Le journaliste politique cherche le secret d'état. Le bloggueur cherche la petite phrase inutile.
Dans le Parisien de ce lundi, on pouvait lire les quelques phrases suivantes : "Nous sommes en train d'inventer la démocratie directe, et une campagne comme la présidentielle ne peut plus se dérouler sans nous", "il y a vraiment de quoi déstabiliser certains candidats", "(...) oblige les candidats à faire preuve d'une probité sans faille", "ça fait peur à certains", "de comptes à rendre à personne" (source).
De quoi parle-t-on ? Des (cough) blogs, bien sûr.
Parce que c'est bien connu, les blogs sont les gardiens de la démocratie. Avant, les campagnes étaient moins transparentes, la langue de bois était légion et les politiques faisait des promesses qu'ils ne tiendraient jamais. Maintenant, un téléphone portable à la main, le bloggueur veille, filme tout, cherche la petite phrase maladroite, la colle sur Youtube, analyse la forme sans avoir le temps de se pencher sur le fond. Et selon lui, la démocratie avance.
Le blog est vraiment devenu le gardien de la liberté. 'Suffit de voir le nombre de scandales d'état qui ont éclaté grâce à Typepad et Dailymotion... Par exemple, euh. Euh. Euh. Ah oui, en effet... (et non, une vidéo de Ségolène qui parle des profs lors d'un meeting interne au PS ne qualifie pas dans la catégorie Watergate, pas plus que les nombreux remixes en musique des déclarations de Sarkozy)