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Certains jours, l'être humain navigue dans un grand vide mental, à tel point qu'il finit par se demander si Zidane entend aussi des voix avant de marquer des buts et mon Dieu mais qu'est-ce que fait Sarkozy avec une journaliste du Figaro. Et d'autres jours, pas.
Parce que certains jours, l'être humain voit sa modeste petite lumière éclairée par un publicitaire qui n'a pour but que de titiller l'once d'intelligence qui sommeille dans chaque consommateur.
Pour preuve, les moutardes Amora ont récemment doté leurs pots d'un très seyant opercule aluminium, également appelé "opercule qualité" chez les gens qui savent ce qu'ils racontent. Et la lecture de cet opercule ne peut que plonger l'individu abruti par une nouvelle saison de Drucker dans une transe exaltée à la vue de la générosité du fabricant de moutarde.
D'abord, parce que sur l'opercule, on peut lire en bien gras le mot "NOUVEAU", signe ultime que le consommateur de moutarde est au comble de la branchitude. Une branchitude d'autant plus exclusive que l'opercule en question est caché sous le couvercle en plastique moche. Et que la nouveauté est donc réservée aux initiés ou aux plus chanceux des consommateurs. Ce qui, niveau prestige, est pas mal, le lecteur affûté me l'accordera facilement.
Mais Amora ne s'arrête pas là. Comble de l'épanouissement intellectuel, il ne se contente pas d'affirmer que son opercule est nouveau. Non, Amora explique aussi, pour être sûr que le moutardophile a bien compris le message. Et commence par cette phrase laconique : "La qualité et la satisfaction du client sont nos seuls objectifs".
Tant il est connu qu'Amora, entreprise philanthropique s'il en est, ne travaille que pour le seul et exclusif bonheur de ses clients. D'ailleurs, la légende raconte (oui, il y a des légendes aussi à Dijon, pas que dans le pays de l'eau minérale à bulles) que monsieur Amora verse une larme d'émotion le matin, en arrivant au bureau, imaginant toutes ces délicieuses vinaigrettes et lapins à la moutarde qui ne pourraient jamais voir le jour et séduire les palais délicats sans son onctueuse préparation. La légende raconte aussi que monsieur Amora serait un peu con.
L'opercule en profite au passage pour raconter du bien de la fraîcheur, de la sécurité avant de souhaiter un bon appétit à tous les lecteurs d'opercules. La conclusion de cette magnifique étude ? Chez Amora, apparemment, on s'ennuie. Ferme.

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