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Aujourd'hui, on m'envoie ce qui devrait être la première d'une longue série de détournements des publicités destinées à effrayer les internautes téléchargeurs de musique. Alors puisque le sujet s'y prête et que les majors brament à tout va sur TF1 que l'internet tue la musique et les comptes en banque de Pascal Obispo, qu'en est-il vraiment de la piraterie en ligne et les connections haut débit ? Vont elles vraiment tuer Pascal Nègre et l'obliger à animer une fois de plus les espaces de pub géant de Pop star academy ?
Une chose est sûre, l'industrie du disque va mal. Dans les 5 dernières années, les volumes des ventes ont baissé et n'ont été que partiellement compensés par les hausses (sic) de prix qui ont suivi. Dans les mêmes cinq années, le téléchargement de musique sur internet a explosé. Cause à effet ? Apparemment oui, mais rien n'est moins sûr. Ca a commencé par un rapport évoqué dans ces colonnes et qui démontre que le lien entre téléchargement et baisse des ventes est faible, sinon inexistant. Et ça a continué avec des questions, qu'il aurait peut être fallu se poser avant, sur les raisons de la mauvaise santé de l'industrie phonographique.
Les analystes sont formels. Au plus, ce serait 40% de la baisse qui pourrait être causée par les téléchargeurs fous. Mais pour les 60% qui restent ? Voici les 7 raisons qui font que nous n'achetons plus de CDs. C'est parti ...
7°) La phase de remplacement est passée. Comprendre par là qu'en offrant l'intégrale Enrico Macias à Tata pour Noël, on a définitivement mis au placard sa collection de 45 tours rayés. Et Enrico, quand on l'a une fois, on l'a pour la vie, Noël prochain, ce sera un livre de Dujardin pour la naissance de Jésus. Bref, on a fini de refaire sa discothèque, du coup, on ne se rachète plus les croûtes des années 80.
6°) On dépense son argent ailleurs. Eh oui. A force de pomper de plus en plus un budget qui ne s'étend pas à l'infini, ça devait arriver. Un étude récente révèle que chez les adolescente britanniques (pourtant très consommatrices de Spice Girls et autres cauchemars musicaux), plus de 50% de l'argent de poche va dans ... le téléphone portable. Et forcément plus chez le disquaire, CQFD.
5°) On n'a plus le choix. A force de vouloir acheter ses disques entre les rayons slips et tomates en vrac de chez mammouth, ça devait arriver, l'étalage de disques ressemble à s'y méprendre au désert de Gobi après un été particulièrement rude. Plus d'un tiers de la musique est achetée et balancée dans un caddie alors que les hypermarchés ne proposent jamais, au grand jamais, de CDs vieux de plus de 18 mois. Moins de choix, moins d'achat, non ?
4°) Le prix du CD augmente plus vite que e coût de la vie. Pas de mystère, tout être humain capable de faire une multiplication comprendra, pour freiner la baisse du chiffre d'affaire quant on vend moins ... on augmente les prix. Et du coup, on vend encore moins. Malin, non ?
3°) Promotionons beaucoup, promotionons mal. Les radios se regroupent, fusionnent et passent de plus en plus de titres commerciaux. Les ploucs de o-Zone passent en boucle sur NRJ, gavant l'auditeur pour assurer une seule vente de disque. La diversité à la radio en pâtît, ceux qui n'aiment pas la sous-musique (ou les chansons des ploucs de l'Oural) dépriment, résultat, on a vendu un single et plus personne ne sait quoi acheter en courant chez Virgin (tiens, Lorie fait une dédicace, cool).
2°) Les artistes vivent moins longtemps. Dans la recherche au disque rentable (plus de 200,000 copies) et/ou de la croûte décérébrée (Kyo), on privilégie le "coup médiatique" au risque de lancer un artiste prometteur. Résultat, on se tape le deuxième Delerm qu'on pourrait furieusement confondre avec le premier et on attend le nouveau Carla, celui qui ressemblera probablement au premier voir à celui de Benjamin a moins que ce ne soit Keren, celle qui couche avec Vincent, ou pas. Bref, pas de risque et une médiocrité bien assurée.
1°) Faut peut être pas prendre les gens (que) pour des cons. Ben oui, à force de produire de saintes horreurs (faut-il rappeler les ouat4, L5, StarAc'1chante starmania, StarAc'2 chante Michel berger et StarAc'3 mime Montagné), les gens en ont eu marre de la musique jetable, de voir n'importe quel goret lobotomisé sortir un disque, crachant autant de fois à la figure de ceux qui savent encore mettre deux notes les unes à la suite des autres (bravo Félicien, avec ton disque, il est probable que tu ai fait plus de mal que Napster et kazaa réunis). Bref, des produits mauvais et chers que les gens achètent comme des boeufs, c'est gagnant gagnant. Mais dans le petit monde rose des majors seulement. Seulement.
Quant à moi, vous m'excuserez, on m'informe que Loana vient de gagner le prix pulitzer pour son essai philosophique "Miettes". Merci à Nico pour les images.

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