Derniere minute
Qu'on se le dise, quand il fait froid, les vaches font moins de lait. Et encore pire quand il neige. C'est en substance ce que nous apprend un David Pujadas particulièrement en forme hier soir lorsqu'il a fallu faire les 15 premières minutes du JT de France 2 sur la neige. Ceux qui n'aiment pas la neige, c'était pas votre soir mais rassurez-vous, vous aurez tout cet été pour vos délecter de reportages sur les dangers des coups de soleil chez les septuagénaires bretons.
Résumons pour les malchanceux qui n'ont pas le privilège d'habiter Paris ou d'avoir une télévision chez eux. Hier, il a neigé à Paris. Si. Des vrais flocons, blancs, comme de la pluie mais froide et solide. Et naturels en plus. Et puis alors, il en est tombé plein en même temps, des flocons. Genre pendant deux ou trois heures non stop. Si. Encore un peu, on allait sortir les skis de fond dans un relent de nostalgie pour Heidi et ses couettes. Au total, deux bons centimètres de neige sur les trottoirs, les Berlutti de Delors ne s'en sont pas encore remises.
Alors forcément, Pujadas, qui n'a jamais vu de la neige (mais la démission de Juppé, oui), il est tout épaté le garçon. Il s'interroge, dubitatif, sur ce que peut bien être ce truc blanc qui tombe du ciel. Il envoie ses meilleurs journalistes d'investigation qui finissent par revenir avec un reportage sur le thème « la neige glisse », un autre consacré au fait « qu'il ne neige pas que chez nous », un troisième sur « les paysans coincés par la neige et les vaches qui font moins de lait l'hiver » suivi de « quand il neige faut déneiger les avions » et pour clore le chapitre, un peu de vécu et une superbe synthèse avec le sujet sur « la boulangère pas de chez nous qui doit prendre son 4X4 parce que la neige ça glisse et qu'il faut bien apporter le pain aux paysans coincés dont les vaches produisent moins de lait l'hiver ».
Et si, au lieu de réciter mécaniquement le nom de Florence Aubenas chaque soir, on lui rendait hommage en commençant par faire du vrai journalisme sur le service public ? Après tout, c'est parce qu'elle croyait à l'information qu'elle a disparu.

Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons.