi, le 2 octobre, on apprenait que l'unité anti-terroriste du FBI craignait fort qu'il y ait des liens entre Al-Qaeda et (roulements de tambour) la mafia. Et ce malgré "aucune preuve directe" (articles Washington Times et Associated content).

Le FBI craint en effet que les bandes mafieuses, prêtes à tout pour faire un peu d'argent, se mettent à vendre des têtes nucléaires à des terroristes islamistes en quête de faire exploser on ne sait quel centre ville.

Bien sûr, cela demande investigation, pour l'instant, aucune preuve tangible ne s'est encore présentée. Mais sait-on jamais, à défaut d'une hypothèse géo-politique fiable, ça aura au moins gardé Ben Laden en haut de l'affiche médiatique quelques jours de plus. Et puis ça ferait un scénario formidable pour la saison 47 de la série 24h. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme, non ?


Guerres > 11 septembre, 5e édition

5 ans après le 11 septembre 2001, les conspirateurs conspirent, Al-Qaeda communique et le reste du monde s'interroge.

imagePuisque c'est aujourd'hui l'anniversaire des attentats sur le World Trade Center, le Pentagone et le vol 93, quelques articles et vidéos pour faire, une fois de plus, un point sur la question.

- Democracy Now! rediffuse sa couverture des attentats, le 11 septembre 2001, depuis leurs studios à quelques pas du World Trade Center. Ils profitent également de l'occasion pour débattre avec les auteurs du documentaire "Loose Change" (partie 1, partie 2), (re)fondateurs de la théorie du complot sauce Moore.

- ABC se lance dans la fiction sur le sujet, avec des gentils très gentils entourés d'incompétents très incompétents qui se battent contre des méchants très méchants. La bande-annonce est visible ici, ça explose dans tous les sens, les terroristes ont des accents ridicules, des gros téléphones moches et l'entrée du FBI est vraiment très propre. Normal, quoi.

- Fox News se demande si avoir tué Ben Laden avant le 11 septembre aurait fait une différence. Les experts sont formels : probablement pas. Ou peut-être que si en fait. Vous voyez, le problème, c'est que vu que ce n'est pas arrivé, on ne peut pas vraiment savoir (ici, sur Fox).

- Pendant qu'on en parle, sur MSNBC, l'ancien patron de la CIA dévoile qu'entre mai 98 et mai 99, les USA ont eu à une dizaine de reprises la possibilité d'éliminer le grand barbu, mais que personne n'a osé le faire (ici, sur MSNBC).

- Associated Press note que le monde a bien changé après ce jour où "Le Monde" titrait "Nous sommes tous Américains". Le plus enthousiaste de tous est encore le nouveau président irakien qui exprime "the gratitude of the people of Iraq for the people of America and for your leadership" (source AP).

- Histoire de ne pas être en reste, Al Qaeda diffuse de nouvelles vidéos commémorant, à leur poétique façon, l'anniversaire (source MyWayNews).

- Enfin, Alternet se demande si, des fois, il n'y aurait pas eu des bombes posées à l'intérieur du World Trade Center même avant les attaques (source) et, par la même occasion, ce qui se serait passé si les tours n'étaient jamais tombées (source). Comment aurait été le monde si ce matin de septembre 2001 n'avait pas pris des allures d'un mauvais "Independence Day" à la sauce Will Smith ? Probablement différent. Probablement pas.


Guerres > Alerte au sac à vomi

Dans une atmosphère de paranoïa généralisée, les terroristes ont trouvé une nouvelle arme : les sacs à vomissements.

imagePlus d'un mois après l'annonce d'US Airways de mettre de la publicité sur les sachets en papier élégamment surnommés "sacs de vomissements" dans leurs avions, les Anglais ont décidé de prendre les Américains de vitesse afin de tester la crédibilité du concept (Miami Herald, "Bagging on new revenues").

C'est ainsi qu'aujourd'hui, un avion au départ de Londres et à destination de l'Egypte a fait une escale imprévue en Italie après qu'un passager ait découvert un de ces sacs à vomi portant la subliminale prose "il y a une bombe à bord". Après la découverte, l'avion a été invité à atterrir le plus vite possible, accompagné par un F16 spécialement affrété pour le protéger (sans aucun doute dans le cas ou en plus de la bombe, les terroristes aient voulu directement attaquer l'avion par les airs, ou un truc dans le genre) (Nouvel Obs, "Alerte à la bombe dans un avion").

Pas de bombe à bord, les passagers sont saufs. Mais la bonne nouvelle est surtout pour US Airways : oui, les passagers lisent vraiment ce qui est marqué sur les sacs à vomi. Maintenant, s'il faut faire décoller un F16 à chaque nouvelle campagne de publicité, ça va faire cher le paquet de Cheerios.

Avec deux avions déroutés, escortés et vidés en moins d'une semaine, il semblerait en tout cas que les autorités aériennes se soient laissées gagner par la parano la plus totale dès qu'elle voit une paire de réacteurs. De là à dire que les terroristes ont atteint leur objectif ? Dans le mot "terroriste", aurait-on oublié qu'il y avait le mot "terreur" ?


Guerres > Stalag 13

Les tribunaux de Guantanamo ont été déclarés illégaux, les prisonniers sont heureux, ils ne seront plus obligés de passer au tribunal pour rester en prison.

imageC'est un revers pour l'administration Bush : un peu plus de 4 ans après qu'on ait commencé à y ranger des combattants ennemis, la Cour suprême des Etats-Unis vient de déclarer les tribunaux de Guantanamo "illégaux". D'abord parce qu'ils sont militaires, mais surtout parce que les accusés n'ont pas été invités à assister à l'ensemble des audiences qui les concernaient (Court declares Guantanamo tribunals illegal, Reuters).

Devant un tel cataclysme politico-judiciaire, l'administration ne pouvait rester muette. C'est en la personne du commandant en chef qu'elle a souhaité répondre à la Cour suprême : on s'en fout.

"Today's decision does not in any way affect the ability of the president as commander in chief to detain enemy combatants. It goes only to the question of trial by military commission" (Ruling won't affect Guantanamo camp, Reuters)

La bonne nouvelle pour les prisonniers, c'est donc qu'ils n'auront pas droit à un procès dans un tribunal illégal. La mauvaise nouvelle, c'est qu'ils n'auront pas droit à un procès.

Parions que dans trois ou quatre ans, la Cour suprême aura enfin tranché la question des plateaux repas et d'ici 2015 sur la couleur des barbelés qui entourent la prison qui, depuis 2002, viole toutes les règles connues de droit international.


Guerres > Suicides à Guantanamo

Dimanche, le Mexique a marqué 3 but. Les USA ont marqué 3 morts.

imageDimanche, presqu'à l'heure où la Hollande mettait une pâtée à la Serbie à la plus grande joie des supporters en orange, trois personnes se pendaient dans leur cellule, en prenant bien soin de se cacher, de peur qu'on ne les interrompe dans leur dernier souffle. Avec leurs draps, ils ont fait un noeud et se sont pendus.

Certains diront que plus de quatre ans d'emprisonnement sans procès, les mauvais traitements, les interrogatoires sans fin, l'absence de date de sortie, l'absence de droit les auront poussés à en finir avec la vie.

Et d'autres diront que non.

En tout cas, c'est un avis que ne partage pas le geôlier en chef de la plus dictatoriale des prisons construites par une démocratie. Pour Harry Harris, administrateur de Guantanamo, ces suicides ne sont pas un acte de détresse (article BBC) :

"I believe this was not an act of desperation, but an act of warfare waged against us" (je crois que ce n'était pas un acte de désespoir, mais un acte de guerre contre nous)



Les trois pendus de Guantanamo se seraient donc donné la mort pour attaquer les Etats-Unis. On appréciera l'ironie. Si les trois prisonniers ont attaqué quelque chose, c'est surtout la prison et la honte qu'elle fait porter à chacune des démocraties qui ferme les yeux dessus. S'ils ont attaqué quelque chose, c'est la certitude que tout est bon pour gagner la "guerre contre la terreur".

Alors, peut-être que Harris a finalement raison. Les prisonniers, en se suicidant, ont sans doute attaqué les Etats-Unis. En tout cas, la vision qu'en a le clan Bush.

Un des trois suicidés devait être relâché sous peu. Faute de charges contre lui. On n'avait juste pas jugé utile de le prévenir (article BBC).


Guerres > Ici Scotland Yard : nous avons été ridicules

Scotland Yard présente ses excuses. Le profil du tueur était pourtant parfait.

imageTrès cher Abdul, au nom de la police de Londres, nous tenons à vous présenter toutes nos excuses pour avoir forcé votre porte et être rentrés à 250 personnes chez vous par erreur l'autre jour.

Comprenez notre confusion, elle était légitime. Nous tenions en effet de source sûre (un gars qu'on torture depuis presque quatre ans à six mille kilomètres d'ici) qu'un certain Mohammed et qu'un certain Abdul étaient sur le point de commettre des attentats chimiques à Londres.

Après avoir cherché dans l'annuaire, nos détectives sont tombés sur vous, ce qui n'est pas de chance, admettez-le (à la fois, vu que vous avez tous les mêmes prénoms dans votre religion, comment voulez-vous qu'on s'y retrouve).

Désolés aussi pour le désordre. On cherchait une valise de petit chimiste, mais on n'a rien trouvé chez vous (bien que votre prénom soit Abdul, tout comme l'autre disait). Néanmoins, et pour vous simplifier le rangement, tous les meubles de la maison ont été démontés et mis en vrac dans le salon. De rien, nous sommes des professionnels.

Enfin, pour finir, désolés pour le coup de feu sur Mohammed. Mes équipes sont un brin nerveuses en ce moment et vous savez comment c'est, un coup est vite parti. Si vous le voyez à l'hôpital, dites-lui que l'officier qui lui a tiré dessus lui fait une bise. Et qu'il peut garder la balle aussi, cadeau souvenir de Scotland Yard.

Bref, et pour faire court, comme on dit dans la police : "oups". N'hésitez pas, si vous avez besoin de nous, faites le 999 ou le 112. Nous nous engageons à venir chez vous dans l'heure. Et bises de Scotland Yard.

PS : La brigade s'est jointe à moi pour vous offrir un bon de réduction à valoir sur toute une gamme de rasoirs. Vous devriez y songer, il n'est pas prudent de sortir avec la barbe, ces temps-ci (article CBC news).


Guerres > Conspiration de la peur

Le militaire est un être plein de paradoxes. Plus son fusil est gros, plus il voudrait qu'on soit rassuré. Etonnant, non ?

imageS'il est une chose qu'on ne saisit pas spontanément à propos des théories autour du 11 septembre, c'est pourquoi elles ont autant de succès. Parce que dans le même temps, la majorité de l'humanité se fout pas mal de savoir si Elvis est encore vivant ou si Loana aurait quand même été dotée d'un cerveau à sa naissance.

Non, alors que ces dernières théories ne rencontrent qu'un succès d'estime, le 11 septembre, lui, fait les choux gras d'Internet, des bibliophiles, monteurs vidéastes, experts en aéronautique et en métaphysique des immeubles de plus de 78 étages.

La recette du succès ? Un fin mélange de gens qui ont une bonne raison que ça arrive, un soupçon de secret et quelques éléments suffisamment troublants pour que chacun y trouve son bonheur. C'est Joshua Holland qui dresse la liste des ingrédients dans un excellent papier publié sur Alternet aujourd'hui (article).

D'abord, les motifs. Il suffira d'une note, publiée par le groupe de pression (tendance républicaine) "The project for a new American century", chantre de la militarisation à outrance des GIs. Dans le texte : "Le processus de transformation, même s'il apporte des changements révolutionnaires, sera probablement long, en l'absence d'événements catastrophiques - et catalyseurs - comme un nouveau Pearl Harbor" affirmait le groupe, peu avant le 11 septembre.

Mais un motif ne serait rien sans son suspect (même Navarro sait ça, c'est dire). Proche (très proche) de l'actuelle Maison Blanche, "The project for a new American century" est la première phalange du doigt accusateur qui pointe naturellement vers la Maison Blanche. Le gouvernement Bush exploitera (et exploite toujours) à merveille les attentats pour augmenter budget militaire, zones de secret défense, espionnage, surveillance et flicage à tous les coins de rue.

Vient ensuite la preuve. Et là, c'est le hic. Ou presque. Les preuves manquent, mais les incohérences sont légion. On ne sait rien démontrer, sauf qu'on ne sait rien démontrer. 3 des pirates de l'air identifiés par le FBI comme étant morts dans les tours ont été retrouvés bien vivants dans leur pays où ils se demandaient bien comment ils avaient pu devenir terroristes meurtriers sans bouger de chez eux. Il y a eu cette vidéo du Pentagone, ces reportages, ces livres, ces calculs, ces experts. Il y a eu du monde pour crier au coup monté.

Mais peu pour dire que, vrais ou faux attentats, le résultat est le même : les libertés individuelles n'ont jamais autant reculé que ces 5 dernières années, les attentats n'ont jamais été aussi fréquents. Et partout dans le monde, on ne s'est jamais senti aussi peu en sécurité qu'avec Bush à la Maison Blanche, Sarkozy à la place Beauveau, une armée et une police aussi omniprésentes. De là à dire que l'uniforme génère plus de problèmes qu'il n'en règle...


Guerres > 11 septembre : les vidéos du Pentagone en ligne

Le département de la défense américain veut tellement jouer la transparence qu'on finit par effectivement ne rien voir.

imageGrosse leçon de communication du côté du Pentagone. Apparemment lassé de toutes les rumeurs qui entourent les attentats du 11 septembre et décidé à prouver que c'est bien un avion qui s'est écrasé sur Washington et non pas un missile extra-terrestre propulsé au Tahiti Douche et commandité par la frange radicale des raëliens, le département de la défense américain a décidé de publier les vidéos de l'attentat sur le Pentagone.

Deux vidéos, format timbre poste à voir sur ce site (liens directs pour la vidéo 1 et la vidéo 2, en format wmv).

Le hic, c'est qu'on y voit tout... sauf un avion. Une pelouse, une voiture, un éclair, une explosion et de la fumée. Mais pas d'avion. On peut faire avance et retour rapide autant qu'on veut, rien, pas un aéronef battant de ses ailes fines le ciel azuré d'un mardi matin presque comme les autres.

Une vidéo donc, que l'on ne devrait pas tarder à revoir en agrandi, ralenti, accéléré, noir et blanc, négatif, sépia et autres digressions photoshopesques sur l'ensemble des sites qui prêchent la théorie de la conspiration universelle à qui veut encore bien l'entendre (par exemple).

Quant au Pentagone, c'est bien beau d'acheter des satellites espions capables de lire la marque d'un slip en Irak. Mais 'faudrait peut-être commencer par changer ses caméras de sécurité du côté de Washington. Vous perdez en crédibilité, là.


Guerres > Poème académie

Faudra pas s'étonner si la famille Bush reste longtemps à la Maison Blanche : ils travaillent leur communication.

imageLes pseudos chanteurs régulièrement vomis par TF1 et M6 le savent bien : la popularité, c'est chouette d'en avoir, surtout quand on ne la mérite pas vraiment. Et c'est d'autant plus difficile à vivre quand on devient la moquerie des cours de récré alors que dans sa vie, on a touché le pinacle de la gloire en participant à la spéciale VIP de "Qui veut gagner des millions".

Alors les pseudos gens célèbres sont prêts à tout pour retrouver, ne serait-ce qu'une seconde, la transportante glorification que savent seuls apporter les spots 5000 watts du plateau des Z'amours. Et quel analphabète va écrire un livre ? Et quel brâmant du sud-ouest va sortir un disque ? Et quel entraîneur de kung-fu va tourner dans un Lelouch ? Et quel philosophe va accompagner Ruquier dans son éternelle quête de l'élévation spirituelle cathodique ? Et qui va animer la 7e fête de la choucroute de Royan ?

George W. Bush, lui aussi au plus mal dans les sondages, a trouvé une nouvelle façon de se faire aduler : le poème subliminal. La recette ? Financer des livres d'école pakistanais et y inclure des oeuvres dont les premières lettres de chaque vers permettent d'écrire "President George W. Bush" en vertical (à noter que cet exercice serait largement plus périlleux avec Nicolas Sarkozy dont le nom rapporte plein de points au scrabble).

Comme disait l'autre, George fait des vers sans en avoir l'air, de la poésie sans en avoir envie et de la propagande comme une grande. Rien à dire, l'aide désinteressée, c'est magnifique à regarder (Article source, BBC news).


Guerres > Les droits de l'homme au Condi(tionnel)

Finalement, quoi qu'il en dise, le jeune de banlieue a de la chance d'avoir Sarkozy. Avec Condi, il serait depuis longtemps exilé en Sibérie.

imageQuoi qu'on pense du physique de Condoleezza Rice, et puisqu'il s'agit parfois dans la vie de dépasser les apparences, on ne peut qu'être rassuré par la formidable vision du droit international qu'elle défend au sein du gouvernement Bush. Parce qu'au milieu de tous les Texans, il fallait qu'une femme relève le niveau, remette la justice et les droits de l'homme où ils sont.

Ainsi, interrogée sur les prisons secrètes (et hors du territoire américain, ça évite d'avoir à nettoyer les taches avant de partir) dans lesquelles la CIA interroge les suspects de terrorisme, Condoleezza tient à rassurer l'opinion publique : tout se fait dans le plus strict respect des conventions internationales, du droit, de la justice et des bonnes moeurs, parce que ma brave dame, on n'est pas des sauvages quand même :

"The US does not use the airspace or airport of any country for the purpose of transporting a detainee when we believe he or she will be tortured. With respect to detainees, the US complies with its laws, its Constitution and its treaty obligations." (Les Etats-Unis n'utilisent pas l'espace aérien ou les aéroports d'aucun pays pour transporter des détenus quand ils pensent qu'il ou elle sera torturé. En ce qui concerne les détenus, les Etats-Unis respectent leurs propres lois, leur constitution et les obligations de leurs traités) (source : The Times)

Sur la même page, on peut lire le témoignage de Khalid, citoyen allemand qui porte aujourd'hui plainte contre la CIA. Il a fait les frais des règles strictes de respect de la loi internationale par les US. Son tort ? Etre d'origine libanaise et être tombé sur des douaniers qui ont pensé que son passeport était un faux. Transféré à la CIA, il décrit ce qui lui est arrivé (source The Times)

Détenu 23 jours dans une chambre de motel sans fenêtre par des douaniers macédoniens, il a été "donné" à la CIA. De là, il a été menotté, cagoulé, conduit à un aéroport, endormi pour se réveiller en Afghanistan, s'est réveillé dans un cachot avec pour tout meuble une simple couverture, a été menacé de mort, frappé.

3 mois plus tard, la CIA a reconnu que son passeport était un vrai. Mais ça aurait été dommage de le relâcher.

Ainsi, Khalid, mari et père de 5 enfants, a été détenu deux mois de plus avant d'être finalement emmené en avion en Macédoine et relâché... au milieu d'une forêt, sans un mot d'excuse (mis à part peut-être "soyez heureux qu'on ne vous ait pas sorti Lynndie England" - dont on se souvient les magnifiques photos de vacances ici, et encore ici).

Au total, 5 mois de disparition, 5 mois de cachot sans pouvoir donner de nouvelles à sa famille, 5 mois de menaces, d'abus physiques, 5 mois d'interrogatoires en Afghanistan avant d'être déposé au milieu d'une forêt de Macédoine. Tout ça parce qu'une paire de douaniers macédoniens ne sait pas lire.

C'est vrai qu'elle impressionne, Condoleezza quand elle respecte "ses propres lois, sa constitution et les obligations de ses traités".


Guerres > Permis de torturer, bis repetita

Dans les démocraties, le droit de torturer n'est qu'à un vol d'avion près. Et ça rapporte des points fidélité en plus.

imageLa CIA est frustrée. Que ça se sache. Ou en tout cas, frustrée elle était. Frustrée parce que quand on détient des gens, on doit justifier pourquoi à des juges qui, 'manquait plus que ça, veulent que la justice soit respectée, les sagouins.

Frustrée parce qu'aux US, qu'on le veuille ou pas, la torture est illégale, si si. Aucun des 50 états n'a le bon goût d'autoriser quelques menues réjouissances telles que l'arrachage d'ongles, l'électrocution et autres brûlures rigolotes. Rien. Rien le droit de faire aux US.

Alors du coup, la CIA avait installé son camp de vacances du côté de Guantanamo, pour pouvoir faire mumuse avec les prisonniers sans se perdre dans d'inutiles paperasses et de vagues concepts de respect des droits de l'homme. Sauf que les malpropres d'Amnesty International et autres Croix Rouge ont demandé des comptes. Et que les 600 détenus ont commencé à faire parler d'eux.

Alors, révélé aujourd'hui par le Washington Post, on apprend que la CIA a installé des prisons totalement secrètes dans des pays sympathiques tels que l'Afghanistan, la Thaïlande ou encore d'autres pays sympathiques d'Europe de l'Est.

Les raisons ? La CIA le dit elle-même : "Ainsi, les prisonniers ne peuvent pas contester leur détention devant des tribunaux américains et peuvent être interrogés longtemps" (source BBC News, "CIA running secret terror jails"). Ca a le mérite d'être clair.

Mais pas folle, la CIA refuse de reconnaître l'existence de ces "sites noirs". Et pour une seule raison : on ne peut pas poursuivre en justice quelque chose qui n'existe pas : "La CIA n'a même pas reconnu l'existence des sites noirs. Selon des officiels proches du programme, reconnaître leur existence pourrait ouvrir la porte à des risques légaux et augmenter le risque de condamnation politique aux US comme à l'étranger" (source Washington Post, "CIA Holds Terror Suspects in Secret Prisons").

Et pour finir sur ces notes de poésie, Cheney, qui avait vu venir le coup, avait pris ses dispositions : "Ces inquiétudes sont remontées le mois dernier quand le vice-président Cheney et le directeur de la CIA ont demandé au congrès d'exempter les employés de la CIA d'une loi qui condamnerait les actes dégradants et inhumains commis à l'étranger".

Après avoir inventé le concept de "combattant ennemi" pour pouvoir faire fi de la convention de Genève, les US inventent donc un nouveau concept : l'export de torture. On attend impatiemment un partenariat avec la Chine pour pouvoir mettre des balles dans la nuque des opposants politiques.


Guerres > Vierge ascendant Ninja Warrior

La religion, comme la mode, suit des cycles. Et en ce moment, c'est la croisade qui redevient hype.

imageLa BBC, boîte à scoop s'il en est, rapporte cette semaine des propos que George Bush, chef du monde libre comme ils disent, aurait tenu le discours suivant en Egypte en 2003 (lecteur mon amour, tiens-toi bien, ceci est une citation) :

"Je suis poussé par une mission divine. Dieu m'a dit : "George, va, et combats ces terroristes en Afghanistan", et je l'ai fait. Et Dieu m'a dit : "George, va mettre fin à la tyrannie en Irak", et je l'ai fait. Et maintenant, je sens encore la parole de Dieu qui m'arrive : "Va donner leur État aux Palestiniens, et aux Israéliens leur sécurité, et fais la paix au Proche-Orient". Et, par Dieu, je vais le faire!" (source BBC News, "White House denies Bush God claim")

Bien que le chef de la diplomatie palestinienne par qui ont été rapportés ces propos maintienne, la Maison Blanche dément fermement que le petit George ait été capable d'une chose aussi ridicule.

N'en déplaise aux faucons, les informations de 404 sont formelles. Aussi incroyable que ça puisse paraître, oui, George Bush aurait bien déclaré successivement et en l'espace de deux ans la guerre à deux pays différents.

En revanche, pour ce qui est de savoir si Bush aurait vu la Vierge ou pas, le doute n'est malheureusement plus permis.

Et sur ces paroles d'une ferveur ecclésiastique à faire sourire Benoît XVI, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait que ce week-end a fait 20 000 morts au Pakistan et que George n'aurait, incroyablement, rien à voir là-dedans.

Merci à Korfuri pour l'information.


Guerres > Faisons la guerre, pas la guerre

Quand on fait de la communication, chaque mot compte. Les Marines en savent quelque chose.

imageOn ne sait pas trop si c'est directement lié au conflit en Irak mais apparemment, la guerre n'est plus vraiment le sport populaire du moment aux Etats-Unis. Alors du coup, à la Maison Blanche, vu qu'on est très fort en publicité, on s'adapte.

C'est Donald Rumsfled qui tire le premier et qui change la "guerre contre la terreur" en "effort global contre les extrémismes violents" (sic). En tout cas, l'équipe semble apprécier le changement de terminologie puisqu'on n'en peut plus de souligner le changement de politique.

Maintenant, le conflit est plus qu'une guerre, les Etats-Unis veulent offrir une "alternative positive au terrorisme". Certains vont même plus loin en affirmant que ce sera sans doute un recours plus fréquent à la diplomatie et que les énervés en treillis ne sont pas forcément la solution. Bref, depuis qu'on a changé les mots, c'est pas encore le manège enchanté mais on n'en est pas loin.

Sauf que tout ça semble passablement chagriner George Doubleuvé qui n'a pas trop envie de passer pour une fillette qui se dégonfle. C'est qu'au Texas, on tient à sa virilité.

Alors le lendemain, quand il fait un discours, George n'emploie pas moins de 5 fois les mots "war on terror", et 13 fois le mot "guerre" en 47 minutes (faisait un buzzword bingo ou quoi ?). C'est bien d'avoir de le suite dans les idées.

Et sur ces nuances de vocabulaire d'une mauvaise foi éhontée, vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait qu'on a retrouvé 351 foetus dans un hopital de Paris et qu'à la grande déception de tous, Al-Qaeda ne serait même pas dans le coup. (article du NY Times, "President Makes it Clear: Phrase is "War on Terror"")


Guerres > C'est moi le terroriste

Le terroriste est joueur. Et un peu mauvais perdant aussi.

imageIls étaient deux, maintenant, ils sont trois. Ils sont trois groupes différents à revendiquer les attentats en Egypte (88 morts, pour mémoire). Déjà, c'était un peu désordre, parce que si ça se trouve, parmi les cadavres des gentils, on a aussi ramassé les cadavres des méchants, ce qui est totalement à l'opposé de la bienséance, faut le dire.

Mais si, en plus, chaque groupe de crétins extrémistes commence à vouloir tirer la couverture à lui, ça risque de devenir sacrément le foutoir. Donc, pour le grand prix du groupe de déphasés le plus abruti de la semaine, on a le choix ce mardi entre les gais lurons de "Unification et guerre sainte égyptiennes", les joyeux drilles des "Brigades Abdullah Azzam" et les petits comiques des "Guerriers saints de l'Egypte". (CRI, "Un troisième groupe revendique les attentats de Charm el-Cheikh".)

Se battre pour être celui à qui reviendra l'honneur d'avoir tué 88 personnes qui n'avaient rien demandé... Comme disait un cinéaste français inconnu, "les cons, ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît".


Guerres > Privé de dessert et chaise électrique

Avant, on menaçait les enfants de les vendre à un cirque. Maintenant, on menace de les vendre à la police.

imageOn les comprend bien, les policiers. Faut prendre ses précautions, on ne sait jamais. Alors ils sont venus à trois voitures. Et un hélicoptère aussi. Ils ont couru, attrapé la suspecte, l'ont plaquée au sol, un genou dans le dos (comme dans "Cops") et l'ont menottée avant de l'amener au poste pour l'interroger.

Cinq jours au poste, cinq jours enfermée. Et une seule visite de ses parents.

C'est que la suspecte a 11 ans, et c'est aux Etats-Unis que ça se passe. Maribel, onze ans, a jeté un caillou sur Elijah, 9 ans parce que lui-même lui envoyait des bombes à eau. Pour se moquer.

Elijah, 9 ans, a eu une coupure à la tête. Maribel, 11 ans, a hérité d'un procès pénal pour "attaque avec une arme mortelle". (Libération: "Tolérance zéro sans limite d'âge en Californie")

Selon Libération, la police de Fresno ne voit pas le problème. Brain Not Found non plus. Qu'on l'électrocute une bonne fois pour toutes, ça lui apprendra à jeter des pierres, à cette petite hispanique. Non mais.

Et sur ces paroles d'une profondeur à faire blêmir le gouffre de Proumeyssac (le plus grand gouffre du Périgord), vous m'excuserez, faut que j'y aille, parait qu'on a retrouvé un enfant à Washington qui joue depuis 5 ans avec des armes mortelles sans que personne ne dise rien. Que fait la police ?


Guerres > Le Petit terroriste créatif

Terroriste, c'est un vrai métier. La preuve en six points.

imageOn ne le sait que trop bien, terroriste n'est ni un métier facile, ni un métier confortable. En dehors du manque d'horaires fixes, les missions changent souvent et on n'est jamais sûr de ne pas être mis à la porte sur le coup d'un malheureux accord de paix.

Mais en plus de tout ça, le terroriste se doit d'être créatif. Parce que pour passer à la télévision, le terroriste l'a bien compris, il faut de l'inédit. Alors on ne pourra que saluer l'initiative de l'excellent Cockeyed qui recense tout ce que les terroristes pourraient possiblement faire pour continuer à passer avant l'arrivée du rhume des foins au 20h de Pujadas (site web: "Anticipate and be Prepared for Terrorists and their Plans").

Et presque dans l'ordre, les meilleures propositions de Cockeyed: pour détruire les Etats-Unis...

6 - Terrorists might hijack a Sausage & Cheese cart and slowly destroy the economy of the mall (les terroristes pourraient prendre en otage un stand de hot-dogs et lentement faire économiquement couler un centre commercial)
5 - Terrorists might purchase the taco-bell chain and offer a "20 tacos for a buck" deal (les terroristes pourraient racheter la chaîne Taco-Bell et faire une offre "20 tacos pour un dollar")
4 - Terrorists might trick us into spending all our money on a couple terrorists rather than education and healthcare (les terroristes pourraient nous faire dépenser tout notre argent à poursuivre quelques terroristes plutôt que dans l'éducation et le système de santé)
3 - Terrorists might build a pretzel catapult to assassinate the president (les terroristes pourraient construire une catapulte à bretzel pour assassiner le président)
2 - Terrorists might elect Bush (les terroristes pourraient élire Bush)
1 - Terrorists might do nothing, just leave it as it is, it's self destructing anyway (les terroristes pourraient ne rien faire, laisser les choses suivre leur cours, ça va se détruire tout seul de toute façon)

Parmi ces 6 propositions, 3 ont déjà été mises en oeuvre. Sauras-tu retrouver lesquelles ?


Guerres > Barman, deux ex-pressions

La liberté d'expression, c'est indispensable. Sauf quand on n'a rien à dire. Et ça, les Faucons l'ont bien compris.

imageA force de s'extasier sur le miracle toujours renouvelé de la papauté et son cortège de gens bien coiffés, on en avait presque fini par oublier qu'il se passe aussi des trucs du côté de l'Atlantique où on n'a pas besoin d'un Allemand habillé en blanc pour faire n'importe quoi avec la liberté.

Parce que les Etats-Unis vivent un vrai drame. Chaque jour qui passe, l'épidémie se propage un peu plus. Des centaines de milliers de documents disparaissent sans laisser de trace ni de destination. La police a d'abord pensé à des fugues mais devant le nombre, a bien dû se résigner à enquêter. Les pistes ? Des tampons, laissés par les criminels. "Top Secret", "Secret", "Classified", "For Official Use Only," "Sensitive But Unclassified" ou autres "Not for Public Dissemination". Plus de 60 tampons différents et plus de documents.

Il est aujourd'hui difficile d'estimer la nature des documents disparus derrière ces tampons. On sait que des relevés topographiques du pays ont disparu, ce qui semble chagriner un brin les chercheurs, qui, à défaut de cartes fiables, commencent à mettre des ours polaires au Texas. On sait aussi que des documents sur les risques écologiques posés par les centrales nucléaires se sont également évanouis du web, parce qu'ils semblaient poser un risque majeur. Pour qui ?

Depuis 2001, la quantité annuelle de documents retrouvés et rendus au public a été divisée par... 4 (voir article du Boston News, "In Name of War, Public Looses Information").

Pendant ce temps-là, les journalistes d'AP font un procès au gouvernement Bush pour obliger les Gentils Organisateurs du Club Med de Guantanamo à divulguer le contenu des procès qui, 3 ans après leur arrestation, vont permettre aux prisonniers (oups, combattants ennemis) de dire leurs premiers mots devant quelqu'un qui ne dort pas forcément avec ses rangers (article du Guardian, "AP Sues U.S. to Get Guantanamo Documents").

Et pour finir avec le n'importe quoi ambiant, le département de justice (faut le dire vite) américain vient de décider que n'importe quelle arme ou engin explosif peut être considéré comme une arme de destruction massive. Ce qui devrait pas mal simplifier les recherches en Irak, vu qu'on aurait trouvé des armes de destruction massive dans les poches de l'ensemble des rebelles irakiens. On ne peut que féliciter le département de justice pour cette subtile initiative de vocabulaire, qui permet fort subtilement, on en conviendra, de régler le sort de ceux qui pensent que Colin Powell s'est (un tout petit peu) foutu de l'ONU avec ses fioles d'anthrax (article du FAS gouvernement on Secrecy, "Justice Dept: Any destructive device may be a WMD").

Sur ces paroles qui donnent envie d'aller remercier Benoît 1664 pour la transparence vaticane, vous m'excuserez, faut que j'y aille, il semble qu'on veut changer la définition de "démocratie" dans le dictionnaire.


Guerres > Docteur Folamour

C'est bien connu, pour éviter une guerre nucléaire, rien de telle qu'une guerre nucléaire. Au Texas en tout cas.

imageUn nom typiquement américain. Sam Johnson, on ne pouvait pas faire plus banal. Sam Johnson est texan. Un texan pur souche, né au Texas et revenu au Texas.

Sam Johnson a fait la guerre de Corée. Il a fait la guerre du Vietnam. Sam Johnson, en plus d'être texan, il est militaire aussi. Bien que n'ayant pas le sex-appeal de Tom Cruise, Sam Johnson a fait Top Gun.

Sam Johnson a été prisonnier de guerre, pendant 7 ans. Il a passé 3 ans en cellule d'isolation, sans parler à personne. Sam Johnson, il est courageux. Et militaire. Parce que Sam Johnson, ses premiers mots après 3 ans sans parler à personne, ont été "Lieutenant Colonel Sam Johnson reporting for duty, sir" (Lieutenant Colonel Sam Johnson à vos ordres, chef). Il est bien formaté, Sam Johnson.

Et Sam Johnson, en plus d'être Texan, militaire et bien formaté, il est aussi républicain, membre du congrès et proche de Bush (Site web).

Alors Sam Johnson, quand il parle de politique militaire, il sait de quoi il parle. Le 19 février, Sam Johnson fait un discours dans une église au Texas. Il raconte sa dernière entrevue avec Bush dans laquelle il exposait au président ses vues sur la question des armes de destruction massive.

Sam Johnson, quand il s'agit d'empêcher la prolifération atomique, il sait comment s'y prendre et le fait savoir : "Syria is the problem. Syria is where those weapons of mass destruction are, in my view. You know, I can fly an F-15, put two nukes on 'em and I'll make one pass. We won't have to worry about Syria anymore." (C'est en Syrie qu'est le problème. C'est là que sont les armes de destruction massive, à mon avis. Vous savez, je peux prendre un F-15, leur balancer deux bombes atomiques en un seul passage et on n'aura plus à se soucier de la Syrie).

C'était Sam Johnson, membre du congrès des Etats-Unis, il y a deux semaines, dans une église du Texas. A la fin de sa phrase, l'assemblée entière a éclaté en un tonnerre d'applaudissements. Reste à espérer que ces gentils chrétiens ne se reproduisent pas entre eux. (Source : The Carpet Bag Report)


Guerres > Lost and Found

A fortiori, y compris dans le cas d’une éventuelle potentialité déflagratoire, faut bien l’avouer, mon général, c’est une bourde.

imageObjets Perdus. Aeroport fr. rech. sac cont. prod. Dangereux, mis par inadvert. ds valise bleue passager. vol dép. Paris. Ecrire au journ. qui transmettra.

Comme quoi, à ceux qui en doutaient encore, on peut affirmer que oui, même après le 11 septembre, il reste des déconneurs dans la police aéroportuaire. Quelques grammes de finesse (explosive) dans un monde de brutes .



Guerres > Ouzbèque ? Par là ...

On avait cru que les Tchetchènes étaient de simples terroristes. Ils étaient juste drogués. Ouf.

imageL'histoire Russe et la haine farouche que s'opposent depuis des générations les sujets des tzars et les Tchetchènes est compliquée. Territoire Russe depuis qu'on a découvert qu'il y avait des plages au sud, les tchetchènes, peuple tribal et guerrier n'a eu de cesse de défaire aussi consciencieusement que possible ce que le Russe faisait.

Depuis des générations, Tchetchènes assassinent Russes qui en retour assassinnent Tchetchènes qui assassinent Russes. Le mouvement perpétuel du terrorisme cosaque en somme.

Alors finalement, qu'un commando Tchetchène prenne en otage près d'un millier d'enfants et de professeurs dans une école avant d'en massacrer une bonne moitié, rien de bien surprenant. On sait depuis longtemps déjà que les causes nationalistes avaient le pouvoir de diviser n'importe quel QI humain par un facteur proche de l'infini.

Mais voilà, apprend-t-on cette semaine, ce drame ne serait point dû à quelque rivalité culturelle ou différend géo-politique. Non, populasse infâme, garde toi bien de déductions hatives. Les enfants morts à Beslan sont des enfants morts de la drogue.

Les médecins sont formels, les prenneurs d'otages étaient tous drogués comme des coureurs cycliste, accros à une héroïne qu'on a retrouvé en quantité dans leurs corps criblés de balles.

Nous voilà rassurés, c'est vrai qu'on avait peur qu'il y ait une raison politique derrière ce massacre. Si ce n'est que pour la drogue, tout va bien. Et si on allait bombarder un ou deux champ de pavot an Afghanistan, pour se venger ?

Sur cette proposition d'une amplitude stratégique qui n'aura pas échappé aux plus affutés d'entre vous, vous m'excuserez, parait qu'un grand pays de ce monde est dirigé par un ex-alcoolique cocaïnomane ...


Guerres > Les terroristes auraient attaqué la France

Parfois, c'est au détour d'un article qu'on découvre la criante vérité: Le terroriste n'est pas forcément où on le cherche.

imageContrairement à ce que l'on peut trop souvent croire, le terrorisme d'Al Qaeda n'a pas épargné la France. Mais alors qu'aux Etats-Unis, le niveau d'alerte oscile tranquillement entre le jaune, le rouge et le kaki, point de changement visible dans un plan vigipirate qui nous fait l'honneur d'affubler les ferroviaires stations de militaires sous entraînés mais sur ennuyés en Famas.

C'est que les terroristes ont d'autres plans pour la France. En effet, alors qu'un an en arrière, le pays était en pleine pyrolise, un pseudo terroriste potentiel qui avait prévu de "scier les cables du pont de brooklyn" (rien que ça) téléphonait à son contact d'Al Qaeda en lui signifiant que "The Weather is too hot" (comme on peut le lire à la fin de cet article)

Le lecteur avisé aura bien compris qu'il ne s'agit en aucun cas du pont de Brooklyn mais bien du signal destiné à lancer une canicule sans précédent en France. Cet été, Douste Blazy a pris les devant en annoncant une mesure d'étiquetage prévenant les risques de l'alcool sur les femmes enceintes. Certaines sources affirment qu'on aurait en effet intercepté un message crypté de Ben Laden lui même affirmant "Un chateau margaux pour la 12, merci".

Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'aille m'acheter une petite laine, parce que comme on dit du coté de Heiltz le Maurupt, chaleur en été, froid en hiver après tout.


Guerres > A la recherche de la nouvelle star

Stars d'un show biz bien ingrat, Ben Laden et AZF sont aujourd'hui relégués au rang de has been. Brain Not found corrige cette injustice.

imageIl s'appelle Ben. Ou Bin, c'est au choix, parce que hein, on n'est pas regardant sur l'orthographe. Ils s'appellent AZF, personne ne sait ce que ça veut dire mais ça fait vachement usine pétrochimique qui groove. Ils ont un point commun que le commun des mortels, voire même la France d'en bas leur envie ... ils ont été, à un moment de leur vie, les personnes les plus recherchées du monde. Si si. Enfin, AZF, presque, on va pas chipoter non plus, être recherché de Toulouse à Colmar, c'est déjà pas si mal. Ils ont un autre point commun, un certain amour pour les explosifs et les transports en commun qui vont vite (Ben est plutôt avion, AZF plutôt train).

Ben, c'est un arthritique, la soixantaine, grosse barbe de père noël mal rasé, canne en vrai bois d'arbre et conducteur émérite de mobylette. AZF, ce sont un gang d'amoureux de la cuisine et de la bonne bouffe, comme le témoigne leur propension incomparable à recycler les tupperwares.

Ben et AZF, ils ont encore le point commun d'avoir une chance que leur envie tous les joueurs de loto pour échapper à toute capture. Et pour vivre dans l'ombre (un point bonus à Ben pour arriver à survivre avec les trois quarts des armes atomiques de la planète aux fesses, tous comptes en banque bloqués et un demi million de militaires qui lui courent après).

Ben, on sait pas où il est passé. C'est vachement grand l'Afghanistan. Y'a plein de grottes d'où Ben contrôle la destruction du monde mais on arrive pas à le trouver parce que les grottes, en Afghanistan, ça manque pas. AZF, eux non plus, on ne sait pas où ils sont passés. Plus de "gros loup" dans libération, Suzy a disparu. Curieusement, on sait aussi que l'état français a essayé par deux fois de leur remettre la rançon qu'ils demandaient. Qui a dit qu'on a cédé au terrorisme au fond de la salle ? Tu sors.

Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'y aille, on ouvre le procès de l'homme invisible, du coté de Washington.


Guerres > Minority Report

Il est des jours ou la réalité ressemble étrangement à la fiction. En essayant de fabriquer une bombe nucléaire sur Internet, José en sait quelque chose.

imagePressés de justifier la détention sans procès d'un citoyen américain, José Padilla (déjà évoquée ici et ici), le département de justice nous apprend que le terroriste présumé avait prévu de louer des appartements dans plusieurs immeubles raccordés au gaz, de calfeutrer toutes les évacuations, d'ouvrir le gaz et de faire exploser ses résidences. Devant toutes ces réjouissances, on en oublierai presque qu'il est également accusé d'avoir voulu faire exploser une bombe sale.

Une bombe sale, faut-il le rappeler, n'est pas composée d'ordures ménagères ou de DVDs du best of des colocataires mais de plein de trucs nucléaires qui font peur afin d'irradier un maximum de gens qui ne demandaient qu'à aller chercher leur double mac chicken au Mac Drive du coin. Et devant la difficulté de construire une bombe sale, le département de justice s'explique:

" Comey said Padilla suggested to his handlers that he detonate a nuclear bomb that he thought he could make from instructions on the Internet, or that he set off a dirty bomb that would release deadly radiation in a small area" (Comey affirme que Padilla a suggéré à ses supérieurs (Al Qaeda) de faire exploser une bombe nucléaire qu'il allait fabriquer à partir d'instructions trouvées sur internet ou bien une bombe sale qui devait émettre des radiations mortelles sur une petite zone)

Donc, pour résumer, José n'a pas eu de procès depuis plus de 2 ans et est détenu pour avoir voulu fabriquer une bombe nucléaire à partir de plans trouvés sur le web. Surtout, il est incarcéré sans avoir commis quoi que ce soit de répréhensible. Pas encore en tout cas. Un film de science fiction sorti en 2002 mettait en scène un monde dans lequel on arrêtait les criminels avant qu'ils n'aient pu exécuter leurs plans. Bienvenue dans un monde meilleur. Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'y aille, je construis un airbus à partir de plans trouvés sur Minitel.


Guerres > POW ou IEC dans la GWOT ?

En inventant un nouveau statut, les US ont oublié la convention de Genève. En installant la clim, ils veulent nous faire oublier que c'est illégal.

imageQuant on cherche le point commun entre une brosse à dent de plus de 3 cm, une minute de sport, un gobelet en carton ou une bouteille d'eau, on atterrit quelque part à Cuba ou 600 personnes sont encore détenues sans toujours avoir été jugé. Et les objets sont ce que les américains appellent les "éléments de confort" qu'ils distribuent comme autant de carottes aux prisonniers qui sont d'accord pour leur dire ce qu'ils ont envie d'entendre.

Et l'armée américaine d'en profiter pour installer à Guantanamo un bâtiment qui va faire date dans le recul du droit international. Un endroit qui se voulait un lieu de non droit provisoire mais qui est manifestement bâti pour durer.

Le monde rapporte dans cet article du 27 mars (donc bientôt plus accessible gratuitement) les paroles de officiers qui font visiter CheneyLand aux journalistes: "L'installation d'interrogatoires et d'isolement du XXIe siècle", "On pourra tenir quatorze interrogatoires en même temps, s'exclame un officier. Et sans une feuille de papier !" " Le camp 5 va accroître "l'efficacité de la main-d'œuvre de 50 %"", "Le bâtiment a une "durée de vie de cinquante ans"".

Bref, le militaire n'en peut plus de faire découvrir sa petite zone high tech, en oubliant sans doute dans son optimisme de nouveau propriétaire qu'en 2004 comme en 2002, tous les pays du monde dénoncent cette violation ouverte aux droits de l'homme, que les prisonniers qui en sortent rapportent des cas de torture, et que le fait que les bâtiments soient repeint en kaki ne change pas le fait que détenir des hommes et des enfants sans procès et sans limitation de durée, c'est un peu limite quand on se prétend un pays civilisé.

Bref, pour paraphraser le joyeux GO du camp de vacances de l'armée américaine, c'est un "un laboratoire dans la guerre contre le terrorisme". Sans doute aussi un laboratoire de ce à quoi ressemblera le monde si on n'y fait pas attention.


Guerres > Histoires naturelles

C'est connu, le terroriste est exigeant et le service secret gaffeur. Ou comment verser une demande de rançon n'est pas chose facile, surtout quand il fait mauvais.

imageAujourd'hui, dans la série "Histoires naturelles", observons en silence la curieuse parade amoureuse du terroriste et des forces de l'ordre d'un pays que nous appellerons F., pour préserver son anonymat. Avant sa parade amoureuse, le terroriste doit se choisir un nom, car "un groupe terroriste d'identité inconnue", ça passe mal au 20 heures. Le terroriste prendra soin de s'affubler d'initiales incompréhensibles mais néanmoins chargées d'une puissante et subtile signification métaphorique.

Lorsqu'il aura choisi son matricule, le terroriste fera alors connaître ses intentions, car il n'est de bon terroriste qui ne terrorise, à la fin. Le terroriste fera donc parvenir des message cryptiques aux autorités de la F. et aux médias, histoire de pouvoir passer aux 20 heures entre la rubrique football et le reportage sur la moisissure qui menace les caves à fromages alsaciennes (si si).

Le terroriste, qui nourrit sans aucun doute un complexe d'infériorité aigu, aura alors peur de se faire prendre pour un idiot. Il disposera donc un tupperware sous les rails d'un train pour prouver que les émissions culinaires ne sont pas l'apanage exclusif de France 3, merde à la fin. C'est là que le service secret, alerté par les effluves de nitrate de fioul, rentrera de plein pied dans la parade amoureuse.

Le service secret découvre le premier tupperware et vérifie alors que le terroriste sait bel et bien cuisiner (et il est prouvé que terroriste au fourneau, excitation place Beauvau). Le service secret pourra alors commencer sa parade a force de déclarations afin de rencontrer son terroriste (on pourra au passage juger du lyrisme dont fait preuve le service secret en période de reproduction: "Mon gros loup, ne prenons pas de risques inutiles, le plus tôt sera le mieux. Donne-moi tes instructions. Suzy"; "Mon gros loup, [...] l'oiseau doit s'envoler d'ailleurs. De plus, souhaite garantie pour cadeau. Toujours d'accord, mais parlons-en. Suzy"; " L'oiseau blanc s'envolera lundi" ...)

Affolé par tant de poésie, le terroriste, qui n'est pas une fille facile (il demande quand même 6 millions d'euros pour s'accoupler), donnera rendez vous au service secret. Et là, l'approche est longue et périlleuse. Force est de constater que généralement, le service secret se distingue des autres espèces par sa désarmante maladresse. Alors que le pays dépense des milliards pour avoir des jouets militaires très sophistiqués, le service secret aura moult difficultés à retrouver le terroriste à son point de rendez vous. Le service secret, en effet, ne trouve plus son chemin dés lorsqu'il fait mauvais ou que la nuit tombe.

Finalement, après deux essais d'accouplement (et de 6 millions d'euros) infructueux, le terroriste se mettra à bouder. Le service secret continuera sa parade mais du haut de sa noble suffisance, le terroriste boude. Alors, par miracle, le service secret découvrira un autre tupperware et aura la preuve que oui, définitivement, le terroriste est fort en cuisine. Le terroriste, de son coté, fatigué de tant de danses pour attirer le service secret, en aura assez. Sa période d'accouplement sera passée et il enverra un courrier laconique au service secret l'informant que c'est fini entre eux, et que l'incompétence fini par lasser.

Le terroriste repartira alors vers d'autres horizons, lassé de n'avoir pu s'accoupler. L'équipe de rédaction d'histoires naturelles ne peut en revanche pas garantir que les protagonistes n'aient pas copulé ... mais hors caméra (c'est que c'est discret, ces bêtes là ...)


Guerres > Soyons mode, soyons terroristes

Le terrorisme à beau être un sujet mode, on n'en finit pas moins par se perdre dans tous ces acronymes qui ne veulent rien dire. Tentative d'explication.

imageEn ces temps de fortes activités électorales dans le monde (sauf en France où on le sait, le scrutin ne revêt pas la moindre importance sur le plan national, il faut se le dire), il est décidément à la mode de faire une carrière dans le terrorisme. Alors, avant que Cosmo ne publie un supplément spécial "Restez mode même avec une ceinture d'explosif", un petit tour du coté de ceux qui mettent les bombes, histoire d'essayer d'y voir un peu plus clair dans tous ces groupes de joyeux artificiers.

D'abord, il y a Ben Laden et sa flopée de kamikazes barbus qui n'ont de kamikaze que le nom puisqu'ils ne se font que rarement exploser avec leurs engins. Ben Laden, pour mémoire, est un type bouffé par la sciatique qui vit depuis 3 ans avec toutes les armées du monde libre aux fesses, dont la tête est mise à prix 8 millions d'années de salaire d'un Afghan moyen et qu'on arrive toujours pas à attraper.

Après, il y a les terroristes marocains. Alors eux, on croit que c'est des amis de Ben Laden mais en fait, on ne sait pas, on suppose que c'est une spin-off de Ben Laden corporation qui fait ses petits attentats dans son coin. Mais rien n'est sûr. Déjà, le terroriste marocains habite aussi en Espagne, ce qui ne rend pas les choses plus simples. Et puis en plus, on est même pas sûr qu'ils soient marocains. Ou terroristes.

Il y a aussi les corses. Plus difficiles à reconnaître car non Barbus, ils n'en prennent exclusivement aux maisons des gens qui n'habitent pas en corse mais qui ont quand même une maison là bas. Si l'Afghan était corse, il ferait des attentats en Afghanistan. Et tout le monde serait content.

Le palestinien quant à lui n'est pas forcement un terroriste (ni un corse) mais de nos jours, beaucoup de terroristes sont palestiniens. Le terroriste palestinien, contrairement à l'Afghan, se fait souvent sauter avec sa propre bombe. Le palestinien se rapproche donc de l'aviateur Japonais. Lorsque le palestinien fait un attentat, l'Israélien détruit une maison et c'est bien connu, quand le bâtiment va, tout va.

On compte encore parmi les terroristes quelques groupes d'envergure régionale telle que l'IRA, l'ETA et le breton qui ont généralement le bon goût de garder le terrorisme chez eux histoire de ne pas troubler la finale nationale du BigDil de samedi soir.

Le terroriste virtuel quant à lui, en plus d'énerver tout rouge les éditorialistes du figaro, pose plus de revendications que de bombes et s'offre un show médiatique en faisant faire une ballade de santé au personnel de la SNCF. Le terroriste virtuel est fourbe car il demande de l'argent et est suffisamment incompétent pour que les services secrets n'arrivent même pas à trouver l'adresse où il faut déposer la rançon.

Alors, muni de toutes ces informations, sauras-tu, toi aussi, retrouver qui a laissé un tupperware de nitrate de Fuel sous la ligne de train Paris-Troyes-Bâle ?


Guerres > Non

Certains jours, on a envie de se taire.

imageIls sont graves les jours où on arrive même plus à rire de nous même. Parce qu'ils sont 200 preuves de l'absurde imbécillité des extrêmes humains. Parce qu'ils laissent derrière eux des femmes et des enfants et autant de vides irréparables. Parce que ces trains éventrés. Parce que certains jours, l'ironie n'a plus sa place.
Silence. Aujourd'hui, j'ai mal au monde.


Guerres > C'est de la bombe (de rail), suite

Alors que les infos s'enchaînent, le Figaro pense qu'éviter le terrorisme, c'est d'abord tous nous coller ... au train.

imageLe Tatiana-golovinesque Figaro craque. Dans un édito daté de ce jour, Jean de Belot dénonce la presse qui a rompu la loi du silence autour de l'affaire AZF. Il explique en vrac que la raison d'état prime sur l'information et qu'à force de croire que les gens ont un cerveau, on pourrait rapidement plonger dans l'anarchie la plus insécuritaire depuis la nomination de l'excité comme ministre de l'intérieur. Mais bon, ça, pour le Figaro, rien d'exceptionnel.

Mais Jean de Belot, je veux dire, il écrit pas souvent ou quoi ? Parce qu'il a l'air d'en avoir gros sur la patate et d'avoir très fort envie de dire plein de choses à ces boeufs de français et à ces gauchos de journalistes. Il mélange un peu tout ("[...] ce grand banditisme qui tue à coups d'armes lourdes pour une camionnette de transport de fonds, qui quadrille les établissements scolaires comme autant de zones de chalandage pour des drogues de plus en plus dures, et qui, maintenant, veut rançonner l'Etat") et nous fait son syndrome solidarité américaine avec retard ("Il y a dans ce chantage à la mort, au drame, au massacre des innocents, quelque chose d'aussi odieux que dans les attentats du World Trade Center").

Jean de Belot, il trouve aussi que tuer pour la religion, c'est vachement plus chouette que de tuer pour l'argent ("Avec une donnée particulièrement hideuse : là où certains meurent et tuent par intégrisme religieux et haine politique, ceux d'«AZF» sont prêts au pire pour des euros et des dollars. Epoque en sale état."). Mais l'argent ne serait-il pas ta religion à toi, cher Jean ? Peut être trouves-tu plus insupportable qu'on touche à tes fonds de pension qu'à la croix que tu as suspendu au dessus de ton lit ?

Et M. De Belot de finir par nous faire le nostalgique d'un mélange de Big Brother, du KGB et d'un Sarko président, deux points ouvrez les guillemets, jugez par vous même de l'infinie profondeur de ces propos qui sont au lyrisme ce que Kyo est à l'engagement politique: "Devoir de chacun et force de la collectivité : l'affaire vient rappeler que l'époque ne peut s'exonérer de l'Etat. D'un Etat fort. Aux moyens à la mesure des menaces. C'est-à-dire puissant mais sophistiqué, important mais mobile, réactif mais discret. Et aussi respecté."

Jeannot, (tu permet que je t'appelle Jeannot) fais attention, les boeufs de français que tu ne juge pas capable de comprendre le monde qui les entoure, si ça se trouve, y'en a même qui lisent la presse. Voir même le Figaro. Faut arrêter de dire n'importe quoi maintenant.

Quant à moi, vous m'excuserez, je prends une pelle et une pioche pour chercher l'endroit ou Jean De Belot se serait planqué si une bombe avait explosé et qu'il etait paru au grand jour que "La presse savait" et que ma brave dame, si j'avais su, j'aurais jamais pris le train.

[Edit: Oh, et pendant que j'y suis Jean, les deux dernières attaques de fourgon blindés à l'arme lourde n'ont tué personne ... Pour un mec qui bosse au Figaro, t'as pas l'air super renseigné ...]


Guerres > Being John Qaeda

Alors que la reconstruction irakienne capote et que les élections approchent, Al-Qaeda semble reprendre du poil de la bête. Simple hasard du calendrier ?

imageAvant, y'avait les rouges. Les rouges, ils étaient bien pratique. Ils habitaient dans un grand pays, ils avaient plein d'armes de destruction massive et ils faisaient super peur à tout le monde, ce qui avait le bon goût de relancer périodiquement le business de l'abri anti-atomique, gros consommateur de béton armé. Et c'est bien connu, quand le bâtiment va, tout va.

Et puis y'a un mec avec une tache sur le front qui est arrivé et les rouges n'ont plus été que l'ombre d'eux mêmes. Ils ont parlé de désarmement (saloperie de pacifistes) et l'union a éclaté en morceaux. De la plus grande menace à l'ordre mondial, les rouges sont passés au plus grand désordre intérieur possible. Et c'est bien connu, contre le désordre intérieur, rien de tel qu'un bon bol de céréales aux fibres.

Alors du coup, faute d'un autre gros ennemi avec toutes ses grosses armes nucléaires à se mettre sous la main, on a fait avec ce qu'on avait. On a tapé coté cote ouest cette fois-ci. Le Japon était partout. Ils rachetaient les studios de cinéma, jouaient avec les monnaies pour rendre leur produits plus compétitifs. Ils n'avaient pas d'arme de destruction massive mais ils ont quand même inventé le walkman alors faut pas déconner, tout se paye. Les US ont tenté pendant 20 ans de faire payer leur extrême insolence aux kamikazes convertis en hommes d'affaire.

Et un jour, arriva Al-Qaeda. On n'en avait jamais vraiment entendu parler avant. Certes, Bin Laden était déjà depuis un moment sur la liste des 10 personnes les plus recherchées des US (après avoir dîné avec tout ce que le gouvernement Bush compte de faucons) mais là, il se retrouve d'un seul coup à la tête de l'organisation la plus omnipotente qu'on ai jamais connu. Plus un crime ne se passe sans être quelque part lié au barbu sciatique.

C'est un peu comme Oui-oui. Oui-oui, il était partout. Oui-oui à la ferme, Oui-oui fait le ménage, Oui-oui au marché, Oui-oui découvre les joies de la prostitution, Oui-oui rencontre Non-non...

Là, après Al-Qaeda et les twin towers, on a "Al-Qaeda et les armes de destruction massive", "Al-Qaeda envahi les US", "Al-Qaeda devrait attaquer", "Al-Qaeda fait des attentats en Irak", "Al-Qaeda fait du shopping en Ukraine", "Al-Qaeda fait de la drogue" et surtout, mon petit préféré, "Al-Qaeda fait du Rap".

Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'y aille, "Steve le millionnaire" va commencer, parait que cette saison, il est barbu et qu'il a une canne ...


Guerres > Nouvelle économie

Après la bulle internet, les valeurs militaires seront elles les nouvelles petites protégées de Jean-Pierre Gaillard ?

imageD'un coté, on a ça ... "The terror alert that caused the cancellation of several transatlantic flights this weekend was based partly on intelligence that Al Qaeda might use chemical, biological or radiological weapons in an aviation attack, a U.S. official familiar with the case said Sunday." (Selon des sources proches du dossier, l'alerte terroriste de ce week-end qui a causé l'annulation de plusieurs vols transatlantiques était partiellement basée sur des renseignements qui estimaient qu'Al Qaeda pourrait utiliser des armes chimiques, biologiques ou radioactives dans une attaque aérienne.) - LA Times, inscription nécessaire mais gratuite.

De l'autre coté on a ça, à propos de David Kay qui affirme que les renseignements collectés sur l'Irak étaient faux: "Until a full account is provided, the suspicion will remain that in Washington, as in London, the handling of intelligence had more to do with persuading the public to support a war that had already been decided on than with calmly assessing threats" (jusqu'à ce qu'un rapport détaillé soit remis, un soupçon pèsera sur le fait que l'utilisation des services secrets par Washington - et Londres - a plutôt eu pour but de convaincre le public de soutenir une guerre décidée d'avance que d'évaluer calmement les risques.) - The New-Yorker, voir également "The failures of intelligence" (Les échecs des renseignements), via la BBC.

Enfin, on a ça ... "Bush's blueprint calls for spending $2.399 trillion and collecting $2.036 trillion in revenue, leaving a deficit of $363 billion for 2005, according to Republican officials who spoke on condition of anonymity. The president want to boost defense spending by 7 percent, increase spending on homeland security by 10 percent and bolster counterterrorism activities with an 11 percent increase for the FBI. " (Dans les grandes lignes, Bush propose de dépenser 2,399 trillions de dollars et de collecter 2,036 trillions, laissant un déficit de 363 milliards pour 2005, selon des officiels républicains qui ont parlé sous couvert d'anonymat. Le président veut augmenter les budgets de la défense de 7 %, augmenter les budgets de la sécurité intérieure de 10 % et continuer à pousser les activités anti-terroristes avec une augmentation de 11 % pour la FBI.) - San Francisco Gate.

Rien à dire, c'est cohérent. Quant à moi, vous m'excuserez, faut que j'y aille, j'ai les restes du nouvel an chinois à finir. Comme quoi en France aussi on sait s'asseoir sur les libertés quand il s'agit de faire de l'argent.


Guerres > Let them eat cake

Pour changer, la très parano administration Bush, vient d'arrêter un nouveau terroriste présumé potentiel éventuel. Et histoire de montrer à tout le monde que le faucon veille, que ce n'est pas un faucon descendant, il arrête un des siens, un des militaire qui était censé faire la traduction au camp de Guantanamo. Selon le SF Gate, le faux traducteur risquerait la peine de mort pour haute trahison. Parmi les chefs d'accusation retenus contre lui, quelques uns taperaient même dans l'oeil de Steevie Wonder (l'article en entier se trouve par là):

Lied to the Air Force by falsely claiming to have become a naturalized U.S. citizen in 2001. Al-Halabi, who joined the Air Force in January 2000, is Syrian (a menti à l'Air Force en prétendant être un citoyen naturalisé américain depuis 2001. Al-Halabi, qui a rejoint l'Air Force en Janvier 2000 est Syrien)

On admirera l'efficacité et le sérieux des contrôles à l'entrée de l'armée américaine ainsi que l'exemplaire suivi des dossiers. Demain, je m'engage dans les marines en affirmant être le soldat Ryan et hop, médaille et pension à vie sans jamais avoir tenu une arme ... Le pied.

Took pictures of the prison camp. (A pris des photos du camp de prison).

Tsss ... Guantanamo aurait-il des choses à cacher ? Les journalistes prennent bien des photos et ne se font pas exécuter jusqu'à preuve du contraire ... Oups, non, ma faute, ils ne sont plus autorisés à se rendre sur le site depuis un moment déjà ...

Had contacts with the Syrian Embassy to the United States which he failed to report as required. (a eu des contacts avec l'ambassade Syrienne aux US qu'ils n'a pas signalé comme demandé)

Alors je dis, si on a même plus le droit d'aller grignoter quelques Ferrero entre deux séances de torture, je comprends plus rien à la démocratie moi. Mais c'est bon à savoir, quant on va aux repas de l'ambassadeur, mieux vaut inviter sa très militaire hiérarchie ...

Had unauthorized contact with the inmates, including giving them baklava desserts. (a eu des contacts interdits avec les prisonniers, y compris en leur offrant des portions de desserts Baklava)

Alors je dis non. Qu'on enferme les prisonniers sans procès, sans avocat, sans contacts, sans délai, sans vie privée, sans informations, sans droit international, passe encore. Mais qu'on les prive de Baklava, que fait amnesty international ????????

Bref, on sera prévenu. Faut pas donner de Baklava aux faucons, il se pourraient bien qu'à son contact, ils en deviennent de vrais.


Guerres > Midnight express

Alors que Powell fait un tour du coté de l'Irak histoire de voir si ses envies prennent vie du coté de chez vous, Rumsfeld, lui, est resté au pays et en profite pour faire un point sur les prisonniers de Guantanamo Bay (lire Quand W se croit au Texas, Le pont de la rivière Kwaï et Laissez venir à moi les enfants si vous avez loupé le début).

Bref, le très généreux Rumsfeld explique dans une conférence de presse que les prisonniers sont bien mieux au chaud à Cuba que dehors. Ils sont plus de 600 à être détenus depuis près de 2 ans, sans avoir droit à un procès, un avocat ou quelque contact avec l'extérieur. "Our interest is in not trying them and letting them out" (notre intérêt n'est pas de les juger et de les laisser partir) affirme Donald. Avant d'ajouter que quelques uns (6) allaient passer en jugement devant un tribunal militaire mais qu'il préférait voir les autres emprisonnés "indéfiniment". Ce qui va, bien entendu, à l'encontre de toutes les conventions sur les prisonniers de guerre. Mais vu qu'il ne s'agit pas de guerre, après tout ... Pourquoi se priver.

Le Guardian se penche quant à lui sur les rapports faisant état d'usage de torture par les US. Le tout, sans que personne ne se demande pourquoi la plus grande démocratie du monde ferme si bien les yeux quant on s'assoit sur les droits de l'homme. "Pentagone" serait-il en train de remplacer "Wall Street" dans son rôle de chef du monde ?


Guerres > Interpol-io

Via News24.com, comment le piratage de musique et de logiciels aide les terroristes ... Paris - The head of Interpol called on Wednesday for a global crackdown on software and music piracy, saying the illicit proceeds help finance al-Qaida, Hezbollah and other terrorist networks (Paris - Les chefs d'Interpol ont appelé mercredi à un combat global contre le piratage de logiciels et de musique, en affirmant que les revenus illicites aident à financer Al-Qaeda, le Hezbollah et d'autres groupes terroristes). [toi aussi insere ta propre blague ici]
Mais bien sur. Et Saddam, il se cache sur Napster aussi ???? Merci à one point zero pour avoir décroché cette perle d'humour.


Guerres > Laissez venir à moi les enfants

Décidément, on n'en fini jamais d'en apprendre sur Guantanamo. Seule prison du monde civilisé dont le nom ressemble a une chanson populaire, dont les prisonniers sont aussi bien gardés que des puits de pétroles irakiens, dans laquelle les avocats et la loi ne pénètrent pas. Sans épiloguer sur les conditions de détention des "combattants illégaux, sans parler du non respect de convention de Genève, sans même évoquer le droit international, on se demande où les militaires américains ont pu pécher l'idée d'enfermer à Guantanamo, depuis plus d'un an, des enfants qui avaient 15 ans quand ils se sont fait arrêter, comme l'a dévoilé cette semaine ABC Australia (via le Guardian)
Porte parole d'Amnesty International, Alistair Hodgett confiait au journal "That the US sees nothing wrong with holding children at Guantanamo and interrogating them is a shocking indicator of how cavalier the Bush administration has become about respecting human rights," (Que les USA ne trouvent pas choquant de détenir et d'interroger des enfants est un bon indicateur de l'attitude cavalière de l'administration Bush quant il s'agit des droits de l'homme).
A lire également, une analyse des méthodes interrogatoires et en particulier, de l'usage de drogues pour faire parler les prisonniers, via Alternet. Le prix de la régression démocratique de la semaine revient, avec une facilité déconcertante, au Marine retraité Bill Cowan pour avoir dit sur Fox News, à propos des interrogatoires à Guantanamo: "he doubted "truth serum" would work but hoped Webster's suggestion would lead the Bush administration to try torture. "Maybe it'll be an entrée to take us to the next step," Cowan said. "I kid around with people about plugging them up to a 110-volt outlet and flipping the switch if they don't want to talk." - Fox News, 26/04/2002. (Il a dit qu'il doutait que le serum de vérité soit efficace mais qu'il espérait que les suggestions de Webster inciteraient l'administration Bush à essayer la torture. "Ca nous emmènera peut-être au degré supérieur" dit-il. "Ca m'amuse de dire aux gens que je vais les brancher sur du 110 volts et appuyer sur l'interrupteur s'ils ne parlent pas").
Bienvenue 200 ans en arrière.


Guerres > Le pont de la rivière Kwaï

C'est alors qu'on les a entassé dans des cages... des cages à lapin, en grillage, surplombées d'un toit en tôle qui intensifiait la chaleur. Pas de murs, aucun endroit où se cacher, se proteger un instant des gardes. Pas un endroit non plus pour echapper au vent où à la pluie. On les sortirait de ces cages pour les interroger, sans relache, pour leur faire tout dire, jusqu'à plus soif. Pour ne pas qu'il s'echappent, on leur attacherai les pieds, les mains, et les deux ensemble. Certains avaient craqué. 14 en tout. Celui de la cellule du fond avait essayé de se pendre. On etait toujours sans nouvelles de lui, après qu'un garde l'ait décroché alors qu'il suffocait, accroché au plafond de sa cellule.
Fin de la fiction, retour à la réalité. Le Miami Herald signe aujourd'hui un edito sur les conditions de détention des talibans de Guantanamo suite à une 14eme tentative de suicide d'un détenu. L'édito souligne en outre le fait que la convention de Geneve s'applique "aussi" aux US (ou en tout cas devrait s'appliquer). L'information gouvernementale de Voice of America va plus loin, en relayant les propos de Donald Rumsfeld qui dit, en substance, que la détention n'a pas pour but de punir mais d'obtenir des informations ... et qu'il ne voit donc aucune raison de se dépecher de faire un procès à ces 625 hommes (cf ici, vous êtes prévenus). La BBC de son coté nous montre les conditions de détention à Guantanamo avec plein de jolis shémas (ici).
Interessant, l'avis sur la question de Terry Waites, otage à Beyrouth durant 4 années, qui met en relation les conditions de détention et d'isolement des prisonniers de Guantanamo avec sa propre expérience. A lire ici dans Counterpunch, "Justice or revenge". Enfin, ici, l'avis de Human Right Watch sur le fait qu'être un "unlawful combatant" n'empeche pas d'avoir des droits et que le statut de ces prisonniers, Prisonnier de Guerre ou pas, ne devrait pas être décidé par l'administration américaine seule. Apparament, c'est pas l'avis de Georges.


Guerres > Conspiration ou constipation ?

Autant le dire tout de suite, je ne suis pas un grand fan des théories conspirationistes dans le genre "la CIA contrôle le monde entier" ou autres "les présidents américains disposent d'une machine a voyager dans le temps (cf ici ...)".
Hier cependant, en regardant les news de France 2, je n'ai pu m'empecher de penser devant le reportage consacré à la nouvelle déclaration de Ben Laden que tout ça semblait un peu facile (via The Guardian). J'arrive à concevoir que Ben Laden choisisse lui aussi ses moments pour apparaitre mais la corrélation entre la politique américaine et les apparitions sonores du chef de l'axe du mal me laisse un léger sentiment de malaise. Comme si on nous administrait une petite piqure de rappel, pour nous dire "ne vous endormez pas, toute guerre est justifiée puisque les mechants sont encore là".
Dans mon travail, on m'a appris que toutes les relations étaient soumises à un agenda "officiel" et un agenda "caché", que les participants aux-mêmes ne s'avouent pas.
Ted Rall, via Alternet, nous renseigne un peu plus sur cet agenda "officieux". Encore une fois, il ne s'agit pas de dire qu'on nous manipule fondamentalement ou que le pouvoir terrien a été pris par une poignée d'Aliens. Il s'agit juste d'être conscient de la globalité des implications liées à un événement. Même si le pétrole n'est pas la motivation première de l'action contre les talibans, il y a fort à parier qu'il en soit un objectif second. Surtout quand on sait que le Kazakhstan, frontalier de l'Afghanistan et dont il dépendrait pour le transfert du brut, représente, avec la mer Caspienne, les plus grosses reserves de pétrole au monde, surpassant facilement l'Arabie Saoudite. De quoi donner de l'eau au moulin des conspirationistes ... Entre temps, vous pouvez toujours créer votre propre conspiration sur le site de Turn Left.