Si toi aussi tu as collé un logo du RC Lens sur ta voiture, l'UNESCO te recherche. C'est pour le patrimoine de l'humanité.
Alors que certains se demandent ce que les émeutes de ces dernières semaines signifient pour la société française et ce qui a pu pousser les jeunes de banlieue à saccager leurs propres quartiers, certains, largement plus clairvoyants que d'autres, se demandent ce que toutes ces petites tracasseries peuvent bien diable signifier pour le marché automobile.
Et là, puissante comme un couplet d'une chanson d'Ilona Mitrecey (404 présente ses excuses quant à l'orthographe aléatoire du nom de la chanteuse des moins de 2 mois), la vérité tombe, nue, crue, dans toute sa sauvagerie : brûler une voiture, c'est comme détruire à la bombe "les statues gréco-bouddhistes millénaires de Bahmian, en Afghanistan". Rien que ça.
Pour ceux qui se demandent comment on peut faire le lien entre une 106 kid et une oeuvre d'art qui appartenait au patrimoine de l'humanité, tout se trouve dans ce texte, rapporté à 404 par Myriam (merci à elle) :
(début de citation) On voit partout des automobiles, et pour beaucoup c'est un objet banal. Mais pour les ingénieurs, les techniciens et les ouvriers qui ont travaillé dans l'industrie automobile, une voiture est une petite merveille qui accumule en peu d'espace un nombre incalculable d'inventions et d'idées, une oeuvre d'art qui fait honneur à l'humanité. Pour ceux-là, les personnes qui brûlent une voiture sont comparables aux talibans qui ont détruit les statues gréco-bouddhistes millénaires de Bahmian, en Afghanistan : ce sont des barbares imperméables à la notion de civilisation. (fin de citation)
Alors demain, automobiliste, quand tu seras coincé dans les bouchons sur le périph', entouré de murs noircis par les fumées nauséabondes qui s'échappent du cul de la "petite merveille" sur 4 roues devant toi, retiens une larme, tu ne sais pas le bonheur que tu as d'être entouré d'oeuvres d'art qui font "honneur à l'humanité". Quant à toi, jeune de banlieue, ne t'étonne pas de galérer à trouver un travail. Faut dire ce qui est, personne n'a envie de manger à la cantine avec un "barbare imperméable à la notion de civilisation".
Finalement, vivre dans un monde simple, c'est agréable. Demain, scoop, 404 vous parlera de la façon dont Gargamel (même remarque que pour Ilona) manipule les talibans pour prendre le contrôle du village des petits hommes bleus qui vivent dans des champignons. Et soyez prêts : ça va faire peur.
Quand le vert s'ennuie, le vert luit. Mais ne brille quand même pas.
Les verts sont généralement pleins d'humour. Pendant que leurs petits collègues qui ont un vrai travail se battent pour faire passer des lois pour gouverner le pays, eux, ils vont batifoler dans les prés pour faucher de la jonquille sous prétexte qu'elle est génétiquement modifiée (alors qu'on sait très bien que Raël n'est qu'un fumeur de moquette, ou de havane, on ne sait plus).
Bref, le vert, quand il n'est pas dans les choux, il passe son temps à élire des inconnus à sa tête, histoire d'être bien sûr de ne jamais gagner la moindre élection, parce que c'est des coups à avoir du boulot supplémentaire et de ne plus pouvoir aller brouter tranquillement ces champs de maïs dans lesquels l'herbe ne repousse pas.
Mais en cette déprimante saison grise, le vert n'a pas le moral. Il perd tout sens de la déconne et se met à vouloir élire du people à sa tête. C'est que le vert veut mettre toutes les chances de son côté: 'fait largement trop froid pour aller faire le crétin dans les radis.
Mais le vert est exigeant. Et perfectionniste. Et il apprend vite. Du coup, le vert se dit que pour tout homme politique qui se respecte, il faut que son candidat ait eu des problèmes avec la justice.
Du coup, le vert choisit José Bové comme candidat (source Nouvel Obs). Le jour même où le moustachu écope de 4 mois de prison pour être allé faire des récoltes à la main dans un champ qui n'était même pas à lui (source France 2).
En fait, même quand il déprime, le vert sait rester déconne. On ne sait pas si en octobre, le vert boit, mais une chose est sûre, pour faire ça, il devait au minimum être à moitié plein (pouf pouf).
Puisqu'on en reprend pour 3 mois, on se demande si ce n'est pas la démocratie qui est en état d'urgence.
Nicolas Sarkozy se veut "rassurant". Il crie à qui veut l'entendre non plus qu'il va débarrasser les cités des racailles ou passer la Courneuve au Kärcher, non, il se voulait rassurant en instaurant, pour 3 mois de plus (rien que ça), l'état d'urgence (Source Nouvel Obs).
L'état d'urgence, c'est cet état dans lequel la république se retrouve quand elle est menacée. C'est une arme d'autodéfense contre l'agression extérieure ou intérieure. C'est un état exceptionnel qui diminue les droits fondamentaux des citoyens et encourage l'état policier.
Alors, à l'heure où les affrontements en banlieue se calment, pourquoi vouloir prolonger (pour mémoire, pour 3 mois, rien que ça), l'état d'urgence ?
Parce que, dixit le petit Nicolas, il faut que le Français fasse la part des choses entre les libertés individuelles et les exigences de l'ordre public (dans le texte). Parce que c'est "sage et raisonnable" (sic). Parce que c'est, selon le sinistre de l'intérieur, la seule façon d'assurer que ces quartiers ne deviennent pas ceux "des bandes ou des extrémistes".
404 Brain Not Found tient à féliciter très fort le ministre de l'intérieur, dont l'extraordinaire action vaudra à tout le pays de rentrer en 2006 en "état d'urgence" pour pallier son incompétence à comprendre que, à la Courneuve ou ailleurs, l'ordre public, il est difficile à faire respecter par des gens qu'on laisse dans la misère et qu'en plus, on insulte.
Pour paraphraser le petit Nicolas, "l'heure de vérité a sonné et l'enjeu est considérable". Considérable, oui. Mais ce n'est pas tant de savoir si on peut rétablir l'ordre dans les cités. C'est surtout de se demander si on veut vraiment sacrifier les fondements de la république aux spasmes sécuritaires d'un ministre complexé par sa taille. Ca y ressemble.
Le monde musical a une bonne nouvelle et trois mauvaises. On commence par la Kyo ?
Ca avait bien commencé, ça avait presque même failli être un grand jour pour les terminaisons auditives d'une bonne partie de l'humanité. Un de ces jours que l'histoire regardera un jour, effarée, en se demandant comment ça avait pu durer aussi longtemps : c'est officiel, Kyo se sépare (source TF1). Avant de commettre un quatrième opus de leurs niaiseries décérébrées, le groupe s'est fait hara-kiri pour (et on ne rigole pas) "prendre un peu de recul", "trouver de nouvelles idées" (sic) et "se perfectionner et prendre des risques ailleurs" (re-sic).
Tant il est vrai que les quatre jumeaux de Lorie version rock à la ramasse ont de la marge pour se perfectionner.
Tout allait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu'à ce qu'on apprenne, moment funeste, que la séparation ne devrait pas être définitive et qu'ils "sont toujours copains" (d'ailleurs, Ben doit toujours rendre à Niko le coffret de DVD de Dragon Ball qu'il avait lui-même chouré à Flo qui, le rebelle, l'avait tapé à Fab, le méchant).
On n'est donc pas débarrassés de Kyo. Et comme un malheur ne vient jamais seul, Madonna a décidé de se faire un coup de nostalgia pré ménopausique en sortant un album revival 80's sur le mode "dance music", style musical dont l'humanité avait pourtant eu beaucoup de mal à se débarrasser (source France3).
Bref, 'manquerait plus que Steeve Estatof (le Kurt Cobain français, pouf pouf) sorte un nouvel album pour que le drame soit complet. Pour l'instant, pas de risque, 'faudra juste penser à éviter le centre culturel de Chavanoz le 20 janvier 2006, ça devrait suffire (source Steeve Web).
Sarkozy est-il un moteur de recherche ? Raël a-t-il la solution pour les banlieues ? C'est le Digest 404.
404 aime ses lecteurs. Et ses lecteurs le lui rendent bien en envoyant plein d'infos que le temps limité ne permet pas forcément de traiter. Alors désormais, chaque lundi, le digest des news envoyées par vous, pour vous.
- Sarkozy vainqueur toutes catégories cette semaine avec l'affaire des pubs Google qui s'affichent quand on recherche "racaille" ou "voitures brûlées" dans Google. Voir ici (merci Stéphane), ici (merci Olivier) ou encore là (merci René).
- Toujours la publicité sur Internet avec ce magnifique exemple de consistance éditoriale, pêché sur le site web de l'Huma par Tazthe.
- Probablement pour empêcher la copie des derniers albums de Lorie (qui en ont bien besoin, pouf pouf), Sony se permet d'installer des programmes sur vos ordinateurs, et tout le monde n'est pas content (merci D.).
- Qu'on se le dise, Raël (oui, celui-là) a la solution pour calmer les émeutes dans les banlieues françaises : envoyer l'armée de Côte d'Ivoire. On n'a pas encore de date pour son one-man show au Palais des Glaces mais Rires et Chansons est déjà sur le coup (merci à la rédaction Biel Bienne).
Parfois, le monde n'est pas très rigolo. Heureusement que la politique est là pour nous divertir.
On ne va pas se mentir plus longtemps, la politique, c'est plutôt lourd et souvent beaucoup moins rigolo qu'un spectacle de Laurent Gerra (c'est dire si c'est chiant). Heureusement, pour divertir tout ce petit monde, un jour de franche déconne, Dieu inventa... le sondage.
Cette semaine, on pourra donc s'amuser avec le Figaro qui titre "Sondage : Villepin et Chirac en baisse" (ici) et le Nouvel Observateur qui titre exactement l'inverse, "Popularité en hausse pour MM. Chirac et de Villepin" (ici).
Pendant qu'on est dans l'humour politique, on pourra aussi se réjouir de l'autre côté de l'océan puisque, vu que leurs sondages ne sont pas drôles, les Américains ont choisi d'élire un président comique : "Bush Declares: 'We Do Not Torture'" (source AP @ Breitbart). Selon les informations de 404, Bush serait un vrai professionnel, il aurait été capable de dire ça sans rire. C'est beau, un artiste en action.
Enfin, toujours de l'autre côté de l'Atlantique, Schwarzenegger (le mauvais acteur élu Monsieur Univers puis gouverneur de Californie) serait sur le point de faire son dernier "Hasta la Vista Baby" (source Reuters). Il a, pour l'occasion, déclaré à la presse : "Demain, c'est le moment fatidique. C'est le 'Judgment Day'(dans le texte)". 404 tient à rappeler à Schwarzenegger que la dernière fois qu'on l'a vu dans un "Judgment Day", il finissait tout fondu après avoir plongé dans un bassin rempli de métal en fusion. Enfin, on dit ça...
Et si le pire danger des émeutes venait de ceux qui veulent faire rétablir l'ordre ?
Alors qu'en France, on essaye comme on peut de relancer un marché de l'automobile depuis longtemps trop morose, les pays étrangers s'insurgent contre la gestion française de ce qu'on appelle déjà dans des coins de la Terre que la décence interdit de nommer ici "l'intifada française".
Au premier rang, les Russes qui critiquent vivement le manque de répression face à cette spectaculaire opération de remodelage du paysage urbain. Ainsi, Chirac aurait "une attitude très indécise face à ce qui est le plus grand soulèvement de l'histoire contemporaine française" (histoire qui remonte, c'est bien connu, à 1969, avant quoi la France se nourrissait exclusivement de racines en tentant de faire du feu avec du silex). (source Drudge Report, "Russian media criticize French 'powerlessness' against riots")
Il est vrai que la Russie a une expérience imbattable dans la gestion des crises, le Tchétchène en sait quelque chose, le sagouin. Et quand il veut se rebeller, le Tchétchène, il sait à quoi s'attendre (320 morts pour déloger 20 preneurs d'otages, il est vrai que le ratio reste un record).
Dmitry Rogozin, sympathique parlementaire russe d'extrême-droite, en profite de son côté pour appeler à la fermeture des frontières du pays histoire d'éviter que la gangrène gagne. Et d'arrêter et de déporter tout fauteur de trouble potentiel.
Jeune de banlieue, merci, le marché de l'automobile se porte mieux. Maintenant, ça suffit, si tu continues, on risque de finir avec un gouvernement russe en 2007.
Las Vegas, royaume de la mafia, n'aime pas qu'on joue avec la déco murale.
A Las Vegas, on ne déconne pas avec la décoration extérieure. Parce que bon, à Las Vegas, quand les gens viennent se ruiner, on veut au moins que ce soit beau. Alors, foi de maire de Las Vegas, hors de question de vandaliser les décorations "des murs des autoroutes en centre-ville, de très belles peintures de tortues du désert, de flore et de faune."
Bah oui, des peintures de tortues du désert, c'est vrai que ça serait dommage.
Alors le maire de Las Vegas, à qui on ne la fait pas (rappelons-nous que le garçon est maire de Las Vegas quand même), propose en toute modestie de couper les pouces des vandales qui oseraient faire des graffitis sur ses jolies tortues du désert.
Et qui plus est, il serait aussi bien pour, le maire de Las Vegas, de faire ça en public, à la télé, pour faire peur à tous les autres gens qui n'aiment pas les tortues du désert.
Finalement, après Guantanamo, Abu Grahib, le maire de Las Vegas invente un nouveau concept. Fi de la torture de guerre, bienvenue dans l'âge de la torture de la tortue.
Rien ne précise ce que le garçon fait à celui pris en train d'uriner sur ses dalhias.
Merci à Nya pour l'information. Source Libération.
Dans les démocraties, le droit de torturer n'est qu'à un vol d'avion près. Et ça rapporte des points fidélité en plus.
La CIA est frustrée. Que ça se sache. Ou en tout cas, frustrée elle était. Frustrée parce que quand on détient des gens, on doit justifier pourquoi à des juges qui, 'manquait plus que ça, veulent que la justice soit respectée, les sagouins.
Frustrée parce qu'aux US, qu'on le veuille ou pas, la torture est illégale, si si. Aucun des 50 états n'a le bon goût d'autoriser quelques menues réjouissances telles que l'arrachage d'ongles, l'électrocution et autres brûlures rigolotes. Rien. Rien le droit de faire aux US.
Alors du coup, la CIA avait installé son camp de vacances du côté de Guantanamo, pour pouvoir faire mumuse avec les prisonniers sans se perdre dans d'inutiles paperasses et de vagues concepts de respect des droits de l'homme. Sauf que les malpropres d'Amnesty International et autres Croix Rouge ont demandé des comptes. Et que les 600 détenus ont commencé à faire parler d'eux.
Alors, révélé aujourd'hui par le Washington Post, on apprend que la CIA a installé des prisons totalement secrètes dans des pays sympathiques tels que l'Afghanistan, la Thaïlande ou encore d'autres pays sympathiques d'Europe de l'Est.
Les raisons ? La CIA le dit elle-même : "Ainsi, les prisonniers ne peuvent pas contester leur détention devant des tribunaux américains et peuvent être interrogés longtemps" (source BBC News, "CIA running secret terror jails"). Ca a le mérite d'être clair.
Mais pas folle, la CIA refuse de reconnaître l'existence de ces "sites noirs". Et pour une seule raison : on ne peut pas poursuivre en justice quelque chose qui n'existe pas : "La CIA n'a même pas reconnu l'existence des sites noirs. Selon des officiels proches du programme, reconnaître leur existence pourrait ouvrir la porte à des risques légaux et augmenter le risque de condamnation politique aux US comme à l'étranger" (source Washington Post, "CIA Holds Terror Suspects in Secret Prisons").
Et pour finir sur ces notes de poésie, Cheney, qui avait vu venir le coup, avait pris ses dispositions : "Ces inquiétudes sont remontées le mois dernier quand le vice-président Cheney et le directeur de la CIA ont demandé au congrès d'exempter les employés de la CIA d'une loi qui condamnerait les actes dégradants et inhumains commis à l'étranger".
Après avoir inventé le concept de "combattant ennemi" pour pouvoir faire fi de la convention de Genève, les US inventent donc un nouveau concept : l'export de torture. On attend impatiemment un partenariat avec la Chine pour pouvoir mettre des balles dans la nuque des opposants politiques.