La RATP tient beaucoup à la publicité. Et à quelques mois de la présidentielle, encore plus à ménager ses arrières.
S'il est une chose avec laquelle on ne plaisante pas à la RATP, c'est la publicité. Parce qu'elle le jure devant tous ses dieux, la publicité, c'est ce qui permet au métro de Paris de rouler sans facturer des sommes indécentes à ses usagers (voir cet article pour juger du bien-fondé de cette affirmation).
Alors la RATP, d'habitude, sur la publicité, elle n'est pas trop regardante. Laetitia Casta s'affiche en vertical et en horizontal depuis des années dans les couloirs, les quais regorgent d'appels à découvrir comment les nains zoophiles ont pris la greffe de nouveaux implants mammaires sur la personne de Loana dans l'entrevue de la semaine.
Mais quand Télérama veut s'afficher dans les couloirs du métro pour lancer sa nouvelle formule, là, à la RATP, on trouve que trop, c'est trop. A l'instar de l'année dernière, lorsqu'elle avait refusé de voir deux homosexuels s'afficher dans ses emplacements publicitaires (source), la société Métrobus a choisi de ne pas afficher des affiches jugées trop "tendancieuses".
Sur les affiches en question, on peut lire : "Dimanche 15 janvier, Vivement Dimanche. Nicolas Sarkozy devrait faire attention. C'est déjà la 3e fois qu'il invite Michel Drucker dans son émission" (source Le Blog Médias).
Côté Métrobus, on revendique la nécessaire neutralité politique pour expliquer cette interdiction de s'afficher dans le métro. Côté Télérama, on comprend "le rejet de l'affiche, tout en affirmant que l'objet de la campagne n'était pas d’être politique mais de « réaffirmer le rôle critique de Télérama »" (cité dans Le Blog Médias).
Mais quelles que soient les raisons du refus, pas de souci à se faire pour Métrobus, filiale de Publicis : ils sont en fait totalement d'accord avec Télérama, et ils le disent eux-mêmes, " Avec un taux de couverture de la population de plus de 15 ans des agglomérations qui se situe aux alentours des 90 % sur 7 jours, et ce quelle que soit l'agglomération étudiée, c’est l'intensité de la répétition qui fait la différence"... Comme Sarkozy chez Drucker, finalement.