Derniere minute
Comme tous les ans, la foire aux lamentations des majors du disque (communément appelé le MIDEM) donne l’occasion à Pascal Nègre et à ses amis producteurs d’émissions de publicité musicales de dire tout le mal qu’ils pensent des internautes (Article TF1.fr).
En résumé, le marché est catastrophique (comme d’habitude) parce que les internautes (encore eux) téléchargent de la musique sur Internet. En volant les artistes et les labels, les internautes handicapent la création. Et Pascal Nègre d’expliquer, pour ceux qui sont un peu lents, que l’argent gagné grâce à un artiste sert à en financer un autre. Et ainsi de suite. En tuant Universal à coup de rayons laser Kazaa, on tue donc aussi la création artistique. CQFD.
Bien entendu, le chef de la lutte contre Internet ne dira pas un mot de la qualité de la création qu’il pousse, de la star academy et de toutes les autres croûtes qu’il qualifie abusivement d’artistiques. Alors qu’on le sait bien, les reprises de Corinne Charby par une douzaine d’adolescents en mue sont plus un hymne à la surconsommation de Prozac qu’une promotion de l’épanouissement artistique chez les générations futures. On mobilise les labels pour pousser des chanteurs vache à lait dont le seul et prometteur avenir sera de jouer les seconds rôles dans une publicité pour assurance voiture.
Pour rappel, il existe plusieurs raisons pour lesquelles on n’achète plus de musique. Et n’en déplaise à Pascal Nègre, le téléchargement est loin d’en être la principale (Article 404 BNF).
En tout cas, coté Universal, c’est clair, ce sont bien les consommateurs qui sont trop crétins. Au sujet du téléchargement légal, selon le Vice Président d’Elabs (Universal), "Le modèle par abonnement deviendra incroyablement populaire une fois que les gens l'auront compris" (Article Reuters). Merci pour autant de pédagogie, de clarté et de clairvoyance dans l’avenir.

Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons.