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La CIA est frustrée. Que ça se sache. Ou en tout cas, frustrée elle était. Frustrée parce que quand on détient des gens, on doit justifier pourquoi à des juges qui, 'manquait plus que ça, veulent que la justice soit respectée, les sagouins.
Frustrée parce qu'aux US, qu'on le veuille ou pas, la torture est illégale, si si. Aucun des 50 états n'a le bon goût d'autoriser quelques menues réjouissances telles que l'arrachage d'ongles, l'électrocution et autres brûlures rigolotes. Rien. Rien le droit de faire aux US.
Alors du coup, la CIA avait installé son camp de vacances du côté de Guantanamo, pour pouvoir faire mumuse avec les prisonniers sans se perdre dans d'inutiles paperasses et de vagues concepts de respect des droits de l'homme. Sauf que les malpropres d'Amnesty International et autres Croix Rouge ont demandé des comptes. Et que les 600 détenus ont commencé à faire parler d'eux.
Alors, révélé aujourd'hui par le Washington Post, on apprend que la CIA a installé des prisons totalement secrètes dans des pays sympathiques tels que l'Afghanistan, la Thaïlande ou encore d'autres pays sympathiques d'Europe de l'Est.
Les raisons ? La CIA le dit elle-même : "Ainsi, les prisonniers ne peuvent pas contester leur détention devant des tribunaux américains et peuvent être interrogés longtemps" (source BBC News, "CIA running secret terror jails"). Ca a le mérite d'être clair.
Mais pas folle, la CIA refuse de reconnaître l'existence de ces "sites noirs". Et pour une seule raison : on ne peut pas poursuivre en justice quelque chose qui n'existe pas : "La CIA n'a même pas reconnu l'existence des sites noirs. Selon des officiels proches du programme, reconnaître leur existence pourrait ouvrir la porte à des risques légaux et augmenter le risque de condamnation politique aux US comme à l'étranger" (source Washington Post, "CIA Holds Terror Suspects in Secret Prisons").
Et pour finir sur ces notes de poésie, Cheney, qui avait vu venir le coup, avait pris ses dispositions : "Ces inquiétudes sont remontées le mois dernier quand le vice-président Cheney et le directeur de la CIA ont demandé au congrès d'exempter les employés de la CIA d'une loi qui condamnerait les actes dégradants et inhumains commis à l'étranger".
Après avoir inventé le concept de "combattant ennemi" pour pouvoir faire fi de la convention de Genève, les US inventent donc un nouveau concept : l'export de torture. On attend impatiemment un partenariat avec la Chine pour pouvoir mettre des balles dans la nuque des opposants politiques.

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