Accuser de crime de guerre quelqu'un qui n'est pas censé avoir fait de guerre devrait poser un problème de logique. Mais en fait, non.
Attention lecteur, cet article peut provoquer une remise en cause des principes fondamentaux de la logique. Cette semaine, celui qu'on surnomme "le taliban australien", David Hicks , a été officiellement accusé de "crime de guerre" par l'administration américaine (source Chicago Tribune). Détenu par l'armée américaine depuis 2001, en grande partie à Guantanamo, Hicks fait partie de ceux qui sont qualifiés par l'administration Bush de "unlawful enemy combatant" (combattant ennemi illégal) dans le but avoué de leur nier les droits de la convention de Genève qui protège les prisonniers de guerre.
Depuis son arrestation, Hicks, son avocat, la Croix Rouge et même des militaires de la prison de Guantanamo confirment que le prisonnier Hicks a été maltraité, probablement torturé, isolé du monde extérieur pendant des mois entiers, drogué et battu. Ce qui ne semble pas poser de gros dilemme moral à l'armée de l'auto-proclamée première démocratie du monde.
En effet ('faut suivre), quand on accuse de crime de guerre un combattant qui, officiellement, n'a jamais fait la guerre, et qu'on lui refuse la protection des prisonniers de guerre (bien qu'on l'accuse de crimes de guerre) et que, par ailleurs, on le traite contrairement aux droits de l'homme alors qu'on fait justement la guerre contre des gens qui ne font pas la guerre pour défendre des droits de l'homme qu'on ne respecte pas, on n'est pas à une contradiction près.
D'autant qu'officiellement, Hicks n'aurait même pas commis de "crime" au sens propre du terme : "The U.S. administration has not alleged Hicks engaged in any actual acts of terrorism, nor that he killed any U.S. or Coalition soldier while engaged in fighting at Konduz.". Sic.
Plus d'informations sur les conditions de détention des plus de 400 prisonniers de Guantanamo bay sur Wikipedia et la réplique en 3D de la cellule de Hicks par Amnesty International.