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Il s’est payé un nouveau gadget. Un nouveau gadget dont il révait depuis longtemps. Un gadget tout joli et rutillant. Histoire de dépasser papa et ses petites revues au succès limité. Il, c’est Serge. Pas n’importe quel Serge, Serge Dassault. Et pas n’importe quel gadget, non plus, il s’est payé le groupe Socpresse, éditeur, entre autres titres, du Figaro.
Bon, en soit, qu’un fabriquant de jolis missiles qui font pleins de grosses taches de sang partout se paye un groupe de journalistes, rien de mal à priori. Surtout que le Serge est un ami proche du Chirac, ce qui n’est pas sans déplaire à ceux qui pensent que trop de sarko nuit (surtout en une du point, organe de presse officiel du ministre des finances).
Mais c’est quant on entend Serge (il permet qu’on l’appelle Serge, sauf si on ne vend pas de gros missilles qui font pleins de grosses tâches d’intestin), bref, c’est quant on entend Serge parler de la presse qu’on reste pantois devant tant d’éthique. Morceaux choisis, piochés dans le portrait du marchand de mort, publié dans le monde du 21 Septembre.
”La presse est un monde interessant qui permet de faire passer des idées saines”. Sic. Les idées saines de Dassault se basant principalement sur la vente de cartouches qui laissent des traces de cervelle, on peut rester réveur.
”Il y a quelquefois des informations qui font plus de mal que de bien. Le risque étant de mettre en péril des intérêts commerciaux ou industriels de notre pays”, dixit Serge devant les journalistes du Figaro vexés qu’on leur ait censuré, coup sur coup, un article sur les ventes de rafale et un autre sur les frégates de Taïwan.
Voilà qui devrait définitivement rassurer les grattes papier du Figaro. Les instructions de Serge sont pourtant claires, à propos de son gadget ”il faut changer de méthode. C’est un produit qu’on vend”. Bref, journaliste du Figaro, au cas où tu n’aurais pas compris le message, désormais, tu travailles à la Pravda, le Tzar décidera de ce qui doit être publié ou non et surtout, tu prendra rapidement une formation publicitaire pour écrire de jolis articles pour vendre les Falcons du parton, sinon, gare à ton chèque.
Quant à moi, vous m’excuserez, faut que j’y aille, parait que la liberté de la presse ne s’use que si l’on ne s’en sert pas. Et quant on la vend à un marchand de fusils aussi.

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